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Full text of "L'Intermédiaire des chercheurs et curieux"

L'INTERMEDIAIRE 



DES 



CHERCHEURS ET CURIEUX 



QUiEQUE 



Cherchez il vous 
trouverez 




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entr'aider 





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DES 

CHERCHEURS ET CURIEUX 

FONDÉ EN 1864 

CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE, HISTORIQUE ET ARTISTIQUE 
QUESTIONS ET RÉPONSES, LETTRES ET DOCUMENTS INÉDITS 

trouvailles et curiosites, nouvelles de la litterature, 

d'art, d'érudition et d'histoire, offres et demandes, 

échanges, liste et compte rendu des ventes publiques, acquisitions 

et mouvement des bibliotheques, des archives, 

des collections et des musees 

COMMUNICATIONS DIVERSES A L'USAGE DE TOUS 

LITTÉRATEURS ET GENS DU MONDE, PROFESSEURS, ARTISTES, AMATEURS, 
BIBLIOPHILES, ÉRUD1TS, COLLECTIONNEURS, ARCHÉOLOGUES, GÉNÉALOGISTES, NUMISMATES, ETC. 



41 e ANNÉE — 1905 



PREMIER SEMESTRE 



PARIS 



L'INTERMÉDIAIRE DES CHERCHEURS ET CURIEUX 
31 bis, rue victor massé, 31 bis 



LI" Volume 



Paraissant les to, 20 et 30 de chaque mois 10 Janvier 1905. 



41» Annéb 

ï a»», r. Victor Massé 
PAitlS (IX*) 

Bureaux : de 2 à 4 heures 



QDjEQUB 



Cherchez et 
vous trouverez 




g 11 se faut 
S entr'atder 



N° 1063 

3V, r. Victor Massé 
PARIS (IX"; 

Bureaux: de2à4heures 



tatr* 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 
■ ««> 1 

QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 



<â 



Madame de Warens. — Comment 
doit-on prononcer le nom de l'amie et 
protectrice de Rousseau ? 

Les uns disent Waran. D'autres : 
Vfarin ; d'autres encore : Warins, en pro- 
nonçant \'s comme dans Reims ; d'autres 
enfin disent Warence, comme Florence. 

Quelle est la vraie manière ? M. 

Monsieur Collignon. — Une gra- 
vure de Heimlich, imprimée au xvni 8 
siècle, chez Gay, à Strasbourg, représente 
un gentilhomme d'aspect un peu négligé, 
le tricorne sous le bras, tenant d'une 
main un rouleau de papiers où sont gra- 
vés les mots : Défrichements, Extinction de 
la misère publique — et offrant de l'autre 
main un volume qui porte le titre : Poids 
et mesures. 

Sous le portrait est la légende ci-après: 
Monsieur Collignon, le plus doux, le plus 
aimable, le plus savant, le plus beau, le 
plus généreux des hommes — encadrant des 
armoiries aussi compliquées que fantai- 
sistes. Qui donc était ce Collignon ? 

Nolliacus. 

Stances pour un reproche d'être 
huguenot. — Sur les feuillets de garde 
d'un volume imprimé en 1668, la main 
d'un contemporain a écrit un poème de 
148 vers, intitulé : Stances pour un repro- 
che d'cstre huguenot. 

o 



En voici la première strophe : 

Ne me reprochez plus, rare objet de mes vœux, 
Une fausse créance ou des erreurs grossières 
Puisqu'eslant éclairé du feu de vos beaux yeux, 
Je ne sçaurois manquer d'estre plein de lumières. 

De qui sont ces vers ? 

Je crois devoir ajouter qu'étant donné 
la suite du poème, il est inutile de cher- 
cher ailleurs que dans les recueils satiri- 
ques. Candide. 

Laissez faire, laissez passer. — 

Faut-il attribuer cette formule, trop sou- 
vent mise en pratique, à l'Intendant du 
commerce Jean-Claude Vincent, seigneur 
de Gournay (1712-17,9) dont Turgot fut 
un instant le secrétaire? E. M. 



Sauvages européens d'aujour- 
d'hui. — Il existe encore en Espagne, à 
la frontière de l'Estrémadure et du Léon, 
une peuplade qui est restée sauvage, hors 
la loi, réfractaire à l'impôt, étrangère à 
tout culte et à toute religion, ignorant 
même les éléments de notre civilisation : 
le droit de propriété, le mariage, la mon- 
naie, l'écriture, etc. Hommes et femmes, 
à peine vêtus, vivent dans des trous et se 
reproduisent par une promiscuité inces- 
tueuse comme aux premiers âges de l'hu- 
manité. On appelle le pays las Jurdes, dans 
la Sierra de Gâta. 

A t-on étudié l'anthropologie de ce cu- 
rieux îlot indigène? Je ne connais pas de 
travail le concernant. Un passant. 

LI. 1 



U* 1063 



L'INTERMEDIAIRE 



Les « Honneurs » à la Cour de 
Louis XV. — Un collaborateur de 
V Intermédiaire pourrait-il me dire d'une 
manière exacte et complète, et en citant 
des sources, en quoi consistait, à la cour 
de Louis XV, ce qu'on appelait les « Hon- 
neurs » ? 

Les « Honneurs » étaient accordés par 
le Roi à ceux de ses courtisans qu'il vou- 
lait distinguer ; leur obtention était diffi- 
cile, et on les recherchait à l'égal des plus 
hautes faveurs. Mais, encore un coup, 
en quoi consistaient-ils, et quels sont les 
livres qu'on peut consulter à leur sujet ? 

L. P. 

Duc de Penthièvre. — Connaît-on 
un ouvrage moderne et définitif sur le 
duc de Penthièvre, beau-père de M me de 
Lamballe ? Connait-on des sources iné- 
dites le concernant ? 

Renault d'Escles. 



Wilham Ashley. — Le 27Juin 1853, 
Wilham Ashley écrivait de Dublin à 
l'empereur Napoléon 111, pour appeler 
son attention sur une communication 
précédemment faite dans l'intérêt du gou- 
vernement de Sa Majesté, et solliciter le 
plus profond secret. 

Il est prêt à fournir de plus amples 
détails s'il en est requis. 

Wilham Ashley est- il connu ? Quelle 
situation occupait-il en Angleterre ? 

Arm. D. 

La lettre du duc d'Aumale au 
président Grévy. — Pourrait-on me 
donner le texte exact de la Lettre de sol- 
dat quand même du général duc d'Aumale 
au président Jules Grévy, au moment où 
l'on eut la si singulière idée de vouloir, 
officiellement, par un décret revêtu des 
deux signatures du président de la Répu- 
blique Française et du ministre président 
du Conseil, rayer, sans plus de formes, le 
prince, parce que prince, des cadres de l'ar- 
mée française ? 

L'autographe original en aurait-il été 
conservé ? 

Cette « Pièce historique », car c'en est 
une, assurément, qu'on le veuille ou non, 
mériterait bien alors d'être reproduite en 
fac-simile et, encore plus,d'être recueillie, 



pour l'édification de l'avenir, à la Biblio- 
thèque ou aux Archives nationales. 

Ulric R -D. 

Richelieu au théâtre. — Avant que 
fût représentée sur la scène de l'Odéon 
l'adaptation de M. Ch. Sanson, on n'avait 
pas vu souvent figurer au théâtre le re- 
douté cardinal. 

Il en est bien question dans la Diane, 
d'Emile Augier, qui date de 1842, et la 
Marion Delorme de Victor Hugo ; mais le 
personnage joue dans les deux pièces un 
rôle tout épisodique. 

Un collaborateur de Y Intermédiaire 
pourrait-il nous apprendre quelque chose 
de neuf ou d'oublié sur Richelieu au the'â- 
tie? Pont-Calé. 



L'Institut de bienfaisance mater- 
nelle à Lyon. — Cette fondation, créée 
au xvin e siècle « en faveur des pauvres 
mères nourrices », existe - t -elle encore 
aujourd'hui ? C'était une idée de Beaumar- 
chais que Montazet, l'archevêque de Lyon, 
avait faite sienne. En 1790,1e père de Fi- 
garo envoyait encore à cet Institut six 
mille francs. Et M. de Loménie écrivait, 
en 1856, dans son beau livre sur Beau- 
marchais, que VInstifut de bienfaisance 
maternelle subsistait toujours. Mais de- 
puis... Sir Grapk. 

Forme primitive de la confes- 
sion. — A quelle époque du christianis- 
me remonte la confession dans sa Forme 
actuelle? Quelle était sa forme primitive ? 

Démétrios. 



Allances des Valois-Saint-Remy. 

— On demande des renseignements sur 
les personnages suivants, leur famille, 
leurs armoiries : 

1 . Joachim de Marron, chevalier, baron 
de Callé, gentilhomme ordinaire de la 
Chambre du roi, allié, le 6 novembre 
1021, avec Marguerite de Saint-Remy, 
fille de Henri de Saint-Remy, baron de 
Fontettes (bâtard du roi Henri II), et de 
Chrétienne de Lux. 

[Chrétienne de Marron marraine, le 19 
octobre 1653, à Fontettes, de Charles- 
François de Saint-Remy. — Hietstap 
donne les armes d'une famille Marron de 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905, 



Seschelles, originaire du Lyonnais, qui fit 
enregistrer ses titres de noblesse à la 
Martinique, en 1738. Dans le : Catalogue 
et armoiries des gentilshommes qui ont 
eu séance aux Etals Je Bourgogne, j'ai aussi 
relevé les armes d'une autre famille du 
même nom]. 

2. Jacquetle Bréreau. alias de Brevoi.qul 
épousa, par contrat passé à Essoyes, le 
25 avril 1635, René de Saint-Remy, baron 
de Fontettes. 

3. Marie de la Marck, veuve de Pierre 
de Vion, seigneur de Gaillon, qui épousa, 
à Paris, le 30 juillet 1666, René de Saint- 
Remy, baron de Fontettes 

[L'on a consulté, sans résultat, La Ches- 
naye des Bois, pour sa notice des Vion de 
Gaillon, et la généalogie de la famille de 
la Marck que donne le P. Anselme]. 

4. Marie de Mulot, dame d'honneur de 
la reine, femme de Henri de Saint-Remy, 
seigneur de Noyer, baptisé à Fontettes, en 
1637. Autre Marie de Mulot, nièce de la 
précédente, et fille de Paul de Mulot, 
écuyer.et de Charlotte de Chaslus, épousa, 
à Saint-Aubin-aux-Anges, en Barrois, le 
26 janvier 1673, Pierre Jean de Saint-Re- 
my, seigneur de Noyer ou de Lu/., frère 
de Henri, cité plus haut, et mourut aussi 
à Saint-Aubin, le 20 décembre 1704. 

[Elles n'appartenaient pas à la famille 
Mullot de VilUnaui, dont je possède la 
notice par M. O. de Villenaut. Rietstap 
donne les armes d'une famille Mulot, au 
pays de Bruges]. 

5. N. de Colne, mariée vers 1663, à 
Remy de Saint-Remy, capitaine au régi- 
ment de Villequier. 

6. N. d'Anglure, femme de Charles- 
François de Saint-Remy, né en 1646 



8. Thérèse Thèvenot épousa, le 24 mai 
1796, dans l'église de Saint-Martin-ès-Vi- 
gnes, près Troyes, Nicolas-Pierre de Va- 
lois Saint-Remy, mort en 1823, à Ma- 
raye-en-Othe. 

[Appartenait-elle à la famille de ce nom, 
originaire de Coiffy, qui a possédé les sei- 
gneuries de Maroise, de Rougemont et 
d'Essaules, qui a donné des officiers, des 
avocats au parlement de Paris, et qui, 
entre autres, a eu une alliance, en 1834, 
avec la famille de Vilïelume ?] 

9. Nicolas-Augustin d' Antessanty, rece- 
veur des contributions, marié à Troyes, le 
1 5 mai 1 827,avecThérèse-Félicité de Valois 
Saint-Remy, décédée aussi à Troyes, le 
29 mars 1849. 

[Le vicomte Révérend (Titres de la 
Restauration : La Moue) cite Marie-Fran- 
çoise d'Antessantv, femme de Joachim de 
Saint - Vincent, chevalier, seigneur de 
Villaubois, et mère de Marie-Marguerite 
de Saint-Vincent, alliée, en 1755, à Jean- 
Baptiste-Antoine de la Moire, seigneur 
d'Affleville, etc.] 

10 Marie joignot, mariée à. Troyes, le 
24 février 1776, avec Jean-Géraud de Va- 
lois Saint Remy, décédée au château de 
Fontettes, le 9 janvier 1789. 

[Potier de Courcy (Continuation du 
P. Anselme), qui donne les armes de cette 
dame, dit qu'elle appartenait à une fa- 
mille de Bourgogne]. 

1 i . N. de Gissey, comte de Riolet, géné- 
ral à l'armée de Condé, allié le 18 septem- 
bre 1806, avec Edmée-Victoire de Valois 
de Saint-Remy, décédée à Vauchassis, en 



1828. 



[Potier de Courcy en donne les armes]. 
12. Reine-Marguerite Le Courtois, morte 



[Inutile de la chercher dans lanoticede 1 avant 1673, première femme de Pierre 



cette famille que donne : Spener-lllustrio- 
res Galbes stirpes geneal. Je crois qu'elle 
pouvait appartenir à la branche d'Autri- 
court, qui avait des relations avec les Va- 
lois de Saint-Remy, puisque l'on trouve 
Catherine de Savigny, femme de Gaspard 
d'Anglure, seigneur d'Autricourt, mar- 
raine, en 1653, de Pierre de Saint-Remy]. 

7. Jeanne de la Vicq, femme de Thomas 
de Saint-Remy, baron de Fontettes, né en 
1668, mort à Montangon. 

[J'ai bien trouvé, mais en Guyenne, une 
Jeanne Delavicq alliée, \ers 1600, à Ro- 
bert de Bédorède, seigneur de Montolieu 
et de GayroseJ. 



Jean de Saint-Remy, seigneur de Noyer 
ou de Luz, né en 1649. 

[Les armes de cette dame que donne 
Potier de Courcy, sont les mêmes qui sont 
attribuées par Rietstap à la famille Le 
Comtois d'Averly]. 

13. Marie-Elisabeth de Vienne, fille de 
Nicolas-François de Vienne, baron de Fon- 
tettes et de Noyer, président et lieute- 
nant civil au bailliage de Bar-sur-Seine, 
et d'Elisabeth de Mérille, alliée, le 4 mars 
17 14, avec Nicolas René de Saint-Remy, 
seigneur de Luz. 

[D'après ses armes, il faudrait conclure 
qu'elle appartenait à la famille de Vienne 



N<Mo63. 



L'INTERMEDIAIRE 



8 



Giraàdoien Champagne, alliée à celles de 
Clérembault, FleuriaU de Morville, Tier- 
celin de Saveuse, de Montmorency-Bou- 
teville, etc.] 

14. Comment rattacher à la souche des 
Valois Saint-Remv, dont il portait les 
armes, Matbias-Louis Je ou von Valois, né 
à Rastatt, le 16 mars 1786, mort le 31 
décembre 1857, à Stuttgard, major géné- 
ral au service du roi de Wurtemberg, qui 
le nomma baron, par diplôme du 22 (ou 
24 ?) août 1846 i 
Merci d'avance. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 



Armoiries à déterminer : Parti 
d'or à trois canettes. — A quelle 
famille, éteinte ou non, pouvaient appar- 
tenir ces armes : Parti d'or, à trois canet- 
tes de... posées 2 et 1, et d'argent, bandé de 
gueules ? 

L . de M . 



Sépultures à retrouver. — 
Antoine de Boussard fut inhumé devant 
l'autel de Notre-Dame, le 28 mars 1662, en 
l'église de Saint-Brouing-les-Fossés, dio- 
cèse de Langres en Champagne (Auj. 
St-Broingt-les-Fossés, canton de Prau 
thoy (Haute-Marne). 

Messire Jean de Boussard fut enterré le 
6 février 1578, à l'entrée du chœur de 
l'église de Parigny-sur-l'Ognon (Côte- 
d'Or). 

Un descendant de cette famille recher- 
che ces deux sépultures, mais sont-elles 
restées intactes jusqu'ici ? En l'absence 
d'épitaphiers provinciaux, il fait appel 
aux érudits locaux pour recueillir toute 
espèce de renseignements sur ces monu- 



ments funéraires. 



Henri Vial. 



Deux secrétairesigoorées de ma- 
dame Campaîi. — Dans un opuscule, du 
plus haut intérêt, intitulé : Observations 
sur les Mémoires de Madame Campait, l'au- 
teur, le baron d'Aubier, prétend que « les 
reines de Hollande et de Naples, servirent 
quelquefois de secrétaire à Madame Cam- 
pan » et, ajoute-t-il,« peut-être qu'on trou- 
verait de leur écriture dans quelqu'un des 
livres manuscrits de Madame Campan. » 

A-t-on vérifié cette curieuse parti- 
cularité ? , D' A. C. 



Duc de Caudale. — Y a t il eu 

projet de mariage entre une des nièces 
du cardinal Mazàriri et Louis-Charles- 
Gaston de Nogaret, duc de la Valette et 
de Candale, gouverneur d'Auvergne et 
colonel général de l'infanterie française ? 
Oui, si je m'en rapporte à une longue 
lettre autographe (4 pages in-4 ) adres- 
sée par le duc de Candale à un haut per- 
sonnage qui servait d'intermédiaire entre 
lui et le cardinal. 

Dans cette lettre en ma possession, da- 
tée du m octobre 1652,1e due de Can- 
dale prie son correspondant d'assurer Son 
Eminence, qu'il aimerait mieux son al- 
liance que toutes les autres du monde, 
qu'on lui propose ; et il énumère les con- 
ditions que lui impose son père le duc 
d'Epernon pour y consentir. 

Est-il question de ce projet de mariage 
dans les Mémoires du temps ; connait-on 
les causes qui ont empêché sa réalisation ? 

Arm. D. 

Clianut. — Où pourrait-on trouver 
le récit détaillé, avec pièces et documents 
à l'appui, des démêlés scientifiques de 
Descartes, avec le célèbre géomètre de 
Roberval ? 

Cette question m'est inspirée par quel- 
ques lignes d'une longue et importante 
lettre de Pierre Chanut, ambassadeur en 
Suède de 1645 à 1649, adressée par lui 
au R. P. Marin de Mersenne, le 20 mars 
1648. 

Voici le passage en question : 

Je suis extrêmement aise que vous entrete- 
niez correspondance avec M. Descartes, pour 
travailler ensemble aux expériences. A ce que 
vous m'écrivez de M. de Roberval, je respons 
qu'il faut ouir M. Descartes sur l'objection 
du Vuide entre ces petites parcelles de la ma- 
tière la plus subtile ; et quant à l'accusation 
sur la Géométrie, si M. de Roberval défié de 
la mettre par escrit, ne l'ose faire, il y a 
grande présomption qu'il s'est trompé luy- 
même, pour ce qu'il n'est pas croyable, qu'il 
pardonne à M. Descartes de pure charité. 

Dans la même lettre, toujours au sujet 
de la question du vide, il est parlé de 
Pascal et du père Noël. Arm. D. 

Loys GuyéB de la Naucîie. — Le 

médecin Loys Guyon, l'auteur des Di- 
verses Leçons, était né à Dôle. Les Bio- 
graphies générales le font mourir vers 
1630 ; une note manuscrite de mon 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905, 



10 



exemplaire prétend qu'il était né vers 

1 545- 

Ces deux dates sont inexactes. Au té- 
moignage de l'ami qui publia le tome III 
de son principal ouvrage, l'auteur avait 
écrit sa dernière œuvre « âgé de plus de 
quatre-vingt et dix ans » et il était mort 
plusieurs années avant la publication 
(1625). Il est donc probable que Loys 
Guyon naquit vers 1550 et mourut vers 
1620. 

Les sociétés savantes de la Franche- 
Comté, où il naquit, et du Limousiri, où 
il mourut, se sont elles occupées de lui? 
Existe-t-il une monographie qui le con- 
cerne ? 

Le réel intérêt que présentent ses 
œuvres au point de vue historique et 
anecdotique justifierait quelques recher- 
ches sur ce médecin mal connu, qui ne 
figure même pas dans la Biographie mé- 
dicale de Bayle et Thill jye. S. 

La critique homicide. — On ra- 
conté que le compositeur Hervé mourut 
subitement en lisant un article de jour- 
nal cruellement sévère pour sa dernière 
opérette (1892). 

Quel était cet article ? Où avait-il 
paru? S. 

Jeanne de la Touche. — Je trouve 
dans la généalogie de l'illustre maison de 
Bruc (Bretagne) l'élément de filiation sui- 
vant : 

Renaud de la Touthe-Limouzinièr'e lin. 
Françoise de Rochechouart. 

Jeanne de la Touche Ep. Francisque Ve- 
ndra, gentilhomme vénitien, gouverneur de 
Machecoul, de la famille de Veniero, doge de 
Venise. 

Marie Veniero, dame de la Guerche Ep. 
Jean de Bruc, chevalier, procureur général des 
Etats de Bretagne, seigneur de la Guerche et 
Montplaisir, né en 1S70. 

Un aimable correspondant, pourrait il 
me dire : 

i° La filiation de Francisque Veniero 
jusqu'au doge dé Venise. 

2 Si Jeanne de la Touche n'était pas 
sœur de Marguerite de la Touche ainsi 
que semble l'indiquer la page 914 du 
n° du 20 décembre 1904 de X Interme- 
aisùirè. 

La famiile Venier ou Veniero portait : 
burelé d'argent et de gueules. 



La Guesle. 



Générai de Morgan. — Où trou- 
ver quelques renseignements biographi- 
ques sur M. de Morgan qui était lieute- 
nant général en 182b et ne figure pas ce- 
pendant dans le Dictionnaire des généraux 
français de De Courcelles r" 

N'a-t-il pas maiié sa fille ou sa nièce 
au marquis de La Rochejaquelein ? 

Arm. D. 

Le chevalier de Rtsynaud. — Le 

28 juin 1781, le duc de Penthièvre écri- 
vait au Procureur Général Joly de Fleury, 
pour lui recommander le chevalier de 
Reynaud poursuivi au criminel. 

Quels étaient l'objet et la nature de cette 
poursuite ? 

Où trouver quelques renseignements 
biographiques sur le chevalier de Ray- 
naud ? Arm. D. 

Jeanne du Roch de Béarn. — Jeanne 
du Roch de Béarn a épousé, en 1721, à 
Paris, Jean Genêt, ancien intendant du 
cardinal Albéroni et, plus tard, premier 
huissier audiencier au Châteiet. Le contrat 
de mariage, du 8 juillet 1721, est signé 
par Marthe-Madelaine Foullé de PrU- 
neault, comtesse de Brassac, veuve 
d'Alexandre de Gallard de Béarn, et par 
Guillaume-Alexandre de Gallard de Béarn, 
et porte que le mariage se fait de leur 
agrément. Son oncle, Jean Amilien, che- 
valier de Saint-Lazare, est témoin. 

Elle aurait eu pour parents, d'après Mme 
Campan. sa petiie-fille,un père catholique 
et une mère protestante, et, pour ce motif, 
elle aurait été enlevée à sa mère, dès l'âge 
de trois ans, et enfermée dans un couvent 
jusqu'à son mariage. 

Je désire être renseigné sur l'origine et 
les premières années de Jeanne du Roch 
de Béarn, savoir notamment qui 'étaient 
ses parents et si le récit dé Mme Campan 
est exact. R. 

De l'origine des noms. — M.Char- 
les D: émet, dans le n° du 20 décembre 
1904 de Y Intermédiaire, page 911, l'opi- 
nion suivante : 

« Cette famille (la famille Doynel ou 
Doisnel) est essentiellement normande et, 
si nombreuses qu'aient pu être ses bran- 
ches, quelle que soit aujourd'hui la posi- 
tion sociale de ses membres dispersés, 
tous ont une origine commune ». 



N. 1065 



L'INTERMEDIAIRE 



I I 



12 



Je serais bien aise de savoir en vertu de 
quel principe général, par suite de quel 
raisonnement, M. Ch. D. peut émettre 
cette assertion ? 

Et, si celle-ci est exacte, pour la famille 
Doynel ou Doisnel, ne pourrait-on pas 
en dire autant d'autres familles ? Des- 
quelles ? 

Sous une forme générale, la question 
serait la suivante : 

Quand on porte le même nom, appar- 
tient-on originairement à la même fa- 
mille ? 11 certain que pour beaucoup de 
noms de famille il faut répondre négati- 
vement mais il est possible que dans quel- 
ques cas, au contraire, la réponse doive 
être affirmative. 

A ce propos, je serais reconnaissant 
aux distingués collaborateurs qui vou- 
draient bien donner la bibliographie des 
ouvrages traitant des «Noms de famille»? 

A. F. 

Armoiries à déterminer : d'or au 
lion de sable. -- D'or, au lion de sable, 
accompagné Je 3 roses de même, deux en 
chef et une en pointe. 

Jean du Val. 

Premiers livres sur l'opium. — 

Outre le traité de Winckler, (Leipzig, 
1635), celui de Tralle, (Breslau, 1760) et 
le livre de Quincey, quels ouvrages ont 
paru sur la question de l'opium avant 
1860 (histoire, médecine ou fiction)? 

Cap. 

Le second Théâtre français. — En 

1836, un théâtre qui s'intitulait ainsi, et 
qui n'était pas l'Odéon, obtint un privi- 
lège. Je vois dans une revue de l'époque 
qu'il cherchait une salle, et qu'il finit par 
s'établir au Bazar. Quel bazar ? 
Ce théâtre ouvrit il jamais ? 
Je ne crois pas que M. Henry Lecomte 
l'ait mentionné dans la liste si complète 
des théâtres qu'il publia dans la Revue 
d'art dramatique en 1901. 

Henry Lyonnet. 



Malaunay. — Quelle est l'étymolo- 
gie du nom de Malaunay, en Normandie ? 
N'y a-t-il pas là l'indice d'une plantation 
d'Aulnes, Aulnaie ou Aunay, mal famée ] 



pour une raison quelconque ? Quel en 
serait le motif? Epidémie de fièvres palu- 
déennes? Lieu célèbre par un accident 
quelconque ? Quoi enfin ? 

Un vieux rechercheur. 

Le ou la, il ou elle ?. — 

Les pronoms de la T 3 personne ne peuvent 
remplacer un nom pris dans un sens indéter- 
miné. Ainsi l'on ne dira pas : J'ai demandé 
pardon, il m'a été accorde ; j'ai demandé 
grâce, elle m'a été accordée. 

(Nouvelle Gram. franc, de Chassang, 
Paris, Garnier, 1890; cours supérieur, p. 
247, paragr. 545;. 

Cette règle est elle générale et ne 
trouve-t-on pas, dans nos meilleurs écri- 
vains, plus d'exemples qui la combattent, 
que l'on n'en trouve qui l'appuient ? 

Lpt. du Sillon 



Sanglisant. — Je viens de voir dans 
un périodique cette signature « Un San- 
glisant ». Est-ce que ce mot n'est pas un 
gentilé ? Cela étant, à quelle localité se 
rapporte-t il ? A La Sangle dont le Dic- 
tionnaire des Postes donne cinq hameaux 
de ce nom, ou à Sanglier dont deux ha- 
meaux existent l'un dans le Cher, l'autre 
dans la Nièvre ? Atale. 

Sépultures d'artistes (Beaux- 
Arts).—- Je fais en ce moment de patien- 
tes recherches sur les endroits où sont 
enterrés les artistes français célèbres. Pour 
ceux qui sont enterrés à Paris, la chose 
est facile. Je sais que le cimetière Mont- 
parnasse contient les tombes de Houdon, 
Vaudoyer, Drolling, baron Gérard, Le- 
bas, Ch Garnier, Rude, Maindron, 
Etex, Raffet, Cham, Th. Deck, Schœ- 
newerk, César Franck, Fantin-Latour, 
Henri Regnault. Le cimetière Montmar- 
tre possède les restes de Berlioz, Ad. Adam, 
F. Halévy, Horace Vernet, Paul Delaro- 
che, Carafa, Delibes, Ambroise Thomas, 
Brascassat, Duc, V. Massé, Clapisson, 
Gérômeet ceuxd'Offenbach,Niedermeyer, 
Diaz, Carie Vernet, Ary Scheffer, Aimé 
Millet, Troyon, Greuze, Bellangé, Tony 
Johannot. Le cimetière du Père Lachaise 
a reçu les cendres de Boieldieu, Auber, 
Visconti, Grétry, Paul Baudry. Cheru- 
bini, Méhul, Duret, Léon Cogniet. Ingres, 
Gros, Pradier, Couder, Fontaine, Hersent 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905 



13 



M 



d'An- 
Flan- 
Bron- 



F. Bazin, Reber, L. David, David 
gers, Bosio, Barye, Abadie, Hipp. 
drin, Cartellier; celles de Couture, 
gniart, de Nitty, Chopin, Habeneck. Geri- 
cault, Hérold, lsabey, G. Dore Dubiife, 
Daumier, Corot, Daubigny, Paul Lelong, 
Brion, Beauce, Crozatier, Chaplin, Bizet, 
Grisar, A. Gill, Delaplanche, Triqueti, 
Guérinot, Ch. Dupaty, Dantan ; celles de 
Rossin i, transportées depuis a Florence, et 
celles de Bellini, transportées a Catane 
J'ai un doute pour Girodet mort en 1S24, 
qui, d'après les renseignements que j'ai 
recueillis, serait à la fois au père-Lachaise 
et à Montparnasse ! Qu'est-ce que cela 
veut dire ? . , 

J'ai aussi appris que Lemot reposait a 
Clisson, Cazin au Lavandou.... Mais ll me 
manque beaucoup de noms. Je fais appel a 
l'Intermédiaire pour compléte'i ma liste. 
Où sont les restes de Rigaud, de Largil- 
lière, de Pajou, de Falconet, de Rameau, 
de Félicien David, de Montigny, de J.-F. 
Millet, et de tant d'autres ? G. 

Roues Nationales sortant de 
Paris. — Un intermédiairiste, fervent de 
la route : cycliste, automobiliste ou sim- 
plement excursionniste. . pourrait-il 
m'indiquer le numérotage exact des dix ou 
douze Rouies Nationales qui sortent, 
comme en un faisceau, de Paris ? 

La Route Nationale de Paris à Calais, 
par exemple, porte sur chacune de ses 
bornes kilométriques, le n° 1. 

Mais la dernière borne ainsi numérotée 
se voit aux environs de Saint-Denis. En- 
suite on perd sa trace. Où entre à Paris, 
la Route Nationale n° 1 , et quel est son 
prolongement dans la capitale ? 

Même question sur les routes de Paris à 
Mulhouse, à Antibes, à Bordeaux, etc etc. 

A. d'E. 



Singulière 



vengeance de six 
jeunes filles. — A la fin de juin 1655, 
six jeunes filles du bourg de Blain en Bre- 
tagne, ayant à se plaindre d'un jeune 
homme qui prétendait faussement avoir 
obtenu leurs faveurs, prirent un singu- 
lier moyen de prouver leur ingénuité. 

Elles attirèrent l'impertinent à un ren- 
dez-vous dans un bois, lui lièrent les 
bras et les pieds, le garrottèrent contre 
un arbre et l'émasculèrentà coups de ra- 



soir « avec tant de rage et de rudesse » 
qu'il mourut de l'atroce blessure. 

Cette affaire que je trouve résumée 
dans un document de juillet 1655, a été 
suivie d'un procès. En reste-t-il quelques 
traces dans les archives de la Loire-In- 
férieure ou dans les Recueils d'arrêts ? 

Candide. 

Hommes naturalisés. — Sigismond 
Thalberg,le célèbre pianiste, fils du comte 
Dietrischen et de la baronne de Westzlar, 
né à Genève en 1812, mourut à Naples en 
1871. 

11 s'était retiré avec sa femme, fille du 
chanteur Lablache, dans une propriété 
que celle-ci tenait de son père, au Pausi- 
lippe ; sa principale occupation était la 
culture de la vigne : il avait transporté 
sous le soleil de Naples des ceps deCham- 
bertin qui produisaient le vin le plus 
détestable, le plus fort et le plus épais 
qu'on puisse imaginer. 

Lorsque Thalberg mourut, sa femme le 
fit enterrer dans sa propriété du Pausi- 
lippe, après l'avoir fait naturaliser afin de 
pouvoir le contempler après sa mort. 

Madame Thalberg est morte il y a 
quelques années ; qu'est devenu le corps 
de Thalberg ? 

Est-ce que Thalberg naturalisé a eu des 
prédécesseurs et des imitateurs? 

J. G. Bord. 

Les papiers de Vasari. — Vasari, 
dans la vie de Michel-Ange, raconte 
avoir mis par écrit un certain nombre de 
conversations qu'il eut avec le peintre de 
la Sixtine, tandis qu'ils visitaient tous 
deux, pendant une semaine sainte, les 
diverses églises de Rome ! << On trouvera, 
ajoute-t-il, ces dialogues dans mes pa- 
piers ». — Si je ne me trompe, les papiers 
de, Vasari ont été légués par lui avec ses 
tableaux, ses esquisses et la maison où il 
était né, à la ville d'Arezzo, sa patrie. 
Que sont devenus ces papiers ? Quelqu'un 
s'est-il jamais occupé de retrouver ces 
conversations avec Michel-Ange? 

PlC DE LA MlRANDOLE. 

Famille Barbot de Lardenne. — 

Je désirerais des renseignements sur cette 
famille. Est-ce une branche de la famille 
Barbot de Chément, ou est-ce une^maison 
étrangère à celle-ci ? A. B. 



M 1065. 



L'iNTLRMÉDlAIRE 



15 



- 16 - 




Le Noir, lieutenant de police 

(XLVII ; XLVIII ; L, 247, 362, 683, 818, 
866, 978). — Voici quelques renseigne- 
ments sur la famille du lieutenant général 
de police Le Noir : 

Dans les Lettres inédites de Sophie de 
Monnier à Mirabeau, récemment publiées 
par la Nouvelle Revue 1 ètrospective (T '. XX, 
p. 43s), je relève le passage suivant écrit 
du couvent des Clarisses de Gien où So- 
phie était détenue, et portant la date du 
27 avril 1781 : 

J'ai vu, hier, Mme Le Noir de la Châtre. 
Elle était avec Mme de Montagu et Mme de 
Villiers. Elles débarquèrent d'abord à l'infir- 
merie, de là, chez moi, où je lui montrai le 
portrait de M. son oncle, et je lui parlai beau- 
coup des services qu'il m'avait rendus et de 
ma reconnaissance. 

Sophie ajoute que Mme Le Noir de la 
Châtre, originaire de Gray en Franche- 
Comté, et, par conséquent, presque sa 
compatriote, est âgée de 45 ans. 

L'oncle est, sans aucun doute possible, 
le lieutenant général de police Le Noir, 
auquel Sophie avait, en effet, de grandes 
obligations. Quant à M mcs de Montagu et 
de Villiers, elles habitaient Gien. En 
était-il de même de Mme Le Noir de la 
Châtre ? Nous ne le saurions dire, mais 
on en pourra peut-être juger par ce qui 
suit : 

Dans une lettre inédite du 4 janvier 
précédent, Sophie, ayant appris de Mira- 
beau que Le Noir était menacé de perdre 
sa place de lieutenant de police, lui avait 
répondu : 

Ce bon M. Le Noir ! C'est un excellent 
cœur ! Je tremble qu'il soit déplacé, surtout 
si l'on y joignait le désagrément de l'exil ! Le 
frère de M. de Cindré,qui se nommait Le Noir 
de la Châtre, est mort hier, subitement. Il 
était moins lié avec celui-ci qui n'allait point 
à Paris. 

Le surlendemain, 6 janvier, elle pour- 
suit : 

J'ai t chargé BA (Bon Ange" ou Boucher), de 
faire à son maître (le lieutenant de police Le 
Noir), mon compliment sur la mort de son 
oncle, comme pour Cindré. 

Enfin, le 1 3 : 

La Villiers m'a dit que M. Le Noir aimait 
beaucoup mieux son dernier oncle que Cin- 



dré ; qu'il avait été d'abord à Versailles pour 
demander un congé pour son neveu qui est 
au service, et dont la présence est nécessaire 
ici. Il l'a obtenu. 11 est universellement re- 
gretté. Le Père (le R. Maillet, aumônier du 
couvent), m'a dit que, pour lui, il ne le voyait 
pas, parce que M. Lenoir était trop vif et que 
lui l'étant beaucoup, il craignait de se que- 
reller, mais que, pour de Cindré, il en était 
fort ami . 

11 ressort de ces documents : i e Que 
deux oncles du lieutenant général de po- 
lice habitaient Gien vers 1780, et qu'ils 
s'appelaient l'un, Le Noir de la Châtre, 
l'autre, Le Noir de Cindré (Sophie écrit 
SiudrcV). 2° Que le premier ne quittait 
guère Gien, tandis que le second se ren- 
dait fréquemment à Paris, où il était en 
relations amicales avec son neveu, le lieu- 
tenant de police. 3 Que le premier est 
mort le 3 janvier 1781. 4 Que M. Le 
Noir de la Châtre avait un neveu appar- 
tenant à l'armée et que ce neveu fut son 
héritier ou son légataire. 5 Que ce neveu 
était peut-être (ceci n'est qu'une hypo- 
thèse), le mari de Mme Le Noir de la Châ- 
tre, la visiteuse de Sophie. 

J'ajoute que le château de Gien appar- 
tenait alors à un autre lieutenant général 
de police, Claude-Henri Feydeau de Mar- 
ville, qui avait exercé cette charge de 
1740 à 1747. Paul Cottiîj. 



* 
* * 



Le Noir de la Cochetière porte : d'ar- 
gent, aux trois têtes de Maure de sable, 
tortillées d'or, posées 2 et 1 . 

Devise : Nomine Niger, corde candidns. 

{Sceau du xvin e siècle). 

Louis Calendini. 

Liste générale des otages de 
Louis XVI et de sa famille (L, 948). 
— La Liste achetée par l'abonné H. Cd. 
est, en effet, la suite, non spécifiée, d'un 
travail anonyme intitulé : Les Otages de 
Louis XVI et de sa famille (Paris, Pillet, 
1814, in-8°, 2 ff. et'XVI. 163 p , y com- 
pris la table des matières et les errata, 
dû à Théodore-Pascal Boulage, professeur 
à l'Ecole de Droit. Il renferme, p. 107- 
156, une première Liste des otages des 
deux sexes qui a été complétée, contrôlée 
et rectifiée dans la Liste générale... de 
1816, dont la pagination fait suite au 
volume de 1 814. Pour être complet, un 
exemplaire doit donc renfermer ces deux 
parties. M. Tx. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905. 



18 



service de la garde 



ïl s'agit, sans aucun doute, de la suite 
du volume intitulé : Les otages de Louis 
XVI et de sa famille. 

Le pur sang des Bourbons est toujours 

{adoré. 
Voltaire. 
Paris, chez Pillet, rue Christine, 5 ; 

1814. 

Cette première partie se compose juste- 
ment de 164 page, avec la table et les 
errata. De plus, l'auteur, Boulage, avo- 
cat d'Auxerre, « s'était proposé de publier 
«ensemble les deux parties qui doivent 
« composer cet ouvrage... », mais il ne 
put et remit « son manuscrit à M. Pil- 
let... », d'après le posl-scriptum du vo- 
lume que j'offre de communiquer à 
l'abonné H. Cd., s'il le désire. 

G. P. V. 

Les Ecclésiastiques et la cons- 
cription (L, 948). — Jusqu'à preuve du 
contraire, je ne pense pas que les ecclé- 
siastiques aient été exempts de la cons- 
cription sous le consulat. Je n'en donne 
pour preuve que ce trait de la vie de Mgr 
Bouvier, raconté par ses biographes. Né 
en 1783, Jean-Baptiste Bouvier, étudiant 
ecclésiastique, vit avec frayeur arriver 
l'époque de la conscription en 1803. 
N'ayant pas le moyen de payer un rem- 
plaçant, il part pour Brest où l'a fait 
admettre un de ses compatriotes, le colo- 
nel Le Baillif. Six mois après, il quitte 
les chantiers de Brest, M. Dubois-Beaure- 
e;ard lui ayant procuré un remplaçant. 
Quatre ans après, le 24 septembre 1808, 
il était prêtre. Louis Calendini. 

* * 

Oui, les ecclésiastiques furent exempts 
de la conscription militaire sous le Con- 
sulat et l'Empire. Le décret suivant élu- 
cide complètement cette question. 
Paris, le 7 mars 1S06, 

Napoléon, empereur des Français et roi 
d'Italie, sur le rapport du minisire de l'Inté- 
rieur, 

Vu le rapport à nous présente le 15 messi- 
dor an X (2 juillet 1802). par nous approuvé 
le même jour, et rappelé tant dans l'arrêté 
du 29 fructidor an XI (16 septembre 1803) 
que dans le décret du 8 fructidor an XIII 
(26 août 1805). 

Avons arrêtJ et décrété ce qui suit : 

Article I er . — Les ecclésiastiques engagés 
dsns les ordres ne sont sujets ni à la cons- 



cription militaire ni au 
nationale. 

Article 2. - - Les ministres de la guerre et 
de l'intérieur sont chargés de l'exécution du 
présent décret. Napoléon. 

F. U. 



Livre ignoré sur Louis XVII (L, 

106, 355, 705, 957)- - J e n ' ai , J ai T S 
cru à la survie de Louis XVII, et les der- 
niers doutes que je pouvais encore con- 
server se sont évanouis probablement 
sans retour, à la lecture des dernières 
plaidoiries en faveur de l'évasion.Je n'y ai 
rencontré, en effet, aucun argument de 
nature à taire une impression sérieuse. 
Pour moi, la mort du petit roi au Temple 
est jusqu'aujourd'hui un fait démontré, 
j'entends que la preuve contraire n'est 
nullement faite. Mais on a fait intervenir 
Joséphine de Beauharnais et on en a fait 
un des agents les plus actifs de la pré- 
tendue évasion. Je demande alors com- 
ment Napoléon, qui pouvait ignorer bien 
des choses comme mari, mais pas celle- 
là n'aurait pas cent fois jeté à la tête de 
Louis XVIII qu'il était un usurpateur, et 
que le véritable roi était l'enfant du Tem- 
ple ? Tout au contraire, il le traite cons- 
tamment en prétendant, en représentant 
certain, unique de la monarchie, etj'ayoue 
que s'il avait connaissance de la survie du 
véritable roi, son attitude serait incom- 
préhensible. 

Je n'ai d'ailleurs aucune intention d in- 
tervenir à fond dans un débat que je con- 
sidère, en l'état, comme clos. Et je crois 
bien qu'il ne se produira jamais de fait 
nouveau de nature à justifier la révision 
d'un procès jugé selon toute apparence, 
en dernier ressort. H. C. M. 

Trestaillon, Servan, Truphémy 

(L 049). — M. F. Daudet, dans son beau 

livré' sur la Teneur Blanche, paru chez 

Quantin en 1878, a consacré un chapitre 

entier aux troubles de Nîmes et dans le 

Gard en 1815, pp. 71 à 159. 

Nerac. 

Uniforme du régiment de Berry- 
Cavalerie (L, 780). - Le régiment de 
Berry-Cavalerie prit l'uniforme décrit 
d'après la miniature de par l'ordonnance 
du i ef octobre 1786. Ce règlement indi- 
que que Berry, 2i me de l'arme, aura habit 



N" 1063 



L'INTERMÉDIAIRE 



19 



20 



bleu, collet et retroussis écarlates, re- 
vers et parements blancs, boutons en 
métal blanc, en argent pour les officiers, 
ainsi que les épaulettes, gilet blanc, équi- 
page du cheval, bleu avec galon de bor- 
dure blanc orné de raies verticales bleues 
et rouges pour la troupe. Les officiers 
avaient ce galon en argent. 

En i79i,Berry avait le n° 18 de la cava- 
lerie, il prit alors la couleur distinctive 
cramoisie et cessa d'être tricolore. 

COTTREAU. 






septembre 
l'uniforme 



L'ordonnance royale du 3 
1786 fixe de la façon suivante 
de ce régiment : 

Habit bleu de roi ; 

Boutons, blancs; 

Revers, parements, blancs ; 

Collet, retroussis et doublure, écarlates; 

Veste (gilet) de cadis blanc ; 

Culotte de peau. 

Le collègue Brondineuf pourra d'ailleurs 
retrouver le nom de l'officier représenté 
par la miniature dans les Etats militaires 
de Roussel, années 1787 et suivantes. 

BÉNEAUV1LLE. 

Carrosses du roi (L, 954). — Rè- 
glement du 30 juillet 1759 : 

« Nulle Dame ne sera présentée à S. M. 
et nul gentilhomme ne pourra non plus 
être admis à monter dans ses carrosses et 
le suivre à la chasse, à moins qu'ils n'aient 
préalablement produit devant le généalo- 
giste de ses ordres, trois titres établissant 
chaque degré de la famille du mari par 
lesquels la filiation sera établie claire- 
ment depuis l'année 1400 et vou- 
lant n'accorder qu'aux seules familles qui 
sont issues d'une noblesse de race, l'hon- 
neur de monter dans ses carrosses, S. M. 
enjoint également à son généalogiste de 
ne délivrer aucun certificat lorsqu'il aura 
connaissance que la noblesse dont on 
voudra faire preuve aura pris son prin- 
cipe dans l'exercice de quelque charge de 
Robe et d'autres semblables offices ou par 
des lettres d'anoblissement, exceptant 
toutefois, dans ce dernier cas, ceux pour 
qui de pareilles lettres auraient été accor- 
dées à raison de services signalés rendus 
à l'Etat, se réservant au surplus, d'excep- 
terde cette règle ceuxquiseraientpourvus 
de charges de la couronne ou dans sa 



maison, comme aussi les descendants par 
mâles des chevaliers de ses ordres. » 

Le roi accordait encore par grâce c'est- 
à-dire avec dispenses de preuves l'honneur 
de lui être présenté, mais cette faveur 
n'était qu'individuelle et ne s'étendait ni 
à la femme, ni aux enfants du gentilhom- 
me favorisé. P. de Beauchêne. 



* 

* * 



Les honneurs de la Cour étaient, pour 
les dames, d'être présentées au Roi, à la 
'?eine et à la famille royale ; pour les 
hommes, de monter dans les carrosses du 
Roi et de chasser avec le Roi, après lui 
avoir été préalablement présentés. Ils 
étaient accordés i° à la noblesse d'an- 
cienne extraction qui faisait ses preuves 
depuis 1400, par titres originaux ; 2 
aux descendants des maréchaux de France, 
des chevaliers des ordres du Roi, et des 
ministres ; 3 aux personnes que le Roi 
jugeait à propos d'admettre, en les dis- 
pensant de faire leurs preuves. L'ordon- 
nance royale du 17 avril 1760 donne une 
idée exacte de la noblesse des familles qui 
étaient admises aux honneurs de la Cour ; 
j'en ai publié le texteà la page 7 de mon 
Histoire généalogique de la maison du Pon- 
tavice, Paris, in 8°, 1901, chez l'auteur, 
4, rue Trézel. 

Th. Courtaux. 

Bornes de la corvée (L, 945). — 
Le Bulletin de la Société archéologique 
du Finistère (1901. Tome XXVIII. p. 
xLVin) donne quelques indications sur 
d'anciennes bornes existant le long des 
routes du département. Je puis ajouter 
qu'il existe près de Saint-Pol-de-Léonune 
borne se rapportant aux limites de corvée 
de deux paroisses du voisinage. Sur une 
face on lit: sîbiril 716 toise et sur la 
face opposée, plovcovlm... (?) toise. 

K-Y. 

Cardinal de Sainte Potentiane 
(L, 891, 963). — Reconstituer ainsi le 
passage erroné par la faute de la compo- 
sition : 

Hic jacet Reverendissimus in Christo 
Pater D. Bertrandus de Chanaco, Lemo- 
vicensis dicecesis, génère nobilis. I. V. D. 
archiepiscopus Biturricensis, postmodum 
patriarcha Ierosolimitanus et administra- 
tor ecclesiœ Abrincensis, deinde in S. 
R. E. Cardinalem presbyterum assumptus 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905 . 



21 



22 



et demum sabinensis ecclesia? episcopus 
effectus. 



* 
* * 



Je demande pardon aux lecteurs de 
V Intermédiaire de me rectifier sans cesse, 
mais je les prie de voir dans mon insis- 
tance la preuve de mon désir d'être abso- 
lument exact. 

Il s'est glissé dans ma réponse col. 1062, 
une légère erreur de protocole ; les Car- 
dinaux prêtres ont seuls un titre cardi- 
nalice et les cardinaux diacres sont seu- 
lement premiers diacres d'une église pa- 
roissiale. Au fond, c'est à peu près la 
même chose, mais dans la Rome ecclé- 
siastique, les questions de forme sont 
toujours considérées comme importantes. 
Puis il n'y a pas deux manières d'être 
exact, disait très justement Sainte-Beuve. 

Enfin une faute d'impression a fait 
écrire Vaugham et non Vaughan (Erbert), 
le nom du cardinal de Westminster. 
J'ajoute que son titre cardinalice complet 
est SS. Andréa e Gregorio al Monte Ce- 
lio. H. C. M. 

Le chien de Jean de Nivelle 

(XLV11 ; XLVIII ; L, 380, 463, 571, 629, 
707). — Au cours d'un travail généalogi- 
que, j'ai trouvé mention du contrat de 
mariage de : Antoinede Boussard.écuyer, 
seigneur de Pallas, avec Agnès d'Anise, 
fille de Jean d'Anise et de Anne de Nivelle, 
demeurant à Nivelle en Brabant, reçu par 
Fauconnier, notaire à Nivelle le 15 février 
1646. 

Je profite de la rubrique ouverte ici 
pour demander à un de nos confrères bel- 
ges, les noms des ascendants paternels de 
cette Anne de Nivelle ; l'intérêt pour moi 
est de savoir s'il y avait parenté entre 
elle et la maison de Montmorency. 

Henri Vîal. 

Barbe bleue et Gilles de Rais (L, 
833, 90O. — On discute pour savoir si 
l'on doit écrire Gilles de Rais ou Gilles de 
Relç. En Vendée, les archéologues se 
servent de ces deux orthographes ; et ils 
n'ont peut-être pas aussi tort que leurs 
collègues parisiens le pensent ! D'ailleurs, 
dès 1861, un homme, qui connaissait 
bien le Maréchal, a dit : «Pardon, si nous 
nous servons des deux orthographes Raiç 
et Ret{, pour exprimer le même pays, 
compris entre la Loire, la mer, le Poitou, 



et le lac de Grand-Lieu. La première 
forme fut généralement employée avant 
l'érection du duché en 1581 ; la seconde, 
consacrée par la Lettre royale, a été offi- 
cielle depuis (Ch. Movrain de Sourdeval, 
A. S. E. V., 1861, p. 138). 

Tout le monde, dans l'ouest, écrit désor- 
mais : « Pays de Retz ». — Si l'on veut, 
revenir à la vérité, c'est-à-dire à « Gilles 
de Rais >>, soit ; mais il faudrait alors 
changer l'orthographe des communes 
suivantes : « Bourgneuf-en-Retz, St-Cyr- 
en-Retz, St-Père-en-Retz, Dunes de Retz 
(Saint-Gilles) etc. » Sinon, avouons que 
nous serons peu logiques avec nous-mêmes! 

Marcel Baudouin. 



* 
* * 



Est-on absolument certain de la date de 
naissance de Gilles de Rais, de même que 
de. celle de son mariage ? En Vendée, on 
discute. — Qu'en pense-t-on à Paris ? 

Marc Ell. 

Un problème de cryptographie : 
la lettre de Desmaretz (L, 835). — 
La lettre est entièrement déchiffrée La 
longueur du texte chiffré par rapport au 
clair pouvait faire croire à première vue 
que la traduction n'était pas complète. 
Mais la différence tient seulement à ce 
que les mots sont chiffrés par syllabes et 
quelquefois par lettres, au moyen d'une 
« table chiffrante » procédé très en faveur 
autrefois et employé encore de nos jours 
avec quelques modifications, sous le nom 
de « système à dictionnaire ». Eu. C. 

Récits d'événements historiques 
consignés à la dernière page des 
anciens registres d'état-ci il (^,779, 
910, 961). — Ces mentions sont fréquen- 
tes, du moins dans la Haute-Saintonge,et 
retracent, soit la nouvelle d'événements 
politiques survenus au loin, soit plus 
fréquemment les narrations de faits loc;iux 
offrant un certain intérêt : assassinats, 
morts mystérieuses, exécutions, orages ou 
inondations, etc., etc. Le détail de ces 
notes ne pourrait intéresser que l'histoire 

locale. C. V. 

* 

* * 
De nombreux registres sarthois renfer- 

ment des détails intéressants pourl histoire 

générale et locale. L'Inventaire sommaire 

des archives de la Sartbe, t. I.,en analysant 

les registres paroissiaux, en a publié un 



N* 1063 



L'INTERMEDIAIRE 



2 3 



24 



grand nombre en 187 1 . Malheureusement, 
certains textes ont été tronqués, altérés, 
d'autres complètement oubliés. Plusieurs 
monographies publiées récemment rela- 
tent ces récits. 11 en est qui ont été pu- 
blics séparément, ceux des curés de 
Spj\v,du Crucifix au Mans, par exemple. 
M. Triger a même, d'après ces registres, 
composé, en 188 1, un intéressant travail 
intitulé les Observations Agricoles et météo- 
rologiques sur les années remarquables de 
1^44 à :jSç dans la Province du Maine. 
Le Mans, Monnoyer. 1 881 , in-8° de 58 p. 
Bibliographie : AbbéEm.-L Chambois, 
Notes et remarques extraites des registres 
de la paroisse du Crucifix, au Mans. Pro- 
vince du Maine, t. X, p. 362 sq, t. XL 
Abbé L. Froger, Notes d'un curé de Spay 
sur sa paroisse, même revue, VII, 353. 

Louis Calendini. 



Droit de havage (L, 268, 698, 746, 
799,852, 906, 960).— J'ai lu dans Y Anjou 
Historique (n° de septembre 1904) un ex- 
cellent article sur ce sujet par M.Laurain, 
archiviste de la Mayenne. 

Andegavensis. 

Le château et la baronnie de Bi- 
gorne en Charollnis (L, 892). — Il 
n'existe pas d'ouvrage sur le château et la 
baronnie de Digoine. Les possesseurs ont 
été au xvu e et au xvm* siècle, Théophile 
de Damas (1609), Antoine de Damas 
(1640), C'aude-Marcelin de Damas (1643), 
Eléonor de Reclesne des Regards (1700), 
François de Reclesne des Regards (1750), 
Louis-Marie-Joseph Frotier de la Côte 
(1777). Il y a aux archives départementa- 
les de Saône-et-Loire, fonds des familles, 
des dossiers sur la branche de la maison 
de Digoine qui a possédé le marquisat du 
palais. Bibl. Mac. 

Paroisse de Criq (L, 892). — Ciiq 
ou Cricq est une mauvaise lecture, pro- 
bablement pour Ciry. Dans ce cas, on 
trouverait des documents aux archives 
départementales de Saône-et-Loire. D'au- 
tre part, la liste des curés est toujours fa- 
cile à établir, pour le xvn e et le xvnf 
siècle, à l'aide des registres paroissiaux 
conservés dans les mairies. 



Trois familles de Saumur (L.,895). 

— 1") Saillant. ]c me souviens avoir sou- 
vent rencontré ce nom dans les papiers 
des greffes de la Flèche. Je ne puis poul- 
ie moment préciser davantage. 

2 e ) Gallois ou Oalloys, Famille angevi- 
ne : d'azur, à deux roses d'or, en chef, et 1 
trille de même en pointe{de Maulde,Sz«'/e à 
l'Armoriai p. 14O). Un cachet que nous 
avons retrouvé aux archives de la Flèche 
porte : de..., à l'aigle à deux létes.les ailes 

déployées de 

Cette famille était déjà importante à la 
Flèche en 1643. L'un de ses membres, 
Estienne Gallois, était, à cette époque, 
échevin de la ville. En 1682, je rencontre 
au tribunal MM. Estienne Galloys père et 
fils. De 1748 à 175s. M. Gallois fut maire 
de la Flèche. En 1709, Joseph Galloys est 
prêtre habitué à Créans. Vers la même 
époque, Charles Galloys, prêtre, demeure 
à la Flèche Marie-Anne Galloys était, en 
17 17, l'épouse de François Fontaine de 

Biré. . 

M. René Galloys, conseiller du Roi, 
son médecin au port de Lorient et méde- 
cin de la Compagnie des Indes, époux de 
Catherine Le Royer, mariait, le 2 août 
1769, à la Flèche, sa fille Catherine-Anne- 
Suzanne Galloys à Louis-René-François 
de Sarcé, chevalier, lieutenant de vaisseau 
du Roi. (Cf. notre travail : La Succession 
d'un Régisseur dans Annales Flécboises 
de novembre 1904) 

René-Joseph Galloys fut avocat du roi 
en la sénéchaussée de la Flèche et reçu en 
parlement le 27 mai 1737. 

Une famille de ce nom existait aussi en 
Touraine qui se rattachait à celle des avo- 
cats fléchois du xvn e 



siècle. 



M. de Maulde (op.cit. p. 147) signale 
encore une famille Gallois de Beçay du 
Vendômois, éteinte après 1773 et dont 
les armes étaient : d'or, à 2 molettes d'épe- 
ron de sable, posées en fasce, accompagnées 
d'un croissant de sable, en chef, et d'un plant 
de fraisier portant fleurs et fruits au naturel, 

en pointe. 

A titre de renseignement, je mentionne 
aussi Maître Charles Gallais, président du 
grenier à sel du Lude, décédé à 60 ans, le 
15 février 1786, époux de Anne Grille, 
morte le 2 juillet 1780, à 52 ans. 

Louis Calendini. 



* 

* * 



Bibl. Mac. ' La famille Galles, qui vivait en Anjou 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



""" 25 



26 



10 Janvier 1905, 



au xvii 6 siècle, portait d'azur, à trois 
lions d'or. 

La famille Gallois, qui vivait à la même 
époque en cette province, portait d'azur, à 
deux roses d ' or ,en chef , et un trèfle de vicmc 
en pointe . 

Les Sailland portaient de gueules, à un 
sautoir d'or. Cf. d'Hozier. 

F. Uzureau. 

Bourbon Lavedan — Bégole — La 
Corne(L, 1 13, 918). — Merci bien à M. 
de Lorval qui a eu l'obligeance de com- 
muniquer à Y Intermédiaire ses notes sur 
la famille de la Corne, au sujet de la- 
quelle j'avais consulté inutilement les 
Noms féodaux et le Nobiliaire d' Auvergne 
de Bouillet. Le mari de Madeleine de 
Bourbon devait appartenir à cette famille 
puisqu'il était seigneur de la Corne près 
Randan. 

L'indication que donne M. de Lorval, 
de la seigneurie de Chapt parmi celles 
possédées par cette famille, me fournit 
aussi la connaissance de ses armoiries. 
Même il faut ajouter à ce sujet qu'au lieu 
d'une seule l'on a au moins deux descrip- 
tions de ces armoiries assez différentes 
l'une de l'autre. 

Charlotte de la Corne de Chapt (fille de 
Louis de la Corne de Chapt. Sgr de Fer- 
rebonne, au Canada, capitaine d'infante- 
rie et d'Elisabeth de Ramezay), épousa, 
le 12 avril 1757, François-Prosper Dou- 
glas, seigneur de l'Isle et mourut, à 
Auch, le 2 février 1764. Armes : d'açur, 
à 2 lions affrontés d'or, surmontes d'un 
rencontre de cerf de même (Potier de Cour- 
cy. Continuation du P. Anselme, t. IX, 
2' 3 partie, p. 92). 

D'ailleurs François-Josué de la Corne 
de Chapt, chevalier, ancien capitaine des 
vaisseaux du roi, convoqué à l'assemblée 
électorale de la noblesse de Touraine en 
1789, portait : de gueules, au lion armé 
de... contrepassant, soutenu d'une rose de... 
au canton sc'nestre (Carré de Busserolle, 
Armoriai de Touraine, p . 291). 

Laquelle est la vraie ? 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Dupleix (L, Q52). — On sait que ce 
nom a le sens de Duplessis, plexitium. 
Quant à la descendance du grand Dupleix, 
elle existe à Montdidier, au su de toute 



la région du nord de la France, dans la 
famille de ce nom. Lors des derpières 
fêtes données en l'honneur de Dupleix, il 
y a quelques années, le représentant de 
la famille était M. Dupleix, ancien direc- 
teur de la succursale de la Banque de 
France à Valenciennes ; mais il est mort 
depuis, laissant des enfants, dont plu- 
sieurs se sont mariés à leur tour. X. 



Joseph Doucet ^,217,359, 466).— 
Je remercie vivement M.Louis Teste et M. 
Edouard Champion, mais à présent que, 
grâce à eux, la personnalité de Joseph 
Doucet émerge de l'ombre, je voudrais 
des dates précises qui fixent les points 
importants de sa biographie. Où et quand 
est-il né et est-il mort ? Est-ce avant ou 
après son séjour en Dauphiné qu'il fut 
attaché au clergé delà Madeleine ? A quel 
moment abandonna-t-il la soutane ? Sous 
quel pseudonyme écrivait-il à la Viepari- 
sienne ? 

Mon intention n'était point d'ailleurs, 
et n'est pas davantage aujourd'hui, de me 
documenter en vue d'un travail futur. Je 
voulais simplement attirer l'attention des 
délicats sur un talent méconnu. Je suis 
heureux de voir que M. Louis Teste veut 
bien partager mon avis puisqu'il qualifie 
les Tentations d'un curé de campagne de 
« petit chef-d'œuvre ». Par malheur ce 
livre a dû sombrer dansles liquidations de 
la Lib. airie internationale Lacroix, et je 
ne l'ai jamais rencontré. 

Joseph Doucet semble volontiers, en 
effet, avoir été son propre modèle, et le 
récit, simplement intitulé : Une Histoire, 
qui vient à la suite du Diocèse de Clpambo- 
fan, renferme certainement beaucoup de 
particularités auto-biographiques. 

M. Tx. 

Moitié (Jean-Guillaume;, sculp- 
teur et statuaire distingué du 
XVIII e siècîe(î747-i8iO)(L,786).— 
Le bas-relief édifié en 1 79 1 au fronton du 
Panthéon a été en effet partiellement dé- 
truit sous la Restauration malgré les dé- 
marches du statuaire Edme Gaulle et une 
protestation improvisée, devenue très 
rare, intitulée : Remarques et observations 
critiques sur la composition et l'exécution 
du grand bas-relief qui se voit au fronton du 
portail de la nouvelle église Sainte-Gene- 



N a 1063. 



L'INTERMEDIAIRE 



2 7 



28 



vièvc, par L.-J.Leclerc-Dupuy. (Paris, imp. 
de Mme Huzard, 1816, in-8°, 16 p.) 

Le fronton de Moilte a été maintes fois 
reproduit, notamment dans l'estampe 
d'Abraham Girardet, gravée parBerthaut : 
Y Apothéose def.-J. Rousseau, sa translation 
au Panthéon (20 vendémiaire an III, 1 1 
octobre 1 794) par Liénard d'après Du- 
verdy, par Chapuy d'après Garbizza ; 
par Baltard d'après le modèle en plâtre 
alors conservé au dépôt de l'île des Cygnes; 
enfin dans le Journal des artistes (1830, 
n° 11, 2 e vol.), Paul T. trouvera de plus 
amples renseignements sur le sort de la 
composition dont David d'Angers (ainsi 
qu'il l'a reconnu lui-même), s'est inspiré 
dans un travail du marquis de Chenne- 
vières intitulé les Décorations du Pan- 
fhéon, paru d'abord en cinq articles dans 
la Galette des Beaux-arts du I er octobre 
1880 au I er mai 1 88 1 , réimp. avec addi- 
tions, dans Y Artiste (1885), puis tirés à 
part comme appendices aux Souvenirs d'un 
directeur des Beaux-arts. La lettre de 
Gaulle adressée au Journal des artistes a 
été réimp. par le regretté Maurice Du- 
seigneur dans un rapport présenté à la 
« Société des Amis des Monuments pari- 
siens, » et que Paul T. trouvera soit dans 
le Bulletin de cette société (1885, pp. 42, 
471) soit dans Y Artiste de juillet 1884. 
Maurice Tourneux. 

Une cruelle plaisanterie d'Al- 
fred de Musset (L.956). — Cette scène 
est assez connue, mais jene me souviens pas 
l'avoir vue reproduite nulle part C'est 
une tradition orale. L'anecdote est rele- 
vée par une pointe de sadisme, on sait 
que Musset ne craignait pas ce genre-là, 
ceci soit dit sans prétendre lui attribuer 
un livre dont les éditeurs belges lui don- 
nèrent peut-être à tort la paternité. 

Mais « Le Passant »> exagère quand il 
dit que la dame resta six mois sans revoir 
son mari. Cela repousse plus vite. 

O. S. 

* 

* * 
L'anecdote est bien connue de nous 

autres musiciens, et elle est devenue 
classique en son genre. Elle courait jadis 
les orchestres et nos classes du Conser- 
vatoire et j'étais bien jeune quand je l'en- 
tendis raconter pour la première fois. 
Mais je déclare que je n'y ai jamais vu 
mêler le nom d'Alfred de Musset, qui 



d'ailleurs ne fréquentait guère dans le 
monde spécial de la musique Mme X... 
femme d'un facteur de pianos célèbre, 
était une pianiste de premier ordre, dont 
les succès furent éclatants, mais dont le 
mari dut en voir de cruelles. Sa liaison 
la plus connue fut celle qu'elle noua avec 
un historien musical fameux, son compa- 
triote (quoique née à Paris, elle était de 
famille belge). Elle passait pour être 
facile, trop facile, et l'on assurait que c'é- 
tait pour la punir de cette facilité (ce qui 
d'ailleurs ne regardait personne) qu'un 
cercle de jeunes gens qu'elle connaissait 
bien s'avisèrent un jour, ou plutôt une 
nuit, de lui appliquer le châtiment singu- 
lier dont parle notre collaborateur. Dans 
une soirée de débauche ils retendirent en 
effet sur un lit, et après l'avoir réduite à 
l'impuissance, lui firent subir une opéra- 
tion qui n'avait rien de césarien, pas 
même de douloureux, mais qui était 
étrange et quelque peu humiliante. Après 
quoi ils lui rendirent la liberté de ses 
mouvements. 

Je n'ai jamais, je le répète, vu le nom 
de Musset mêlé à cette affaire, non plus 
que celui de son ami Alfred X. .. Au reste 
les « bourreaux » étaient beaucoup plus 
de deux, la société présente à l'opération 
était nombreuse, nombreux aussi, dit-on, 
ceux qui y prirent plus ou moins part, 
et c'est là ce qui rendait la séance parti- 
culièrement humiliante pour la pauvre 
femme, a qui, après tous, son mari seul 
aurait pu demander compte de ses actions. 

Arthur Pougin. 



Le lieu de naissance de Marin le 
Royde Gombarville(L,898,979). — Le 
Dictionnaire critique de Jal, qui donne la 
date du décès de cet académicien (14 
juin 1674), est muet au sujet du lieu et 
de la date de sa naissance. Même silence 
dans la notice de Marin le Roy de Gom- 
berville que l'on trouve dans Y Annuaire 
de la Noblesse de France, 1884, p. 288. 
G. P. LeLieur d'Avost. 



La Grande Encyclopédie, Paris, H. La- 
mirault, le dit « né à Paris en 1600, mort 
à Paris le 14 juin 1674 ». 

— Je connais le hameau « Gomber- 
ville » commune de Magny-les-Hameaux, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905. 



29 



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à environ 3 kilom. 1/2 à vol d'oiseau au 
nord-est de Chevreuse. Il est assez an- 
cien pour que Marin Le Roy en ait été 
seigneur, mais cela n'implique pas né- 
cessairement que cet académicien y soit 
né. Sglpn. 



Famille Fatras (L, 894). — Une 
famille de ce nom, ancienne et fort avan- 
tageusement connue, habite Boulogne- 
sur-Mer : les Patras de Campaigno, dont 
plusieurs membres furent gouverneurs, 
pour le roi de France, de la province de 
Boulonais qu'ils défendirent valeureuse- 
ment contre les Anglais. 

Un Patras de Campaigno de l'estoc des 
précédents, fut, sous Napoléon III, maire 
de Toulouse, et député de la Haute-Ga- 
ronne au Corps législatif. 

A'. S. e. 

Familles du Pont et Le Vasseur 

(L, 894). — Du Pont d'Aubevoie, famille 
angevine : d'argent, à deux chevrons de 
gueules ; supports : 2 lions; devise : Vir- 
ilité et labore. Aubevoie est au Lude (Sar- 
the)et appartient aujourd'hui à M. Ratouis. 
J'ai sur cette famille quelques notes inté- 
ressantes. 

Le Vasseur au Maine : d'argent, au lion 
de gueules, aune, lampassè et couronné 
d'agir ; la généalogie de cette famille qui 
posséda de nombreuses terres au Maine 
(Saosnois, Perche) et en Touraine, est 
assez difficile à établir. 

Plusieurs magistrats manceaux de ce 
nom blasonnèrent différemment. 

Louis Calendini. 

Jean-Jacques Rousseau (L, 896). 
— La première édition du Discours sur 
Vorigine et les fondements de l'inégalité 
parmi les hommes, a paru en 1755,8°, chez 
Marc-Michel Rey, à Amsterdam. 

En voici le titre complet : Discours sur 
Vorigine et les fondements de l'inégalité 
parmi les hommes:Par J .-Jacques. Rousseau, 
citoyen de Genève. Non in depravatis,sed in 
bis qux secundum naturam se habent, consi- 
derandum est quid sit naturale Aristot. 
Politic. L. 2. A Amsterdam, chez Marc- 
Michel Rey M. DCC. LV. ». 

Rousseau avait remis son manuscrit à 
Rey lors d'un voyage que celui-ci fit à 
Paris au mois d'octobre 1754. L'impres- , 



sion du Discours prit beaucoup trop de 
temps, au gré de Jean-Jacques. 

(Voy : Lettres inédites de Jean-Jacques 
Rousseau à Marc-Michel Rey, publiées par 
J. Bosscha, membre de l'Académie des 
sciences des Pays-Bas, 1 vol. in-8°. Ams- 
terdam, F. Millier. Paris, F. Didot. 1858. 

Le Secrétaire de la Société J.-J. R. 



* 



En 1753, l'Académie de Dijon mit au 
concours cette question : Qjids sont Vo- 
rigine et les fondements de l'inégalité parmi 
les hommes ? L'éloquent discours que cette 
question inspira à J.-J. Rousseau est de- 
meuré célèbre, bien qu'il ne fût point 
couronné. Notre philosophe le composa 
en 1753, dans la forêt de Saint-Germain, 
pendant un voyage de sept à huit jours 
qu'il y fit avec sa Thérèse. Avant son 
départ pour Genève, il en esquissa la dé- 
dicace à la République de Genève, dédi- 
cace qu'il acheva à Chambéry, le 12 juin 
1754. A Genève, Rousseau fit la connais- 
sance du libraire Rey d'Amsterdam, qui. 
l'année suivante 51715), publia dans cette 
ville la première édition de l'œuvre de 
Rousseau, Rey s'étant enrichi par la pu- 
blication des principales œuvres de Rous- 
seau fit plus tard à la compagne de ce 
dernier, Thérèse Levasseur, une rente 
viagère de 300 livres . Dans ses Confessions, 
Rousseau fait l'éloge de ce libraire. 

Th. Courtaux. 

Famille Stoupy (T. G., 855 ; XLV). 

— Il existe à Fontaine-l'Evêque (Belgique) 
une famille de ce nom, originaire de Go 
mezée (province de Namur). Si le confrère 
le désire, je puis lui adresser un crayon 
généalogique de cette famille, représen- 
tée ici par deux demoiselles très âgées. 

Bastin Lefebvre. 

De Framery do la Fosse (Bour- 
gogne) (L, 893). — La maison de Fra- 
mery -— anciennement Frameries — 
remonte à Adrien de Framery, écuyer, 
seigneur de Frameries (près de Mons en 
Hainaut) et de la Fosse (près de Fauquem- 
bergue en Boulonnais), qui de son ma- 
riage avec Philippine de Belcourt, eut : 

Jean ; 

Pierre, seigneur de Gourdes ; 

Pierre, seigneur de Wasnes. 

L'un de ces deux Pierre est l'auteur de 
la branche de Framery de la Fosse, fixée, 



M 1065. 



L'INTERMÉDIAIRE 



3 2 



dès le xiv" siècle, à Laignes, puis à Chà- 
tillon-sur-Seine et qui est encore aujour- 
d'hui représentée. 

Jean est l'auteur de la branche de Fra- 
mery de Limerv, fixée en Ile-de-France 
et qui paraît aujourd'hui éteinte dans les 
mâles. 

La Noblesse aux Etats donne pour armes 
aux Framery de la Fosse : D'azur, au che- 
vron d'or, accompagne en pointe d'un chan- 
delier du même, accosté de deux étoiles aussi 
d'or, et surmonté d'un croissant d'argent; 
— aliàs : D'azur, au chevron d'or, accom- 
pagné en chef d'un croissant d'argent, sou- 
tenu de deux étoiles d'or, et en pointe d'un 
chandelier du même. 

Le nom de Framery est souvent défi- 
guré; il est presque méconnaissable dans 
le Catalogue des gentilshommes qui ont pris 
part aux élections de la noblesse en 178c ; 
on trouve, en effet, au bailliage de la 
Montagne, Pierre-Jacques de Faucery (51c), 
chevalier, seigneur de la Fosse, ancien 
brigadier des gardes du corps du roi. Le 
même Pierre-Jacques avait, le 22 septem- 
bre 1780. acheté du marquis d'Argenteuil, 
la terre et seigneurie de Montliot, moyen- 
nant 1000 livres (acte Petiet, notaire à 
Chàtillon) ; le même jour il donne procu- 
ration en blanc, pour reprendre de fief de 
cette terre et le même jour encore, par 
une contre-lettre il revend la terre au 
marquis d'Argenteuil. Je ne saisis pas le 
t^ut de cette opération. 

Palliot le Jeune. 



* * 



Je connais les armoiries d'une famille 
de Framery, mais je ne sais pas si elle 
avait des liens de parenté avec celle qui 
intéresse le confrère S. Jean de Framery, 
écuyer, seigneur de Sorrus,fit enregistrer 
à Boulogne-sur-Mer : Ecartclé : aux 1 et 
4, d'hermines, au lion de sable, arme et 
lampassé de gueules; aux 2 et 3, d'or, à la 
croix ancrée d'hermines (Armoriai général 
de 1696). 

Louis-Marie de Framery, né en 1760 à 
Doullens, fut admis en 1769 à l'Ecole 
militaire. Les preuves de noblesse qu'il 
fit à cette occasion, et qui sont conser- 
vées au Cabinet des titres, pourront four- 
nir des renseignements sur l'origine de 
cette famille. 

G". P. Le Lieur d'Àvost. 



La ileur de lis dans les armes 
des Peretti délia Rocca (L, 168, 
366.689,805,968). — Le comte Colonna de 
Cesari Rocca, dans son Armoriai corse, 
p. 64-bs, attribue quatre armoiries à la 
famille Peretti délia Rocca. Il décrit de la 
façon suivante celles que M. de Saint- 
Saud a reçues de Corse et que le corres- 
pondant que M. de Saint-Saud a dans 
cette ile, attribue à Mgr Peretti délia 
Rocca, évèque auxiliaire d'Ajaccio, mort 
en 1892 : Parti : au 1 de gueules, à la 
colonne d'argent, couronnée d'or ; au 2 dt 
gueules, a une tour d'argent, maçonnée de 
sable, surmontée d'une balance d'or, tenue 
par une main mouvante du chef ; au chef 
d'azur, chargé d'un cippe d'argent, accosté 
de deux lio:is tenant une fleur de lis posée 
sur le cippe, le tout d'or . L'écu accolé à 
une aigle à deux têtes. Casque de face; 
couronne de comte. (Peintures et pierres 
sculptées à Levie). Th. Courtaux. 

Arnioiri-.s à déterminer: fascé, 
onde d'argent (L, 782, 914). — Il y a 
lieu de voir, dans le bas côté droit de la 
cathédrale de Troyes, la grande dalle de 
marbre blanc, incrustée dans un des murs, 
concernant la famille de Rochechouart. 

La Guesle. 

Armes à indiquer. Gironné de... 
et de... (L, 561, 672, 809, 810, 913). 
— A partir du commencement du xvni e 
siècle, l'on trouve que les membres de 
la famille de Rogres ajoutèrent à leur 
nom celui de Lusignan : dans la notice de 
la Chesnaye des Bois il n'y a aucune 
alliance directe pour justifier cette addi- 
tion. Peut-être en consultant le Diction- 
naire des familles du Poitou de Beauchet- 
Filleau, pourra-t on trouver quelque ren- 
seignement à ce sujet. 

Louis de Saint-Biaise, seigneur de Pouy 
et de Fontaines, premier mari de Colombe 
de Boucher, descendait probablement de 
Louis de Saint-Biaise, seigneur de Brugny, 
de Fontaines, etc., (qui vivait en 1473 et 
était décédé en 1481) grand-père, entre 
autres, d'Hector de Saint-Biaise, seigneur 
de Pouy, sur lequel je ne possède pas de 
renseignements. Louis de Saint Biaise dut 
mourir probablement sans postérité, car 
Colombe de Boucher, sa veuve, lui suc- 
céda dans la seigneurie de Pouy qu'elle 
porta à son second mari. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905, 



33 



34 



Une notice succinte de la famille de 
Saint-Biaise, qui parait s'être éteinte au 
xvu e siècle dans celles de la Croix de 
Plancy et de Mondésir, se trouve dans 
l' Annuaire de la Noblesse de France, 1852, 
p, 289. Ses armoiries étaient : d'azur, à 
la pointe d'argent (Vertot, Hist. de l'ordre 
de Malte ; Varennes Le Roi d'armes, p. 
114). Magny {La Science du Blason, N° 
1301) donne aussi : d'azur, enté en pointe 
d'argent, alias : d'azur, à ime pointe entée 
d'argent 

J'ai relevé, moi aussi, l'existence d'Edme 
le Bascle, mariais d'Argenteuil dans le : 
« Catalogue et armoiries des gentilshommes 
qui ont eu séance aux Etats de Bourgo- 
gne », mais je ne sais comment le ratta- 
cher à la filiation donnée par la Chesnaye 
des Bois. Il faut cependant remarquer que 
cet auteur indique plusieurs rameaux de 
la famille, sans en donner la filiation. 
C'est peut-être à quelqu'un de ces rameaux 
qu'appartenait ledit personnage. Ne pour- 
rait-on consulter à ce sujet, soit le travail 
de Beaune et d'Arbaumont sur la noblesse 
aux Etats de Bourgogne, soit les collec- 
tions mss de la Bibliothèque nationale ? 

Je ne sais pas à quelle famille attribuer 
les armes : d'argent, à la croix de 2 bâtons 
estoqués (écotés ?) de..., que je ne crois 
pas appartenir à aucune des familles qui 
ont donné des demoiselles alliées aux le 
Bascle d'Argenteuil. Voir probablement 
dans le Dictionnaire des figures héraldi- 
ques du comte de Renesse, que je n'ai pas 
sous la main, pour résoudre la question. 
G. P. Le Lieitr d'Avost. 

Question de dérogeanew (L, 895). 
— Puisqu'il s'agit de noblesse d'origine 
étrangère, il faudrait, pour répondre 
à la question posée par M. A. C. C, con- 
naître le pays d'origine et en étudier là 
législation. 

En France, ceux qui étant nobles deve- 
naient marchands au détail ou artisans, 
huissiers ou sergents, prenaient des fer- 
mages, ou acceptaient des emplois ne 
pouvant convenir qu'à des roturiers, dé- 
rogeaient à leur noblesse et en perdaient 
tous les privilèges. Pour être rétablis dans 
leurs anciens droits, ils devaient, après 
avoir abandonné le trafic ou l'emploi 
dérogeant, obtenir des lettres du grand 
Sceau, désignées sous le nom de Lettres 
de réhabilitation en fait de noblesse. 



Les enfants ou petits-enfants nés depuis 
que leur père ou grand-père avaient fait 
acte de dérogeance, devaient aussi obtenir 
des lettres de réhabilitation ; mais les 
enfants nés avant l'acte de dérogeance 
étaient exemptés de cette obligation. 

Les demandeurs en réhabilitationétaient 
toujours soumis à une amende propor- 
tionnée à leur qualité et à la gravité de 
l'acte de dérogeance. 

Par privilège spécial, les nobles de Bre- 
tagne exerçant la profession de marchands 
en détail, étaient censés laisser dormir leur 
noblesse; et en cessant le commerce, ils 
recouvraient leurs privilèges, sans lettres 
de réhabilitation. Arm. D. 



* * 



' 11 était de principe autrefois que la no- 
blesse sommeille, mais qu'elle ne meurt 
pas Aussi, quand une ou plusieurs géné- 
rations avaient dérogé en faisant com- 
merce ou usé de bourse commune, il 
suffisait d'une simple déclaration de vivre 
désormais noblement pour reprendre sa 
place et ses droits. 

Il en allait un peu autrement pour cer- 
tains cas de forfaiture à la suite desquels il 
arrivait parfois qu'on fût déclaré vilain et 
déchu des privilèges de noblesse. La réha- 
bilitation pouvait alors être estimée né- 
cessaire. 

Encore, on sait que Louis XVIII disait : 
« Je peux bien faire des ducs et des mar- 
quis, mais je ne peux pas faire un gen- 
tilhomme (en tant que gentilhomme de 
race) », et ce serait une question de sa- 
voir si le Roi pouvait défaire ce qu'il 
n'aurait pas eu le pouvoir de faire. 

P. du Gué. 

Singulières armoiriespapales (L, 
168, 251, 365, 691, 807, 912). — La 
description des armoiries de la famille 
Pignatelli que donnent les auteurs italiens 
est : dioro,cou trepignatte di nero, poste 2 
ed 1 (L'Araldo ; Annuario délia nobiltà Ita- 
liana ; Crollalanza, Dizionario storico- 
blasonico délie famiglie italiane). 

Comme M. le D r A. B., moi aussi, je 
me fais fort d'un long séjour en Italie 
pour confirmer que pignatte est le plu- 
riel de pignatla (ou pentola) qui corres- 
pond à ma) mite « vaisseau en terre ou en 
« métal où l'on fait bouillir les viandes 
« dont on fait du potage » (Littré-Beau- 
jean Dict. delà langue française). 



N. 1065. 



L'INTERMÉDIAIRE 



35 



36 



Dans plusieurs régions d'Italie, le peu- 
ple se sert toujours de la. pignatta en terre 
à une, et même à deux anses. L'on sait 
qu'en Italie chaque région a son dialecte 
qui, avec la langue italienne, n'a souvent 
qu'une ressemblance très-éloignée. Mais, 
presque partout, si l'on demande ce que 
c'est que la pignatta, on lui répondra par 
la définition de la marmite. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Pièca de cinq francs fL, 895, 990). — 
La pièce de 5 francs, à l'effigie de Louis 
XVIII, millésime 1814, dont parle votre 
correspondant, est assez commune. Cette 
pièce a été frappée à Limoges. 

Il en a été frappé pour près de 50 
millions de francs en 1814, et pour plus 
de 30 millions en 181 5, dans les diffé- 
rents ateliers monétaires qui existaient 
en France à cette époque. 

Un membre du Cercle des Méridionaux. 

* 

* * 
Ces pièces ne sont pas rares. Sans être 

le moins du monde collectionneur, j'en 
possède quatre ou cinq, les unes au millé- 
sime de 1 8 1 4, les autres à celui de 1815, 
toutes au petit Collet, et que je con- 
serve non pour leur curiosité, mais comme 
étant d'une belle frappe, infiniment supé- 
rieure, suivant moi, à ce que l'on a fait 
depuis. 

J'ajoute, en réponse à notre collègue 
Bastin Lefebvre. qu'il n'y a aucune anoma- 
lie à ce que, sur une pièce à l'effigie de 
Napoléon Empereur, on trouve au revers : 
République Française. 

A cette époque, on était imbu des idées 
romaines et le mot empereur avait exac- 
tement la signification d'imperator, gé- 
néral victorieux. Il n'y avait donc pas in- 
compatibilité. Les institutions, les édifices, 
les modes portaient l'empreinte latine : 
Consuls, Préfets, Senatus-Consultes, Pry- 
tanées, Lycées, etc. 

Cela dit. à mon tour, je poserai une 
question. Quelle différence doit-on faire 
entre le titre d'Empereur et celui de Roi ? 
Bien entendu il ne s'agit pas ici d'une 
dissertation, facile à trouver dans toutes 
les encyclopédies, d'un résumé historique 
débutant aux Empereurs romains, pas- 
sant au Saint-Empire et finissant à Guil- 
laume couronné à Versailles ; non,je vou- 
drais, s'il se peut, une définition nette et 
précise, une sorte de formule définitive, 



donnant en quelques mots et sans com- 
mentaires obscurs ou douteux, le sens 
exact, la portée juste de ces deux dignités 
évidemment distinctes. 

Actuellement, c'est un véritable chaos, 

Pourquoi tel état possède-t-il un roi, 
et tel autre un empereur, alors que les 
pouvoirs et les prérogatives sont sensi- 
blement les mêmes ? Serait-ce que la dif- 
férence, considérable à l'origine, ayant 
cessé d'exister, il n'y a plus maintenant, 
dans le choix de l'étiquette, qu'une ques- 
tion de vanité, le mot Empereur sonnant 
mieux à l'oreille et éveillant dans l'esprit 
une idée de grandeur ? 

Ce qui le ferait supposer, c'est que 
d'humbles républiques atteintes de mé- 
galomanie se sont donné ce luxe et que 
des grotesques comme Soulouque ont pris 
le titre. 

U.i exemple récent et non moins 
joyeux a fait le bonheur des revues de fin 
d'année. 

Le Brésil avait un empereur. Pourquoi ? 
Je ne parle pas de la Chine ni du Japon, 
dont les souverains sont fréquemment 
appelés par nous empereurs, faute d'un 
terme mieux approprié, mais toujours 
avec l'idée de désigner avec honneur des 
chefs de puissants Etats. Soulget. 

* 

* * 
Il est parfaitement exact qu'il y a deux 

types de pièces de 5 francs à l'effigie de 
Louis XVIII, l'un qui a été frappé en 1814 
et dans la partie de 1 8 1 5 qui a précédé 
les Cent jours (buste vêtu de l'uniforme 
à épaulettes), l'autre qui a servi en 1816 
et années suivantes (la tête seulement, 
avec le cou découvert) ; mais ce que je 
n'ai jamais pu savoir, c'est s'il existe des 
pièces de 1815 de Louis XVIII de ce se- 
cond type ; en d'autres termes, si les écus 
(et autre monnaie) qui ont dû être 
frappés à l'effigie de ce roi en 181 5 après 
les Cent jours, c'est-à-dire pendant les 
six derniers mois de l'année, sont du 
type nouveau employé en 1816 et années 
suivantes, ou bien si on a employé pour 
cette frappe des 6 derniers mois de 181 5 
le même type qui avait servi pour les 3 
premiers mois de la même année. 

J'ai possédé une pièce de Charles X de 
1824 ; Louis XVIII était mort en septem- 
bre de cette année. On s'est donc hâté de 
faire du monnayage à l'effigie du nouveau 
souverain. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905 



37 



38 



C'est jusqu'en 1808 inclus, que la mon- 
naie française a porté d'un côté l'effigie de 
Napoléon empereur, et de l'autre, l'ins- 
cription République française. J'ai fait 
monter en épingle une pièce de 50 centi- 
mes de 1808 portant ces deux inscrip- 
tions, lesquelles d'ailleurs, ne sont pas 
contradictoires, car le sénatus consulte 
organique du 28 floréal an II (18 Mai 
1804) édictant la constitution nouvelle, 
commence par ces mots : « Titre pre- 
mier, art. 1 er LE GOUVERNEMENT DELA RE- 
PUBLIQUE est co: r \é à un empereur qui 
prend le titre d'EMPEREUR des français ». 

V. A. T. 



* 
* * 



Ce n'est pas seulement en l'an XIII et 
en 1806 que les monnaies de Napoléon I er 
portent au revers, comme sous Je consu- 
lat, la légende « République française ». 
En réalité, cette légende a subsisté sans 
nulle modification depuis 1793 et l'an II 
jusqu'à la fin de 1808. C'est en vertu d'un 
décret du 22 octobre 1808 que, à partir 
du i er janvier 1809, les mots « Empire 
français » ont été substitués sur le revers 
des pièces aux mots » République fran- 
çaise ». Anomalie, si l'on veut, mais ano- 
malie parfaitement consciente et facile à 
comprendre. Paul. 



Les mariages de Scaraœouche 

(L, 953).— Notre confrère M. A. Dieuaide 
trouvera la réponse à sa question : 

i° Dans le Dictionnaire critique de Jal, 
article Fiorilli, p. 576. Cinq colonnes que 
je ne puis transcrire. 

2" Dans l'ouvrage si documenté de 
M. Rasi, I comici italiani, article Fiorilli, 
p. 888, 25 pages de texte. 

Le premier mariage de Fiorilli Scara- 
mouche avait eu lieu à Païenne, où sa 
femme Lorenza Elisabetta ou Isabella del 
Campo, tenait l'emploi de soubrette sous 
le nom de Marinette. Les deux époux 
étaient à Paris en 1644. 

Ce ne fut qu'après la mort de Marinette 
qu'il épousa sa maîtresse Marie Duval, 
le samedi 8 mai 1688, à Saint-Sauveur. 
L'acte de mariage a été reproduit par 
Jal déjà cité, et je me tiens à la dispo- 
sition de M. A. Dieudaide, s'il le désire, 
pour tous les détails complémentaires. 

H. Lyonnet. 



Les Salons de Georges Lafenes- 
tre (de l'Institut) (XLVIII, 839). — Je 
ne puis répondre à la question de n tre 
confrère G. Mais, sans vouloir créer une 
rubrique nouvelle, je voudrais poser une 
autre question sous la même rubrique. Un 
autre membre de l'Institut, M. Emile Mi- 
chel, a fait, lui aussi, la critique d'un Sa- 
lon dans la Revue des Deux-Mondes, il y 
a une vingtaine d'années. Dans lequel des 
volumes de l'éminent critique cette étude 
d'art a-t-elle été réunie ? M. Emile Michel 
serait tout aimable de me le dire. 

UN INTERMÉD1A1R1STE. 

Les documents ph lliques (L,i72, 

309, 423, 528, =598, 657, 693, 759, 874, 
925, 984). — Je possède un sceau en 
bronze du xv e siècle représentant, au cen- 
tre, un phallus avec un oiseau qui le ca- 
resse, dans le genre des monuments re- 
présentés en gra\ure dans les catalogues 
des antiquités de Nîmes. A. S. ...Y. 



Madame Bovary : origine du 
titre de ce roman d'après Flaubert 
|L, 775, 930). — Le reporter et roman- 
cier Charles Chincholle, décédé il y a 
quelques années, racontait volontiers au- 
tour de lui, qu'il était le filleul du méde- 
cin célébré par Flaubert, sous le nom de 
Bovary, et qu'il avait même longtemps 
compté sur l'héritage de ce parrain. 

Voici ce qu'on lit, à ce propos, dans 
un volume récemment publié, le Dîner 
des gens de lettres. Souvenirs littéraires, 
par Albert Cim (Flammarion, éditeur) : 

Charles Chincholle s'était marié très jeune, 
et tablant sur un gros héritage qui ne devait 
guère tarder à lui échoir, avait assez large- 
ment mené la vie dans ses belles années. Cet 
héritage assuré, c'était celui de son parrain, 
et ce parrain n'était autre, m'a-t-il affirmé, 
que le fameux médecin D..., immortalisé 
par Flaubert sous le nom de Bovary. Com- 
ment, par suite de quelles relations de famille, 
de quelles rencontres et quelles conjonctures, 
Charles Chincholle, originaire de Chauny en 
Picardie, avait-il été tenu sur les fonds du 
baptême par l'officier de santé normand ins- 
tallé dans le village de Ry, près de Rouen, 
malchanceux époux de la fringante Emma (de 
son véritable nom Delphine C. .), je ne me 
charge pas de vous l'expliquer, Chincholle 
ayant négligé de me le dire : je me borne à 
vous répéter de mon mieux et aussi exacte- 
ment que possible ce qu'il m'a plus d'une 
fois conté, voilà tout. Tant il y a que cette 



N 1063. 



L'INTERMEDIAIRE 



39 



mirifique succession lui échappa. Le parrain 
ayant pris à son service deux accortes jouven- 
celles — il ne lui fallait sans doute pas moins 
que la paire pour se consoler de sa catastro- 
phe conjugale — et leur ayant octroyé à 
toutes deux des gages vivants de sa tendresse, 
tint aussi à leur laisser un souvenir moins 
gênant, une compensation à son avis bien 
méritée : par testament dûment rédigé, il 
leur légua tout son avoir. . . 

... Le seul legs que lui fit son parrain (à 
Chincholle) consista en une modique somme 
de cinq mille francs, que ledit ou soi-disant 
Charles Bovary chargea de vive voix, à son 
lit de mort, la plus dévouée de ses gouver- 
nantes de remettre au cher filleul, et que 
celle-ci s'empiessa d'ailleurs de garder pour 
elle. Chincholle eut beau l'appeler en justice, 
attaquer ces dispositions testamentaires, sa- 
laire déguisé et récompense certaine de Fin- 
conduite, prime et encouragement au liber- 
tinage, il perdit son procès. . 



Charivari, costume de femme 

(L, 897, 988). — Ces pantalons à sous- 
pied et à bandes, ornés du haut en bas de 
la couture extérieure d'une rangée de bou- 
tons descendant de la hanche au talon et qui 
constituaient sous la Restauration les Chari- 
vari, ont pour origine une pièce d'équipe- 
ment militaire porté sous le premier empire 
parlestroupesdecavalerie et d'artillerie. .. 

C'étaitsansdoute pour ménager au can- 
tonnement les culottes de peau blanche ou 
de basin blanc, qu'ils furent employés au 
début, ils consistaient en une sorte de 
pantalons basanés se boutonnant du haut 
en bas sur les côtés de la jambe, et que 
l'on mettait, soit pour se garantir de la 
boue, soit pour se protéger du froid, par- 
dessus la culotte et la botte. Il semble 
que l'emploi du charivari se répandit dans 
la cavalerie en 1806 et 1807, lors des 
premières campagnes de Prusse et de 
Pologne. Quoi qu'il en soit, c'est un fait, 
que cette sorte de pantalon basané de haut 
en bas à l'intérieur des cuisses, et por- 
tant extérieurement une rangée de bou- 
tons, tendit à se généraliser à partir de 
1806 et qu'il remplaça bientôt la culotte 
et la botte à la houzarde dans presque 
toute la cavalerie légère. Il faisait égale- 
ment partie de l'uniforme des lanciers 
polonais. 

L'appellation de Charivari provient 
sans doute de la garniture de boutons en 
forme de grelots ; je pense que pour le 
vêtement de femme on doit de même 



40 



supposer un corsage ou un mantelet am- 
plement garni de cet ornement. 

M. R. 



* 
* * 



Le hasard d'une lecture me fait tomber 
sous ies yeux le passage suivant dont je 
ne tire d'ailleurs aucune conclusion pour 
ou contre le costume féminin. 

Le docteur avait, avec ses gants, de daim, 
ses bottes à forte semelle et à gros talons 
qu'il faisait retentir sous son pas très ferme, 
quelque chose d'alerte et de cavalier, et 
cavalier est bien le mot, car il était resté 
(combien d'années sur trente), le charivari 
boutonné sur la cuisse, et à cheval dans des 
chemins à casser en deux des centaures. . . 

Je coupe la phrase qui n'en finit pas ; 
ce Maître prosateur Barbey d'Aurevilly 
(Le Bonheur dans le crime Les Diaboliques} 
dédaignant absolument de laisser respirer 
son lecteur. V.J. D. 

Amodiateur(L, 889,987). — Au xvm e 
siècle, comme dans les siècles précédents» 
les amodiateurs étaient les fermiers des 
droits seigneuriaux. 

Il est à noter qu'ils affermaient assez 
fréquemment les terres labourables, appar- 
tenant en propre aux seigneurs, notam- 
ment lorsque ceux-ci, des ecclésiastiques 
par exemple, n'étaient pas en mesure de 
les faire valoir eux-mêmes. Ces amodia- 
teurs étaient en général des marchands 
ou des laboureurs aisés. 

Lorsqu'il s'agissait de fiefs très éten- 
dus, comprenant plusieurs communautés, 
leurs fermiers prenaient le nom de rece- 
veurs ou fermiers généraux ; ils sous- 
louaient parfois tout ou partie de leurs 
droits à de simples amodiateurs. 

Ces receveurs généraux étaient souvent 
des hommes de lois. Il semble alors qu'ils 
n'auraient pas dû exercer de fonctions 
de justice dans les fiefs qu'ils avaient 
affermés ; les seigneurs, en effet, ne pou- 
vant rendre la justice eux-mêmes, la 
même prohibition aurait dû s'étendre 
normalement à leurs agents fiscaux. Nous 
avons cependant constaté l'exemple d'un 
Receveur Général de la baronnie des Po- 
tées (fief appartenant au chapitre de 
l'Eglise métropolitaine de Reims et com- 
prenant une vingtaine de communautés 
du département des Ardennes), qui était 
en même temps juge gruyer de cette sei- 
gneurie à la fin du xvi e siècle. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Janvier 1905. 



4i 



42 



Quelques auteurs estiment que la pro- 
fession d'amodiateur entraînait la déro- 
geance. Il est vrai que ces fermiers étaient 
recrutés d'ordinaire dans la bourgeoisie 
rurale ; et pourtant, dans la même ba- 
ronnie des Potées, nous avons relevé 
également, à la fin du xvi e siècle, le nom 
d'un receveur qui était certainement de 
famille noble et qui conserve dans tous 
les actes, ainsi que ses enfants d'ailleurs, 
les qualificatifs réservés aux personnes 
appartenant à la noblesse. 

Il est possible que l'amodiation de 
bien-fonds entraînât la dérogeance, mais 
qu'il n'en fut pas de même pour l'amo- 
diation des droits seigneuriaux, en parti- 
culier dans les fiefs ecclésiastiques. 

H. Bourin. 



* * 



colendumsuscipit, ut pro cultura fructuum 
dimidiapars, vel alia elcedat. 

L'amodiateur pouvait sous -amodier 
mais seulement avec le consentement du 
propriétaire. Arm. D. 

Caraco (L, 956). — Caraco vient du 
gaulois caraca, caraque, qui a produit le 
surnom de Caracalla donné à un empe- 
reur romain. C'était le nom d'un vête- 
ment militaire, sorte de camisole serrée 
à la taille, très commode pour les troupes 



Amodiateur. Fermier. Celui qui prend 
une terre à ferme. Conductor . Ce mot si- 
gnifie aussi, celui qui donne une terre à 
ferme. Locator. 

Amodiation. Convention par laquelle 
on donne une terre à ferme. Locatio. Faire 
l'amodiation d'un bien. Ce mot signifie 
aussi la convention par laquelle on la 
reçoit. Conductio. 

Amodier. Terme de coutume,qui est en 
usage dans quelques provinces et qui si- 
gnifie donner à ferme Locare. Amodier une 
terre en grain ou en argent. 11 signifie 
aussi prendre à ferme. Conducere. 
(Dictionnaire de Trévoux). 

Gustave Fustier. 

* * 

Le mot amodiateur, au xvm e siècle, 
n'était pas synonyme, du mot fermier, 
mais bien du mot métayer. 

Le fermier était tenu d'une redevance 
fixe, tandis que l'amodiateur devait par- 
tager les fruits avec le propriétaire. Le 
contrat d'amodiation était, en effet, le 
bail d'héritage à moitié fruit. 

Le partage égal du produit en nature 
de la terre amodiée, était la règle ordi- 
naire, mais elle pouvait être modifiée sui- 
vant les conventions des parties. 

Les anciens légistes donnent, en indi- 
quant l'étymologie du mot amodiateur, 
une très claire définition de ce terme du 
vieux droit : L'amodiateur est ainsi appelé 
a tnodio où du mot Moisson, quia fundum 
colit sub carta prestatione frugum, itoque 
colonels partiarius is est, qui agrum «a loge 



légères. 



D r Bougon. 



Malgré que, quiconque (L, 897)- 
— En ce qui concerne le mot « qui- 
conque », il était employé non suivi de 
verbe au grand siècle, par Bourdaloue 
notamment : or, c'est le français de cette 
époque qu'on nous jette à tout propos 
dans les jambes quand nous parlons d'évo- 
lution du langage. 

Pourquoi serait-ce du mauvais français? 
Parce que M. Emile Deschanel l'a dit! 
cela ne me paraît pas suffisant. 

En ce qui touche « malgré que » avec 
tout autre verbe que avoir, s'il passe dans 
l'usage, il faudra bien l'adopter. Voilà 
déjà M. Faguet qui l'emploie et non, il 
est vraisemblable, pour le plaisir de faire 
une faute. Il y met de la coquetterie en 
déclarant que c'est un parisianisme, mais 
son choix a répondu à une idée. Que mai- 
gre, soit pour mauvais gré, peu importe ! 
Que d'expressions considéré-S correctes 
ne résisteraient pas à ce genre de discus- 
sion ! 

Quoi qu'il en soit, et concédant qu'il 
vaut mieux éviter ces tournures de 
phrases dans le langage ordinaire, il ne 
faut pas dénier aux auteurs le droit d'user 
de certaines licences, quand elles tournent 
au bien de leur œuvre et donnent à leur 
pensée une expression meilleure. 

MM. Loti et Vedel avertissent, dans 
une préface, qu'ils ont cherché à étreindre 
le texte de Shakspeare, dussent-ils em- 
ployer à cet effet un langage archaïque, 
en harmonie, du reste, avec le sujet. 

Dans la douzième scène de l'ouvrage, 
Gloster dit à Lear : 

Go in with nie ; my duty can not suffer 

To obey in ail your daughters'hard commands 

Though their injunction be to bar my doors... 

Malgré que me paraît mieux rendre ici 



N 8 1063 



L'INTERMEDIAIRE 



43 



44 



l'expression anglaise que bien que ou quoi- 
que. 

Scène vingt-quatrième, Regane dit : 

In m y ryghts 
By me invested, lie compeers tlie best 

« II» marche de pair avec quiconque» 
ne rend-il pas mieux avec sa concision le 
sens de l'anglais que cette périphrase 
filandreuse prise parmi les autres traduc- 
tions « il peut marcher l'égal du plus illus- 
tre de l'armée. » Est-ce assez plat ! 

Paul Argelès. 



* * 



« Malgré que » a le don de m'aga- 
cer et j'ai été élevé dans une sainte hor- 
reur de cette expression. Elle a une du- 
reté, un manque d'euphonie dont les 
écrivains modernes ne se méfient pas 
assez. Je suis reconnaissant au confrère 
qui a soulevé la question. 

Malgré que a toujours été condamné ; 
il n'y a d'exception que pour la forme 
particulière : malgré qu'il en ait, qu'ont 
employée tous les écrivains. Elle comporte 
en effet, un sous-entendu qui la rend 
correcte ; comme, malgré la peine ou le 
regret qu'il en ait. Hors de là, malgré que 
sera toujours, au moins longtemps encore, 
une expression lâchée, parisienne, si on 
veut, comme souiller, escoiller ou maçon et 
aussi incorrecte. 

On pourrait s'insurger de même contre 
quiconque complètement indirect, et affir- 
mer qu'aucun maître ne l'a jamais employé 
dans ce sens. Mais les jeunes nous ré- 
pondront peut-être : « Nous avons changé 
tout cela ; c'est nous qui font la langue ! » 

E. Grave. 

Biographies épiscopales moder- 
nes (XLIX; L, 145, 822, 881, 932). 

Biographies du Clergé Contemporain, par 
un Solitaire (l'abbé Barrier), Paris, s.d. 
br. in- 16, portraits : 

5. Mgr Chamon, évêque de Saint- 
Claude, né à Bulgnéville (Vosges), en 
1766. 

6. Mgr de Cheverus, né à Mayenne en 
1768, 2 brochures. 

1 1 . MgrGraverand, évêque de Quimper, 
né à Crozon (Finistère), en 1793. 

Mgr Scipion de Ruffo-Bonneval (Vie 
de) évêque de Senez, 1747-1837 (né à 
Aix), par le R. P. Dom Bérengier. Por- 
trait, armoiries. 



Cardinal Mermillod. Eloge funèbre lu 
à Fribourg le s mai 1892, par Mgr de 
Cabrières. Montpellier, 1892, 42 p. in-8' J . 

Mgr Sibour, évêque de Tripoli, né à 
Istres (B.-du-Rh.) en 1807. (Notice biogra- 
phique sur) par l'abbé Dedoue, Paris, 
1865. 

Mgr Mioland, archevêque de Toulouse 
et de Narbonne (né à Lyon en 1788). 
(Eloge funèbre de) par le cardinal Donnet, 
Bordeaux, 1859. in-8°. 

Le cardinal Fesch, archevêque de Lyon, 
par l'abbé Lyonnet, Paris, 1841, 2 vol. 
in -8°, portrait. 

Le cardinal Fesch, archevêque de Lyon 
(4763-1839;, par Mgr Ricard. Paris, 1893 j 
in-12. 

Le cardinal Meignan, par l'abbé Bois- 
sonnat, gr. 8°, portraits. 

Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans (Vie 
de), par l'abbé F. Lagrange, Paris, 1866, 
3 vol. in-12. 

Le cardinal Bourret, souvenirs intimes, 
par E. Ricard. Paris, s. d. in-8°, portrait. 

Souvenirs poétiques de 1830, par M. 

de .. Paris, 183 1, in-8°, frontisp. — Par. 

les frères Roullet de la Bouillerie, dont 

l'un, François-Alexandre, devint évêque 

de Carcassonne. S. e. 

* 

* * 
M. Hamon, curé de Saint-Sulpice Vie 

du cardinal de Cbererus, archevêque de 

Bordeaux, Paris, Lecoffre, 1883, in-12 de 

iv-376 pages. 

Abbé de Ladoue, Vie de Mgr de Salinis, 
évêque d' Amiens, archevêque d'Auch, Paris, 
Tobra, 1877, in-12, =,68. 

Ibid.Mgr Gerbet,sa vie, ses œuvres, ci 
Vécole Menaisienne, 3 vol. in-12, 1869. 

Mgr Perraud. Oraison funèbre de S.E. 
le cardinal Guibert, arch. de Parts. Paris, 
Oudin, 1886, in-8° de 92 p. 

Mgr Pie, Oraison funèbre de Mgr Chat- 
tes Fil lion, évêque du Mans, Poitiers, 
in-8de24p. 1874. 

Louis Calendini. 

Les Ecuries d'Orléans (L, 892, 
965). — Les écuries du pavillon d'Or- 
léans étaient installées, à l'époque delà 
Révolution, 63 bis et 65 actuels rue de la 
Victoire (rue Chantereinejavec une sortie 
rue de Provence (56 actuel, cour de la 
Société générale) en face d'une des prin- 
cipales portes du pavillon d'Orléans qui 
occupait l'angle sud-ouest des rues Tait- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



io Janvier 1905. 



45 



46 



bout et de Provence, presque jusqu'à la 
rue de la Chaussée d'Antin. Le pavillon 
était séparé de l'Hôtel Montesson,au sud, 
par un mur mitoyen, et il avait une sortie 
particulière par l'Hôtel Valence-Timbrune 
sur la chaussée d'Antin. 

En 1791, Mirabeau remisait ses che- 
vaux et ses voitures dans les écuries 
d'Orléans. La nation s'en étant emparée, 
elles furent occupées par le comité de 
bienfaisance et le juge de paix de la sec- 
tion du Montblanc, puis provisoirement 
« en messidor an VI par les chevaux et 
équipages du général Bonaparte » dont 
l'Hôtel avait une sortie juste en face, 
(60 actuel de la rue de la Victoire.) 

J. G. Bord. 



Le petit-fils de Napoléon I er . 
représentant de commerce (L, 997)- 
— En contant jadis les amours de Napo- 
léon et d'Eléonore Denuelle, M. Frédéric 
Masson écrivait : 

Que! roman vaudrait cette histoire dont on 
ne sait encore que des bribes récoltées çà et là 
dans des mémoires judiciaires, des registres de 
l'état-civil, des circulaires et des affiches élec- 
torales et qui, s'il était permis de la suivre 
et de la raconter en son entier, donnerait 
encore bien d' autres surprises. 

Puisqu'aujourd'hui les enfants du comte 
Léon paraissent vouloir attirer l'attention 
des historiens sur leur ascendance, nous 
nous hasardons à demander quelles sur- 
prises M. Frédéric Masson tient en ré- 
serve. S. 



Le geste de se boutonner chez 
l'homme et la femme (L, 956). — Je 
ne sais si quelque ouvrage donne des 
renseignements sur l'origine ou la signi- 
fication de l'usage en question : je ne 
sais à quelle époque remonte l'habitude 
de boutonner de gauche à droite les vê- 
tements d'homme, et de droite à gauche 
les vêtements de femme. Depuis long- 
temps je pense que l'habitude féminine 
n'est qu'un aveu préalable de reddition à 
merci. C'est la façon moderne de rééditer 
le mot antique : povov Xxfie. «Viens les 
prendre ». En effet, rien n'est plus facile, 
pour l'heureux vainqueur, que de débou- 
tonner un cordage ainsi fermé ; rien n'est 
plus difficile que de déboutonner un cor- 
sage fermé à la façon masculine. Si vous 



n'avez jamais essayé, faites l'expérience ; 
elle n'a rien de déplaisant. 

Toubib el srir. 

Cette question a déjà été posée : elle n'a 
pas été résolue : le sera-t-elle jamais ? 

Le cas de M. Guérin (L, 734, 879, 
938). — Il y a 40 ou 50 ans,à l'hôpital de 
la Pitié, le Docteur Philipeaux, assistant 
au Muséum, a accouché un brave garçon 
d'une vingtaine d'années qui était entré à 
l'hôpital, avec une grosseur, une tumeur à 
la cuisse. En faisant l'opération, le Doc- 
teur lui a retiré un fœtus, un petit frère, 
inconnu qu'il portait là depuis sa nais- 
sance sans s'en douter, et ce n'est qu'au 
bout de vingt ans que la tumeur s'est for- 
mée. 

L'absorption de l'un par l'autre s'était 
produite dans les premiers mois de la ges- 
tation. Le cas est très connu dans le 
monde savant qui s'occupe de tératologie. 

Paul Vibert. 

Journal des inspecteurs de M. 
Lépine (L, 945). — Il est permis de 
douter que les matrones, au moins dans 
les maisons autres que celles des boule- 
vards extérieurs, fournissent trop de ren- 
seignements à la police. Ce faisant, elles 
s'exposeraient à perdre leur clientèle. On 
ne voit pas bien bien du reste une de ces 



dames, même en dehors du secret 



pro- 



fesionnel, avouant qu'elle a reçu en visite 
des jeunes filles mineures, puisqu'elle 
ferait ainsi fermer son établissement. 

O. S. 

Le nard des Romains. L, 620,742, 
878, 99c. — Ce qu'il y a de certain, c'est 
que les Romains savaient de la façon la plus 
précise que la Chine était entourée d'une 
grande muraille, remontant à peu près au 
début de notre ère. La grande muraille de 
la Chine est décrite par Ammien Mar- 
cellin, qui vivait au temps de l'empereur 
Julien, c'est-à-dire au milieu du iv e siè- 
cle, autant qu'il nous en souvient, il fait 
remarquer qu'elle grimpe sur les monta- 
gnes et descend dans les vallées, sans les 
contourner. 

Quant à l'ambassade tonquinoise, c'est 
autre chose ; mais elle est fort possible ; 
car les relations par mer entre l'Inde et le 



N» 1063. 



L'INTERMEDIAIRE 



47 



48 



golfe Persique étaient des plus abondantes, 
et on connaissait les bouches du Gange 
depuis bien des siècles avant notre ère ; 
de sorte que l'Indo Chine devait être con- 
nue du temps des empereurs. 

Quant aux relations directes avec les 
Chinois, elles sont positivement indiquées 
par Marcellin. 

On leur parlait par signes ! dans l'impos- 
sibilité où on était de comprendre leur 
langage. D r Bougon. 



* * 



M. G. de Massas me demande où l'on 
trouve la relation d'une ambassade en- 
voyée au Tonkin par Marc Aurèle, l'an 
166. — Le fait nous a été rapporté par 
les historiens chinois. 

11 est daté par les observations astrono- 
miques précises des narrateurs. Il est en 
outre confirmé par le nom que ces histo- 
riens donnent à l'empereur : An Tun, 
c'est-à-dire Antonin (Marcus Aurelius An- 
toninus). 

Les Romains débarquèrent dans« la pro- 
vince méridionale » de l'empire. C'était 
alors le Tonkin. 

Devant le silence des historiens latins 
à cet égard, on s'est demandé s'il ne s'a- 
gissait pas d'une expédition commerciale 
privée, mais on n'a pas révoqué en doute 
l'expédition elle-même qui paraît avoir 
été un événement considérable aux yeux 
des Chinois antiques. *** 

Cherchez la figure. — Le timbre 
Serbe. C'est un petit jeu dont on s'amuse 
en Serbie. On regarde à l'envers le tim- 
bre qui a été émis à l'avènement de 
Pierre 1", et l'on croit y voir une figure 
sinistre. 

Les événements sanglants du Kodach, 
donnent à cette coïncidence un caractère 
assez impressionnant. On va jusqu'à pré- 
tendre que l'image a été voulue et que 
l'auteur du timbre un artiste serbe, appelé 
Jobavobaz, serait un partisan d'Alexandre 
et de Draga qui aurait sciemment com- 
posé cette image. 

A titre de document, on trouvera le 
cliché agrandi du timbre. M. Arthur 
Maury, le si distingué philatéliste, a bien 
voulu le faire exécuter après une conver- 
sation que nous avons eue ensemble sur 



ce sujet, très intéressé lui-même par ce 
qu'il suppose n'être qu'une coïncidence. 
Elle est frappante, voilà tout. 

Ce timbre bien connu est oblong. Il 
représente les deux profils de Kara 
Georges et de son petit-fils Pierre : au- 
dessus un écusson aux armes de Serbie 
et la devise : Spes mibi prima Deus. Quand 
on a vu le timbre à l'aide d'un cache, 
on isole le reste pour ne voir que les 
traits de l'image hallucinante ; celle-ci 
est très nette. Pour la démonstration on 
s'est borné à détacher les deux profils 
pour permettre de les examiner en les 
renversant comme ci-dessous : 

•3J3i|pjnos apoiEj 
.m s juejiod saanssa[q sap juaiquias saqoE} 
-snoiu sa-] '31Ue5euiu8 }a assi^da aqsnoq aun 
: saSioaQ c4b>j ap s[pjnos sai ja ijaoj ! ajnâij 
x\ ap zau np ajaac.i jiej ajjajd ap zau np 
aj aiE,q "xnaX saj ;uqi zau xnap sap sauuEU 
xnap sa-j •ajuauuno; aSesiA un jioa à" uo 
9UJ.SIUIS dinSif v\ : dujnopA dAqiuii 9 1 







Partie du timbre qui représente les profils 
de Kai a Georges et du roi Pierre 



On a dit que la police serbe cherchait 
à savoir s'il n'y eut pas là un complot 
et l'on a parlé du rachat en masse de ce 
timbre. C'est inexact, au moins pour le 
dernier point. Le roi de Serbie peut être, 
comme tout le monde, frappé de cette 
étrange circonstance, mais il ne rend 
que le hasard responsable d'un rappel 
aussi douloureux. 



Le Directeur-gérant : 
GEORGES MONTORGUEIL 



Imp.DANiEL-CHAMBON St-Amand-Mo nt-R ond , 



LF Volume 



Paraissant les 10, 20 et 30 de chaque mois £0 Janvier 1905. 



41e Année 

Jl>",r. Victor Massé 
PAKIS (I.V) 

bureaux : de 2 à 4 heures 



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Il se faut 
entr'aider 




N° 1064 

31"", r. Victor Maa»< 
PARIS (IX') 

Bureaux : de 2 à 4 heure» 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 



QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 

49 . 5 o — 

1817 par M. H. Parizot, n'a d'ailleurs eu 
lieu que le 17 août 18 19. Ivan d'Assof. 

Les bouchers de Limoges. — La 

marquise de Mac-Mahon a reçu des bou- 
chers de Limoges, en signe d'hommage, 
un brevet de « boucher honoraire » . On 
sait que cette corporation a joui longtemps, 
à Limoges, de privilèges très particuliers ; 
qu'elle est restée fidèle à son quartier et à 
ses habitudes ; qu'elle a conservé intactes 
ses traditions. Elle dit avoir des archives 
et des preuves de ses privilèges. Est-ce 
exact ? De quoi se composent les archives 
de la confrérie ? 

Y a t-il,cn France. des exemples d'autres 
professions ayant gardé, en dépi* des mé- 
tamorphoses intensives de la vie moderne, 
de telles particularités ? Y. 

Les frères de Jeanne d'Arc. — 

Jacquemin d'Arc, le frère aine de l'héroïne, 
avait une fille qui s'appelait Jeanne, mais 
on ignore le nom de sa femme, ou du 
moins aucun des ouvrages relatifs à la 
famille de Jeanne d'Arc, généralement cités, 
n'en fait mention. 

L Intermédiaire, dans son numéro du 30 
novembre dernier, signale une brochure 
sur la généalogie de la famille Labourasse, 
dans laquelle, parait-il, il serait dit que : 

Jacques ou Jacquemin du Lys, l'aîné des 
frères de la Pucelle, avait épousé Catherine 
Corviset, de Vaudeville, et que celle-ci, âgée 
de 43 ans à la mort de son époux, convola 
en secondes noces avec Jacques le Melcion de 
Ruppes dont elle put avoir des enfants. 

LI. 2 



La table du 2 e semestre 1904 sera servie 
avec le n° du 30 janvier prochain . » 



Les œuvres théâtrales sur la 
Brie. — On désirerait connaître la liste, 
aussi complète que possible, des œuvres 
théâtrales dont l'action se déroule, entiè- 
rement ou partiellement, dans l'ancienne 
province de Brie et dans le département 
de Seine-et-Marne. Exemple : Les Saltim- 
banques, Le Courrier de Lyon, La Cagnotte, 
La Partie de chasse de Henri IV, La Belle 
Gahrielle, V 'are nnes, etc., etc. 

La société historique et littéraire de 

la Brie. 

Conspiration de l'épingle noire 
(1817). — Je relève dans le Guide-album 
historique et descriptif du bois de Vincennes, 
par H. Parizot et Boileau, (Paris, 1860) le 
passage suivant : « La Sainte-Chapelle nou- 
vellement restaurée, fut endommagée par 
une explosion qui brisa plusieurs des beaux 
vitraux. La conspiration de >< l'Epingle 
noire » (18 17) menaça plus sérieusement 
le château, dont elle voulait s'emparer, 
mais elle n'aboutit pas ». 

Où peut-on se documenter sur cette 
conspiration de l'épingle noire ? Com- 
ment faillit elle endommager plus sérieuse- 
ment la vieille forteresse féodale, que l'ex- 
plosion de la poudrière ? Cette explosion, 
racontée par Alfred de Vigny dans Gran- 
deur et servitude militaire, et placée avant 



N° joo.|. 



L'INTERMEDIAIRE 



53 



L'auteur de cette communication ne 
connaît pas l'origine de ce renseignement 
et voudrait bien le vérifier. 

Nous remercions par avance ceux de nos 
confrères qui pourraient nous indiquer le 
nom de l'éditeur de la généalogie de la 
famille Labourasse et tous autres rensei- 
gnements relatifs au mariage de jacque- 
min d'Arc avec Catherine Corviset, de 
Vaudeville. P. Lestret. 

Gouverneur d'Ancenis. — Je se- 
rais bien obligé au confrère en Intermé- 
diaire qui pourrait me dire quel était, en 
1590, le gouverneur, pour la Ligue, de la 
ville d'Ancenis. 

A titre d'indication, je trouve, avec 
cette qualité, un sieur de la Villeserain, 
capitaine des gardes du duc de Mercoeur ; 
mais il s'agirait dé savoir quel patrony- 
mique recouvrait ce surnom. 

Il est clair que le problème serait éga- 
lement résolu si on avait le nom du capi- 
taine des gardes de Mercœur à la date 
susdite. P. du Gué. 



la 



Borjnu-en-Poitou. — L'histoire des 
enclaves n'est pas toujours facile, c'est 
pourquoi je fais appel à mes confrères 
intermédiairistes. Je suis propriétaire de- 
puis plus d'un an d'un château du xv e siè 
cle, assez bien conservé et qui a nom 
Bonnu (La Thaumassière écrit Bonhu). 
Selon Cassini, Bonnu formait la dernière 
enclave orientale du Poitou, entre Marche 
et Berri. Grâce aux papiers de la fabrique 
de Cuzion, dont Bonnu relevait, j'ai quel- 
ques notions sur son histoire aux xvi 6 et 
xvu e siècles, mais ignorant les sources de 
l'histoire féodale du Poitou, je ne sais de 
quel fief relevait Bonnu, ni ses seigneurs 
antérieurement à Catherine de Poyenne 
qui porta cette terre dans la maison Ajas- 
son. Ce serait à Poitiers sans doute que 
l'on trouverait des documents sur cette 
enclave peu rapprochée. 

Ours d'Aquitaine. 

Les moines de Jean Drouhet et 
le consulat d'Hardemberg. — La 

moivie de Sen Moixont ïe% vervedè de 
tretouie les autres est un petit poème en 
patois poitevin, dédié, en 1 66 1 , par Jean 
Drouhet, apothicaire de Saint-Maixent, à 
la belle Hortense Mancini que venait d'é- 
pouser, à son grand ciam, Armand-Char- 



les de la Porte, duc de Mazarin et de 
Meilleraie. 

Le titre en a été ainsi traduit par Dreux 
du Radier : La mairie de Saint-Maixent 
où il est parlé de toutes les autres (mairies 
du Poitou (1). A la date de la publication 
de la Bibl. bist. et crit., le dictionnaire de 
Ménage en était à sa deuxième édition, 
(1750), Dreux du Radier s'y reportant, 
eût pu voir que vetvedé n'est point un 
verbe, mais un substantif retrouvé par 
Ménage en Touraine, qu'il fait dériver 
avec raison de verbum dei . Vervedè en un 
mot, c'est notre varvadieu, aliàs barba- 
dieu, vervendieu, verve à Dieu, etc., sorte 
de prière ou d'antique moralité chré- 
tienne, tombée en désuétude, où l'on ne 
voyait plus qu'une sorte de complainte 
grotesque. Il faut donc traduire : La mai- 
rie de Saint-Maixent avec les varvadieu 
(ou moralités facétieuses) de toutes les 
autres (2). 

Passons en revue maintenant toute 
cette littérature burlesque des mayeurs. 

Les échevins de Poit/ets, après avoir 
vidé de nombreux flacons, parcouraient 
pendant toute la nuit les rues de la ville 
au grand galop de leurs chevaux, accom- 
pagnés de valets portant des torches. Ils 
allaient ensuite fourrer leur tête dans le 
trou d'une lanterne autour de laquelle se 
tenaient les bourgeois, et celui qui la 
garnissait le mieux, remportait le prix. 

ANiort, on s'en rapportait au choix d'un 
âne qui, après avoir mangé l'avoine, finis- 
sait par s'arrêter devant l'un deséchevins. 

A Fontenav, la palme était dévolue à 
celui qui, après avoir bien couru dans la 
prairie pour en chasser les oies et les ca- 
nards, avalait le plus de petits pâtés. 

A Saint-Maixent, les échevins se ran- 
geaient sous un prunier dont on secouait 
les branches et celui qui attrapait avec sa 
bouche un des fruits avant qu'il n'eût 
touché terre, était proclamé maire, mais 
il fallait cracher le noyau et il arriva qu'un 

(1) Bibl. hisl. et crit. du P., art. consacré 
à Jean Drouhet IV, 55 (1754). 

(2) Alfred Richard, dans sa réédition de Jean 
Drouhet, (a) a fait dériver Vervedé de Ver- 
nedé, autre sorte de prière populaire dont le 
nom ne signifiait plus que farce ou môme- 
rie. Le sens reste finalement le même, mais 
nous croyons devoir nous rattachera l'opinion 
de Ménage. 

(a) Poitiers E. Druineaud 1878. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



53 



20 Janvier 1905 



échevin ne put subir cette contre-épreuve 
pour avoir avalé, par inadvertance, le 
renvoi d'un dindon perché sur l'arbre. 
Cette année-là, tout allait de mal en pis ; à 
la seconde tentative, ce fut un cochon qui 
croqua la prune. Dans cette circonstance 
difficile, le docte aréopage décida, pour 
en finir, que l'échevin le plus rapproché 
du cochon, serait proclamé maire. 

Quelque typiques que semblent ces 
histoires de moiries, il est bien évident 
que nos ancêtres ne firent pas grand 
effort d'imagination pour les inventer. 

Ce n'est point chez nous que Victor 
Hugo est venu chercher la fameuse gri- 
mace de Quasimodo, réminiscence d'un 
divertissement populaire, joyeux prélude, 
à Poitiers comme ailleurs, du choix du 
roi des fous. 

Aux foires de Niort, encore "à l'heure 
actuelle, les ânes savants ne s'y prennent 
point autrement que leur municipal an- 
cêtre, pour désigner le plus aimable, le 
plus amoureux ou la plus belle de la so- 
ciété. 

L'élection de certains rois des gour- 
mands, rappelle trait pour trait, l'épreuve 
subie par le futur maire de Fontenay. 

On voit en Belgique, les jours de ker- 
messe, des badauds s'efforcer de saisir 
avec leurs dents des brioches balancées 
au bout d'une corde, leurs efforts ne rap- 
pellent-ils pas les tentatives si souvent 
infructueuses des échevins de Saint- 
Maixent pour croquer la prune. 

Ces moiries ne sont pas, comme bien on 
pense, les seuls brocards que se déco- 
chaient les quatres villes du Poitou. On 
en relève de fort analogues à l'actif d'au- 
tres provinces dans le Blason populaire 
de la Fiance (1), il est même partout des 
villes privilégiées, comme il s'en va de 
Saint-Maixent chez nous, mais notre 
étonnement est grand de ne rencontrer 
nulle part rien qui soit comparable à cette 
curieuse série des Moiries. Faut il bien 
réellement sortir du royaume pour trou- 
ver d'autres burlesques récits de ces pré- 
tendues épreuves ? 

Quoi qu'il en soit, voici comment Huet, 
le futur évêque d'Avranches, rapporte, 
dans son lier Sucsicum, effectué au com- 
mencement du xvn e siècle, la plaisante 



54 



(1) P. Sébillotet Henri Gaidoz, Paris, Mai- 
sonneuve. 



manière dont on procédait à l'élection du 
magistrat d'Hardemberg (1) : 

Mox Hardembergeusem sera sub note venimus. 
Ridetur nobis veteri mos ductus ab œvo. 
Quippe ubi deiigitur revoluto tempore consul, 
Barbali circa mensam statuunlur acprnam, 
Hispidaque imponunt attenli menta Quirites. 
Besiia, pes, (2) mordax.sueta iuter creseere sordes, 
l'oniiur in medio, tum cujus, numine Divûm, 
Barbaiïi adiit, festo huic ^ralanlur murmure l'atres, 
Atque celebmtur subjecla per oppida consul. » ( 3) 

Ce pou posé sur la table qu'encadrent 
les barbes des candidats et qui va faire un 
consul, ne serait-il pas quelque peu appa- 
renté à lâne de Niort ? 

L'élection du premier magistrat des 
cités, a-t-il donné lieu par ailleurs à des 
traditions burlesques semblables ? 

LÉDA. 

Personrjgg« à retrouver. — Je lis 
dans une lettre datée de 1676, et où 
au milieu d'une discussion théologi- 
que, l'auteur fait une allusion aux guer- 
res de religion, la phrase suivante : 

Atque hase absurda toleranda adhuc 
essent si Deum adorares infinitum et ceter- 
num, non illum quem Chastillo in oppido 
Tienen, sic a Be'gis nuncupato equis co- 
medenduni Lmpune dédit. 

Je cherche à identifier le personnage et 
la localité dont il s'agit. Pour la ville, il 
n'y a point de difficulté, Tienen étant le 
nom flamand de Tirlemont, mais de quel 
Chàtillon est-il question, est-ce du cardi- 
nal de Coligny qui, par ce que l'on sait de 
son mariage en costume de cardinal, était 
bien capable de ce sacrilège ; est-ce au 
contraire de Coligny l'amiral. ou de d'An- 
delot, ou enfin d'un autre Chàtillon ? 

M. R. 

L'Académie est une honnête fille. 
— Voltaire a dit d'une Académie de pro- 
vince que c'était une honnête fille qui 
n'avait jamais fait parler d'elle' Les uns 
disent qu'il s'agit de l'Académie d'Angers, 



(1) S. d. dans le Hanovre au gouvernement 
d'Hildeisheim. II y a encore une ville de ce 
nom en Hollande, prov. d'Over-Yssel. 

(2) Gui Barozai à qui nous emp:untons 
cette citation, faute de n'avoir pas sous la 
main le texte même de VIter, observe avec 
raison, que pes est un barbarisme, il faudrait 
pedis ou pediculus. 

(3) Gui Barozai (La Monnoye) Dijon 1720, 
glossaire 338. 



N« 1064 



L'INTERMEDIAIRE 



55 



les autres de l'Académie Stanislas à Nancy, 
d'autres enfin de l'Académie de Nimes. Où 
trouver cette spirituelle boutade de Vol- 
taire ? Voltaire était membre correspon- 
dant, « associé libre », de l'Académie 
d'Angers ; il avait été élu par l'Académie 
angevine le 15 novembre 1747. 

Famille Advena ou Avenat. — 
Peut-on me donner la généalogie de la fa- 
mille à laquelle appartenait Benoist Ad- 
vena, conseiller du roi, contrôleur du gre- 
nier à sel à Tournus, marié à Anne Bar- 
raud, et dont la fille fut sous-gouverneur 
des enfants de France ? A. B. 

Duc de Caumont-Laforca. — 

Henri-Jacques-Nompar de C&umont, duc 
de la Force, né le 5 mars 1675, mort le 20 
juillet 172b, membre de l'Académie fran- 
çaise, du conseil des finances et du con- 
seil de régence, a-t-il laissé des enfants 
mâles ? Quels étaient leurs prénoms ? 
Quelles situations occupaient-ils à la cour 
ou dans l'armée, sous le règne de Louis 
XV ? 

Ces renseignements me seraient néces- 
saires, pour identifier une très curieuse 
lettre adressée le 13 mars 1733, par un 
duc de Caumont-Laforce, au duc de 
Sully, pair de France. Arm. D. 

Guy Eder de la Fontenelle, parti- 
san-ligueur en Bretagne. — De nou- 
veaux documents trouvés en Bretagne 
m'encouragent à écrire la vie de ce chef 
de ligueurs au temps où Mercceur pacifiait 
la Bretagne. Chacun sait que les excès de 
ce partisan, — réputé \ éritable bandit à 
une époque où le but pourtant excusait 
les m >yens — le firent décapiter à Paris. 
Un de nos confrères me donnerait-il des 
renseignements qui ne fussent puisés ni 
dans les Histoires de dom Morice et Tail- 
landier, ni dans la chronique du chanoine 
Moreau ?Je lui en serais, d'avance, parfaite- 
ment reconnaissant. Fleury. 

Laneuville (Jean-Louis). — Pein- 
tre de portraits, élève de David, exposa 
au salon de vendémiaire an V, un por- 
trait anonyme, ainsi mentionné au livret : 
« Portrait de P...., membre du conseil des 
Cinq-Cents ». 

Ace moment, les membres du conseil 
des Cinq-Cents, dont le nom commençait 



56 

par un P., étaient : Palier, Parisot, Pasto- 
ret, Pavie, Pelé, Pemartin, Pennières, 
Pères, Perez, Perret, Perrin, Peyre, Pffie- 
gcr, Philippc-Delleville, Pichegru, Picot- 
Lacombe, Piet, Pinson-du-Galland, Plet- 
Beauprey, Polissard, Pomme, Pons (de 
Verdun), Pons (de l'Aveyron), Ponsard, 
Portes, Portiez, Poulain-Bouttancourt, 
Poulain-Granprey, Praire, Precy, Prevost- 
de-la-Croix, Prieur. 

Quel est celui d'entre eux dont Laneu- 
ville fit le portrait ? Est-ce le général Pi- 
chegru ? D. 

Correspondance inédite de Mari- 
vaux — Quelqu'un sait-il l'existence, 
dans des papiers de famille, par exem- 
ple, de lettres écrites par Marivaux ou à 
Marivaux ? ou même des lettres parlant 
avec quelque détail de Marivaux ? — 
Car, c'est une chose assez singulière que 
jusqu'ici, on n'ait sur cet auteur que de 
très rares témoignages et documents 
contemporains. G. Ascou. 

Marivaux et les théâtres de So- 
ciété. — Quelque chercheur a-t-il des 
renseignements sur celles des Sociétés où 
fréquentait Marivaux, où l'on jouait la 
comédie et où l'on a joué, en particulier, 
ses pièces ? 

G. Ascou. 

Mgr Sibour, évêque de Tripoli. 

— Dans le présent volume de X Intermé- 
diaire^ col. 44, on lit, ligne 4, qu'un abbé 
Dedoue a écrit la vie d'un Mgr Sibour, 
évoque de Tripoli, né en 1807, qui n'a 
donc rien à voir avec l'archevêque de 
Paris de ce nom, né en 1792, évêque de 
Digne avant d'aller à Paris. 

Quel peut être cet évêque in partibus, 
qui n'a fait partie d'aucune de nos con- 
grégations donnant des missionnaires ? 
Fut-il coadjuteur de quelque évêque de 
France? Je désirerais connaître ses pré- 
noms, les lieux et dates de son sacre, de 
son décès et ses armoiries. Je cherche tou- 
jours, mais en vain, les armoiries de 
Mgr Guillon, évêque titulaire de Maroc, 
doyen de la Sorbonne, mort en 1847. 
Comte de St-Saud. 

Claude de Trellon. — Possède-t-on 
quelques renseignements inédits sur 
Claude de Trellon, poète et soldat du xvi e 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905. 



57 



58 



siècle, qui laissa, entre autres œuvres, un 
recueil de vers fort curieux : La Muse 
Guerrière. Inutile de citer les notices de 
Guillaume Colletet, Goujet, et Viollet- 
le- Duc, consultées déjà ? A. B. 

« De Tribus Impostoribus ». — On 
trouve souvent, aux xvT et xvn e siècles, 
des allusions à un ouvrage impie qui, 
aurait été écrit au xiv e et serait intitulé : 

De Tribus impostoribus (Moïse, Jésus, 
Mahomet). 

Peut on obtenir des renseignements sur 
l'auteur de cet ouvrage ou tout au moins 
sur le livre lui-même qui fit scandale du- 
rant plusieurs siècles, ainsi qu'en témoi- 
gnent l'intitulé des ouvrages suivants, 
destinés, ceux-là, à combattre les athées : 

Kortholt. De Tribus impostoribus (Her- 
bert-Hobbes-Spinoza). Kiel 1680, in-8°. 

Kettner. De Duobus impostoit bus (Spi- 
noza et Bekker). Leipzig, 1694. M. R. 

Deux livres du XVIII e siècle à 
retrouver. — Un homme de guerre, 
doublé d'un diplomate, dont j'ai entre 
les mains les Mémoires inédits, y a tracé 
les lignes suivantes, en 1754 : 

(( Je lisais, alors, deux bien bons livres : 
Les avantages et désavantages de la France 
et de la Grande Bretagne, et La politique, 
de M. de Cormiers. » 

Je n'ai pu découvrir, ni à la Nationale, 
ni dans les bibliographies, ni dans les 
Mémoires relatifs à cette époque, ces deux 
« bien bons livres » dont l'auteur me 
parait aussi oublié que ses œuvres, car 
je n'ai trouvé son nom nulle part. 

Je serais reconnaissant au collabora- 
teur qui me livrerait la clef du mystère. 

Cellier. 

Dictionnaire géologique. — Dans 
une lettre de 1787, je lis : « Qu'a t-on 
dit au petit Dictionnaire géologique, 2 vol. 
in- 16 ? Rien. C'est l'élixir de l'impiété mis 
à la portée du peuple ». 

De qui est ce Dictionnaire ? Où et quand 
a-t-il été composé ? Louis Calendini. 

Le panmuflisme. — Dans l'article 
par lequel débute le Gaulois du 17 dé- 
cembre 1904, et dont je ne reproduis pas 
le titre pour éviter toute occasion de po- 
lémique extra-littéraire, M. Jules Deîa- 
fosse parle de « cette communauté d'élé- 
ments subalternes inconquis et difformes 



dont Gustave Flaubert avait, dès loncj- 
temps, prédit l'hégémonie, et qu'il appe- 
lait le panmuflisme ». 

Ce terme si pittoresque a-t-il été réel- 
lement créé par Flaubert ? Dans un de ses 
écrits ou dans une conversation ? Et à 
quelle date? G. Servandy. 

Fouinfouinerie. — On lit dans La 
Liberté (n° du 31 décembre 1904) sous la 
signature de M. L. Latapie : 

Tous les jours le courant qui entraîne les 
esprits se dessine mieux, s'élargit et se préci- 
pite. Ce ne sont pas les subtiles opérations 
d'arbitrage et de compensations auxquelles se 
livre l'ancien agent de change, ni les fouin- 
fouineries de M. Combes... qui en arrêteront 
l'irrésistible élan . .. 

Qu'entend-on exactement par ce mot de 
fouinfouinerie dans lequel je vois bien la 
réduplication de fouiner et a-t-il déjà été 
employé ? Pour moi, c'est un néologisme 
qui m'apparaît comme employé pour la 
première fois. Gustave Fustier. 

Les Bénédictins francs-maçons. 

— Dans X Arrêt in moderne par l'abbé Du- 
laurens, on lit, au chapitre de X Agricul- 
ture, le passage suivant : 

Les Bénédictins ont défriché la France et 
les lettres. Us ont été fatigués; ils ont été ré- 
compensés de leurs peines par les richesses 
immenses que le défrichement leur a valu. 
Depuis qu'ils se reposent ils doivent être dé- 
lassés de leurs travaux. Otons les de leurs 
vastes bâtiments où ils ne s'occupent qu'à se 
remplir, à se vider, à tenir des Loges de 
Francs-Maçons ; c'est ce qu'ils font encore 
de mieux. 

Quelles sont les loges auxquelles il est 
fait allusion ? Depuis quand le clergé ne 
fait-il plus partie de la Franc-Maçonnerie 
et pour quelles raisons ? 

Semper qu^rens. 

La vente Chopin. — A la vente des 
effets de Chopin, mon grand-oncle avait 
acheté la chaise de Chopin, une pièce en 
accajou dont le dos arrondi massif, les 
fines jambes, et les lignes font un bien 
beau meuble, doublement illustre par sa 
provenance et de ce qu'elle a été pendant 
trente-six ans la chaise d'étude d'un 
homme lui-même de réputation scienti- 
fique internationale, je demande s'il y 
eu, à cette vente, une liste dressée des ob- 
jets, des prix et des acheteurs. 

A. G. C. 



N° iot>4 



L'INTERMEDIAIRE 



S9 



60 



ftépcmçrd 



Le second nuriage de la du- 
chesse de Berry (L, 722, 789, 844, 
993). — Puisqu'après avoir contesté le 
mariage de Mme la duchesse de Berry 
avec le comte Lucchesi Palli, célébré à 
Rome, le 14 décembre 1831, on veut, 
maintenant que des documents indiscu- 
tables ont été fournis, mettre en doute la 
légitimité de l'enfant de Blaye, en ar- 
guant l'éloignement des deux époux, je 
crois devoir apporter les preuves, que, 
durant l'été de 1832, ils se réunirent au 
contraire à diverses reprises. 

Le comte de Rochechouart, accrédité 
près du roi de Hollande, parle dans ses 
mémoires de deux absences mystérieuses 
que Lucchesi fit de la Haye à cette époque, 
et M. Thirria, dans son histoire si docu- 
mentée de Mme la duchesse de Berry, a 
reproduit le texte même de la communi- 
cation que le prince Guillaume de Hol- 
lande avait adressée à Madame en char- 
geant Lucchesi, qui s'occupait spéciale- 
ment des négociations de la princesse 
avec le gouvernement Hollandais, de la 
lui remettre. Ce dernier vint donc en se- 
cret à Nantes, à l'époque où l'on peut 
vraisemblablement placer la conception 
de l'enfant. 

Cette preuve n'est pas la seule. Peu de 
temps auparavant, au mois de juillet de 
la même année, Madame, quittant la mai- 
son de Mlle du Guiny à Nantes, mit en 
défaut la police de Louis-Philippe, et, es- 
cortée d'une seule compagne fidèle et 
dévouée, gagna la Hollande pour y re- 
trouver son mari. 

Celui-ci, comme ministre de Ferdi- 
rant II, résidait à la Haye, mais la prin- 
cesse craignit d'y être reconnue et elle 
se rendit à Rotterdam où le comte Luc- 
chesi vint la rejoindre. Son séjour y dura 
plus d'un mois. Le voyage avait été en- 
touré du secret le plus absolu et pour 
que rien ne laissât soupçonner son ab- 
sence, les précautions avaient été prises 
pour que son cachet et son chiffre res- 
tassent à la disposition de ses fidèles. A 
Montmédy pourtant, tout près de la fron- 
tière du Luxembourg, la princesse se crut 
reconnue dans une auberge par un jeune 
officier. Elle ne s'était pas trompée, mais 
celui-ci la prenant familièrement par la 



taille comme il eût pu le faire à une ser- 
vante dont elle portait le costume ainsi 
que sa compagne, la rassura en lui disant 
tout bas qu'un officier, même républi- 
cain, était incapable de dénoncer une 
Française fugitive. Dans son enthousiasme, 
Marie-Caroline l'embrassa sur les deux 
joues au grand amusement des voya- 
geurs qui ne se doutaient guère de l'iden- 
tité des deux paysannes. Tous ces détails 
si précis ont été donnés par Mme H... 
confidente et familière de la duchesse de 
Berry, dont elle fut la leclrice pendant 
trente ans. Son témoignage peut être 
fidèlement invoqué, car elle vit encore, et 
malgré ses 88 ans, sa mémoire et sa lu- 
cidité sont restées complètes. Toutes les 
particularités de ce voyage ont été ra- 
contées dans un article du baron de 
Mesnard paru dans la Revue Angevine du 
1 5 mai 1 902 . 

Comme corollaire à ce qui a été dit 
dans Y Intermédiaire, au sujet du rôle joué 
par la comtesse du Cayla lors de la cap- 
tivité de Mme la duchesse de Berry et 
d'un faux mariage qu'elle aurait négocié 
avec le comte Lucchesi Palli pour donner 
un père légitime à l'enfant de Blaye, il 
suffit, pour en démontrer l'impossibilité, 
de prendre connaissance d'une lettre datée 
de Turin, qu'elle écrivait au comte de 
Rochechouart, le 21 août 1833 : 

Vous savez, lui disait-elle en parlant de la 
princesse, que le mariage qui nous intéresse 
et qui était un secret pour tous, a été célébré 
à Rome en juillet 1831. 

Or, à cette date d'août 1833, Mme la 
duchesse de Berry était arrivée en Italie 
ou il eût été facile à Mme du Cayla de la 
voir et de se concerter avec elle 

Est-il donc possible de supposer dans 
ces conditions que si la favorite de 
Louis XVIII avait combiné un faux ma- 
riage, elle se fût trompée de six mois sur 
la date de la célébration et eût parlé du 
mois de juillet au lieu du mois de décem- 
bre, qui est celle de l'acte de mariage dé- 
posé au Vatican ? Vicomte de Reiset. 

Le cardinal do Rohan et la Franc- 
Maçonnerie (LXIX, 667 ; L, 455, 681, 
746). — Le cardinal de Rohan de l'Affaire 
du Collier a-t-il appartenu à la Franc- 
Maçonnerie ? Telle a été la question po- 
sée dans Y Intermédiaire et à laquelle il n'a 
été encore répondu que par des à côté. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905 



6; 



62 



Bailly, le maire de Paris, savait évi- 
demment à quoi s'en tenir. Le cardinal 
de Rohan, une des lumières de l'ordre, 
était affilié au rite cosmopolite, dit de 
Perfection, qu'il représentait en France 
conjointement avec le duc de Chartres. 

En 1768, le roi de Prusse fut reconnu 
grand commandeur par toute la fraternité, 
Charles prince héréditaire de Suède fut conti- 
nué grand commandeur et protecteur en 
Suède, Louis de Bourbon prince du sang, duc 
de Chartres et le cardinal de Rohan dirigeaient 
ses degrés en France. 

(Voir Ragon. Orthodoxie maçonnique, 
Paris, 1853, in-8, page 304, note 1). 

Le cardinal de Rohan a protégé Ca- 
gliostro qu'il avait connu à Strasbourg à 

I époque où il opérait ses cures magnéti- 
ques. Cagliostro a continué ses jongle- 
ries à Paris avec plus d'éclat et y a fait 
intervenir le cardinal, voilà tout. Avant 
la Révolution, le clergé faisait volontiers 
partie de la grande famille maçonnique. 

II n'est pas rare de voir dans les anciens 
états imprimés ou manuscrits de loges au 
xvm e siècle, des noms de curés, d'abbés 
de cour, ou de religieux, à côté d'hommes 
de lettres, de financiers et d'hommes de 
robe, tels qu'avocats, procureurs, etc.. 
Nous avons vu d'anciens diplômes ma- 
çonniques de la région de Limoges et de 
Tulle, délivrés comme passe-ports, à des 
Chartreux, des religieux de l'ordre de 
saint Augustin, de Cluny, etc. 

Votre collaborateur Pietro a raison 
lorsqu'il dit que l'ordre de Misraïm n'a 
pas été fondé par Cagliostro. On n'a qu'à 
consulter X Histoire de F Ordre maçonnique 
de Misrdim par Marc Bédarride (Paris, 
1845, 2 vol. in-8) et on y lira au tome II, 
page 220, ce passage : 

En ce temps (1771), le nommé Cagliostro, 
Sicilien de nation, qui avait acquis en Egypte 
quelques degrés maçonniques, les altéra et 
en forma un soi-disant rit égyptien selon son 
bon plaisir. Il vint en France où il eut un 
grand nombre de disciples, mais en 1786, il 
fut obligé de quitter Paris. Il parcourut divers 
2Utres pays et c'est à la grande cité de Rome 
qu'en 178g, il fut arrêté et mis au fort Saint- 
Ange où il succomba. Nous gardons le silence 
sur tous les faits de ce magicien ; l'histoire 
profane en dit assez. 

L'ordre de Misraïm a une toute autre 
origine. C'est une maçonnerie juive en 
90 degrés, créée de toutes pièces par Gad 
Bédarride, de Cavaillon,et son fils Marc. 



Les frères de ce dernier, Michel et Joseph, 
en furent les propagateurs à l'étranger. 

Gad Bédarride avait été reçu maçon en 
177 1, à Avignon, par l'entremise d'Israël 
Cohen, surnommé Carosse. 

En 1792, il se trouvait à Nice avec ses 
trois fils à la suite de l'armée d'Italie. 11 
était alors capitaine des équipages d'artil- 
lerie, et Marc remplissait les fonctions 
d'inspecteur des vivres. C'est là qu'ils 
fondèrent leur première loge. Ils trans- 
portèrent ensuite leurs travaux à Milan, à 
Ancône, à Florence, à Naples et dans les 
villes d'Italie où s'arrêtait l'armée fran- 
çaise dans laquelle ils comptaient de 
nombreux adeptes. Parmi eux se trou- 
vaient le général Monnier, de Cavaillon, 
leur compatriote, le comte Muraire, le 
général de Fernin, et autres chefs. 

Le rite de Misraïm, retour d'Italie, fut 
apporté à Paris en 1814. En 18 15, après 
les Cent Jours, Marc Bédarride, conjointe- 
ment avec ses deux frères, Michel et 
Joseph, fit connaître à l'autorité l'existence 
de l'Ordre de Misraïm en France sous les 
auspices de la puissance suprême établie 

définitivement à Paris. J. Verax. 

* 

* * 
M. Piétro me permettra d'insister sur 

la double affirmation que j'ai émise : 

i° Si le cardinal de Rohan fit partie de 
la loge « égyptienne » il fut réellement 
franc-maçon ; 

2° Le s< rite égyptien » fut un rite ma- 
çonnique et il se survit aujourd'hui dans 
le \< rite de Misraïm >v. 

Si Cagliostro mourut en 1795, son rite 
égyptien ne disparut qu'au milieu de la 
tourmente révolutionnaire, et le dernier 
grand maître de ce rite fut le prince de 
Montmorency-Luxembourg. 

Quant au <v rite de Misraïm » s'il na- 
quit, suivant Clavel et Ragon, à Milan, 
en 1805, pour ne faire son apparition à 
Paris qu'en 1814, suivant d'autres (an- 
nuaire maçonnique universel pour iSSç-ço 
parles F. F.'. C te F. G. de Nichichievicb 
3? et Richard de Bœhme 18", p. )8f) il fut 
fondé à Paris en 1803. 

Quoi qu'il en soit de la date ou il fit sa 
première apparition, on admettra bien 
qu'un rite aussi compliqué ne peut arri- 
ver au jour sans une période d'incubation 
plus ou moins longue ; même dans ce 
cas, la génération spontanéene nous paraît 
pas devoir être admise. Si donc on veut 



N 1064. 



L'INTERMÉDIAIRE 



= 6 ) 



6 4 



Chercher l'origine du « rite de Misraïm 
ou rite Egyptien > s on aboutit forcément 
au fc rite Egyptien » de Cagllostro. 

Quoi qu'en dise M. Piétro, le é rite de 
Misraïm v> fut loin d'être méprisé par les 
autres puissances maçonniques. Les his- 
toriens de la Franc-maçonnerie, les F.F.*. 
Clavel et Ragon appartinrent au rite de 
Misraïm. 

L'Annuaire tnaçontti^ue universel pour 
Vannée 1889-90, nous donne les noms des 
garants d'amitiés du rite de Misraïm et 
du Grand Orient de France. 

Les garants d'amitié accrédités auprès 
du Grand Orient de France, par le rite de 
Misraïm, étaient pour l'année 1889-90 
(Annuaire, p. 383). 

Les T T.-. 111.'. F. F.\ Osselin, D r 
Chailloux, Emile Cùmbet, Lesicur. 

Les garants d'am:tié du Grand-Orient 
de France auprès du rite de Misraïm, 
(Annuaire p. 387). 

Les F F.". Boucheron (Henri), Smcholle 
[Bertrand). G. La Brèche. 

Livre ignoré sur Louis XVII (L, 
106, 355, 705, 957 ; LI, 18). — Lorsque 
l'empereur Alexandre et le roi de Prusse 
allèrent visiter Joséphine à la Malmaison, 
ils lui dirent : Qui mettrons-nous sur le 
trône de France ? Naturellement le fils de 
Louis XVI, répondit-elle. — L'impéra- 
trice Eugénie elle-même, au dire du comte 
d'Hérisson^ déclaré qu'il était de tradition 
chef les Bonaparte que Joséphine a con- 
tribué à l'évasion du Temple et que sa 
mort subite et étrange poiïvait avoir eu 
pour cause l'imprudence de ce qu'elle 
avait révélé à ce sujet. Le Csar partageait 
cette croyance avec son médecin le D r 

James Etylie. C. B. 

* 

* * 
Est-ce qu'un lecteur de l' Ihterrhédî 

a lu le livre de J. Savigny, avocat : La 
Restaurât ion couva, incite d'hypocrisie, de men- 
songe et d'usurpation, de complicité avec 
les souverains de la Sainte- A llianceou Preuves 
de V existence du fils de Louis XVI réunies et 
discutées ? D'après ce livre, on ne saurait 
douter de l'évasion du Dauphin du Temple. 
(Il raconte aussi l'histoire de la mère Si- 
mon, dont la Revue de Paris du i er sep- 
tembre 1904 parle dans l'article de H. de 
Grandvelle, U évasion de Louis XVIV). Sa- 
vigny soutient que Louis XVII était le 
marquis de Richemont. Ce livre â paru en 



1 8:5 1 , du vivant du marquis de Richemont* 
Quand est-ce que le marquis de Richemont 
est mort? Où est-il mort? Où a-t-il été 
enterré? Etait il marié? A-t-il laissé des 
héritiers ? G. P. H 

Les lettres de Napoléon IÏI à 
Mme Cornu seront-elles publiées ? 

(1. G., 240 ; L. 960) — Une partie de 
ces lettres a été publiée en Angleterre, 
par M. Blanchard Ferrold. Cinq assez cu- 
rieuses ont été données par M. Germain 
Bapst dans Y Amateur d'autographes, il y a 
deux ans. Quant à la masse des autres let- 
tres, elle parait sans grand intérêt et je 
ne sais pas quel éditeur se chargerait de 
leur publication. 

Un rat de bibliothèque. 

Le petit-fils de Napoléon I er re- 
présentant de commerce (L, 997; LI, 
45). — La mort de la comtesse Léon, la bru 
de Napoléon I er , dans un village du canton 
de Crécy - en - Ponthieu, arrondissement 
d'Abbeville (Somme), avait attiré mon 
attention. Je me suis adressé à M. E. 
Coache, député, dont la propriété fami- 
liale de Gennes-Ivergny est toute voisine 
de Vitz-Viileroy (ou Vitz-sur-Authie) 
d'une population de 224 habitants. Je ne 
pouvais mieux tomber : le sympathique 
député d'Abbeville, qui est en même 
temps conseiller général du canton de 
Crécy- en -Ponthieu depuis près de dix 
ans, est très documenté sur la famille 
Léon ; il a eu à intervenir en faveur 
de madame Armand Mesnard, institu- 
trice à Vitz-Villeroy, petite-fille de Napo- 
léon I er etd'Eléonore Dénuelle de la Plai- 
gne. 

M. Coache m'a communiqué notam- 
ment plusieurs articles de journaux signés 
de MM. Frédéric Masso'n, Paul Gmisty, 
etc., parus dans le Figaro du 8 juillet 
1893, dans Y Eclair du 1"" septembre 

1893, dans le XIX e siècle du 3 septembre 

1894, dans la Liberté du 7 mars 1900, 
dans le Journal, dans le Mémorial d'A- 
miens, etc. 

Le comte Léon s'est marié en 1865 à 
la mairie du dix-huitièniearrondissement, 
à Paris ; il épousa Françoise-Fanny Jonet, 
couturière, née en 1831, plus jeune que 
lui de virigt-cinq ans. Il en eut trois fils 
et une fille. L'aîné des fils, Charles-Léon, 
qui était une figure fort sympathique, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905. 



„„-. 6 = 



66 



mourut à Caracas (Venezuela) au mois 
d'août 1894. 

Le comte Léon est mort à Pontoise le 
iç avril 1881. Sa veuve est décédée à 
Vitz-Villeroy le dimanche 12 mars 1899, 
chez sa fille, madame Armand Mesnard, 
institutric primaire dans cette commune. 

Sur la lettre de faire part, dont M. 
Coache garde un exemplaire, figurent les 
noms des deux fils et de la fille de la dé- 
funte : MM. le comte Gaston Léon (marié 
en Bretagne), le comte Fernand Léon 
(qui habite les Etats-Unis), et madame 
Charlotte Léon, mariée à M. Armand 
Mesnard. Alcius Ledieu. 



* 
* * 



C'est bien en effet en 1881 quele comte 
Léon, fils de Napoléon I er , est mort, et 
non en 1894 qui est la date de la mort de 
l'un de ses fils. 



La lettre du duc d'Aumalû au 
président Grôvy (LI, 3). — Voici le 
texte de la lettre en qu stion, tel qu'il est 
reproduit dans Y Année Politique d'André 
Daniel, publiée chez G. Charpentier et 
C iê en 1887, p. 168 et 169. 

Chantilly, le 11 juillet 1886, 
A M. le président de la République française 

Monsieur le Président, 

Il y a trois ans, sans prétexte, sans précé- 
dent, vous m'avez infligé la plus sévère des 
peines disciplinaires. 

J'ai gardé le silence. 

il ne me convenait pas de rompre un lien 
qui, s'il me retenait dans votre dépendance, 
me rattachait à l'armée française. 

Aujourd'hui, en me faisant rayer des con- 
trôles, vous me dégagez de cette contrainte, 
mais vous touchez à la charte de l'armée. 

Sans tenir compte des titres conquis à la 
guerre ou garantis p?.r la loi. vos ministres 
vont frapper, jusque dans le cadre de réserve 
des armées de terre et de mer, des hommes 



sans reproche, honorés par leurs services et 
par un dévouement légendaire à la patrie. 

Je laisse à mes conseils le soin de défendre 
par des arguments de droit une cause qui est 
celle de tous les officiers. 

Quant à moi, doyen de l'état-major géné- 
ral, ayant rempli, en paix comme en guerre, 
les plus hautes fonctions qu'un soldat puisse 
exercer, il m'appartient de vous rappeler que 
les grades militaires sont au-dessus de votre 
atteinte, et je reste 

Le général Heniu d'Orléans. 
Duc d'Aumale. 



Le duc d'Aumale faisait allusion, dès le 
début de cette lettre au décret présiden- 
tiel du 23 février 1883 qui l'avait mis (lui 
général de division, disponible,') en non- 
activité par retrait d'emploi. 

C. H. G. 



utsur dune publication sur 
Guillaume ïï inconnu, et la cour 
d'Allemagne (L, 778)*. — Des journaux 
de Berlin au Temps : 

Je vous ai signalé, il y a une quinzaine 
de jours déjà, la saisie en Allemagne d'un 
ouvrage paru à Londres sous le titre de 
Vie privée de Guillaume II et de son épouse. 
Cet ouvrage aurait été rédigé par un pu- 
bliciste du nom de H.-W. Fischer sur des 
notes et carnets d'une ancienne dame 
d'honneur de l'impératrice, désignée sous 
le pseudonyme de Ursula de Eppingho- 
ven. 

Quel que soit l'intérêt réel des anecdotes 
rapportées par la comtesse et visiblement 
amplifiées et agrémentées par son collabo- 
rateur, cet ouvrage a suscité une assez vive 
curiosité, et, ce qui est aussi naturel, une 
grande mauvaise humeur dans les milieux 
de la cour. En effet — sans parler de l'em- 
pereur — princes, princesses, chambellans 
et autres dignitaires sont portraicturés et 
drapés de la manière la moins obligeante. 
L'impression que laisserait cette lecture, 
c'est que la cour de Berlin et de Postsdam 
serait une cour d'opérette : point de vue 
évidemment exagéré. 

Les journaux conservateurs qui croient 
devoir s'occuper de ce pamphlet disent 
qu'il faut à tout prix en découvrir l'auteur, 
s'assurer si la comtesse Ursula d'Eppingho- 
ven existe réellement et la démasquer. 

D'après ce « journal d'une dame d'hon- 
neur », qui ressemble plutôt, il faut bien le 
dire, à quelque « journal d'une femme de 
chambre », son auteur ou inspirateur, la 
comtesse aurait été dégoûtée de la vie de 
cour, des humiliations qu'elle impose aux 
caractères indépendants qui se laissent flat- 
ter par le brillant appareil d'une situation 
dont ils ne sentent bientôt que le servage 
réel. 

Le chapitre peut-être le moins futile de 
ce livre de commérages concerne la fa- 
meuse affaire Kotze, dans laquelle l'ancien 
maître des cérémonies fut accusé — très 
faussement, semble-t-il, — d'être l'auteur 
ou le fauteur d'une série de lettres anony- 
mes qui, vers 1894, diffamèrent la cour et 
la ville et n'épargnèrent ni l'empereur ni 
la famille impériale. L'ouvrage dont nous 
parlons accuse de cette cruelle persécution 
une personnalité très proche de l'empereur 
et rapporte à cette affaire, restée mysté- 



N. 1064. 



L'INTERMÉDIAIRE 



— 6 7 



68 



rieuse, au moins pour le public, IVloigne- 
inent de Berlin de la princesse héritière de 
Saxe-Meiningen, sœur de l'empereur, et 
de la famille de Hohenau, dont le chef 
occupait une importante charge île cour. 

Récits d'événements historiques 
consignés à la dernière page des 
anciens registres d'état-civil (L, 
779, 910, 9O1 ; L, 22). — Il vaudrait mieux 
dire: « en marge ou au cours des registres 
d'état-civil ». 

Le fait n'est peut-être pas fréquent, pro- 
portionnellement au nombre des anciennes 
paroisses, mais c'est une source précieuse 
de renseignements qui ne doit pas être 
négligée. 

J'ai gardé de mes lectures le souvenir 
des deux cas suivants : 

Jean Genu, curé de Caudebec-lès- 
Elbeuf (actuellement dans la Seine-Infé- 
rieure, autrefois diocèse d'Evreux), a con- 
signé, de 17 10 à 1747, dans ses registres, 
une foule de notes concernant les événe- 
ments, les disettes, les cours des blés, les 
inondations, etc. Il raconte une catastro- 
phe arrivée à Elbeuf en 1721, sur la 
Seine, où 50 ou 60 personnes furent 
noyées. (Voir Notice historique sur Caude- 
bec-les-Elbeuf par H. Saint-Denis, Elbeuf, 

1887). 

D'après Y Histoire d'Ivrr- la-Batadle par 
M. Mauduit, éditée en 1899 par la So- 
ciété libre de l'Eure, on lit dans le regis- 
tre de catholicité de Saint-Martin d'Ivry, 
à la date du ^février 1590, après l'ins- 
cription du baptême d'un enfant : 

Ce dit jour Nonancouit a esté pillé et prins 
pour avoyr voulu résister au Roy de Navarre, 

et au même registre, en marge de 
deux actes de baptême des 14 et 15 mars 
1590, on lit cette note écrite de la main 
qui a rédigé l'acte suivant (du 17 mars) : 

Ced. jour et an la bataille a esté faite par 
le Roy Henri 1111 contre les princes mess" du- 
mayne et dennemours, le champ du côbat en- 
tre les villages de Boucey et Espietz et la vic- 
toire demeurée aud. Roy Henry de Bourbon 
quatriesme. 

On aremarquétoutefoisque le chiffre III I 
et les mots Henry de Bourbon quatriesme 
ne sont pas de la même main, ni de la mê- 
me encre. Ils auront été ajoutés quelques 
jours après, par la raison que le seigneur 
du lieu, Ch. d'Aumale, était un des plus 
fougueux ligueurs. On juge par là de 



l'état d'esprit du curé et de ses vicaires et, 
par suite, des habitants de la région, qui 
eurent à loger les deux armées ennemies 
pendant plusieurs jours. 

Margbville. 

* 

* * 

La question a été traitée tout au long 
dans un article de M. Théodore Meignan, 
« Une nouvelle source d'informations 
historiques, les registres paroissiaux de 
l'Etat-civil », Rev. des Questions Histori- 
ques, janvier 1879, pp. 1 31-172. 

Corentin. 
* 

* * 

De nombreux registres sarthois renfer- 
ment des détails intéressants pour l'his- 
toire générale et locale. L'Inventaire som- 
maire des archives de la Sarihc, t. I , en 
analysant les registres paroissiaux, en a 
publié un grand nombre en 187 1 .Malheu- 
reusement, certains textes ont été tron- 
qués, altérés, d'autres complètement ou- 
bliés. Plusieurs monographies publiées 
récemment relatent ces récits. Il en est 
qui ont été publiés séparément, ceux des 
curés de Spay du Crucifix au Mans, par 
exemple. M. Tïiger a même, d'après ces 
registres, composé, en 1 88 1 , un intéres- 
sant travail intitulé : Observations agricoles 
et météorologiques sur les années remar- 
quables de 1544 à ijSç dans la province du 
Maine. (Le Mans, Monnoyer, 1881, in-8° 
de 58 p). 

Bibliographie, abbé Em. L. Chambois, 
Notes et remarques extraites des leristres 
de la paroisse du Crucifix, au Mans Pro- 
vince du Maine t. X, pp. 362 sq., t. XL 
Abbé L. Froger, Notes d'un curé de Spay 
sur sa paroisse, même Revue, VII, 353 

Louis Calendini. 

Pandore et sainte Elpice (L. 949). 
— Laissant de côté la partie mythologi- 
que de cette légende, je me bornerai à 
taire remarquer que sainte Elpice n'est 
pas une vertu théologale, mais une sainte 
martyre qui a souffert pour la foi sous 
Adrien. D'après le ménologe du cardinal 
Sirlet, sainte Pistis (foi) avait 12 ans et 
fut décapitée ; sainte Elpis (espérance) 
mourut de même, âgée de 10 ans, et 
sainte Agape (charité) n'avait que neuf 
ans et fut jetée dans un brasier ardent. 

Dans la liturgie grecque, ces saintes 
sont ainsi nommées ; dans la liturgie la- 
tine on a traduit leurs noms en Fides, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



69 



20 Janvier 190^ 



70 



Spcs, Charitas. Enfin si leur martyre sous 
Adrien est certain, les actes que l'on en 
donne manqueraient d'authenticité. 

D r A. B. 



* 
* * 



Saint Elpis, lévite, honoré à Atella en 
Campanie, fête : 24 mai. 

Sainte Espérance, vierge à Troyes, 
v-vi e siècle fête : 26 avril. 

Sainte Espérance, vierge et martyre en 
Quercy, vers 760, fête : 12 octobre. 

(A Giry. Manuel Je Diplomatique p. 
289). 

Les Acia Sanctorumde. Godescard men- 
tionnent, au 1 e1 ' août, le martyre à Rome 
(vers 137) des trois sœurs Foi, Espérance 
et Charité appelés par les ménologes grecs 
II(C7Tt4,E/Tr ts -, AyaTTTj. Elles étaient filles de 
Sopta (sagesse) dont la fête se célèbre le 
30 septembre Le Bréviaire de Strasbourg 
(1478) place la fête de ces quatre femmes 
le 10 mai, jour de la translation de leurs 
reliques en Alsace. Le pape Adrien (772- 
795) accorda ces reliques à Remy, évêque 
de Strasbourg qui les déposa, vers 777, 
en l'église abbatiale récemment fondée 
d'Eschau. En l'église paroissiale de ce 
bourg se voit encore, au dire de Mgr Gué- 
rin {Vie des Saints,XlX,p. 175) derrière le 
maître autel, un tombeau de pierre, en 
forme de chasse, élevé sur des piliers, et 
qu'on prétend renfermer les corps de 
sainte Sophie et de ses trois filles. Le 
même auteur prétend que sainte Sophie 
donna de tels noms à ses filles par amour 
des vertus théologales Au fait, sainte Foi 
n'est-elle pas en grande vénération à 
Agen où elle subit le martyre ? Une vertu 
théologale ne fait pas encore assez de mi- 
racles pour être canonisée. L. C. 

Relique du voile de la sainte 
Vierge (L, 950). — Ce que l'on donne 
comme une relique du voile de la sainte 
Vierge n'est autre qu'un fragment de 
voile noir ou sombre assez transparent, 
dont on couvre, à Lorette, la statue de la 
Vierge, le jeudi et le vendredi Saint. On 
le renouvelle tous les ans et on distribue 
aux fidèles les fragments de l'ancien. 

Je ne veux pas dire qu'il n'y ait pas de 
reliques du voile qu'aurait porté la 
sainte Vierge sur la terre, mais ce que 
l'on voit ordinairement dans les reliquai- 
res vient de Lorette. 

Ainsi, il y a des reliques du voile de la 



sainte Vierge à Assise et dans plusieurs 
églises de Venise qui les ont reçues de 
Constantinople, entre autres dans l'église 
de Santa Maria délia Misericordia. On 
pourrait citer encore, en France, la sainte 
chemise de la Vierge conservée à Char- 
tres, et qui est, au fond, le voile que les 
femmes juives mettaient sur leur tête, 
croisaient sur leur poitrine et qui leur 
enveloppait tout le corps en dessous des 
autres vêtements. Celui qui désirerait des 
renseignements plus précis sur cette reli- 
que peut consulter les Œuvres complètes 
de Mgr. Barbier de Montault, pag. 321 et 
suivantes. D r A B. 



* 
♦ * 



Actuellement, le voile de la sainte 
Vierge est conservé à Chartres. Des docu- 
ments du X e siècle attestent qu'il fut 
donné à Charlemagne par Constantin 
Porphyrogénète et sa femme Irène. Tout 
d'abord déposé à Aix-la-Chapelle, il fut, 
vers 876, donné à l'église de Chartres par 
Charles-le-Chauve et mit en fuite, en 
911, le normand Rollon qui assiégeait la 
ville. 

Le tissu de ce voile est en soie écrue 
ou en coton-pacha et fut reconnu, au 
xvm e siècle, par l'antiquaire Barthélémy, 
comme étant semblable à celui que por- 
taient, deux mille ans auparavant, les 
femmes d'Orient. 

Du X e siècle à la Révolution, ce voile 
(appelé souvent Camisia,Tunica) resta en- 
fermédansunechasse donnée par Teudon. 

A la Révolution, il fut coupé en deux 
(il avait 3™ sur 2). fragments qui ont été 
réunis et sont aujourd'hui renfermés dans 
un coffret de bois de cèdre donné en 1845 
par Mlle de Byss, lequel coffret est, à son 
tour, dans un édicule avec un clocheton 
de cuivre offert par Mgr de Latil en 1822. 

A travers les trois fenêtres antérieures 
du coffret, on aperçoit le voile replié, d'un 
blanc pâle. La longueur actuelle est, pour 
un morceau 2 m i2 X o m 40 ; et pour l'au- 
tre 0,25 X 0,24. Beaucoup trop de par- 
celles en ont été détachées à la Révolution 
et aux différentes ouvertures qu'on en a 
faites depuis — la dernière date de 1876. 

A qui furent donnés ces fragments ?Je 
l'ignore. Je sais seulement que la cathé- 
drale du Mans en possède un. Les Bollan- 
distes qui mentionnent le précieux trésor 
de Chartres, n'en indiquent point d'au- 
tres. Louis Calendini. 



N' 1004 



L'INTERMEDIAI 



7 1 



— 72 - 



On peut consulter : ÎVJgr Quérjn, Les 
Petits Bollaudistrs, l'ies des saints, t. IV, 
p. 324. A. Clerval, Chartres, sa cathé- 
drale, ses monuments ; Huysmans La Cathé- 
drale , etc. 

Cardinal de Sainta-Potantiane (L, 

891, 963; LI,2o). — Bertrand de Chanac, 
ouCosnac.ou Canillac, évoque deCommin- 
ges, fut créé cardinal par Grégoire XI, en 
1 37 1 . Il reçut le titre de Sainte-Puden- 
tienne (PuJentiana ou Patent /ana) et 
mourut le 17 juin 1374. Suivant Ciacco- 
nius, ce serait Guillaume de Chanac évo- 
que de Paris, qui aurait fondé le collège 
de ce nom, dit aussi de Saint-Michel. Son 
neveu Guillaume de Chanac, fut créé car- 
dinal en même temps que Bertrand. 
Quelques auteurs les veulent frères, d'au- 
tres, qui appellent le premier de Cosnac, 
écartent cette hypothèse Guillaume, car- 
dinal de Saint-Vital, évêque de Mende et 
de Chartres, mourut en 1384. Il laissait 
au collège de Chanac sa crosse, un orne- 
ment précieux et un don de 500 livres. 
Vitae et tes gestee Pontificum Romanorum 
et S. R. E. Cardinalium Alphonsi Ciaconii 
abAug. Oldoino vecognitœ. Tome II, 602, 
603, Rome, 1677. Arch. Cap. 

Carrosses du roi (L, 954 ; LI, 19). 
— La seule condition exigée pour les 
honneurs de la cour, autrement dit pour 
monter dans les carroses du Roi, était ce 
qu'on appelait la preuve de 1400, consis- 
tant à établir la possession de sa noblesse 
depuis l'an 1399. 

Vu la difficulté de remonter plus haut 
la preuve littérale, on admettait — ce qui 
n'était cependant pas toujours rigoureu- 
sement exact — que, pour les nobles de 
1400, le principe de noblesse ne pouvait 
être aperçu. 

Aucune preuve n'était à faire en dessous 
de la ligne paternelle. P. du Gué. 



* 



Convaincu que d'autres répondront 
mieux que moi sur cette question des 
Honneurs de la Cour, je viens simplement 
en greffer une nouvelle. Comment se fait- 
il qu'une famille, que je ne veux pas 
nommer, put, en 1786, être admise aux 
honneurs de la cour, sans que le roi ait 
eu à intervenir, alors qu'elle ne prouva 
devant Chérin que depuis 1475 (donc 76 
ans après l'époque fixée) ? Il est vrai 



qu'elle était arrivée en France en 1475. 
Une déclaration du roi, du 17 avril 
17* 0, concerne les Honneurs de la çouf 
pour les femmes {Intermédiaire, 10 janvier). 
Pourquoi Chérin, dans les nombreux édits 
sur la noblesse, qu'il fit imprimer à la 
suite d'un discours préliminaire, ne cite- 
t-il pas la déclaration qui dut réglementer 
ceux des gentilshommes ? La Coussièrb. 

Pourquoi la couronne de comte 
a-t elle été si souvent usurpée 
dans les armoiries (L, 725, 858, 970). 
— Col. 971, i re ligne, lire : elle avait su 
préparer, au lieu de dû préparer, qui n'a 
pas de sens. 5 e ligne, lire : pour faire ou- 
blier et non pour oublier. P. leJ. 

* 
* * 

Je ne puis qu'approuver les remarques 

si justes de MM. Palliot le Jeune et de 
Mazières-Mauléon, sur cette question. 

J'ai lu quelque part, dans la correspon- 
dance du marquis de Jaucourt, que celui- 
ci, commandant la façon d'un cachet à 
ses armes, prescrivit à son correspondant 
de faire sommer l'écu d'une couronne du- 
cale, en raison de l'ancienneté et de 
l'illustration de sa maison et attendu, di- 
sait-il, que le moindre procureur n'hésite 
pas à faire timbrer les armes qu'il s'est 
choisies, d'une couronne de marquis. 

J'ai pu constater moi même la chose; la 
correspondance de plusieurs procureurs 
exerçant près le siège présidial de Saint- 
Pierre-le-Moutier m'étant passée sous les 
yeux. 

Par ailleurs, je connais une famille fort 
honorable du reste, qui, encore serve au 
xvii e siècle, s'enrichit quelque peu dans le 
commerce et le notariat et par des allian- 
ces avec des filles de marchands Quel- 
ques-uns de ses membres s'étant distin- 
gués au service militaire où ils arrivèrent 
au grade de capitaine, jouirent de la no- 
blesse personnellement et ajoutèrent à 
leur nom plébéien les noms de plusieurs 
propriétés qui n'étaient pas même de sim- 
ples fiefs. Ils firent ensuite précéder leur 
nom primitif de la particule de et finale- 
ment, furent réellement anoblis par let- 
tres patentes d'avril 1778. 

Depuis lors, cette famille, tout en vi- 
vant fort dignement et en contractant des 
alliances honorables, n'est point sortie de 
sa situation modeste, et n'a pas davan- 
tage possédé de fiefs : ce qui n'a pas em- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905 



73 



74 



péché ses membres de sommer d'une 
couronne de marquis leurs armes parlan- 
tes, que l'on peut voir dans l'église de la 
petite ville où ils habitaient, sur des vitraux 
qu'a fait poser une vieille fille, fort pieuse, 
mais au? i fort convaincue de l'antiquité 
de sa noblesse et de l'illustration de son 
nom. T. 

* 
* * 

Palliot Je Jeune parle d'usurpations et 
j'ai parlé d'une certaine tolérance, laquelle 
n'aurait aucune raison d'être s'il n'y avait 
pas d'usurpations. Nous ne sommes donc 
pas bien éloignés de nous entendre, au 
moins sur ce point Voici d'ailleurs un 
exemple de la tolérance à laquelle je fais 
allusion. 

Le dessin des armes de ma famille se 
trouve dans les registres de la chancelle- 
rie, et la légende en est insérée tout au 
long dans les Lettres Patentes élevant 
mon bisaïeul à la Pairie. 

Or, si d'après cette légende, le man- 
teau de pair est surmonté de la couronne 
de baron (la pairie était érigée sous ce 
titre), l'écu est timbré de la couronne de 
comte . 

Or, jamais titre de comte n'a été dans 
ma famille. C'est peut-être une usurpa- 
tion, mais elle est antérieure a 1650, épo- 
que à laquelle nous avons reçu le titre de 
vicomte, et en tous cas elle a été légiti- 
mée par les Lettres Patentes de 1823. 

Quoi qu^il en soit, à l'heure actuelle, j'ai 
incontestablement le droit de timbrer mes 
armes de la couronne de comte, bien que 
ce titre ne soit pas dans ma famille. Il 
doit y avoir de nombreux exemples ana- 
logues à celui-là. 

Le vicomte de Bonald. 

Singulières armoiries papales(L, 
168, 251,365, 691,807, 912 ;LI, 34;. — Il 
est assez curieux de noter, à ce propos, 
qu'en Lorraine, la famille Courlot porte, 
ou portait : de gueules, à trois animaux 
d'argent, posés deux et un. Voir Le Nobi- 
liaire de Dom Pelletier 'L. I de , contenant 
les anoblis, Nancy, Thomas, 1758, p. 
177). Corentin. 

* 
* * 

Pourquoi singulières? — Rien n'estplus 

commun en armoiries que les pots de tout 
genre : Aiguières, amphores, orceaux, 
estamaux, etc., de même que les channes 
ou marmites. P. du Gué. 



stances pour un yepsoche d'être 
huguenot (LI, 1). — Je n'ai pu décou- 
vrir l'auteur de ces stances. Elles ont été 
imprimées dans le Nouveau recueil de 
qvielques pièces curieuses, tant en prose 
qu'en vers. Cologne, s. n. de libr. 1671, 
et dans les Muses sérieuses, galantes et 
enjouées oh plusieurs rares Esprits font 
voir les pantes et les grâces de la poésie 
françoise. jene. ). J. Bauhofer, 1673. Voici 
leur titre exact : Stances en forme de te 
montxance faite d'un cavalier protestant 
ayant été accusé par une dame catholique 
romaine d'être huguenot. Ces vers spiri- 
tuels, remplis de traits et d'allusions, 
sont tournés de façon à donner un sens, 
dans le langage amoureux, à toutes les 
expressions de la langue religieuse. Cette 
appréciation est celle d'Albert de la Fize- 
lière. Bulletin du Bibliophile, 1858, p. 
1208. Lach. 

Armes de trois fa milles bourgui- 
gnonnes (L, 726, 859, 967). — Recti- 
fications : Jean de la Baulme, chevalier, 
était seigneur de Bussy et de Pesmes, et 
non de Permes. 

Col. 968, 3 e ligne, lire Brûlard et non 
Blurard. P. le J. 



Armes de l'abbé de Chaulieu (L, 

726, 966). — Voici quelques alliances de 
la famille Anfrie de Chaulieu, mais qui 
n'expliquent par les armoiries rapportées 
col. 726. 

Guillaume Anfrie de Chaulieu, conseil- 
ler au parlement de Rouen, épousa, le 7 
mai 1587, Marie Arondel, sœur de Ro- 
bert Arondel, maître des requêtes delà 
reine [d'argent, au chevron de gueules, 
■accompagné de 3 pies au naturel (Potier 
de Courcy, Coutin. du P. Anselme. Art. 
Moy) alias : d'argent, au chevron de gueu- 
les, accompagné de 5 hirondelles de sable 
(Acquier. Armor. de la Noblesse. Art. 
Aiandeï)], dont : 

Jacques-Paul Anfrie de Chaulieu, sei- 
gneur de Beauregard, maître des comptes 
à Rouen, épousa, le 16 juillet 1618, Ma- 
deleine de Bretignières, fille de Jacques 
de Bretignières, seigneur de la Pertuisière, 
trésorier de France à Rouen : d'or, à 3 
roses de gueules ; au chef d'apir, chargé 
d'un soleil d'or (La Chesnaye des Bois, IV, 



N° 1064. 



L'INTERMÉDIAIRE 



~ 75 



76 



69) alias : de gueules, à 5 soleils d'argent 
(Geliot, p. 591) et de Marguerite Déry 

\J'a ,-//;, .»( chevron d'or (Saint-Allais, 
Nobiliaire univef sel, t. Wl) alias : chargé \d ''ar- 
gent, au chevron d'azur, d'un croissant et de 
2 étoiles d'argent, accompagné de 2 aiolcs 
affrontées de sinople avec une rose (?) ; au 
chef de gueules, chargé de ? besants d'ar- 
gent (Magny Nobil.de Normandie)], dont: 

1) Guillaume Anfrie de Chaulieu, abbé 
d'Aumale, né en 1639 -j- 1720. 

2) Jacques Anfrie de Chaumont, sei- 
gneur de Chaulieu et de Beauregard, con- 
seiller au parlement de Rouen, mari 
d'Espérance le Charpentier, fille de Ni- 
colas le Ch., procureur du roi au bailliage 
d'Evreux (écartelé: aux 1 et 4 ; d'azur, au 
chevron d'or (alias : d'argent) accompagné 
de 5 haches d'argent, clouées et emmanchées 
d'or, le tranchant à sénestrc(LQ Charpentier) 
aux 2 et 3 : d'argent, au rosier de sinople, 
fleuri de gueules (Fleury de Butefray).A«- 
nu aire de la Noblesse, 1878, p. 334 Etat 
présent de la Noblesse] dont, entre au- 
tres enfants : 

François-Achille Anfrie de Chaulieu, 
abbé de Saint-Victor de Marseille. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

« Emblèmes d'amour divin, etc, » 

(L, 782, 971). — L'auteur dtPia Deside- 
ria est le R. P. Hermano Hvgone, et ré- 
tablir la fin de ce paragraphe comme 
suit : Antverpite, Apud Lucam de Potter, 
in candido Lilio, M. DC. LXXVI ; in-16, 

D. DES E. 

* * 

Je possède les gravures sans texte de 
l'« Amour divin». Elles sont séparées non 
reliées. Je ne sais si l'ouvrage est com- 
plet et a grande valeur. C. de B. 



Alliances des Valois Sairit-Remy 
(LI, 4). — Colonne 6, ligne 26, c'est 
Marie Foignot et non Joignot qu'il faut 
lire. Colonne =5, au n° 7, j'ai rapporté une 
alliance Delavicq avec la famille de Bédo- 
rède, d'après l'arrêt de maintenue de cette 
famille (Bulletin héraldique, 1888). En 
réalité la femme de Robert de Bédorède 
s'appelait : de Lavie (Chaix d'Est-Ange, 
Dictionnaire des familles françaises, 111, 
245). G. P. Le Lieur d'Avost. 

Sur la comtesse de Boufâers (L, 
951). — L' 'Histoire du XVl* arrondisse- 



ment de Paris publiée par M. Doniol (gr. 
in-8° 1902), contient un long article de 
18 colonnes sur les Bouffi ers à Auteuil, 
par M. Antoine Guillois avec un plan de 
la propriété, (p. 480). 

La maison du dernier comte deBoufflers 
existe encore, près de l'emplacement où 
s'élevait l'ancien château des Boufrlers, 
qui est détruit depuis longtemps. 

L'« Idole » est morte à Autçuil, comme 
son petit-fils. 

M de Varaize trouvera dans l'article in- 
diqué ci-dessus tous les documents qui 

l'intéressent. Un passant. 

* 

Erratum. — L., col. 951, ligne 42, 
lire 5 avril 1858. 

Chaulnes (L, 9=51). — Joseph, mar- 
quis de Chaulnes, fit enregistrer ses ar- 
moiries à Grenoble : d'azur, au chevron 
d'or, accompagné de 3 clous d'argent, tan- 
dis que Louis de Chaulnes, capitaine des 
vaisseaux du roi, inspecteur des troupes 
d'infanterie de la marine, fit enregistrer 
à Rochefort : d'azur, au chevron d'or, ac- 
compagné de 3 clous de la passion du même. 

On trouve avec mêmes armes que le 
marquis de Chaulnes : 

Anne de Chaulnes (fille de Jacques 
de Ch., conseiller d'Etat et d'Anne de 
Paris), mariée, le 28 juin 1647, à Char- 
les de Calonne, marquis de Courtebonne 
(Potier de Courcy, Contin. du P. Ansel- 
me, Art. Le Tonnelier, qui dit que cette 
famille appartient à la Champagne). 

Jacques de Chaulnes (de Paris) reçu, le 
27 février 1636, chevalier de Malte, au 
grand Prieuré de France (Vertot. Hist. de 
l'Ordre de A/a/^),Jean de Chaulnes, sei- 
gneur de Boutigny, lieutenant provincial 
de l'artillerie, chevalier de l'ordre de 
Saint-Louis, mari de Thérèse Clément, 
décédée le 18 avril 1750 a Paris, âgé de 
75 ans {Mercure de France, 1750, juin. t. 

II, P- 183). 

Georges - Philippe - Léon de Chaulnes, 
chevalier, seigneur de Vézannes et deMai- 
sonforte, bailli royal de Montfort-1'A- 
maury, major des chevau-légers de la 
garde du roi, chevalier de Saint-Louis, 
vivant de 1731 à 1761. 

Jean-Hilaire de Chaulnes, écuyer, sei- 
gneur de Cloches et de Boutigny, sup- 
pléé dans ses affaires, à cause de ses 
infirmités, en 1778, par son fils Jean- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905. 



77 



78 



Baptiste de Ch., écuyer, lieutenant au ré- 
giment de Rohan-Soubise. 

Claude-Augustin de Chaulnes, cheva- 
lier, seigneur de Cloches et de Boutigny, 
et Charles-Hippolyte de Ch., seigneur du 
Bois-des-Prés et de Montmucé, convo- 
qués aux assemblées électorales de la 
noblesse du bailliage de Montfort-l'A- 
maury, en 1789 (Maquet et de Dion, No- 
biliaire du comté de Montfort p. 162. qui 
citent, pour les armes : Laine. Archives 
de la noblesse t. I). 

Paul de Chaulnes, évêque de Sarlat le 
I er décembre 1701, mort à Grenoble, le 
22 octobre 1725, d'après Froidefond (Ar- 
moriai de la noblesse du Périgord, I. 152) 
était issu d'une famille parlementaire de 
Grenoble et portait : d'azur ', au chevron 
d'or, à 3 clous de la passion du même. 

Il y a eu aussi des seigneurs de Beau- 
verger de ce nom, mais je n'en connais 
pas les armoiries. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 



* * 



La famille dauphinoise de Chaulnes por- 
tait pour armoiries '.d'azur, au chevron d'or, 
accompagné de trois clous de la passion du 
même. Gariel, dans son Dictionnaire du 
Dauphine ',1a dit originaire de Paris et cite 
Claude, père du président du bureau des 
finances, qui « était le plus aimable hom- 
« me du monde dans la conversation, et 
« ses vers français avaient un certain air 
« naturel et spirituel qui n'était pas com- 
<< m un ». Le même auteur ne parle pas 
du tout de l'érection de Noyarcy en mar- 
quisat au xvn e siècle. Jehan. 

* * 

Je crois que les deux familles de Chaul- 
nes dont parle M. A. B L. sont deux 
familles distinctes. 

Celle du Dauphine possédant en effet la 
seigneurie de Noyarcy érigée en marqui- 
sat sous le nom de Chaulnes, par lettres 
du mois de mars 1684, registrées au par- 
lement du Dauphine le 19 août suivant, 
en faveur du fils de Claude de Chaulnes, 
président du bureau des finances à Gre- 
noble, Joseph de Chaulnes, dont j'ignore 
du reste la descendance. 

Et celle de Picardie. Terre seigneurie et 
ancienne baronnie passée dans la famille 
d'Albert de Luynes par le mariage de 
Charlotte-Eugénie d'Ailly, qui épousa, 
en 1619, Honoré d'Albert, (frère du pre- 
mier duc de Luynes) qui, en janvier 1621, 



fut créé maréchal de France, puis duc de 
Chaulnes. Ses descendants prirent ensuite 
le nom d'Albert d'Ailly. L. de M. 

* * 
Dupleix (L, 952 ; LI, 25). — Dans 

un travail publié par Mgr Dehaisnes in- 
titulé : « Dupleix, notes biographiques et 
historiques ». Lille, 1888, broch. grand in- 
8 U , il y a un chapitre consacré à la famille 
de Dupleix. 

Parmi les fac-similé publiés, il y a 
l'acte de mariage du père de la mère de 
Dupleix et l'acte de baptême de Dupleix. 
Cet ouvrage a été publié dans le Bulle- 
tin de la commission historique du Nord, 
tome 19. Doudin. 

Je crois que le descendant le plus direct 
de Dupleix est le comte Henri de Montes- 
quiou, — château de Longpont (Aisne). 
Un rat de bibliothèque. 

. * * 

Notice biographique sur Dupleix, gou- 
verneur général des Etablissements français 
dans l'Inde, (né à Landrecies), par A. De- 
loffre, Receveur des Domaines, membre 
de la Société d'émulation de Cambrai. 

Landrecies. Imprimerie Deloffre, 1883. 

L'amiral Dupleix, par L. Duplais. 

Paris. En vente chez l'auteur, 6, pas- 
sage de l'Industrie, 1885. 

Histoire de Joseph-François Dupleix et de 
la ville de Landrecies où il est né le I er jan- 
vier i6qj, par Benjamin Lays, professeur 
au collège du Quesnoy (Nord^ etc., etc. 

Maubeuge, imprimerie de << La Fron- 
tière », 34, rue de Mans, 1888. 

Dupleix. « Notes biographiques et histo- 
riques », par Mgr Dehaisnes, Lille. L. 
Quarré, libraire-éditeur, 64, Grand'Place 
1888. Demole. 

Envoyé à M. A. B. la généalogie que 
nous a adressée M. Demole. 



Beauchet-Filleau (Dict. des familles du 
Poitou, t. III, p. 223-227) donne la généa- 
logie assez détaillée d'une famille de ce 
nom, originaire du Châtelleraudais, qui 
aurait aussi origine les seigneurs de Bac- 
quencourt dont un rameau a porté le nom 
de Mézy. 

Les armoiries des Dupleix de Bacquen- 
court et de Mézy étaient : d'azur, au che- 
vron d'or, accompagne eu chef de 2 plies (pu 
sol es) d'argent, posées en fasce, affrontées, et 
en pointe d'une étoile du même, alias : êcar- 



N- 1064 



L'INTERMÉDIAIRE 



79 



8q 



télé aux 2 et ? : cchiquetc d'or et i>!\i::u\ cha- 
que carre d'a-ur chargé d'une d'o% 
qui est de Massac, famille à laquelle ap- 
partenait la mère du gouverneur de Pon- 
dichéry. 

L'Annuaire de la Noblesse de France 
(1879, p. 205) dans une noticedes Dupleix 
de Bacquencourt décrit leurs amies com- 
me plus haut : cependant le blason gravé 
donne, sauf des légères variantes, les ar- 
moiries de la branche de Remouet, qui 
sont différentes de celles des seigneurs de 
Bacquencourt et de Mézy. 

Le marquis Dupleix contracta deux 
alliances ; il n'eut pas de postérité de la 
première ; de la seconde il eut un fils, 
mort au berceau, et une fille qui épousa, 
en 1779» le marquis de Valori. 

Je crois que la famille Dupleix de Ca- 
dignan, sur laquelle je possède quelques 
notes, doit avoir une autre origine. Ses 
armoiries, que l'on trouvera dans Y Etat 
présent de la noblesse, n'offrent aucune 
analogie avec celles des Dupleix de Bac- 
quencourt. G. P. Le Lieui* d'Avost. 



* 
* * 



J'ai rencontré jadis une Miss Dupleix en 
Angleterre, qui assurait descendre en 
ligne directe du grand Dupleix. Elle pré- 
tendait être la seule descendante de Du- 
pleix, dont le marquisat tombait ainsi en 
quenouille. Je crois qu'elle habitait Nor- 
forlk, mais je n'en suis pas certain. La 
société huguenote de Londres pourrait 
vraisemblablement donner de plus amples 
renseignements, le père et la mère de miss 
Dupleix étant tous les deux des réfugiés ; 
quoiquele grandDupleixsoitmorten 1763, 
Miss Dupleix prétendait que ses ancêtres 
avaient quitté la France pour cause de 

Vandevelde. 



religion 



A. 



renseignements 



* 

B. pourra se procurer 

désirables sur 

M. 



Le confrère 
tous les 

Dupleix et sa famille, en s'adressant à 
le marquis de Nazelle (au château de Gui- 
gnicourt, Aisne) que je crois très docu- 
menté sur cette question. Jehan. 

Le lieu de naissance de Marin Le 
Roy de Gomberville ^,898, 979 ; LI, 
28.) — Je n'ai pas fait de nouvelles recher- 
ches pour résoudre la question posée en 
1878, au sujet du lieu de la naissance de 
Marin Le Roy de Gomberville, qui, pour 
moi, est né à Gomberville près Chevreuse. 



Quant aux lettres trouvées dans les pa- 
piers de la Bastille à la date de 1728 et 
non 1738, émanant de Louis Marin Le 
Roy de Gomberville, qui était le fils de 
l'académicien, elles ont sans doute été 
écrites pendant sa détention, sous l'in- 
culpation de prévarication. Voici dans 
quelles circonstances cette action lui a été 
intentée. 

Un crime d'infanticide ayant été com- 
mis dans la paroisse de Saint-Hilaire, le 
lieutenant criminel au bailliage d'Etam- 
pes, Louis Marin Le Roy de Gomberville, 
impliqua dans les poursuites un ancien 
élu d'Etampes, le sieur Moreau de Cham- 
prond, et sa femme Catherine Duroux. 
Ces derniers ayant été acquittés, ils in- 
tentèrent à leur tour une action en préva- 
rication contre le lieutenant criminel qui 
eut à subir trois années de détention pré- 
ventive. Mais ayant été reconnu innocent, 
il fut réintégré dans ses fonctions et de- 
vint même pour la deuxième fois maire 
d'Etampes en 1735. Paul Pinson. 

La Noir, lieutenant de police 
(XLVII ; XLVIII; L, 247, 362, 683, 818, 
866,978; LI, 1 5). — Je puis répondre à B.B. 
que les Le Noir, des environs deBéthune, 
sont bien de la famille du lieutenant de 
police et même, que le nom s'éteint en la 
personne de deux filles, dont une seule est 
mariée. 

M. Brondineuf fait une confusion entre 
la famille Le Noir de Cintré et celle du 
lieutenant de police. La première portait: 
d'or, au chevron d'azur, accompagné, en 
chef, de deux étoiles du même, et en pointe, 
d'une tête de maure de sable. (V. Dubuis- 
son). La mère du lieutenant de police, 
(Marie-Anne le Noir de Cindré, fille de 
Guillaume, fermier général) était de cette 
famille ; c'est ce qui facilite la confusion. 

* Jehan. 

* * 
Le lieutenant de police a-t-il eu plu- 
sieurs frères et sœurs ? D'après mes notes, 
l'une de celles-ci : N... Le Noir, aurait 
épousé N... de Gueâreville ; dont N... de 
Guedreville, allié à N... de Saint-Hilaire. 
Tout cela est malheureusement peu pré- 
cis ; je lis cependant, dans la notice de M. 
de la Brière s>ur Le Noir (Un Edile de Pa- 
ris, il y a cent ans, Paris, Gervais édit. 
1887) les noms de plusieurs de ses petits- 
neveux : « le chancelier Pasquicr et ses 
« héritiers ; le général Blondel et son 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905 , 



81 



82 



«frère qui fut le premier commissaire gé 
« néral civil en Algérie ; la lignée des 

« Rêver seaux » Un obligeant confrère 

peut-il m' expliquer la parenté de ces fa- 
milles avec le lieutenant de police ? 

Jehan. 

Question sur Richelieu (L, 947). 
— On trouve au nom de : du Carroy, les 
personnages suivants, mais je ne sais pas 
s'ils appartiennent à la famille qui inté- 
resse M. le comte du Fort. 

François du C, écuyer, seigneur de 
Grandpré, secrétaire ordinaire de la cham- 
bre du Roi, fut nommé, en 1627, contrô- 
leur des fortifications du Poitou. Il fut 
aussi capitaine du château de Richelieu — 
famille probablement originaire de l'An- 
goumois, dont une branche habitait Ri- 
chelieu au xvn e siècle. (Beauchet-Filleau. 
Dict. des familles du Poitou) J et B. du C. 
anoblis pour services en 1654 (Godet de 
Soudé. Dictionnaire des anoblissements). 

Jacques du C, écuye^seigneur de Luis- 
lerie et de Saint-Cier, testa le 1 1 décem- 
bre 1648 ; il épousa Antoinette Blanchard 
qui testa le même jour que son mari. De 
ce mariage naquit : 

Suzanne du C., dame de Saint-Amant 
de Bonnieure (canton de Mansle, arron- 
dissement de Ruffec, Charente), morte le 
18 avril 1680, au Puy d'Ancher (près 
Melle, Deux-Sèvres) femme de Denis de 
Ravaud, seigneur de Bercenay (Nadaud, 
Nobiliaire du Limousin). 

Gilles du C., maître d'hôtel du Grand 
Maître de la maison du roi, et prévôt du 
régiment de Picardie, fit enregistrer son 
blason à Versailles : d'azur, au chevron 
d'01 ■ , accompagné de 3 roses d'argent {Ar- 
moriai général de 1696). 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Rochechouart d'ïlland (L, 952). — 
En ce qui concerne cette ancienne Maison, 
on ne peut guère être que doctus cum 
libro. A part quelques détails oubliés des 
généalogistes, qui se sont occupés d'elle, 
quelques alliances de filles négligées, il 
est rare de tomber sur de l'inédit, intéres- 
sant comme la question posée par M.Dont- 
Care. Je regrette de ne rien trouver au su- 
jet de ce rameau dans 1' « Histoire de la 
Maison de Rochechouart, » publiée il y a 
45 ans, par le père de mon beau-père, le 
général de Rochechouart. J'aimerais bien 



à connaître sur lui quelques détails en vue 
de recherches futures et peut-être de dé- 
couvertes. Où était le château de I^olay ; 
quelles sont ces familles de Barges, de 
Humblière, ces fiefs d'ïlland, Corda, Saint- 
Marc ? ComteDE St-Saud. 

Jean-Jacques Rousseau (L, 896 ; 
LI, 29). — Voltaire possédait un exem- 
plaire de cette première édition du Dis- 
cou) s sur V Inégalité (1755) au sujet de 
laquelle on nous questionne. 

Il l'avait couvert d'annotations furieu- 
ses • « Galimatias... Ridicule supposi- 
tion... Faux... Faux... Pitoyable... Ta- 
rare... Fou que tu es !... Malheureux 
Jean-Jacques dont les carnosités sont assez 
connues, pauvre échappé de la v .. ! Tout 
cela est abominable... » etc. 

Ces notes ont été publiées en 1860, 
dans le Bulletin du Bibliophile, par M. 
Edouard Gardet. *** 

Camille Selden, livre tur Henri 
Heine (L. 498, 585,818,922,980).- La 
Revue des Deux Mondes, qui devait pour- 
tant bien connaître Taine, de toutes les 
façons, est aussi tombée dans l'erreur de 
lui attribuer le prénom d'Henri, et non 
d'Hippolyte, comme il eût convenu, dans 
sa première Table générale, de l'origine à 
1873. Dans les Tables suivantes, devenue 
plus prudente, elle s'est contentée d'im- 
primer H. Taine. N'est-elle pas encore 
bien assurée qu'il s'appelât vraiment Hip- 
polyte ? Corentin. 

* * 

Cette fois, je ne prends pas à mon 

compte les erreurs d'imprimerie corri- 
gées par moi sur les épreuves envoyées. 
Je pense que les lecteurs auront facile- 
ment remplacé « les graffiti préhistq- 
riques des courmes « par « les graffiti 
préhistoriques des cavernes ». Mais on 
m'a fait écrire sur Rigaud une dernière 
phrase qui n'a aucun sens et il la faut 
compléter en lisant que Rigaud « mort à 
Paris à 84 ans, en 1743, s'est laissé im- 
poser V orthographe à la Française ». 

H. C. M. 

* * 

Il serait temps d'en finir avec cette er- 
reur, de donner à Taine le prénom de 
Henri, quand il s'appelait Hippolyte. 
C'est un peu sa faute : il s'obstinait à ne 
signer que l'initiale H, son prénom étant 



N° 1064. 



L'INTERMÉDIAIRE 



83 



84 



long et sa main de myope étant pares- 
seuse à écrire. 

Voici que dans votre numéro du 30 no- 
vembre dernier, M. Marcel Baudouin, à 
propos de Camille Selden, fait sur ce 
prétendu prénom de Henri une plaisan- 
terie qu'il voudra certainement retirer. 
Donc plus de Henri Taine. 

UN DE VOS FIDÈLES LECTEURS. 

Trestaillon, Servan, Truphémy 

(L, 949 ; LI, 18). — Afin d'avoir un ré- 
cit impartial sur la terreur blanche, il 
faut en lire les crimes dans Lauze de Pe- 
ret, l'ouvrage a paru en 1819, à Paris, 
chez Poulet. 

11 reste dans le Gard, beaucoup de tra- 
ditions et de manuscrits sur cette époque 
de désordres qui causa un effroi épouvan- 
table, on se rappelait d'autres massacres 
des guerres de religion et l'échafaud de 93 . 

Les protestants et ceux qui se croyaient 
menacés, se sauvèrent affolés, abandon- 
nant ce qu'ils possédaient. 

Les collectionneurs ont trouvé dans les 
familles des pillards des objets d'art, qui 
furent alors dérobés. 

Ces voleurs ont reçu des surnoms qui 
sont restés à leurs enfants, leur léguant 
aussi le mépris de leurs concitoyens. 

Certains sont appelés Banaste,ct qui si- 
gnifie grande corbeille, parce qu'ils s'en 
servaient pour charrier leur butin. 

B. DEC. 

M. de Villayer (L, 954). — Jean- 
Jacques Renouard, comte de Villayer, fut 
maître des requêtes du roi, conseiller d'E- 
tat, et membre de l'Académie française. 
Si un fragment de la filiation de cette 
famille peut intéresser M.Palliot le Jeune, 
je puis le lui communiquer. Son petit- 
fils, comte de Villayer, mourut en 1738, 
ne laissant qu'une fille unique. Peu de 
temps après, un autre Renouard, mais 
issu d'une famille tout à fait différente de 
celle du précédent, obtint l'érection en 
comté de la terre de Villayer (août 1749). 
C'est de lui que descendent les comtes de 
Sainte-Croix qui existent encore à pré- 
sent. G. P. Le Lieur d'Avost. 

* * 
Notre confrère P. le J. trouvera une très 

bonne biographie de Jean-Jacques Renouard 

de Villayer dans : La Bretagne à l'Académie 

Française au XV II* siècle , par René Ker- 



éd. 1879, 



viler, Paris, Victor Palmé, 2 e 
1 vol. in-8°, p. 433 à 472. 

Brondineuf. 



* 
* + 



Jean-Jacques Renouard ou plutôt Re- 
gnouard (a/iasde Renouard), deuxième îils 
de Guy Regnouard, seigneur de l'Onglée 
et de Villayer, conseiller à la Chambre 
des comptes de Nantes, et de Françoise de 
Becdelièvre. 

Né di 1605, seigneur de Villayer, en 
Domagné, au diocèse de Rennes, conseil- 
ler au parlement de Paris en 1632, marié, 
en 1636, à Marthe de Neufbourg, maître 
des requêtes de l'Hôtel du Roi par lettres 
du 28 février de la même année, avec 
séance au conseil d'Etat dont il devint le 
doyen, comte de Villayer par érection de 
1655, membre de l'Académie française en 
1659, devenu veuf en 1689, mort le 5 
mars 1691, laissant un fils et deux filles. 

Qn doit trouver sur lui — quoique je 
ne parle que de mémoire — une notice 
très complète dans l'ouvrage de M. R. 
Kerviler : La Bretagne à l'Académie fran- 



çaise. 



P. du Gué. 



Richelieu au théâtre (LI, 4). — Ri- 
chelieu, comédie en 5 actes de Népomu- 
cène Lemercier ; 

Richelieu, drame en 4 actes, de Félix 
Peillon ; 

La Jeunesse des mousquetaires, par Al. Du- 
mas. H . L. 

Capilupi(L, 620, 975). — Je remer- 
cie M. Dieuaide des informations qu'il a 
bien voulu réunir sur la première édition 
du Stratagema di Carolo nono, lequel, 
comme nous le verrons tout à l'heure, a 
bien été écrit en italien, et non en latin. 
Aux bibliographes qu'il a cités comme 
donnant à la première édition la date de 
1572, on peut ajouter Michaud, qui, dans 
sa Biographie universelle, V° Capilupi, 
s'exprime ainsi : « Capilupi Camille de 
Mantoue s'est rendu fameux dans le xvi e 
siècle par un ouvrage intitulé: Lo Strata- 
gema di Carolo IX contra gli Ugonotti. 
Roma, 1572, in-4 , imprimé en italien et 
en français en 1574, in-8° >*. Il faut ajou- 
ter aussi Zeller de Zurich qui a publié en 
1858 dans le Serapeum de Leipzig une 
bibliographie sur la Saint-Barthélémy 
(Die Litteratur der Bartholomausnachi) et 
y mentionne (p. 59) : « Lo Stratagema etc. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905, 



- 85 - 
4 ; n. éd. 



86 



In Roma,ii572. 4 ; n. éd. s.i. 1572, 12 ». 
De cette édition in- 12 de 1572, je ne con- 
nais aucune autre mention que celle faite 
par Zeller, qui n'indique pas ses sour- 
ces. 

Mais l'édition in-4 de 1572 (ou qu'on 
suppose être de 1572J n'est pas aussi 
« introuvable » que le croit M. A. Dieu- 
aide. 

Sans doute, elle ne se trouve ni à la 
Bibliothèque royale de Rome, ni au Vati- 
can, ni à la Marciana, de Venise, ni à 
l'Ambrosiana de Milan, (je n'ai pasobtenu 
de réponsedelaLaurentianade Florence), ni 
à la Bodleienne d'Oxford, ni à la bibliothè- 
que de Genève, ni à celle de la. Société de 
V Histoire du protestantisme français, ni à 
Zurich, ni à Munich, ni à Sainte-Gene- 
viève, ni à l'Arsenal, ni à l'Institut. 

Mais elle est à la Bibliothèque nationale 
de Paris (réserve), et au British "Muséum 
de Londres. C'est un petit in-4 , d e langue 
italienne, imprimé en caractères italiques, 
de quatorze feuillets non paginés. 

Comment donc n'est-on pas sûr de sa 
date, du lieu de l'impression et du nom 
de l'imprimeur ? C'est que, dans les deux 
exemplaires, — chose bien extraordinaire et 
qui prête à beaucoup de réflexions, — la 
partie inférieure du titre, portant ces trois 
indications, a été déchirée. 

L'exemplaire de Paris porte sur le titre 
cette note écrite au crayon: « Adresse res- 
tituée d'après un exemplaire complet : In 
Roma per gli heredes di Antonio Blado, 
Stampatore Caméra li, 1^72 ». La note est 
de la main de M. Marchai, conservateur 
à la Bibliothèque. Il ne se rappelle pas 
dans quelles conditions il l'a rédigée, 
mais il suffit qu'elle soit de sa main pour 
que nous ayons pleine assurance qu'il 
existait, lorsqu'il l'a écrite, un exemplaire 
complet contenant ces indications. C'est 
cet exemplaire qu'il serait si intéressant 
d; retrouver. 

J'ai dit que le Stratagema in-4 , en 
italien seulement, n'est pas à la Biblio- 
thèque royale de Rome ni au Vatican, 
dans l'hypothèse que la note au crayon est 
exacte, et que l'opuscule a bien été imprimé 
par Blado. Il y a deux ans environ il a été pu 
blié, sous les auspices duministrede l'ins- 
truction publique d'Italie, un catalogue des 
éditionsd' Antoine Blado et de ses héritiers : 
le Stratagema de Capilupi n'y figure pas. 

L'intérêt de la question et la probabi- 



lité de l'intervention de Blado, Stampa- 
tore Camerali, viennent de ce que l'au- 
teur du Stratagema,Q.z.n\\\\o Capilupi, était 
secrétaire du pape. 

■ Henri IYIonod. 

Biographies épiscopales mo- 
dernes (XLIX ; L, 14s, 822, 881, 
952. 983; LI, 43). — G. Chevalier, 
missionnaire apostolique. Monseigneur Bi- 
det, e'vêque de Dijon, Dijon 1902. 

H. C M. 

+ 

Vie de Monseigneur de Simony , éveque de 
Soissons et Laon, parj. M. Péronne. Pa- 
ris, 1861, 1 vol. in- 12. Jehan. 

Laissez faire, laissez passer (LI, 
2). — Cette formule a toujours été jus- 
qu'ici, sans contestation que je sache, 
attribuée à Jean-Claude-Marie Vincent dit 
de Gournay. Seulement, il serait difficile 
de prouver matériellement qu'il en est 
l'auteur. Et, en effet, reprenant à son 
compte, pour lui donner un sens plus 
large et plus scientifique, ie mot de Le- 
gendre à Colbert : « laissez-nous faire », 
il répétait volontiers : « laissez faire, 
laissez passer » ; c'était même, dit-on, 
son thème favori, une sorte de principe 
axiomatique qu'il énonçait à l'occasion, 
mais que nulle part il n'a écrit. 

Sauf sa traduction du traité de Josiah 
Child sur le commerce et l'intérêt de 
l'argent, nous n'avons rien de lui. Les 
rapports et les mémoires qu'en sa qualité 
d'Intendant du commerce sous Maurepas 
il adressait aux ministres, enfouis dans 
les archives du temps, sont restés inédits. 

En désaccord sur des questions capita- 
les avec les physiocrates, il est, comme 
tant d'autres, plus célèbre que connu, et 
ce que nous savons de lui, sa compétence, 
son activité et son zèle, nous le devons 
à la notice que Marmontel avait deman- 
dée à Turgot pour un éloge à l'Académie. 

Modeste disciple de Joseph Garnier, 
c'est ce que j'ai retenu de ses leçons, et 
je souhaiterais qu'un économiste distin- 
gué, suivant l'expression des plaisants 
malintentionnés, tranchât la question avec 
une autorité que je ne saurais avoir et 
avec des documents que je n'ai pu trou- 
ver. 

Quant à la valeur de la théorie, con- 
trairement à ce que paraît en penser no- 



N # 1064 



L'INTERMÉDIAIRE 



87 



- 88 



tre collègue E. M., elle reste intacte mal - 
gré les sophismes intéressés dés défen- 
seurs de la protection, c'est-à-dire du pri- 
vilège et de la vie chère. Elle n'a jamais 
voulu dire licence et anarchie, elle si- 
gnifie simplement liberté... pour tous. 

Soulget. 

3 papier à lettre Job (L, 955). 
— L'Amateur d'autographes (déc. 1904, 
p. 275) a lu s< M. Job > v sur le papier à 
lettres de Marie-Antoinette. J'ai rencontré 
et je possède un certain nombre de 
feuilles timbrées, de la généralité deTours, 
marquées JOB ou JB. Ce filigrane indique 
certainement le nom du papetier, mais 
ne peut être de grande utilité pour le 
questionneur : le papier timbré étant du 
xvn e siècle. Louis Calendini. 

Charivari, costume da femme (L, 

897, 988 ; LI, 39). — C'est de la Hollande 
où on ne parle pas le français que la ré- 
ponse nous vient. Là on y appelle encore 
Charivari le trousseau de clés, de brelo- 
ques, montre etc.. que portent les femmes 
au côté, voire même les crochets en bi- 
jouterie nommés châtelaines et agrémen- 
tés, outre la montre, d'une foule de pen- 
dantifs plus ou moins luxueux et son 

nants à la marche. C. de B. 

* 

}e trouve dans une description de l'uni- 
forme des Dragons en 1791 : 

Culotte: en peau blanche. Les cavaliers 
mettent par dessus la culotte, pour le 
manège une surculotte ou charivari en 
drap gris boutonnée du haut en bas. 

M. R. 

Caraco (L, 956 ; LI, 42).— Pour moi, 
ce mot est d'origine celtique. 

D'une part, il est à rapprocher du nom 
celtique Caractacus (roi des Silures, sous 
Claude), du nom des Caracates, peuplade 
de la Germanie i re (capitale Mayence), et 
du mot Caracalla, nom d'un vêtement 
gaulois. 

D'autre part, la plupart des noms de 
vêtements, accessoires de vêtements, ou 
étoffes, ayant été, de tout temps, tirés du 
nom des lieux où ils étaient fabriqués (ci- 
lice, dalmatique, cadurque, limousine, 
houppelande, panama, brandebourg, pa- 
dou, cravate^ damas, rouen, nankin, Or- 
léans, calicot, etc.) je tiens pour fort pos- 



sible quejadîs les caracos aient été fabri- 
qués à Caracotinùm, ville principale des 
Calètes (aujourd'hui Harfleur). Notez qu'au 
rapport de Pline (XIX, II, I, 1-2), le pays 
des Calètes (pays de Caux) était un centre 
important de la culture du lin dans la 
Gaule. 

Me paraît d'origine celtique également 
le mot caiicaca, qui, aujourd'hui encore, 
désigne la coiffure des Montois du Mont 
Saint-Michel. D r A. T. Vêrcoutre. 

Que» veut dire Cucupha ou Cu- 
eufa (XLII ; XLIX) — G. Flaubert, dans 
Salammbô, Paris 1899. page 292, met en 
scène, à Cartilage, les prêtres « d'Esch- 
« moûn, en manteau de lin, avec des 

« colliers à tête de coucoupha » 

Sglpn. 

Noms et adresses de fabricants, 
merciers, etc., de 1650 à 1850, à 
Paris (L, 955). — Voir S. Joanny, archi- 
viste de la Seine. Les merciers joailliers de 
Paris; in-12 f. paru vers 1S85. 

Un rat de bibliothèque. 

Sépultures d'artistes (Beaux- 
Arts (LI, 12). — Outre les noms don- 
nés, je connais au Père-Lachaise les tom- 
bes des peintres Chenavard, Eugène Dela- 
croix, Mérimée, Pils, Vernet, et de l'ar- 
chitecte Hippolyte Lebas. Girodet, mort 
en 1S27, est bien enterré dans la 28 e di- 
vision du même cimetière. 

L. -Henry Lecomte. 

i 

* * 

G. s'épargnerait de longues recherches 
s'il consultait la série d'épitaphes publiées 
par M. Henry Jouin et par d'autres cher- 
cheurs, à diverses époques, dans les Ar- 
chives de l'art français. Elles sont d'ail- 
leurs toutes portées au nom du défunt ou 
desa famille dans la Table générale de ces 
Archives, publiée en 1897 et tirée à part. 

En énumérant les noms des artistes in- 
humés au Père-Lachaise, comment G. a- 
t il pu omettre celui d'Eugène Delacroix, 
dont le tombeau, érigé sur ses propres 
indications, est aisément reconnaissable 
et qui a été reproduit plusieurs fois, no- 
tamment dans les prolégomènes du 
Catalogue de l'œuvre du maître dressé 
par M. Alfred Robaut ?, 

Le doute émis par G . au sujet de la 
sépulture de Girodet est d'autant plus 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905. 



89 



90 



surprenant que la longue épitaphe latine 
qui la décore a été reproduite deux fois : 
(partiellement en 1878, au complet en 
1884) dans les susdites Archives, et que 
depuis 1860 cette tombe n'a été ni ouverte, 
ni déplacée. De plus, G. trouvera dans la 
Revue rétrospective de M. Paul Cottin (tome 
IX, p. 18-24 e t 196-204) une relation dé- 
taillée des obsèques de Girodet, célébrées 
au Père Lachaise,el dont l'un des témoins 
oculaires, Etienne-Jean Delécluze, consi- 
gna, le soir même ou le lendemain, les in- 
cidents dans son Journal intime. 

M. Tx. 

* * 
La Curiosité Universelle, dans ses n oS 

341 et 406, contient deux articles qu'il 

importe de signaler à M. G. 

Alex. Geoffroy. 

La sépulture de Félicien David est au 
cimetière de Saint-Germain-en-Laye. 

Et, par parenthèse, n'est-il pas hon- 
teux que rien ne rappelle, à Paris, le nom 
de ce compositeur exquis, pas même une 
plaque sur la maison de la rue La Roche- 
foucaud qu'il a habitée pendant un grand 
nombre d'années, quand on rencontre 
sur la voie publique des monuments éle- 
vés à des compositeurs qui, certes, n'ont 
fait ni le Désert ni Lalla-Rouk. 

N. A. M. Giles. 

Inhumations hors des cimetières 
(XLVIII ; XLIX ; L, 191,516,437,530, 
601, 654, 698, 766, 812, 880, 995). — 
A l'article du 10 nov. 04, on pourrait 
ajouter peut-être : Extrait de la notice sur 
la baronnie de Poussey (commune de 
Maizières la Grande Paroisse (Aube), par 
M. l'abbé Defer, membre associé de l'A- 
cadémie de l'Aube, actuellement curé 
doyen de Villeneuve, (Mémoires de la So- 
ciété Académique dt Y Aube, année 1889. 
p. 39), note: 

On voit encore aujourd'hui, dans un 
bouquet de bois, à gauche duPont de Clair- 
vaux, une grande pierre tumulaire, soute- 
nue par une maçonnerie formant mausolée. 
Elle n'a plus l'épaisse feuille d'ardoise qui 
la recouvrait et portait une inscription. Les 
enfants l'ont mutilée et en ont dispersé les 
débris. 

Elle abrite les restes d'une dame âgée, 
longtemps commensale de M. Bayle, sei- 
gneur de Poussey, dont on la croyait pa- 
rente. 



A sa mort, M. Bayle lui-même fit con- 
naître qu'elle appartenait à la religion dite 
reformée, et s'opposa à sa sépulture dans le 
cimetière paroissial. 11 la fit inhumer dans 
le jardin du château, non loin de la mai- 
son d'habitation. Quand MM. Julien firent 
l'acquisition de la propriété (1858), ils trans- 
portèrent ces restes dans l'endroit poéti- 
que, mais isolé, où ils reposent aujourd'hui. 

Voici un extrait des registres commu- 
naux sur cette personne : 

Le 12 juillet 181 1, est décédée, au châ- 
teau de Poussey, à l'âge de S) ans, Ànne- 
Elisabeth de Gibson, née à Dantzick en 
Prusse, veuve de Josué de Kenworthey, 
écuyer en Angleterre, demeurant depuis 
plusieurs années chez M. Bayle, seigneur 
de Poussey. 

Fêtas en l'honneur des maris 
trompés (L, 956). — Je crois que l'on a 
confondu saint Evernon ou Arnould avec 
saint Gengon ou Gengoult « Gingulfus » 
qui fut un mari malheureux, assassiné, 
moqué après sa mort même. Voir La Lé- 
gende dorée. ELEEM. DE Cant. 

Herboristes (L. 675, 772, 884, 
935, 991). — Notre confrère M. Bour- 
tineau dit que le sens du mot appli- 
quer lui échappe. Je voulais entendre par 
la administrer , donner directement. Par 
exemple : Un homme a mal au ventre et 
va demander à un herboriste de quoi le 
soulager. L'herboriste conseille un cata- 
plasme. Or, l'homme en question ne 
sait pas comment cela se fait. 

Je demande s'il existe encore à Paris ou 
ailleurs, un herboriste qui appliquerait le 
remède lui-même. Ma question n'est pas 
si dangereuse qu'elle en a i air. L'Intermé- 
diaire a parlé plusieurs fois du remède 
cher à Molière et que le bon goût m'em- 
pêche de nommer par son nom. Il a cons- 
taté que les apothicaires d'autrefois le 
donnaient eux-mêmes. Aujourd'hui, l'us- 
tensile a été modifié, on n'a plus besoin 
d'un tiers Mais ceux qui n'en ont pas 
chez eux et qui, faute d'argent reculeraient 
devant la dépense, trouveraient-ils des 
herboristes pour le leur administrer ? 
Voilà ce que je voudrais savoir, à titre 

purement documentaire. G. 

* 
* 
1 3 inscriptions à 30 fr. feraient 390 fr. 

et non 360, et le total serait 1475 fr. 

Sglpn. 



N* 1064 



L'INTERMEDIAIRE 



9 1 



Le geste de se boutonner chez 
l'homme et la femme (L, 956; LI, 
4 -)_ — Il n'y a pas, grâce à Dieu, de 
question au inonde qui soit insoluble ; le 
tout est d'y mettre de la patience et du 
temps, et de ne jamais se buter avec obs- 
tination à une explication définitive. 

« Viens les prendre » est une explica- 
tion amusante ; mais c'est plutôt le sen- 
timent inverse qui devrait être mis en 
avant, car on boutonne ce que l'on veut 
cacher et non ce que l'on veut faire 
mettre à découvert, ostensiblement . 

La véritable raison pour laquelle la 
femme met ses boutons à droite, c'est 
qu'à l'époque la plus importante de sa 
vie, quand elle est mère, elle porte dans 
ses'bras son petit enfant à gauche afin de 
pouvoir le défendre de la main droite, 
qui reste libre pour lui permettre d'agir ; 
dès lors, pour ne pas blesser la figure de 
l'enfant par les boutons de son corsage, 
elle est bien obligée de les reculer à 
droite. Cette raison si touchante nous 
montre le but exclusif du rôle de la 
femme en ce monde, la cause finale pour 
laquelle elle a sa raison d'être ; aussi est- 
elle sûre de mal faire et de taper dans 
le panneau, quand elle perd de vue sa 
mission naturelle, qui est la maternité. 

D r Bougon. 



Quelques réflexions de J. F. S. Worbe, 
médecin à Dreux, sur un mémoire inti- 
tulé: « Considérations... etc. ..par M. Marie 
de Saint-Ursin, médecin à Paris, *> 

Le jeune Bissieu était en pension à 
Rouen quand les médecins de cette ville, 
sans doute en désespoir de cause, jugè- 
rent que l'air natal pouvait le guérir et 
le renvoyèrent mourir dans son pays à 
Verneuil (Eure). Margeville. 



d'aujour- 



légende que 
Nous 



Le cas de M. Guérin (L, 734, 879, 
938, 996 ; LI, 4Ô) — Si la bibliographie 
de la maladie de Bissieu intéresse ceux de 
nos collègues qui s'occupent de méde- 
cine, je leur signalerai, dans la collection 
des. Annuaires de la Soc. de médecine du 
département de l'Eure (1806-1823), les 
articles suivants : 

Année 1806, p. 34 : 

Rapport sur le fœtus trouvé dans le corps 
du jeune Bissieu, par MM. Brouard et 
Delzeuzes, envoyés à Verneuil par M. le 
Préfet pour constater l'unité de son sexe 
(avec une planche). 

Année 181 1, p. 129 : 

Considérations physiologiques sur la for- 
mation et la nutrition du fœtus, par M. 
Marie de Saint-Ursin, d r ran à Paris. 

Il commente une Lettre de M. Lefeb- 
vre de Rouen insérée au Pnbliciste (de 
Rouen?) du 22 messidor an XII-i 1 juillet 
1805. 

Et même année, p. 231 : 



Sauvages européens 
d'hui (LI, 2). — C'est une 
nous cite là notre collaborateur, 
n'avons pas de sauvages en Espagne. Un 
Passant trouvera des notes sur ces pré- 
tendus sauvages dans un livre sur l'Es- 
pagne, publié, il y a une vingtaine d'an- 
nées, par A. de Latour, dans un article 
paru dans un annuaire du club Alpin, il y 
a environ 6 ans. Un docteur français, qui 
habitait alors l'Espagne, a publié égale- 
ment, mais en espagnol (dans le Bulletin 
de la société de géographie, de Madrid, je 
crois, il y a une dizaine d'années, un 
voyage qu'il a fait à la recherche de ces 
prétendus sauvages, qu'il a trouvés être 
d'excellents chrétiens, pauvres, mais vê- 
tus, et vivant dans de chétives cabanes 
ou de petites maisonnettes, suivant leurs 
ressources. 

^Intermédiaire s'est déjà occupé de la 
question. Voir année 1890, col. 483, 568, 

rçn CONDE DE ToRLA. 



* 
* * 



Voir l'intéressant article, intitulé : 
Sauvages de France, paru dans le n° 129 
de la ^Curiosité Universelle. 

Alex. Geoffroy. 

La fleur de Us dans les armes de 

Feretti délia Rocca (L, 168, 366, 689, 
805, 968 ; LI, 32). — Que M. Th. Cour- 
taux veuille bien m'excuser ; j'ai sous les 
yeux une empreinte du sceau humide de 
Mgr de Peretti. Elle est grande (73 mm X 
ccBB) . i es détails y sont donc bien mar- 
qués. L'écu est posé sur une aigle à 2 
têtes, et sur une croix qui traverse la cou- 
ronne comtale pour arriver jusque sous 
le chapeau, lequel a quatre rangs de 
glands, comme celui d'un archevêque. Or 
i° la couronne qui est sur la colonne est 
d'argent et non d'or ; 2 la tour d'argent 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905 , 



93 



94 



est posée sur une terrasse de simple ; je 
n'oserais pes affirmer que la balance n'est 
pas tenue par une main. Dans le chef le 
lion, le casque, la fleur de lys sont ar- 
gent. M. Courtaux dit cippe au lieu de 
casque ; or le sceau ne donne nullement 
le cippe (chapiteau de colonne), mais un 
casque grilleté et taré de face ; en outre 
les lions tiennent le casque et non la 
fleur de lys. 

Ces différences sont assez sensibles 
pour être signalées à nouveau. 

SI-Saud. 



Le Journal df s inspecteurs de 
M. Lépiae. (L. 945 ; LI, 46;. — A 
mon humble avis, l'embrigadement, 
dans la police, des directrices de maisons 
hospitalières, rentre dans la catégorie des 
légendes si nombreuses et si indéraci- 
nables qui circulent depuis longtemps 
sur le fonctionnement de la police des 
mœurs. 

Je n'oserais affirmer, cependant, qu'elles 
soient incapables de donner des rensei- 
gnements à la police quand elles en trou- 
vent l'occasion ; ce serait leur prêter une 
délicatesse et une discrétion peu en rap- 
port avec la nature même de leur pro- 
fession. 

D'ailleurs, l'expérience ne démontre- 
t-elle pas, chaque jour, que dans toutes 
les classes de la société, on rencontre un 
nombre incalculable de misérables qui, 
soit par jalousie, soit par méchanceté, 
soit par intérêt, soit enfin pour satisfaire 
des rancunes ou des passions politiques, 
n'hésitent pas à trahir les secrets qui leur 
sont confiés et à jouer le rôle de déla- 
teurs. Mais, croit-on qu'il soit néces- 
saire d'embrigader ces individus et même 
de solliciter leur concours ? Ils l'offrent, 
au contraire, spontanément et journelle- 
ment à la police régulière, laquelle, tout 
en ayant le devoir de ne pas négliger 
leurs révélations, les méprise et entend 
bien ne pas être confondue avec eux. 
Ce sont précisément ces délateurs qui, la 
plupart du temps, flétrissent les agents 
officiels de cette épithète de s< mou- 
chards » qui leur convient surtout à eux- 
mêmes. 

11 est, par conséquent, présumable que 



la classe des matrones contient, tout 
aussi bien que les autres, des délatrices. 

Cela dit, arrivons au cas particulier 
cité par le collaborateur qui signe « Un 
passant ». cas dont l'explication est des 
plus simples. Si, comme on l'a prétendu, 
il est exact que la police ait été chargée 
de rechercher le passage du mort de 
M. X. . dans une maison de débauche, il 
lui a suffi d'opérer comme elle le fait 
constamment dans les hôtels meublés 
pour la recherche des criminels, c'est-à- 
dire de montrer les photographies de 
celui-ci à toutes les tenancières et à leurs 
pensionnaires ; si ces photographies n'ont 
pas été reconnues, on a pu en conclure 
qu'il n'avait pas paru dans une de ces 
maisons, et cela avec d'autant plus de 
vraisemblance, que si, comme on l'en a 
accusé, il était venu y satisfaire des pas- 
sions d'une nature spéciale, accompagné 
d une femme étrangère au personnel, sa 
présence ne serait évidemment pas pas- 
sée, inaperçue. 

Dans tous les cas, disons entre paren- 
thèses, que, pour quiconque est un peu 
au courant de ces dessous malpropres de 
la vie parisienne, il est de toute impossi- 
bilité qu'une femme ait été entraînée à 
son insu dans un lieu de débauche ainsi 
qu'on l'a laissé entendre, et y ait assisté 
à des scènes scandaleuses. On oublie 
qu'il s'agit, en l'espèce, d'un délit prévu 
et rigoureusement puni par la loi ; or, 
les proxénètes ont assez de recrues vo- 
lontaires sans s'exposer bénévolement 
aux foudres delà justice. 

Croit-on, au surplus, que les clients de 
maisons hospitalières remettent leur acte 
de naissance ou tout au moins leur carte 
de visite au seuil du tabernacle? 11 se 
peut que les matrones connaissent les 
noms de certains habitués qui ont bien 
voulu n'en point faire- mystère, mais, en 
réalité, l'identité des visiteurs qui se 
rendent dans les temples importe fort peu 
aux prêtresses, dont l'unique préoccu- 
pation consiste à e:\iger une offrande en 
rapport avec l'importance du sacrifice. 

Mais, il ne faut pas confondre les visi- 
teurs avec les visitées, et ce qui a pu 
créer une erreur à ce sujet, c'est que les 
« gentes et honnestes dames » qui su- 
bissent placidement, plusieurs fois par 
jour, les derniers outrages dans des mai- 



N« 1064 



L'INTERMEDIAIRE 



95 



96 



sons ad hoc, étaient, il y a peu de temps 
encore, tenues de remettre un exemplaire 
de leur photographie avec leur acte de 
naissance, afin que le médecin spéciale- 
ment chargé de vérifier L'inocuité du pro- 
duit, put s'assurer, en même temps, de 
l'identité de la vendeuse. Sans cette pré- 
caution, il eût suffi qu'une avariée se fit 
remplacer à la visite médicale par une 
femme saine pour pouvoir continuer ses 
fructueuses opérations. Cette photogra- 
phie était ensuite transmise à la préfec- 
ture de police qui la classait dans ses ar- 
chives et qui possédait ainsi un réper- 
toire des prostituées de toutes les catégo- 
ries. 

Quelques apôtres de la liberté féminine, 
d'une valeur intellectuelle incontestable, 
se sont émus du triste sort des malheu- 
reuses mondaines ou demi-mondaines 
que des nécessités de luxe et de toilette 
attirent dans les maisons de rendez-vous. 
Ils se sont intéressés à l'honneur maculé 
de ces Madeleine non repenties, et ils ont 
fini par obtenir la suppression de la ré- 
glementation en se basant sur cet argu- 
er o 

ment, tout au moins bizarre que le dépôt 
de la photographie à la préfecture de po- 
lice constituait une tare pour la femme 
« du monde », et pouvait amener des 
tentatives de chantage de la part de la 
police et de ses agents ! 

Remarquons, en passant, que par ce 
temps de reportage à outrance, de di- 
vulgations de toutes sortes, de dossiers 
secrets étalés publiquement et de docu- 
ments judiciaires traînant sur toutes les 
tables de rédaction, la préfecture de po- 
lice est peut-être la seule institution qui 
soit restée intacte, et dans laquelle on 
n'a guère constaté, jusqu'à présent, ces 
« fuites » si nombreuses partout ailleurs 
Mais on a écrit et répandu tant de ca- 
lomnies sur cette administration, à la- 
quelle nous devons cependant notre tran- 
quillité et notre sécurité, que les gens 
même les 'plus sensés lui prêtent parfois 
un rôle odieux, précisément peut-être 
parce qu'elle a toujours préféré se lais- 
ser vilipender plutôt que de violer les se- 
crets dont elle est dépositaire pour pou- 
voir se défendre contre des attaques in- 
justes. 

Ainsi donc, aujourd'hui, la réglemen- 
tation des maisons closes considérée à 
la fois comme immorale et comme un 
sujet de compromission pour l'autorité, 



est à peu près abolie. C'est la liberté 
presque complète pour les matrones 
comme pour leurs pensionnaires. Plus 
de veto pour l'installation dans un im- 
meuble dont les locataires ou les voisins 
ne seront pas flattés d'une pareille pro- 
miscuité. Plus de curiosité indiscrète de 
la part des médecins officiels. Plus de 
photographies à transmettre à la préfec- 
ture de police. 

Ces photographies restent, désormais, 
en bonne place dans l'album qui, en 
l'espèce, remplace le catalogue du j^rand 
magasin ; c'est la proxénète qui, seule, 
en dispose maintenant à son gré. Voilà, 
si je ne me trompe, une garantie autre- 
ment sérieuse pour l'honneur et la ré- 
putation de certains ménages I 

En un mot, les maisons de débauche 
sont assimilées aux hôtels meublés, et la 
police des garnis ne peut plus y interve- 
nir que si l'on y signale la présence de 
mineures consentantes ou non. 

C'est l'âge d'or des lupanars qui se 
multiplient et s'étendent avec une inquié- 
tante rapidité ; c'est aussi la perte défini- 
tive d'un grand nombre de malheureuses 
qu'une crainte salutaire retenait encore 
au bord de l'abîme ; c'est, en somme, 
l'encouragement à la débauche ; et c'est, 
je crois, le cas de rappeler cette vérité de 
Montesquieu : 

Il y a tant d'imperfections attachées à 
la perte de la vertu dans les femmes, toute 
leur âme er. est si fort dégradée, ce point 
principal ôté en fait tomber tant d'autres, 
que l'on peut regarder, dans un Etat popu- 
laire, l'incontinence publique comme le 
dernier des malheurs, et la certitude d'un 
changement dans la Constitution. 

J'ajoute que le vol et le crime, étant 
intimement liés à la prostitution, aug- 
mentent toujours en proportion de la to- 
lérance dont celle-ci est l'objet. 

On voit donc qu'il y a loin de là à la 
situation supposée par le « Passant », et 
je fais remarquer que, quand la sur- 
veillance des maisons closes était plus 
rigoureuse, la police se préoccupait sur- 
tout de prévenir les plaintes, les abus et 
les scandales de toutes sortes qu'elles pou- 
vaient occasionner et non de recueillir 
des détails plus ou moins piquants sur 
les fantaisies extra-conjugales de MM. X. 
Y. et Z. dont les prouesses charnelles 
n'ont pas une telle importance qu'elles 
puissent compromettre la sécurité des 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Janvier 1905, 



97 



98 



citoyens, du gouvernement ou du pays. 
Conclusion : Le Journal des Inspecteurs 
de M. Lèpine, s'il existe réellement, ne 
présentera pas, je le crains, pour les his- 
toriens de l'avenir, le même intérêt que 
le Journal des Inspecteurs de M, de Sartine. 

E. G. 

Une cruelle plaisanterie d'Alfred 

de Musset (L, 956 ; LI, 27). — Leconte 
de Lisle racontait qu'en 1871, il avait 
quitté son bataillon pendant quelques 
jours et s'était reposé aux Plàtreries, près 
de Valvins, avec deux ou trois amis. Il 
rencontra là M. Biard d'Aunet, qui avait 
une villa au flanc de la colline. Pendant 
une visite que lui fit Leconte de Lisle, le 
mari de Mme d'Aunet montra la villa 
voisine, celle de M. Adrien Marx : « Cette 
petite maison, dit-il, appartenait jadis à 
M. Alfred X. C'est là que Mme *"* a été 
rasée par Alfred de Musset. » 

Et l'auteur des Poèmes tragiques répé- 
tait cela d'une voix aussi terrible que s'il 
se fût agi des tortures de l'Inquisition. 

Candide. 

* 

* * 
Que de contes saugrenus on se plait à 

faire et à répandre ! Jadis, sous le règne 
de Louis-Philippe, Mme P*** passait pour 
être et était une des femmes les plus char- 
mantes de Paris. Pianiste et chanteuse de 
premier ordre, fort applaudie dans les 
concerts où elle figurait, elle était cour- 
tisée plus pour son talent que pour sa 
beauté. Personne n'eut à s'étonner, lors- 
qu'un jour, on vit s'engager une liaison 
de tendre intimité entre elle et un jeune 
élégant d'alors, M. Alfred T***, l'ami 
d'Alfred de Musset. Pour ne rien omettre, 
ajoutons que, mariée à un grand indus- 
triel, bien connu, la dame usait du béné- 
fice d'une séparation de corps amiable et 
que, par conséquent, elle était libre, du 
moins autant qu'une femme du monde 
peut l'être dans un pareil état. 

Cette même virtuose avait de superbes 
cheveux noirs, qu'elL étalait non sans or- 
gueil et dont son amant était fort épris. 
Cette parure, on la lorgnait, on la van- 
tait partout, en prose et en vers. Raison 
suffisante pour que la jalousie s'allumât 
dans le cœur du galant. Un soir, il fit 
d'un peu de coquetterie un crime et, la 
nuit suivante, armé d'une paire de ciseaux, 
pendant que la belle dormait du sommeil 



de l'innocence, il pratiqua une vive ton- 
sure et fit tomber l'opulente toison sur 
l'oreiller des amours. 

Ainsi qu'on peut le voir, c'était, moins 
la question d'argent, que la revanche de 
Samson sur Dalila. 

Il va sans dire que la belle, surprise, 
d'abord, puis indignée, puis attristée, 
arrosa de ses larmes la dépouille dont 
elle avait été si fière. Mais il y avait, par 
bonheur, remède au mal, puisqu'au bout 
d'un an, un an demi, si vous voulez, la 
brillante chevelure avait repoussé, rajeu- 
nie et peut-être plus ensorcelante. 

Telle est l'histoire qui courut au milieu 
des racontars et qu'en ma qualité de 
chroniqueur d'alors, j'ai dû recueillir. 

Convenez, pourtant, lecteur, qu'il y a 
loin de ce fait si simple à la version 
bizarre que vient de donner V Intermédiaire. 
Alfred T*"*, aidé deAlfred deMusset,au- 
rait attiré Mme P*** dans une espèce de 
guet-apens, à la campagne, ils l'auraient 
attachée aux quatre coins d'un lit par les 
quatre membres et, après lui avoir fait 
subir les derniers outrages, (on sait ce que 
ça veut dire), ils lui auraient infligé un 
traitement singulier. Voilà le racontar que 
nous transmet le Passant. Cher con- 
frère, laissez-moi vous dire qu'on vous a 
pris pour dupe. L'aventure eût été un 
exploit sadique et croyez bien qu'il ne se 
produisait rien de tel dans les temps en- 
core un peu corrects où pouvait avoir 
lieu la rencontre d'Alfred T*** et de sa 
belle maîtresse. 

Mais que voulez-vous ! Voilà soixante 
ans que notre Paris n'aime, en fait de nour- 
riture intellectuelle, que de grossiers ro- 
mans, et il suit de là que, gagné par la 
contagion, il ne se complaît que dans 
l'extravagance. Du moindre événement, 
pourvu qu'il se rattache à une célébrité, 
il fait une légende, un conte bleu, une 
sornette absurde, et, à la longue, une 
fable sans queue ni tête devant un fait 
acquis — Notez bien qu'à l'époque des 
cheveux coupés, Alfred de Musset n'était 
pas à Paris, mais à Venise et préoccupé 
d'un autre soin que de sauvegarder les 
amours de son ami 

Philibert Audebrand. 

* * 
Vous me soumettez, à propos d'une 

question posée dans \ Intermédiaire, un 

passage de mes Mémoires, celui«ci ; 



Nf010ô4- 



L'INTERMEDIAIRE 



99 



100 



«Je l'avais tant rebuté qu'il ne pouvait 
plus se passer de moi. Il avait comme 
des moments de folie, il me disait des 
choses infâmes sans motif. Cela m'exas- 
pérait, et je lui répondais : Votre vue ne 
m'inspire que du dégoût. Si c'est dans 
vos nuits d'orgie que vous faites ces 
belles choses que j'ai lues ce matin, je 
vous plains, car le lendemain, vous ne 
devez plus reconnaitre l'auteur, et c'ust 
dommage. 11 vous sied bien de mépriser 
les femmes et de vous faire leur détrac- 
teur. Vous êtes moins qu'un débauché : 
vous n'êtes qu'un ivrogne ! 

<s J'étais un peu inquiète de l'effet de 
cette fougueuse harangue, mais j'eus 
bientôt lieu de me rassurer ; il ne m'avait 
pas gardé rancune, car, le lendemain, il 
vint demander la permission de m'emfrre- 
ner dîner avec lui. On dit oui sans me 
consulter. 

« Il vint me chercher à six heures et me 
conduisit au Rocher de Cancale. 

«J'étais vêtue très simplement avec une 
robe et un chapeau que je mettais pour la 
première fois. Ma toilette me plaisait. 

« Dans les premiers moments, je n'eus 
pas trop à me plaindre de lui, sauf quel- 
ques plaisanteries de mauvais goût, peu 
généreuses dans tous les cas, que je ré- 
primai de mon mieux. 

v; Le garçon qui nous servait apporta 
une bouteille d'eau de Selz. 

« On pourrait donner à deviner en mille 
l'idée folle qui passa par la tête de 
l'homme singulier qui m'avait choisie 
comme victime de ses caprices. Il prit le 
siphon d'eau de selz, comme s'il voulait se 
verser à boire, et, dirigeant l'orifice de 
mon côté, il m'inonda de la tête aux pieds. 

« Il y a des conditions d'âge et des dis- 
positions d'esprit où cela aurait pu être 
accepté comme une mauvaise farce ; mais 
j'étais si malheureuse que ce prétendu 
accès de folie m'exaspéra. Je versai un 
torrent de larmes ; mes larmes étaient 
des larmes de rage. 

« Plus je pleurais, plus il riait. Si j'étais 
restée une minute de plus dans ce cabi- 
net, je l'aurais tué. Heureusement, je ga- 
gnai la porte et je me sauvai. » {Mémoires 
de MogaJor) tome I. 

Pourquoi venez-vous remuer ces tris- 
tesses chez la vieille femme que je suis et 
qui se croit oubliée ? 



J'ai dit, dans une confession doulou- 
reuse et sincère, toute ma vie. Ma naissance 
lamentable, mon enfance vendue à des 
matrones, mes seize ans jetés en pâ- 
ture à toutes les lubricités. J'ai raconté 
comment, mêlée au troupeau de mes 
tristes compagnes, j'ai vu, pour la pre- 
mière fois, ivre et cruel, l'homme élé- 
gant qui aura été le plus grand et le 
plus admirable poète de la passion et de 
l'amour. Il me distingua, au milieu des 
autres et comme j'étais moins que les 
autres passive, que ma délicatesse ins- 
tinctive avait des révoltes, il essaya de 
me dompter. 

]e n'ai pas nommé cet homme, dans 
mes mémoires, il y a cinquante ans, et 
vous me demandez son nom que vous avez 
deviné : c'était Alfred de Musset. 

— Tu as été malheureuse et persécutée, 
me dit-il. Je parie que comme tes compa- 
gnes, tu es au moins la fille d'un géné- 
ral Sois franche, mon caractère te plaît- 
il ? 

— Il me déplaît affreusement, répon- 
dis-je. 

— Eh bien tu n'es pas comme les au- 
tres. Elles sont toutes folles de moi ou 
elles le disent du moins. Mais que veux- 
tu ? On n'est pas maître de ses sympa- 
thies. Je ne peux pas les souffrir, tandis 
que toi, tu me semblés originale et tu me 
plais. Prends cet or. Tu ne l'as pas gagné, 
je te le donne. 

Ce fut le prélude des scènes que j'ai ra- 
contées. 

Je ne le revis plus jamais après la que- 
relle du Rocher de Cancale, mais j'ai gardé 
de sa cruauté un souvenir pénible ; des 
douloureux incidents de ma vie, il est ce 
lui qui m'a laisse la plus vilaine blessure. 

J'ai quatre-vingts ans passés. Je vou- 
drais oublier et pour qu'on me pardonne, 
pardonner. Je voudrais ne garder en ma 
mémoire, que le souvenir des êtres indul- 
gents, spirituels et bons, comme mon 
Lionel — le souvenir de ceux qui par leur 
estime et pour mon caractère et pour mon 
travail d'écrivain, ont permis à la com- 
tesse de Chabrillan d'oublier la pauvre 
« Mogador »>. 

Comtesse Lionel de Chabrillan. 






Madame Martellet qui fut le témoin des 
dix dernières années de la vie de Musset, 
n'a pas assez de protestation conre lest 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



:o Janvier 1905 



101 



102 



anecdotes où l'on met en scène un Musset 
dégradé, cruel aux femmes. 

%<Jel'aivu rentrerqueIquefois,me dit-elle, 
s 1 étant attardé au café : il était irrité, ner- 
veux, se reprochant d'avoir pu blesser un 
ami par un propos trop vif. Il ne parlait 
des femmes qu'avec un respect fervent de 
gentilhommeetde poète, et lorsqu'il faisait 
une rare allusion aux filles, c'était pour 
témoigner d'un dégoût où la pitié avait 
sa part, je n'ai pas à parler de ce que je 
n'ai pas vu — mais je l'ai vu, lui. je l'ai 
vu à toute heure de sa vie, et j'ai pu 
admirer la délicatesse de ses sentiments. 

« Je n'ai pas surpris sur ses lèvres une 
grosièreté ni dans sa pensée le repentir 
d'une de ces vilaines actions dont on 
parle et dont je suis certain qu'il aurait 
eu le remords. 

« Sa mémoire plane au dessus de ces 
scandales, trop haut, pour en être écla- 
boussée ». 

M. 

Projet de mariage de Gambetta 

(L, 445, 633, 751, 812,863, 921). — 
Je crois bien qu'après avoir soulevé le dé- 
débat, enpubliant la lettred'Arnaud del'A- 
riège, je vais le clore définitivement, grâce 
à l'importante communication d'un de mes 
meilleurs amis, qui a, en sa possession, 
toute la correspondance de Gambetta avec 
sa famille, depuis son séjour au séminaire 
de Montfaucon jusqu'à sa mort. 

Le document me parait précieux, car il 
supprime toute controverse. 

Voici les passages essentiels d'une 
lettre adressée par Gambetta à son père, 
le 30 octobre 1882, vingt-huit jours avant 
sa blessure : 

Je te recommande la discrétion sur mon 
projet de mariage. Tu dois en avoir parlé à 
quelqu'un, car l'agence Havas a reçu de Nice 
une dépêche dans laquelle on annonçait mon 
mariage. J'ai fait supprimer la dépèche ; 
mais évidemment on était informé là-bas ; 
et je ne m'explique pas bien comment, car tu 
es la seule personne à qui j'en ai parlé. 

Je fais tous mes efforts pour décider mon 
amie à se résoudre ; et je crois bien sincère- 
ment avoir fait quelques progrès, grâce sur- 
tout au récit que je lui ai fait de ta joie en 
apprenant pareille nouvelle ; mais je n'ai pas 
encore triomphé de ses scrupules et de sa ré- 
sistance. Il faut donc des ménagements et 
surtout éviter la publicité. 

Crois que je ne serai réellement heureux que 
le jour ou je pourrai t'annoncer que le con- 



sentement est obtenu ; et que tu seras la pre- 
mière personne à qui je me feiai un devoir de 
l'annoncer. 

En attendant cet heureux jour, que je 
presse de toutes mes forces, écris-moi le plus 
souvent que tu pourras. 

P. c. c. Arm. D. 



* 
* * 



Avec notre distingué correspondant, 
nous croyons devoir clore cette rubrique 
sur cette réponse si intéressante. Elle 
apporte la preuve que Gambetta, à la veille 
de sa mort, songeait à se marier, et avec 
la personne que tous ses intimes désignè- 
rent. Cette lettre achève de ruiner la 
mélodramatique légende du coup de 
revolver de l'aimée qui, apprenant le pro- 
jet de mariage de Gambetta avec une 
femme de haute condition, jalouse, exas- 
pérée, se venge. M. 

Utotya, SvcutiatlUs ^t <$ttrt0sttég 

Les fiches en l'an IL — Les 
surprises aux Archives nationales sont 
de tous les instants, et, inépuisables 
les trésors qui y sont entassés : je m'as- 
sure que la communication suivante pa- 
raîtra curieuse aux lecteurs de Y Intermé- 
diaire — je veux dire actuelle — j'y 
donne pour épigraphe ces deux vers du 
Méchant de Gresset (1 741) : 

Un rapport clandestin n'es! pa< d'un honnête homme. 
.Si j'accuse quelqu'un, je le dois : je me nomme. 

Jacques Saintix. 

Extrait d'une Lettre du C n Chépy, Commissaire 

du Pouvoir Exécutif 

Pour le Comité De ta part du Ministre 

de Salut Public des Affaires Etrangères 

Chambéry, I; 24 may, l'an 2 de la R. 

... Arrivé nouvellement à Chambéry, je ne 
puis vous présenter encore qu'un aperçu, 
mais au moins je puis répondre de son exac- 
titude : 

L'armée est complète ; il y a même à Gre- 
noble un excédent considérable. 

Les armes manquent, les fourrages man 
quaient aussi, ils revenaient à la République 
à ■ «3 fr. le quintal, on avait réduit la ration 
à 15 livres, mais il faut espérer que la superbe 
récolte de l'année ramènera l'abondance 

Le soldat est bon patriote, mais un peu 
insubordonné ; l'officier est, comme partout 
ailleurs, d'un civisme 1res mince. 

L'Etat-Major ne jouit d'aucune confiance. 

Le Général Dornac est une machine, un 
automate routinier dont on ne peut tirer au- 
cun parti ; 



N° 1064. 



L'INTERMEDIAIRE 



103 



104 



Le Général Demuy que je connais beau- 
coup, a besoin d'être aiguillonné, mais j'es- 
père le maintenir dans la voie droite et exploi- 
ter ses talents au profit de I.i chose publique ; 

On donne des connaissances militaires au 
général Saint-Rémi, je ne sais rien encore de 
ses principes ; 

Le général Déraison paraît être un homme 
capable. 

L'Etat-Major de l'Artillerie est mauvais, il 
y a de très bons officiers subalternes. 

Il paraît que les Piémontais attaqueront 
sous quinzaine, mais je vousjure qu'ils seront 
bien reçus. 

11 y a dans les diverses administrations des 
hommes désignés dans leurs départements 
comme suspects. 

Les Commissaires ont visité les cantonne- 
ments, on les (sic) dit très divisés et les fron- 
tières dégarnies. 

Les habitants sont fanatiques, peu attachés 
a leur nouvelle patrie, très persuadés du re- 
tour prochain des Piémontais. Ces disposi- 
tions fâcheuses dominent surtout dans les 
Bauges, presque tous les jeunes gens des 
montagnes ont été se ranger sous les drapeaux 
du despote sarde. 

Je vous donnerai bientôt des rapports plus 
précis. 

On dit du mal de la Légion des Allobroges 
commandés (sic) par Doppet. On assure 
qu'elle renferme bien des pillards et des mau- 
vais sujets. 

11 y a eu ici avanl-hier une insurrection 
très vive à l'hôpital, plus de cent Véroles et 
Galeux en sortirent armés avec des bûches, 
se portèrent à de coupables excès : La géné- 
rale a battu, ils ont été investis et mis pour 
la plupart dans les fers. J'espère qu'on fera un 
exemple. Un d'eux ayant jeté un hussard- 
guide à bas de son cheval, l'effusion du sang 
s'est bornée là. 

Toute l'armée s'ennuie d'être inactive, et il 
ne faut rien négliger pour la rendre utile. On 
pourrait, ce me semble, .en envoyer une par- 
tie pour renforcer celle du Var : le reste se- 
rait suffisant pour garder les passages. 

Les délateurs. — Sous le règne Je 
Tibère, on éleva des statues et l'on donna 
les ornements triomphaux aux délateurs : 
ce qui avilit tellement ces honneurs que 
ceux qui les avaient mérités les dédaignè- 
rent {V. Frag. de Dion. liv. LV11I. chap. 
XIV, tiré de Y Extrait des Vertus et des 
Vicese de Const. Porpbyrog.) 

Tacite dit que Néron donna également 
les ornements triomphaux aux délateurs 
Petronius Turpilianus, Nerva et Tigelli- 
nus (Annales. Liv. XV, Chap. LXXII). 

Tacite dit encore que les généraux, mé- 



prisant les ornements attribués dans de 
pareilles conditions, dédaignèrent de faire 
la guerre {Annales. Liv. XIII). L. 

Les origines de Louise Michel. 
— Après l'avoir fait naître à Troyes, on a 
déplacé son berceau pour le promener 
successivement dans la Haute-Saône, la 
Meuse, etc. 

C'est à Vroncourt, Haute-Marne, arron- 
dissement de Chaumont, canton de Bour- 
mont.que Louise Michel est née en 1830, 
le 29 mai, 5 h. du soir. 

Voici son acte de naissance : 

N° 6 Michel (Louise). 

L'an mil huit cent trente, le vingt-neuf du 
mois de mai, à l'heure de huit heures du soir, 
pardevant nous Etienne-Charles Demahis, 
maire de la commune de Vroncourt, départe- 
ment de la Haute-Marne, est comparu Claude- 
Ambroise Laumond, âgé de quarante ans, 
docteur en médecine, domicilié à Bourmont, 
lequel nous a déclaré que le vingt-neuf du 
mois de mai, à cinq heures du soir, la demoi- 
selle Marie-Anne , Michel, femme de chambre, 
demeurant au château de Vroncourt, est 
accouchée dans la dite maison d'un enfant du 
sexe féminin qu'il nous présente et auquel il 
donne le prénom de Louise et le nom de Mi- 
chel, les dites déclarations et présentations 
faites en présence de Joseph Benoît Girardin, 
âgé de trente-quatre ans, coutelier, domicilié 
à Vroncourt et de Claude Desgranges, âgé de 
trente-quatre ans, propriétaire, domicilié à 
Vroncourt et ont, le déclarant et les témoins, 
signé avec nous le présent acte de naissance 
après qu'il leur en a été fait lecture. 

Demahis, A. Laumond, 
Girardin, Desgranges. 

Nécrologie 

Nous avons le très vif regret d'apprendre la 
mort de M. Marc Boymond, qui, sous le 
pseudonyme de Sabaudus. a donné à ['Inter- 
médiaire tant de notes et d'études d'un capi- 
tal intérêt, notamment sur la Savoie. Histo- 
rien et bibliographe, il était particulièrement 
documenté sur cette contrée, sur laquelle il 
laisse de remarquables travaux. Savant distin- 
gué, ancien président de la Société de phar- 
macie et du syndicat central des chimistes de 
France, il était de relations infiniment cour- 
toises et mettait, avec une urbanité exquise, 
son érudition au service de tous. Il esr mort à 
Paris, n'étant âgé que de 57 ans. 

Le Directeur-gérant : 
GEORGES MONTORGUEIL. 



Imp. Daniel-Chambon, S--Amand- 
Mont-Rond. 



LP Volume 



Paraissant les 10, 20 et jo de chaque mois 30 Janvier 1905. 



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DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 



QUESTIONS ET REPONSES LITTERAIRES, HISTORIQUES, SCIEKTIFigUKS ET ARTÎSTIQDES 



TROUVAILLES ET CURIOSITES 



10: 



106 



CflUueôtiott: 



j On n'a donc pu parler à l'empereur des 
effets d'un poison qui n'avait pas eu à 



Comédiens français en Egypte, 
1799. — Lorsque Bonaparte partit pour 
l'Egypte, il fut question d'emmener une 
troupe de comédiens français pour suivre 
l'armée. Ce projet fut-il mis à exécution ? 

H. L. 

Le poison de Cabanis. — On prétend 
— et c'est un fait aujourd'hui contesté — que 
Condorcet s'est donné la mort en absorbant 
le poison renfermé dans le chaton de sa 
bague ; ce poison lui aurait été donné par 
Cabanis. Condorcet avait-il une bague ? 
Aucun des procès-verbaux ne mentionne 
ce bijou. 

Cependant, M. Frédéric Masson dira de 
la tentative de suicide de Napoléon, en 
1814 : 

Il tend la main vers le poison que depuis 
1808, (campagne d'Espagne) il tient dans le 
secret de son nécessaire, qu'il porte dans un 
sachet noir à même sa peau. Il se lève, il le 
prépare. La formule est infaillible, lui a-t-on 
dit, c'est celle que Cabanis a donnée à Con- 
dorcet pour le soustraire au bourreau. Il boit 
il s'étonne de vivre. Il souffre, il appelle : 
on le sauve, {y Impératrice Marie-Louise ,p . 
586). 

Ainsi, pour persuader à Napoléon que 
le poison est efficace, on lui a dit : « Cest 
le poison que Cabanis a donné à Condor- 
cet et avec lequel celui-ci s'est tué ». 

Or, Condorcet, ne s'est vraisemblable- 
ment pas tué et n'a pas avalé de poison. 



agir. 



11 y a en tout ceci d'extraordinaires 
contradictions. Qu'est-ce que -la formule 
du poison de Cabanis? Cabanis a-t-il 
jamais eu l'occasion d'en parler ? 

Y. 

Les maîtresses de Junot. — Trois 
questions distinctes,,: 

i° Mme d'Abrantès rapporte que Junot 
aima, en Egypte. une jeune esclave éthio- 
pienne nommée Xraxarane (?) et qu'il eut 
d'elle un fils auquel il donna le nom 
d'Othello, évidemment à cause de son 
teint {Mémoires. III, p. 6Q-70). 

Selon M. Turquan, cet enfant aurait 
été une fille, nommée pour la même rai- 
son « Jau nette » (su). 

Quelle est la vérité ? Que sait-on de 
plus sur la mère et l'enfant ? 

2 Par la suite, Junot étant gouverneur 
de Paris entretint pendant plusieurs 
années une ingénue du Théâtre-Français, 
Mlle Volnais, qui, elle aussi, lui donna 
un fils. Cet enfant adultérin n'a pu 
porter que le nom de sa mère. A-t-il laissé 
une descendance ? 

3 Sur les relations de Junot et de Caro- 
line Bonaparte, M. Turquan a publié un 
document de premier ordre, le Journal 
Secret de Mme d'Abrantès, que M. de 
Spoelberch de Lovenjoul a retrouvé dans 
les papiers de Balzac ; mais il a existé, 
entre Caroline et Junot, toute une corres- 

LI. 3 



N" io6= 



L'INTERMHDIAIRE 



10- 



108 



pondance amoureuse dont l'intérêt serait 
encore plus vif. 

Aussitôt après le suicide à Montbard, 
Savary força le coffre-fort de Junot à 
Paris, pour y prendre les lettres de la 
reine de Naples et il est vraisemblable 
qu'on détruisit ailleurs celles qui furent 
trouvées là ; mais toutes n'y étaient pas. 
Vingt ans plus tard, la duchesse d'Abran- 
tès en conservait encore quelques-unes. 
Que sont-elles devenues ? S. 

Régiment du Boulonnais. — Je 

délirerais bien savoir quel était le costume 
du régiment du Boulonnais, qui était à la 
bataille d'Hochstedt en 1704, et dont cer- 
tains officiers faits prisonniers furent en- 
voyés à Harderwick en Hollande. 

Pourquoi aussi dans le Gard les fils de 
familles nobles s'enrôlaient-ils dans le ré- 
giment portant un nom de l'autre bout de 
la France ? B. de C. 

Empereur et roi. — En voyant les 
différents gouvernementsactuels qui se par- 
tagent la carte de PEurope, on peut don- 
ner cette définition de l'empereur et du 
roi. Le Roi est celui qui gouverne un seul 
pays, un seul Etat ; un Empereur domine 
sur plusieurs Etats ou royaumes, que 
ceux-ci aient encore un gouvernement 
séparé, ou qu'ils l'aient eu anciennement. 

Napoléon i er était empereur et régnait 
sur divers royaumes. 

Napoléon III prit le titre d'empereur à 
raison des traditions de famille, et encore 
parce que l'Algérie formait un royaume 
ou Hcat différent de la France. 

Le roi d'Angleterre est empereur des 
Indes, pays divisé en plusieurs royaumes 
ou marajahs. 

Le roi de Prusse est empereur d'Alle- 
magne, ayant dans son empire, des 
royaumes, des duchés, des principau- 
tés. 

L'empereur François-Joseph gouverne 
l'empire d'Autriche formé de diverses na- 
tionalités et est roi de Hongrie. (Le saint 
Empire fut aboli en 1806). 

Le tzar gouverne toutes les Russies 
(Etats jadis séparés), la Pologne, une 
partie de l'Asie et l'extension de son ter- 
ritoire justifie bien son nom. 

Il y a cependant à cette définition des 
exceptions. Quand le Brésil était rattaché 
à la couronne du Portugal, le roi de Por- 



tugal ne prenait pas le titre d'empereur, 
pasplusd'ailleursquele roid'Espagne, mal- 
gré ses grandes possessions d'outre mer. 
Aussi faudrait-il croire que la constitution 
des empires et des empereurs, après avoir 
été en honneur pendant tout le moyen âge, 
(voir l' Emp ire de Cotistantinopleei le Saint- 
Empire) a eu au xix c siècle un regain de 
jeunesse parfois exubérante. C'est ce 
qui nous valu l'empire du Brésil qui 
n'a pas sa raison d'être, et plus près de 
nous, l'empire du Sahara. 

D r A. B. 



Confréries de Charité. — On sait 
que jusqu'à la loi récente sur les inhuma- 
tions, le service des morts était assuré 
par des corporations charitables, en bon 
nombre de villes et de communes. En 
Normandie principalement, elles por- 
taient le nom de « Confréries de Charité » 
et le peuple des campagnes appelait vul- 
gairement les membres « Chantons ». 
Quelques-unes de ces confréries fort an- 
ciennes eurent une vraie célébrité. Ayant 
à m'occuper de l'histoire de l'une d'entre 
elles, je remercie à l'avance les aimables 
correspondants qui voudraient bien m'in- 
diquer les articles, livres ou brochures 
qui auraient paru à ce sujet, ou me four- 
nir dans l'Intermédiaire quelques rensei- 
gnements. Je connais le volume de M. 
Chanoine-Davranches. E. Marc. 

Une médaille gastronomique. — 

Il n'en est pas fait mention dans le Jour- 
nal des Goncourt, mais le Figaro en con- 
sacra le souvenir dans une chronique qui 
date de la transformation du café Bré- 
bant. Le « Diner des Spartiates — dîner 
du dix-neuvième siècle » — dans le salon 
rouij;e où défilèrent tant de convives illus- 
très, donna lieu en effet à une manifesta- 
tion patriotique plutôt inattendue. Une 
médaille aurait été frappée en 1 871, en 
l'honneur de Paul Brébant. où les sous- 
cripteurs reconnaissants témoignaient que 
pendant toute la durée du siège, ils n'a- 
vaient pas eu t. souffrir des horreurs de la 
famine... Le menu du 24 janvier est ce- 
pendant rien moins qu'enthousiaste. Cf. 
Journal des Goncourt, t. IV, p. 205. 

Légende ou non, cette nouvelle à la 
main vaut qu'on la discute en raison de 
la qualité des hôtes et des comparaisons 



DÈS CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Janvier 1905. 



109 



I 10 



tragiques. Qu'est devenue cette médaille? 
quels sont les noms des souscripteurs ? 

Jacques Saintix. 

* 

* * 
Si M. Jacques Saintix veut aller à Car- 
navalet, il verra très probablement cette 
médaille. Elle porte sur l'une des faces 
cette inscription : 

Pendant. 

le Siège de Paris 

quelques personnes ayant 

accoutumé de se réunir chez 

M. Brébant tous les quinze jouis 

ne se sont pas une fois aperçues 

qu'elles dînaient dans une ville 

de deux millions d'âmes 

assiégée 

Au revers les noms des convives : 
a Paul Brébant 



Ernest Renan 

P. de Saint-Victor 

M. Berlhelot 

M. Blanc 

Scherer 

Dumont 

Nefftzer 



Charles Edmond 

Thurot 

J . Bertrand 

Morey 

E. de Goncourt 

T. Gautier 

A. Hébraid 



A la place des points, un nom sur la 
médaille qui est à Carnavalet a été effacé : 
c'est celui de M. Ph. Burty. 

A lire cette dédicace, on pourrait croire 
que les assiégés ont fait chaque jour des 
festins à la Lucullus. En réalité, ils ont 
porté à un degré excessif, la reconnais- 
sance du ventre. Leur cuisine s'est ressen- 
tie des misères du siège, et le rôle de leur 
cuisinier se borna à leur en masquer 
toute l'horreur. 

Le menu du 24 janvier 187 1 auquel 
fait allusion notre collaborateur, à cet 
égard est significatif. C'est aux Mémoires 
des Goncourt que nous devrons de le 
connaître. 

Le 24 janvier on apporte aux convives 
une selle de mouton . 

— Oh ! dit M. Hébrard, on nous servira le 
berger à notre prochain dîner. 

— En effet, c'est une très belle selle de 
chien . 

— De chien, vous dites que c'est du chien, 
s'écrie Paul de Saint-Victor, de sa voix pleu- 
rarde d'un enfant en colère : « N'est-ce pas, 
garçon, que ce n'est pas du chien ? 

— Mais c'est la troisième fois que vous en 
mange2, du chien, ici. 

— Non, ce n'est pas vrai, M. Brébant est 
un honnête homme, il nous préviendrait. 
Mais le chien est une viande impure — fait-il 



du cheval oui, 



avec une horreur comique 
mais pas du chien. 

— Chien ou mouton, bredouille Nefftzer, 
la bouche pleine, je n'ai jamais mangé un si 
bon rôti. Mais si Brébant nous donnait du 
rat.. Moi je connais ça., c'est très bon... Le 
goût en est comme un mélange de porc et 
de perdreau. 

Pendant cette dissertation, Renan qui pa- 
raissait préoccupé, soucieux, pâlit, verdit, 
jeta sa cotisation sur la table et disparut 

Ceux qui ont reproché aux convives du 
Brébant du siège la bonne chère qui les 
incita à faire frapper la fameuse médaille, 
sont édifiés. Ils ont mangé ce que tout 
le monde mangeait, mais le chien était 
baptisé mouton et le cheval faisait le 
veau. — 

Portrait de l'Arioste. — L'auteur 
de Roland furieux avait d'illustres amis 
dans toutes les branches des sciences et 
des arts. Sa réputation était immense et 
certainement la peinture avait reproduit 
ses traits. Un peintre célèbre, son contem- 
porain, Bernardino Luini, poète également, 
aurait fait le portrait de l'Arioste, si un 
vieux panneau est le témoin fidèle du 
fait. L'Arioste naquit à Reggio, en 1474, 
et mourut en 1533. Les musées d'Italie 
renferment-ils des portraits du célèbre 
poète? Je sais que des portraits en gra- 
vure ont déjà passé dans ses ventes pu- 
bliques. Pour B Lui ni, le fait me parait 
très vraisemblable. Husson. 



— Jean Bodin, l'auteur 
né à Angers en 1 529, 



Jean Bodin. 

de la République, 
mourut en 159b. 

Dernièrement, j'ai fait l'acquisition 
d'une plaquette intitulée : La harangue de 
messire Charles des Cars, evesque et duc 'de 
Lan grès, pair de France et conseiller du Roy 
en son privé conseil, prononcée aux magni- 
fiques ambassadeurs de Poulongnc, estants à 
Met{ lehuictiesme jour d' 'aoitstM .D .LXXI1I , 
tournée de latin en français par J an Bodin, 
advocat. (A Paris, chez Pierre L'Huillier, 

i573> in -4°! 20 P a g e s). 

J'ai des raisons de croire qu'il s'agit 
bien de fauteur de la République, car il 
était avocat et fit imprimer plusieurs au- 
très volumes chez le même éditeur. Tou- 
tefois, Bodin mettait toujours sur la cou- 
verture de ses livres : Bodin, angevin. 

Y aurait-il un autre Jean Bodin, con- 
temporain de celui qui nous occupe et 
moins célèbre que lui ? F. Uzureau. 



N» 1065. 



L'INTERMEDIAIRE 



— iii 



1 12 



Les familles de Candole et Hers- 
caut. — Je serais heureux d'avoir des 
renseignements sur la famille et les armes 
du baron de Candole, qui était général 
(1790) de l'armée autrichienne. Aussi 
sur la famille Herscaut de Lille en France. 
Révérend Edvvin Marriner. 

Mme Sophie Clément, peintre 

(1830). — Cette femme peintre exposa 
aux salons de 1833, 1834 et 1848, d'après 
le Dictionnaire des Artistes de M. Auvray. 
J'ai vu dernièrement un paysage très bien 
conçu et de bonne couleur, signé : Clé- 
ment, 1824, qui est certainement d'elle, 
et qui donne une note favorable de son 
talent. Elle avait exposé une vue de Mar- 
seille, des tableaux de genre. Je ne 
trouve aucune trace de son état-civil, 
naissance, décès ; quel était son nom de 
jeune fille ? La période de 1848 n'est pas 
encore tellement éloignée pour qu'un 
chercheur de Y Intermédiaire ne puisse me 
donner un renseignement. H. H. 

Anthoine Colin. — Un de nos savants 
confrères pourrait-il me donner quelques 
renseignements biographiques sur An- 
thoine Colin, apothicaire juré de la ville de 
Lyon en 1600, l'utile traducteur en fran- 
çais de Garcia d'Orta, de Cristobal Acosta 
et de Nicolas Monardès ? Je sais seulement 
qu'il était frère d'un Claude Colin, et de 
Cosme Colin, chirurgien lyonnois,et poète 
à l'occasion. R. Dumon. 

Le buste de Colin d'Harîeville. 

— Exposé au salon de 1866 (n° 2.687), 
il était destiné à la façade de l'Hôtel- 
de -Ville de Maintenon. Un aimable 
intermédiairiste pourrait-il me donner 
sur son acceptation , sa pose (vers 
1866), etc., quelques détails faciles sans 
doute à retrouver dans les délibérations 
du Conseil municipal ? Peut-il me les 
envoyer directement par l'entremise de 
Y Intermédiaire ? Il est assuré déjà de toute 
ma gratitude. L. C. 

Pasquier de Coulans. — Le con- 
seiller au Parlement de Paris, Pasquier de 
Coulans, exilé à Argenton en 177 1, était-il 
le père du chancelier Etienne-Denis 
Pasquier, né à Paris en 1767 ? 

J'ai du magistrat, victime de Maupeou, 



une très intéressante lettre écrite à Ar-: 
genton pendant son exil, que je voudrais 
bien pouvoir identifier. Arm. D. 

Mademoiselle De Lille, ariiste, 
condamnée à mort. — Une demoiselle 
De Lille, que l'on disait artiste du Vaude- 
ville, fut condamnée à mort par le tribu- 
nal révolutionnaire en 1793, et sauvée 
par Saint-Romain qui la fit échapper de 
prison. Quelle est cette demoiselle De 
Lille? H. L. 

Fa iiùlle Dauffy du Jarrier. — Un 

lecteur de Y Intermédiaire pourrait-il me 
donner des renseignements sur une fa- 
mille Dauffy que l'on trouve citée à Nantes 
dès 1467 ; puis à Rennes et à Nantes à la 
fin du xvi e siècle, en la personne de Julien 
Dauffy de la Mulonnière, avocat des Etats 
de Bretagne, substitut du Procureur géné- 
ral desdits Etats en 1586, et Procureur des 
bourgeois de Nantes, vers cette même 
époque. 

En 1713, à Châteaubriant, je trouve le 
mariage N. -H. -Jean Dauffy, sieur du Jarrier, 
avec Anne-Marie Blays. Le petit-fils de 
ce dernier, René-François Dauffy du Jar- 
rier, était, en 1810, conseiller général, 
membre du collège électoral d'arrondis- 
sement du département de la Loire Infé- 
rieure, et maire de Châteaubriant. 

Je voudrais savoir : 

i° Quelles sont les armoiries de cette fa- 
mille ? 

2° S'il existe quelque filiation établie 
permettant de rattacher Jean Dauffy du 
jarrier à Julien Dauffy de la Mulonnière? 

L. d'Ebtonis. 

Gambetta à Viile-d'Avray. — Le 

21 août 1882, Martin Nadaud, questeur 
de la Chambre, écrivait à un architecte : 

On m'assure que vous devez commencer 
d'assez importants travaux pour le compte 
de Monsieur Gambetta. Ami de ce dernier, je 
vous recommande un jeune entrepreneur de 
Ville-d'Avray, etc. 

Quels étaient les travaux projetés ? 
Ont-ils été exécutés? Par quel architecte? 

En marge de la lettre sous mes yeux, 
la mention suivante : 

3 septembre. — J'ai communiqué cette 
lettre à M. Gambetta. 

Arm. D. 



DES CHERCHEURS ET CUUX RE 



30 Janvier 1905. 



"3 
ou Lenersan. — On 



114 



généalo- 



Le Nersan 
demande des renseignements 
giques sur cette famille dont quelques 
membres ont été établis en Hollande. 

Cette branche originaire de la Bretagne, 
(probablement des environs de Chàtelau- 
dren ou Guingamp), avait émigré pen- 
dant la Révolution. On aimerait à con- 
naître également ses armes. C. 

Le Roy de Saint-Arnault. — De 

quel pays était originaire la famille du 
célèbre maréchal Le Roy de Saint-Ar- 
nault ? Etait-elle noble ? En existe-t-il une 
généalogie ? Jehan. 

La mère de Louise Michel . — 

l'Intermédiaire nous apprend qu'elle se 
nommait Marie-Anne, mais le journal 
V Humanité, dans son compte-rendu des 
obsèques de sa fille, nous dit qu'on lit 
sur la tombe : Marianne. Pourquoi ce 
changement de nom ? Est-ce pour lui 
donner une tournure plus républicaine ? 
les républicains qui se disent plus avan- 
cés que les autres donnant ce nom à la 
République. 

César Birotteau. 

Paravicini. . — On demande des dé- 
tails généalogiques et héraldiques sur 
cette famille, originaire des environs de 
Corne, mais répandue en Italie, Suisse, 
Espagne, France, (Laon, Tours, Corse) 
Allemagne, Angleterre, Autriche, Russie, 
Pays-Bas, etc. 

La grand'mère de l'empereur Napo- 
léon i er était une Paravicini et on de- 
mande spécialement des détails sur cette 
branche dont des membres sont encore 
établis actuellement en Corse (Ajaccio). 

Les archives centrales de cette famille 
sont, sous la direction du soussigné et de 
M. E. von Paravicini, à Kladno (Bohè- 
me). 

Rotterdam. 



W. H. Croockewit. 



Les descendants de Tallien. — 
De son mariage avec Thérésa Cabarrus, 
le conventionnel Tallien a eu une fille, 
devenue comtesse de Narbonne Pelet. 
Mais il faut qu'il ait eu également un fils, 
car j'ai lu dernièrement, dans le Journal 
officiel, la nomination d'un M. Tallieri- 
Cabarrus comme consul. Quelle est sa 
filiation ? Paul Pinson. 



L'Esprit follet de Mile Testard.— 

En novembre 17 13, Paris s'amusa folle- 
ment d'une histoire surnaturelle qui cou- 
rut de bouche en bouche et parvint à la 
Cour. 

La fille d'un magistrat de la Chambre 
des Comptes, Mlle Testard, « âgée de 18 
ans, fort jolie et fort répandue dans le 
monde », dit Clairambault, était tourmen- 
tée toutes les nuits dans son lit par un lu- 
tin qui ne lui laissait pas un instant de 
repos, et qui, pour être invisible, n'était 
nullement impalpable. 

On en fit des gorges chaudes. Les chan- 
sonniers du temps, jugeant que cette 
jeune personne agitée avait besoin d'un 
mari plus que d'un exorciste, rimèrent 
sur elle plus de vingt chansons assez 
irrévérencieuses. Beaucoup sont restées iné- 
dites malgré la publication du Recueil de 
Ma u repas. 

Cependant tout le monde ne partageait 
pas un tel scepticisme. La maison et le lit 
de Mlle Testard devinrent un lieu de pè- 
lerinage pour les fervents des sciences 
occultes. Fontenelle lui-même s'y rendit, 
accompagné de l'abbé Dubois, et l'on 
prétend que tous deux sortirent de là con- 
vertis aux mystères du monde enchanté. 
(Corresp. de Madame, Edition Jaeger, II, 

P- 134). 

Quels autres détails connaît-on sur cette 

anecdote et que devint Mlle Testard ?Une 
note du Nouveau siècle de Louis XIV, 
1793, t. IV. p.340, prétend qu'elle épousa 
M. de Burande (?). Ce nom de famille 
m'est tout à fait inconnu. 

Un Passant 

Famille Yon. — - Nous désirerions 
avoir des renseignements généalogiques 
sur : 

1" Yon, commissaire des guerres qui 
demeurait à Paris, rue Saint-Honoré en 
1771 ; 

2 Robert Jean-Antoine, Jean et Etienne 
Yon, frères, maintenus dans leur noblesse 
par arrêté du conseil d'Etat du Roy du 9 
août 1672, et remontant jusqu'à 1511. 
Ils étaient fils de Pierre Yon, écuyer, sieur 
de La Rivière et de Catherine Siméon. 
(Extrait d'un manuscrit du cabinet 
d'Hozier) ; 

3° Geoffroy Yon, échevin de l'Hôte lde 
ville de Paris, qui avait épousé Dame Ca- 
therine Baillot. 



N» io6. 



L'INTERMEDIAIRE 



i iî 



1 16 



Nous possédons un portrait ancien sur 
lequel figure la mention suivante : Yon, 
échevin à Paris, anno 1008. Etatis suce 
65. Ce portrait porte un écusson d'azur 
à la montagne d'argent^ chargé de } pen- 
sées au naturel. . 

S'applique-t-il par hasard à Geoffroy 
Yon qui précède ? Yon, commissaire des 
guerres, portait les mêmes armoiries, ce qui 
indique qu'il avait la même origine. 

Quant à Robert-Jean-Antoine, Jean et 
Etienne Yon, ils portaient d'or à la bande 
d'azur accompagnée en chef d'un lion de 
gueules. Malgré ces différences dans leurs 
armoiries, ces divers personnages peu- 
vent-ils être considérés comme ayant une 
origine commune et se rattachant aux 
Yon v?nus d'Angleterre ou mieuK d'Ir- 



lande vers 1500 ? 



XX. 



Ai voiries à retrouver. — Jacques 
Gauchcry était correcteur en la Chambre 
des comptes en 1477. M. ^ e comte d'Yar- 
ville le cite dans son livre sur la Cham- 
bre des Comptes, mais ne donne pas ses 
armes. Serait il possible de les retrouver ? 
Cette famille était possessionnée dans la 
Mayenne ; ses membres, qualifiés écuyers, 
étaient, au xvn e siècle, seigneurs d'Orgères, 
de Grandcbamp et de Villeune. E. T. 

Armoiries à déterminer : parti : 
au 1, parti-émanché d'argent et do 

gueules... — Dans un missel du xv e siè- 
cle, provenant de Manheim, appartenant 
aujourd'hui à la bibliothèque de Munich, 
et qui a figuré, à Paris, dans l'exposition 
récente des Primitifs, missel qui a été fait 
pour Jacques Cœur ou pour un membre 
de sa famille, on voyait autrefois, sur 
plusieurs feuillets, les armes du célèbre 
argentier, avec la devise : A vaillants 
cœurs, rien d' impossible. Mais, dans la 
suite des temps, un des propriétaires de 
ce missel a fait effacer les armes de Jac- 
ques Cœur, en conservant la devise, et a 
fait peindre ses propres armes qui sont : 
parti: au imparti émanché d'argent et de 
gueules ; au 2 coupé ; au 1 fascé d'azur 
et d'or de 8 pièces, au 2 de gueules plein 
A quel personnage appartenaient ces 



armoiries 



E. T. 



Armoires à déterminer : écu 
•îcarteli ;aul, d'azur. — Possédant 
plusieurs pièces de cristal dont j'ignore la 



provenanceje serais reconnaissant à l'in- 

termédiairiste qui pourrait me renseigner 
au sujet des armes-ci-dessous. Je ne suis 
pas très fort dans la science du blason, 
mais vais néanmoins tâcher de décrire les 
armoiries. Heu ècarielé ; au 7, d'azur à l'é- 
toile au centre. Au 2, de gueules à l'épié 
haute en pal d'argent. Au 3, de sinople, 
au sabre courbé en pal ; et au p, d'argent 
charge d'une quintefeuitte en chef et d'un 
tortil en pointe. L'écu est surmonté d'une 
toque de baron militaire. 

B. M. 

Armoiries d'un bibliophile. Tour 
crénelée de cinq pièces. — Un livre 
relié au xvm e siècle porte sur les plats des 
armoiries très simples : une grande tour 
crénelée de cinq pièces dans un écusson 
ovale, sans cimier, nidevise, ni tenants. 

Le libraire qui me l'a vendu attribue 
ces armes à Chartraire. Si Guigard ne se 
trompe pas, la tour de Chartraire était 
crénelée de trois pièces. Ce livre serait 
donc aux armes d'une autre famille ; mais 
laquelle ? 



*** 



Cadet Rousselle. — Ce héros de 
chanson a-t-il réellement existé ? La 
Revue Universelle l'a affirmé. Pour l'au- 
teur de l'article, Cadet Rousselle était un 
mendiant, découpeur d'images. 

M. Colson, en note, page 121 de son 
étude le Cycle de Jean de Nivelle, écrit : 

On a voulu à tort retrouver le personnage 
dans un mendiant connu à Douai sous le nom 
de Cadet Roussel, dont le portrait sign» Charles 
Dropoy figure au musée de cette ville. Le vrai 
nom de ce malheureux e'tait Guy Rouxelle 
(prononcer Rousselle). Après avoir habité suc- 
cessivement Lille, Cambrai et Douai, il mou • 
rut en cette dernière ville en 1820 ou 1821. 
L'histoire de Guy Rouxelle a fait l'objet d'un 
article dans la Revue hebdomadaire, n° du 
2 décembre i8aQ,d'où il résulte que la ressem- 
blance du nom est une simple coïncidence. 

En sorte que ce n'était point le men- 
diant de Douai qui :i donné son nom à la 
chanson, mais la chanson qui a donné son 
nom au mendiant. 

Devons-nous nous contenter de cette 
explication ? Nos collaborateurs lillois ou 
douaisiens n'ont-ils pas quel pie argument 
inédit à opposer à cette opinion ? Leur 
Cadet Roussel est-il bien Cadet Roussel ? 
Ou faut-il renoncer à retrouver l'origine 
de ce type de chanson populaire? Y. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Janvier 1905. 



117 



Exergue. — Ce mot, qui a une 
signification précise, est constamment 
employé de travers clans les journaux et 
quelquefois même dans l'Intermédiaire. 

Cependant, les encyclopédies et les 
livres spéciaux de numismatique nous 
enseignent qu'il ne faut jamais, dans la 
description des médailles, jetons, ou 
monnaies, confondre la légende, l'inscrip- 
tion ou l'exergue. 

Ce même mot est-il employé en dehors 
de la numismatique ? Pietro. 

Les huguenots. — J'accepterais avec 
reconnaissance les réponses des intermé- 
diairistes quant aux publications généalo- 
giques des familles huguenotes en France 
depuis le xv e siècle ; et, aussi, spéciale 
ment, quant aux collèges huguenots en 
France, et les registres des noms des étu- 
diants, etc. depuis le commencement de la 
Réforme. 

Révérend Edwin Marriner. 



« Le convalescent de qualité ». — 
Quel est l'auteur de cette pièce qui a été. 
paraît il, la dernière création de Clairval ? 
A quelle datea-t-elle été représentée ? 

P. Pons in. 

Souvenirs d'un vieux libraire. 

— Il se trouve dans ma bibliothèque bi- 
bliographique les deux volumes suivants: 
Souvenus d'un vieux libraire ', Paris, 1885, 
Les étapes de Gutenberg, comédie, Paris, 
1889, qui porlent tous deux comme nom 
d'auteur Louis Leriche ; cependant 1 un 
des deux porte un envoi d'auteur signé : 
Louis-Philippe Reichel, d'après ce que je 
lis. Louis Leriche serait donc un pseudo- 



? 



il} 7 me r 



Myriobibîon. 



CÉSAR BlRÛTTEAU, 



- Pourquoi dit-on 
Myriobibîon, et non Myriobiblion, comme 
on dit Polybiblion, Philobiblion, eîc ? 

Myriobibîon est le titre d'un ouvrage de 
Photius (voir Brunet, Manuel du libraiie, 
art. Photius). C'est aussi le titre d'un ou- 
vrage de Gabriel Peignot. (Voir J. Simon- 
net, Essai sur la vie et les ouvrages de Ga- 
briel Peignot, p. 177). G. G. 

Le tambour de Wattignies. — 

U Eclair ayant annoncé le projet d'élever 
une statue à Stroh, petit tambour mort à 






„8. 

Wattignies, a reçu la 
Monsieur le directeur, 



lettre suivante 



J'avais lu qu'un comité devait se former 
pour élever un monument à Stroh, comme 
étant le tambour de Wattignies, et je me 
proposais d'appeler son attention. Devant 
l'article qne V Eclair a publié ce matin, il 
faut de suite couper les ailes à la légende. 

Trois frères Stroh servaient en 1793 au 
89e régiment d'infanterie (ex- Royal-Suédois) : 
Joseph, né en 1756 :i Dunkerque ; Adam, né 
au corps à Buding, en 1760; Julien, né au 
corps à Landau, en 1765. 

Tous trois, « enfants du corps », ont été 
tambours, mais Joseph était sergent à la 162 9 
demi-brigade en 1794 ; Adam, caporal tam- 
bour en 788, devenu tambour-major, a été 
retraité en 1805 et est décédé en 1824. Il 
reste donc Julien, qui disparait en 1793. 

Julien, plus grand que ses frères, avait 
i m. 73. H n'était donc pas petit de taille, 
mais c'était le « petit » Stroh, parce qu'il 
était le dernier, de beaucoup le plus jeune, 
et pour le distinguer on devait l'appeler 
ainsi. 

Donc, le petit tambour de Wattignies, si 
c'est Stroh, du 89 e , avait 28 ans et 1 m. 73 ! 

Age et taille ne retirent pas le mérite de 
la mort glorieuse et du service rendu, et c'est 
précisément le respectueux souvenir qu'on 
leur doit qui s'oppose à immortaliser un 
homme sous les traits d'un enfant. 

S'il y eut un entant tambour qui se dis- 
tingua à Dourlers, — c'est très vraisemblable, 
car les jeunes tambours étaient nombreux 
alors. — ce tambour ne s'appelait pas Stroh . Et 
si faction est réellement et sûrement impu- 
table à Stroh, ce tambour n'était pas un en- 
fant. 

Elever un monument au tambour de Watti- 
gnies, impersonnel, est très bien ; y mettre 
un nom, celui de Stroh, serait commettre une 
erreur, et c'est un exemple de plus du danger 
de se fier, sans les contrôler, aux légendes 
locales qui ne reposent que sur des souvenirs 
et que des documents contemporains n'é- 
tayent pas. 

Veuillez agréer, monsieur le directeur, 
l'assurance de ma considération distinguée. 

Qui a raison : du comité ou de l'auteur 
de cette lettre ? 



Cuisse de nymphe émue. — A 

quelle date remonte l'usage de cette 
expression ? 

On la regarde généralement comme 
inventée au xviu e siècle, et c'est vraisem- 
blable ; mais je n'en connais pas d'exem- 
ples antérieurs au romantisme. 



*** 



N" 106= 



L'INTERMEDIAIRE 



MO 



120 



que Jacque- 
I'héroïnc, ait 



mi-tome* 

Les frères de Jeanne d'Arc (LI, 
t;o). — J'ai vu en 186.4, à Cherbourg, un 
liëutënaht-coldhel du nom de Melcion 
d'Arc ; on disait qu'il descendait de la fa- 
mille de la bonne Lorraine. L'article de 
M. P. Lestret nous fait connaître que Ca- 
therine Corviset avait épousé d'abord 
Jacquemin du Lys {ou d'Arc), puis Jac- 
ques le Melcion de Ruppes. Si elle a eu des 
enfants de ce second mariage, ceux-ci 
auraient-ils été autorisés à joindre au nom 
de Melcion le nom illustre du premier 
mari de leur mère ? Ce serait plausible, 
si Catherine Corviset n'a pas eu d'enfants 
de son premier mariage. V. A. T. 

Rien ne semble indiquer 
min Darc, le frère aire de 
eu une fille. 

Dans ses deux opuscules, intitulés l'un : 
De l'extraction et parente de la Pucelle 
d'Orléans, et l'autre : Traite sommaire, 
tant du nom et des armes que de la naissance 
et parenté de la Puce/le d'Orléans et de ses 
frères, Charles du Lis, descendant de 
Pierre du Lis, qui fut le plus jeune frère 
de Jeanne, parle de Jacquemin à diverses 
reprises et le représente chaque fois 
comme étant mort sans postérité. 

Voici ce qu'il écrit une première fois : 

« Et de ce premier frère aisné de la 
« Pucelle, ne s'en trouve beaucoup de mé- 
« moire, pour ce qu'il demeura sur les 
»< lieux, quand sa sœur vint en France 
« accompagnée de ses deux autres frères, 
« et y est mort sans enfans auparavant 
« ses deux autres frères ». 

Voici en quels termes Charles du Lis 
revient sur cette première attestation, 
comme afin de la souligner : 

<< Quant au premier frère aisné de la 
« dite Pucelle, nommé Jacquemin, s'en 
« trouve peu de mention par les contracta, 
« ny par les histoires, pour ce qu'il de- 
« meura sur les lieux près de ses père et 
« mère pour supporter le mesnage de la 
« maison, quand la Pucelle sa sœur par- 
« tit pour aller servir le Roy, accompagnée 
« de ses deux autres frères, et y décéda 
« sans enfans peu de temps après, de re- 
« gret et de desplaisir, aussitost qu'il 
« sceut les tristes nouvelles de la cruelle 
« mort de la dite Pucelle | sa sœur ». 



Je n'apprendrai rien à l'honorable cor- 
respondant en lui disant que la bibliothè- 
que de Carpentras possède un arbre gé- 
néalogique de la famille Darc dressé par 
Charles du Lis lui-même. Or le frère aine 
de Jeanne est ainsi classé dans le manus- 
crit n° X que j'ai eu sous les yetix : 

IACQUEM1N 

décédé sans hoirs peu 

après son père 

Les généalogies de la famille Darc doi- 
vent, ce me semble, inspirer quelque rtié- 
fiance, quand elles contredisent celle qui 
fut dressée par le quatrième descendant 
du troisième frère de Jeanne. Les erreurs 
y furent-elles toujours involontaires ? 
C'est une question qu'on a le droit de se 
poser. Quoiqu'il en soit, elles eurent le plus 
souvent une noble excuse, le nom de 
Darc étant de ceux qui jettent sur les fa- 
milles un éclat tout particulier. 

Il y a. un homme bien renseigné sur 
tout ce qui concerne la généalogie des 
Darc. C'est M. Chevelle, ancien notaire à 
Vaucouleurs, aujourd'hui domicilié à 
Nancy. Il est l'auteur d'une fort intéres- 
sante brochure sur Durand Laxart, l'on- 
cle de Jeanne, et je ne serais pas autre- 
ment surpris qu'il eût des renseignements 
sur la postérité de Jacquemin, au cas où 
il aurait laissé des enfants. Le mieux se- 
rait de lui écrire à Nancy ou à Vaucou- 
leurs. C'est un modeste et un érudit,à la 
disposition de ceux qui veulent voir de 
près, toujours de plus près, la plus glo- 
rieuse figure de notre histoire. 

Ci.ovis Hugues. 

Barbe-Bleue et Gilles de Retz. 
(L, 833, 901 ; LI, 21). — Gilles de Laval, 
baron de Retz, est un personnage fort 
connu dans l'histoire, grâce à Monstrelet. 
Le vieux chroniqueur en parle souvent 
dans son ouvrage, et c'est la source où 
les historiens contemporains, Micheîet, 
Guepin et plusieurs autres, ont puisé la 
plupart de leurs renseignements ; mais, 
d'autres chroniques moins connues ont 
raconté aussi la lamentable histoire du sei- 
gneur Barbe-Bleue. 

Sa baronnie était située dans le pays de 
Retz; il faut orthographier ainsi, et non 
Rays ; j'émets cette opinion basée sur le 
vu d'un grand nombre de titres que j'ai 
compulsés pour une étude sur les usages 
locaux de ce pays. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Janvier 1905. 



121 — 



122 



Les vieilles chroniques bretonnes nous 
apprennent que le baron de Retz, un « vi- 
veur » et un prodigue, vendait à vil prix ses 
belles terres de Pfigrii, de Vue, de Saint- 
Michel Chef-Chef et autres droits, terres, 
rentes et revenus enclavés dans sa ba- 
ronnie. 

L'évêque de Nantes, Jean de Malestroit, 
et l'abbé Guillaume de Malestroit. disent 
les chroniques, ne se faisaient aucun scru- 
pule de profiter de ces prodigalités en se 
rendant acquéreursdes biens que le baron 
mettait en vente pour s'en faire argent. 
lis auraient voulu, peut-être, accaparer 
tous ses biens, et c'est pour ce motif 
qu'une brouille survint entre Gilles de La- 
val et les puissants acquéreurs d'une no- 
table partie de ses terres. Gilles de Retz 
prit alors un parti très sage : il quitta le 
pays, se mit au service du roi Charles Vil 
et se couvrit de gloire en combattant à 
coté de Jeanne d'Arc. 

Il revint au pays de Retz, comblé d'hon- 
neurs et de dignités, et fier d'avoir été 
choisi pour porter la sainte ampoule au 
sacre du roi. 

Comment tout cela n'aurait-il par excité 
la haine et la jalousie des Malestroit, qui 
firent l'impossible pour faire tomber sur 
la tête de Gilles de Retz, les foudres de 
la justice sévère de Pierre de l'Hospital, 
grand justicier pour toute la Bretagne. 

Il voulait la justice égale pour tous ; 
c'était une pure utopie au milieu du 
xv° siècle. 

On comprend très bien pourquoi le 
grand juge confia aux Malestroit l'exécu- 
tion de ses mandats et ordonnances contre 
le baron de Retz; si ce dernier n'avait eu 
d'aussi puissants ennemis, toutes les or- 
donnances seraient, comme on dit, restées 
lettres mortes. 

Cette circon tance ne prouve donc pas 
que les crimes de Gilles de Retz étaient 
imaginaires, elle explique les sympathies 
que ses contemporains témoignèrent au 
grand criminel coupable de massacre d'en- 
fants de différents âges, qui avaient été 
victimes de sa lubricité. 

« Pourtant, pour la mort duquel grant 
« partie des nobles du pays de Bretagne, 
« et spécialement ceux de son lignage, en 
« curent au cœur très saignante douleur et 
« grande tristesse, car avant que cette ad- 
« ventùrë lui advint il était moult renom- 
« mé d'être très vaillant chevalier en 



«armes». (Extrait d'une ancienne chro- 
nique manuscrite de la Bibliothèque de 
Nantes). 

Joseph de Trémaudan. 



* * 



11 n'est guère admissible que Gilles de 
Rais eût pu être le prototype du person- 
nage de Barbe-Bleue . Il n'eut, en effet, 
qu'une femme, Catherine de Thouars, 
qu'il ne passe pas pour avoir maltraitée 
et qui lui survécut. — Son genre de 
| cruauté le rapprocherait plutôt des ogres 
avides du sang des petits enfants. 

P. du Gué. 

Un Edit de He^ri îï (XLIX, L). — 
Voir Intermédiaire, XLVI, 230. ^ 

'chelieu au théâtre (LI, 4, 84). — Un 
ancien député de Reims, M. Eugène Cour- 
meaux, a fait, en collaboration avec un de 
ses compatriotes M Honoré Thomas, et le 
président de « la Société des conférences 
! populaires » de Paris, M. Emile Guérin- 
Catelain, un drame en huit tableaux, inti- 
tulé Richelieu- ou la Journée des dupes. 

C'est un épisode dramatique de cette 
conspiration des nobles de 1030 qui coûta 
vie au maréchal de Marillac. Le mi- 
nistre de Louis XIII y joue un des princi- 
paux rôles : la grande figure historique de 
cet homme d'Etat qui travailla avec tant 
d'ardeur à fonder l'unité française, est 
très bien étudiée. 

Au début du xix° siècle, un littérateur 
bien connu, Népomucène Lemercier, avait 
déjà traité ce même sujet : sa pièce reçue 
en 1804, avait été arrêtée par la censure 
impériale et n'avait jamais été imprimée ; 
au dire des anciens critiques, elle était 
mal écrite, sèche et sans intérêt. Un ré- 
mois, M. H. Thomas, eut l'idée delà re- 
prendre en 1847 et en fit un drame en 
cinq actes qui fut reçu au théâtre de 
l'Odéon et dont les répétitions furent in- 
terrompues par la révolution de 1848. 
Déjà à cette époque, M. Eugène Cour- 
meaux, alors bibliothécaire de la ville de 
Reims, en fit l'objet d'un intéressant rap- 
port à la société académique locale. Mais 
cette œuvre n'était pas définitive : 
M, Courmeaux lui-même, avec son ami 
M G uérin-Catelain compléta et acheva ce 
drame qu'il eut, avant sa mort, l'inten- 

: de faire représenter au théâtre de 



N. 1065. 



L'INTliRMÊDIAIRE 



— 12: 



124 



Reims et qui fut imprimé dans cette ville, 
à l'imprimerie du journal YEclaireur de 
l'Est en 1897. Je tiens à la disposition de 
notre collaborateur, M. Pont-Calé, un 
exemplaire de cette picce de théâtre ainsi 
que le rapport de M. Courmeaux sur le 
premier drame de 1847. 

Gustave Laurent. 

Duc de Penthièvra (LI, 3). — Le 
duc de Pentbièvre (Louis-Jean-Marie de 
Bourbon) sa vie — sa mort. (1725-1793). 
D'après des documents inédits, par Honoré 
Bonhomme. Paris, librairie de Firmin- 
Didot, 1869, in- 12 de 348 pages. 

Louis Calendini. 

* 

J'ai lu dans le livre de Léo Claretie sur 
Florian des pages documentées sur le duc 
de Penthièvre, avec des références aux 
ouvrages le concernant. G. V. 

Les ecclésiastiques et la cons- 
cription (L, 948 ; LI, 17). — Deux dé- 
crets réglèrent leur situation. 

Celui du 8 nivôse an XIII, voir Bulletin 
des lois, vol, 30, p. 97, sur la levée de 
l'an XIII. 

Les sous-diacres seront rayés des listes. Les 
autres ecclésiastiques peuvent également être 
placés dans la réserve. 

Celui du 7 mars 1805 (vol. 34, p. 41) : 

Les ecclésiastiques exempts de la cons- 
cription et de la garde nationale doivent être 
promus au sous-diaconat. 

Un rat de bibliothèque. 
* 
* * 

Ainsi posée, la question de notre con- 
frère M. X donne lieu à une distinction 
que M. F. U, dans le n° du 10 janvier, 
a prévue, mais n'a pas suffisamment 
précisée dans sa réponse. 

Il faut répondre : les ecclésiastiques 
engagés dans les Ordres majeurs, c'est-à- 
dire, le sous-diaconat, le diaconat et la 
prêtrise, étaient exemptés de la conscrip- 
tion militaire et du service dans la garde 
nationale. 

Mais les ecclésiastiques engagés dans 
les ordres mineurs, qui n'astreignent 
pas le sujet au célibat et laissent 
libres ceux qui les ont reçus de rentrer 
dans la vie séculière, pouvaient être ap- 
pelés en temps de guerre, et ils le furent 
presque toujours au service actif. Parfois 
même, le terrible despote envoya au ré- 
giment des diacres, et même des prêtres, 



qui lui étaient signalés, comme frondeurs. 
J'ai eu pour supérieur dans un collège 
libre un vénérable ecclésiastique, mort 
depuis longtemps, et qui étant déjà dia- 
cre, avait été envoyé avec plusieurs au- 
tres à Wésel, en Hollande, pendant Tan- 
née 1813, dans Lin régiment d'artillerie. 

Aug. Paradan. 

Louis XVII. Documents inédits 
(T. G., 532 ; XL1X ; L, 227, 293). - De 
la Légitimité, n° du 1" janvier 1905 : 

Une question à V Intermédiaire des cher- 
cheurs et à M. Tastevin spécialement : 

Dans son numéro du 20 août dernier, h 
propos de documents inédits sur Louis XVII 
(col. 227 à 230), cette revue trimensuelle a 
publié l'extrait suivant d'un Journal poli- 
tique publié en russe à Moscou (Imprime- 
rie de l'Université) 0111794 et 1795 '• Numéro 
d'avril iyç 5. 

Au dire de personnes dignes de foi, ou 
n'aperçoit plus au Temple le malheureux 
Louis XVli. Les uns disent qu'il est mort 
par suite des agissements de Robespierre, 
d'autres affirment qu'il a été enlevé. 

Or, les mois précédents, le même Journal 
politique ayant donné de bonnes nouvelles 
sur la santé du Dauphin, comment les agis- 
sements de Robespierre, mort depuis neuf 
mois, auraient-ils pu provoquer à si long 
délai une mort si prompte et si imprévue? 

M. Tastevin aurait-il par hasard confondu 
l'année 1794 avec l'année 1795 ? — Sinon, 
que penser de cette nouvelle plus que sin- 
gulière ? — 11 est vrai que celles qui là pré- 
cèdent ou qui la suivent ne manquent point 
d'être bizarres, elles aussi ! 

Alexis Duboscq. 

Livre ignoré sur Louis XVÎI (L, 
106, 355, 705, 957, LI, 18, 63) — On 
trouve dans les Causes célèbres d'Armand 
Fouquier (éditées en 1857 et années sui- 
vantes, chez Lebrun, rue des Saints-Pè- 
res, puis rue de Verneuil) dans le fasci- 
cule consacré aux Faux Dauphins, de très 
longs détails sur le personnage qui s'inti- 
tulait le duc de Normandie, et fut, après 
avoir été incarcéré à Sainte-Marguerite de 
Milan, arrêté le 29 août 1833, à Paris, 
condamné en cour d'assises, sous le nom 
d'Ethelbert-Louis-Hector-Alfred, se disant 
baron de Richemond, à douze ans de dé- 
tention. Ecroué le 4 novembre 1834 à 
Sainte-Pélagie, il s'évada au moment d'ê- 
tre transféré à Clairvaux, le 19 août 
1835, s'enfuit à l'étranger, rentra en 
France après l'amnistie de 1840 ; et, après 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



125 



126 



50 Janvier 1905 



la révolution de 1848, adhéra à la Répu- 
blique, adressa a l'Assemblée nationale 
des réclamations datées de « son domi- 
cile politique », boulevard Beaumarchais, 
83; envoya, le 27 Mars 1849, à la du- 
chesse d'Angoulême, une assignation en 
reconnaissance d'état, qui demeura sans 
effet. Le travail que nous résumons ne le 
suit pas plus loin. 

Son portrait est à la page 13 du fasci- 
cule « Les faux Dauphins ». On ne dit pas 
s'il était marié, ni où et quand il est 

mort. V. A. T. 

* 
» * 

Richemont mourut le 11 août 1853, au 
château de Vaux-Renard, canton de Ville- 
franche (Rhône), chez Mme la comtesse 
d'Apschier. ( 

Je ne sais où il a été enterré, k mais je 
crois qu'il est le seul des faux dauphins 
sur la tombe duquel on lise : Louis XVII, 
roi de France. Martin E. 

■*• 

M. G. Lenôtre a découvert récemment 
un document précis qui établit l'impos- 
ture de Richemont; il ne l'a pas encore, 
croyons-nous, rendu public. X. 

M. Thiers (T. G., 379). — On a de- 
mandé autrefois sous quel titre on pouvait 
lire la relation de voyage en Allemagne de 
monsieur Thiers. 

Monsieur Thiers n'a rien publié sur ses 
voyages en Allemagne. Vandevelde. 

Général de Morgan (LI, 10). — Il 
s'agit évidemment de Jacques-Philippe 
(ou Polycarpe) baron de Morgan, né à 
Amiens le 25 janvier 1759. — Sa famille 
devait être d'origine irlandaise. 11 entra 
comme sous-lieutenant dans le régiment 
irlandais de Dillon (service français) en 
1777, devint, en 1782, capitaine dans la 
Légion de Luxembourg (au service de la 
Hollande), fut, de 1790 a 1792, comman- 
dant de la garde nationale (d'Amiens ?J 
et fut nommé, le 13 novembre 1792, 
aide de camp provisoire de Dumouriez, 
avec grade de lieutenant-colonel. Le 20 
mars 1793, Dumouriez le nomma colonel 
du p e Hussards. Morgan, qui s'était distin- 
gué par ses services et avait été blessé, 
fut néanmoins dénoncé, vers octobre 
1793, comme étant « un reste impur de 
la cour de Dumouriez ». Il avait été, en 
mars 1793, imposé comme colonel à son j 



régiment (ci-devant Hussards de la Liberté, 
levés en septembre 1792) et Dumouriez 
avait dû licencier trois compagnies qui 
refusaient de le reconnaître. Les hus- 
sards, à leur tour, firent destituer leur 
chef en octobre 1793. Mais Morgan lui- 
même n'était pas dépourvu de l'esprit 
d'intrigue. Le 18 décembre 1794, il se 
faisait réintégrer dans le commandement 
du 9 e Hussards, mais il ne semble pas 
avoir rejoint. Le 13 juin 1795, il fut 
nommé général de brigade. Après les 
journées de vendémiaire (octobre 1795), 
il fut de nouveau destitué. Porté sur la 
liste des déportés après la journée du 18 
fructidor (4 septembre 1797), il put se 
cacher. Réintégré dans son grade après 
le 18 brumaire (novembre 1799), il ne 
fut employé qu'en 1802 et envoyé à 
Saint-Domingue. 

Il y fut fait prisonnier en 1804, emmené 
en Angleterre, et, grâce à son ancien 
général, Dumouriez, échangé presqu'aus- 
sitôt. 11 fut ensuite employé à l'intérieur, 
puis à Naplcs en 181 1 et a l'armée d'Es- 
pagne en 181 2 ; il eut un commande- 
ment à la Première Restauration et servit 
dans la Somme pendant les Cent Jours. 
La seconde Restauration le mit à la re- 
traite en août 1815, et c'est alors qu'il 
doit avoir reçu le rang honoraire de lieu- 
tenant général. Il fut incarcéré le 16 jan- 
vier 18 16 et mis au secret à la Force, 
comme inculpé de conspiration et de 
correspondance avec Dumouriez. Il fut 
remis en liberté le i tr août 1816, sans 
avoir pu obtenir de passer en jugement. 
La Biographie nouvelle des Contemporains 
dans le vol. XIV, publié en 1824, nous 
apprend que de 18 16 à 1824 le général 
de Morgan vécut dans la retraite, s'occu- 
pant de la rédaction de ses Mémoires qui, 
croyons-nous, n'ont pas paru. La Biogra- 
phie déjà citée ajoute : « On pense gêné- 
es ralement que, pendant plusieurs années, 
« il a été très utile à un personnage émi- 
« nent qui mettait à profit la (sa ?) con- 
« naissance des hommes et des choses ». 
Le général baron de Morgan n'est 
mort que le 4 septembre 1843. 

Voir la Biographie citée plus haut, 

l'Historique du 9 e Hussards, le Moniteur. 

11 appartenait peut-être à la famille de 

Morgan de Belloy, fixée à Amiens, et qui 

a fourni d'autres personnages distingués. 

S. Churchill. 



N° 1065. 



L'INTERMEDIAIRE 



127 



128 



lieutenant général Baron Maru- 



Le général Marvdaz (XLVI1I). —Je 
reçois de mon excellent ami le baron 
Marulaz la note suivante qui répond à la 
question posée il y a déjà longtemps dans 
Y Intermédiaire : 

Le général Marulaz qui a défendu Besançon, 
n'a pas laissé de Mémoires écrits par lui. Je 
possède seulement 02 feuilles manuscrites et 
datant de 1832, elles sont reliées et portent 
sur la couverture l'indication suivante : 
Mémoires du 
laz. 

Ce manuscrit a pour auteur un prêtre dont 
mon père m'a dit le nom, que j'ai oublié. II 
a été certainement soumis à mon grand père, 
et il est demeuré à Filain jusqu'en 1842, épo- 
que à laquelle il a été remis à mon père. lia 
été écrit d'après des pièces justificatives dont 
je possède pas mal d'originaux. ]'ai aussi 
l'histoire du blocus de Besançon que M. 
Liminon a vue vers 18 14. Ce document incom- 
plet (il ne contient que 136 pages), porte au 
crayon leN° 2. 

En comparant le cahier relatif à la défense 
de Besançon et les Mémoires, on peut se 
convaincre que l'auteur des Mémoires l'avait 
eu entre ses mains. 

Baion Marulaz, 
Inspecteur des Chemins de Fer du Midi. 

L'auteur de la note que je viens de 
reproduire est Faîne des petits-fils du 
Général. 

Le vicomte de Bonald. 

Poërio, commandant à la Légion 
étrangère (L, 894) — Voici un com- 
plément de renseignements sur Raphaël 
Poerio, dont j'ai déjà donné les états de 
service. 

11 avait quatre frères : 

i° Poerio Dominique, lieutenant au I er 
de ligne napolitain, « mort en Espa- 
gne le 21 décembre 1808, en défen- 
dant une pièce de canon dans la re- 
traite » ; 

2 Poerio Annibal, enseigne de vais- 
seau, blessé et fait prisonnier sur le brick 
VEpeivier, au combat du 3 mai 1810; 

3 Poerio Léopold, major attaché àl'état- 
major de la division occupant les îles 
Ioniennes et commandant l'île de Cerigo 
lors du débarquement des Anglais (no- 
vembre 1809), fait prisonnier et interné 
sur le ponton le Canada en rade de Cha- 
tam ; 

4" Poerio Joseph (baron), (magistrat à 
Naples sous Joseph et Murât). 

En 1849, Poerio Raphaël, ex-lieute- 



nanl-coîonel de la légion étrangère, de- 
manda, par l'entremise du ministre de 
France à Turin, à être relevé de ses ser- 
vices et à être autorisé à faire valoir ses 
droits à la retraite. 

On dut rechercher sa position : depuis 
1844, il avait cessé d'appartenir à la lé- 
gion étrangère. 

Le 19 octobre 1844, il avait été nommé 
commandant de place de Blidah, et le 
20 mai 1848, il demanda un congé de 
6 mois et partit d'Alger pour Turin où il 
prit du service dans l'armée de Ch. -Al- 
bert. Le 28 novembre 1848, il en prévint 
le ministère de la justice : de là ouver- 
ture d'une procédure où il fut considéré 
comme déserteur jugé par défaut et con- 
damné. Cette condamnation fut changée 
en une simple révocation de bon grade 
de lieutenant-colonel, commandant de 
place. 

(Décision du 15 mars 1850.) 

Pour ses services en Italie, on peut 
consulter une biographie italienne. 

Un rat de bibliothèque. 

Récits d'événements historiques 
consignés dans les anciens regis- 
tres d'état civil (L, 779, 910, 961 ; LI, 
22, 67). — Les registres paroissiaux de 
Spa, au xvn e siècle, tiennent plusieurs men- 
tions curieuses. 

L'une entre autres, relative au séjour 
des troupes françaises dans le bourg, mé- 
rite d'être reproduite. Pour l'intelligence 
des lignes que nous allons transcrire, il 
est nécessaire de rappeler que de 1671 à 
1680 les armées de Louis XIV occu- 
pèrent le pays de Liège. 

Durant les sièges successifs de Maes- 
tricht et de Limbourg, ces troupes pesè- 
rent durement sur les populations. La 
note qui est de ia main du curé Chauve - 
heid, débute en français pour finir en la- 
tin. 

1680, 15 may. Les François qui avaient 
entré icy en quartier d'hyver le 22 Qbre 
1679 sont enfin sortis. Dieu nous fasse la 
grâce de ne plus les appeler par nos pé- 
chez, et de ne les jatiais plus voir qu'en 
paradis ; gens enim perversa, avara, insolens 
et in fidelis ; servi amus Domino Deo nostro 
in sanctitate et justîtiâ,ne serviamus Franco 
in servituie ; hujics ve&anam horreant tain 
millier es quant virgines libidinem ut conju- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Janvier 1005. 



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galis usque ac virginalis castilatis, trJrepi- 
dœ tueantur honorent procacis conversatio- 
nis e/us exiUosa commercia, verborum, ut 
solet horribiliter juramenlorum pestifera 
lenocinia, complimeniorum mendacium mel- 
liflitè ; venalam pharragincm vêlai oves lu- 
pum fugiant, ut infamiam ac infernum 
effugiani, caveant ridere et tempus fallerc 
cum ipso ne miserrimè fteant et. . . {lacune ) 
infelic'iter ab ipso et cum ipso fallantur in 
ceterno. 

Traduction : 

Car c'est une nation perverse, avare, inso- 
fente, et sans religion ; servons le Seigneur 
notre Dieu dans la sainteté et la justice, afin 
de n'avoir pas à servir le l'rançois dans la 
dureté; que cetteengeance soit en horreur 
aussi bien de la part des femmes mariées 
que des jeunes filles ; qu'elles garantissent 
leur pudeur contre leurs habitudes disso- 
lues ; ils ne font entendre que des propos 
lascifs, des jurements, des plaisanteries pes- 
tiférées, des mensonges emmiellés, des 
conversations pleines de venin. Qu'elles les 
fuient comme la brebis fui: le loup, afin 
qu'elles échappent au déshonneur et à 
l'enfer. Qu'elles se gardent de rire et de 
perdre le temps avec le Français ; sans 
quoi elles pleureront misérablement avec 
lui et elles partageront son sort infortuné 
pour toute l'éternité. 

Albin Body. 

Le second Théâtre-Français (LI, 

1 1). — Le privilège d'un second Théâtre - 
Français désiré par nombre d'auteurs, en 
tête desquels étaient Victor Hugo et 
Alexandre Dumas, fut effectivement accor- 
dé, en novembre 1836, à Anténor Joly, 
fondateur du journal-programme le Vert- 
Vert. Joly était pauvre, il mit quinze 
mois pour trouver les fonds nécessaires à 
l'établissement du théâtre nouveau qu'il 
rêva un moment de bâtir près de la Porte- 
Saint-Denis, sur l'emplacement du bazar 
Bonne-Nouvelle, mais qu'il installa finale- 
ment dans la salle Ventadour, sous le 
nom de Théâtre de ta Renaissance . 

J'ai conté l'histoire détaillée de cette 
entreprise, qui dura de 1838 à i84i,dans 
un volume que je publierai vers Pâques, 
en même temps que l'édition définitive 
du travail indulgemment cité par 
M. Lyonnet et qui cataloguera les 449 
théâtres fondés à Paris de 1402 au 31 dé- 
cembre 1904. 

L. -Henry Lecomte. 



L'Institut de bieîîfaisance ma* 
ternelle à Lyon (LI, 4). — Je regrett 
très particulièrement d'être éloigné de 
mes livres et de mes notes, car je pour- 
rais aisément satisfaire à toutes les ques- 
tions que Sir Graph pourrait avoir intérêt 
à résoudre sur la fondation de cet insti- 
tut. 

Cet établissement, que Beaumarchais, 
aidé de l'archevêque de Lyon, fit placer 
sous le patronage de la reine, à la fin du 
xvm e siècle, existe encore sous le nom 
d' Œuvre de la Charité maternelle, son 
but principal est de donner des secours 
aux mères pauvres nourrissant elles- 
mêmes leurs enfants. C'est une des rares 
œuvres mixtes, où les divers cultes 
reconnus par l'Etat sont représentés. 

j'ai eu la fortune de trouver chez un 
bouquiniste infime, les lettres patentes 
de Louis XVI, signées du roi et du minis- 
tre compétent, instituant cette fondation 
sous le patronage de la Reine, datées de 
1786 ou 88. De nombreux documents.de 
nombreuses notes accompagnent ces let- 
tres, et j'avais destiné tout cela à servir 
de base à un travail d'ensemble sur cette 
belle œuvre lyonnaise, en y joignant les 
extraits des nombreux rapports qu'elle a 
publiés dans les années antérieures. Mon 
dossier est malheureusement resté intact, 
et j'ai renoncé à en tirer parti. Mais dans 
le cas où Sir Graph s'intéresserait encore 
à son contenu au mois de mai prochain, 
époque à laquelle j'espère être rentré à 
Lyon, je me ferai un plaisir de répondre à 
ses questions. Cz. 

Pandore et sainte Elpice (L, 949; 
LI, 68). — Deux correspondants me re- 
prochent d'avoir écrit qu'en la personne 
de sainte Elpice on avait canonisé une 
vertu théologale, je ne saurais m'expri- 
mer autrement. La légende d'une martyre 
nommée Sagesse, dont les filles se nom- 
ment Foi, Espérance et Charité, est une 
des premières dont le caractère purement 
symbolique est apparu non seulement à 
la critique profane, mais à l'exégèse ecclé- 
siastique elle-même. 

Sainte Elpice, dont le nom se trouve 
écrit ainsi dans le Répertoire Ulysse Che- 
valier et dans la Biographie Générale Di- 
dot-Hœfer, est ordinairement nommée 
sainte Espérance. Il semble bien que cette 



N° \o6--. 



L'INTERMÉDIAIRE 



ï3l 



132 



traduction soit à la fois inexacte et invo- 
lontairement hérétique. 

L'espérance, d'après l'excellente défini- 
tion de Littré, est « l'attente d'un bien 
qu'on désire et qu'on entrevoit comme 
probable ». Cette probabilité implique un 
doute qui n'est pas exprime par le mot 
grec que l'on prétend traduire. Elpis si- 
gnifie prescience, et par conséquent certi- 
tude. 

D'autre part, le mot foi (qui jadis équi- 
valait à confiance et traduisait exactement 
le grec Pistis) a lentement évolué, lui 
aussi, et signifie aujourd'hui croyanceaux 
dogmes, c'est-à-dire encore certitude. La 
foi, c'est le credo. 

Il s'ensuit que les noms des deux pre- 
mières vertus théologales auraient subi 
un curieux phénomène de permutation 
symétrique. Nous appelons aujourd'hui 
l'Espérance ce que les Pères grecs appe- 
laient la Foi ; et la réciproque est presque 
vraie. 

Quant à la troisième vertu, Agapé, 
« l'Amour de Dieu », nous la nommons 
toujours Charité qui signifie dans notre 
langue moderne « Pitié pour le prochain ». 
On ne saurait la rendre plus méconnais- 
sable. Candide. 

Forme primitive de la confes- 
sion (LI, 4). — Consulter Pierre Batiffol. 
Etudes d'Histoire et de théologie positive. 
Paris, V. Lecoîîre 1902, in-12 de vm - 
314 p. — Toute une étude a trait aux Ori- 
gines de la Pénitence, pp. 43-222. 

Voyez aussi le chapitre XV: La Récon- 
ciliation des Pénitents, du livre de Mgr L. 
Duchesne. Les Origines du Culte Chrétien 
(p. 420). — Paris, Fontemoing, 1898, 
in-8° de vnr-535 pages 



Louis Calendini. 



* * 



La confession auriculaire n'est deve- 
nue officielle qu'en vertu du 4 e concile 
de Latran (121 5) qui a déclaré qu'elle 
était un commandement de l'Église. 

Le concile de Chalon-sur-Saône (813) 
émit des doutes à l'égard de sa nécessité. 
On trouve, au chapitre 23 des actes de ce 
concile : 

Quelques uns disent qu'il faut confesser 
ses péchés à Dieu, d'autres prétendent qu'il 
faut aussi les confesser au prêtre. 

Le concile de Trente prenant les paroles 
de Jésus Christ « Recevez le Saint-Esprit, 



ceux desquels vous aure^ pardonne les péchés 
ils leur seront pardonnes » s'appuie sur l'au- 
torité des Pères pour les appliquer à la 
confession auriculaire. Mais de Clément 
d'Alexandrie à Bernard de Clairvaux au 
XII e , on ne trouve aucune interprétation de 
ce genre ni dans Paul de Thèbes (1 51), ni 
dans saint Cypricn, Athanase, saint Ba- 
sile, saint Ambroise, saint Martin de Tours, 
etc. 

Thomas d'Aquin reconnaît que la con- 
fession auriculaire n'a pas été d'une prati- 
que universelle dans l'Eglise catholique. 

Si les Novatiens l'ont attaquée au m* 
siècle, c'est qu'elle avait été établie occa- 
sionnellement à la suite de la persécution 
de Decius en 251, vis-à-vis de quelques 
chrétiens qui, pour avoir la vie sauve, 
avaient renié leur foi. 

Nectarius, archevêque de Constantino- 
ple, abolit plus tard (383) la fonction de 
prêtre confesseur créée pour cette circons- 
tance. 

Quant à saint Benoit au vi e siècle, s'il 
met la confession au nombre des obliga- 
tions de l'ordre qu'il fondait, c'est bien la 
preuve que cette obligation n'existait pas 
pour le commun des fidèles. 

Au surplus, d'après la doctrine de l'ab- 
bé Loisy, l'Église a reçu de Jésus Christ les 
pouvoirs nécessaires pour pouvoir l'insti- 
tuer quand et comme elle l'a voulu. 

Paul Argelès. 



* 
* * 



On trouvera les renseignements deman- 
dés dans l'Histoire de la confession sous 
ses rapports religieux, moraux et politiques, 
cheç les peuples anciens et modernes, par le 
comte C. P. de Lasteyrie. Paris, Pagnerre, 
1846, in-8. Osmîn. 

Relique du voile de la sainte 
Vierge (L, 950; LI, 69). — j'ai eu autre- 
fois, en ma possession, un morceau d'étoffe 
noire, de très petite dimension, fixé sur une 
estampe lithographiéc et provenant d'un 
couvent ou d'une église de Lorete en Ita- 
lie. Ce document donnait cette étoffe pour 
un morceau delà relique en question. 

Rolin Poète. 

La quête de Fhirondelîe§à Rho- 
des (L. 732, 886). Nous remercions 
très sincèrement notre confrère P. L. 
d'avoir bien voulu nous donner des indi- 
cations précises sur la quête de XHiron- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Janvier 1905. 



1 33 



*34 



délie à Rhodes et avec d'autant plus de rai- 
son qu'Athénée, la seule des sources indi- 
quées que nous ayons sous la main dans 
notre humble province, nous a fourni 
aussi le chant de la Corneille 

Mais ce n'est pas tout, Sainte-Beuve, 
compulsant plus tard ce qui restait des 
manuscrits d'André Chénier, y trouvait 
cette curieuse note : 

Il ne sera pas impossible de parler quelque 
part de ces mendiants charlatans qui deman- 
daient pour la mère des Dieux et aussi de 
ceux qui, à Rhodes, mendiaient pour la cor- 
neille et l'hirondelle ; et traduire les deux 
jolies chansons qu'ils disaient et qu'Athénée a 
conservées. 

Cette note a été reproduite dans l'édi- 
tion critique des poésies d'André Chénier 
de Becq de Fouquières, Paris, Charpen- 
tier, 1862, p. 131, avec renvoi 'au texte 
d'Athénée, ce qui nous fait regretter 
d'avoir un peu trop tôt mis à contribu- 
tion l'obligeance de notre aimable con- 
frère. Pour les chants de quête de Cybèle, 
et à notre grand étonnement, le commen- 
taire n'indique aucune source. 

Nous désirerions bien savoir si ces 
chants ont été conservés, ce dont nous 
n'avons point la preuve, et à tout le 
moins, où ils sont cités. 

Il ne serait pas indifférent pour nous 
de retrouver à quelle époque de l'année 
avait lieu cette quête et si, comme poul- 
ies deux autres, les quémandeurs allaient 
la nuit de porte en porte. Léda. 

Outillage gallo-romain (L. 219, 
422, 528, 570, 657, 909). — Cautère. Ce 
joli petit instrument de chirurgie est 
absolument intact, et recouvert" d'une 
patine noirâtre indiquant un métal autre 
que le bronze, mais qui n'a pas été déter- 
miné, pour éviter toute détérioration. 

L'un des bouts, après quelques orne- 
ments circulaires, porte une gouge de 
trois millimètres, devant servir au net- 
toyage de la plaie. 

Le côté opposé comprend une partie 
arrondie longue de 34 millimètres, et qui 
s'amincit au point de ne pas dépasser la 
grosseur d'une aiguille ordinaire. Il se 
termine par une petite olive allongée de 
18 millimètres, et recourbée presque à 
angle droit. Rougie à blanc, elle servait 
à la cautérisation du muscle ou de l'os 
malades. L'amincissement considérable 



dont elle était suivie s'opposait à la com- 
munication trop rapide de la chaleur au 
reste du métal. 

L'outil, dans son ensemble, a 124 milli- 
mètres de longueur, en y comprenant 
celle de l'olive. La partie centrale compte 
dans ce total pour 46 millimètres ; elle 
est carrée, avec deux millimètres de dia- 
mètre, et des angles garnis de hachures 
qui facilitaient la préhension et le manie- 
ment de l'instrument, dont l'usage s'est 
perpétué de nos jours, jusqu'à l'invention 
du thermocautère. 

Bien que le cautère existât dans une 
haute antiquité, je n'en ai trouvé, pour 
l'époque ancienne, ni dessin ni descrip- 
tion identique. Celui ci a été découvert à 
plus de 2 mètres de profondeur, dans la 
couche archéologique, avec d'autres 
objets de l'époque, non loin du balneum 
et de l'édifice principal de la villa romaine 
des Cléons. Félix Chaillou. 

Le chien de Jean de Nivelle 
(XLVII;XLVlII;L;Lî,2i).- M.O.Colson, 
directeur de la revue Wallonia, vient 
de publier : « le Cycle de Jean de Nivelle, 
chansons, dictons, légendes et type po- 
pulaire ». C'est une étude très complète 
sur ce type et son illustre parrainage. 
(Voir Bibliographie Intermédiaire, 20 jan- 
vier 1905). 

Le château et la baronnie de Bi- 
gorne en Oharoilais (L, 892 ; LI, 23). 
— Le marquis de L. C. confond deux 
Digoine, tous les deux en Saône-et-Loire. 
Le Digoine sur lequel il demande des 
renseignements n'est pas en Charollais, 
mais dans les environs d'Autun, le bu- 
reau de poste est Conches-les-Mines. Il 
est maintenant la propriété de la com- 
tesse de Prunelé, née Musy, depuis la 
mort de son frère le comte Symphorien 
de Musy. Par M. de Prunelé, un érudit, il 
aura tous les renseignements désirés. 

L'autre Digoine, qui, lui, est en Cha- 
rollais, est aujourd'hui entre les mains de 
M. Jean d'Ideville, oui le tient, par héri- 
tage, de son cousin, le comte Jacques de 
Moreton-Chabriilan. E. d'A. 



* 
* * 



Il existe sur le château et la baronnie 
de Digoine en Charollais, une notice im- 
primée. M. le marquis de L. C. peut s'a- 
dresser directement à M. le marquis de 



N" io6ï 



L'INTERMEDIAIRE 



»35 



136 



Digome, à Pont-Saint-Esprit, qui se fera 
un plaisir de la lui communiquer. X. 

Lors de son mariage, par contrat du 
5 avril 1705, avec Eléonpre Louise de 
Saux de Tavannes, Paul de Loriol de 
Chandiou, chevalier, comte de Digoine, 
fils de René de Loriol, comte de Digoine 
et de Levie de Chandiou, possédait la 
terre de Digoine. Le contrat porte qu'en 
cas de survie, la future épouse aura, du- 
rant sa viduité, son habitation dans le 
château de Digoine. T. 

Château de la Tournelle (L, 951). 
— Tous les guides, des environs de Paris, 
et ils sont nombreux, doivent fournir ce 
renseignement. 

Dulaure, en 1828, parle du château 
existant à l'Hay, sans lui donner un nom 
particulier, mais il ajoute : « A côté du 
château est une haute tour carrée ou don- 
jon, bâtie en pierres de taille et flanquée 
de quatre tourelles, etc.. etc. » 

lexis Martin (Tout autour de Paris, 
2 e édition 1894) décrit longuement cette 
commune et dit qu'elle posséda longtemps 
un manoir seigneurial dont le dernier reste 
était visible encore au commencement de 
ce siècle. 

« C'était une tour carrée flanquée aux 
angles de tourelles en cul-de-lampe, et 
dont la masse noire dominait tout le vil- 
lage ». 

N'y aurait-il pas confusion entre le nom 
de Tournelle et ces tourelles qui semblent 
avoir été très caractéristiques ? 

Pietro. 

Sépultures d'artistes (Bsaux-arts) 

(Lî, 12, 88). — Pour compléter les ren- 
seignements déjà donnés a G dans le 
dernier n° de Y Intermédiaire, je lui in- 
dique un livre où il trouvera tout ce 
qu'il cherche quant aux artistes du xvn° 
et du xvm e siècle. Voici le titre : Actes 
d'Eiat civil d' artistes français extraits des 
registres de l'Hôtel de Ville de Paris, dé- 
truits dans l'incendie du 24 mai 1871, 
publiés par H. Herluison. Orléans, chez 
Herluison, libraire-éditeur, 1873. 

Ce livre des plus intéressants pour tous 
ceux qui s'occupent d'art, est épuisé de- 
puis longtemps, mais il existe à la Biblio- 
thèque nationale. J'ai pu m'en procurer 
un exemplaire il y a deux ans, chez Ra- 



pilly. J'y copie pour G. les renseigne- 
ments suivants : 

Rigaud (Hyacinthe) peintre. Le 30 dé- 
cembre 1743, ' e corps de feu M. Hyacinthe 
Rigaud âgé de Su ans passez (sic) écuyer 
citoyen noble de la ville de Perpignan, peintre 
ordinaire du Roy, etc.. décédé hier lueLouis- 
le-Grand, en cette paroisse, a été transporté 
de cette église en celle des R.R. -P.P. Jaco- 
bins de la rue St-Honoré lieu de la sépul- 
ture. . . 

(Saint-Roch). 

Largilière (Nicolas de) peintre. Nicolas de 
Largilière âgé de 90 ans, peintre ordinaire de 
Roy... décédé rue Geoffroy-Langevin de cette 
paroisse, le 20 mars 1746, a été inhumé le 
lendemain en la cave de cette église .. 

(Saint-Merry). 

Pajou (Les) Actes de baptêmes et ma- 
riages seulement. 

Falconet (Etienne-Maurice) sculpteur. L'an 
1791 le 26 janvier, le corps de Etienne-Mau- 
rice Falconet sculpteur. . . âgé de 74 ans, dé- 
cédé le 24 dudit mois, rue Regratière, de cette 
paroisse a été inhumé dans cette église en 
présence de... 

(Saint-Louis en l'île). 
J. V. P. 

* * 

Au cimetière Montmartre, 32 e division: 
la tombe d'Alfred Dehodencq, peintre 
d'histoire. C'est un caveau de famille 
dans lequel <se trouvent réunis: Deho- 
dencq, sa femme née Maria-Amalia 
Calderon de Sarmiento, la dernière des- 
cendante du poète espagnol, et quatre 
de leurs enfants : Manuel, Marie, Armand 
et Edmond. 

La tombe se compose d'une stèle que 
surmonte le buste de l'artiste, exécuté, en 
1880, par son fils Edmond Dehodencq, 
peintre aquafortiste et sculpteur, qui mou- 
rut en 1887, à l'âge de vingt-cinq ans, 
après avoir donné les plus belles espéran- 
ces. 

Sur la sièle sont gravés vingt vers que 
Théodore de Banville écrivit en 1887, à 
la gloire de Dehodencq. 

Alfred Dehodencq, qui fut un des plus 

beaux et des plus purs artistes du xix e 

siècle, était un Parisien de Pans. Il est né 

le 23 avril 1822, boulevard Montmartre, 

et est mort le 2 janvier 1882, boulevard 

Saint-Michel. Saint-George. 

* 

* * 
Ch. Lebrun fut inhumé dans l'église de 

Saint-Nicolas du Chardonnet et Mansard 

dans l'ancien cimetière Saint-Paul. Au- 



DES CHERCHEURS ET CURIEU: 



50 Janvier 1905, 



137 



138 



Père-Lachaise il y a aussi les tombes de 
Rosa Bonheur, d'H. Flandrin, et, si j'ai 
bonne mémoire, de Lesueur. B. M. 

De l'origine des noms (LI, 10). — 
Les neuf dixièmes des noms de famille 
actuels sont des noms de localités, de 
baptême ou de profession, ou des noms 
rappelant une particularité physique. Il 
est clair que la similitude de nom n'indi- 
que point une communauté d'origine, s'il 
y a une foule de noms de lieu identiques, 
ou s'il s'agit soit d'un nom de profession, 
soit d'une question de taille ou de teint. 
Il peut y avoir une infinité de Beaumont, 
de Des Essarts, de Perret, de Jacquier, 
de Tissot, de Lefèvre, de Favre, de Mer- 
cier, de Petit, de Legrand,de Leroux, etc., 
sans la moindre relation de parenté. Dans 
les pays où l'usage des arrno'iries est fort 
répandu, même en dehors de la noblesse 
proprement dite, comme en Alsace, en 
Allemagne ou en Suisse, c'est la commu- 
nauté d'armoiries qui décèle une commu- 
nauté d'origine, quand les noms sont pa- 
reils, et même quand ils ne le sont pas. 
Tout le monde sait, par exemple, que 
les deux illustres maisons alsaciennes 
d'Andlau et de Berckheim, aujourd'hui en 
partie françaises, sont issues d'une même 
souche: elles ont des noms différents, pro- 
venant de localités continues et les mêmes 
armes: d'01 , à la croix de gueules ,. . de- 
puis l'origine des armoiries au xm e siècle. 

Paul. 
* 

* * 
En parlant de l'origine commune des 

branches de la famille Doynel, je n'ai pas 
entendu établir un axiome. Ce n'est pas 
en vertu d'un principe général, comme 
semble le croire mors confrère A. F., ce 
n'est pas non plus par suite d'un raison- 
nement discutable que j'ai émis mon as- 
sertion concernant cette famille. 

je n'ai eu qu'à constater un fait, cor- 
roboré à la fois par la tradition et par 
des documents précis. Les autorités sur 
lesquelles je me suis appuyé, dans ce cas 
spécial, sont des généalogistes tels que 
de Magny, et des érudits tels que M. de 
la Sicotière. 

Je ne discute donc pas. De même que 
je ne prétends pas ériger en règle absolue 
ce qui n'est qu'un fait particulier. 

Il est possible qu'on puisse dire d'au- 
tres familles ce qui est de la famille Doy- 



nel ou Doisnel. Evidemment, cette famille 
n'est pas la seule dont l'origine découle 
d'une même source ; mais c'est rarement, 
à mon avis, que le cas peut se rencontrer. 

Les noms propres français se sont for- 
més de différentes manières, suivant la 
condition sociale des premiers qui les ont 
portés. En dehors des familles d'ancienne 
extraction dont le nom n'a aucune ra- 
cine étymologique dans notre langue — 
et c'est le cas de la famille Doynel ou 
Doisnel — les noms se sont formés de 
mots caractéristiques qui devinrent peu à 
peu des appellations de famille. Ils s'ap- 
pliquèrent, par leur origine même, à une 
foule d'individus et l'on ne peut raisonna- 
blement soutenir que ceux qui les portent 
appartiennent originairement à la même 
famille. 

La matière est assez intéressante pour 
avoir tenté des chercheurs et, parmi les 
ouvrages qui ont vu le jour sur ce sujet, 
j'ai connaissance des suivants : 

Des noms propres et de leur origine, par 
le comte Hallez-Claparède ; 

Dictionnaire étymologique des noms 
propres, par Hecquet-Boucrand ; 

Traite' de la noblesse et de V origine des 
noms et surnoms, Rouen 1734 ; 

Glossaire des noms d'hommes français et 
anglais, par Le Héricher ; 

Questions d ' ctymologic, noms de lieux et 
de famille, sans nom d'auteur ; 

Encyclopédie des noms propres, par 
J. Sabatier. Ch. D. 



* 
* * 



Encyclopédie des noms propres, J. Saba- 
tier. Librairie du Petit Journal, boule- 
vard Montmartre, 2 1, Paris. 

Famille Barbot â.e Lardenno (Lï, 
14) — Il ne semble pas que cette famille, 
très probablement éteinte dès le milieu du 
xix e siècle, soit la même que celle des 
Barbot de Chément. En effet, cette der- 
nière n'est connue, dans ses différentes 
brancfies, qu'avec les noms terriens de : 
de la Trésorierc, d' Hauteclaire, de PenJry, 
de Silhac. 

La famille des vicomtes de Barbot, ano- 
blie parle capitoulat de Toulouse en 1763, 
ne porte pas le nom de Lardenne, lequel 
ne fut pas, crovons-nous, usité non plus 
dans les familles Barbot de Séchezac, de 
l'Aunis, et Barbot de Pleineselve et Gou- 
jonville, du Bordelais. Saint-Saud. 



N° 106=; 



L'INTERMEDIAIRE 



139 



140 



Le marquis de Biron (L. 556). — 
En 1865, le marquis de Biron était prési- 
dent du Jockey-Club. Le comité ayant re- 
fusé d"inscrire Adalbert de Périgord sous 
le nom de duc de Montmorency, celui-ci 
écrivit au garde des sceaux pour réclamer 
son intervention et c'est à la suite de la 
lettre de ce dernier que le comité du 
cercle fut forcé d'accorder l'inscription 
demandée, mais le marquis de Biron don- 
na sa démission. De M. 

Duc de Caumont-la Force (LI, 
55). — A cette question, c'est une réponse 
à côtéque je viens faire avec l'espoir qu'elle 
intéressera quand même M. Arm. D. 
N'étant pas généalogiste par spécialité, je 
ne puis lui dire si Henri-Jacques Nompard 
de Caumont, duc de la Force, a laissé une 
postérité ; mais j'ai la passion des manus- 
crits historiques et j'en possède un fort 
curieux, de 212 p. in-f°, portant le titre 
de : Mémoires de la vie et actions mémora- 
bles de Monseigneur le duc de la Force, 
pair et maréchal de France, et contemporain 
de cet illustre personnage puisqu'il s'arrête 
avant sa mort. Je prépare même une édi- 
tion de cette autobiographie, et pour ce 
faire, je me suis entouré de tous les do- 
cuments capables de m'éclairer, parmi 
lesquels se trouvent les Mémoires authen- 
tiques de Jacques Nompard de Caumont, duc 
delà Force, maréchal de France, et de ses 
deux fils les marquis de Montpouilland et 
de Casteluaut, non mis dansle commerce, 
m'a dit un illustre bibliothécaire de Paris, 
et publiés à petit nombre, en 1843 et en 
4 volumes in-8", par le marquis de la 
Grange, mari de mademoiselle de Cau- 
mont la Force, fille du duc de la Force, 
pair de France, et descendante du maré- 
chal de la Force. 

Dans cette publication, M. le marquis 
de la Grange a réuni tout ce qu'il a trouvé 
dans les archives de la maison de la Force, 
entre autres neuf manuscrits divers qu'il 
cite et analyse successivement. Or il 
relate, sous le n° 7 (.t. I, p. cxxii) un 
mémoire de 17 10 qu'il attribue peut-être 
à Charlotte- Rose de la Force, mais plus 
vraisemblablement à notre Henri-Jacques 
Nom par de Caumont. duc de la Force, 
académicien en 17 15, surtout si l'on tient 
compte de ces observations relevées dans 
le préambule : « L'auteur n'a écrit que 
sur les Mémoires que le maréchal de la 



Force envoyait à son fils... et les lettres 
originales qu'il a trouvées... qui sont 
entre les mains de celui qui l'a composée 
[cette histoire] et qui est un descendant 
dndit duc de la Force. Je signalerai en 
même temps une pièce dont j'ai pris seu- 
lement note et qui se trouvait chez le 
libraire Ernest Dumont, 32, rue de Gre- 
nelle ; c'est un billet de mille livres à 
l'ordre du marquis de Caumont, signé 
d'Henri-Jacques Nompard de Caumont, duc 
de la Force, membre de l'Académie Fran- 
çaise, et datée de Paris, 20 septembre 1720. 
/„ Pierre. 

En 1733, le duc de la Force était Ar- 
mand Nompar de Caumont, né le 7 mai 
1679, frère cadet de l'académicien. Celui- 
ci était mort sans postérité. + , + 

Famille Doynel ou Doisnel (L, 

616, 815, 919). — H existait jadis à Lou- 
viers un fief Doynel. 

En 1386, Guillaume du Perroy, bailli 
de Louviers, informa au sujet des droi- 
tures réclamées parN D. Madeleine Payen, 
veuve de N. Leroux, seigneur d'Oynel, 
Virouvey, etc.. dans son dénombrement 
au fief d'Oynel. 

Ce fief, relevant par foy et hommage 
des archevêques de Rouen, appartenait, en 
1426. à messire Jean Louvel, qui s'en était 
rendu acquéreur par acte devant les tabel- 
lions de Louviers, du 13 novembre 1426. 

Acte de foy et hommage est passé à 
monseigneur le cardinal de Bourbon, le 
30 décembre 1583, par noble homme Oli- 
vier de Halgrey, alors propriétaire du fief. 

Jean Surgis en devient propriétaire par 
acte passé le 9 novembre 1629 et, par 
mariage, Marie Surgis l'apporte à Jean- 
Baptiste Langlois, écuyer, conseiller, se- 
crétaire du roi, maison, couronne de 
France, et de ses finances. 

En 1687, maître Jean-Baptiste Langlois, 
sieur d'Oynel, est "dit receveur du grenier 
à sel de Mantes ; il posa, le 23 décembre 
1702, la première pierre du monastère 
Saint-Louis de Louviers ; — aujourd'hui 
Hôtel de Ville — il fut parrain d'une clo- 
che à Louviers en 17 14, avec la marquise 
du Rollet. Il était seigneur du fief Doynel 
lors de son décès en 1720. Langlois d'Oy- 
nel : d'azur, à l'aigle d'or ^accompagné d'un 
tortil de même en chef. 

Le 21 juin 1754, messire Antoine 
Desherbiers, chevalier, marquis de l'Es- 



DES CHERCHEURS iiT CURIEUX 



30 Janvier 1905, 



141 



142 



tendure, lieutenant des vaisseaux du roi, 
propriétaire par Marie Prévost, sa femme, 
petite-fille de M. Langlois Doynel, vend 
à M . Pierre-Nicolas-Jean-Baptiste Lemassif, 
écuyer conseiller du roi, maison et cou- 
ronne de France, le noble fief Doynel. 

Au décès de M. Lemassif-Doynel, arrivé 
à Louviers le 30 juillet 1787, le fief passe 
aux mains de Mme Clotilde-Adélaïde Le- 
massif-Doynel, sa fille, épouse de M. J.-B - 
A. Lefaucheux des Aunois, qui en était 
encore propriétaire au moment de la Ré- 
volution. 

On remarquera que l'orthographe du 
nom du fief subit des changements ; 
nous avons tenu à la conserver telle que 
nous la trouvions dans les divers ouvrages 
que nous avons consultés. 

Peut-être que ce fief d'Oynel ou Doynel 
n'a rien de commun avec la famille Doynel 
ou Doisnel sur laquelle on opère des re- 
cherches, mais il m'a paru bon de trans- 
mettre, quoique de peu de valeur, ce ren- 
seignement à notre confrère intermédiai- 



nste. 



Jehan de Louviers. 






Dans une des réponses figurant à la co- 
lonne 811 du dernier volume de Y Inter- 
médiaire, on cite la col. 988 d'un vo- 
lume antérieur, mais un errata a fait 
omettre de désigner le n° de ce volume. 

C'est le vol. XXIV (année 1S91) qu'il 
fallait indiquer. R. P. 

Dupleix (L, 9152 ; LI, 25, 78}. — 
Charles-Antoine Dupleix de Pernan, ne- 
veu et héritier de l'illustre Joseph Du- 
pleix, gouverneur de Pondichéry, demanda 
et obtint pour son fils, Charles-Joseph- 
René Dupleix, le titre de seigneur de 
Mézy, seigneurie située près Meulan (Seine- 
et-Oise). Celui-ci, d'abord conseiller au 
Parlement, fut nomme préfet du Nord 
après les Cent jours, puis député, direc- 
teur général des postes, pair de France et 
conseiller général de Seine-et-Oise. 

Il mourut en 1836. laissant un fils Ferdi- 
nand Dupleix de Mézy, mort sans postérité. 

D'un autre côtéj'ai lu quelque part que 
le marquis de Nazelle, demeurant au 
château de Guignicourt (Aisne) est l'ar- 
rière-neveu du gouverneur des Indes. 

Paul Pinson. 

Loys Guy on de la Naucbe (Ll, 8). 
— La première édition des Diverses leçons 



de Loys Guyon, Doloïs, sieur de la Nau- 
che (près Uzerche en Bas-Limousin), est de 
1603, la seconde de 1610, en un volume 
in-8. L'ouvrage complet, très curieux, en 
trois tomes in-8, a été publié en 1 61 7, à 
Lyon, par Claude Morillon. Le « permis 
d'imprimer » est du 20 février 1617 et il 
en résulte que l'auteur était mort avant 
cette date. Ce « permis » est reproduit à 
la fin de l'édition de 1625, du même im- 
primeur et qui est identique à la précé- 
dente. Etant énoncé dans la dédicace de 
ce troisième tome, par l'imprimeur, que 
l'auteur avait plus de 90 ans quand il 
l'écrivit, Guyon était né au plus tard en 
1527 et plus probablement en 1526. 

Une notice détaillée sur Louis Guyon 
de la Nauche qui s'établit à Uzerche en 
qualité de médecin et de conseiller du roi 
en l'élection, a été donnée dans les Curiosi- 
tés de la bibliographie limousine (pp. 78- 
82) par un bibliophile Corrésien. Limoges, 
Ducourtieux, 1904, in-8. Osmin. 

Famille Hémartde la Charmoye 

(L, 66 9 , 813, 865, 976). — J'ai lu 
avec un vif intérêt les deux articles de 
notre confrère M. Gustave Laurent, mais 
je croyais savoir que le fils aine du légis- 
lateur était Pierre-Charles Hémart, baron 
de la Charmoye, lieutenant d'Etat-Major, 
chevalier de la Légion d'honneur, marié 
à Paris le 18 février 1826. (Registres de 
la paroisse Saint-Thomas d'Aquin) à Ben- 
jamine Frotier de la Coste-Messelière, qui 
eut pour fils unique Pierre-Elie Hémart, 
baron de la Charmoye, chef d'escadrons 
au 6 e régiment de chasseurs à cheval, 
chevalier de la Légion d'honneur, mort 
à l'âge de 44 ans, sans postérité, en son 
château de Louvois, commune de Lou- 
vois (Marne) le 20 juillet 187 1, lequel 
avait épousé, le 20 septembre 1868, sa 
cousine germaine Marthe-Elisabeth, fille 
d'Emile Hémart de la Charmoye et de Cla- 
risse Villot. Marquis de L. C. 



gouverneur 



Perrin - Daseuil 
d'Anvers sous l'Empire (L, 952). - 
Il n'y a qu'un gouverneur à Anvers sous 
l'empire : Carnot. — Avant lui la place 
étant de reclasse avait un commandant 
d'armes du grade de général : en 1812 e\ 
18 13, le commandant d'armes était le 
général de division, baron Fauconnet, 



N01065. 



L'INTERMEDIAIRE 



143 



144 



J'ajoute qu'il n'y a pas eu (Tôfficief gé- 
néral du nom de Perrin Duseuil. 

UN RAT DE BIBLIOTHEQUE. 

M. de Villayer (L, 954 ; Ll , 8 3) 77 
lean-lacques Renouard de Villayer, ne a 
Nantis le 24 Juin 1607 (V. 1' dateur 
d'atotoghtphvSi mars-avril 1878, p. 49" 
5 2)rhortlé5 mars 1691. Conseiller au 
Parlement de Rennes, puis de Pans, maî- 
tre des requêtes en 1636, intendant a 
Orléans en 1658. (On sait que les inten- 
dances avaient été créées par l'edit de 
mai 1635, dans le but de tenir en échec 
l'autorité, jusque-là sans bornes, des gou- 
verneurs de provinces). Celle d'Orléans 
comprenait le Maine, le Poitou, l'Anjou, 
le Perche, la Beauce, le Gàtinais, le Ble- 
sois. l'Aunis, l'Angoumois, le Berry et la 
Touraine. Il ne paraît pas que Renouard 
de Villayer ait gardé longtemps cette si- 
tuation considérable. En lutte perpétuelle 
avec le maréchal de Brézé, beau-frere de 
Richelieu, il fut soutenu par le Cardinal, 
mais il abandonna la partie et revint au 
Conseil d'Etat comme maître des requêtes : 
il y était revenu en 1644. Depuis quand? 
11 y demeura pendant toute la minorité de 
Louis XIV, devint, en 1657, conseiller 
d'Etat semestre, fut créé comte de Vil- 
layer en janvier 1655. En 1659, il suc- 
céda à Servien à l'Académie française. 
En 1681, il devint doyen du conseil. 
' Marié à Marthe de Neubourg, morte en 
novembre 1689, il eut un fils qui fut 
conseiller au Parlement de Rennes en 
1660 (1), se maria à Lucrèce Chapel, la- 
quelle lui donna un fils qui fut maître des 
requêtes et mourut sans postérité 

Le nom de famille Renouard ou de Re- 
nouard s'orthographiait autrefois Re- 
gnouard ; les armoiries de la famille 
étaient : d'argent à une qumtefeuille de 
meules {Armoriai de Bretagne). 
' Jean-Jacques Renouard de Villayer était 
fils de Guy Renouard, seigneur de Ri- 
vière et de Langlée, maître des comptes 
à Nantes en 1586, charge qu'il resigna a 
un de ses fils, César Renouard de Dron- 

gC La mère de Jean-Jacques Renouard de 
Villayer était Françoise de Becdehevre, 
fille d'un conseiller au Parlement de 

(1) Le fils de Renouard de Villayer fut reçu 
au Parlement de Rennes en 1660, sous le nom 
de Jean-Jacques de Regnouard. 



Rennes (V V Amateur d'autographes à l'en- 
droit indiqué ci-dessus et la notice de 
M René Kerviler : /. ./• Renouard de Vil- 
laver membre de l'Académie Française, 
étude sur la famille et sur sa carrière 
(Extrait de la Revue de Bretagne et de Ven- 
tée) Paris, librairie Détaille, 1877,111-8. 
M kerviler a repris cette notice dans son 
ouvrage : La Bretag '-à V Académie fran- 
çaise au XV il- siècle. Paris, V. Palmé édi- 
teur, 1879, in-8. 

Depuis M. Kerviler a reçu de M. Lhuilher, 
le fidèle collaborateur de l' Intermédiaire, 
décédé l'an dernier, quelques notes sur 
Renouard de Villayer, mais nous ignorons 
l'importance de ce nouvel apport, qui ne 
paraît pas, jusqu'ici, avoir été utilise par M. 
Kerviler. 

Ajoutons que l'on trouve quelques 
pièces notariées signées de Renouard; 
M Kerviler signale une lettre de la Bi- 
bliothèque nationale signée Villayer. Une 
lettre possédée par M. la Caille, le grand 
amateur d'autographes parisien, signée 
Villahier, doit être attribuée à notre aca- 
démicien. M. Mahé, le distingué timbro- 
phile a découvert, à la Bibliothèque natio- 
nale,' une autre lettre de Villayer. Ces 
différentes signatures posent un problème 
intéressant à résoudre. J.-J. Renouard de 
Villayer a-t-il signé d'abord Villabier,pi\\s 



Villayer ? Si l'on observe les usages con- 
temporains et d'autres exemples, il n'y 
a aucune impossibilité, mais on aimerait 
avoir d'autres raisons que des probabili- 
tés. B * 

Madame do Warens (Ll, 1). — 
Si on est convenu, dans la prononciation 
des noms propres, d'adopter celle qui est 
en usage dans la région dont ils sont 
originaires, le doute n'est pas possible. 
Il faut dire Waran, car dans le canton de 
Vaud, la terminaison ens se prononce an. 
Les Vaudois disent Claran pour Clarens, 
Vufflan pour Vufflens, etc. 

Renault d'Escles. 



* 
* * 



Madame de Warens était la femme de 
Sébastien-Isaac de Loys, seigneur de Wa ■ 
rens ou Vuarrens, dans le pays de Vaud. 
Dans la Suisse romande, les noms de heu 
en eus se prononcent toujours an (Clarens 
= Claran ; Renens = Renan ; Echallens 
= Echalan, etc.) ; Warens ou Vuarrens 
s'v prononce donc Vuaran. Mais je crois 
né pas me tromper en affirmant qu en 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



145 



— 146 



30 Janvier 1905. 



France l'usage le plus général est de pro- 
noncer Vuarins, en faisant sonner Y s. 

Paul. 

Question de dérogeance L, 895 ; 
LI , 33). — fe remercie infiniment mes- 
sieurs Arrh. D. et P. du Gué de leurs pré- 
cieux renseignements, et m'empresse de 
leur indiquer que la noblesse dont il s'agit 
est d'origine italienne. Elle ne cesse de fi- 
gurer dans les archivesdelanoblesse lom- 
barde depuis le xv° siècle. 

Dans le cas où ces messieurs voudraient 
consulter les documents que j'ai entre les 
mains, je les tiens àleur entière disposition. 

Armoiries à déterminer : d'or, au 
lion de 



sable 



(LI, 



11). — Suivant 
Rietstap, la famille Doisnel '(Maine) 
porte : d'or, au lion de sable accompagné 
de trois roses du même. 

W. H. Croockewit. 

Armes de trois familles bourgui- 
gnonnes (L, 726,859, 967; LI, 74). — 
Pierre Griffon, maire de Dijon, apposa 
son sceau sur une quittance de 1359 (Ar- 
chives de la Côte-d'Or, B. 11 601). Ce 
sceau, assez bien conservé, présente un 
griffon accompagné de trois meubles que 
Peincedé a pris pour des quintefeuilles, 
mais qu'un examen attentif fait reconnaî- 
tre pour des trèfles. Les armes des Griffon 
doivent donc se lire : de... au griffon de... 
accompagné de trois trèfles de... 

Je n'ai rien trouvé concernant les Por- 
teret. Palliot le Jeune. 

Armes à indiquer : gironné de... 
et de... (L, 561, 672, 809, 810, 913 ; 
LI. 32). — M. Palliot le Jeune, toujours 
si bien renseigné, nous met indirectement 
sur la voie de Edme le Bascle, marquis 
d'Argenteuil, par sa réponse à la question 
sur les Framery, en nous disant que 
Pierre-Jacques de Faucery (pour Framery,) 
avait, le 22 septembre 1780, acheté du 
marquis d'Argenteuil la terre et seigneurie 
de Montliot. Or, je viens de trouver que 
la famille le Bascle a possédé et habité le 
château de Courcelles, paroisse de Mont- 
liot, près Châtillon-sur-Seine. C'est là 
probablement qu'est né Edme le Bascle. 
M. Palliot, aussi complaisant que bien 
documenté, pourra peut-être, grâce à ce 
renseignement, nous fixer définitivement 



sur l'ascendance du personnage en ques- 
tion. 

Quant aux armes : d'argent, à la croix 
de deux bâtons esloqués ou à deux estocs ou 
bâtons noueux de... en croix, il est plus que 
probable que ce sont les armes d'une fa- 
mille alliée sinon directement, au moins 
indirectement, aux le Bascle Ainsi en est- 
il des armes des Rohan figurant aussi 
dans l'écu du dernier abbé de Vézelay, 
Marguerite de la Touche, femme de An- 
toine le Bascle, ayant eu pour grand'mère 
Jeanne de Rohan. 

En ce qui est de la seigneurie de Pouy, 
d'Hozier nous dit que Colombe de Bou- 
cher, veuve de Louis de Saint-Biaise eut, 
pour son douaire et ses reprises, la moitié 
de la terre de Pouy. 

Pour compléter quelque peu les rensei- 
gnements donnés si obligeamment par 
M. Le Lieur d'Avost sur les Saint-Biaise, 
je dirai que le 7 avril 1648. les enfants de 
Jean de Beaujeu et de Catherine de Saint- 
Biaise se partagèrent !a succession de leurs 
parents. T. 

Armoiries à déterminer : de si- 
nople, à six besasats (L,84o). — i° Des 
Forges : de sinople,à six besants d'or. — 2° 
Chevalier de Poligny (Franche-Comté) : de 
gueules, au chevron, accompagné en chef de 
deux molettes et en pointe d'une épée, le tout 
d'argent ; l' épée garnie d'or. 

P. LE J. 

Pièces de cinq francs (L,895, 990 ; 
Lî, 35). — Il n'y ,a pas d'anomalie dans 
les inscriptions de ces pièces, comme 
l'avance M. Bastin-Lefebvre (p. 991). 

Le Sénat, en proclamant Bonaparte 
empereur des Français par le sénatus- 
consulte du 18 mai 1804, n'a pas insti- 
tué l'Empire. Le premier article du titre 
1 er de cet acte est ainsi conçu : 

Le GOUVERNEMENT DE LA RÉPUBLIQUE est 

confié à un empereur qui prend le titre 
d' Empereur des Français... Art. 2. Napo- 
léon Bonaparte, premier consul de la 
République, est Empereur des Français. 
Le titre 2 consacre l'hérédité et la dignité 
impériale au profit de Napoléon Bona- 
parte et de sa descendance. Le titre 15 
Y\xc, par l'art. 140, la formule de la pro- 
mulgation des lois qui est ainsi conçue : 
« N. (le prénom de l'empereur), par la grâce 
dé Dieu et les Constitutions de la Républi- 



1O0S 



L'INTERMEDIAIRE 



M7 



148 



que, Empereur des Français, à tous pré- 
sents et à venir, salut ». L'art. 141 dé- 
clare le même protocole applicable aux 
expéditions executives des jugements. 

11 ne faut donc pas s'étonner que les 
monnaies de ce temps aient porté en lé- 
gende d'un côté « Napoléon Empereur » 
et de l'autre v< République française ». On 
voit qu'elles ne pouvaient être frappées 
autrement puisque l'Empereur n'était que 
le chef du Gouvernement de la Républi- 
que. Dans la pensée du Sénat de l'an XII, 
le titre d'Empereur n'était que la traduc- 
tion du mot Imperator, dignité confiée 
sous la République romaine à des géné- 
raux qui s'étaient illustrés, qui fut gardée 
par César, dictateur, et ne devint le titre 
spécial du chef de l'Etat que dans le gou- 
vernement d'Auguste, qui réunit à lui le 
pouvoir militaire, judiciaire et civil. 

En 1808, après la célèbre entrevue 
d'Erfurth, alors qu'il croyait avoir ci- 
menté une alliance durable avec la Rus- 
sie, Napoléon jugea que le moment était 
venu de consacrer définitivement le pou- 
voir personnel et absolu qu'il s'était 
arrogé, en détruisant jusqu'au \om de la 
République qui l'avait élevé à la dignité 
suprême. Le 22 octobre 1808, il rendit, 
sur le rapport qu'il s'était fait adresser 
par son ministre des finances, un décret 
ainsi conçu : 

Art. i cr . Les monnaies qui seront fabriquées 
à compter du i er janvier 1809, porteront pour 
légende, sur le revers de la pièce, les mots 
Empire français au lieu de ceux République 
française. 

Art. 2. Notre ministre des finances est 
chargé de l'exécution du présent décret, qui 
sera inséré au Bulletin des lois. 

La date de ce changement de légendes 
fut toutefois anticipée ; on trouve des 
pièces de 20 francs de 1808, frappées à la 
lettre A (Paris), conformément au décret 
du 22 octobre. E. Zay. 

«Dictionnaire géologique »(LI, 57). 
— Un dictionnaire géologique, quel qu'il 
soit, a rarement l'effet désastreux que si- 
gnale la lettre retrouvée par M. Calendini, 
mais celui-ci est-il bien sûr de la lecture 
qu'il propose et ne s'agit-il pas tout sim- 
plement du Dictionnaire philosophique por- 
tatif dt Voltaire dont l'édition de 1765 
forme précisément deux volumes in- 12 
ou in-16? L'appréciation s'expliquerait 



d'elle-même en ce cas et le livre est trop 
connu pour qu'il soit nécessaire de reco- 
pier ici ce qu'en ont dit Beuchot, Quérard 
et Al. Bengesco. M. ïx. 



Gapilupi (L, 620, 975 ; LI, 84). — 
Contant quelques détails de la Saint-Bar- 
thélémy, Le Duchat donne cette réfé- 
rence : 

Tout cela se trouve attesté par Camille Ga- 
pilupi, auteur italien contemporain qui était 
pour lors a la cour de Fiance. Son livre inti- 
tulé : Lo Stratagema di Carlo IX etc., est 
souvent cité à ce sujet par M. de Thou. 

DUCATIANA t. II p. 432. 

Le Duchat confond en un seul deux 
Capilupi. L'un était en effet à la cour de 
France, mais celui-là s'appelait Alfonso. 
Camillo était à Rome, au Vatican, et tout 
l'intérêt de son livre vient précisément 
de ce que l'auteur avait sous les yeux, au 
moment où il écrivait, la correspondance 
secrète de Charles IX avec le Saint Siège. 

Le Stratagema fut composé en quarante- 
huit heures, dès que la nouvelle du mas- 
sacre parvint à Rome, c'est-à-dire vers le 
1 5 septembre 1572. On l'imprima dans 
le format in-4 , mais l'impression fut 
arrêtée par le cardinal de Lorraine, sur 
des lettres particulières qu'il avait reçues 
et qui représentaient la victoire catholi- 
que comme moins complète qu'on ne 
l'avait d'abord espéré. A peine mise en 
vente, l'édition fut détruite. Un mois 
plus tard on en publia une autre dans le 
format in- 12 et qui fut supprimée avec 
plus de rigueur encore. Celle là semble 
réellement introuvable aujourd'hui. 

La bibliothèque de Rouen possède un 
exemplaire de l'édition italienne de 1574, 
sur lequel son ancien possesseur, l'abbé 
Sepher, avait écrit cette note : 

Edition très rare, inconnue au P. Le Long 
et à l'Abbé Lenglet qui ne connaissent que 
l'édition italienne in-4 '57 2 e * française seu- 
lement in-S° 1574. 

La rareté de cette troisième édition est 
fort exagérée. On en trouve des exem- 
plaires dans toutes les bibliothèques his- 
toriques du xvm e siècle : Secousse n° 
2397. Maillard (1766) n° 5971. 5972. Le 
Long n° 18137, etc. Candide. 

« Emblèmes d'amour divin » (L, 
782, 971 ; LI, 75). — Le jésuite Herman 
Hugo est mort en 1629. Brunet donne à la 



DES CHERCHEURS El CURIEUX 



30 Janvier 1905 



149 



150 



mière édition de son ouvrage Pia deside- 
ria, la date de 1624, à Anvers, chez 
Henri Aertsen. César Birotteau. 

Deux livres du XVIII e siècle à 
retrouver (LI, 57). — Pour le premier 
de ces livres, la réponse est facile; il s'agit, 
à n'en pas douter, du livre de Plumart de 
Dangeul présenté comme traduit de l'an- 
glais de John Nickolls et intitulé : Re- 
marques sur les avantages et désavantages 
de la France et de la Grande-Bretagne par 
rapport au commerce et aux autres sources 
delà puissance des Etats. (Amsterdam, X, 
[Paris, Estienne] 1754, in- 12). Tous les 
critiques du temps ont rendu compte de ce 
livre et Barbier a cité ou résumé leurs 
appréciations dans son Dictionnaire, v. 
N ickolls. A ces témoignages, on peui ajouter 
celui de Grimm {Correspondance littéraire 
éd.Garnier frères, tome II, pp. 338-339) qui 
renferme notamment un passage de ces 
Remarques où la révolution de 1789 est 
clairement prédite. 

Je ne sais rien sur la Politique de M. de 
Cormiers et il est bien probable que le titre 
et le nom de l'auteur sont défigurés. 

M. Tx. 

Prerrrers livres sur l'opium (LI, 
11). — Il est des plus aisé de répondre à 
cette question, et je pourrais donner une 
série de nombreux volumes sur l'opium, 
datant d'avant 1860. 

Je me bornerai à citer l'un d'eux, ren- 
voyant, pour les autres, M. Cap. aux Ré- 
pertoires bibliographiques médicaux bien 
connus, et si faciles à consulter, quand 
on le veut; c'est le suivant : 

J. G. Brunschwitz. De impostuta opii. 
Halae Magdeb., in-4 , 1707. Marc Ei.l 

Amodiateur (L, 889, 987; LI, 40). — 
La citation latine qui se trouve au bas de 
la col. 41 du n° 1063 de Y Intermédiaire 
doit être rétablie comme, suit : 

« Uamodiateur est ainsi appelé a Modio, 
où du Mot Moisson, quiafundum colit, sub 
certa prœstatione fi ugum itaque eolonus par 
tiarrus is est qui agrum ea lege colendum 
susetpit, ut pro cultura fructuitm dimidia 
pars vcl alii ei cédai . Arm. D. 

Mes ribouis (XLVIIl : XLIX) . — 
Voir Intermédiaire IX, 605 « Donner le 
bouis ». 



Panmuflisme (LI, 57). — S'd faut 
en croire le passage d'un livre paru en 
1881 sous ce titre : Les semaines de deux 
Parisiens, le mot serait du à Xavier 
Aubryet : 

Ce pauvre diable d'Aubryet résumait la 
question politico-sociale par un mot terrible- 
ment naturaliste, mais qu'on peut bien citer 
maintenant qu'on ose tout dire et imprimer. 
On parle beaucoup, disait-il, de l'invasion du 
panslavisme ou du pangermanisme. 11 y a 
une invasion plus dangereuse à redouter : 
c'est celle du panmuflisme . C'était là comme 
de l'argot archéologique et savant où la trou- 
vaille du voyou se mêlait à la racine grecque. 

Flaubert affectionnait ce mot : 

Paganisme, christianisme, muflisme, voilà, 
— écrivait-il le 11 mars 1S71 à G. Sand — 
les trois grandes évolutions de l'humanité. Il 
est triste de se trouver au début de la troi- 
sième. 

L'année suivante, il écrivait encore à 
G. Sand : 

... Je voudrais même y prononcer un dis- 
cours qui serait une protestation contre le pan- 
muflisme moderne. 

Gustave Fustier. 

L'honneur du mari (L, 897). — 
L'opinion citée sur l'honneur du mari pa- 
raît avoir changé avec le temps. 

Qu'en pensent les profonds mora- 
listes? B. Il 

Charabia (T. G., 189). — Grandjean 
(Dictionnaire de locations proverbiales) 
fait venir, « d'après « M. Pharaon orien- 
taliste » (?) charabia des deux mots ara- 
bes char a, achat et lia vente. Mais l'Au- 
vergne est bien loin de l'Arabie. 

L'étymologie suivante paraît bien plus 
rationnelle : 

Pour indiquer l'origine de son saint pa- 
tron venu des bords du golfe Persique, la 
ville de Saint-Flour mit d'abord dans ses 
armes, trois A. A. A. signifiant Ar Abi A, 
de ces armoiries, restées du reste le bla- 
son du chapitre de la vieille ville épisco- 
pale, a été formé le mot charabia. 

A. S.. E. 

Horaain (L, 897. 988). - A Gran- 

ville (Manche) où j'ai passé une saison, 
on désigne sous l'appellation de Horsve- 
nus, les étrangers depuis longtemps issus 
des localités voisines, implantés dans la 
ville. A. S., e 



N ioéç. 



L'INTERMEDIAIRE 



i5' 



152 



Marchais, étymologie (L, 841, 
984). — Le château de Marchais, pro- 
priété actuelle du prince de Monaco, est 
situé dans l'Aisne, à 3 kilom. environ de 
N. D. de Liesse, (arrondissement de 
Laon), 

Ce château qui a appartenu autrefois à 
M. Delamarre, sénateur sous le 2 e Em- 
pire, a été bâti en 1540 ou 1580 (La date 
est sur une pierre du fronton, côté jardin) 
par un cardinal de Lorraine qui était ar- 
chevêque de Reims : c'était sa rési- 
dence d'été. François I er y a couché dans 
une chambre encore, il y a quelques 
années, le mobilier datant de cette époque. 

C'est le prince Florestan de Monaco, 
père du prince actuel, qui l'avait acheté 
après son mariage avec Mlle de Mé- 
rode, sœur de Mmes de Montalembert et 
de Wignacourt, et cousine, je crois, du 
cardinal de Mérode qui était à Rome sous 
Pie IX, 

Pour plus de détails, voir le Dict. histo- 
rique, etc.. du département de l'Aisne, 
tpar Melleville, que je n'ai pas à ma por- 
tée. 

Telles sont les réponses , sommaires 
mais précises, que peut faire aux ques- 
tions ci-dessus formulées, et dont a eu 
connaissance, il y a quelques jours seule- 
ment, celui qui espère qu'elles satisferont 
ceux qui les ont faites. 

G. DE LA FuRETIERE. 



Le mot marchais, marquais (à Noyon), 
ne dérive pas plus du mot marais qu'un 
cousin ne descend de sa cousine ger- 
maine ! Ce sont en effet deux mots d'ori- 
gine différente, l'une germanique et 
l'autre latine, ayant un ancêtre commun 
primitif. Alors que marais vient de mare, 
du latin mare la mer, le mot marchais ou 
marquais vient du germanique marcann, 
morcann et merkann qui a fait mo'érk en 
hollandais ; de mor la mer, avec le sens 
de marais salants (?) dans son origine 
primitive. 

L'antiquaire Peigné Delacourt, l'ancien 
propriétaire de la filature d'Ourscamp, a 
fait de ce mot une étude complète, dans 
son ouvrage sur les invasions normandes 
au cours des îx et x e siècles, dans les an- 
nales du comité archéologique de Noyon. 
Il nous montre partout les traces persis- 
tantes de ce mot germanique, dans toute 



l'étendue des bassins de la Somme et de 
la Seine, et encore ailleurs ; avec ses dé- 
générescences locales si suggestives. On 
assiste à toutes les transitions possibles, 
entre le radical primitif et le français 
marchais D r . Bougon. 

Casserole (L, 734, 828). — Puisque 
l'Académie s'en mêle et nous donne la 
définition de la « casserole » que nous 
connaissions, et son étymologie, qui est 
en cause, je ne veux pas attendre davan- 
tage pour proposer ma modeste glose. 

L'article de M. Faguet, que visent les 
lignes qui précèdent, est fin, amusant et 
joli (voir la Liberté du iç janvier 1905), 
mais je ne puis le reproduire dans son 
entier et ne veux en extraire ici que le suc 
— j'allais dire : le jus — c'est-à-dire 
l'étymologie du mot en question. 

A propos, dit M. Faguet, d'où vient le 
mot ? C'est un diminutif, un joli petit di- 
minutif comme grassouillette ou mignon- 
nette, c'est charmant. C'est le diminutif de 
casse, comme cassette et cassolette, et casse 
signifie bassin, poêlon. Quand on nous dit 
que nous sommes livrés aux casseroles, 
c'est comme si on nous disait que nous 
avons été jetés dans le bassin, ou dans le 
poêlon. C'est très exact. L'étymologie nous 
donne toujours des notions exactes. 

Inclinons-nous devant cette affirmation 
d'un académicien, et retenons que casse- 
role — c'est d'abord un diminutif — qui 
diminue celui qui s'en sert, tout en s'effor- 
çant dediminuer celui qu'il dessert. Vilaine 
cuisine que tout cela ! (Cf. l'interprétation 
de M. Eug. Grécourt, p. 828). 

Mais ceci accordé, comme M. Faguet 
n'a peut-être pas tout à fait parlé au nom 
de la docte compagnie, je lui demande la 
permission de proposer ici une autre ori- 
gine au mot casserole que sa dérivation du 
mot casse. 

Dans ma petite enfance, aux environs 
de Fan 40, j'ai souvent joué à un jeu qui 
doit se pratiquer encore. Il consistait à 
cacher un petit objet, dans un recoin plus 
ou moins secret d'une chambre ou d'un 
jardin. L'un des joueurs allaita la cuisine 
emprunter une casserole ou un poêlon en 
métal. Armé de cet instrument, il suivait 
celui des joueurs à qui incombait la trou- 
vaille à faire de l'objet caché, et tambou- 
rinait avec une clef sur le dos du poêlon. 
Lente d'abord, la musique (!) accélérait 
son mouvement quand l'explorateur appro- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



»53 



chait de l'endroit où se trouvait l'objet 
caché, et plus ce dernier était serré de 
près, plus ce tapage devenait retentissant. 

Qu'est-ce donc qu'une 
1905' 



« casserole » en 



Un instrument de délation, 
une figure de rhétorique très 



-"ar 



usagée, 



on a donné le nom de l'outil à celui qui 
s'en sert. On dit : N. premier violon au 
théâtre de X. — On dit de même : Un 
tel, première casserole au régiment de 
Y. 

Au moment où je termine ces lignes, 
un journal de Paris m'apporte le récit de 
la séance de la Chambre du 14 janvier. 
Le « geste » de M. Baudry d'Asson vient 
à point pour corroborer le bien-fondé de 
mon étymologie. Cz. 

Roules nationales sortant'de Pa- 
ris (LI, 13). En voici un essai de tableau, 
d'après des notes personnelles, vérifiées 
sur de bonnes cartes des environs de 
Paris: 

Route n° 1, de Paris à Calais et Dun- 
kerque (rue et faubourg Saint Denis, rue 
de la Chapelle, Saint-Denis, Pierrefitte, etc.) 

Route n° 2, dite de Flandre, de Paris à 
Bruxelles, (faubourg Saint-Martin, rue de 
Flandre, Aubervilliers-Pantin, le Bour- 
get, etc.) 

Route n° 3, dite d'Allemagne, de Paris 
à Metz (rue d'Allemagne, Pantin, Bondy, 
Livry, etc.) 

Route n° 5, de Paris à Genève (rue de 
Charenton, Charenton, Maisons-Alfort, 
Villeneuve Saint-Georges, etc.) 

Route n° 7, de Paris à Antibes et au 
pont Saint-Louis (rue Mouffetard, le 
Kremlin-Bicêtre, Villejuif, etc.) 

Route n° 10, de Paris à Bayonne et au 
pont de Behoby (quais de la rive droite, 
avenue de Versailles, Boulogne-Billan- 
court, Sèvres, etc.) 

Route n° 13, de Paris à Cherbourg 
(Champs-Elysées, Meuilly, Puteaux, Nan- 
terre, Rueil, etc.) 

Route n° 14, de Paris au Havre s'em- 
branchant à Saint-Denis sur la route 
n° 1. 

Route n u 19, de Paris à Belfort (quais 
de la rive gauche, Ivry, Alfortville, 
Maisons-Alfort, Créteil, Bonneuil, etc.) 

Route n° 20, de Paris à Toulouse (ave- 
nue d'Orléans, Montrouge, Arcueil, Bourg- 
la-Reine, etc.) 



30 Janvier 1905. 
, 54 _ 

Route n° 34, de Paris à Strasbourg 
(faubourg Saint-Antoine, Saint-Mandé, 
Vincennes, Nogent-sur-Marne, etc.) 

Route n° 189, de Paris à Versailles 
(rue de Vaugirard, Issy-les-Moulineaux, 
Meudon, Chaville et Viroflay.) 

Ayant ainsi satisfait ou à peu près à la 
question, qu'il me soit permis d'en poser 
une à mon tour : quelle est l'origine, 
quel est le principe de ce classement et 
de ce numérotage, qui pour les trois pre- 
mières routes seulement apparaît logique, 
et pour les suivantes offre des lacunes, 
presque des incohérences ? 

J'ajouterai que toutes ces routes ont 
conservé, hors des fortifications, leurs 
bornes kilométriques en fonte indiquant, 
tous les cinq cents mètres, la distance de 
Notre-Dame. Quelques-unes de ces bor- 
nes existent même à l'intérieur de Paris, 
notamment sur l'avenue de Versailles 
(route 10) et sur l'avenue d'Orléans 
(route 20). Fernand Bournon. 

Cheveux 

(XL1X; L). — 
992. 



de femmes célèbres 

Voir Intermédiaire, XLIII, 



Herboristes (L, 67=5, 772, 884, 935, 
991 ; LI, 90). — Une erreur d'impression 
m'avait fait dire 13 inscriptions au lieu 
de 12, que j'avais écrit, soit 4 par an, 
chiffre exact, ce qui d'ailleurs, puisque 
j'avais donné la copie textuelle du pro- 
gramme officiel, résultait d'une façon 
assez claire des totaux pour n'avoir pas 
besoin d'être rectifié. 

Ce point réglé, je réponds à la ques- 
tion de notre collègue G., demandant 
avec une insistance à laquelle j'ai eu le 
tort, dans une première note, de ne pas 
donner satisfaction, si l'on trouve des 
herboristes, à Paris ou ailleurs, appli- 
quant, administrant eux-mêmes les re- 
mèdes qu'ils débitent. 

Pour facétieuse qu'elle paraisse, la 
question n'est pas aussi futile qu'on pour- 
rait le croire à première vue. J'y vois, 
pour mon compte, comme on dit, un 
signe des temps. 

En effet, les apothicaires, autrefois, 
préparaient, parlant par respect, des la- 
vements et, de par leur profession, les 
administraient eux-mêmes, lorsqu'il s'a- 
gissait de gros bonnets, bien entendu. 



N f 1065 



L'INTERMÉDIAIRE 



1 56 



155 150 

Ici comme ailleurs, avec le progrès, le I caires, mais encore les chirurgiens, le 
avail s'est divisé. Et c'est ainsi qu'au- distribuaient avecprodigalité, (légalement 



tra . . 

jourd'hui, les herboristes débitent des 
plantes, indiquent tant bien que mal la 
manière de les employer, mais, pas plus 
que le fruitier ne va chez le client assai- 
sonner la salade qu'il a livrée, ils ne se 
transportent chez le client pour prépa- 
rer et poser le cataplasme dont ils ont 
vendu la farine. 

Quand ils le font, et il y en a, c'est, 
pour ajouter une corde à leur arc, en 
qualité d'infirmiers, de gardes- malades, 
professions libres et non réglementées 
jusqu'ici, mais qui, dans un avenir pro- 
chain, auront leurs petits mandarins, 
puisqu'il existe déjà des cours ad hoc et 
qu'on donne des diplômes. 

Ceux-là mettent sur leurs carreaux : 
Un tel pose ventouses et sangsues. 

Notre spirituel et érudit confrère, le 
D r Baudouin, qui ne veut pas tout dire, et 
ce;tainement il en sait long, a suffisam- 
ment indiqué, pour qui sait comprendre, 
pourquoi l'herboriste, impossible ou à 
peu près en province, peut vivoter dans 
les quartiers pauvres et populeux de Pa- 
ris. La profession, fort restreinte en soi 
et d'un rendement très limité, ne se sou- 
tient que par l'adjonction d'autres menus 
métiers, et les soins dont il -est ici ques- 
tion n'ont jamais pu constituer de se 
rieuses ressources. Par conséquent, ceux 
qui les donnent, j'entends comme herbo- 
ristes, ont toujours été rares et l'espèce 
en devient de plus en plus difficile à trou- 

ver SûULGET. 

* 
» * 

A la demande précise du collaborateur 
G., j'ai répondu avec* la même concision. 
Et 'si j'ai écrit que le mot appliquer m'é- 
chappait, c'est que je ne voulais pas 
établir un débat qui me semblait hors de 
propos dans ces colonnes. 

Je suis resté sur le terrain légal. 
Et maintenant que le voile es1 déchiré, 
et que M. G. trouve tout naturel que 
l'herboriste conseille , il ne me reste plus 
qu'à lui dire, que M. le Président du syn- 
dicat des herboristesestdansla note vraie 
en disant que ses confrères et lui, sont 
les pharmaciens des pauvres, il aurait 
même dû ajouter qu'ils en sont aussi les 

médecins. 

Quant au remède si cher a Molière, il 
est avéré que non seulement les apothi- 



ils ne devaient l'administrer que sur or- 
donnance d'un médecin), mais l'opération 
rapportait quinze sols et dame ! autrefois 



cela était bon à gagner 



les sie- 



La thérapeutique change avec 
clés, 

11 est possible qu'un homme vivant 
seul et sans relations, ait recours à un 
herboriste (,ui lui conseillera le remède 
précité. 

Si ce praticien a la foi, et surtout l'ha- 
bitude de le prescrire, il est certain que 
contre espèces, il lui louera pour quel- 
ques instants, un appareil moderne, avec 
lequel on opère soi-même, et qui ne né- 
cessite plus ce que d'aucuns appellent 
une humiliante posture, mais ce cas doit 
être très rare, parce qu'il est très com- 
pliqué. L'herboriste possède dans son ar- 
senal d'autres moyens d'arriver au même 
but et qui ne nécessitent pas une mise en 
scène ennuyeuse pour un homme qui vit 
seul. 

Mais M. G. voudra bien ne pas oublier 
que ce faisant, l'herboriste exerce illéga- 
lement la médecine et la pharmacie. 

Il ne doit débiter que des plantes indi- 
gènes non toxiques, non préparées, pas 
même en poudre ; et ne peut ajouter à 
son commerce que celui de grainetier. 

BOUTINEAU. 

Le geste ce se boutonner chez 
l'homme et chez la femme (L, 956 ; 
LI, 45, 91). — Cette question a déjà 
figuré à Y Intermédiaire et a provoqué, je 
crois, plusieurs réponses. Je n'en trouve 
cependant aucune trace à la table de 
1896, mais je me rappelle une des expli- 
cations proposées qui me paraît assez 
vraisemblable. 

Il y aurait fort peu de temps que les 
vêtements de femme sont munis de bou- 
tons, ils fermaient autrefois au moyen 
d'agrafes plus faciles à manœuvrer avec 
la main droite ; et la coutume aurait per- 
sisté de faire recouvrir le côté gauche du 
vêtement féminin par le côté droit. 

Pietro. 

Hommes naturalisés (LI, 14). — 
Il existait à Viverols (Puy-de-Dôme), il 
y a environ quinze ans, un homme qui 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Janvier 1 905 , 



57 



158 



conservait son père dans un cercueil en 
plomb rempli d'alcool. Une plaque de 
verre permettait de voir la personne 
ainsi conservée. 

J'ignore absolument si un autre moyen 
de naturalisation n'avait pas été employé 
concurremment avec l'alcool. J. G. 

Sauvages européens d'aujour- 
d'hui (LI, 2, 92). — Ces sauvages existent 
réellement. M. de Torla me permettra de 
supposer que le « docteur français » dont il 
cite le témoignage, n'avait pas pénétré jus- 
qu'au cœur de leur pays. Tant d'ethno- 
graphes ont parlé des Basques sans avoir 
dépassé les environs de Biarritz ! Il y a 
aussi plusieurs façons de traverser la 
Sierra de Gâta. 

Ma communication était fondée sur les 
résultats d'une excursion toute récente 
qui a été poursuivie avec méthode dans 
les parties les moins connues de ce terri- 
toire. Je sais en outre qu"en 1880, un sa- 
vant espagnol dont le nom fait autorité, 
Gonzalez de Velasco, envoyait à la So- 
ciété d'anthropologie de Madrid une note 
où il dépeignait les habitants des Jurdes 
comme des êtres «à peu près nus, sans re- 
ligion et sans mariage, semblables à 
des bêtes fauves ». 

Puisque la question est controversée, 
je la pose une seconde fois et serais heu- 
reux de savoir si l'on a recueilli sur cette 
tribu quelques données anthropologiques 
précises. Un. Passant 

Le nard des Romains (L, 620, 742, 
872, 995 ; LI, 46). — La passage d'Am- 
mien Marcellin auquel fait allusion M. le 
D r Bougon, se rencontre au livre XXIII, 
dans une description sommaire de l'Asie. 
Le voici : 

Ultra haec utriusque Scythia; Ioca, contra 
orientalem plagam in orbis speciem consertas 
celsorum aggerum summitates ambiunt Seras, 
ubertate regionum et amplitudine circumspec- 
tos ; ab occidentah iatere Scythos adnexos ; a 
septentrione et ôrientali nivosae solitudini 
cohcerentes ; qua meridiem spectant adusque 
Indiam porrectos et Gangem. 

Cette enceinte circulaire formée par des 
aggeies, ne répond guère à la géographie 
de la Chine, et sans être trop difficile avec 
les anciens en matière de description, il 
faut entendre celle que donne l'auteur, 
non de l'empire chinois dans son immen- 



sité, mais d'une région limitée, fertile 
abondante en forêts, formant un bassin 
étendu entouré de hautes montagnes à pic, 
et situé au nord de l'Inde, au dessous de 
l'Ane « Ariani vivunt post Seras » dit 
plus loin l'auteur. Or, cela correspond 
sensiblement au Népaul, dans lequel je 
serais tenté, par conséquent, de reconnaître 
le pays décrit. Il est d'ailleurs vraisem- 
blable que la dénomination de pays des 
Séres était assez vague pour les ancien» ; 
mais la localisation indiquée par moi 
explique comment l'auteur place à l'orient 
des régions aux neiges éternelles. 

J'entends donc ici le mot aggeres au 
sens de hautes montagnes avec abrupts ; 
je reconnais que la signification ordinaire 
indique plutôt un travail humain, mais le 
dictionnaire de Forcellini cite plusieurs 
exemples du terme dont il s'agit appliqué 
à des masses naturelles. Dans l'espèce, la 
comparaison de hautes montagnes à pic 
avec des murailles élevées par la main de 
l'homme, est une métaphore de la plus 
parfaite exactitude. 

Il me semble bien difficile d'entendre 
cela de la grande muraille qui forme un 
front, non une enceinte. Sans doute l'ou- 
vrage ayant été élevé au 111 e siècle av. J.-C. 
il n'est pas impossible au point de vue de 
la chronologie que les Romains en aient 
eu connaissance, mais historiquement le 
fait est assez invraisemblable. Les Ro- 
mains n'avaient avec l'Extrême-Orient 
que des rapports par de longs intermé- 
diaires ; ils connaissaient bien l'existence 
d'un grand port Cattigara, que l'on iden- 
tifie quelquefois, mais un peu téméraire- 
ment, avec Canton, je ne crois pas vo- 
lontiers, cependant, qu'ils aienteuquelques 
clartés des régions septentrionales où 
s'étend la grande muraille. 

En tous cas, Ammien Marcellin ne dit 
pas que l'enceinte décrite « grimpe sur les 
montagnes et descend dans les vallées 
sans les contourner ». 

La question posée n'en est pas moins 
des plus intéressantes puisque, en défini- 
tive., il s'agit de déterminer ce que savaient 
des pays d'Extrême-Orient, les Romains 
du iv e siècle. Aussi, tout en faisant cer- 
taines réserves sur les interprétations pro- 
duites, je ne puis que remercier M. le D r 
Bougon de l'avoir introduite à ['Intermé- 
diaire. 

En finissant, je note que si les Romains 



N* 106s 



L'INTERMÉDIAIRE 



159 



160 



faisaient grand usage de la soie, ils en 
ignoraient absolument la nature et l'ori- 
gine ; en effet, Ammien Marcellin la 
donne comme le produit d'un arbre. 
Cest beaucoup plus tard que la graine de 
vers à soie a été connue et importée en 
Europe. H. C M. 

Défroqués devenus comédiens. 
— Comédiens entrés en religion 

(XLVII1 ; XL1X). — Delmotte (François- 
Martin Poultier dit) peut figurer sur la 
liste des comédiens passés en religion, 
puisqu'il fut acteur au boulevard, puis 
moine. Né à Montreuil-sur-Mer le 4 dé- 
cembre 1753, soldat, employé d'adminis- 
tration, comédien au théâtre des élèves 
de l'Opéra (1779-80), auteur de petites 
comédies à ariettes et de modestes ta- 
bleaux champêtres qu'il composait pour 
cette scène avec Parisan, ce Delmotte ou 
Poultier, eut une carrière des plus acci- 
dentées.Tantôt il quitte le théâtre pour le 
froc, tantôt le froc pour la politique. Elu 
en 1792, membre de la Convention, il 
siège parmi les plus exaltés, vote la mort 
du Roi, puis, sous le Directoire, devient 
journaliste et pamphlétaire. Agé de près 
de cinquante ans, il reprend du service 
militaire, devient commandant de la place 
de Montreuil-sur-Mer,reçoit la décoration 
de la Légion d'honneur. Banni par la se- 
conde Restauration, il s'en va mourir à 
Tournay, le 16 février 1826. Les Rapso- 
dies du jour (10 janvier 1787) nous en ont 
laissé un portrait assez piquant : 

Poultier-Delmotte est un Michel Morin, 
Changeant de nom, de métier, de visage. 
Monsieur Delmotte a fait maint personnage, 
11 prit l'habit d'un gros bénédictin, 
Même, dit-on, d'un père Capucin. 
De la Bastille habitant volontaire, 
A la police il eut plus d'une affaire ; 
Puis, tout à coup, monté sur les tréteaux, 
Du boulevard il égaya la scène. 
En matador il vint sous les drapeaux 
Se pavaner du rang de capitaine ; 
Dévot, athée et pitoyable auteur, 
Le voilà donc grave législateur 
Et belliqueux chef de gendarmerie ! 
Mais ce n'est tout. 11 fabrique un journal, 
11 politique, écrit tant bien que mal, 
Fait des chansons, et bref, il se marie. 
Au dénouement de cette comédie. 
Un dernier titre attend monsieur. Poultier, 
Qui va, du moins une fois dans sa vie 
A l'honnête homme enfin s'associer. 

Henry Lionnet. 



§!JoU|j, 8frouuatU(!B çt opurtositc» 



Réception de Louis-Napoléon 
Bonaparte, à la loge les Amis de 
la patrie. — On a déjà dit que Napo- 
léon 111 était franc-maçon, on ignorait où' 
et comment il fut affilié. La lettre sui- 
vante trouvée dans un lot d'autographes, 
répond à cette question et donne la 
preuve cherchée. Arm. D. 

Mon bon frère, 
Je reçois une PI. ' . de la loge des Amis de 
la patrie, qui informe pour demain 1 février 
la réception de Napoléon Bonaparte, le Prési- 
dent. 

Voulez-vous y assister ? faut- il vous atten- 
dre ou aller vous prendre ? 
Ouverture des travaux à 7 h. 
Vous vous rappelerez les mots A. - . C. - ., si 
toutefois vous vous y présentez seul. 
Votre affectionné, 

F. Peautelet. 



Nécrologie 

Nous avons le regret d'apprendre la mort, à 
76 ans,de notre ancien collaborateur, M. Alfred 
Ritleng, notaire, président de la chambre des 
notaires de l'arrondissement de Strasbourg. 

« Doué d'un esprit et d'un goût très raffi- 
nés, dit le Temps, M. Ritleng a joué jus- 
qu'à sa fin un rôle très important dans le 
mouvement artistique de l'Alsace, en connais- 
seur expérimenté dans toutes les branches des 
beaux-arts, en collectionneur distingué et 
èmèrite. Pendant de longues années, il fut 
président des Sociétés des Amis des arts et 
accepta encore, dans les derniers temps, la 
présidence du Musée alsacien, qui est en voie 
de formation, dans le but de conserver à 
l'Alsace ses anciennes coutumes et ses an- 
ciennes traditions. M. Ritleng se distingua 
en 1870, pendant le siège de Strasbourg, par 
le secours qu'il prêta aux blessés et aux ma- 
lades ; il obtint de ce fait, en 1897, la croix de 
la Légion d'honneur ». 

Nous perdons en lui un collaborateur de la 
première heure, qui, voilà quelques années 
encore, ne marchandait pas à ses confrères le 
secours de sa profonde érudition. 



Le Directeur-gérant : 
GEORGES MONTORGUEIL 



Imp. Daniel-Chambon St-Amand-Mont-Rond, 



LI" Volume 



Paraissant Us 10, 20 et 30 de chaque mois 10 Février 1905. 



41» Annéb 

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DES CHERCHEURS ET CURIE! 

Fondé en 1 864 



(attestions 



Rapporteur du point d'honneur. 

— Je trouve dans des registres de l'état- 
civil de la fin du xvm e siècle, les noms de 
certains personnages, cités comme par- 
rains ou témoins, suivis du titre de con- 
seiller rapporteur du Point d'Honneur. — 
«X, conseiller rapporteur du Point d'hon- 
neur au siège présidial de Soissons. » — 
« Y. Conseiller rapporteur au bailliage de 
Laon.» Quelles étaient ces fonctions, en 
quoi consistaient-elles, et à quelle époque 
furent-elles créées ? A. de B. 



Un manuscrit de Voltaire en 
partie inédit. — Trois fois depuis vingt- 
cinq ans, on nous a promis la publication 
du manuscrit de Voltaire conservé à la 
Bibliothèque de l'Ermitage sous le titre 
de « Sottisier ». Les trois éditions parues 
ne contiennent en réalité que des extraits 
du recueil. 

Est-il permis d'espérer que nous con- 
naîtrons un jour tout ce que le Prince 
Labanof n'a pas jugé à propos de copier ? 

S. 



Thiers a-t-il été baron ? — M. F. 

Loliée publie, dans les Annales politiques 
et littéraires, des souvenirs sur le second 
empire. Au cours d'un de ses articles, il 
affirme que M. Thiers pouvait porter le 
titre de baron. Est-ce exact ? R. B. 



QUESTIONS ET KEJ>OIN$ES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 

161 162 

Un moine poète. — La Bibliothèque 
de l'Arsenal a fait récemment l'acquisi- 
tion du volume suivant : 

Essais de Méditations poétiques sur la pas- 
sion, mort et résurrection de Notre Seigneur 
Jésus-Christ. — A Paris, chez François Mu- 
guet, rue de la Harpe, 1659, gr. in-16, ma- 
roq. rouge, milieux à la Du Seuil. [Bibl. 
Arsenal. Acquis. 1903. n° 0,005]. 

Ce livre a pour auteur un moine qui a 
signé la dédicace : F. Z. D. V. R. D'après 
certains indices révélés par les approba- 
tions, ces initiales doivent se lire : 

Frère Z de Vitré, Rècollet. Elles sont 

accompagnées d'une date : Lyon, 20 jan- 
vier 1659. 

Voici un sonnet extrait de cet ouvrage: 

Voir de coups et de boue une face tachée 
Sur qui le sang figé se meslant par monceaux 
Aux ronces, aux tumeurs, aux crachats des bour- 
reaux 
Augmente les horreurs d'une barbe arrachée. 

Au lieu d'un corps humain, voir de la chair hachée 
Qui n'a plus de sa peau que de sanglants lambeaux 
Tellement deschirés de verges et de lléaux 
Qu'il semble au lieu d'un homme une beste escor- 

jehée. 

Si la peinture antique eut de si rudes traicts 
Qu'à moins des esenteaux adioutés aux portraicls 
Iamais l'original n'aurait pu se cognaistre 

Pilate en fait de mesme, et ce Divin Mortel 
Est si défiguré, qu'en le faisant, paraistre 
S'il n'eut dit : « Voici l'homme 1 » on ne l'eut 

ipoint cru tel. 

Cette pièce qui paraît n'avoir jamais 
été signalée est d'une vigueur singulière 
et digne de d'Aubigné. 

Qui est ce frère [Zacharie] dont les 
bibliographes ne parlent point ? 

P. L. 
LL 4 



N° 1066. 



L'INTERMEDIAIRE 



163 



164 



Protonotaires du roi ? Nous sa 
vons ce qu'est un protonotaire ecclésias- 
tique , (apostolique) mais humblement 
nous avouons ne pas connaître le proto- 
notaire du roi. Or. ce titre est donné à 
plusieurs membres de la famille du Tillet, 
dans sa généalogie imprimée au tome I 
du Nobiliaire de Saint-Allais ; tels que : 
Jean du Tillet reçu protonotaire-secretaire 
du Roi en 1521 (pourquoi donc cette 
charge anoblissante à une personne dont 
les S aïeux sont qualifiés de damoiseaux, 
chevaliers par Saint-Allais ?) ; autre Jean, 
baron de la Bussière, notaire, secrétaire 
et protonotaire du roi en 1552 : troisième 
Jean, protonotaire du roi et greffier du 
parlement, mort en 1646. 

La Coussière. 

Le procès de la sœur de la Croix 
(1710). — La Sœur de la Croix était su- 
périeure des filles repenties du Refuge, à 
Aix, et elle s'était donné pour mission de 
leur suggérer deux repentirs : tout d'abord 
celui de leurs vices, et ensuite celui de 
leurs vertus. 

Dans cet esprit, elle se déguisait en 
prêtre, amenait ses nonnes en confession 
sans être reconnue, distinguait celles de 
ces filles qui supportaient le plus mal leur 
vœu de chasteté, et au lieu de les répri- 
mander, elle les mettait bonnement en 
rapport avec les gentilshommes qui mani- 
festaient du goût pour l'inceste spirituel. 

Dénoncée au Parlement d'Aix, elle fut 
condamnée, le 4 juin 1710, à une peine 
afflictive et au bannissement. 

A-t-on publié les détails de ce procès 
qui précéda de vingt ans celui de la Ca- 
dière et contribua peut-être à influencer 
le sentiment public pendant la grande 
Affaire de 1731 ? 

La capitulation de Paris et le 
comte d'Hérisson. — L'anecdote sui- 
vante concerne le comte d'Hérisson ; elle 
lui fait jouer un rôle exceptionnel à 
l'époque de la capitulation de Paris. — La 
note est du Gaulois : 

11 y a juste aujourd'hui vingt-cinq ans, 
M. Jules Favre et M. de Bismarck signaient 
l'armistice : c'était le 132 e jour du siège. 

Tout a été dit sur les journées qui suivi- 
rent Buzenval et précédèrent la signature de 
l'armistice. 

M. Jules Favre en a, d'ailleurs, lui-même 
raconté toutes les péripéties, et il est aisé 



d'imaginer combien durent lui être doulou- 
reuses et lui paraître longues les heures qu'il 
passa à Versailles, dans la maison de Mme 
jessé, 20, rue de Provence. 

M.iis ce qu'on sait moins, c'est le rôle que 
joua à cette époque le comte d'Hérisson, et 
comment, simple capitaine mais homme au- 
dacieux, il obtint que les canons de nos rem- 
parts ne seraient pas jetés dans les fossés des 
fortifications, mais simplement retirés de leurs 
affûts et placés sur le chemin stratégique. 

M. d'Hérisson obtint également que, con- 
trairement à ce qui avait été convenu entre 
M. de Bismarck et M. Jules Favre, l'armée de 
Paris conserverait ses drapeaux. 

Comment M. d'Hérisson s'y était-il pris ? 
Le plus simplement du monde. 

Chargé de remettre à M. de Bismarck la 
convention de l'armistice, il avait imaginé 
d'y faire apporter ces changements que, disait- 
il, réclamait le gouvernement de la Défense. 

M. de Bismarck entra dans une violente 
colère, mais il finit par céder et, après avoir 
consulté l'Empereur, il remit à M. d'Hérisson 
la convention dûment rectifiée. 

N'est-ce pas que l'aventure valait d'être 
rappelée ? Elle fait le plus grand honneur à 
l'esprit d'à-propos et au patriotisme du comte 
d'Hérisson. 

Ces faits sont tout à l'honneur, je di- 
rais plus, tout à la gloire du comte d'Héris- 
son ; mais comment en avoir un témoi- 
gnage formel ? 

C'est assez intéressant pour l'histoire 
de Paris et le sujet vaut bien, à mon avis, 
une enquête. G. P. 

La délation est une vertu. — 

Dans quelle circonstance Mirabeau a-t-il 
émis ce paradoxe qui lui est attribué par 
Francis Lacombe (Histoire de la Bourgeoi- 
sie de Paris, tome III, page ij 1) « Dans 
un Etat libre, la délation est une vertu».? 

A. de B. 

Documents sur Strasbourg. — Un 

intermédiairiste aimable pourrait-il m'in- 
diquer des livres, des plans et des gravu- 
res sur Strasbourg, de 1820 à 1840 ? 

FlALIN. 

Le Document Taschereau. — Le 

14 mars 1857, devant la 6 me Chambre 
correctionnelle de la Seine, M. Taschereau 
assignait en diffamation M. Hippolyte 
Castille, pour certains passages de son 
opuscule sur Blanqui, dans lesquels il 
était insinué que. dans l'intention de per- 
dre Blanqui aux yeux de ses amis,Tasche- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 



1905, 



165 



166 



seigner 



reau avait fabriqué de toutes pièces le fa- 
meux document qu'il inséra dans le 1 er 
numéro de sa Revue Rétrospective. 

Voici l'un des attendus du jugement 
qui condamna M. Castille : 

Attendu que l'excuse de bonne foi ne sau- 
rait être admise en présence de documents 
historiques qui signalent Blanqui comme 
l'auteur véritable de la pièce imprimée dans 
la Revue.. . 

Quds peuvent être ces documents ? 

A. Jolimain. 

Voir Revue Rétrospective, Paulin, éditeur, 
pages 1 à 10, et p. 33. 

Boufflers; prononciation du nom. 

— Au sujet de la prononciation du 
nom de IVarens (dont vous vous êtes 
occupé dans le n° de Y Intermédiaire du 
30 janvier 1905), pourriez-vous ren- 

au sujet du nom de Boufflers} 
Doit-on dire le chevalier de Bouffie ou 
le chevalier de BoufflÈRE ? 

Descendant du côté maternel d'une 
Boufflers, j'ai toujours entendu parler de 
la beauté de grand maman de Boufflé, 
tandis que l'on prononce, paraît-il, Bouf- 
flère, au Théâtre-Français. 
J'aime à croire que nos parents et grands- 
parents devaient mieux savoir prononcer 
le nom de notre aïeule que M. Coque- 
lin ou tout autre comédien des Français ! 
— E. P. 

M. de Caux au XVIII e siècle. 

— Pourrait-on avoir quelques ren eigne- 
ments sur M. de Caux, directeur des for- 
tifications de la marine à Cherbourg, au 
milieu du xvm e siècle, officier, ingénieur 
fort distingué ? De quel pays ou province 
était-il ? P. de F. 

Chateaubriand, suppression de l's 
du nom. — A quelle époque les Chateau- 
briand ont-ils supprimé 1*5 de leur nom, 
et ont-ils écrit Chateaubriand et non plus 
Chasteaubiiand? Doit-on, de nos jours, 
écrire Duchâtel et non Ducbastel, d'Epré- 
mênil et non d' Espresnicn il, etc.. etc.? 

E. P. 

Les lettres de Victor Hugo à 

Mme Drouet. — Plus nous nous éloi- 
gnons du xix e siècle, plus les serviteurs de 
l'histoire s'efforcent de mettre au jour les 
documents qui sont de nature à nous bien 
faire comprendre cette curieuse époque. 



Un de nos grands recueils, la Revue de 
Paris, vient de publier les lettres de 
Sainte-Beuve à Victor Hugo, correspon- 
dance des plus intéressantes et qui jette 
de vives lueurs sur les Temps Romanti- 
ques. Quand ces pages seront réunies en 
volume, elles deviendront, à coup sûr, un 
régal pour les délicats. Mais nous espérons 
qu'on ne s'arrêtera pas a cette publication 
et que, pour la gloire du grand poète 
de la Légende des siècles, on fera aussi paraî- 
tre la correspondance que Victor Hugo 
a entretenue avec la femme si courageuse 
dont il nous a parlé d'une manière si 
touchante dans V Histoire d'un crime. 

Certes, Mme Drouet mérite à tous 
égards de ne pas être oubliée. Rappelons 
ici, en passant, ce qu'on a dit d'elle, au 
moment où elle est morte. Les lignes qui 
suivent sont louangeuses, mais elles sont 
encore au-dessous de la vérité. M. Kock, 
le neveu de cette âme dévouée, a dit très 
simplement : 

C'était une femme d'une intelligence pro- 
fonde. Hugo la rencontra et se sentit attiré 
vers elle invinciblement, pour toute sa vie. 
Elle fut à ses côtés la muse et l'idéal. 11 a 
mieux dit puisqu'il a écrit : qu'elle fut sa 
« Providence». Chaque jour, pendant un demi- 
siècle, il lui écrivit. Sa correspondance 
existe ;j'en suis le dépositaire et ce m'est un 
dépôt sacré. Tous les ans, à l'anniversaire de 
leur rencontre, qui eut lieu en février 1833, 
le poète commémorait cette date, par des vers 
qui sont les plus beaux de son œuvre. Ils 
sont inconnus. On les lira le jour où sera 
écrite l'histoire de cette noble rencontre de 
deux êtres privilégiés, qu'un demi-siècle de 
fidélité consacra... 

Je demande que le jour qu'on nous 
fait espérer ne se fasse pas trop attendre. 
Philibert Audebrand, 

Fuentès-Pignatelli (Comte de). — 
Où pourrait-on trouver des renseigne- 
ments biographiques sur ce personnage 
qui a été, je crois, ambassadeur d'Espa- 
gne en France en 1790 ? A la suite de cir- 
constances que je n'ai pu découvrir, il ré- 
sidait, dans les années 1787, 1788 et 
1789, avec un nombreux personnel de 
domestiques, à l'abbaye de Valsery, dans 
le Soissonnais. A. de B. 

Comte de Lyon. — Voici la copie, 
relevée à la page 116 du 6 e volume de la 
Bibliothèque historique (Paris, chez Delau- 



N c 1066. 



167 



L'INTERMÉDIAIRE 



— 168 



nay et deux autres libraires, 1819), d'un 
billet d'enterrement de 1818: 

Amiens. 

« Vous êtes prié d'assister aux Convoi, 
Vigiles et à la Messe de Haut et Puissant 
Seigneur, Monseigneur Robert Armand le 
Sens, comte de Lyon, marquis de Folle- 
ville, conseiller du Roi, premier président 
de la Cour royale d'Amiens, officier de la 
Légion d'honneur, décédé à Amiens, en 
son hôtel, rue au Lin, le 28 mai 1818, 
âgé de 65 ans, qui se feront le lundi i er 
juin, à neuf heures du matin, dans l'église 
de Saint-Germain, sa paroisse ; ensuite à 
l'enterrement qui se fera au cimetière de 
la Madeleine, lieu de sa sépulture •>. 

Le billet d'enterrement transcrit ci- 
dessus n'est pas suivi de l'énumération 
des membres de la famille du défunt. 

Le premier président Le Sens a-t-il 
hérité du titre de « comte de Lyon » et 
l'a-t-il transmis à des descendants ou col- 
latéraux ? Ce titre a-t-il été créé pour lui, 
lui a-t-il été conféré par l'Empire ou par 
la Restauration ? Il semble qu'un person- 
nage devait avoir rendu des services émi- 
nents pour être fait titulaire d'un comté 
de Lyon. A-t-il existé d'autres comtes de 
Lyon ? et sait-on quelque chose de plus 
sur le premier Président le Sens, sur ses 
ascendants et ses descendants s'il en a 
laissé ? V- A. T. 

Louis -Marcel de Coasser. — 

Louis-Marcel de Cousser naquit à Cas- 
sel, arr.d'Hazebrouck,dép. du Nord, le 27 
mars 1775. Il fut président de l'Assem- 
blée du canton d'Oldenbourg (2 mai 1 8 1 2), 
chevalier de Saint-Louis (29 juin 1814 ou 
21 août 1816) et mourut à Hahn (Grand- 
Duché d*01denbourg), le 8 mars 1854. 

On demande les noms de ses parents, 
des détails sur la généalogie ascendante 
de sa famille et les armoiries de celle-ci. 

Etait-elle noble ? 

D r Stephan Kekule von Stradonitz. 

Orieulx de la Porte. —Je désire les 
armoiries et la généalogie de cette famille 
bretonne dont était Charles de la Porte, 
mort en 1903. L- C 

Alice Ozy. — Pourrait-on connaître 
le testament d'Alice Ozy ? 

N'existe-t-il pas un état de son mobilier? 
Date et lieu de sa mort ? Y. 



Paganini. — Dans un journal niçois, 
on lit : « Les devoirs de la religion furent 
refusés au cercueil de Paganini, ce qui fit 
quelque bruit à l'époque ». 

Les quelques récits de la mort de Paga- 
nini sont muets sur ce point. 

A-t-on souvenir de ces faits ? 

D r L. 

Le Pays de Bourjolly.— J'aimerais 
à savoir si la famille du comte le Pays de 
Bourjolly, ancien auditeur au conseil 
d'Etat, auquel le Gaulois consacrait un ar- 
ticle nécrologique le 9 janvier 1905, ne 
descend pas d'un Louis Pays de Bourjolly 
qui est cité avec demoiselles Françoise et 
Agnès Pays et noble homme René Pays, 
sieur de Launay, dans le contrat de ma- 
riage de Mathieu-Joseph Pays-Mellier et 
de Marie Grillon (29 Mai 1729). J'aimerais 
à avoir la généalogie de ces Pays de Bour- 
jolly, et si le défunt a laissé desfils, à avoir 
leur adresse pour entrer directement en re- 
lation avec eux. 

Comte du Fort. 

Famille de Refuge. — En dehors 
des documents généalogiques du Cabinet 
des Titres, des divers ouvrages indiqués 
dans ces documents comme références, et 
des dictionnaires généalogiques courants 
(Saint-Allais ou La Chesnaye des Bois), où 
peut-on trouver des renseignements parti- 
culiers sur la branche de cette famille 
bretonne, qui s'allia au xvi e siècle aux fa- 
milles Chauvet, de Saintes ; Le Maye, sei- 
gneurs de Dannemarie ; de La Roë, sei- 
gneurs de Couesmes en Bretagne, de 
Rochefort, seigneurs d'Armilly en Tou- 
raine, et qui posséda, à la même époque, 
les seigneuries de Villaines,de Fossez.près 
Blois, de Gallardon, en Beauce, de Dan- 
nemarie et de Couesmes ? 

Dans quelle province se trouvaient si- 
tuées les seigneuries de Villaines et de 
Dannemarie ? Les seigneuries de Villaines, 
Fossez, Dannemarie, Gallardon et Coues- 
mes, les familles Chauvet, Le Maye, de la 
Roë et de Rochefort ont-elles été déjà 
l'objet d'études ou de publications spé- 
ciales ? H. de G. 

Le général Trépoff. — Je lis dans 
le journal X Aurore du i er février courant : 

11 (le générai Trépoff) a, en effet, pour 
principal titre d'être le fils naturel d'un très 
haut personnage,, . 



Qu'y 
tion ? 



DES CHERCHBURS ET CURIEUX 

1 69 — 

a-t-il de vrai dans cette asser- 



10 Février 1905. 



170 



N.N. 



Identifications à faire. — Peut-on 
identifier les noms suivants, et, au besoin, 
rétablir leur orthographe : 

i° Dans, huissier audiencier au Châte- 
telet de Paris en avril 1789 ; 

2 Pluvicat,échex\n de Paris en 1789 ; 

3 Vupards, prévôt des marchands de 
Paris en 1789 ; 

40 Gatnassou, secrétaire de la section 
des Gravilliers à Paris en 1789 ; 

5 Borix, Cloard, Favre, Salement, de 
la commission de l'administration des 
biens nationaux à Paris en 1792. 

6° Camelin, commissaire de la section 
des Gravilliers en 1792 ; 

Quel était le nom del'évêque de Nancy 
en mai 1789? P. Ubald d'Alençon 
Mgr Anne-Louis-Henri delà Fave( 1787, 1790). 

Renseignements biographiques. 

— Je demande des renseignements bio- 
graphiques sur le baron Amiot; M. Fassie 
(1839); M Hébert, ancien notaire, 
(1843) ; Mlle Alexandrine Pelletier ; M. 
Villeminot (1847-1850) ; M. Geoffroy de 
Chaume (1850) ; Mlle V. Rometin (1875). 
Les dates qui accompagnent ces divers 
noms indiquent une époque de leur vie. 
Merci d'avance. L. C. 

Œuvres de Michel- Ange, en bois. 

-- Existe-t-il quelque œuvre de Michel- 
Ange en bois ? A-t-il sculpté sur bois ? 
Quel genre d'objets ? Pourrait-on croire 
qu'un très beau bahut Renaissance, dont 
quelques détails d'ornementation rap- 
pellent sa manière en architecture, au- 
rait été exécuté d'après ses dessins ? 

V. 

Un bas-relief de Jean Goujon. — 
Lors du percement de la rue Castiglione, 
on fit disparaître une grande partie du 
couvent des Feuillants, entre autre la 
haute porte d'entrée construite par Fran- 
çois Mansard en 1676. Pourrais-jc savoir 
si elle fut reconstituée ? ou ce qu'il est 
advenu du bas-relief de Jean Goujon qui 
la décorait ? 

D'ailleurs, l'église des Feuillants con- 
tenait des tableaux de maîtres et plusieurs 
mausolées. Qu'est devenu tout cela ? 

B, M. 



kh ! le bon billet qu'a la Châtre ? 

— Ce mot si gai est-il authentique ? 

Qui est le « marquis » de la Châtre ? 
A quelle date remonteraient les relations 
de Ninon avec ce personnage ? Un livre 
que j'ai sous les yeux déclare que le mot 
se place « à n'en pas douter, entre 1631 
et 1669. » 

C'est bien vague. 

A ma connaissance, l'anecdote a été 
racontée pour la première fois par Bret 
en 1750. 

C'est bien tard. Un Passant. 

Avoir les gants. — Dans la langue 
du xvui e siècle, avoir les gants d'une 
jeune fille, c'est obtenir ses premières 
faveurs. 

Le mot suppose généralement que la 
jeune fille a, par la suite, accordé ses fa- 
veurs à plusieurs autres personnes, ou 
qu'elle a tout au moins résolu de le faire. 

Quelle est l'origine de cette expression, 
et quels sont les exemples les plus anciens 
que l'on en puisse citer ? 

Molettes d'éperon. — Les molettes 
sont fréquentes en blason. Le dernier vo- 
lume de V Intermédiaire s'est occupé des 
armes de Mgr de Tubières de Caylus 
portant : de... à trois molettes d'éperon 
de... Ace sujet, qu'on me permette une 
question : Pourquoi, puisqu'il y a trois 
molettes, met-on éperon au singulier ? 
Chaque collet d'éperon est pourvu d'une 
seule molette. Donc pour avoir trois mo- 
lettes, il faut avoir désarmé trois éperons. 
D'où, en bonne logique, éperon devrait 
prendre, tout comme molettes, la marque 
du pluriel. Cependant les auteurs spé- 
ciaux que j'ai consultés mettent toujours 
éperon au singulier! . N'y a t-il pas là 
une anomalie grammaticale ? Quelle en 
peut-être la raison ? Axel. 

Le rôle de la virgule. — Une vir- 
gule placée mal à propos, dans le dispo- 
sitif d'un projet de loi fiscale a coûté aux 
Etats Unis 10 millions. A plusieurs repri- 
ses, une virgule mise en trop ou oubliée 
a joué un rôle dans l'histoire. Les exem- 
ples seraient à recueillir. J'ai lu \' Intermé- 
diaire et ne répète pas une question déjà 
posée. Y. 



N- 1066. 



L'INTERMEDIAIRE 



, 7 , 



Reponsis 



Récits d'événements historiques 
consignés à la dernière page des 
anciens registresd'état-civil(L, 779, 
910, 961 ; LI, 22,67, 12 ^)- — Dans le re- 
gistre de la paroisse de Saint-Léonard de 
Durtal (Maine-et-Loire) pour l'année 
1789, le prieur-curé Jean-François Carnot, 
a inséré un « Avis à la postérité » qui 
relate les phases et les conséquences du 
désastreux hiver de 1788-89, aussi froid 
et plus long que celui de 1709. 

Je cite cet exemple parce que j'ai le do- 
cument sous les yeux. Mais il est bien 
loin d'être isolé, et l'on pourrait, je crois, 
trouver trace de la plupart des grands 
événements historiques dans les registres 
des anciennes paroisses. Nolliacus. 



J'ai lu, non pas à la dernière page, mais 
entre deux actes, des faits de ce genre sur 
les registres de Tétat-civil du village de 
Mussey (Haute-Marne), alors que j'en ai 
fait l'histoire. Les faits se réfèrent à 1667. 
Le curé indique les démêlés qu'il a eus 
avec son évèque ; qu'il a congédié un cor- 
delier qui lui servait de vicaire ; et que le 
registre ou reste de registre a été biffé et 
altéré par le désordre des grandes et abu- 
sives affaires qui ont été dirigées contre 
lui... E. M. A. 



Conspiration de l'Epingle noire 

(LI, 49). — Cette conspiration eut lieu en 
1817. Le 4 octobre de cette année, neuf 
accusés comparurent devant la cour d'as- 
sises : les nommés Contremoulin, Fonte- 
neau-Dufresne, Moutard, Duclos, Bonnet, 
Crouget, Duclos jeune, Leclerc de Lan- 
dremont et Jean Baumier. Les révélations 
faites par Charles Monier, le jour où il 
devait être exécuté, avaient amené la dé- 
couverte d'une association qui avait pour 
but, selon l'acte d'accusation, la surprise 
de la forteresse de Vincennes et le renver- 
sement du gouvernement. Un dixième 
accusé (Brice) fit défaut. Les débats de 
cette affaire, qui se trouvent tout au long- 
dans le Moniteur de 1817, durèrent quatre 
jours et tous les accusés furent acquittés. 

Th. Courtaux. 



172 

* 



Les renseignements qui suivent sur la 
« Conspiration de l'Epingle noire » ont été 
puisés à différentes sources : Mémoires di 
Pasquier (tome IV, c. v) ; Les Complots 
militaires sous la Restauration, par Guil- 
lon. 

Après la conspiration des Patriotes de 
1816 éclata bientôt après une autre affaire, 
celle de l'Epingle noire. A la fin de 181s, 
il s'était formé une association secrète dite 
de l'Epingle noire, parce que chaque asso- 
cié portait à sa chemise, en signe de recon- 
naissance, une épingle noire avec une tête 
en émail noir. C'était une association de 
bonapartistes et principalement d'officiers 
licenciés de l'armée de la Loire. 

Leur exaspération fut causée par les du- 
retés du général Despinay, commandant 
de la place de Paris, et qui plus est, ancien 
agent très actif de Bonaparte. On préten- 
dait que cette association avait des ramifi- 
cations en Belgique, ayant pour initiés tous 
les réfugiés français qui avaient trouvé un 
asile dans ce royaume. On disait même 
que le prince d'Orange n'y était point 
étranger. 

La police arrêta divers membres de 
cette association et les remit au Procureur 
du Roi Jacqueminot, qui considéra cette 
affaire moinscomme une conspiration que 
comme une intrigue : « Intrigue dans la- 
quelle étaient entrés, pour avoir occasion 
de se faire valoir, quelques-uns de ces 
misérables agents de police qui dès l'arri- 
vée de Monsieur en France s'étaient atta- 
chés au service du château ». 

Ce qu'il y a de certain, c'est que dans le 
courant de 1816, deuxanciens adjudants 
du génie Monier et Thomas furent arrê- 
tés. 

Dans le jugement qui eut lieu les 19 et 
20 septembre 1816, et dont on retrouve 
les pièces dans le Moniteur, à cette date, 
Monier fut accusé de complot en général 
et, en particulier, d'avoir voulu s'emparer 
du fort de Vincennes. A cet effet, il avait 
pris de nombreux renseignements sur 
l'armement et la force de la garnison. Il 
avait fait le projet de s'emparer du fort 
en empoisonnant la garnison au moyen 
de 50 k,de poison jeté dans l'eau qui ser- 
vait à la consommation de la garnison. 

Il aurait pénétré dans le fort avec ses 
camarades au moment où l'on relèverait 
la garde. Thomas accusé avec Monier fut 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905 . 



*73 



174 



acquitté, mais Monier fut condamné à 
mort. Au moment de monter à l'échafaud 
il dénonça un capitaine en demi-solde du 
nom de Contremoulin. Ce dernier fut 
arrêté, on lui adjoignit comme complices 
divers autres officiers, mais tous furent 
acquittés. 

Voilà les renseignements que j'ai re- 
cueillis sur cette conspiration, mais je ne 
vois nulle part qu'il s'agissait de faire 
sauter le château deVincennes comme le 
font supposer messieurs Parirat et Boi- 
leau. Hernani. 

Voir Intermédiaire, IV. 

Les frères de Jeanne d'Arc (LI, 

50, 1 10J. — Voir au sujet de la descen- 
dance de Jacquemin d'Arc les ouvrages 
suivants : 

La famille de Jeanne d'tArc, par 'MM. de 
Bouteiller, et de Braux. Paris, Claudin, 
1878-1879; 

La famille de Jeanne d'Arc et son séjour 
dans l'Orléanais, par M. Boucher de Mo- 
landon. Orléans, Herluison, 1878. 

Dans le I er de ces ouvrages, les auteurs 
seraient d'avis de rattacher à Jacquemin 
les familles qu'on avait cru descendre de 
Pierre d'Arc, c'est-à-dire la postérité de 
Charles du Lys, et les familles Hordal, 
Haldat, Macquart, le Fournier et leurs des- 
cendants. 

Quant au second ouvrage, il contient 
l'enquête de 1502 dont le i er témoin est 
Claude du Lys qui déclare cire fils delà 
fille de Jacquemin. 

Sous le titre Le sang de Jeanne d' Arc en 
Normandie, nous préparons un travail sur 
les descendances Le Fournier qui contient 
déjà environ 520 familles. 

O Henry Le Court. 

Richelieu au théâtre (LI.4, 84, 122). 

— Il me tombe sous les yeux un volume 
du R. P. Longahye, jésuite, contenant 
une comédie en un acte, en vers, ayant 
pour titre Richelieu, homme de lellres. Le 
cardinal a le rôle principal. 

Le volume, Théâtre Chrétien, parut en 
1879, à la librairie Marne. Martin E. 

Régiment du Boulonnais (LI, 107J. 

— Ce régiment fut créé le 5 septembre 
1684. Dans le costume primitif,la veste, 
îe collet, et les parements de l'habit étaient 
bleus, avec boutons jaunes, pattes en 
écusson, garnies de 8 boutons dont 3 de 



chaque côté et 2 en bas; 4 boutons sur la 
manche, chapeau bordé d'or. 

(Ces renseignements sont pris dans 
l'Histoire de l'infanterie française, par 
Susane). Doudin. 



* 



Boulonnais, créé le 30 août 1684, eut, 
jusqu'en 1763, habit gris blanc, veste, 
collet et parements bleus, boutons jaunes, 
pattes de poches en écusson garnies de 8 
boutons dont 3 de chaque côté et 2 en 
bas, 4 boutons sur la manche, chapeau 
bordé d'or. 

Le colonel, de 1684 à 1703, fut M. de 
Vibraye remplacé du 6 janvier 1703 jus- 
qu'à 17 19 par le marquis de Crécy. Il 
existait 2 bataillons au régiment en 
1704. 

En 17 12, l'Etat de la France donne 
comme colonel le marquis de Crécy, bri- 
gadier d'armée ; lieutenant-colonel : de 
Castagnier, chevalier de Saint-Louis ; 
major : de Laccary, également chevalier 
de Saint-Louis. 

Sous Louis XIV, le régiment ne fut 
jamais employé dans le midi de la France 
ni en Italie, mais il est possible que l'un 
des officiers supérieurs ait été originaire 
du Midi et ait recruté dans sa province. 

COTTREAU 



* * 



Le général Susane, dans son Histoire de 
l'Infanterie, vol. 5, dit, au sujet de l'uni- 
forme de Boulonnais, dont îe fond était 
blanc, ou blanc-gris, comme pour toute 
l'infanterie française : « Dans le costume 
« primitif, la veste, le collet et les pare- 
*< ments de l'habit étaient bleus, avec 
« boutons jaunes, pattes en écusson gar- 
« nies de 8 boutons dont 3 de chaque 
« côté et 2 en bas , 4 boutons sur la 
« manche, chapeau bordé d'or ». 

Quant à la seconde partie de la ques- 
tion, si elle se rapporte à l'époque de la 
bataille d'Hochstedt, elle pourrait s'expli- 
quer par le fait suivant. Boulonnais avait 
été complété en décembre 1698 « par 
l'incorporation des hommes du régiment 
de Villefort », corps levé en 1695 par 
Louis-François d'Isarn, chevalier de Ville- 
fort. Or les Ysarn de Villefort, ou au 
moins une branche de cette famille, étaient 
fixés à Millau, dans le Rouergue, sur les 
confins du département actuel du Gard. 
11 n'y aurait donc rien d'étonnant à ce 
que le chevalier de Villefort ait pris dans 



N° id6ô. 



L'INTERMEDIAIRE 



— i 



i ■> 



176 



son régiment, en qualité de volontaires,des 
ieunes gentilhdfrtrnefc dés pays voisins. 
J ° S. CiuKcuii.i.. 

aux secrétaires ignorés de 

Mme Campan (LI. 7)- - La rel l e "? r_ 

tense et les princesses Caroline et Pauline 
Bonaparte furent les élevés de Mme Cam- 
pan dans l'Institution qu'elle dirigea a 
Saint-Germain -en-Laye pendant les der- 
nières années du xviu' siècle et dans es 
premières du xix c . La correspondance et les 
Mémoires de l'ancienne lectrice de Marie- 
Antoinette laissent deviner qu'en effet ces 
trois élèves lui servirent parfois de secré- 
taires. On peut consulter une biographie 
récente de Mme Campan par M. J. Barlo 
éditée par la Bonne Presse, s, rue Bayait. 
(Paris). Auù. Paradan. 

Les « Honneurs » à la Cour de 
Louis XV (LI. 3)- - On dit : les Ho ?" 
neurs de la Cour. Or, il y est repondu 
col. 19. sous la rubrique: Carrosses au Roi. 
11 fallait faire ses preuves de noblesse, 
sans anoblissement connu, non depuis 
1400 comme on le dit, mais depuis 1399. 
Pourquoi cette année de différence ? Pro- 
bablement pour pouvoir dire qu'on re- 
montait au xiv e siècle, l'année 1400 de- 
vant compter comme la première du xv e . 
Il y avait des dispenses de droit et de 
pracc ; mais le principe était la. 

La Coussiere. 



Carrosses duRoi(L, 954: LI, 19,71)- 
— Erratum. — Vol. LI, col. 71 . lig.4*i 
lire : Aucune preuve n'était a faire en 
dehors (et non eu dessous) de la ligne pa- 
ternelle. P- DU GîJF - 



Liste générale des otages de 
Louis XVI et de sa famille (L,94«; 
y^ l0 ) _ Cette liste doit faire suite a 
l'ouvrage de Roulage, Otages de Louis XVI, 
publié en 1814 et qui se trouve à la Bib. 
nat. sous la cote 4 b. 41 2647. 

Après le 10 août, un journaliste roya- 
liste, Durosoi, dans la Galette de Paris, 
lança la proposition de constituer un cer- 
tain nombre d'otages pour assurer la li- 
berté au roi. Les listes publiées dans cette 
gazette, furent réunies par Boulage. 

Saint-Christol. 



Le cardiivldeïîohan et ls fr. nc- 
çdnnerié (XL1X, 667 ; L, 45$, 881, 

740;LI, 60).— l.a réponse qui figuré 
col 746 du dernier volume de Yluh'nue- 
diaire avait pour but de rectifier une 
erreur, et ne prétendait pas résoudre la 
question. 11 est possible que le cardinal 
ait appartenu à l'ordre maçonnique, mais 
je ne connais jusqu'à présent aucun, docu- 
mentauthentique permettant de l'affirmer. 
Je viens de relire la note de Ragon repro- 
duite par un de nos collaborateurs dans 
le dernier n°, et je ne suis pas encore con- 
vaincu. L'auteur cité commence en effet 
par qualifier de fabuleux le rapport sur 
lequel on s'appuie et termine en le trai- 
tant de tissu de mensonges absurdes (Ra- 
cron, pages 304 et 305). Quant a l'argu- 
ment basé sur l'amitié de Caghostro et du 
trop fameux cardinal, il est absolument 
insuffisant nour constituer une preuve. 

Un autre collaborateur, a propos du 
rite de Misraïm, s'appuie sur un certain 
Annuaire maçonnique universel pour 1889- 
ço, pour démontrer que ce rite fut fondée 
en'1803 et ne peut être que la continua- 
tion de celui de Cagliostro. Les auteurs 
maçonniques, qui ont jusqu'à présent, 
fait' autorité en France et a l'étranger, 
sont d'un avis absolument différent. 

Pour ma part, je ne connaissais pas cet 
Annuaue et j'ajouterai que je l'ai inutile- 
ment cherché chez les trois ou quatre li- 
braires qui, à Paris, s'occupent de livres 
et documents maçonniques. Cet ouvrage 
leur est complètement inconnu. Pietro. 



Livre ignoré sur Louis XVII (L, 
106, 355. 7°5,997î LÏ < 18, 63, 124). - 
Madame la baronne du Montet raconte en 
1839 dans ses Souvenirs, qu'on cherchait 
à se persuader à Paris que le prince de 
I -uchtenberg, Eugène de Beauharnais, 
était le fils de Louis XVI et de Marie- 
Antoinette, Louis XVII sauvé du Temple, 
confié à Joséphine qui l'avait fait élever 
comme son fils, pour le soustraire a la 
fureur révolutionnaire ; que c'était le. su- 



jet "de ses fréquentes conversations à la 
Malmaison avec l'empereur Alexandre, 
auquel elle avait confié cet important se- 
cret.Quel tissu d'absurdités ! ajoute-t-elle. 
Voilà peut-être ce qui a permis de ré- 
pandre le bruit de la protection de José- 
phine pour le dauphin, dont parle M. le 
comte d'Hérisson. B. de C. 



DES CHERCHEURS ET CUUXRE 



10 Février 1905 



Ricbemont. 



177 



178 



* 
* * 



• Outre les ouvrages de 
Suvigny et d'Armand Fouquier cités à 
propos du pseudo-baron de Richemont, 
il importe de lire la Question Louis 
XVII par Delrosay, chez A Renard, 
29, rue de la Trésorerie à Bordeaux, 1890, 
un fr. 50; Histoire de Louis XVII par 
Lenormand des Varannes, chez H. Her- 
luison, Orléans, 1890 ; la Comédie des 
faux dauphins, notice publiée par H. Pro- 
vins, dans le N° de septembre 1S99 de la 
revue la Plume, 31 rue Bonaparte, Paris. 

A ces trois sources, auxquelles il est 
parfois difficile de recourir, nous avons 
puisé les éléments du résumé qui suit : 

Né à Lagnieu (Ain), de Jean Perrin, 
boucher, et de Marie Moret, le -j sep- 
tembre 1786, le soi-disant Richemont est 
le plus célèbre des faux dauphins. Nul 
n'eut plus que lui l'art de se transformer, 
de s'approprier aux milieux. 

D'abord clerc d'un avoué de Trévoux 
qui le chasse pour faux en écriture pri- 
vée, il devient soldat en 1806, à l'armée 
d'Italie. Ayant déserté il aurait, en 1809, 
été reçu à Rio Janeiro par Jean VI de 
Portugal, alors réfligié dans cette ville. 
Dix ans après, on le retrouve a Roanne 
(Loire), en prison pour escroquerie. Il 
s'échappe et se fait arrêter en Italie, 
reste plusieurs années emprisonné à Mi- 
lan, où déjà il joue le rôle de Louis XVII, 
en 182 1, et c'est de lui très probable- 
ment que parle Silvio Pellico dans Mes 
Prisons, chapitre XVIII. En 1826, Riche- 
mont rapatrié obtient un emploi à la 
mairie de Rouen. Il se fixe ensuite à Paris 
et, sous des noms divers, continue ses in- 
trigues, recevant on ne sait d'où de fortes 
sommes toujours en pièces de 20 francs. 

Alors qu'en Prusse le vrai dauphin, 
traqué depuis plusieurs années par la po 
lice secrète, a ouvert imprudemment les 
trésors de ses souvenirs personnels, Ri- 
chemont se les approprie, Utilise aussi le 
fond de vérité du roman de Regnault- 
Varin et évolue librement dans Paris ; 
en 1828 il expose, dans une pétition aux 
chambres, les prétendues persécutions 
dont il est l'objet ; il remplit de ses do- 
léances les bureaux des Ministres de 
Charles X. Puis, l'usurpation de Louis- 
Philippe devient l'objet de ses protesta- 
tions. I! lui est permis d'inonder le pays 



de ses écrits, recrutant des dupes et es- 
croquant de l'argent. 

Mais la tactique se modifie en 1833, 
dès que le vrai Louis XVII s'est fait re- 
connaître par d'anciens serviteurs de la 
cour de son père ; Richemont alors est 
arrêté. Traduit devant la cour d'assises 
de la Seine pour complot contre la per- 
sonne du roi, il est condamné, le 6 no- 
vembre 1834, à 12 ans de détention, 
tandis que Naundorff, se prétendant 
aussi le dauphin, est laissé en liberté. A 
Sainte-Pélagie, la nc?lig;ence d'un gardien 
permet à Richemont de s'évader le vingt 
août 1835 et de recommencer en Bel- 
gique et à travers la France ses prélève- 
ments d'argent sur la naïveté ou la va- 
nité publique. 

D'autre part, la complaisance aveugle 
de la police laissait propager les nom- 
breuses publications de Richemont, qui 
ont contribué fortement à embrouiller la 
question d'identité et à faire évanouir 
des concours qui, peut être, étaient dis- 
posés à s'affirmer auprès du vrai fils de 
Louis XVI. En 1840 et années suivantes, 
pour entretenir les espérances des siens 
et pour singer Louis XVII, Richemont 
continue d'écrire à la duchesse d'Angou- 
lême et au duc do Bordeaux. 

En 1848, Pie IX aussi devient dupe de 
cet imposteur, qui, en novembre, se 
rend à son appel à Gaëte. Après plusieurs 
conférences avec !e cardinal Antonelli, 
Richemont est admis en audience le 
17 février 1849, par le pape qui l'ac- 
cueille en qualité de fils de France. Le 
23 janvier 1850, il reçoit la confirmation 
des mains de Mgr Roess, évêque de 
Strasbourg, qui en avait référé à Rome 
et qui le traite en prince. 

Dans la région de Lyon, il avait sou- 
vent exhibé des certificats d'identité dont 
le munissait l'administration complai- 
sante. Les hommes les plus honorables, 
tel l'abbé Nicod, curé de la Croix-Rousse, 
devenaient ainsi ses dupes. 

En 1853, porteur d'un passe-port dé- 
livré le 27 juillet au nom de Louis- 
Charles de France, par la mairie du 1 2 e ar- 
rondissement de Paris, il est accueilli à 
Gleizé (Rhône) dans le château de Ma- 
dame la comtesse d'Apschier ; il y meurt 
le 1 1 août L'acte de décès dressé à cette 
date fut déféré, 6 ans plus tard, au tribu- 
nal de Villefranche, sur un ordre venu 



N° 1066. 



L'INTERMEDIAIRE 



179 



180 



des Tuileries. Le jugement du 12 sep- 
tembre 1859 ordonna la rectification de 
l'acte de décès « en ce sens que cet acte 
« a, à tort, constaté le décès de Louis- 
« Charles de France né à Versailles, 
« tandis qu'il devait se borner à consta- 
ts ter le décès d'un inconnu se disant ba- 
« ron de Richemont. » 

La pierre tumulaire qui, au cimetière 
de Gleizé, portait une inscription con- 
forme au texte primitif de l'acte de décès 
fut, dès 1858, retournée pour que cette 
inscription disparût, par ordre de M. de 
Persigny. A. C. 

Le tambour do Wattignies (LI, 
117). — Outre les deux importants arti- 
cles de Y Eclair des 26 janvier et 2 février, 
il convient de consulter ceux qui ont 
paru vers 1893, dans la Revue du Nord, 
malheureusement disparue aujourd'hui. 
11 ne me semble point qu'on ait jusqu'ici 
apporté des arguments suffisants contre 
la tradition, et l'historien peut répéter, je 
crois, les vers d'Emile Blémont : 

Pauvre petit tambour ! Trahi parla victoire, 
Il gît, les doigts crispés sur la baguette noire, 
Lui, tout à l'heure eneor si vaillant et si beau, 
Avec son pantalon rayé comme un drapeau ! 
Frère obscur de Bara, martyr que la mo^t frustre, 
Hélas ! du laurier d'or, il devrait être illustre : 
On l'a bien retrouvé plus tard, sous uno croix, 
Dans une fosse avec sept grenadiers hongrois ; 
Mais Paris, pour qui l'art éternise l'exemple, 
N'a pas mis son profil sur le fronton d'un temple ; 
Son nom n'est pas inscrit au coin d'un seul tau- 

|bourg, 

11 est mort toct entier. Pauvre petit tambour ! 

J'ajouterai simplement que dans sa 
séance du 31 octobre 1892, le Conseil 
municipal de Paris vota une motion de 
M. Grébauval « invitant l'administration 
à donner le nom de Sthrau à l'une des 
rues percées nouvellement dans Paris ». 

La rue Sthrau se trouve dans le XIII e 
arrondissement (Gobelins). Large de 10 à 

12 mètres, elle va de la rue de Tolbiac à 
la rue Nationale et a une longueur de 



150 mètres. 



A. Boghaert-Vaché. 



Les lettres de Napoléon III à 
Mme Cornu seront-elles publiées 
(T. G., 240 ; L, 960 ; LI, 64). — Je pré- 
pare la publication des lettres de Napo- 
léon III à Hortense Cornu, lettres dont 
un certain nombre ont, du reste, été déjà 
éditées par un historien anglais. 



Une certaine habitude de l'écriture si 
difficile de Napoléon III m'a permis de 
lire en entier cette curieuse correspon- 
dance, dont quelques mots à peine ont 
résisté à toute tentative de déchiffrement. 

Seymour dh Ricci. 

L'auteur d'une publication sur 
Guillaume II inconnu et la cour 
d'Allemagne (L, 778, 905 ; LI, b6). — 
Les mémoires de la comtesse d'Eppingho • 
ven, ex-dame d'honneur de l'impératrice 
Augusta-Victoria sur Guillaume II et la 
cour d'Allemagne, font leur chemin dans 
le monde. Leur succès partout est consi- 
dérable. 

L'interdiction du volume, de l'Allema- 
gne, s'est étendue à l'Autriche. II est à 
prévoir que le gouvernement allemand a 
demandé ce petit service à son allié, afin 
que le volume traduit en allemand ne pût 
circuler librement en un pays de langue 
allemande. En effet, si le livre, traduit en 
allemand, avait paru à Vienne, il aurait 
certainement, malgré la vigilance de la 
police, pénétré partout en Allemagne. 
C'est donc dire que l'empereur Guillaume 
et son entourage craignent fort les mé- 
moires de l'ex-dame d'honneur qui, selon 
l'expression même de plusieurs feuilles 
officieuses, est un libelle dangereux, parce 
qu'il émane d'une personne ayant vécu 
dans l'intimité de Leurs Majestés et ayant 
été à même de connaître tous les dessous 
de la cour d'Allemagne. 

Maintenant, quelle est cette dame 
d'honneur, qui cache sa personnalité sous 
un faux nom, et dont les révélations ont 
mis en émoi deux des plus puissants gou- 
vernements européens ? Voilà l'énigme 
que d'aucuns voudraient percer. 

Tout ce qu'il nous est possible de dire 
aujourd'hui, c'est que cette dame existe et 
qu'elle fit partie de la cour. La comtesse 
d'Eppinghoven n'est donc pas une fiction 
derrière laquelle l'on essaya d'échafauder 
une œuvre sensationnelle. La meilleure 
preuve de ce que nous avançons, c'est 
que jamais aucun journal allemand ne 
mit en doute l'authenticité des mémoires. 

On dit que cette dame d'honneur eut 
pendant quelque temps les faveurs de 
Guillaume II et que t'est à la suite d'une 
brouille survenue entre elle et le souve- 
rain qu'elle quitta la cour et, peu après, 
l'Allemagne pour l'Amérique. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905. 



181 



~ 182 



Là, elle se maria et vécut heureuse. Il 
faut croire que le bonheur présent ne lui 
a pas fait oublier sa rancune passée. 
Avouons qu'elle a fait chèrement payer aux 
souverains allemands sa disgrâce ! 

11 est probable que bientôt nous perce- 
rons le mystère qui entoure les mémoi- 
res de l'ex-dame d'honneur et que nous 
saurons, tout au moins, le nom véritable 
de celle qui s'est cachée sous le pseudo- 
nyme de comtesse d'Eppinghoven. 

jusqu'à présent, W. Fischer, le journa- 
liste américain, qui écrivit le volume 
d'après le journal de la dame d'honneur, 
et connaît toute l'intrigue, a gardé le plus 
scrupuleux silence. Mais, à l'heure ac- 
tuelle, W. Fischer est-il le seul à possé- 
der le fameux secret? Qu'en pense le sym- 
pathique éditeur anglais, qui a la propriété 
des mémoires pour toute l'Europe ? 

A. M. 

Les Bénédictins francs-maçons 
(LI, 58). — A l'orient du Maria du Mans 
est inscrit en 1789, Dom Laceron, béné- 
dictin de la Couture et historiographe de 
Monsieur depuis 1785. Il est maître des 
cérémonies. 

Le bénédictin Dom jehors, prieur de 
Saint-Vincent au Mans, fait partie de la 
même loge, en 1789. 

Cf. R. Triger. L'année rySp au Mans et 
dans le Haut-Maine, pp. 103-105. 

Louis Calendini. 

* 
* * 

En Auvergne, la franc-maçonnerie 
remonte au milieu du xvm e siècle. La 
i re loge y fut établie à Clermont-Fer- 
rand ; et j'ai des notes intéressantes à 
ce sujet. J'ai vu, en 1885, à Saint-Julien- 
le-Coppel (Puy-de-Dôme), dans une fa- 
mille ancienne, des documents curieux 
sur la loge de Clermont-Ferrand, en 1760. 
Certains parchemins étaient scellés du 
sceau (fort beau) de ladite loge. J'ai eu 
soin de prendre un dessin de ce sceau . 

J'ai toujours entendu dire qu'il y a eu, 
jadis, en Auvergne, des ecclésiastiques 
faisant partie des anciennes loges. Je n'ai 
pu vérifier le fait. En 1880, je découvris, 
chez un marchand de bric-à-brac, à Cler- 
mont-Ferrand, un curieux manuscrit 
in-4 , relié avec soin et portant sur le plat 
lde la reliure : Le livre du secrétaire, en 

ettres dorées Ce volume donnait tous ■ aes processions, ^uiquc c ë 
les noms des francs-maçons de la loge de | par un rhythme particulier. 



Clermont-Ferrand, en 1785- 1789. Géné- 
ralement, c'étaient des magistrats, des 
négociants, des bourgeois. A chaque 
nom, il y avait l'indication des banquets, 
la somme donnée par chaque frère. Je 
crus qu'il était bon que ce curieux ma- 
nuscrit ne lut pas perdu ; et, bien que 
simple profane, j'en ai fait cadeau au vé- 
nérable de la loge de Clermont-Ferrand. 
II doit donc se trouver dans les archives 
de cette loge qui, paraît-il, sont assez 
riches. Je n'ai pas vu, dans le manuscrit 
en question, qu'il y eût des prêtres francs- 
maçons dans la dite loge. La collection de 
documents sur l'Auvergne de feu M.Fran- 
çois Boyer (à Volvic, Puy-de-Dôme) pos- 
sédait un registre in-folio concernant la 
loge des francs-maçons de Clermont- 
Ferrand. Cette collection a été vendue en 
1904. J'ignore ce qu'est devenu ce ma- 
nuscrit, je me demande si quelque érudit 
n'entreprendra pas, à quelque moment, un 
dictionnaire donnant une notice, concise 
mais précise, sur les loges maçonniques 
de France, la date de leur fondation, leur 
sceau, etc. Les ouvrages sur la franc-ma- 
connerie sont nombreux ; mais un Dic- 
tionnaire du genre de celui que je signale 
est à faire. Ambroise Tardieu. 

Confréries de Charité (Ll, 108). 

En 1901, le premier dimanche de septem- 
bre, alors que Comeville célébrait, pour la se- 
conde fois,le réveil de ses cloches légendaires, 
dans une autre bourgade normande, Thiber- 
ville, au canton de Sainc-Mards-de-Fresne, il 
y avait un bien intéressant concours de tin- 
terelles (1). Par là, se maintient, au milieu 
d'anciennes coutumes, l'institution moyen- 
âgeuse des Confréries de Charité. Etablies 
pour la solennité du culte et aussi pour les 
accompagnements funèbres, ces vieilles socié- 
tés, mi profanes, mi religieuses, qui, quoique 
souvent plus gaies, ont un peu du caractère 
des Pénitents de Provence, mettent une grande 
ténacité à ne pas s'en aller dans le monde des 
vieilles lunes. Encore aujourd'hui, les envi- 
rons de Bernay en comptent plusieurs, qui 
ont fourni, à Thiberville, — comme d'ailleurs 
toutes les fois que l'occasion s'en présente là 
et autre part — un contingent respectable de 
concurrents pour la lutte sonnante. Une ving- 
taine de ces virtuoses originaux — des Chan- 
tons comme on les appelle à la campagne — 



(1) Clochettes, tenues, une dans chaque 
main, par le sonneur qui précède la marche 
des processions. Chaque église se distingue 



N 1 1066. 



L'INTERMEDIAIRE 



18: 



184 



une tinterelle dans chaîne main, se sont dis- 
putée au milieu des applaudissements, les 
récompenses offertes aux plus habiles. Ensuite 
les talents de tous se sont manifestes, à la 
lois, dans un défilé tintinnabulant d un 
charme très pittoresque. 

Extrait de Normannia, chapitre Clo- 
ches et tinterelles normandes par le 

Capitaine Paimblant du Rouil. 

P S. je me rappelle avoir vu dans le Pays 
normand revue littéraire, — publiée naguère 
à Honfleur, par M. Leclerc et illustrée par lui 
avec un talent fort original. — une étude sur 
les Confréries normandes de Chanté ; les 
dessins en étaient très beaux et intéressants. 

Capitaine P. du R. 



Pour ce qui regarde le Maine, notre 
confrère devra consulter l'étude de M. G. 
Fleury : Les anciennes Confréries de Charité 
dam le Maine parue dans La Province du 
Maine, t. II, 1894, pp. 265-274 et 302- 
, 07 Louis Calendini. 

Consulter l'ouvrage : Histoire de la 
confrérie des charitables de Saint-Eloi de 
Béthune depuis son origine (/ 18S) jusqu'à 
nos jours, par E. Bighin. Béthune, 1882, 
1 vol, in-8°. Doudin. 

L'Institut de bienfaisance mater- 
nelle à Lyon (LI, 4, 130)- — Le nom 
de Beaumarchais associé a une œuvre de 
bienfaisance « en faveur des pauvres 
mères nourrices » me rappelle que dans 
un ancien annuaire de Paris, où les adres- 
ses de personnages importants alternent 
avec des réclames assez naïves (il en est 
encore ainsi dans beaucoup de livres 
d'adresses), j'avais remarqué la note sui- 
vante : 

« __ Projets des mères nourrices par M. 
Caron de Beaumarchais, et D son 

épouse — ». 

Cette note correspond au 123 de la rue 
Vieille-du-Temple, Hôtel de Hollande 
{Etat actuel de Paris, etc., 1789, 4 vol. 
in-24). C'était peu, t-être la première idée 
de l'œuvre dont parle notre collabora- 
teur. PlETR0 - 



Gouverneur d'Ancenis (LI, 5 1 )- 
— (e relève, dans le tome I del'«lnventaire 
sommaire de ; Archives de la Loire-Infé- 
rieure^, Série B., publié en 1902, la men- 
tion suivante qui donnera, je crois, à mon 
aimable confrère P. du Gué, les renseigne- 
ments qu'il désire. 

B. 1824. Par' de Chantenay. Aveu, en 
1601, du lieu, manoir et domaine de l'Ab- 
baye', possédé par Jean de Ma7.oyer,écuyer 
sei«-neur de Villeserin, capitaine du châ- 
teau d'Ancenis sous le duc de Mercœur, 
époux de Jeanne de Rocaz, héritière de 
Jeanne de la Marquerais, lequel a compris 
le Fontenil, dans son aveu. 

Brondineuf. 

Famille Advena ou Avanat (Ll, 
5Ç )_ _ Cette famille doit être éteinte, car 
elle n'est pas citée dans l'excellent ou- 
vrage de M. C. d'E.-A : Dictionnaire des 
familles françaises anciennes ou notables a la 
fin du XIX e siècle. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Jean Bodin (LI, 110). — La pla- 
quette est bien de l'auteur de la Républi- 
que ; l'édition très rare, de Paris 1573, 
signalée par notre confrère F. Uzureau, a 
été citée par Du Verdier. Il en existe une 
autre publiée la même année à Lyon, chez 
Ben. Rigaud, et citée par Brunet {Manuel 
du libraire, 5 e édition, tome i^col. 1026). 
Enfin, le texte originel de cette harangue 
de Charles des Cars, « tournée de latin 
en français » par Bodin, avait paru, tou- 
jours en 1573, à Paris. 

A. Boghaert-Vache. 
+ 

Le classique Brunet, Manuel du libiaire, 
I, 1026, attribue une harangue de Charles 
des Cars... de Jean Bodin advocat, Lyon, 
Ben Rigaud, 1573, in-8 au fameux ange- 
vin. Rajoute : « Du Verdier[5/7;/. franc.'] 
cite de cette traduction une édition de Pa- 
ris qui doit être de la même date. L'ou- 
vrage est inséré dans le volume des Mé- 
moires du règne de Charles IX. Le texte 
latin de cette harangue a été également 
imprimé à Paris, en 1573, in-4 »• 

P. Ubald d'Alençon. 
Même réponse : Doudin. 



De l'origine des noms (11,10,137). 

Voir Dictionnaire des noms, par Loré- 

dan Larchey, Paris. 1880, 120. 

César Birotteau. 



DucdeCaumontla Force (LI, 55, 
I59 ), _ Le duc de la Force, membre de 
l'Académie française, de son alliance avec 
Anne-Marie de Beuzelin de Boismelet, n'eut 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905. 



.85 



186 



que quatre filles, mortes en bas âge. Son 
titre passa à son frère, Armand Nom par de 
Caumont, qui mourut en 1764, précédé 
dans le tombeau par ses trois enfants mâ- 
les, décédés sans postérité légitime. Ce- 
pendant l'un d'eux, Jacques Nompar, duc 
de Caumont, eut au moins deux fils na- 
turels : François-Grégoire-Victor de Cau- 
mont et Jacqueline-Marie de Caumont 
(Chastellux. Notes prises aux archives de 
l\ état-civil de Paris) sur lesquels je n'ai pas 
de renseignements. Cenendantl'on trouve 
Ludovic de Caumont, comte de Castelnau, 
né vers 1835 et décédé en 1888 à Paris. 
Descendait-il du fils naturel de Jacques 
Nompar duc de Caumont? Il est à remar- 
quer que l'un des frères de ce dernier por- 
tait le titre de marquis de Castelnau. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

* * 

Henry - Jacques Nompar de Cau- 
mont, duc de la Force, avait épousé, le 
19 juin 1689, Anne-Marie de Beuzelin de 
Bosmelet, dont il n'eut que quatre filles, 
nées de 1699 à 1702, et mortes en bas 
âge. (Voir P. Anselme-Courcy, IV, 441). 

Brondineuf. 

* * 

D'après l'arbre généalogique, Henri- 
Jacques Nompar est mort sans enfants. 
D'autre part, l'abbé Alis mentionne que 
Henri-Jacques Nompar mourut en 1726, 
sans postérité mâle. Enfin je lis dans l'his- 
toire de la ville, du château et des sei- 
gneurs de Caumont sur Garonne, ce pas- 
sage que je transcris ici : 

Henri-Jacques Nompar de Caumont, duc de 
Caumont, puis duc de la Force, avait épousé, 
le 19 juin 1098, Anne-Marie de Beuzelin de 
Bosmelet, fille unique de Jean, seigneur de 
Bosmelet, président à mortier du Parlement 
de Rouen et de Renée de Bouthillier de Cha- 
vigné, dont il n'eut pas d'enfants mâles. 

B. M. 

DupIeixfL, 952 ; LI, 25, 78, 141). — 
LesDupleixde Mezy étaient incontestable- 
ment parents de l'ancien conquérant de l'In- 
de, attendu que M . Charles-Joseph-René Du- 
pleix de Mezy, plus tard préfet de Troyes, 
signa comme cousin au contrat de ma- 
riage du marquis Raymond Louis-Désiré 
du Puy-Montbrun avec Mlle Hélène-Marie- 
Henriette-Thérèse de Valori de Lécé, pe- 
tite-fille du marquis Dupleix. 

Ce contrat fut passé à Paris, le 10 no- 



vembre 1806, et reçu par M. Denis-André 
Rouen, et Denis Trutat, notaires à Paris, 
Comte de Monthuisant. 



* 
* * 



Tous les journaux mondains ont annoncé 
dernièrement ~ dans les premiers jours 
de janvier 1905 — le mariage, à Lille, de 
M. Dupleix, arrière-petit-neveu du gou- 
verneur de l'Inde, attaché à la succursale 
de la Banque de France, avec Mlle Dele- 
dicque, fille de l'ancien Président du Tri- 
bunal de commerce de Lille. A. d'E. 

Guy Eder de la Fontenelle (LI, 

55). — M. Fleury trouvera dans la Bio- 
Bibliographie bretonne, de Kerviler (XIII, 
132) la nomenclature des ouvrages qu'il 
pourra consulter avec fruit sur le célèbre 
partisan ligueur. Brondineuf. 

Les papiers de Henri Heine (T. G. 
416). — Du neveu de Henri Heine, le 
baron von Embden, de Hambourg: 

En ma qualité d'exécuteur testamentaire 
de la succession littéraire de Henri Heine, je 
déclare que tout ce qu'on a trouvé en fait de 
manuscrits non imprimés a été publié, que, 
par conséquent, la famille de Heine n'a rien 
mis de côté, et qu'elle n'a rien à vendre. 

Les papiers de moindre valeur de la suc- 
cession : manuscrits déjà composés, lettres 
de famille adressées à Heine, lettres d'affaires 
de Campe et d'écrivains amis — ces der- 
nières années ont été publiées dans JR. Fleis- 
cher's Deutsche Revue — ont été laissés à la 
garde de la veuve de Henri Heine, à Paris. 

Celle-ci est morte en 1885, sans laisser de 
testament, et les papiers ont été saisis, 
comme faisant partie de la succession de la 
défunte, par les soins de M. Julia, fondé de 
pouvoirs de Mme Fauvet, née Mirât, habi- 
tant le village de Vinot, et cousine de Mme 
Mathijde Heine. Ce sont ces papiers que les 
héritiers Julia, après avoir vainement tenté 
pendant vingt ans d'en tirer profit, essayent 
de vendre en organisant une réclame nou- 
velle. 

Hambourg, 24 janvier 1903. 

« Baron L. von Embden. » 

Famille Hémarî delà Cnarmoye 
(L, 669, 813, 865, 976 ; LI, 142). — 
M. le marquis de L. C, a raison : j'ai, en 
effet, dans Pavant-dernier paragraphe de 
mon article, commis une erreur maté- 
rielle et bien involontaire de rédaction : 
au lieu de dire : après le décès de l'unique 
bêtifier de Pierre-Elie Hémart, capitaine des 
dragons de l'impératrice, fils aîné du lé gis- 



N° 1066 



L'INTERMEDIAIRE 



187 



188 



latent, mon intention était de mettre : 
Après le dé cl' s de Pierre- Elit- Hémart, capi- 
taine des dragons de V impératrice, unique 
héritier du fils aîné du législateur. Cette 
petite modification donne à la phrase un 
sens tout différent. 

Du reste, l'erreur est d'autant moins 
explicable que j'avais dans mes notes 
généalogiques sur cette famille, les actes 
de décès de Pierre-Charles et de son 
fils Pierre-Elie Hémart, décédés tous deux 
au château de Louvois : 

Le père «Pierre-Charles Hémart, baron 
de la Charmoye, propriétaire, domicilié 
au château de Louvois, âgé de soixante- 
trois ans, né à Paris, le trois octobre mil I rut à Châlons, le 14 octobre 1592, et y 



fait chevalier de la Légion d'honneur, le 
12 août 1866, ayant alors 20 ans de ser- 
vice effectif et quatre campagnes. 

Gustave Laurent. 

Famille Le Lieur ou Le Livre 

(XLIX, 5, 193, 472, 592 ; L, 977). — Le 
Lieurre, selon Rieststap, mais Le Lieur 
selon Caumartin qui mérite plus de 
créance, porte : d'or, à une croix de gueu- 
les, denchée d'argent, cantonnée de 4 têtes 
de léopard d'apir, lampassées de gueules, 
posées en face. 

Hiérosme Cauchon, homme d'armes 
des Ordonnances du Roy, en 1 561 , mou- 



sept cent quatre-vingt-quatorze, fils des 
défunts Pierre-Charles Hémart, baron de 
la Charmoye, son père, décédé à Ay et 
de Dorothée-Adélaïde Durand, décédée à 
Paris et veuf de Benjamine Frottier de la 
Coste, décédée à Bourbonne-les-Bains » 
mourut le 2 février iS^y. à 2 heures du 
matin. Ce décès fut déclaré par Pierre-Elie 
Hémart, baron de la Charmoye, âgé de 
30 ans, capitaine adjudant-major au régi- 
ment des dragons de l'impératrice, en gar- 
nison à Compiègne, fils du défunt, et par 
l'instituteur de la commune Jean-Baptiste- 
Marie- Auguste Cormon. L'acte indique, 
en outre \< que l'intention du décédé était 
d'être enterré à Ay, conformément à la 
circulaire ministérielle du 26 thermidor 
an XII ». 

Le fils « Pierre-Elie Hémart, baron de 
la Charmoye, chevalier de la Légion 
d'honneur, propriétaire domicilié au châ- 
teau de Louvois, chef d'escadrons au 6 e 
chasseurs à cheval, âgé de quarante- 
quatre ans dix mois, né à Paris, le trois 
décembre mil huit cent vingt-six, fils de 
Pierre-Charles Hémart, baron de la Char- 
moye, décédé en son château de Louvois, 
et de Benjamine Frottier de la Coste, dé- 
cédée à Bourbonne-les-Bains, époux de 
Marthe-Elisabeth Hémart, domiciliée au 
châreau de Louvois », — mourut le 20 
juillet iSji à 9 heures du matin. Les dé- 
clarants furent Emile Hémart, âgé de 73 
ans, ancien magistrat, demeurant à Mont- 
mort, oncle du défunt, et l'instituteur 
Cormon. 

Pierre-Elie Hémart était, — comme je 
l'ai indiqué et comme le constate l'acte de 
décès de son père, — capitaineau régiment 
des dragons de l'impératrice quand il fut 



fut enterré dans l'église Saint-Loup. 
Reà des pierres tombales des églises et 
couvents de Châlons, par MM. An. et 
Ed. de Barthélémy ; n° 281 ; p. 144]. Il 
avait épousé Apolline Goujon, fille de 
Pierre, seigneur de Tours- sur-Marne dont 
il eut (1) quatre enfants ; savoir : 

a. Agnetz qui épousa Hubert Feret, 
écuye-r, sieur de Montlaurent, capitaine 
de Rheims en 1574 (Doss. bleus, vol. 
369) ; 

h. Apolyne, 2 e femme en 1577 de Jean 
de Joybert : Hiérosme de Joybert leur fils, 
fut nommé tuteur et curateur du côté 
maternel, des enfants de François le 
Lieur, vivant seigneur de Canal et de 
Jacquelyne Cauchon, sa femme, tous deux 
descédés, suivant sentence rendue le 19 e 
apvril 1605, par Ch. le Vergeur,. vicomte 
de Cramaille ; 

c. Jacquelyne, femme de François Le 
Lieur, escuyer, sieur de Canal ; 

d. Pierre, qui était encore myneur 
d'ans soubz la tutelle et curatelle d'André 
Goujon, escuyer, seigneur de Bouzy. en 

1594. G. DE LA FURETIÈRE. 

Le lieu de naissance de Marin 
Le Roy de Gomberville ^,898, 979; 
LI, 28, 79). — Marin Le Roy de Gom - 
berville n'est pas né à Gomberville, pa- 
roisse de Magny-les-Hameaux près Ver- 
sailles. J'ai feuilleté, avec la plus grande 

(1) Saisie féodallc pratiquée sur les enfants 
et héritiers de Hiérosme Cauchon, escuier, 
seigneurs d'Ugny, par Nicolas de Bohan, 
escuier, seigneur et baron de Nampteuil-la- 
Fosse et Hist. généalogique des Pairs par de 
Courcelles, T, ; art. de Goujon de Thuisy, 
passim. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905, 



189 



190 



attention, les registres de baptêmes, ma- 
riages et décès de la commune de Ma- 
gny-les-Hameaux dont dépend encore 
Gomberville ; ils remontent à 1584 et je 
n'y ai trouvé aucune trace d'un Marin 
Le Roy. Seul, le desservant de la paroisse 
s'appelait Le Roy. 

Les archives d'état-civil de la com- 
mune de Chevreuse, qui remontaient, 
sans interruption, à 1586, viennent d'ê- 
tre décomplétées par suite d'un range- 
ment confié à des ouvriers menuisiers. 
J'ai retrouvé, dans un grenier de la mai- 
rie, la plus grande partie des registres 
anciens, mais celui qui aurait pu men- 
tionner le baptême de Marin Le Roy de 
Gomberville a disparu. La question reste 
donc ouverte, car des portraits, contem- 
porains ou à peu près, le disent, Ies»uns né 
à Chevreuse, les autres né à Paris. 

L'avocat Bruneau le dit son compa- 
triote et le nomme Caprosinus ; il le cite 
parmi les homme distingués qui naqui- 
L'abbé Lebeuf (réim- 
375), !e dit né à Che- 
R. B. 



rent à Chevreuse. 
pression, t. III, p. 



vreuse. 



Jacques-Michel Mony (L, 786). 
— Sur un plan de la terre de Coulanges, 
dressé en 1784, pour M. Mony, par Cra- 
pin, ingénieur-feudiste, se voit au bas 
d'un cartouche, un écusson portant de... 
au chevron de..., accompagné de 3 molettes 
d'éperon de..., posées 2 et 1 . Le dessin de 
cet écusson est inachevé. Ce blason est-il 
celui de M. Mony ? Si oui, comment le 
compléter? Em. -Louis Chambois. 

Paravicini (LI, 113). — Il existe à 
Laon, un capitaine en retraite, célibataire, 
de ce nom. 11 serait peut-être à même de 
donner quelques renseignements sur sa 
famille. Jehan. 

Pasquier de Coulans (LI, ni). — 
La lettre que possède M. Arm. D. doit 
être, non pas du père, mais de l'aïeul du 
chancelier Pasquier. — Voir dans les Mé- 
moires de celui-ci le récit de ses séjours à 
Coulans, ainsi qu'une brève allusion à 
l'exil de son grand-père sous le ministère 
Maupeou (t. i. p p. 4, 7, 9, 12). 

P. du Gué. 

* 

* * 
Pasquier de Coulans, conseiller au par- 
lement de Paris, exilé à Argentonen 1775, 



est . bien le père du chancelier Etienne" 
Denis Pasquier. Consulter les Mémoires 
de ce dernier, tome i er . Doudin. 

Mgr Sibour, évéque de Tripoli 

(LI, 56). — Ce prélat, cousin de l'arche- 
vêque de Paris (Dominique-Auguste Si- 
bour), n'a en effet appartenu à aucune 
congrégation. Né à lstres (Bouches-du- 
Rhône) le 8 février 1807, il se nommait 
Léon-François et fit ses études dans les 
séminaires diocésains d'Aix. Ordonné 
prêtre le 17 mars 1S32, il fut, dès le mois 
suivant, nommé chanoine honoraire et 
secrétaire général de l'archevêché d'Aix, 
puis en 1834, promoteur du diocèse et en- 
fin en 1838 professeur d'histoire ecclésias- 
tique à la faculté catholique d'Aix, dans 
laquelle le i Cr septembre suivant, il obtint 
le grade de docteur. 

Choisi en 1841 par son cousin nommé 
évêque de Digne, comme vicaire général 
de son diocèse, il fut fait, en 1845, che- 
valier de la Légion d'honneur et élu, en 
1848, député à l'Assemblée nationale par 
le département de TArdèche. 

Lors de la promotion de Lévêque de 
Digne à l'archevêché de Paris, Léon Si- 
bour suivit son cousin en qualité de pre- 
mier vicaire général. D'abord archidiacre 
de N.-D. en 1849, il fut pourvu, en oc- 
tobre 1850, de la cure de Saint- 
Thomas d'Aquin. En 1851, il accom- 
pagna l'archevêque de Paris à Rome où le 
pape Pie IX, d'accord avec le gouverne- 
ment français, le donna pour évêque auxi- 
liaire à son cousin et le préconisa évêque 
in partions de Tripoli en Syrie, dans le 
consistoire du 21 décembre 1851. Sacré 
le 7 janvier 1852 dans l'église de la Tri- 
nité du Mont, par le cardinal Constantin 
Patrizzi assisté de l'archevêque de Pariset 
de l'évêque d'Orléans, il adopta, en rai- 
son de ses fonctions d'auxiliaire de son 
cousin, la devise suivante : Frater qui ad- 
juvatur a fratre.civitasfirma. (Prov. chap. 
XVIII, v. 19), et prit pour armoiries : 
d'azur, à une ville forte d'argent avec porte 
donjonnèe de trois tours crénelées du même 
sur une terrasse de sinople, au chef d'argent 
chargé d'une croix tréflce d'azur. 

Gravement atteint de paralysie, peu de 
temps avant l'attentat qui coûta la vie à 
l'archevêque de Paris, il fut nommé, après 
la mort de celui-ci, chanoine de premier 
ordre du Chapitre Impérial de Saint-Denis 



No io66. 



L'INTERMEDIAIRE 



191 



IC)2 



Après avoir, pendant huit ans, traîné avec 
résignation et piété une vie languissante 
et douloureuse, il mourut le 18 novembre 
1864, à l'âge de s8 ans. a Antibes, et fut 
inhume dans la cathédrale d'Aix. 

Abbé Dedoue (in Annales de la Sainte 
a née). 

Taupin d'Auge (in Armoiial de Vèpisco- 
pal Fiançais 1 i me série). H. DE G. 



* 
* + 



Mgr Sibour, évêquede Tripoli, était de 
Provence, de La Fare(Bouches-du-Rhône), 
je crois. 

Professeur éloquent de la Faculté de 
théologie d'Aix, il fut élu membre de 
l'Assemblée nationale en 48, avec son 
ami et compatriote Poujoulat. 

Son cousin, Mgr Sibour, archevêque de 

Paris, en fit un curé de Saint-Thomas 

d'Aquin,et, plus tard, il devint évêque de 

Tripoli. Il mourut à Aix,des suites d'une 

attaque de paralysie. D r Ev.-M. 

* 

* « 

Né à Istres, B.-du-Rhône, en 1807, 
il fit ses études à Aix. En 1830, Mgr de 
Richéry l'attacha au secrétariat de l'admi- 
nistration diocésaine. C'est dans l'exer- 
cice de cette charge que Marie-Domini- 
que-Auguste Sibour, son cousin, alors 
chanoine titulaire de Nimes, le rencontra 
pour la première fois. C'était en 183 1, et 
à l'occasion de ce même carême, que le 
jeune chanoine prêchait en l'église de la 
Madeleine d'Aix, le malheur des temps 
l'ayant empêché de le donner à la cour 
de Charles X. 

Léon était devenu titulaire de la chaire 
d'Histoire ecclésiastique, à la faculté théo- 
logique de cette cité d'ancien Parlement 
et de vieille noblesse. 

Le 25 février 1840, — coïncidence 
singulière ! — en compagnie de l'évêque 
de Tripoli, dont, is ans plus tard, lui- 
même, devait recueillir le titre honorifi- 
que, Léon Sibour assista au sacre de son 
ciusin qui eut lieu à Aix, par déférence 
pour le vénérable vieillard, Mgr de Miol- 
lis, lequel s'était retiré dans sa ville na- 
tale, et auquel, Marie-Dominique-Au- 
guste, par ordonnance royale du 30 sep- 
tembre 1839, était appelé à succéder, sur 
le siège épiscopal de Digne. 

A Hippone, le 25 octobre 1842, et à 
Rome, dans les premiers jours de février 
1843, Léon Sibour accompagna le nouvel 
évêque bas-alpin en qualité de vicaire 



général... honoraire, je pense ; il ne 
quitta sa chaire d'histoire que le 7 octo- 
bre .8.18, pour venir, à cette date, pren- 
dre possession du siège archiépiscopal de 
Parjs, un arrêté du général Cavaignac, 
chef du Pouvoir exécutif, y ayant nommé, 
et transféré de Digne, son cousin, dès le 
10 juillet précédent. 

Représentant du peuple pour le Dépar- 
tement de l'Ardèehe en 1848 ; manda- 
taire aussi de son archevêque, dans la 
ville-lumière, l'abbé Léon Sibour ne pou- 
vait être que quelqu'un. 

Compagnon fidèle des travaux de son 
cousin, après avoir été curé de Saint- 
Thomas d'Aquin, Mgr Marie-Dominique- 
Auguste Sibour, le demanda et l'obtint 
pour évêque auxiliaire. Il fut, à cet effet, 
sacré à Rome le 7 janvier 1855, sous le 
titre in partibus d'évêque de Tripoli, en 
Syrie. 

De son décès, de ses armoiries, je suis 
ignorant. 

M. de Saint-Saud pourrait le savoir par: 

i° Notice biographique de Mgr Léon Si- 
bour, abbé Dedoue. Paris, 1865 ; 

2° Œuvres choisies de Mgr Léon Sibour, 
évoque de Tripoli. Paris, E. Repos. 2 vol. 
in-8°. L. T. 

Les descendants de Tallien (LI, 
113). — Je transcris ici une fiche d'un 
ouvrage en préparation sur le Cimetière 
d' ' Auteuil : elle répond en partie à la ques- 
tion posée par notre confrère Paul Pin- 
son. 

Madame veuve Becqué, née de Narhonne- 
Pelet, décédée le 9 janvier iSy8, à 59 ans. 

Voici une petite-fille de la célèbre ma- 
dame Tallien, Jeanne-Marie-Ignace-Thé- 
résia Cabarrus [31 juillet 1773, à Saint- 
Pierre de Caravenchel de Arriba, près 
Madrid, -F château de Chimav, 15 janvier 
1835J. La fille de François Cabarrus, con- 
seiller des finances du roi d'Espagne, et 
de Marie-Antoinette Galabert, fut mariée 
trois fois et divorcée deux fois. 

i° Jeudi, 21 février 1788,3 Jean-Jacques 
Devin de Fontenay, dont un fils Antoine- 
François - Julien - Théodore - Denis-Ignace, 
officier de la Légion d'honneur, lieute- 
nant-colonel au régiment du Roi-Dragon, 
■j- 19 février 1815. à 2 ^ ans - 

Divorcée 5 avril 1793. 

2 6 nivôse, an 3 — Vendredi 26 dé- 
cembre 1794 à Jean -Lambert Tallien 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 190s. 



193 



194 



[Paris 23 janvier 1767. -f- 16 novembre 
1820J. 

Divorcée 18 germinal an 9 e . 

3" 9 août 1805 à François-Joseph-Phi- 
lippe Riquet-Caraman, fils de Victor- 
Maurice, ancien lieutenant général des 
armées de France et de Marie-Anne-Ga- 
brielle-Josèphe-Françoise-Xavière d'Alsace 
d'Hennin Liétard Chimay. 

Des dix enfants de Thérésia Cabarrus, 
la mère de Madame veuve Becqué est le 
deuxième. Née en 1795 et morte à Nice le 
30 avril 1862, Thermidor-Rose-Théresia, 
épouse de Michel-Claude-Gaspard-Félix- 
Jean-Raymond de Narbonne-Pelet [né le 
7 décembre 1783^ Jean-Pierre-Auguste, 
comte de Pelet, chevalier de Saint-Louis, 
et de Jeanne-Marguerite Caze de la Bove, 
sous-préfet, puis percepteur des Contribu- 
tions directes à Clermont-Ferrand, décédé 
le 1 1 janvier 1847] 

L'an mil huit cent quarante-sept, le douze 
janvier à dix heures du matin, par devant 
nous Sébastien Faure, adjoint, officier de 
l'Etat civil de la Ville de Clermont-Ferrand, 
sont comparus : Sieur Claude-Achille Vitta, 
horloger, âgé de cinquante trois ans, et sieur 
Michel -Re'my, bijoutier, âgé de soixante qua- 
tre ans, tous deux non parents du défunt, 
habitant cette ville et qui nous ont déclaré 
que Monsieur Michel-Claude-Gaspard-Félix- 
Jean-Raymond de Narbonne-Pelet, âgé de 
soixante-quatre ans, chevalier de la Légion 
d'honneur, habitant cette ville de Clermont- 
Ferrand, natif de Paris, percepteur des con- 
tributions directes et époux de dame Thermi- 
dor Rose Thérésia Tallien, est décédé hier 
matin à cinq heures, rue du Port n° 31, 
section Lude, et avons signé avec les décla- 
rants après lecture faite.. . 

Acte de mariage de la petite fille de 
madame Tallien : 

L'an mil huit cent quarante neuf le qua- 
torze juin, Jean Baptiste Alexandre Bonvoust, 
âgé de cinquante quatre ans, inspecteur des 
Postes de ce département, né à Alençon le 19 
germinal an 3 — H avril 170s, veuf en pre- 
mières noces de Victoire Jacqueline Jeanne 
Françoise Cuvigny ; en deuxièmes noces de 
Angélique Dufaux, en troisièmes de Louisa 
Elisabeth Marchand, décédée à Clermont le 
15 mars 1848, fils légitime de Charles-Fran- 
çois Bonvoust, rentier, et de Toussainte 
Françoise Vavasseur, décédés au dit Alençon, 
le 28 mars 1814 et 30 mars 1835, et Marie 
Catherine Julie Joséphine Félicité Aline de 
Narbonne-Pelet, 3 1 ans, née à Paris, io" arron- 
dissement, le 28 mai 1818, fille de feu Michel 
Claude Gaspard Félix Jean Raymond de Nar- 



bonne-Pelet et de Thermidor Rose Thérésia 
Tallien, en présence de Jean Baptiste Antoine 
Lucien Sélima Becqué, 34 ans, lieutenant de 
Gendarmerie à Garinat (Allier), gendre de 
l'époux, Jean Dupuy de Drenne, 72 ans, lieu- 
tenant-colonel de cavalerie en retraite, officier 
de la légion d'honneur, commandeur du mé- 
rite militaire de Bavière et de la Fidélité de 
Bade, Chevalier de Saint-Louis et de Saint- 
Jean de Russie, et Hippolyte de Mathard, 64 
ans, receveur général des finances de ce dé- 
partement, chevalier de la légion d'hon- 
neur (1). 

M. Bonvoust mourut à Clermont le 27 
février 1855, sa veuve épousa le gendre 
de son mari le 26 avril 1859. 

Voici Pacte tiré des registres de la 
commune de Jumeaux : 

L'an mil huit cent cinquante neuf, le vingt 
six avril, à onze heures du matin, par devant 
nous, Girard André Dutourd, adjoint faisant 
fonctions de maire, remplissant les fonctions 
d'officier de l'Etat Civil de la Commune de 
Jumeaux, canton du dit. arrondissement 
d'Issoire, département du Puy de Dôme, ont 
comparu publiquement en la salle de la Mai- 
rie : 

Jean Baptiste Antoine Amable Lucien Séli- 
ma Becqué, âgé de cinquante et un ans révo- 
lus, né le 8 janvier mil huit cent huit à Albi, 
chef lieu de département, capitaine résidant à 
Clermont-Ferrand de ce département, fils 
majeur et légitime d'Auguste Amable Becqué 
et de défunte dame Marie Aime Thomas, dé- 
cédée à Castres, département du Tain, le 
vingt quatre juin mil huit cent quarante. 

Veuf en premières noces de Marie Fran- 
çoise Clémentine Bonvoust, décédée à Nevers 
le vingt six août mil huit cent cinquante 
huit. 

Et dame Marie Catherine Julie Joséphine 
Félicité Aline de Narbonne-Pelet, veuve de 
Monsieur Bonvoust, décédé à Clermont-Fer- 
rand, le vingt sept février mil huit cent cin- 
quante cinq, fille majeure et légitime de dé- 
funt Michel Claude Gaspard Félix Jean Ray- 
mond, comte de Narbonne-Pelet, chevalier 
de la légion d'honneur, décédé à Clermont- 
Ferrand le onze janvier mil huit cent quarante 
sept et de dame Thermidor Rose Thérésia 
Tallien, âgée de quarante ans révolus, étant 
née le huit mai mi] huit cent dix huit à 
Paris, 10 e arrondissement, directrice du bu- 
reau des Postes, au chef-lieu de canton de 
Jumeaux. G. B. 



* 
* * 



Le Tout-Paris donne l'adresse de 
M. C-A. Tallien de Cabarrus, consul-gé- 

(1) Décédé à Clermont-Ferrand, 30 août 
'854- 



N* 1066 



195 



néral et madame née Sihour, 58, rue de la 
Chaussée d'Antin. 

CÉSAR BlROTTHAU. 

L'Esprit follet de Mlle Testard 

(LI, 114). — Dans une notice publiée en 
1896 sur Jean-François Collette de Cham- 
seru, chirurgien et oculiste, et sa famille 
(16. .-1822). — Chartres, Imp. Garnier, 
64 p., 6 gr. — le docteur G. Gillard a 
mentionné plusieurs membres de la fa- 
mille de Burande, et même reproduit la 
signature de l'un d'eux. 

Vers 1678, Françoise de Burande, delà 
paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois, 
fille de Jean-François de B., officier de 
S. A. R. Monsieur, duc d'Orléans, et de 
Marie Lambert, épousa, à Paris, Charles 
Collette, ancien chirurgien-major des 
armées, chirurgien ordinaire de S. A. R. 
Monsieur pour ses gardes, alors établi à 
Paris et qui prit en 1684 le titre de sieur 
de Chamseru, terre qu'il possédait près 
Dreux 

En 1680, le 4 juinJean-François de B. 
fut parrain, dans l'église d'Allainville, 
(auj. commune de l'arrondissement et du 
canton de Dreux, E.-et-L.), de son petit- 
fils, Jean-François Collette. 

En 1682, le 12 janvier, Marie Lambert 
fut marraine, au même lieu, de Marie- 
Anne Collette, sa petite-fille, qui plus 
tard devint, par son premier mariage, la 
belle-sœur de Claude Duprey, mort le 30 
décembre 1736, général de l'ordre des 
Bénédictins de la Congrégation de Saint- 
Maur. 

En 1710, le 22 septembre, Marie Lam- 
bert, décédée à Chamseru chez son gen- 
dre, tut inhumée dans l'église d'Allain- 
ville. 

En 17 14, le 24 avril, Françoise de Bu- 
rande, dont le docteur Gillard a repro- 
duit une signature du 9 avril précédent, 
décédée à Chamseru, fut aussi inhumée 
dans l'église d'Allainville. 

Enfin, en 1738, le 17 novembre, un 
frère de Françoise de Burande, comman- 
dant pour le roi à Saint-Jean-d'Angely, 
de passage à Chamseru, signa comme 
témoin d'un mariage sur les registres pa- 
roissiaux d'Allainville. 

L'époux qui se substitua au lutin fami- 
lier de Mlle Testard, appartenait-il à la 
même famille que ces divers personna- 
ges ? Nous le pensons ; toutefois le doc- 



L'INTERMEDIAIRE 

196 - 

teur Gillard nous a dit 



n avoir pu, au 
cours de ses recherches sur la famille 
Collette de Chamseru et ses alliances, 
trouver sur la famille de Burande dont il 
a vainement recherché les armoiries, 
d'autres renseignements que ceux qu'à 
l'intention à'Un Passant nous avons 
extraits de sa notice. H. de G. 



Jeanne de la Touche (LI, 9). — Je 
trouve dans mes notes que N. de la Tou- 
che, écuyer de laDauphine, épousa, vers 
1720, ALirguerite Faunel, veuve de Ro- 
bert-Louis Carnot, avocat au Parlement 
de Paris, décédé en 17 15. 

La mariée avait, de son premier lit, un 
fils, Jean-Louis Carnot, né en 17 1 3. qui 
après avoir servi aux mousquetaires noirs, 
devint commissaire général de la marine 
à Toulon. 

S'agit-il de 
Touche ? 



la même famille de la 

NOLLIACUS. 



Trestaillon, Servan, Truphémy 

(L, 949 ; LI, ï8, 83). — On trouvera 
dans le n° du I er juillet 1878 de la Revue 
des Deux-Mondes un article très bien do- 
cumenté et fort impartial de M. Ernest 
Daudet sur la « Terreur Blanche », dans le 
département du Gard et à Nîmes en par- 
ticulier. Aug. Paradan. 

M. de Villayer (L, Q54 ; LI, 83, 
143). — Notre confrère G. P. Le Lieur 
d'Avost, ordinairement si bien renseigné 
sur les questions généalogiques, est tombé 
cette fois dans l'erreur au sujet de l'érec- 
tion en comté de la terre de Villayer, 
commune de Domagné (Ille-et-Vilaine). 

Jean-Jacques de Renouard, maître des 
requêtes de l'Hôtel du Roi, obtint de 
Louis XIV des lettres patentes, datées de 
janvier 1655, unissant au fief de Villayer, 
les 3 bailliages de Matignon-à-Qssé, des 
Grées et des Francs-Fiefs, pour ne former 
qu'une même seigneurie érigée en comté 
sous le nom de Villayer. Ayant négligé de 
faire enregistrer ces lettres patentes, 
Jean-Jacques de Renouard se fit octroyer, 
en 1680, des lettres de surannation, qu'il 
fit enregistrer le 21 janvier 1681. 

Quant au second comté de Villayer, 
n'ayant que le nom de commun avec le 
premier, il était composé des terres et 
seigneuries de Sertans, Amancey,Malans, 
Deservillers et Abondans, en Franche- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905. 



197 



198 



Comté, qui furent unies et érigées en 
comté, sous le nom de Villayer, par 
lettres patentes d'août 1749, enregistrées 
au Parlement de Besançon et à la Cham- 
bre des Comptes de Dôle, accordées à 
Claude-François de Renouard, seigneur 
de Fleury, grand maître des Eaux et Fo- 
rêts de Bourgogne. 

On ne trouve pas l'attache de ces Re- 
nouard de Fleury avec ceux de Bretagne ; 
ils portaient des armoiries différentes ; 
mais néanmoins se considéraient, — peut- 
être à tort, — comme issus de la même 
souche. C'est pourquoi ils avaient demandé 
que leur nouveau comté portât le nom de 
Villayer, en souvenir de l'ancien, qui était 
tombé aux mains des Rosmadec. 

L'auteur de la question sera peut-être 
heureux que je lui signale, sous le n° 503, 
du dernier catalogue de la librairie Cham- 
pion, un exemplaire du tirage à part de 
l'article de M. Kerviler, que j'indiquais 
précédemment (LI, 83). Brondinelf. 

Sépultures d'artistes (LI, 12, 88, 
135). — J V. P. commet une très légère 
erreur en disantque le livre intitulé : Actes 
d'état-civil d'artistes français, peintres, 
graveurs, sculpteurs, architectes, extraits 
des registres de V Hôtel-de- Ville de Paris, 
détruits dans l'incendie du 24 maijSji, 
par H. Hf.rluison, 1873, 1 vol. in-8° de 
vui-479 pages est épuisé depuislongtemps 
et introuvable. M. G. pourra se le procu- 
rera la librairie Jean Schemit, 52, rue 
Laffitte, à Paris, ainsi du reste que les 
deux autres suivants : Etat-civil d'artistes 
français, billets d'enterrement ou de décès, 
depuis 1823 jusqu'à nos jours, réunis et 
publiés par Hubert Lavigne, 1881, 1 vol. 
in-8°, vi-2r6 pages. — Etat-civil des 
peintres et sculpteurs de l'Académie royale, 
billets d'enterrement de 1648 à 1713, 
publiés d'après le registre conservé à 
l'école des Beaux-Arts par Octave Fidière, 
1 vol, in-8°, xi-94 pages. 

De plus, il consultera avec profit : 

Description de Paris, etc. par Piganiol 

de la Force, nouvelle édition, 1742, 10 

vol. in-12. — Voyage pittoresque de 

Paris par M.D*** (d'Argenville,^ édition, 

Paris, 1770, 1 vol. in-12 et tous autres 

ouvrages similaires. Pierre. 

* 

* * 
Jean-Baptiste Oudry, mort directeur de 

la manufacture de Beauvais, le 3 avril 



1755, fut inhumé en l'église Sainte- 
Etienne de la même ville. Sa sépulture 
est indiquée dans le collatéral du côté de 
l'Evangile, par une simple plaque de mar- 
bre portant son nom et encastrée dans la 
muraille. H. C. M. 

Défroqués devenus comédiens. 

— Comédiens entrés en religiou 

(XLV1II ; XLIX ; LI, 159). — Erratum : 
Vol. LI, col, 159, lig. 34, au lieu de Pari- 
san, lire Parisau ; et lig. 20, au lieu de 
1787, lire 1797. 

Personnage à retrouver (LI, 54). 

— Un « M. de Chastillon, prévôt de Pa- 
ris », prit part au sac de Tirlemont de 
1507. Mais dans le texte cité, il s'agit 
évidemment du sac de 1635 et de Gas- 
pard III, comte de Coligny, duc de Chas- 
tillon, maréchal de France (1584-1646), 
petit fils du célèbre amiral. 

Le maréchal de Chastillon a lui-même 
raconté, en une lettre publiée par J. du 
Bouchet dans ses Preuves de l'histoire de 
l 'illustre maison de Coligny, Paris 1662, 
pages 75 1-752, comment Tirlemont fut 
enlevé aux Espagnols par les armées de 
la France et de la Hollande. On peut s'é- 
tonner que les annalistes de la ville 
n'aient point utilisé ce document, d'une 
importance considérable (Cf. une bibliogra- 
phie du sac de 1635 dans Tarlier et 
Wauters, Géographie et histoire de% com- 
munes belges. Ville de Tirlemont, Bruxel- 
les 1874, pages 185-186, bibliographie 
d'ailleurs très incomplète). Du Bouchet 
avait certainement emprunté la lettre aux 
Mémoires pour l'histoire du cardinal duc de 
Richelieu d'Aubéry, Paris 1660, tome I, 
pages 487 à 490, une source trop négli- 
gée, au surplus, par tous les historiens 
belges : M. H. Lonchay ne la mentionne 
qu'en passant dans son beau travail aca- 
démique la Rivalité de la France et de 
l'Espagne aux Pays-Bas, lô^^-i'joo, 
(Bruxelles 1896), alors qu'un érudit fran- 
çais, M. A. Waddington, en tirait un 
meilleur parti dans son livre la République 
des Provinces-Unies, la France et les Pays- 
Basespagnolsdei6^oà/6^o(P9Lr\s 1895-97). 

Le fait des hosties jetées aux chevaux 

semble exact, d'après les témoignages 

contemporains. Mais je n'oserais en faire 

remonter la responsabilité au maréchal. 

A. Boghaert-Vaché. 



N° ioêê. 



L'INTERMEDIAIRE 



199 



200 



Pourquoi la couronne de comte 
c-t-eiîe été si souvent nsurpéedans 
les armoiries (L, 72^. 858, 070 ; LI, 

72'. — Comme le dit M. le vicomte do 
Bonald, non seulement la tolérance fut 
toujours la règle courante en matière de 
couronnes timbrant les armoiries, sans 
possession du titre correspondant, mais 
il v eut souvent, à cet égard, une sorte 
de consécration officielle qui pourrait 
étonner au premier abord. 

Ainsi, l'arrêt rendu, lors de la grande 
réformation, pour une branche, — cepen- 
dant très cadette, — de ma famille, porte 
d'après les recueils de la Bibliothèque na- 
tionale : 

« François-Armand du Breil, chevalier, 
seigneur de Belleville-Pontbriand, demeu- 
rant en la paroisse de Poilly, élection de 
Chaumont et Magny, Charles, Julien, 
Jean, René, Tanneguy, Louis, maintenus 
le 12 mai 1669, Louis du Breil, comte de 
Pontbriand, paroisse de Pleurtuit, pro- 
vince de Bretagne, éveschéde Saint-IVÎaîo, 
aîné de la famille, portent : d'azur, au 
lion d'argent, armé et lampassé Je gueu- 
les Une couronne ducalle sur l'écu ». 

(Cabinet des Titres, vol. 480, p. 248, et 
vol. 510, p. 328). 

Vicomte du Breil de Pontbriand. 

La fleur de lis des Peretti délia 
Rocca (L, 108, 366, 689, 805, 968 ; Ll, 
32, 92). — M. de Lapouzat m'affirme de 
nouveau que Peretto délia Rocca est 
bien l'ancêtre des Peretti ; je n'en ai 
jamais douté, mais pour pouvoir l'affir- 
mer à mon tour, il me faudrait des preu- 
ves que M. de L. ne me donne pas. 

M. de Lapouzat me conseille de m'a- 
dresser à la famille Peretti elle-même. 
C'est ce que j'ai fait tout d'abord, je suis 
allé en personne à Levie, berceau de la 
famille,] 'ai interrogé de nombreux Peretti, 
j'ai écrit à d'autres, et je n'ai rien appris 
qui ne soit contenu dans l'arrêt du Con- 
seil supérieur de 1772. 

J'ai vu l'arbre généalogique de la maison 
mis à jour il y a quelque trente ou quarante 
ans, et autographié par les soins de 
M. l'abbé Léonard de Peretti (plus tard 
évêque de Ptolémaïs). Cet arbre ne donne 
aucune preuve pour les générations qui 
unissent Napoléon de Levie à Peretto 
délia Rocca. 

J'ai vu les armoiries des Peretti sur un 



grand nombre de cachets et de monu- 
ments ; puisque M. de L.est allé sur place, 
il a pu constater t comme moi, que jusqu'à 
la lin du Avili* siècle la famille Peretti s'est 
abstenue de joindre ta .colonne à ses armes. 
Encore aujourd'hui, certaines brandies 
ont conservé le vieux cachet de leurs an- 
cêtres, qui se blasonne ainsi : 

D'azur, à une fasce d'argent, accompa- 
gnée en chef d'une fleur de lis soutenue île 
deux lions affrontés d'or, et en pointe J' un 
bras d'or, mouvant de la fasce, et tenant 
une balance du même, accompagnée à dex- 
tre et à sénestre de deux demi-tours d\ii- 
senl. 

o 

Donc, pas la moindre trace de colonne 
dans les armoiries des descendants de 
Napoléon de Levie. D'ailleurs, dans toute 
la Corse, on chercherait en vain un mo- 
nument, un cachet antérieur à iboo, re- 
produisant la colonne de l'illustre maison 
romaine. 

Tout ceci n'est pas pour contester le 
droit des Peretti à introduire ce meuble 
dans leur blason. 

Nous relevons simplement un anachro- 
nisme que l'examen des lettres patentes 
originales pourrait peut-être expliquer. La 
concession par lettre^ patentes d'une fleur 
de lis par un roi de France est anormale 
au xvi e siècle, la signature du duc de 
Guise à la place de celle du chancelier 
ou de l'un des secrétaires est inexplicable. 
Nous devons donc croire qu'on se trouve 
en présence de copies défectueuses d'un 
document français que des scribes corses 
ont mal lu ou mal interprété. 

Enfin M. de Lapouzat me reproche 
d'être en contradiction avec le texte de 
mon Armoriai Corse, où je cite les lettres 
patentes de comte français (1784) (enre- 
gistrées à Bastia la même année. Ai eh. 
dép. de la Corse, reg. B,III, 1 94) « à Roch. 
Fr. Colonna Cesari Rocca, confirmant sa 
filiation depuis Ugo Colonna ». J'ai donné 
la teneur des lettres patentes sans accep- 
ter la responsabilité de leur valeur histo- 
rique. Ce document ne prouve qu'une 
chose, c'est que le bénéficiaire de ces 
lettres croyait descendre de Ugo Colonna 
et que Sa Majesté n'y voyait aucun incon- 
vénient. 

Colonna de Cesari Rocca. 

P. S. — Je demande pardon à M. de 
Saint-Sàud dé n'avoir pas répondu plus 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905. 



201 



202 



tôt à sa question, mais je voulais citer à 
l'appui de ma réponse un témoin irrécu- 
sable : c'est une déclaration de Mgr de 
Peretti lui-même que je relève dans une 
lettre qu'il m'écrivit en septembre 1890 : 

Si dans mes armes on voit un casque au 
lieu d'un cippe supportant la fleur de lys, 
c'est par une fausse indication donnée au 
graveur de ces armes lorsque je fus nom- 
mé évèque ; c'est le cippe qui existait 
dans l'original et non le casque. 

Je tiens l'original à la disposition de M. 
de Saint-Saud. C. C. R. 

Singulières armoiries papales 
(L. 168, 251, 365, 691, 807, 912 ; Ll, 
34, 73). — Pots ou mtirmiteà, dans les 
armes de la famille Pignatelli, il n'en est 
pas moins vrai que les marmites ne seraieht 
pas un fait isolé et singulier dans* le bla- 
son, comme certains semblent le croire. 

Pour n'en fournir qu'un exemple, je ci- 
terai les marmites de l'écu de la maison 
Bordage de Montboucher, avec cette 
devise appropriée: Asse{ d'amis quandelles 
sont pleines. Pierre. 

Armoiries à déterminer : ècu 
écartelé.au 1 d'azur (LI, 115). — Ces 
armoiries qui doivent être lues comme 
suit : Ecartelè, au 1, d'azur, à l'étoile 
d'or, en abîme; au 2, des barons tirés de 
V armée ; au 3 de sinople au sabre haut en pal 
d'argent, monté d'or ; au 4 d'argent, à la to- 
que burelce d'or et de sable, surmontée d'une 
étoile du second ; sont celles que reçut N. 
Bordesoulle, général de brigade, officier 
de la Légion d'honneur, lorsqu'il fut créé 
par Napoléon i cr baron de l'Empire. 

A. S..E. 

Biographies épiscopales moder- 
nes (XLIX: L ; LI, 43, 86).— /. X. Moise, 
evi 'que du Jura, par l'abbé Maurice Perrod. 
Paris, Picard, 1905, in~8°. 

Diverses notices se trouvent perdues 
sur Mgr Edmond Dardet, né en Savoie, 
vicaire apostolique des Seychelles, mort 
avant d'être sacré, le 21 mars 1890, dans 
les Annales franciscaines, tom. XVI, p. 
840-844, ■ — et dans les A nalëcîa ord. mi- 
nor. capuc. tom. VI, p. 191-192 ; 

Sur Mgr Taurin Cahagne, né à Heubc- 
court (Eure) (1826-1899), An:t. franc. 
XXIV, 12-20 et 116-126. Notice inache- 
'vée ; et Anal. cap. xv, 352 et xvi, 58- 
60 ; 



Sur Mgr Fidèle Sutter (1 796-1883) vi- 
caire apostolique à Tunis, Ann. franc. 
XIII, 47 2 '475 ! 

Sur Mgr Godelle, évoque des Thermo- 
pyles, vicaire apostolique de Pondichéry, 
né à Hannapes (Ardennes) en 1806, mort 
en 1867, Ann. franc . IV. 17-22, qui re- 
produit le journal YUnivers, 20 juillet 
1867 ; 

Mgr Bardou, évêque de Cahors, né en 
1798, Ann franc . I. 573 578 et Mgr Bar- 
dou, évêque de Cabots... par Ch. de L. 

Mgr Buhagiar, (1846- 1889), vicaire 
apostolique de Tunis. Anal. Capuc. VIII, 



3 2 



M<:r Mouard (1 828-1890), né à Som- 
bernon (Cote-d' Or),Anal .Capuc . VI, 288, 
319-320; 

Mgr Armand de Charbonnet (1802- 
1891'. né au Flachats (Ardèche), Anal. 
Capuc. VII, 155-160 ; 

On trouvera enfin dans les Ann. franc. 
XI. 764-765 la traduction française de la 
vie latine du cardinal Pie déposée dans la 
bière de ce prélat. 

Diverses vies ont été aussi publiées de 
Mgr Vital Oliveira qui passa une partie 
de sa vie en France et mourut à Paris 
vers 1878. De nombreux documents mss. 
concernant cette biographie sont à la 
bibliothèque franciscaine provinciale dont 
ia Bibliothèque nationale possède le cata- 
logue sous la cote 8° H. 6699. 

P. Ubald d'Alencon. 



* 
* * 



Le catalogue de la Bibliothèque Léon 
Lavedan (1905, 2 9 partie, p. 16-18), 
contient plus de deux cents biographies 
modernes de cardinaux et d'évêques. *** 

* * 
Histoire de S. E. Mgr le cardinal 

Gousset, archevêque de Reims, par Mgr 

Fèvre. Paris, 1882, iri-8. 

Vie du cardinal de Bonnechose, arche- 
vêque de Rouen, par Mgr Besson. Paris, 
1887, 2 vol. in-8. 

Le cardinal de Mermillod, sa vie, ses 
œuvres et son apostolat, par T. G. de 
Belloc. Fribourg, 1862, in-8. 

Histoire du cardinal Piira, bénédictin de 
la Congrégation de France, par Dom Fer- 
dinand Cabrol. Paris, 1893, in-8. 

Le cardinal Foulon, archevêque de Lyon 
ci de Vienne, primat des Gaules, par Mgr 
Emile Lesur et François Bournand. Lyon, 
1893, in-8. 



N° 1066 



L'INTERMEDIAIRE 



203 



204 



Le cardinal Bourret, souvenirs intimes, 
par l'abbé Ricard, in-8. 

Histoire de la vie et des œuvres de Mgr 
Darboy, archevêque de Paris, par Mgr Fou- 
lon. Paris, 1889, in-8. 

Vie de Mgr Darboy, archevêque de Pa- 
ris, par l'abbé Guillemin. Paris, in-8. 

Mgl Salve f , évêque de Mende (1872- 
1876) et de Perpignan (1876-1879) d'après 
sa correspondance et ses écrits, par le cha- 
noine E. Rons. 2 vol. in-8. 

L'èvcqiic de Met{. Vie de Mgr Dupont 
des Loges (1804-1886), par l'abbé Klein. 
Metz, 1899, in-8. 

Le cardinal Lavigerie, par Mgr Bau- 
nard. Paris, 1896, in-8. 

Histoire de la vie et de la mort de Mgr 
Denis-Auguste Affre, archevêque de Paris, 
par l'abbé Castan. Paris, 1855, in-12. 

Paul Pinson. 



* 
* * 



Marie-Nicolas Fournier, évêque de 
Montpellier (né à Gex le 27 décembre 
1760, mort à Montpellier le 29 décembre 
1834) ; par M. le chanoine Ferdinand 
Saurel. 

Cette monographie très intéressante, 
très instructive, a paru dans le Recueil 
des Mémoires de l'Académie des Sciences 
et Lettres de Montpellier (Section des 
Lettres, tome neuvième, années 1890- 
1892), en trois parties, pages 39, 167 et 
323. Elle a formé depuis, un volume, tiré 
à part. 

On en trouvera un compte-rendu dans 
la Revue Bleue du 16 juin 1894, sous ce 
titre : Histoire d'un fou. — Matie-Nicolas 
Fournier, évêque de Montpellier (1806- 
1834), par M. Jules Troubat. 

Inhumations hors des cimetiè- 
res (XLVII1 à L ; L.1,89).— Entre Mobi- 
les et Forcalquier (Basses- Alpes), un mal- 
heureux charretier, tombé sous les roues 
de sa voiture, ayant été retiré mort et 
complètement broyé, fut mis en terre en 
bas du talus près duquel arriva l'accident. 
Une pierre tombale en avertit les pas- 
sants. 

A Nobant-en-Goùt {Cher), non loin de 
la maison qu'ils habitaient, et qui, par 
leur volonté suprême, est aujourd'hui un 
asile de vieillards, le mari et la femme 
reposent en paix sous la charmille du 
parc. G. T. 



« De Tribus Impostoribus » (LI, 
57). — Voir J -Ch. Bru net, Manuel du 
libraire, 5 e édition, tome V (Paris 1864), 
col. 944-945 ; Barbier, Dictionnaire des 
ouvrages anonymes, 3° édition, tome IV 
(Paris, 1879), col. 788-789 et 1224; et 
surtout la notice de Gustave Brunet en 
tête de cette réimpression à un petit 
nombre d'exemplaires : « De tribus impos- 
toribus, M. D. 1IC. Texte latin collationné 
sur l'exemplaire du duc de la Vallière, 
augmenté de variantes de plusieurs ma- 
nuscrits, etc., et d'une notice philosophi- 
que et bibliographique, par Philomneste 
Junior. Paris, Gay, 1860. In- 18 de Lv-59 
pages ». La préparation de cette édition 
est due à J.-A.-D. Ravenel et P, Richard, 
conservateurs à la Bibliothèque nationale 
de Paris. A. Boghaert-Vaché. 



* 



L'ouvrage sceptique qui porte ce titre 
est attribué à l'empereur d'Allemagne 
Frédéric II, mort en 1250. 

J'ai entendu confirmer cette attribu- 
tion il y a quelques jours, dans une leçon 
professée à la Sorbonne par M. Luchaire. 

On lit, du reste, dans l'Histoire oé- 
nérale de Voltaire, citée dans le Diction- 
naire historique des événements remarquables, 
par Voltaire, mis en ordre et publié par 
M. C. T. (Paris, chez Ladvocat, libraire, 
1824): 

Grégoire IX accusa publiquement Frédé- 
ric II d'incrédulité. Nous avons des preuves, 
dit-il dans sa lettre circulaire du premier 
juillet 1230, qu'il dit publiquement que l'u- 
nivers a été trompé par trois imposteurs : 
Moïse, Jésus-Christ et Mahomet. Mais il a 
placé Jésus-Christ fort au-dessous des autres : 
car il dit qu'ils ont vécu pleins de gloire, et 
que l'autre n'a été qu'un homme de la lie du 
peuple, qui prêchait à ses pareils. L'empe- 
reur, ajouta— t— il, soutient qu'un Dieu unique 
et créateur ne peut être né d'une femme et 
surtout d'une Vierge. — Le pape le déposa de 
sa seule autorité. 

Un peu plus loin, dans le même arti- 
cle du dictionnaire précité, Voltaire dit 
que Pierre des Vignes, chancelier de Fré- 
déric II, était accusé d'avoir composé k 
livre des Trois Imposteurs. 

Pierre des Vignes aurait, d'après cela, 
été le rédacteur de propos tenus par Fré- 
déric II. V. A. T. 



* 
* * 



Question déjà posée dans Y Intermédiaire. 
XIV, 419,502. 



»** 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905 



205 



206 



« Le Convalescent de qualité »(LI, 
117). — Le Convalescent de qualité ou 
l'Aristocrate, comédie de Fabre d'Eglan- 
tine, et dernière création du comédien 
Clair val, fut représentée à la Comédie- 
Italienne, dans les premiers jours de 
mars 1792. de Thomières. 



* 



La pièce est très connue ; elle est de 
Fabre d'Eglantine : Le Convalescent de 
qualité, ou V Aristarque moderne, comédie 
en 2 actes et en vers, Paris 1 79 1 . 11 en 
existe d'ailleurs des réimpressions por- 
tant le nom de l'auteur. (Voyez Barbier, 
Dictionnaire des ouvrages anonymes 3 e 
édition, tome 1 er , col. 755). 

A. Boghaert-Vaché. 



* * 



Le Convalescent de qualité estime coVné- 
die en deux actes et en vers, de Fabre 
d'Eglantine, qui fut représentée à la Co- 
médie-Italienne (Théâtre Favart) le 28 
janvier 1 79 1 , et qui fut, sinon absolu- 
ment la dernière, du moins l'une des der- 
nières créations de l'admirable comédien 
que fut Clairval, lequel allait prendre sa 
retraite le i er mai 1792, avec une pension 
de 3,000 livres, après avoir été pendant 
trente ans la gloire du théâtre. Cet ou- 
vrage obtint l'un des plus grands succès 
qu'ait connus l'auteur du Philinte de Mo- 
lière et de la gracieuse romance // pleut, 
il pleut, bergère. Fabre d'Eglantine, qui 
n'était déjà plus comédien, n'était encore 
ni secrétaire de Danton avec qui il de- 
vait monter sur l'échafaud, ni membre 
de la Convention et du Comité de salut 
public. Le jugement le f>lus singulier qui 
ait été porté sur cette pièce est celui 
qu'on trouve ainsi formulé dans l'Aima- 
nach généial des spectacles (qu'il ne faut 
pas confondre avec celui qui a pour titre 
Les spectacles de Paris) : 

Cette pièce ne dément pas l'opinion que 
M. Fabre a donnée de son talent dans le 
Philinte de Molière. Cet auteur est un des 
plus faux politiques, des plus paradoxaux, 
des plus anti-philosophiques que nous ayons 
en ranee. dans un temps où le sophisme et 
l'absurdité ont prévalu sur la saine raison. 
Mais c'est aussi un des meilleurs versifica- 
teurs, et un de ceux qui mettent le plus heu- 
reusement la morale en action. La plupart de 
ses pensées sont fausses et ridicules, et l'on 
voit qu'il n'a jamais qu'effleuré la superficie 
du cœur humain. 11 n'est pas possible de dis- 
cuter avec plus d'extravagance et d'exagéra- 



tion, surtout en politique ; mais il n'est 
guère possible non plus de tourner des vers 
avec plus d'élégance, et d'exprimer les choses 
avec plus d'énergie. Cet homme offre à l'ob- 
servateur attentif un contraste monstrueux 
d'esprit et d'ineptie, de principes et d'immo- 
ralité, d'orgueil et de connaissances, de 
talent et de ridicule. Son ouvrage est un de 
ceux qu'on joue le mieux à Paris. On trouve 
dans ses plus belles productions une séche- 
resse qui peint le caractère de l'auteur. Jamais 
d'épanchements ; toujours des leçons fortes et 
dures. Ses écrits, en tout genre, charment 
l'esprit et ne vont jamais au cœur. Heureux 
l'homme de lettres qui sait verser des lar- 
mes ! 

Clairval partagea le succès de l'auteur 
dans le Convalescent de qualité, et un ar- 
tiste qui le connaissait bien, parce qu'il 
l'avait eu souvent pour interprète de ses 
ouvrages, Grétry, en parlait ainsi dans 
ses Mémoires, appréciant son talent au 
point de vue général et au point de vue 
de la création de ce rôle, qui couronna si 
brillamment sa carrière : 

Clairval, acteur aussi inimitable que Le- 
kain, Clairval ne faisait pas d'illusion quand 
il jouait le rôle du père dans Y Amoureux de 
quinze ans, car il était ce père même ; mais 
quand il jouait le rôle d'Azor (dansZémire et 
A\or), il nous transportait dans le pays des 
fées. Quand il jouait le Convalescent de qua- 
lité, il était l'être factice tel qu'on n'en verra 
plus en France ; il faisait illusion, parce que 
l'homme qu'il représentait est hors de la na- 
ture. Je ne crois pas que jamais aucun rôle 
ail été rendu au théâtre avec plus de vérité 
que celui de ce marquis de l'ancien régime. 
S'il me fallait le mettre en musique, je no- 
terais, sans y rien changer, les inflexions de 
Clairval, qui me sont toutes présentes... 

Deux faits assez curieux sont à noter 
au sujet du Convalescent de qualité. Le 21 
janvier 1795, pour l'anniversaire de la 
mort de Louis XVI, le théâtre Favart 
donnait une représentation « par et pour 
le peuple » (gratis), et le spectacle com- 
prenait la Prise de Toulon, l'Intérieur d'un 
ménage républicain et le Convalescent de 
qualité Et quelques jours après, le 26, il 
affichait encore le Convalescent de qualité^ 
avec la Bonne Mère et l'Intérieur d'un mé- 
nage républicain. Mais cette fois la repré- 
sentation ne put avoir lieu, et c'est le re- 
gistre de l'administration du théâtre qui 
nous Papprend par la note que voici : — 
« On a ouvert à l'heure ] ordinaire, mais 
le commencement du dégel, l'extrême 
verglas empêchant les spectateurs de ve- 



N. 106. 



L'INTERMÉDIAIRE 



— 207 



208 



nir, à 6 heures, comme il y avait très peu 
de monde, on a annoncé que le spectacle 
n'auroit point lieu. Et on a rendu le peu 
de recette qu'il y avoit. » Il y avait alors 
près de onze mois que Fabre d'Eglantine 
avait gravi, avec Danton, Camille Des- 
moulins et quelques autres, les marches 
de l'échafaud (3 avril 1794), où Hébert, 
son dénonciateur, l'avait pourtant pré- 
cédé. Arthur Pougin. 

Capilupi (L, 620, 975 ; LI, 84, 148). 
— Candide veut bien me répondre que le 
Stratagema fut imprimé à Rome en sep- 
tembre 1572, en format in-4 , qu'à peine 
mise en vente l'édition fut détruite, et 
qu'un mois après on en publia une autre 
en format in-i2.Je lui serai infiniment 
reconnaissant de dire comment se justi- 
fient ces affirmations. 

Ne seraient-elles pas empruntées au 
livre d'Hector de la Ferrière sur la Saint- 
Barthélémy (pp. 148-149)? Mais M. de 
la Ferrière n'a jamais vu cette édition 
in- 12. 11 paraît probable que, de même 
qu'il affirme que l'édition in-4 fut publiée 
le 18 septembre 7572, uniquement parce que 
la lettre de l'auteur à son frère Alfonso, 
laquelle est en tête de l'édition in 4°, porte 
cette date, ainsi de ce que dans la copie 
sur laquelle les huguenots ont fait l'édi- 
tion italienne-française de 1574 cette 
même lettre est datée du 23 octobre 1572 
il a conclu qu'il y avait eu une édition 
imprimée en octobre Cette assertion, 
comme je l'ai montré, avait déjà été pro- 
duite par Zeller de Zurich ; elle l'a été 
aussi dans la note du catalogue Leber 
(n° 3961) — où, peut-être, plutôt encore 
que dans le livre de la Ferrière, Candide a 
puisé ses renseignements — mais ni l'un 
ni l'autre ne donnent aucune preuve à 
l'appui. Jusqu'à plus ample informé, nous 
pouvons, je crois, considérer comme 
n'existant pas cette édition in- 12 de 1572. 

Restent l'édition in-4 , e t les questions: 
i° De quelle date est-elle? 2° Dans quelle 
ville, et chez quel éditeur, a-t-elle été im- 
primée ? J'ai indiqué l'intérêt historique 
de ces questions. 

Candide croit qu'elle a été « mise en 
vente ». Le catalogue Leber s'était con- 
tenté de résumer ce que dit l'avertisse- 
ment placé en tête de la traduction fran- 
çaise de 1574, et qu'il est nécessaire de 
reproduire in-extenso: 



Quant à l'auteur, il est cognu de tous par 
le nom duquel il se nomme (j'ai dit que 
Camillo Capilupi était secrétaire du pape) : 
et toute Rome est tesmoin de cest escrit, là 
où chacun en a eu copie qui en a voulu 
avoir : et mesmes avoit esté cômencè d'estre 
imprimé quand le cardinal de Luraine qui au 
cômenceraent l'avoit trouvé fort bon(ayant 
eu avertissement que tout n'estoit achevé 
en France côme on avoit présumé, et qu'on 
avoit usé d'autre langage envers plusieurs 
Princes estrangers qu'en Espaigne et Italie, 
joinct que cela eust pu rôpre Felectiô de 
V o\ov\\è)empescha que l'impressiô s'en para- 
chevast. 

La correspondance de Capilupi, non 
imprimée, mais dont M. le professeur 
Iutra de Mantoue a eu connaissance, et 
dont il s'est servi pour la très intéressa ite 
étude sur Camillo Capilupi qu'il a publiée 
dans Y Archivio Storico Lombardo en 1893 
(Fascicolo IIIJ, établit que Lo Stratagema 
n'a pas été publié en 1572, ou l'a été à 
l'insu de l'auteur, car c'est au commen- 
cement de 1573 seulement que, fatigué 
de délivrer des copies de son ouvrage à 
ceux qui le réclamaient de tous les coins 
de l'Europe (il en avait fait faire, dit-il, 
plus de trois cents ; une de celles-là est 
en ma possession), il tenta de le faire im- 
primer à Venise, par l'entremise de Jules 
Romain, entreprise où d'ailleurs il échoua, 
la Sérénissime République ayant craint 
de se compromettre auprès de la Cour de 
Fiance. La dernière des lettres de Capi- 
lupi à ce sujet que nous a fait connaître 
M. Iutra est du 28 septembre 1573. 

Et ce fut en 1 574 que les huguenots 
publièrent le livre avec sa traduction en 
français. 

On voit que le problème subsiste, et 
devient de plus en plus irritant. Où et 
quand a été imprimée l'édition in-4 , en 
italien seulement, dont deux exemplaires 
se trouvent l'un à la Bibliothèque natio- 
nale de Paris l'autre au Britisb Muséum, 
l'indication de la date et du lieu ayant été 
déchirée sur l'un et sur l'autre ? 

Je rappelle que sur le premier, M. Mar- 
chai, conservateur à la Bibliothèque, a 
écrit cette note au crayon : « Adresse res- 
titué d'après un exemplaire complet : /;/ 
Romaper gli bœredes di Antonio Blado, 
stampatore Camerali, i*y~2. 

Comment admettre que M. Marchai ait 
pu se tromper sur ce point de fait ? 

Et d'autre part, comment admettre que 
l'oeuvre de Capilupi ait pu être imprimée 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905 



209 



chez l'imprimeur du pape à l'insu deCapi- 
lupi, secrétaire du pape ? 

Henri Monod. 
P. S. — Pour ceux qui seraient curieux 
de lire l'ouvrage de G. C. dans un livre 
moins rare que l'édition de 1 574 et dans 
un français moins archaïque, j'indique 
qu'une traduction nouvelle en a été pu- 
bliée dans un très intéressant recueil : 
Bibliothèque étrangère d'histoire et de litté- 
rature, par Aignan, Paris 1823, 3 vol.in-8 
Le Stratagème est au tome premier, p. 
131 à 215. 

Les Ruinets (T. G., 794) — La 
question posée il y aura bientôt 30 ans, 
n'a pas eu de solution. Pour fixer les re- 
cherches de. nos futurs confrères, il n'est 
pas inutile de dire, d'après leurs archives 
chansonnières, ce que furent les Ruinets. 

Les Ruinets étaient les élèves du Col- 
lège de Justice, qui s'élevait là où se 
trouve aujourd'hui le Lycée Saint-Louis. 
Le chef de l'institution était M. Ruinet. 
D'où le nom des élèves de son établisse- 
ment. 

Une rare et chaude amitié réunissait 
les élèves de cette institution, autour d'un 
maître vénéré, elle prolongeait l'affec- 
tion du collège par des réunions épicu- 
riennes, à la mode du temps, qui se te- 
naient d'abord chez Grignon, et ensuite 
chez Martin, place du Châtelet, à l'ensei- 
gne du Veau qui tète. 

Les convives étaient Lechat, agent de 
change, Constantin, architecte, le créateur 
du quartier Marbeuf, Leconte, avoué, 
Jacotot avocat, Quétel, agréé au tribunal 
de commerce, Merault.Lombert, Frémyn, 
notaires, De Belle, juge de paix, De la Voi- 
pière, Florimond d'Audiffret président 
de chambre à la Cour des comptes, Van 
der Bruch, Nau de Champlouis, etc. Le 
plus illustre et le plus fêté, l'orgueil de 
ces réunions, qui se tinrent de 182 1 à 
1830, était Casimir Delavigne, alors à 
l'apogée de ses succès : 

Ils ne sont plus ces lieux de notre gloire, 
Mais ils vivront dans notre souvenir ; 
Et pour aller au temple de mémoire 
Que leur faut-il ? Un vers de Casimir. 

Ainsi chantait un des convives, car à 
ces réunions, on chantait beaucoup.. On 
évoquait, en couplets, les petites misères 
et les petites joies de la vie de collège, le 
souvenir désagréable du pion Portai et 



210 
folâtre 



la vision plus folâtre des appas de 
Jeannette, la cuisinière, dont l'abondance 
éveillait la jeune troupe des désirs. 

On prétendait, dans ces agapes, faire 
relever par <\ Cornus » « les murs cou- 
verts d'encre et de gloire » que la bande 
noire avait jetés à bas. Et le verre en 
main, on chantait, sur l'air du Polichinellt 
sans le savoir : 

Les Ruinets, 

Les Ruinets, 
En tous lieux ont des succès; 

Les Ruinets, 

Les Ruinets 
Sont tous d'excellents sujets ! 

voilà le secret des Ruinets dont le 
lu par hasard,- fut une énigme pour 



Et 
nom 
notre confrère. 



D'L. 



Les œuvres théâtrales sur la 
Brie (LI, 49). — La forêt de Sénart, 
opéra en trois actes, de Castil-Blaze. 

La forêt de Sénart, drame en trois actes, 
de Boirie et Léopold. 

La forêt de Sénart, drame en trois actes, 
de Montbeau. 

Le Postillon de Longjiimeau, op. com. 
de Leuven et Lhérie, mus. d'Adam. 

Stockholm et Fontainebleau, drame en 5 
actes, d Al. Dumas. 

Le Château de Montlhèry, vaud. en 1 
acte, de De Baroncelli. 

Le Comédien d'Etampes, vaud. en 1 acte, 
de Moreau. 

Anouilh de Melun. vaud. en 1 acte, de 
Georges Duval. 

Christine à Fontainebleau, drame en 5 
actes, de Fréd. Soulié 

Christine à Fontainebleau, drame en 5 
actes, de Brault. 

Napoléon, pièce historique en trois 
parties, par A. Bourgeois et Francis 
Cornu, Ambigu, 14 octobre 1830. (Adieux 
de Fontainebleau). 

L'Empereur, 5 actes, 18 tableaux, par 
Prosper Lepoitevin Saint-Alme, F. La- 
loue et A. Franconi. Cirque olympique, 
6 déc. 1830. (Adieux de Fontainebleau). 
Napoléon Bonaparte, drame, 6 actes, 23 
tableaux, par Al. Dumas, Odéon, 10 jan- 
vier 1831 (Tentative de suicide à Fontai- 
nebleau). 

La chute de l'Empereur, drame, 4 actes, 
8 tableaux, par E. Charrière, 1836. 
(Adieux de Fontainebleau). 

L'Empire, 3 actes, 18 tableaux, par 



N° io06 



L'INTERMEDIAIRE 



21 1 



212 



F. Laloue et F. Labrousse. Cirque olym- 
pique 15 fév. 1845. (Fontainebleau). 

Adieux de Fontainebleau, monologue, 
2 tableaux, par Ed. Puységur, Grand Th. 
de Nantes, avril 184s. 

Napoléon, 6 actes, 50 tableaux, par 
Léopold Martin-Laya, Porte Saint-Martin, 
5 déc. 1893, 41 e tableau, (les Adieux de 
Fontainebleau). 

Napoléon, 7 actes, 11 tableaux, par 
André Chadourne, Versailles, 1 1 février 
1894. (Abdication de Fontainebleau). 

Plus que Reine, 5 actes, 7 tableaux par 
E. Bergerat (Fontainebleau, novembre 
1809). Représenté à la Porte Saint-Martin 
le 28 mars 1899. 

Le Pape et l'Empereur, drame 1 acte, 
Aix-les-Bains, 27 août 1899, par Jacques 
des Gâchons. (La scène se passe à Fontai- 
nebleau le 25 janvier 181 5). 

La mort de Jocrisse, 1 acte, par Henry 
Lyonnet (librairie Molière) C'est la mort 
de Brunet, survenue à Fontainebleau le 21 
février 1853. Henry Lyonnet. 

Cadet Eousselle (LI, 116). —Feu 
1 Taschereau, qui fut administrateur gé- 
néral de la Bibliothèque nationale, a pu- 
blié sur cette question une brochure inti- 
tulée : De l'origine de la chanson de Cadet 
Roussel le et de son auteur, (Paiis), impri- 
mé par Pion frères ; in-8° de 8 pages, 
pièce qui n'a été tirée qu'à 30 exemplai- 
re s A Claudin. 

Le collaborateur qui désire des rensei- 
gnements sur Cadet Rousselle, pourrait 
obtenir des renseignements précieux en 
s'adressant à M. Eug. Debièvre, biblio- 
thécaire honoraire de la ville de Lille, qui 
a consacré plusieurs articles intéressants 
à ce personnage. Doudin. 

Dédicaces excentriques et singu- 
lières (T. G., 266 ; L, 425)- - Le com- 
positeur italien Mascagni a écrit en tête 
de sa partition Cavallcria Rusticana : 

A V homme pour lequel faite plus d es- 
time et d'admiration, à moi-même. 

A. S..E 



« Dictionnaire géologique » (LI, 
57î , 47 ). _ C'est parce que ce titre 
m'avait intrigué que j'avais posé une 



question dans l 1 Intermédiaire. L'expres- 
sion est bien dans la ■ lettre d'un ex li- 
braire de la Flèche, Rebould, datée du 27 
novembre 1787. Louis Cai.endini. 

Que veut dire Cucupha ou Cu- 
eufa? (XLII ; XL1X ; LI, 88). - k u*oû p * 
ou Kouxswpas ou Koùxoupoç est l'ancien nom 
égyptien pour l'oiseau Huppe (Upupa 
epops L.) Cet oiseau était sacré aux an- 
ciens Egyptiens comme il l'est encore 
aujourd'hui aux Arabes. (Cf. Schaeck, 
La huppe dans les légendes Arabes. Le 
Naturaliste, Paris 1891, n° 106). 

Par cette raison, la pauvre huppe de- 
vint un oiseau impur pour les Juifs (Lé- 
vit. XI, 19, Deutéron. XIV, 18); le mot 
Hébreu Doukiphat à la même racine que 
Koukoupha. Les Egyptiensornaient leurs 
sceptres avec des têtes de huppe (Cf. 
Creuzer, Symbolik IL 64, 280. pi. IV, 
17 et Denon, pi. CX1X, 8). C'est à ce fait 
probablement que Flaubert, dans Sa- 
lammbô, fait allusion. Paul Leverkuhn. 

« Voilà comme nous les faisons 
et voici comme ils nous font ! » (L, 

8 9 8). —J'ai entendu rapporter le propos 
comme émanant du prince de Conti. 
l'ignore où le fait est indiqué. 
J ° E. M. D. A. 

Ici on donne le gris (T. G., 402). 
Je trouve dans la Statistique monumen- 
tale du Cher, parBuhot de Kersers, l'expli- 
cation suivante qui ne figure point parmi 
celles précédemment fournies par les col- 
laborateurs de Y Intermédiaire : 

La maison qui fait face à la tour du nord 
(de la cathédrale de Bourges) a conservé 
une pierre portant l'inscription \Icy se donne 
le Gris, en majuscules romaines dont la 
forme indique la fin du xvi e siècle ou le 
commencement du xvif. Par une bizarre 
lacune, le sens précis de ces mots n'est pas 
bien connu . 11 (sic) se retrouvent sur la 
grande porte-donjon de Dun-le-Roi. Les 
explications les plus singulières ont ete 
données.Nous croirions volontiers que cette 
épigraphe indique tout simplement le heu 
où se donnait le cri public. La substitution 
du g au c, qui accuse une influence ita- 
lienne, ne nous paraît pas inadmissible au 
xvi 9 siècle. 

L'incription de Dun-le-Roi porte la 
date de 1616. A - S - E - 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Février 1905* 



2*3 



214 



Charabia (LI, 150). — (1) Quelque 
extraordinaire que cela paraisse, « M. 
Pharaon, orientaliste » pourraitbien avoir 
raison contre Littré, Marcel Devic, Hatz- 
feld. Darmesteter et Antoine Thomas. 

On admet généralement que le mot 
vient de l'espagnol algaràbia qui a le 
même sens ; mais il ne suffit pas qu'une 
étymologie se présente comme vraisem- 
blable au simple aspect des deux mots 
que l'on rapproche. 11 faut encore qu'elle 
puisse être historiquement justifiée. Or 
tout fait croire que ce mot populaire n'est 
connu quedepuis une soixantaine d'années, 
c'est-à-diredepuisque l'immigration spon- 
tanée des mots espagnols dans la langue 
française a complètement cessé. 

Au contraire, depuis 1830 on constate 
une immigration notable de mots ara- 
bes, importés par les soldats qui ont com- 
battu, ou tenu garnison, en Algérie. 

« M. Pharaon » propose donc de cher- 
cher l'origine du mot dans l'arabe cbara 
fou plus exactement cVra) qui en effet 
signifie « acheter », et bia, qui se traduit 
bien par « vente ». C'est très admissible 
Baragoin vient du breton bava (pain) et 
gwin (vin) : deux mots que les français 
entendaient souvent dans la bouche des 
bretons et qu'ils ne comprenaient pas. De 
là le sens que nous leur donnons : langue 
inintelligible. Littré accepte cette éty- 
mologie qui n'est douteuse pour per- 
sonne. Pourquoi ne pas admettre que les 
premiers rapports entre français et arabes 
trafiquants aient amené la répétition fré- 
quente des mots char a, bia, également 
mystérieux pour nos compatriotes ? 

Cependant il est plus vraisemblable 
que nos soldats ont nommé ainsi la lan- 
gue arabe elle-même, presque sans altérer 
le nom qu'elle porte : el harabiya. Mais 
nous n'avons aucun besoin d'imaginer un 
intermédiaire espagnol entre harabiya et 
charabia. Pour revenir de Laghouàt à 
Ménilmontant, les « joyeux » ne passent 
pas par Madrid. Candide. 

Sauvages européens d'aujour- 
dhui (LI, 2, 92, 157). — Dans le i er vo- 
lume de Canrobert, Souvenir s d'un siècle, 



(1) C'est par erreur qu'on a renvoyé pré- 
cédemment à la Table générale. La ques- 
tion n'a jamais été posée dans l'Intermé- 
diaire. 



il est dit que la conscription vers 1808 
avait trouvé, dans certaines vallées, des 
Vaudois, qui vivaient retirés du monde 
depuis les persécutions d'antan et qu'en 
voyant les agents du recrutement, ils cru- 
rent à de nouvelles conversions forcées. 

XXX. 

* * 

Elle n'est pas neuve l'histoire des sau- 
vages de la Navarre Espagnole. 

Jadis, Mme Cottin, une femme bien 
ennuyeuse, mais qui, il y a 70 à 80 ans, 
jouit d'une grande réputation ; l'a mise 
en œuvre dans un roman à dormir de- 
bout. 

Cette brave dame, disciple de f. J. 
Rousseau, apparemment, croyait que les 
sauvages avaient toutes les vertus pO;si- 
bles. 

Si elle avait lu n'importe quel récit de 
voyage en Océanie, elle aurait vu qu'à 
l'état primitif l'homme est la bête la plus 
cruelle et la plus méchante qui existe et 
que quant aux mœurs, il dépasse en abo- 
mination — si c'est possible, — les gens 
les plus civilisés. J. V. 

gjtot^, SrouuaHt$5 qt ({uwsttcs 

Un quatrain du père d'Emile 
Augier. — Dans les papiers Mahul, con- 
servés à la Bibliothèque publique de Car- 
cassonne, je rencontre l'autographe sui- 
vant avec la mention : Vers et écriture de 
Victor Augier, gendre de Pigault- Lebrun, 
et auteur de quelques ouvrages de prose et de 
vers : 

Vers pour le portrait de Manuel 

Léger dans un sallon, galant sans être fade, 
Sublime à la tribune encor plus qu'au barreau : 
Aix le connut Alcibiade, 
La France l'a vu Mirabeau, 

Topo. 

Louise Michel et Vitu le sorcier. 

— Jeune fille d'esprit très romanesque, 
Louise Michel, dans le château où s'écoula 
son enfance, montrait déjà dans les idées 
une exaltation peu commune. Elle a 
raconté quelques-uns des traits de sa vie 
à cette époque ; elle avait installé dans 
une tour en ruines un laboratoire d'alchi- 
mie, elle jouait à la sorcière, avec une 
chouette apprivoisée et un chat étique. 
Elle rêvait là du sabbat et de la magie. 
Elle fut frappée, dans cette retraite, 



N' io6t> 



L'INTERMÉDIAIRE 



215 



216 



par un article que Vitu avait publié sur 
la science de la graphologie. 

Il soutenait que le caractère d'une per- 
sonne se décèle dans la signature. 

Inconnue, fillette encore, avec une 
espièglerie qui ne répond pas à l'impres- 
sion que nous a depuis donné l'adulte, 
Louise-Michel, envoya à Vitu la signa- 
ture qu'on verra plus loin et le défia de 
lire ce qu'elle était ; de lui dire si elle aimait 
être emportée par le coursier rapide de 
quelque Prince charmant, ou filer, châte- 
laine mélancolique, son léger fuseau ; si 
elle était « faite pour la gloire, pour le 
cloître ou pour l'amour. 2- 

On ignore ce que Vitu lui répondit, et si 
même il répondit. En tous cas, la lettre se 
retrouva dans ses papiers, d'où Noél Cha- 
ravay la retira pour nous permettre de la 
lire tout haut : elle fait partie de son opu- 
lent cabinet d'autographes. On la verra 
avec curiosité pour ce qu'elle nous révèle 
une Louise Michel ignorée, à l'âge où elle 
habitait encore le château dont sa mère 
était la servante aimée du châtelain. 

Y. 

A MONSIEUR AUGUSTE VITU 

Auteur de l'article intitulé : Physionomie de 
quelques signatures, inséré au livre des 400 
auteurs. 

Des ombres du tombeau, Nostradamus s'éveille, 
Aux clameurs d'ici-bas il a prêté l'oreille, 
Et porleur d'un secret appris dans les tombeaux 
Vient de la capitale attrouper les badaux ; 
Il ne s'agit ici d'émeute aux bayonnettes, 
De spectacle ambulant ni de marionnettes; 
Non, c'est beaucoup plus rare et peut-être un peu 

[mieux 
Aussi de toutes parts courent les curieux. 

Au milieu de Paris tombant à l'improviste, 
Sous le nom de Vitu le voilà journaliste, 
Etalant à nos yeux du fond de son bureau, 
Four juger les humains, un système nouveau, 
On pourra désormais, dans chaque signature, 
Connaître de ehacun et l'esprit et l'allure ; 
Pour lire au fonddes cœurs il nefaut qu'un seul trait, 
Avec un coup de plume on trace son portrait !... 

Vous connaissez les mœurs, l'âme par l'écriture 

Eh bien ! sire devin Toici ma signature; 




Dites-moi qui je suis, ma vie et mes penchants 1 
Si j'ai des cheveux noirs ou bien des cheveux blancs 
Si je préférerais et l'ombre et le mystère 



Au bûcher triomphal de Jeanne la guerrière ! 
Si j'aime la nuit sombre ou la splendeur du jour 
Si j'ai rêvé la gloire ou lo cloître ou l'amour! 
La rosée épandant ses perles sur le monde, 
Le murmure du saule et. des roseaux sur l'onde, 
Parlent-ils à mon cœur plus qu'une vieille croix 
Ou les échos lointains du cor au fond des bois t 

A l'heure où dans la nuit des rondes infernales. 
Semblent se balancer sur les tours féodales ; 
Quand la brise du soir gémit sur les créneaux, 
Quand le rossignol chante au penchant des coteaux, 
Dis-moi Nostradamus si l'on vit, dans la brume, 
Un coursier tout couvert de poussière et d'écume 
M'emporter sur les monts et franchir les torrents, 
Les plaines, les forêts sur les ailes des vents ? 

Dis-moi maître sorcier si, modeste Meuse, 

Je vois couler ma vie uniforme et rêveuse : 

Si le léger fuseau qui tourne entre mes doigts 

De son bruit monotone accompagne ma voix? 

Dis-moi si j'aime mieux danser dans la prairie 

Que prier vers le soir à l'autel de Marie, 

A l'heure où de la nuit tous les pâles flambeaux 

Jettent quelques lueurs au marbre des tombeaux ? 

Dis si le poids des ans, déjà, courbe ma tête 

Et pèse sur mon front battu par la tempête ; 

Si, de rides couvertes et marchant pas à pas, 

Je vois avec effroi s'approcher le trépas ; 

Ou si du vieux manoir, altière châtelaine, 

Je foule sous mes pas jasmin, rose et verveine ; 

Si mon âme est de fer oj de glace ou de feu 

Si ma lyre a chanté pour le monde ou pour Dieu? 

Des vallons et des bois, suis-je la fée antique 
Qui vole dans les airs, sur son balai magique ? 

Lisez et méditez mon paraphe à loisir ; 
Et si ce passe-temps vous fait quelque plaisir, 
Je puis vous envoyer du fond de la Champagne 
Les grimoires affreux des muses de campagne. 

Tirez mon horoscope ou mordant ou flatteur. 
Mais s'il était contraire à mes goùts,à mon cœur, 
S'il cloche en quelque chose : aux lys de la vallée,. 
Aux échos de nos bois, à la nuit étoilée, 
Je saurai répéter, du haut des vieux créneaux, 
Qu'au devin ont menti les esprits infernaux. 

Vous avez, il est vrai, traité d'impériale, 
Du poète vainqueur, la plume triomphale, 
Mais sans être sorcier, on voit que le soieil 
A la reine des nuits ne peut être pareil ; 
Ses traces, dans les cieux, sont assez glorieuses, 
Pour y laisser son nom en lettres lumineuses, 
Tandis que, d'une étoile oubliée au lointain. 
On ignore longtemps le nom et le destin. 
De me dire jamais qui je suis, ce que j'asme 
Je défie et l'auteur et son latin lui-même. 
Qu'il dise seulement, sij'ai pour déilé, 
Choisi la république ou bien la liberté. 

Louise Michel. 

Château de Vroncourt, près Bourmont (Haute- 
Marne. 



Le Directeur-gérant : 
GEORGES MONTORGUEIL 



,rn 



p. Daniel-Chambon St-Amand~Mcnt Rond, 



LI* Volume Paraissant Us 10, 20 et $o de chaque mois 20 Février 1905. 



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DES CHERCHEURS 

Fondé en 



ET CURIEUX 

1864 



QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 

217 218 

Hugo en avait douze ? (I. 11) Qui est le 
marquis du C. d'E... parent de l'auteur ? 
(I. 3). Pour quelle mère a été écrit le Reve- 
nant? Chez qui s'est donnée la Fête cbeç 
Thérèse ? S. 



(âuestionô 



Buste de Picard à retrouver. — 

Qu'est devenu le buste de l'auteur comi- 
que Picard, exposé par le sculpteur 
L.-P. Deseine, au salon de 1808, et qui ne 
se trouve ni à l'Institut, ni à la Comédie- 
Française, ni à l'Odéon ? G. Monval. 

Les Mémoires de M. de Château- 
bruu. — M. Alphonse Callery a publié 
dans la France Judiciaire (1 881- 1882, 6 e 
année, i re partie) un article ayant pour 
titre : La Fraude des gabelles sous l'ancien 
régime, d'après les Mémoires inédits de 
M. de Châteaubrun (tirage à part, Fontai- 
nebleau, 1882, in-8°j. 

Que sont devenus ces mémoires de 
M. de Châteaubrun? Et, à défaut de ren- 
seignements précis sur ce document, peut- 
on donner l'adresse de M. Callery, s'il 
existe encore ? G. M. A. 

La clef des « Contemplations ». 

— Quelle est la jeune fille morte en 1846, 
sur laquelle Victor Hugo a écrit le poëme 
admirable intitulé : Claire (Contempla- 
tions. VI. 8) ? 

Quelle est l'autre jeune fille, morte en 
1854, et nommée Claire P. dont il est 
question dans une autre pièce du même 
recueil (V. 14) ? 

On devine aisément les noms qui se 
cachent sous les initiales D-G. de G. Paul 
M. Aug. V. Alex. D. Louise B. Mais qui 
est Lise, qui avait seize ans quand Victor 



Quatre tableaux de Casanova à 
retrouver. — Je désirerais savoir ce 
que sont devenus quatre tableaux de Ca- 
sanova dont la description est donnée 
dans l'article suivant du Livre des Pré- 
sents du Roi. M. F. 

Art. n° 6<y du 22 juin 1775. — Quatre 
tableaux de Casanova avec leurs bordures 
représentant, savoir : 

— Le i er la fin d'une forêt avec un paysage 
éclairé d'une pleine lune ; une voiture de 
voyageurs arrêtée par des voleurs; un pos- 
tillon culbuté par eux et qui tient un flam- 
beau, éclaire tout le devant de ce tableau et 
forme un effet de lumière surprenant à côté 
du clair de lune. 

— Le 2 m ° représente un orage, des voya- 
geurs sont frappés de la foudre et c'est la 
lumière du tonnerre qui éclaire la plus grande 
partie du tableau. 

— Le 3°" représente un pont rustique qui 
s'enfonce pendant qu'une voiture passe des- 
sus ; les chevaux, la voiture et les hommes, 
tout tombe dans des précipices affreux. 

— Le 4e représente un coup de vent vio- 
lent qui casse les arbres et les déracine, un 
de ces arbres tombe sur des voyageurs et en 
écrase un avec son cheval . 

Ces quatre tableaux nommés les 4 Acci- 
dens, sont de 8 pieds de large sur environ 6 
de hauteur ; ils ont été achetés en 1773 de M. 
de Laborde, premier valet de chambre du 
Roi, pour le prix de..... 24.000 1. — du 
28 juillet 1775. 

LI. 5 



N° 1067 



L'INTERMEDIAIRE 



19 



220 



Les 4 tableaux ci-contre n° 05 ont été 
transportés à Versailles pour y servir à 
l'ameublement de l'Hôtel du Ministre des 
Affaires Etrangères. 

(Archives du Ministère des Affaires Etran- 
gères N' 2080). 



— Quel est, dans 
auprès de Jeanne 



Jean de Vailly 

l'histoire, son rôle 
d'Arc ? 

A quelle source puiser ? 

Quels sont les ouvrages à consulter ? 

C. B. J. 

Officiers de la Cour du prince 
Jacques Sobieski. — En 1698,1e prince 
Jacques Sobieski, prétendant au trône de 
Pologne, habite le château d'Ohlau (Silé- 
sie). 

Où pourrais-je trouver la liste des offi- 
ciers de sa maison et de celle de la prin- 
cesse Sobieska, née Hedwige de Neu- 
bourg ? P. L. 

Une déesse de la Raison, plus 
tard ministresse de Louis XVIII. — 

Je lis dans la Revue d'histoire littéraire 
delà France (avril-juin 1904) ce passage 
d'une lettre de Victor Jacquemont, datée 
du 24 mai 1828 : 

... Tu ne sais sans doute pas jusqu'au 
bout le triomphe patriotique de M.Duplessis- 
Grenedan, à Rennes, dans son fauteuil, orné 
de rubans tricolores; il fut porté par le peuple 
aux pieds de la déesse de la Raison qui lui fit 
beaucoup de gracieusetés ; et cette déesse, 
sais-tu qui elle est maintenant ?... Mme la 
comtesse de Corbière. 

Est-ce bien exact ? H. Quinnet. 

Convention nationale. Premier 
Président. — D'après le journal offi- 
ciel de la Convention nationale, la pre- 
mière séance du 20 septembre 1742, tenue 
dans la salle des Cent-Suisses, pour la 
constitution du bureau, aurait eu pour 
Président, Faure, député de la Seine- 
Inférieure, doyen d'âge. 

D'après M. Biré Çournal d'un bourgeois 
de Paris, t. 1, p. 2) cette même séance 
aurait été ouverte, sous la présidence de 
doyen d'âge, Ruhl, député du Bas-Rhin. 

On désirerait avoir l'explication de cette 
divergence. E. C. 

Le tombeau d'Hamlet. — On 



qu'on donne pour le tombeau d'Hamlet. 
J'ai demandé jadis à un mien ami, dé- 
puté de Copenhague, s'il présentait quel- 
que caractère d'authenticité, et mon ami 
m'a répondu : Aucun. Cette butte n'était 
d'ailleurs nullement protégée, mais je 
parle de 1869. V. J. D. 

Pays de Chevrie et de Sereine. — 
Il y a près de Mantes un village appelé la 
Villeneuve en Chevrie et, près de Monte- 
tereau un autre nommé Chevry en Sereine. 
Pourrait-on me dire ce qu'étaient ces deux 
petits pays de Chevrie et de Sereine et 
quelles paroisses les composaient ? 

Ardouin-Dumazet. 

Mortier au vin. 

En Aragon, pour faire du mortier, on mé- 
lange du vin au sable, plutôt que d'em- 
ployer de l'eau. Les masures sont formées de 
pierres cimentées avec du mortier rouge. 
Quant à se servir de l'eau de la fontaine qui 
s'échappe en fines gouttelettes, ce serait un 
sacrilège auquel personne ne peut penser. 

D r Félix Regnault. 

Déboisement el décadence, dans Le Relè- 
vement social, Saint-Etienne. 1" mai 1904, 
p. 4, col. 2).- 

Est-ce exact ? Sglpn. 



De Gourbillon (quelquefois écrit 
Courbillon). — Une madame de Gour- 
billon fut « lectrice » de Marie de Savoie 
comtesse de Provence (épouse de Louis 
XVIII). En juin 1791, elle aida le comte 
et la comtesse à s'échapper de Paris pour 
gagner le Rhin. 

Son mari était directeur des Postes à Lille. 

M me Gourbillon et son mari furent mis 
sur la « liste des Emigrés ». Je ne peux 
trouver de trace ultérieure. 

Louis-Augustin Gourbillon Diancourt 
était administrateur de la loterie royale 
de 1790, à Mons. David, inspecteur de la 
loterie royale de 1778 à Lille. 

Mon grand-père était Lewis (Louis) 
David, fils de Louis David et Anne Gour- 
billon. 

Le cachet d'armoiries, je pense, est un 



demi-grifTon 
ducale. 



saillant d'une 



couronne 
David. 

— Je se- 
Vlnterme- 



montre à Elseneur, un tertre 



gazonne 



Brierre de Boismont. 

rais bien obligé au lecteur de 
diaire qui pourrait me donner la généa- 
I logie de la famille à laquelle appartenait 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905 



22 1 — 



222 



Brierre de Boismont (Alexandre-Jacques- 
François) médecin aliéniste français, né à 
Rouen le 18 octobre 1798, mort à Saint- 
Mandé le 25 décembre 1881. 

Dans différentes biographies, son nom 
s'écrit tantôt avec trois r, tantôt avec deux 
et un accent grave ; je voudrais connaître 
l'orthographe véritable. 

A-t-il encore des descendants directs 
ou indirects ? 

Quelles sont les armoiries de Brierre de 
Boismont et à quelle époque cette famille 
fut-elle anoblie ? 

Où puis-je me procurer ses ouvrages 
dont l'un a obtenu une médaille d'or de 
l'Institut ? U. L. A. 

Famille Fagnier de Vienne. — 

En existe-t-il des descendants ? 

A. de B. 

Famille Lockhart (Orléanais). — 

Cette famille n'est qu'une branche de celle 
d'Ecosse qui a porté ses ramifications dans 
plusieurs provinces de France. Comment 
la branche orléanaise se rattache-t-elle au 
rameau principal ? Pourrait-on m'indi- 
quer une généalogie ? A. de B. 

Une famille Le Noir en Picardie. 

— Peut-on fournir renseignements his- 
toriques, généalogiques ou autres sur la 
famille Le Noir qui vivait en Picardie 
(Bailliage de Péronne) aux xvn e , xviu e et 
xix e siècle. Les armes de cette famille 
sont : d'or, à une fasce écarielèe de sinople 
et d'argent. 

Timbre : couronne de comte. Supports: 
deux griffons. Elles se trouvent d'ailleurs 
dans d'Hozier. Les principaux fiefs pen- 
dant les 3 siècles sont : Feuillières, Me- 
raucourt, Becquincourt et Gisors (Voir 
Histoire de Péronne par Dournel). 

P. L. M. 

Victor Micbal. — Pourrait-on nous 
donner quelques renseignements bio- 
bibliographiques sur ce méconnu, un des 
fervents du culte de Baudelaire ? 

Michal a surtout écrit des sonnets et 
aussi quelques remarquables pièces, entre 
autres les Vignes, le Chanvre, etc. 

Comme tant d'autres, il est mort à la 
maison Dubois, le dernier refuge des gens 
de lettres. 



Voilà tout ce que nous en savons. Est- 
ce bien là toute son oraison funèbre ? 

Pont-Calé. 

Un sieur Perkins de Mac-Manon. 

Dans la Police de Paris dévoilée^ Ma- 
nuel, tome II, pages 248-49, on lit : 

Le sieur Perkins Mac-Mahon, prêtre apostat 
marié à Londres, irlandais d'origine, né en 
France, vicaire de paroisse à Rouen, d'où il 
décampa en 1771 ou 1772 avec une jeune fille 
sa pénitente, auteur de plusieurs écrits très 
licencieux contre la Cour de France, qu'il im- 
prime dans le Morning Herald... écrit aussi 
dans le Courrier de l'Europe.. . 

A quelle famille appartenait ce person- 
nage ? O. S. 

Marguerite de Roberval. — Dans 
le n° 52 de l'année 1862 du Magasin Pit- 
toresque, il est question, sous ce titre, 
d'un sieur de Roberval qui, en 1542, eut 
pour mission de conduire vers les terres 
d'Ochelaga en Amérique, avec le titre de 
vice-roi, une colonie de douze cents 
hommes, parmi lesquels s'embarqua sa 
propre nièce, sous la conduite d'une 
vieille gouvernante nommée Bastienne, 
qui l'avait élevée en Bretagne. 

Cette nièce, Marguerite de Roberval, 
avait contracté, à l'insu de son oncle, 
une union secrète avec un jeune gen- 
tilhomme. Durant le voyage, Roberval 
apprenant cette circonstance, en fut fort 
colère, et fit débarquer la jeune femme 
sur une île complètement déserte, à 
36 lieues environ du continent. Dans le 
souvenir des matelots qui avaient exécuté 
l'ordre terrible du Vice-Roi, cette île prit 
le nom d'Ile de la Damoiselle. 

L'époux de Marguerite la rejoignit dans 
son exil ainsi que sa fidèle Bastienne, mais 
ils y moururent tous les deux et Mar- 
guerite y vécut complètement seule deux 
ans. 

Elle fut enfin sauvée par des marins 
bretons qui, en allant à la pêche vers 
Terre - Neuve, remarquèrent les feux 
qu'elle allumait chaque soir pour attirer 
vers elle quelque navire. 

Revenue en France, elle se garda bien 
de rester en Bretagne ; elle se rendit 
dans le Périgord et ce fut là qu'André 
Thevet,le cosmographe de Henri II, apprit 
la suite de ses malheurs dont il est de- 
venu Lhistorien. 



N» 1067. 



L'INTERMEDIAIRE 



223 



224 



L'auteur de cet article dit de consulter 
à la Bibliothèque de la rue Richelieu, la 
Cosmographie de Thevet, puis le Grand 
Insulaire, manuscrit du même auteur. 
Enfin, un ouvrage plus moderne : Les 
Vrais Robinsons, par MM. Ferdinand 
Denis et Victor Chauvin, publiéen 1862, 
contient, parait-il, tous les détails de 
cette aventure. 

Malgré mes recherches, je n'ai pu 
réussir à me procurer ce dernier ouvrage, 
et mes occupations ne me permettent pas 
d'aller à Paris consulter les ouvrages de 
Thevet. Je serais bien obligé aux érudits 
lecteurs de Y Intermédiaire, de me donner 
des détails sur l'héroïne de cette histoire, 
et principalement : 

10 Le nom de son époux ; 

2 Dans quelle partie du Périgord se 
retira-t-elle ; 

3° Y mourut-elle, et en quelle année t 

* L. D. 

Famille Xien, Kuien. — Lettre en 
écriture jointe à des chiffres. 

Un de mes ancêtres, Kien aussi nomme 
abusivement Kieng, était commissaire gé- 
néral des vivres pour les troupes fran- 
çaises envoyées en Allemagne, qui de- 
vaient passser par les états des Pays-Bas, 
a été anobli et nommé chevalier de Saint- 
Michel. ., . 

Par les papiers de famille, j ai trouve 
deux documents dont voici la copie : 

Monsieur — Je nay point peu vous faire 
dépêcher auant cette semaine l'amphation 
des lettres de noblesse de M. le commissaire 
Kien le Roy qui est de retour en cette ville 
examinera les moyens de reconnoistre pour 
le mieulx ses nouueaux services a loccasion 
des équipages. Nous auons auis qui) y a en- 
core des uiures pour jusques à la fin de dé- 
cembre Vous tiendrez sil vous plaît la main 
que Mr. le Pince d'Orange demeure en cam- 
pagne aussy longtemps que nos armées comme 
il vous a esté desja cy devant escrit. Sur ce j-. 
vous baise très humblement les mains et 
suis toujours, Monsieur, Votre très humble 
et très affectionné serviteur 

Signé Chauvigny 

Lettre adressée à Monsieur 

Monsieur de la Thuilerie Cons" du Roy en 
ses Conseils et son ambassadeur en Holande. 

Mons r Kieng J'approuve vre sentiment tou- 
chant les de que vous proposez d'ajouster 

au Traitté pour le regard 56 78 z 84 59 43 
n' 13 14 42 "' 6 3- 6 5 nn 75 89 7 63 Q. 58 m 



qt 62 06 t ax nx. 

|e donne donc ordre au S r de la Thuilerie 
de faire insérer les deux articles dans le 
Traitté. bt de presser les S'is Estatzgeneraux 
et M. le Prince d'Orange de 47 t q_ 77 Q_ 50 
d 82 y z 58 n' 43 z que je 43 65 m 4.3 P our 
47 q 3 g 38 nx o_ 62 q_66 nx 42 n' 63 nn 73 
nx d. 63 z 53 87 38 dont il ne peut arriver 
aux d Sns Estatz que toute sorte d'auantages 
pour le présent et clans la prochaine cam- 
pagne. Et vous asseurant que touts vos 
offices dans cette occasion m'ont donné une 
pticulière satisfaction, Je prie Dieu qu'il vous 
ait Mons 1 * Kieng en sa s ls garde. 

A St-Germain en Lave le xvm 8 Janvier 
1642 . 

Signé Louis. Contresigné Bouthiluers. 

J'ai copié la première lettre en entier 
supposant que cela permettrait de con- 
naître le sens, que je désirerais savoir, 
de la lettre en cryptographie. 

Kien. 



Armoiries du peintre Simon 
Vouet. — D'après le Dictionnaire biogra- 
phique de Jal, Simon Vouët, le célèbre 
peintre, était qualifié de noble homme 
dans les actes d'état-civil des paroisses. 
Il relate, à la date du 18 octobre 1638, 
« le convoi de dame Virginie de Veso, 
femme de noble homme Simon Vouët, 
peintre ordinaire du Roy, prise aux galle- 
ries du Louvre et portée à Saint-Jean en 

Grève. » 

11 est probable que Vouët avait pris des 
armoiries. On doit certainement les con- 
naître ; peut-être les a-t-il fait figurer au 
bas des grandes peintures dont il a orné 
les églises. On m'a dit qu'un tableau re- 
présentant saint Michel et qui lui est at- 
tribué, portait les armoiries du peintre. 
Ne seraient-elles pas plutôt celles d'un 
donateur ? H. H. 

Armoiries avec une Hydre . — 

Sur la reliure d'un almanach royal de 
175b, acheté à Périgueux, sont les armoi- 
ries suivantes '.EcarteU au ; er de., à l'hydre 



au j? e de. 
lion de. . 



de.. ; au 2" de., à 3 fasces de., 
au léopard de.. ; au 4* de., au 
couronne comtale. 

N'ayant sous la main ni Grandmaison. 
ni Renesse, ni V Armoriai du Périgord, je 
serais bien désireux qu'on voulut me 
faire la gracieuseté de m'éclairer. 

Saint-Saud. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905. 



225 



226 



Pièce de cinq francs de Louis 
XVI. — Je possède une pièce assez cu- 
rieuse qui, sans être extrêmement rare, ne 
doit cependant pas être commune. Au- 
dessous du buste de Louis XVI regardant 
à gauche et entouré de la légende : 
Louis XVI roi des Français, se trouve 
sous une abeille (?) la date ijç>) . 

Au revers, un génie ailé écrit sur une 
table la Constitution ; je crois lire au bas 
du piédestal qui porte la table la signa- 
ture très fine et assez effacée : Du pré. De 
chaque côté de cette figure se voient un 
faisceau couronné du bonnet phrygien et 
un coq à la patte levée. Au dessus, en 
exergue, les mots : Règne de la loi suivis 
de la lettre D. et dans le bas de la pièce 
cette inscription : L'an 5 de la Liberté. 

L'an 5 de la liberté, si on la fait re- 
monter à 1789, donne bien 1793, date 
que nous avons vue sur la face de la 
pièce. 

Mais le 21 janvier, Louis XVI ayant été 
guillotiné, il semble que cette pièce dut 
être frappée dans les premiers jours de ce 
mois. 

La lettre D nous indique qu'elle sort de 
la Monnaie de Lyon. Or, une loi du 25 
janvier 1793 (pluviôse an II) a supprimé 
tous les hôtels des monnaies, sauf celui 
de Paris, hôtels devenus inutiles puisque 
les assignats remplaçaient le numéraire. 

Ceci nous prouve combien elles durent 
être rares les pièces émises, en province, 
en 1793, puisque la frappe s'arrêta le 25 
janvier, c'est-à-dire quatre jours après la 
mort de Louis XVI. Nous serions recon- 
naissants à ceux de nos confrères en Inter- 
médiaire qui pourraient nous donner 
quelques renseignemsnts complémentai- 
res. Gabriel. Marcel. 

Mémoires écrits par nos contem- 
porains. — Jamais, dit-on, l'usage d'é- 
crire ses Mémoires n'a été aussi répandu 
qu'à notre époque. 

Quels sont les contemporains célèbres 
qui se donnent aujourd'hui l'agréable tâ- 
che de justifier leur biographie et de char- 
ger celles de leurs adversaires? 

Un Passant. 

Livre>3 sur Conrart et portraits. 

— - Quels sont les livres publiés sur Con- 
rart ? où. en dehors de Versailles, y a-t-il 
des portraits de lui ? A. Callet. 



« La Grande Encyclopédie.» — A 

quelle date a été achevée la publication 
de chacun des volumes de cet ouvrage ? 
je n'ai pu obtenir le renseignement ni de 
la Direction, ni de l'Imprimerie, auxquel- 
les je l'ai demandé en avril 1900. 

Sglpn. 

Origine du mot bonne. — A en 

croire le Portefeuille delà Gourdan (1783), 
page 33, le mot bonne, dans le sens de 
domestique, aurait été donné,pour la pre- 
mière fois, par les pensionnaires de mai- 
sons closes aux femmes âgées qui les ser- 
vaient dans leur toilette intime. 

Est-ce bien exact ? Pendant la seconde 
moitié du xvm e siècle, le mot de bonne, 
ma bonne est pris très fréquemment dans 
l'acception de domestique. Le terme de 
servante était assurément plus général ; 
et aujourd'hui encore, il est seul employé 
dans bien des petites villes de province. 

Paul Edmond. 

V. Littré qui ne voit dans « bonne » que le 
terme d'amitié donné par les enfants ou les 
maîtres aux servantes. 

Néologisme d'origine anglaise 
ou américaine. — Peut-on m'indiquer 
un ouvrage, de publication récente, don- 
nant la liste des néologismes d'origine 
anglaise ou américaine, avec leur date 
d'introduction dans notre langue ? 

A défaut de livre ou de dictionnaire, 
ne pourrait-on m'indiquer les articles 
récents publiés sur cette question dans les 
principaux journaux ou revues, littéraires 
et philologiques ? E. X. B. 

Médaille d'honneur dite de sau- 
vetage. — La France tient, les statis- 
tiques en font foi, le premier rang au 
sujet des belles actions accomplies. 

Or, on sait que tous les gouverne- 
ments décernent aux sauveteurs, une 
médaille en récompense d'actes de dé- 
vouement. 

Nous désirons connaître à quelle date 
remontent l'institution et la délivrance de 
la première médaille de sauvetage créée 
par l'Etat français, ainsi que la descrip- 
tion de cette médaille ? 

D'autre part, des Compagnies d'assu- 
rances ont-elles décerné des médailles à 
des citoyens intervenant lors d'incendies, 
d'accidents ou de naufrages ? G. H. 



N* 1067. 



L'INTERMÉDIAIRE 



227 



- 228 



Eqj(m6£0 



Les papiers de Henri Heine, (T. 
G.4i6;LI, 186). — Mais ces « papiersde 
moindre valeur », dont parle le baron L. 
von Embden, n'ont-ils pas été vendus pré- 
cisément il y a quelques mois ? On a parlé 
d'un acquéreur habitant Leipzig ou 
Zurich (?). Pour tous les travailleurs litté- 
raires qui s'occupent d'Henri Heine, il se- 
rait indispensable de savoir en quelles 
mains les derniers papiers en question se 
trouvent aujourd'hui. 

Spoelberch-Lovenjoul. 

Elvire. Où est sa sépulture (T. 
G. 311). — M. René Doumic vient de 
publier, dans la Revue des Deux-Mondes 
(i Cr février 1905), des lettres de Madame 
Charles à Lamartine, que l'on aurait pu 
croire à jamais disparues ; c'est un frag- 
ment de la correspondance qu'Elvire 
échangea avec son poète. 

Elvire, très malade, sûrement phti- 
sique, fut conduite à Viroflay pour se ré- 
tablir et, sans que M. Doumic le dise 
catégoriquement, il semblerait croire 
qu'Elvire mourut près de ces bois où, 
plus tard, Fanny et Roger vécurent des 
amours plus terrestres. M. H. Bordeaux 
dit expressément, dans un article de 
YEclair, des premiers jours de février, que 
Madame Charles mourut à Viroflay, le 18 
décembre 181 7. 

J'ai consulté les registres de l'état- 
civil de Viroflay, je n'y ai pas trouvé 
Lacté de décès de Julie des Hérettes, 
épouse de Charlee. Son nom n'est men- 
tionné ni dans les registres d'inhumation, 
ni dans ceux des concessions du cime- 
tière. Il faut chercher la tombe ailleurs. 
Une tradition locale m'a appris que les 
époux Charles habitaient la Chaumière 
pendant la belle saison ; c'est une maison 
meublée qui existe encore. En tout cas, 
ils n'étaient pas propriétaires à Viroflay, 
car le cadastre ne signale pas leurs noms. 

Y! Intermédiaire, dès 1865, disait que 
Madame Charles avait été transportée 
mourante à Paris, — son mari était logé à 
LInstitut— , et qu'elle y mourut le 1 8 dé- 
cembre 1 8 17. La destruction des registres 
de l'état-civil ne permet pas de vérifier 
cetteassertion, mais il est vraisemblable 
que Charles n'a pas voulu laisser mourir 



sa femme dans une maison'meublée et le 
correspondant de M Intermédiaire parais- 
sait bien renseigné. 

La tombe de Charles est au cimetière 
du Père Lachaize, mais elle ne renferme 
que son corps (V. Y Elvire de Lamartine, 
par Anatole France, p. 1 14-11 5). Dans 
V Intermédiaire du 10 septembre 1896, 
col. 29b, (la table générale indique 206), 
M. Nauroy cite les lignes suivantes ex- 
traites des Souvenirs sur Lamartine par 
Alexandre, p. 171-172. 

Cet amour il lui donne sa piété fidèle, en 
allant chaque année, à l'anniversaire de la 
mort de Julie, se souvenir, prier et aimer 
encore à une messe funèbre, dans l'église 
qui abrita son cercueil. 

Il résulte de cette citation que le corps 
de Madame Charles fut déposé dans une 
église, Saint-Germain-des-Prés, probable- 
ment, puisqu'elle est la paroisse de l'Ins- 
titut, en attendant son transport. On en 
pourrait conclure aussi qu'elle ne fut pas 
enterrée à Paris, sans quoi Lamartine serait 
venu prier sursatombeplutôtqu'à l'église. 

Avant son mariage, Julie des Hérettes 
habitait la Grange près Tours, où elle 
semble avoir eu de la famille. Ne serait- 
ce pas de ce côté qu'il faudrait chercher 
la tombe qui abrite les cendres de celle 
dont la mort inspira îe Crucifix ? 

Huzard.qui a conservé toutes les lettres 
de faire-part qu'il avait reçues et dont la 
collection est à l'Institut, a peut-être re- 
cueilli celle de Madame Charles. Si on peut 
l'y retrouver, elle donnera sûrement le 
renseignement cherché depuis si long- 
temps. R. B. 

Paganini (LI, 168). — Le peintre 
Ziem a beaucoup connu Paganini. C'est 
à l'illustre artiste que Ziem doit son admi- 
ration pour Venise. 11 se trouvait à Nice, 
avec un sculpteur, Alexis de Saint-Marc, 
quand, un jour, il reçut la visite d'un ami 
commun, le comte de Cessoles. 

Laissons la parole à Ziem : 

D'une voix tremblante d'émction, il nous 
raconta les derniers moments de Paganini, sa 
fin lamentable : le clergé niçois avait refusé 
les honneurs de la sépulture au cadavre du 
génial artiste. 11 y avait eu recours à Rome, 
enquête, contre-enquête, et cependant le cer- 
cueil avait été déposé dans une cave de l'hô- 
pital. Mais la population superstitieuse s'était 
émue : on affirmait que, la nuit, les démons 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février I905 # 



229 



230 



s'assemblaient dans les sous-sols de l'hôpi- 
tal en des rondes fantastiques. Pour conjurer 
les malheurs que de tels hôtes pouvaient 
attirer sur la ville, on n'avait trouvé rien de 
mieux que de jeter le cercueil de Paganini 
dans une de ces immenses cuves où les fabri- 
cants d'huile entassaient les débris d'olives 
après la pressuration. 

« Vous êtes jeunes tous les deux, conclut 
« M. de Cessoles, et tous les deux hommes 
« de cœur : je compte sur vous pour mettre 
« un terme à cette profanation honteuse». 

Et il nous donna rendez-vous pour le 
lendemain, à minuit, à l'endroit où débouche 
actuellement le tunnel de Villefranche. 

Nous fûmes exacts. A l'endroit et à l'heure 
indiquée, le comte nous attendait avec qua- 
tre paysans. La nuit était sans étoiles, sans 
lune. Les paysans allumèrent des torches 
dont les lueurs fumeuses éclairèrent une cuve 
en pierre et ciment, large et longue de dix 
mètres. Le vent soufflait en tempête, .les va- 
gues déferlaient contre la côte et nous cou- 
vraient de poudrin. Le comte dirigeait la 
manœuvre. Nous, armés de cordes et de lon- 
gues perches, nous soulevions le cercueil, 
nous l'amenions au bord de la cuve. 11 fut 
enfin placé sur un brancard et porté par les 
bras robustes des paysans dans la propriété 
que possédait le comte, à l'extrême pointe de 
la presqu'île Saint-Jean. Là, il attendit en 
paix les honneurs que parvint à lui faire ren • 
die Achillino Paganini. 



* 
* * 



Elle est un peu compliquée, l'histoire 
de la dépouille mortelle de Paganini, et 
véritablement étrange. Fétis, qui avait été 
exactement informé, la raconte ainsi ; on 
sait que Paganini mourut à Nice, alors 
italienne, le 27 mai 1840 : 

Tout n'était pas fini, dit Fétis, pour cet 
homme, dont la vie fut aussi extraordinaire 
que le talent. Soit par l'eflet de certains 
bruits populaires, soit qu'étant mort sans 
recevoir les secours de la religion, Paganini 
eût laissé des doutes sur sa foi, ses restes ne 
purent être inhumés en terre sainte, par dé- 
cision de Févèque de Nice. En vain son fils (1), 
ses amis et la plupart des artistes de cette 
ville sollicitèrent-ils l'autorisation de faire 
célébrer un service pour son repos éternel, 
faisant remarquer qu'ainsi que toutes les per- 
sonnes atteintes de phtisie, il n'avait pas cru 
sa mort prochaine et avait cessé de vivre su- 
bitement, l'évêque refusa cette autorisation et 
se borna à offrir un acte authentique de dé- 
cès, avec la permission de transporter le corps 
où l'on voudrait. Cette transaction ne fut pas 

(1) Paganini avait eu ce fils d'une cantatrice 
nommée Antonia Bianchi. 



acceptée, et l'affaire fut portée devant les tri- 
bunaux. Celui de Nice donna gain de cause 
à l'évêque. 11 fallut alors avoir recours à 
Rome, qui annula la décision de l'évêque de 
Nice et chargea l'archevêque de Turin, con- 
jointement avec deux chanoines de la cathé- 
drale de Gènes (ville natale de Paganini), de 
faire une enquête sur le catholicisme de Pa- 
ganini. Pendant tout ce temps, le corps était 
resté dans une chambre de l'hôpital de 
Nice... 

Ce dernier détail est confirmé par un 
écrivain italien, Francesco Regli, qui 
écrivait ceci dans sa Storia del violino : 
— « Peu après (la mort de Paganini), 
j'étais de passage à Nice, et, comme je 
voulais visiter ce que la ville contenait 
de curieux et d'intéressant, je vis à l'hô- 
pital, non dans une cantine, comme on 
l'a dit, mais dans une salle du rez-de- 
chaussée, une caisse. Comme nous arri- 
vions devant, je vis s'enflammer le visage 
du cicérone qui m'accompagnait et qui 
me dit aussitôt, avec un accent de dépit : 
« Vous fixez cette caisse,., le cœur vous 
« dit quelque chose... Elle contient les 
« restes du célèbre Paganini. Notre évêque, 
« Monsignor Galvano, ayant su qu'il 
« était à toute extrémité, lui envoya un 
« chanoine pour lui parler de la commu- 
» nion. 11 accepta la confession, mais 
« comme il était sujet à des vomissements 
« continuels, le médecin lui défendit- de 
« faire la communion, et donna à ce su- 
«jet une attestation. Il mourut donc sans 
« recevoir les sacrements, et Monsignor 
« lui refusa la sépulture en lieu sacré. 
« Son fils Achille, héritier de toute sa for- 
«tune, intenta un procès à l'évêque, mais 
« personne ne peut dire combien cela 
« durera, parce que les prêtres tiennent à 
« leurs principes et qu'ils ne cèdent pas 
« facilement ». 

Mais ce qu'il y a de plus singulier peut- 
être, c'est que le fils de Paganini voulant 
faire enterrer son père de quelque façon 
que ce soit, promena son corps de ville en 
ville sans y pouvoir réussir, Un journal 
italien raconta cette funèbre histoire lors- 
qu'il 1896 on procéda à l'exhumation des 
restes de l'illustre artiste. Voici ce récit 
vraiment étrange : 

Du cimetière de Nice, où la sépulture lui 
fut refusée, son fils dirigea le corps sur Mar- 
seille, où il a subi un nouveau refus Gênes, 
la patrie de Nicolo Paganini, ne voulut point 
concéder au corps d'un fils si illustre la paix 



N» 1067 



L'INTERMEDIAIRE 



- 231 



232 



de la sépulture, parce qu'en ce moment une 
épidémie violente rendait plus sévères les pré- 
cautions hygiéniques. Cannes fut aussi inexo- 
rable, et, seuls, les rochers du Fenol réussirent 
à prouver aux poltrons qu'il n'y avait rien de 
vrai dans le pacte qu'on disait que Paganini 
avait conclu avec le diable, par lequel celui-ci 
devait s'emparer de l'âme et du corps du grand 
violoniste aussitôt après sa mort. Le corps 
resta au milieu de ces rochers jusqu'en 1N45, 
et c'est seulement alors, et sur les instances de 
Marie -Louise, qu'il fut transporté à Parme et, 
après un embaumement hâtif,enseveli dans Ja 
villa de Gaione, propriété de Paganini (1). 

Mais le corps ne tarda pas à se détériorer. Si 
bien qu'en 1853 on dut l'exhumer pour faire 
le nécessaire. Puis, en 1876, de Gaione il fut 
transporté au cimetière de Parme. Ce fut un 
véritable événement. Le transport fut fait de 
nuit, à la lumière des torches, avec un effet 
fantastique et un grand concours de peuple, 
sur les rives du torrent Paganza, que l'on de- 
vait côtoyer tout le long du parcours. Le baron 
Attila, neveu de Nicolo, représentait la fa- 
mille. 

En avril 1893, sur les instances du violo- 
niste Ondricek, de Prague, qui se trouvait à 
Parme et était l'hôte du baron Achille Paga- 
nini, fils de Nicolo, le cercueil fut rouvert et 
un petit nombre d'invités purent voirie corps. 
La dernière exhumation, imposée par des 
nécessités urgentes, eut lieu au mois d'août de 
cette année (1896) et prouva que les traits du 
visage étaient encore bien conservés. Un jour- 
naliste présent à la cérémonie écrivit dans le 
Caffa.ro de Gênes que l'identité était indé- 
niable. « L'habit noir, disait-il, tombait en 
ruines; pourtant ses plis se dessinaient encore 
sur les épaules. Les parties moyenne et infé- 
rieure du corps ne présentent plus qu'une ac- 
cumulation d'os. Mais le visage, après un derni- 
siècle de tombeau, conserve encore son em- 
preinte indescriptible. Un photographe a re- 
produit immédiatement cette tète encore gé- 
niale. Le baron Achille, lui-même aujourd'hui 
vieux et vénérable, a fait ensuite déposer le 
corps paternel dans un autre cercueil, avec un 
grand œil de cristal à la hauteur du visage... 

Tel est l'historique de la sépulture de Pa- 
ganini, qui n'a jamais été fait en France. 

Arthur Pouùin. 



Barbe-Bleue et Giilen de, Rais 
(L, 833, 901 ; LI, 21, 120). — J'ai dit 
dans X Intermédiaire du 20 décembre qu'il 
fallait écrire Rais et non pas Retz. Je con- 
viens que puisqu'il s'agit d'une seule et 

(1) On se rappelle que Marie-Louise était 
alors duchesse de Parme, Plaisance ei Guas- 
talla. 



même terre dont le nom s'orthographia 
de deux façons, on peut employer 
l'une ou l'autre. 

Toutefois, j'ai vu une photographie du 
sceau de Gilles, et il y a Rais . 

M. J. K. Huysmans. dans Là-Bas, et 
MM. Bossard et de Maude dans Baibe- 
bleue orthographièrent Rais. 

Toutes les pièces citées dans le volume 
de MM. Bossard et de Maude portent 
Rais ou Rays, une fois Raiz et jamais 
Retz. Martin Ereauné. 



Richeliou au théâtre (LI, 4, 84, 
122,173). — il serait injuste d'oublier dans 
cette nomenclature le charmant petit acte 
d'Emile Moreau, Corneille et Richelieu, à- 
propos, en vers représenté à la Comédie 
française le 6 juin 1883. 

A citer encore : Les Cinq auteurs, scènes 
historiques, en prose, publiées dans le 
tome 3 du Monde Dramatique (183b), et le 
Cardinal de Richelieu, tragédie nationale, 
(en 5 actes et en vers), par H. Bosselet, 
précédée de réflexions sur l'art, (imp.) 
1846. Georges Monval. 

Les « Honneurs » à la cour de 
Louis XV (LI, 3, 175). — De même que 
le nombre 10 fait partie de la première 
dizaine, le nombre 100 de la première 
centaine... l'année 1400 appartient au 
xiv e siècle, le xv e ne commençant qu'a- 
vec l'année 1401. — On s'est occupé ici 
même de cette question — qui ne paraît 
pourtant pas douteuse — à propos de la 
première année du xx e siècle. X. 



Livre ignoré sur Louis XVli(L ; LI, 
18, 63, 124, 176). — Dans l'article sur Ri- 
chemont (LI, 177), il y a lieu d'intercaler, 
après la 41° ligne de la 
l'alinéa qui suit : 



colonne 178, 



Ayant converti à sa cause Madame la 
comtesse d'Apsehier, à Lyon, il rencontre 
chez cette dame, vers la fin de septembre 
1850, le petit berger de la Salette que l'on 
faisait voyager pendant les vacances. Ce 
dernier prend Richemont pour le maître 
de la maison et, après l'entrevue, il se loue 
de l'assistance qui a respecté son secret sur 
lequel on ne lui a pas dit un mot. 

Dans la région de Lyon, Richemont avait 
souvent etc. 

A. C, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905, 



— 233 



234 



Le cardinal de Roîianetlafranc- 

maçonnerie,(XLIX, 667; L, 455, 681, 
746 ; Ll, 60, 1 76). — On serait très désireux 
d'avoir quelques renseignements sur ces 
« anciens diplômes maçonniques de la 
région de Limoges et de Tulle, délivrés 
comme passe-ports à des Chartreux, des 
religieux de l'ordre de Saint-Augustin, de 
Cluny, etc. ». 

On ignore dans le pays qu'il y ait eu 
une loge maçonnique à Tulle, avant la 
Révolution. Il y aurait intérêt à le savoir. 

OSMIN. 



Le verre de sang de Mlle de 
Sombreuil (T. G., 846). — Dans la 
Chronique médicale (i er février 1905), le 
D r Cabanes raconte l'histoire d'un indi- 
vidu appelé Voland, qui aurait fait, boire 
à Mlle de Sombreuil le verre de sang. 

Le D r Cabanes croit à un verre de vin 
présenté par des mains ensanglantées. 



Le tambour de Wattignies (LI 

117, 179). — Récit de l'acte héroïque ac- 
compli par le petit tambour de Watti- 
gnies : 

L'an mil huit cent quatre-vingt-treize, 
le neuf mars, je soussigné Mfred Jennepin, 
directeur de l'école pensionnat de Cousobre, 
membre de la commission historique du cen- 
tenaire de 1793, dans le Nord, officier de 
l'instruction publique, me trouvant à Dour- 
lers, arrondissement d'Avesnes (Nord), au do- 
micile du sieur Richepin, instituteur. 

Le sieur Constant Caille, âgé de soixante- 
seize ans, né à Saint-Aubin, veuf de Victo- 
rine-Josèphe brasseur, dont le père fut té- 
moin le 15 octobre 1793, étant à la lucarne 
de son grenier, de la mort glorieuse du petit 
tambour Stroh, m'a fait le récit suivant de 
cet événement qu'il a entendu plusieurs fois 
répéter dans les veillées d'hiver par son 
beau-père Pierre-Joseph Brasseur : 

« Au combat de Dourlers, premier jour de 
la bataille de Wattignies, le 15 octobre 1793, 
après la prise du château... 

« Une ruelle située entre le cimetière et 
une ferme avoisinante, se dirigeant vers la 
plaine occupée par les Français et qui avait 
été plusieurs fois traversée par les troupes, 
était encombrée par les Français à tel point 
que l'ennemi tua un certain nombre de ces 
derniers. C'est dans cette circonstance que 
périt un jeune tambour de grenadiers du ré- 
giment de Royal-Suède, âgé de quinze ans, 
nommé Stroh. Refusant de battre en retraite 
il s'obstina à marcher au pas dans la ruelle 



en battant furieusement la charge ; bientôt 
aperçu par les ennemis, il fut cerné par plu- 
sieurs grenadiers hongrois qui le sommèrent 
de se rendre. Le jeune tambour refusa éner- 
giquement et engagea une lutte avec les 
ennemis, en tua plusieurs et tomba accablé 
par le nombre. Il fut enterré avec ceux qu'il 
avait tués et les grenadiers hongrois que les 
Français, accourus au secours du pauvre en- 
fant, avaient fusillés 

« En 1837, on a retrouvé le squelette du 
petit tambour à côté de sept plus grands. 

« Cette découverte fut faite par le sieur 
Pierre Deresmes, en ouvrant des fossés pour 
la construction d'une annexe à son bâtiment 
principal. 

« Ces ossements ont été immédiatement 
inhumés par ledit Deresmes dans le cime- 
tière communal situé à proximité. 

« La partie du cimetière où a eu lieu cette 
inhumation est actuellement convertie en 
préau pour l'école des garçons». 

— Ce récit m'a été fait et certifié exact par 
le sieur Constant Caille en présence de 
MM. Piérart Désiré, âgé de 53 ans, cultiva- 
teur et géologue à Dourlers, Herlem Adolphe, 
âgé de 46 ans, instituteur à Sars Poteries, et 
Richepin Valéry, âgé de 42 ans, instituteur à 
Dourlers. 

Ledit Caille a signé comme sincère et véri- 
table le présent procès-verbal, avec les té- 
moins, à Dourlers, les jours, mois et an que 
des sus. 

Signé : Constant Caille, D. Piérard, 
A. Herlem, Richepin, A. Jennepin. 

Vu à la mairie de Dourlers pour la légali- 
sation des signatures apposées ci-dessus. 

A Dourlers, le 9 mars 1893. 

Pour le maire absent, 
L'adjoint, signé : Er. Bruyère, 

Conversation entre M. Sadi-Carnot et 
M. Delanne au sujet du Petit tambour : 



Camot, on vous 



— Alors, me demanda M 
a communiqué les lettres de mon grand- 
père ?.. . 

— J'en ai pris copie, répliquai-je ; les 
voici, dans ce carnet de notes, suivies de cu- 
rieux détails sur l'amalgame des anciens ré- 
giments a\ec les bataillons de volontaires, par 
exemple sur la formation de ce 89e de ligne 
(ancien Royal-Suédois et 1" bataillon de la 
Haute-Marne) où le petit tambour Stroh 
donna un si admirable exemple de courage et 
de dévouement !... 

— le sais, je sais, reprit M. Carnot ; mon 
père m'a souvent raconté la mort héroïque de 
cet enfant... C'était un de ces traits subli- 
mes, dont mon grand-père faisait répandre 
les récits dans les casernes et dans les camps, 
pour exalter le patriotisme. Quelle impression 
cela devait produire, rapporté parles témoins 



N» 1067 



L'INTERMÉDIAIRE 



235 

oculaires, à la barre de l'Assemblée ou de la 
Convention ! 

— La mort de Stroh a donc fait l'objet 
d'une communication publique, à la barre ? 
Je n'en ai pourtant pas trouve trace dans les 
comptes-rendus du Moniteur. 

— Vous en trouverez peut-être dans les 
feuilles volantes du Défenseur de la Patrie, 
que faisait publier Lazare Carnot. 

Y avait-il des Stroh alsaciens à l'armée, 
en âge d'être les héros de ce fait d'armes? 
Le comité du monument a fait une en- 
quête en Alsace ; il a reçu cette lettre : 

La Wantzenau, le 26/6 1893. 
Mon cher Monsieur, 
Après de longues et pénibles recherches, je 
pais vous faire part de ce qui suit : 

Les époux Philippe Stroh uni à Catherine 
Ohlmann avaient quatre fils : 

i Philippe, né le 6/12 1774 ; 2 Antoine, né 

le 8/4 1777 ; 5 André, né Ie ' 7,/l I779 ' 
4 Joseph, né le 15/1 1781. 

Philippe et Antoine Stroh ont pu être à 
l'armée du Rhin ; André est probablement le 
tambour en question ; Joseph a été quelques 
années maire dans notre commune. Un des- 
cendant de celte famille est Jean Stroh, maré- 
chal-ferrant, demeurant à la Wantzenau. 

)'ai demandé à Jean Stroh des détails sur ces 
quatre personnages en question, il ne peut 
me donner rien de précis. Mais, d'après leur 
naisssance, ils peuvent être les hommes en 
question. 

Votre tout dévoué. 

Le maire, Michel. 

Modèles en relief de la Bastille 

(T. G. 91). — Comme on retrouvait der- 
nièrement une des nombreuses réductions 
en pierre de la Bastille, on parlait avec 
d'abondants détails de Paîloy qui reste 
l'initiateur de ces petits monuments. 11 y 
a là quelque chose d'inexact : Palloy n'a 
pas inventé le modèle en réduction de la 
Bastille. L'idée de cette invention remonte 
à un nommé Dax. Il est permis de l'igno- 
rer. Pour le savoir, il faut consulter les 
papiers de Palloy qui n'ont pas encore 
fait l'objet d'un inventaire spécial. Ils sont 
à Carnavalet ou à la Bibliothèque Saint- 
Fargeau Ils ont été acquis dans les der- 
niers mois de la direction de M. Lucien 
Faucou. 

Si Palloy est célèbre, c'est moins pour 
avoir démoli la Bastille que pour avoir 
eu l'idée d'en faire des réductions offertes 
aux municipalités, lesquelles réductions 
étaient taillées dans les pierres mêmes 



236 



de la forteresse. La pensée était ingé- 
nieuse, digne du succès qu'elle obtint. 
On en savait gré à Palloy qui gagnait à 
en être Fauteur un rang -très particulier. 
Mais si on lit avec attention la cérémonie 
du Serment des ouvriers, on découvre que 
la fameuse Bastille de Palloy n'est pas en 
réalité, de Palloy. C'est une gloire qu'il a 
usurpée. Et voilà qui diminue de beau- 
coup sa part devant la postérité. 

Pour donner plus d'éclat à la fête, Pal- 
loy a fait figurer dans le cortège qui, en 
grande pompe, se rendra à l'Hôtel- de- 
Villc, l'ébauche du modèle de la Bastille 
qui, à un millier d'exemplaires, va bien- 
tôt couvrir le monde. 

Ce modèle de Bastille est un bloc évidé 
et qui affecte, à l'extérieur, la forme très 
exacte de la prison, avec ses tours, ses 
ponts-levis, ses fenêtres grillagées. Le 
travail est aussi exact que curieux. Mais 
le bloc est pesant, il ne faut pas moins 
de « huit fiers à bras » (c'est le nom des 
ouvriers de la Bastille) pour le porter 
processionnellement. Ils ont tenu à arbo- 
rer une devise un tantinet provocante : 

Vivre libre ou mourir, 
Que le plus hardi s'avance ; 
Que l'aristocrate tremble; 
Nous serons toujours les mêmes ! 

Le modèle, juché sur les épaules, n'est 
qu'ébauché. Il y manque la serrurerie et 
la menuiserie. On n'a pas eu le temps de 
l'achever. Palloy, qui ne soupçonne pas 
encore tout le parti qu'il tirera de ce fac- 
similé de prison n'a pas craint d'associer 
fraternellement à sa gloire, Dax, le sculp- 
teur de cette Bastille. Dax marche avec 
lui dans le cortège, le tenant sous le bras, 
affublé d'une règle, d'un compas et d'un 
tablier. Palloy tiendra à honneur de le 
présenter aux syndics, quand les ouvriers 
auront fait ce serment pittoresque : 

Les braves gens que vous voyez sont les 
ouvriers qui démolirent la Bastille, beaucoup 
d'entre eux ont contribué à sa prise et tous 
à sa destruction . 

C'est sous leurs efforts qu'est enfin tombé 
ce colosse énorme, sur lequel s'appuyait le 
despotisme, qui expire écrasé sous ses 
débris. 

C'est au tour de Palloy ; on peut croire 
qu'il ne le laisse point passer. Il exprime 
la joie qu'il éprouve d'offrir à la munici- 
palité « le premier morceau de pierre 
tendre qu'il a démoli. » 






DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905. 



237 



238 



« C'est celui, dit-il, qui vous représente 
l'ancien monument du despotisme. » 

Et se tournant vers son compagnon : 

« Voilà, s'écrie-t-il, voilà l'ouvrier qui l'a 
vidé et exécuté ; son nom est Dax. » 

Dax, confus de l'honneur, s'incline avec 
respect. Il rend hommage à son maître, 
comme il eût sied avant la prise de la 
Bastille. Très humble, il prête le serment 
de rester soumis à ses ordres et de se mon- 
trer vis-à-vis des ouvriers, juste et sé- 
vère. Puis, plus directement, il fait allu- 
sion à ce qu'a dit Palloy : 

Notre maître vient de me combler, Mes- 
sieurs. J'ai, à la vérité, exécuté et travaillé 
sous ses ordres ; je suis tailleur de pienes, 
mais la liberté que vous avez fait naître sans 
partage, en moi, m'a donné l'idée d'ébaucher 
ce petit monument. ' 

La Commune, par l'organe de Mulot, 
son président, ne saurait qu'être touchée 
de ce travail et de l'offre qui lui en est 
faite : « La Commune, dit Mulot à Dax. 
ne peut qu'applaudir au zèle de la main 
qui a ébauché cette Bastille, sous la di- 
rection du citoyen Palloy. » 

Aucun doute. Dax, maçon intelligent, 
chef d'équipe à la Bastille, comme il se 
faisait un grand commerce des pierres 
abattues, à l'idée, en présence d'un des 
blocs qui proviennent des tours et qui 
ressemblent déjà à cette masse grise et 
trapue qu'était la prison, d'en dessiner 
les contours, d'en évider l'intérieur et de 
rappeler le souvenir de la prison disparue 
dans l'une des pierres qui l'édifiaient. 

Palloy séduit, l'approuve, songe à offrir 
ce travail imité des anciens chefs-d'œuvre 
corporatifs à la Commune de Paris et, pour 
le faire, il profite de la cérémonie de pres- 
tation de serment des ouvriers. Ce travail 
de l'un des ouvriers ne va-t-il pas solen- 
niser cette cérémonie, d'ailleurs super- 
flue ? Il est tout de premier mouvement, 
Palloy, et il présente Dax aux syndics en 
la forme rapportée. Plus tard, il fera l'ou- 
bli sur le nom de Dax. Les petites Bastilles 
en miniature seront les Bastilles de Palloy. 
11 se donnera le mérite de la trouvaille, 
sans partage. 

On pourrait objecter que Dax n'a que 
travaillé sous ses ordres et qu'il lui a de- 
mandé un modèle pour les envois qu'il 
allait en faire un peu partout. Mais il y a 
dans ses manuscrits, une note de la main, 



de Palloy qui détruit d'avance cette sup- 
position. 

Comme le modèle inachevé avait été 
laissé à l'Hôtel-de-Ville, l'architecte lui 
mandait, le 24 février 1790 de faire en- 
lever ce monument pour le terminer afin 
qu'il fût, plus tard, replacé à l'Hôtel-de- 
Ville. Au bas de la lettre qui contenait 
cet ordre, Palloy ajoute avec son ortho- 
graphe affranchie : « Notte. C'est de ce 
moment que j'ai consu Vidé d'en faire au 8j 
département. » 

Voilà qui est lumineux. Le modèle en 
pierre, de la Bastille, qu'on retrouve en- 
core dans certaines archives départemen- 
tales, qui est aux Archives, à Paris, et 
au musée Carnavalet, ce bloc dégrossi, 
sculpté, armé de petits canons, garni de 
petits barreaux, meublé à l'intérieur de 
petites casernes — car tout est petit dans 
cette jolie petite Bastille — est l'œuvre 
de Dax et non de Palloy. Le fameux pa- 
triote n'en fut que l'éditeur solennel et 
bavard. M. 

Tutoismant et vouvoiement dans 
les armées (T. G. 898). 

rassemble les officiers et sous-offi- 

ciers... .pour les inviter de ma part à ne 
plus faire usage du mot vous, en parlant à un 
seul et de veiller à ce que leurs subordonnés 
oublient cette manière de parler qui rappel- 
le l'idée humiliante de l'esclavage dans le- 
quel nous avons vécu sous l'ancien régi- 
me je serais affligé si je m'apercevais 

que quelqu'un d'eux ait de la répugnance à 
me parler comme à son frère, à son ami, 
et... je croirais ne pas mériter la confiance 
que je désire qu'ils aient à mon patriotisme 
et à mon dévouement à la République.... 

G al Éblé. 

(Ordre du 19 novembre 1793 ; dans Re- 
vue d'artillerie, t. 42, p. 256). 

— Le tutoiement étant de la part des sous- 
officiers envers le soldat une marque de fa- 
miliarité qui ne doit pas exister et ne pou- 
vant être de la part des officiers une marque 
de considération, je ne vois aucune néces- 
sité que les uns et les autres parlent aux 
soldats autrement que selon l'usage adopté 
généralement en France. Gal Eblé. 

(Ordre du ; dans la Revue d'artil- 
lerie, t. 42, p. 606). Sglpn. 

La délation est une vertu (LI, 164). 
— Pour ce qui est de Mirabeau, je n'ai 
pu retrouver l'origine de cette citation : 
* Dans un état libre, la délation est une 



N* 1067 



L'INTERMÉDIAIRE 



239 



240 



vertu » ; mais comme une opinion sem- 
blable a été souvent exprimée par Camille 
Desmoulins, je crois qu'il serait intéressant 
de confronter ce mot prétendu de Mira- 
beau et ce passage connu des Révolutions 
de France et de Brabani : 

« Je m'efforce de réhabiliter ce mot de 
délation. Nous avons besoin dans les cir- 
constances que ce mot délation soit en 
honneur. » 

due Desmoulins ait offert cette excuse 
à ceux qui lui reprochaient sa manie ter- 
rible et perpétuelle de la délation ; qu'il ait 
voulu trouver une justification à l'odieux 
rôle qu'il se vantait de remplir au titre 
de « procureur de la Lanterne » et qu'il 
devait si courageusement expier plus tard, 
lors de la publication du Vieux Cordelier, 
quand il dénoncera à leur tour Robespierre 
et ses acolytes ; qu'il ait prétendu en un 
mot, pour chaque citoyen au droit de faire 
par devers lui le départ des purs et des 
impurs, et au devoir de démasquer ces 
derniers, c'est un fait que toute la vie de 
cet homme tendrait à prouver de façon 
absolue. Mais cette phrase des Révolutions 
de France pourrait aussi nous amener à 
cette opinion que Mirabeau professait la 
même théorie à l'égard de la délation. 
Camille Desmoulins a commencé sa car- 
rière politique en quelque sorte sous les 
auspices du célèbre orateur. Mirabeau prit 
même Desmoulins, comme secrétaire et il 
le connaissait si bien que c'est à ses pa- 
piers laissés par lui à sa mort au comte de 
La Marck, que nous devons de savoir que 
Camille n'était point trop farouche à 
l'égard de l'argent. Si donc Mirabeau n'a 
réellement point prononcé ce mot, il en 
était du moins capable, puisqu'un mot 
analogue a été écrit par l'homme politique 
qui fut, dans la Révolution, son véritable 
continuateur. M. R. 

La capitulation de Paris et le 
comte d'Hérisson (LI, 163). — Nous 
pouvons donner deux preuves de l'au- 
thenticité du récit de M. le comte d'Héris- 
son. La première convaincra tout le monde, 
la seconde est formelle, pour ceux qui ont 
eu l'honneur de le connaître. 

La première preuve de l'authenticité de 
son récit, c'est que le général Schmitz, 
mis par lui en cause, n'a jamais démenti 
son récit palpitant ; quand il nous rap- 
porte que ce général l'embrassa avec effu- 



sion, en apprenant le succès inespéré de 
sa démarche concernant les drapeaux de 
l'armée. Or il devait certainement y en 
avoir plus de cent 1 

La seconde raison, qui a peut être en- 
core plus de valeur pour ceux qui con- 
naissent la noblesse du caractère de ce 
brave Français, est la suivante : Compa- 
rant l'immensité du service qu'il avait 
réellement rendu au peu de gratitude qu'on 
lui en a témoignée, il a été jusqu'à termi- 
ner son livre si intéressant par ce cri de 
désespoir : Ne te dévoue jamais ; cri sorti 
de l'enfer ! 

Pour tout homme qui a un peu étudié 
le cœur humain, ce cri du cœur donne la 
mesure de l'outrage ressenti par ce brave, 
en voyant qu'un tel acte pouvait rester 
sans récompense ; et il affirme ainsi l'au- 
thenticité absolue de son action d'éclat. 

D r Bougon. 



* 
* * 



Le capitaine comte d'Hérisson, officier 
d'ordonnance du ministre des Affaires 
étrangères — Jules Favre — en janvier 
1871, raconte avec des détails aussi minu- 
tieux que très intéressants, dans son livre, 
Journal d'un officier d'ordonnance (Paul 
Ollendorff, éditeur, i885)toutes les phases 
de cette capitulation. 

Voir les pages 333, 371, 372 et 373 
relatives aux canons et aux drapeaux de 
l'armée de Paris. 

Il y répète notamment ces paroles de 
l'empereur Guillaume I er qui lui furent 
transmises à lui, comte d'Hérisson, parle 
chancelier de fer, Bismarck : 

Vous ferez savoir à l'envoyé du gouver- 
nement français que nous avons assez de 
trophées de nos victoires et de drapeaux 
pris aux armées françaises, pour n'avoir 
pas besoin d'y ajouter ceux de l'armée de 
Paris. (Page 373). 

Pierre de Castelnau. 



Livre d'or de Paris (XXIX; XL). — 
Sous cette rubrique, il a été publié des 
notes se référant au registre signé en 1870 
devant la statue de Strasbourg. Ce rap- 
pel a pour but de placer à la table quatre 
références : (Strasbourg — Signatures — 
Registres — Siège), qui permettront de re- 
trouver cet article qu'on y cherche vaine- 
ment sous son titre primitif. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905 



241 



242 



Thiers a~t-il été baron ? (LI, 161). 
— Je ne sais si Thiers fut baron, mais 
j'ai entendu raconter à ce sujet une anec- 
dote assez plaisante par quelqu'un qui se 
trouvait à même de m'en garantir l'au- 
thenticité. — Sous Louis-Philippe, on était 
ennuyé dans les ambassades par la roture 
de son ministre ; et, si l'on n'osait pas 
l'annoncer comme baron, on avait soin, 
en revanche, en présentant quelqu'un à sa 
femme, de dire : la baronne Thiers. 

Le futur « libérateur du territoire » 
s'en montrait agacé : Un jour, à l'ambas- 
sade d'Autriche où l'on anoblissait sa 
femme encore plus volontiers qu'ailleurs, il 
se tourna vers l'important personnage qui 
venait une fois de plus de lui attribuer la 
couronne baronale et lui dit : « Monsieur 
le comte, le jour où Guizot et moi jugerons 
à propos de prendre un titre, nous nous 
ferons ducs ». Fialin de Persigny. 

Récits d'événements historiques 
consignés à la dernière page des 
registres d'état civil (L, 779, 910, 
961 ; Ll, 22, 67, 128. 171). — Un certain 
nombre d'archivistes départementaux ont 
publié (série E, supplément) ces mentions 
d'événements historiques consignés par les 
curés avant la Révolution. S'adresser à 
l'archiviste de chaque département. 

F. U. 

Confréries de charité (LI, 108, 
182). — Raymond Bordeaux, en son vo- 
lume : Miscellanécs d'archéologie not- 
mande.... Paris, A. Claudin, 1880, a 
donné un très intéressant chapitre inti- 
tulé Les Confréries de Charité. Ce chapitre 
est trop long pour que nous en encombrions 
les colonnes de Y Intermédiaire ; mais si 
cela peut être utile et agréable à l'ophé- 
lète E. Marc, je me ferai un plaisir de lui 
en envoyer copie. J'ai relevé toutes les 
armoiries qui furent attribuées à ces con- 
fréries par les traitants de Y Armoriai de 
1696; je pourrais, peut-être,lui décrire aussi 
le blason de celle dont il écrit l'histoire. 

Il n'est question de la Charité de Ver- 
non ni dans l'Armoriai ms. ni dans l'Ar- 
moriai normand de A. Canel, ni dans le 
livre de R. Bordeaux, mais j'ai trouvé 
dans le Calendrier des Confréries de Paris, 
par J.-B. Le Masson, Forésien, réimprimé 
en 18715, page xli, la note suivante de 
M. l'abbé Valentin Dufour (Charité de 



Vernon, on la désignait sous le nom de 

Porte-morts. ) 

Une cérémonie singulière qu'elle célébrait 

chaque année le jour de la Fête-Dieu, est 

l'objet d'une lettre insérée dans le Mercure 

de France, juillet 1732. 

A consulter. A. S..E. 

* 

* * 

Ces confréries sont encore assez nom- 
breuses dans le département de Seine-et- 
Oise, mais seulement dans les petites 
communes. Plusieurs ont des titres de 
fondation du xvi e siècle, et des traditions 
plus anciennes. La plupart, cependant, les 
virent renouveler, par les papes, s'il vous 
plaît, au commencement du xvn e siècle. 
Cela s'explique par les fréquentes inva- 
sions de la peste pendant le règne de 
Louis XIII. Les frères de la Charité étaient 
surtout chargés de l'ensevelissement des 
morts, de convier à leur enterrement, 
et de les porter au cimetière avec un 
cérémonial encore observé. Les privilèges 
des pompes funèbres appartenaient plutôt 
dans les villes à des corporations de mé- 
tiers. A Mantes, celle des merciers les eut 
de tout temps et les conserva jusque 
sous Louis XV. 

On me raconte, à ce propos, une sin- 
gularité assez curieuse, dont M. E. Marc 
pourra tirer profit. On me dit qu'à Bé- 
thune (Pas-de-Calais) les membres du 
barreau (?) sont obligés de faire partie 
d'une confrérie de Charité ayant le même 
objet pour but. De jeunes avocats ont 
tenté, dans ces dernières années, de se 
soustraire à cette obligation un peu su- 
rannée. Ils ont dû céder, paraît-il, devant 
le blâme de l'opinion publique. Le fait 
pourrait être confirmé par un intermé- 
diairiste de la région. E. Grave. 

* * 
Je remercie M. le capitaine Paim- 
blant du Rouil de son intéressante com- 
munication sur les « concours de tinte- 
relles ». Voudrait-il me dire où je pour- 
rais trouver la revue du Pays Normand, 
pour y rencontrer l'étude qu'il mesignale ? 
M. Pelay qui a eu l'obligeance de me 
renseigner directement, pourrait-il aussi 
m'indiquer à quelle source je pourrais me 
procurer les brochures de M. de Beaure- 
paire? Qu'entend-on, dans les Confréries 
de Charité, par livre « Majesté » et « Li- 
vre Matheloge »? M. Pelay m'a fait l'a- 
mabilité de me dire ce qu'il savait à ce 



N» 1067. 



L'INTERMEDIAIRE 



243 



244 



sujet. D'autres confrères, en particulier 
M. le capitaine P. du R., qui parait do- 
cumenté, voudrait-il me faire quelque 
communication sur le sens de ces mots ? 
Dans l'histoire de la Charité qui m'inté- 
resse, il est dit que les Frères péleri- 
naient souvent Outre-Mer. Les chantons 
des confréries similaires avaient-ils cette 
coutume et quels étaient les lieux de pè- 
lerinages qu'ils fréquentaient ? Dans les 
différents statuts de Charités que j'ai par 
courus, seuls ceux de Damville et de Men- 
neval parlent de pélerinagesOutre-Mer. 

E. Marc. 

Bénédictins francs-maçons (LI, 
58, 181). — Dans Y Histoire de la franc- 
maçonnerie en Normandie, par de Lou 
celles (Dieppe 1875) on lit, à propos de 
la fondation de la loge La Trifle Unité 
de Fécamp en 1778 : 

Le tableau joint à la demande de cons- 
titutions contient vingt noms de fondateurs 
qui se décomposent ainsi : Neuf religieux 
bénédictins, un prêtre, trois chantres de 
l'Abbaye, etc. 

Quelques noms sont cités plus loin ; on 
ajoute que d'après les traditions, les pre- 
mières réunions de cette loge auraient eu 
lieu dans le local même de la célèbre ab 
baye, et que parmi les différentes loges 
d'origine monastique, c'est la seule qui 
ait survécu. 

Il y a quelques années, à Rouen, dans le 
local de la rue des Carmes, aujourd'hui 
démoli, on montrait des tentures ou ban- 
nières décorées d'emblèmes maçonniques 
et provenant de l'Abbaye des Bénédictins 
de Fécamp. 

Pour le reste de la Question, consulter 
la Table de Y Intermédiaire (T. G, 361), 
et particulièrement les vol. XXIV et XXV. 

PlETRO. 

* 
* * 

Le F.*. Clavel dans son Histoire pitto- 
resque de la Franc-maçonnerie, pages 168 
et 172, cite le bénédictin dom Pernetti. 

Dom Pernetti, né à Roanne en 1736 et 
mort à Valence en 1800, initié à la franc- 
maçonnerie, fonda à Avignon, en 1760, 
une société appelée les « Illuminés d'Avi- 
gnon ». 

En 1772, ilfonda le « rite hermétique» 
à Avignon également, le centre de ce rite 
maçonnique était la « Grande Loge écos- 
saise du Comtat-Venaissin >>. 

G. La Brèche. 



Forme primitive de laconfession 

(LI,4, 131). — La confession auriculaire a 
été réglementée par le4 e concih-de Latran, 
mais elle lui est de beaucoup antérieure. 

Le concile de Chàlon-sur Saône (813) 
n'émet pas des doutes sur la nécessité de 
la confession, ainsi que l'affirme M. Paul 
Argelès. 

Ce concile consacre deux de ses canons 
à la nécessité de la confession. Dans son 
canon 32 e , il déclare que le pénitent doit 
confesser non seulement les péchés 
externes, mais même les péchés internes 
(pensées, désirs). 

Dans son canon 33 e (et non chapitre 
23 e ), qui commence bien par les trois 
lignes que nous cite M. Paul Argelès, le 
concile affirme une doctrine qui, de tous 
temps, a été enseignée par l'Eglise : qu'il 
est possible d'obtenir le pardon de ses 
fautes par la contrition parfaite avant 
même d'en avoir reçu l'absolution; aussi 
à la fin de ce canon le concile affirme-t-il 
que si Dieu accorde le pardon, le prêtre 
indique comment il peut être obtenu. Il 
n'est pas à ma connaissance que Paul de 
Thèbes (alias saint Paul I er ermite) ait ja- 
mais laissé quelque écrit que ce soit, aussi 
ai-je été fort étonné de voir invoquer son 
autorité. 

Ce qui au 111 e siècle suscita le schisme 
des Novatiens, ce n'est pas l'introduction 
de la confession auriculaire, mais simple- 
ment la mitigation des peines canoniques 
encourues pour idolâtrie. 

Quant à Nectaire, patriarche de Cons- 
tantinople, il supprima non pas la charge 
de prêtre confesseur, mais celle de péni- 
tencier; le pénitencier était le prêtrechargé 
de déterminer la pénitence publique à ap- 
pliquer aux pénitents. Ce qui fit supprimer 
cette charge par le patriarche fut la sup- 
pression de la confession publique qui cau- 
sait de trop grands scandales et aussi les 
indiscrétions dont ce prêtre se serait 
rendu coupable. 

Si saint Benoît, au vi e siècle, 
mente la confession pour ses religieux, est- 
ce bien parce que cette obligation n'exis- 
tait pas pour le commun des fidèles ? Ne 
serait-ce pas plutôt, cette obligation exis- 
tant déjà dans l'Eglise, parce que ses reli- 
gieux devaient en user plus que d'autres ? 

Notre honorable collègue affirme que 
saint Thomas d'Aquin reconnaît que la 
confession auriculaire n'a pas été d'une 



règle- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905 



. 245 

pratique universelle dans l'Eglise Catho- 
lique, j'ai cherché dans toutes ses œuvres 
où il a pu émettre pareille affirmation sans 
avoir pu en rencontrer l'endroit. Je serais 
reconnaissant à notre collègue s'il avait 
la bonté de donner des références exactes. 
(Cf. Revue d 'histoire et de littérature re- 
ligieuses, tome II e , année 1897 : Bou- 
dinhon ; Sur l'histoire de la pénitence, 
pages 306 et 496). G. la Brèche. 

* 

* * 

La forme actuelle de la confession est 

née d'une longue évolution commencée, au 
plus tard, vers le v e siècle. Innocent III la 
rendit obligatoire au vi e concile de Latran 
en 1215. 

Au début du christianisme, les chrétiens 
se confessaient « les uns aux autres », 
comme il est dit dans l'épître de. saint 
Jacques vi-16, et plutôt à haute voix, en 
public. 

Voir E-H. Vollet, article Sacrement de 
pénitence, dans la Grande Encyclopédie, 
tome 29, pages 37-41, et articles connexes. 

Sglpn. 

* 

* * 

Un volume entier de Y Intermédiaire ne 

suffirait pas à traiter à fond, et avec tous 
les développements désirables, cette ques- 
tion si importante et qui fait encore l'ob- 
jet de polémiques ardentes entre les ca- 
tholiques et les protestants de différentes 
sectes : anglicans, luthériens, calvinistes, 
etc. J'indiquerai à M. Détnéirios une revue 
contemporaine dans laquelle il trouvera 
de très précieux et très exacts renseigne- 
ments résumés et discutés avec une rare 
sagacité et beaucoup de clarté, par M. 
l'abbé Vacandard, I er aumônier du lycée 
de Rouen. 

Cette revue est celle du Clergé Fran- 
çais publiée par M. A. Letouzey, libraire- 
éditeur, Paris, rue du Vieux-Colombier, 17 e 
année, 1901 , pp. 448 et suiv. Ces articles : 
sur la Discipline pènitentielh dans l'église 
primitive ont été fort remarqués et ont 
donné lieu à une polémique très instruc- 
tive entre le sr.vant aumônier et plusieurs 
autres ecclésiastiques instruits et bien do- 
cumentés, Aug. Paradan. 

Un bas-relief de Jean Goujon (LI, 
169). — Notre collègue B. M. fera bien 
de ne pas trop affirmer que le bas-relief 
qui décorait jadis la porte monumentale 
de l'église des Feuillants, était dû au ci- 



246 



seau de Jean Goujon. Sans doute, un au- 
teur généralement bien informé, Thiéry, 
dans son Guide des Amateurs et des étran- 
gers à Paris, édition de 1787, t. I, p. 
1 13, y fait allusion en disant : « Le bas- 
relief, qui est de Jean Goujeon (sic) repré- 
sente Henri III recevant Dom Jean de la 
Barrière et ses compagnons », mais cela 
ne saurait constituer une affirmation. D'au- 
tant qu'une compétence à peu près indis- 
cutée, Alexandre Lenoir, attribue ce tra- 
vail à un autre auteur. Dans sa Description 
des Monumens de sculpture réunis an Musée 
des Monumens français, an XI, p. 249, il 
donne, en effet, la description et l'attribu- 
tion ci-après : 

N° 251. — Des Feuillans. Un bas-relief, 
représentant Henri III, accueillant le plan 
du couvent de Paris, que lui présente Dom 
Jean de la Barrière, fondateur du monas- 
tère de la rue Saint-Honoré. Ce modèle 
unique est attribué à Anguier. 

La chose est encore précisée davantage 
dans V Inventaire général des Richesses d'Art 
de France. Archives du Musée des Monu- 
ments Français, deuxième partie, p. 29, 
où le même Lenoir, dans un état dressé 
par lui des monuments reçus pendant les 
années 1791-1792, 
ment suivant : 



donne le renseigne- 



Des Feuillants. — Un bas-relief en plâ- 
tre, représentant le roi Henri III accueil- 
lant le plan du couvent de Paris, dont il 
était fondateur. Ce bas-relief est le modèle 
de celui que l'on voyait sur le fronton 
extérieur de cet édifice. Il est devenu uni- 
que et précieux par la destruction du cou- 
vent ; il est dû au génie d'Anguier. 

Voilà qui parait formel, en ce qui con- 
cerne lesculpteur.Pourl'œuvre elle-même, 
Lenoir semble bien annoncer sa destruc- 
tion, en même temps que celle de l'église 
qui fut démolie en 1806. Hubert-Robert 
a laissé de cette démolition, une superbe 
peinture exposée au Musée Carnavalet. 

Il ne faut donc pas douter que la pioche 
qui jeta bas la façade de François Man- 
sart n'y regarda pas de plus près au sujet 
du bas-relief d'Anguier, alors pourtant 
que la bourrasque était passée et qu'à 
cette époque Alexandre Lenoir eût pu le * 
réclamer sans risquer le tribunal révolu- 
tionnaire. 

D'ailleurs, ii est bien probable que la fi- 
gure de Henri III, sculptée à l'extérieur de 
l'église, ne résista pas aux marteaux des 



N. 1067. 



L'INTERMÉDIAIRE 



— 247 



248 



briseurs d'images d'alors, et que déjà, en 
1806, elle n'existait plus. 

Que devint ce plâtre sur lequel, on 
vient de le voir, Lenoir reporta toute la 
valeur de l'œuvre disparue ?Je l'ignore et 
probablementaussi lesannotateurs du tome 
II des Archives du musée des Monuments 
français, édité en 1886, puisqu'ils ne l'indi- 
quent pas, comme ils le font pour d'autres 
œuvres. 

Afin de répondre à la seconde partie de 
la question posée par notre collègue B. 
M. sur ce que sont devenus les différents 
objets d'art des Feuillants, je lui dirai 
qu'il trouvera dans la Description des mo- 
numens de sculpture réunis au Musée des 
Monumens français, dont il a été question 
plus haut, la liste des statues, bustes, bas- 
reliefs, etc. recueillis par Lenoir aux Petits- 
Augustins. J'ajoute que l'église Saint-Ger- 
main-PAuxerrois conserve deux statues 
en marbre provenant du monument de la 
famille de Rostaing, érigé aux Feuillants, 
et qui sont celles de Charles, marquis de 
Rostaing, 1645, et de messire Tristan, 
marquis de Rostaing, son père, 1582. Ces 
deux figures étaient exposées au Musée 
Lenoir, sous les n 0s 186 et 204. 

Lucien Lambeau. 

La quête de l'hirondelle à Rhodes 
(L, 732, 886 ; LI, 132). — Les fêtes de 
la Mère des Dieux avaient lieu à Rome 
chaque année, du 4 au 10 avril, depuis 
l'an 204 av. J. C. 

Sous le nom de « métragyrtes », le 
prêtre et la prêtresse quêtaient pour Cy- 
bèle et recevaient des pièces de bronze ou 
d'argent avec des feuilles de rose. 

Leurs chants étaient des hymnes en 
l'honneur de la déesse, et non comme à 
des chants de quête. 

Voir Denys d'HALicARNASSE. Antiq. 
Rom. II. 19; Lucrèce, II, 610, 633 ; Ci- 
ceron. De legibus II, 16, 40. Servius. 
Ad Virg. Georg. II, 394. P. L. 

Cadet Rousselle(LI,i 16,21 1).— Guy 
Rouxelle (Rousselle), pouvait avoir un 
frère plus âgé, dont il aurait été le cadet 
et ainsi s'expliquerait la désignation de 
Cadet Rousselle, qui n'est pas incompa- 
tible avec le prénom de Guy du mendiant 
du musée de Douai. De la sorte, Guy 
étant Cadet et Cadet pouvant être Guy, 
Guy et Cadet auraient été le même et 



unique personnage bon enfant de la chan- 
son, qu'on dit être le miséreux, en por- 
traiture au musée de Douai. 

Capitaine Paimblant du Rouil. 



* 
* * 



Un nantais très érudit, M. Caillé, a fait 
des recherches intéressantes relatées dans 
le Chercheur des provinces de l'Ouest (août 

1901). 

L'auteur de cette notice a la conviction 
que Cadet Rousselle, artiste en décou- 
pures, né à Cambrai vers 1750, est le 
héros de la chanson populaire si en vogue 
fin du XVIII e siècle. Son existence ne serait 
donc point un mythe, et même ses mai- 
sons n'étaient pas imaginaires, mais on 
comprend comment elles n'avaient ni 
poutres ni chevrons, puisqu'elles consis- 
taient en simples découpures de plan- 
chettes. 

M. Caillé cite à l'appui de son opinion 
Y Histoire du diocèse de Coutances, la [Re- 
vue universelle, et plusieurs études très 
sérieuses. Toutefois, l'existence réelle du 
Cadet Rousselle de la chanson sera l'objet 
de controverses tant qu'on n'aura pas 
trouvé le chinsonnier. Etait il de Cam- 
brai ? Connaissait-il les infortunes du 
pauvre artiste en découpures ? 

Il est intéressant de noter cette circons- 
tance qu'à l'époque où la chanson eut 
beaucoup de succès, les institutions de 
l'ancien régime étaient attaquées principa- 
lement avec les armes de la chanson et du 
pamphlet, aussi les auteurs, par prudence, 
gardaient l'anonyme. 

On peut très bien soutenir l'opinion 
que le héros était un être imaginaire et 
que le chansonnier n'avait point l'inten- 
tion de ridiculiser un personnage quel- 
conque, mais le droit d'aînesse, les par- 
tages nobles, le droit coutumier de la 
Bretagne, de la Gascogne et de plusieurs 
autres provinces de l'ancienne France. 

Dans ces contrées, le fils aine héritait 
des titres de la famille, du château, du 
manoir. Il prenait toute la fortune, lais- 
sant au cadet les masures délabrées si 
bien décrites dans la chanson de Cadet 
Rousselle. Au milieu du xvm 8 siècle, les 
hommes de loi et les robins récriminaient 
avec raison contre de telles injustices, et 
des institutions qu'on voulait réfo'mer ; 
c'est pour ce motif, croyons-nous, que 
cette chanson eut tant de popularité. 

Joseph de Tremaudan. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905. 



249 



250 



Alliances des Valois Saint-Rémy 

(LI.4, 75). — Jeanne de Saint-Rémy, née 
à Fontette (com. de l'Aube, cant. d'Es- 
soyes, arr. de Bar-sur-Seine), le 22 juillet 
1756, et baptisée le lendemain, était fille 
de Jacques de Saint-Rémy et de Marie 
Jossel, née en 1725, fille de Pierre Jossel, 
concierge du château de Fontette, et de 
Françoise Pitois. Elle descendait en ligne 
directe de Henri II, roi de France, par 
Henri de Saint-Rémy, seigneur baron de 
Fontette, de Amance, de Noez, — Noes ou 
Noues — ,de Bazoilles et de Beauvais. che- 
valier de l'ordre du Roi, gentilhomme de 
sa chambre, lieutenant de cinquante 
hommes d'armes des ordonnances du 
Roi, colonel d'un régiment de cavalerie 
et de gens de pied, gouverneur de Chà- 
teauvilain, le fils bâtard que Henri II avait 
eu de Nicolle de Savigny, dame de Saint- 
Rémy, du Châteîier, de Fontettes, de 
Noez (qu'on prononçait Noues), de Beau- 
voys ou Beauvais et du Charmoy. 

Jeanne de Saint-Rémy, que ses parents, 
tombés dans une misère noire, avaient 
menée à Paris, mendiait sur les routes 
quand la marquise de Boulainvilliers la 
rencontra, la questionna, prit pitié d'elle, 
acquit la conviction qu'elle avait bien du 
sang royal dans les veines, la fit élever 
à l'abbaye de Longchamp, lui obtint une 
pension sur le Trésor Royal et la maria, 
en 1780. à Bar-sur-Aube, avec Marc- 
Antoine-Nicolas de la Motte, d'abord 
gendarme, puis, en 1782, garde du corps 
du comte d'Artois. La comtesse de la 
Motte (Jeanne de Saint-Rémy) est de- 
meurée tristement célèbre par le rôle 
qu'elle joua dans la célèbre Affaire dn 
collier. 

Fustigée et marquée en place de Grève, 
elle fut emprisonnée à la Salpétrière d'où 
elle s'évada, en 1787, pour passer en 
Angleterre où elle publia d'affreux pam- 
phlets avec la collaboration de l'ancien 
ministre Calonne. Elle y finit dans une 
misère atroce. Poursuivie pour dettes, 
elle vit entrer des agents de la police an- 
glaise dans sa chambre et se précipita 
dans la rue, du haut du deuxième étage. 
Elle se fracassa les membres et mourut 
peu après, le 25 août 1791. Son mari 
mourut en 183 r, à l'hôpital Saint-Louis 
à Paris. 

Pour plus de détails on peut consulter 



magistral 



ouvrage que M. Frantz 



1901. 



le 

Funck-Brentano a publié en 

Paris, sur Y Affaire du collier. 

Le Nouveau d'Hozier 282, cote 6514, 
de la Bibl. nat., contient une lettre écrite 
en 1782, par la comtesse de la Motte à 
d'Hozier de Sérigny, juge d'armes de la 
noblesse de France, en son hôtel, rue 
Vieille du Temple, au Marais, et qui 
porte l'annotation suivante : « Cette ma- 
« dame de la Motte est, de son nom de 
« fille, de Saint-Rémy de Valois ; elle est 
« femme de M. de la Motte, ci-devant 
« gendarme et actuellement l'un des 
« gardes de Mgr comte d'Artois ; elle se 
%< fait appeler la comtesse de Valois de la 
« Motte. (Signé) d'Hozier de Sérigny, 
« 1782. » Théodore Courtaux. 



Cardinal de Sainte-Potentiane, 

(L, 891, 963; LI, 20, 71). — L'identité de 
Bertrand de Chanac, cardinal du titre de 
Sainte-Pudentiane, est parfaitement éclair- 
cie. Il n'existe aucune incertitude sur son 
nom patronymique. Il était fils de Gui de 
Chanac, chevalier d'AUanac, en Bas-Li- 
mousin, et de Isabelle de Montberon, et 
petit-neveu de Guillaume de Chanac, 
évêque de Paris, puis patriarche d'Alexan- 
drie, fondateur du collège de Saint-Michel 
à Paris. 

Bertrand de Chanac fut fait archevêque 
de Bourges, par Grégoire XI, en 1374. 
Clément VII (au temps du schisme) le créa, 

1382, patriarche de Jérusalem. Il eut, en 

1 383 , l'administration de l'évêché d'Avran- 
cheset tut promu cardinal-prêtre du titre 
de Sainte-Pudentiane en 1385, par le 
même Clément VII. On le nommait vul- 
gairement le cardinal de Jérusalem. Il as- 
sista en 1394 a l'élection de Benoît XIII 
qui lui donna l'évêché de Sabine en 1396. 
Il mourut à Avignon, le 20 mai 1404. On 
a son épitaphe en latin, qui rappelle som- 
mairement les faits que nous venons d'énu- 
mérer. 

L'exactitude de cette note rectificative 
peut être vérifiée à l'aide des Vies des 
papes d'Avignon, par Et. Baluze, qui con- 
tiennent une généalogie de la maison de 
Chanac et une biographie assez détaillée 
de ce prélat. V. aussi Documents sur Guil- 
laume de Chanac, évêque de Paris, dans le 
Bulletin historique et philologique Impri- 



merie nationale, 1903, 



Osmin. 



N' 1067 



L'INTERMEDIAIRE 



251 



252 — 



De l'origine des noms (Ll, 10,137, 
183). — On est toujours parent à un degré 
quelconque ; il suffît, pour le constater, 
de remonter dans le passé infini jusqu'à 
la génération où la famille a bifurqué, 

mais les archives font généralement 

défaut. 

Récemment, j'eus sous les yeux un pa- 
pier concernant un jeune homme dont le 
nom est le même que le mien, moins une 
lettre sans influence sur la prononciation. 
J'ai peine à croire que nous ne soyons pas, 
si peu que ce soit, cousins, bien que je ne 
l'aie jamais vu. que nos familles ne se con- 
naissent pas, et que nos villages soient dis- 
tants d'environ 30 kilom. à vol d'oiseau. 
Et, en effet, d'après une petite brochure 
d'histoire locale, il existait dans ma com- 
mune, à l'époque de la Révolution, des 
chefs de famille de nos deux noms, si peu 
différents. Certainement la minutie ortho- 
graphique ne les préoccupait guère : et je 
crois qu'en fait de parenté il est plus rai- 
sonnable de baser les conjectures sur la 
prononciation du nom que sur la façon 
dont il est écrit. Sglpn. 



Duc de CaumontLa Force(LI, 55. 
139, 184). — Le 15 avril 1856, le pale- 
frenier Baumann fut condamné par la 
cours d'assises de la Seine aux travaux 
forcés à perpétuité, pour avoir étranglé 
Mme la comtesse de Caumont La Force, 
née Edmée-Antoine-Gislaine de Vischer 
de Celles, dans son hôtel, avenue des 
Champs-Elysées, 78. L'assassinat avait eu 
lieu le 20 février 1856. Cette dame avait 
été, quelque temps auparavant, l'objet 
d'un procès en interdiction qui avait été 
jugé en sa faveur. Elle avait toutefois des 
bizarreries de caractère qui expliquaient 
en quelque mesure l'agression violente 
(sans préméditation ni guet-apens) dont 
elle fut la victime de la part de Baumann. 
Le procès de ce dernier est raconté tout 
au long dans les Causes Célèbres, par 
Armand Fouquier (128 e livraison). 

V. A. T. 

Le buste de Collin d'Harleville 

(LI,m). — Le buste de Collin d'Harle- 
ville, par Chenillion, fut solennellement 
inauguré sur la place de la mairie de 
Maintenon, le 27 mai 1866. 

On trouvera tous les détails de la céré- 
monie, le texte des discours prononcés et 



la liste des souscripteurs dans une bro- 
chure de 62 pages in-8 intitulée Inaugu- 
ration du buste Je Collin d'Harleville à 
Maintenon, Chartres, chez Petro-Garnier, 

1866. Georges Monval. 



Famille Doynel ou Dois "el (L, 
619, 811, 919 ; LI, 140). — Charles Doy- 
nel, sieur de la Saucerie à la Haute-Cha- 
pelle, élection de Domfront, fut déclaré 
maintenu dans la recherche de la noblesse 
de la généralité d'Alençon, faite par Ber- 
nard de Marie en 1666. 

Il portait : d'argent, au chevron de gueules 
accompagné de trois merlettes de sable, 2 et 
7, et figure seul de son nom dans ladite 
élection, mais il a des homonymes dans 
l'élection d'Argentan, aux mêmes armes. 

Sus. 



Dupleix(L, 952; LI,25,78, 141,185). 
— Il y a moins de trois ans, j'ai vu un 
monsieur anglais, du nom de Dupleix, qui 
m'a dit être un des descendants en ligne 
directe de Dupleix, de Pondichéry, le gou- 
verneur de l'Inde. Il était à ce moment 
représentant et employé à la publicité du 
New-York Herald, journal américain qui 
a une succursale à Paris, sur le boulevard 
de la Madeleine, près de l'Opéra. Il serait 
facile, ce me semble, de se renseigner plus 
amplement aux bureaux dudit journal. 

Un curieux. 

Armoiries à retrouver. — (LI, 

115). Gaucbery. — Jean Gauchery, sei- 
gneur de Grandchanp, épousa Marie Mole, 
fille de Nicolas, seigneur de Jusanvigny, 
conseiller au parlement de Paris, et de 
Jeanne Hennequin sa première femme 
dont au moins Jacques Gauchery, correc- 
teur en la chambre des comptes de Paris 
en 1577 (et non en 1477). 

A la même époque vivait aussi autre 
Jean Gauchery, seigneur de Grandchamp, 
secrétaire du roi, mari de Jeanne Brulart, 
fille de Noël, seigneur de Crosnes et d'Isa- 
beau Bourdin de Villaines. 

D'après une question posée dans la 
Revue des questions héraldiques, IV, 105, 
les armoiries de cette famille ne se trou- 
vent dans aucune des collections de la 
Bibliothèque nationale. 

G. P. Le Lieur d'Avûst. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905. 



2 53 



254 



Gouverneur d'Ancsnis (LI, 51, 
184). — Jean de Mazoyer ou Mazoier, 
écuyer, sieur de Villeserin, était fils de 
Léon de Mazoyer, aussi écuyer, et frère 
de François de Mazoyer, écuyer, sieur 
de Villeserin et de Molignon, en la pa- 
roisse de Saint-Fargeau-sur-Seine au pays 
de Gâtinais. Il servit sous le duc de Mer- 
cœur, d'abord gouverneur, puis chef de 
la Ligue, en Bretagne. En 1580-1596, il 
était lieutenant du duc de Mercœur au 
gouvernement de Dinan. Par commission 
du 4 janvier 1582, donnée parle même 
duc, il fut fait mestre de camp d'un régi- 
ment d'infanterie de quinze compagnies; 
en 1597, il était capitaine des gardes du 
même duc et mestre de camp d'un régi- 
ment d'arquebusiers à pied. Le 10 mai 
1600, il fut fait, par le duc de Mercœur, 
son maître des eaux et forêts en la ba- 
ronnie d'Ancenis. Il épousa damoiselle 
Jeanne de Rocas ou Rocaz, dame de Fon- 
teny et de l'Abbaye en la paroisse de 
Chantenay, près de Nantes, héritière de 
damoiselle Jeanne de la Marqueraye. Dans 
un document du 9 mai 1608, il est qua- 
lifié l'un des cent gentilshommes de la 
maison du Roi.(Bibl. nat. Pièces originales 
1908, cote 439.737. Dossiers Bleus, 438, 
cote 11 800). Th. Courtaux. 

Les lettres de Victor Hugo à 
Mme Drouet (LI, 165). — Nous n'au- 
rions jamais cru que Mme Drouet eût été 
« la Muse et l'Idéal » de Victor Hugo, si 
M. Kock n'avait pris la peine de nous en 
assurer. Son amie, soit ; et cela lui suffira 
pour rester célèbre ; mais il ne faut pas 
exagérer l'influence intellectuelle des pe- 
tites théàtreuses sur les grands poètes. 

Juliette Drouet avait près de trente ans 
quand Victor Hugo le rencontra en jan- 
vier 1833, pendant les répétitions de 
« Lucrèce Borgia » qui fut représentée le 
2 février suivant. On ne croit pas offenser 
sa mémoire, ni surtout la vérité, en rap- 
pelant qu'elle était alors une actrice du 
dernier ordre, vouée aux pannes depuis 
douze ans et incapable de tenir un rôle. 
Le directeur de la Porte Saint-Martin 
l'avait désignée avec hésitation pour le 
moindre personnage de la pièce, une 
femme qui apparaît à l'acte final, se fait 
prendre la taille et s'en va. Sans abuser 
de la place qui nous est réservée, nous 
pouvons transcrire ici le rôle tout entier. 



Voici les neuf répliques dont il se com- 
pose : 

1. M. le comte Orsini, vous avez là un 
ami qui me paraît bien triste. — 2. Vous 
a-t-il dit si ce serait le soir ou le matin ? — 

3. — Votre bohémien ne savait ce qu'il di- 
sait. Et vous aimez bien ce jeune homme? — 

4. Eh bien, vous vous suffisez l'un à l'autre. 
Vous êtes heureux. — 5. Mon Dieu ! qu'est- 
ce qui remplit tout le cœur? — 6. Vous avez 
toujours l'amour à la bouche. — 7. Etes- 
vous singulier ! — S.[On lui prend la taille.] 
M. le comte Orsini, laissez-moi ! — 9. Nou. 

Et c'est tout. 

Peu après la première représentation, 
Victor Hugo imita le comte Orsini ; mais 
au lieu de répondre non, comme dans la 
pièce, Juliette Drouet, cette fois, répon- 
dit oui : telle fut l'origine de sa fortune. 

Presque tous les vers écrits pour « Ju- 
liette » sont imprimés depuis longtemps. 
Les uns ont paru du vivant de Fauteur 
dans le premier volume des Contempla- 
tions et dans le Livre Lyrique des Quatre 
Vents de l'Esprit. Les autres ont vu le 
jour après la mort d'Hugo dans les deux 
séries de Toute la Lyie. Sans doute, il en 
reste qui sont inédits ; mais il est à crain- 
dre que ce ne soient pas les meilleurs. 

Un Passant. 

Le Noir, lieutenant de police 
(XLV1I, XLVI1I ; L ; LI, 15, 80). — Gue- 
dreville était possédée jadis par la famille 
du Bois de Baillet, du Ménillet, etc. L'on 
trouve de ce nom deux sœurs, l'une alliée 
en 1 691 , à François Guinet ou Guynet, 
seigneur d'Arthel, maître des requêtes, 
intendant de Caen, sans postérité, et l'au- 
tre qui épousa, en 1687, Félix le Peletier, 
seigneur de Houssaye, dont postérité 
éteinte au xvm e siècle. 

Voici quelques renseignements sur les 
parentés de Le Noir, l'intendant de po- 
lice : 

Guillaume Le Noir de Cindré, secrétaire 
du roi, receveur général des finances 
d'Alençon, fermier général, épousa Anne 
Baugy, dont, au moins : 

1) N. le Noir Cindré, intendant et con- 
trôleur général de l'argenterie des menus 
plaisirs. 

2) Anne-Suzanne le Noir épousa, le 3 
février 1734, Jean-Antoine Moron, grand 
audiencier de France, mort en 1747, dont 
postérité {Mercure de France, 1747, jan- 
vier p. 20). ^ 



N° 1067. 



L'INTERMÉDIAIRE 



255 



256 



3) Anne-Gabrielle le Noir, née en 1721, 
morte le 25 décembre 17^'. à Paris, ma- 
riée, le 17 janvier 1742, avec Pierre Our- 
sin, seigneur de Digouville, receveur gé- 
néral de Caen, mort en 1773. dont posté- 
rité (Mercure Je France, 1742, p. 410. 
Chastellux. Notes: prises aux Archives de 
l'ètat-civil de Paris). 

4) Thérèse-Jacqueline le Noir mariée, au 
mois de juillet 1743. avec Edmond-Jean 
Gauthier, seigneur des Préaux, secrétaire 
du roi, dont 

(a) Edmond Gauthier des Préaux, 
auteur des barons d'Hauteserve, encore 
existants. 

(b) Pierre-François Gauthier de Lizolles 
marié à Amélie-Henriette Le Noir (sa pa- 
rente ?) dont postérité (éteinte ?) 

(c) Anne-Thérèse Gauthier, femme 
d'Etienne Pasquier, baron de Coulans,dont 
entre autres, le duc Pasquier, chancelier de 
France. 

(d) Marie-Jacqueline Pauline Gauthier 
alliée, en 1770, à Jean Jacques-Maurice 
Michau de Montaran,dont postérité éteinte 
au xiv e siècle dans les familles de Rotz de 
la Madeleine et de Galard de Béarn (Ré- 
vérend, Titres de la Restauration : Gauthier. 

5) Marie-Anne le Noir de Cindré, femme 

de Le Noir et mère du lieutenant de 

police (Intermédiaire LI, 80), et peut-être 
aussi : 

6) Marie-Angélique le Noir, alliée, en 
1733, à Jacques Gucau de Reverseaux dont 
nombreuse postérité encore représentée 
(Annuaire de la noblesse, 1895, p. 320. 
Révérend op. cil. III, p. 249). 

Le confrère Jehan pourrait-il me don- 
ner le nom du père du lieutenant de po- 
lice, et, s'il les connaît, ceux de ses grand- 
père et grand' mère paternels ? A l'aide 
de ces renseignements je crois être à 
même de pouvoir lui indiquer d'autres per- 
sonnages appartenant à cette famille Le 
Noir. G. P. Le Lîeur d'Avost. 

Le lieu de naissance de Marin 
Le Roy de Gomberville (L, 898, 
979 ; LI, 28, 79, 188). — La correspon- 
dance dont je parle date bien 
elle a trait à une question 
tance et d'approvisionnement. 



de 1738 ; 
de subsis- 
Alpha. 



Pasquier de Coulans (LI, 189). — 
Etienne Pasquier, baron de Coulans, con- 
seiller au parlement de Paris (21 avril 



1758) né en 1736, mort sur l'échafaud, le 
21 avril 1794, épousa Anne-Thérèse-Nico- 
line Gautier, fille d'Edmond Jean Gautier, 
seigneur des Préaux et de Thérèse Le Noir 
de Cindré, dont il eut, entre autres 
enfants, le chancelier Pasquier. (Annuaire 
de la Noblesse, 1845, p. 146.) 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Le Pays de BourjoUy (LI, 168). — 
Le nom n'est pas Pays, mais Le Pays. Les Le 
Pays sont d'origine bretonne. L'un d'eux, 
René Le Pays, financier et poète, vivant 
au xvn e siècle, a laissé plusieurs œuvres 
dont la plus connue est intitulée : Ami- 
tiés, amours et amourettes, 1664, in-12. 
Mon excellent et toujours regretté ami le 
chef d'escadrons René Le Pays du Teil- 
leul, était de Fougères où habite encore 
son fils. Il m'a raconté (le commandant) 
que le général Le Pays de BourjoUy avait 
suivi, jadis, une intéressante correspon- 
dance avec son père dans le but de sa- 
voir si les deux familles n'avaient pas 
une origine commune. J'ignore la con. 
clusion de cette enquête, mais M. le comte 
du Fort, si cela l'intéresse, pourrait peut- 
être obtenir un renseignement en s'adres- 
sant à M. Joseph Le Pays du Teilleul, à 
Fougères. 

Le général, sénateur Le Pays de Bour- 
joUy est mort en 1865. Au ministère de 
la guerre on doit être renseigné sur ses 
héritiers. A. S...E. 

Alice Ozy (LL 167). — Mlle Alice 
Ozy est morte en 1895, boulevard Haus- 
mann, 91. 

Elle possédait une fortune de trois mil- 
lions. L'association des Artistes dramati- 
ques a été instituée sa légataire univer- 
selle, à charge d'exécuter des legs nom- 
breux : 

50.000 francs à la Société des artistes mu- 
siciens : 1.000 francs par an à la commune 
d'Enghien-les-Bains pour récompenser le 
jeune garçon de quinze ans le plus méritant 
né à Enghien : 2.000 francs à l'école du 
8° arrondissement ; 2.000 francs également à 
la Société protectrice des animaux ; 2.000 
francs à l'asile Sainte-Anne ; 2.000 francs à 
l'hospitalité de nuit, hommes ; 2.000 francs 
aux pauvres du 8e arrondissement ; 5.000 
francs à l'hôpital français de Londres ; 5.000 
francs a la Société de bienfaisance française à 
Londres ; 5.000 francs h l'asile du Vésinet ; 
10.000 francs à l'Orphelinat des arts et 2.000 
francs à l'hospitalité de nuit pour les femmes. 



DES CHERCHEURS ET CUUXRE 



20 Février '905. 



2 57 



258 



Ces libéralités devront assurer à sa mé- 
moire une paix indulgente. Que dire 
d'elle ? Elle était jolie et bien faite ; elle 
allait épouser un notaire de campagne 
quand Brindeau l'enleva. Elle s'appelait 
Julie-Justine Pilloy ; elle prit le nom de sa 
grand'mère Ozy. Elle fut la fée idéale 
des pièces à femmes et des féeries. Ces 
rôles lui méritèrent l'admiration des 
amants de la forme païenne. Le duc d'Au- 
male afficha, le premier, pour cette belle 
fille une passion juvénile quelque peu ta- 
pageuse qui faisait dire à la vertueuse 
Mme Adélaïde : « Ce n'est pas bien, mais 
c'est plus moral que de déranger un mé- 
nage ». Puis vint un poète, fils de poète, 
Charles Hugo, qui lui dédia des vers can- 
dides et vengeurs. 

Non, tu n'as plus ton corps, ô douée et .pauvre 

{femme, 
Tes amants l'ont meurtri de leurs lèvres infâmes 

Avec leui or toujours vainqueur. 
Car il est des baisers qui meurtrissent et blessent, 
Qui ne font que passer sur le corps et qui laissent 

Des cicatrices dans le co'ur. 

C'était pompeux pour une muse aussi 
légère. Théodore de Banville avait mieux 
le sens des proportions, qui se bornait à 
dire : 

Les demoiselles, chez Ozy, 

Menées 
Ne doivent pas songer aux hy- 

Menées.. . 

Mais nous voilà entraînés au delà du 
cadre de la question. La respectable vieille 
dame qui faisait de sa fortune un si libé- 
ral usage avait prévu des indiscrétions 
piquantes, et, par testament, elle laissait à 
un éditeur 50.000 fr. pour publier sur 
elle, un livre « juste et vrai ». A mon 
tour d'interroger : le livre a-t-il paru ? 

B. 
* * 

Les lundi 15 et mardi 16 avril 1867, il 
fut fait à l'hôtel Drouot, une vente de 
diamants, faïences, Sèvres, bronzes, objets 
d'étagères, meubles, tapisseries, tableaux, 
« par suite du départ de Mlle Alice Ozy». 
Le possesseur du catalogue que j'ai sous 
les yeux, a écrit sur la première page : 

Cette Alice O^y était une fort jolie per- 
sonne qui avait figuré sur le théâtre des Va- 
riétés, vers 1S45 et avait été pendant dix ans 
une courtisane à la mode. Elle avait eu de 
nombreux amants, hommes de goût, qui lui 
avaient donné les objets qui figurent dans 



cette vente. Elle vit aujourd'hui retirée à En- 
ghien (1878). 

L. V. 

Le Louvre a reçu un tableau de cette 
aimable personne. Il représentait une 
femme nue, une Danaë peinte par Chassè- 
riau. C'était une toile symbolique. On lut 
longtemps sur un cartouche cette men- 
tion « Don de Mme Alice Ozy ». L'éti- 
quette suggestive a disparu et le tableau 
n'est pas, que je sache, suspendu dans 
les galeries. X. B. 

Famille de Refuge (LI, 168). — 
S'agirait-il de la famille du Refugeconnue 
en Saintonge ?. Son alliance avec la famille 
Chauvet, de Saintes, peut le faire suppo- 
ser. Il y eu des du Refuge en Angoumois 
et en Saintonge. Consulter sur cette der- 
nière les ouvrages de MM. de La Marme- 
rie et de Brémond d'Ars sur la noblesse 
de ces provinces, et l'inventaire sommaire 
des Archives départementales de la Cha- 
rente (Série E, notaire). St-Saud. 

Les descendants de Tallien (LI, 
1 13,192). — L 1 'Intermédiaire, XLII, 271, a 
rapporté les enfants de Thérésa Cabarrus. 
L'un d'eux, Jules-Edouard Cabarrus, doc- 
teur en médecine, épousa Mlle de Lesseps, 
dont deux enfants, qui ont parcouru la 
carrière consulaire, et qui furent autorisés, 
en 1866 et en 1877, à s'appeler Tallien de 
Cabarrus : c'est à la postérité de l'un de 
ces deux frères que devait appartenir le 
consul que cite M. Pinson. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

* * 
En 1890, vivait à Paris, M. Tallien de 
Cabarrus. Il avait épousé Mlle Retouret, 
fille d'un riche bijoutier à Genève, dont il 
n'avait pas d'enfants. Sa femme est morte 
depuis. Ce serait, peut-être, celui qui a été 
nommé consul, récemment. 

NOSTRADAMUS. 

* 
¥ * 

Que M.Paul Pinson écrive à M. Paul 
Labrouche, ancien archiviste, rue Abbé- 
Torné, à Tarbes, il sera parfaitement 
renseigné. LaCoussière. 

L'esprit follet de Mlle Testard(LI, 
114, 195). — Se rappelle-t-on que cette 
anecdote — qui eut en effet un grand re- 
tentissement — servit au moins à tirer de 



N° 1067. 



L'INTERMÉDIAIRE 



259 



260 



son obscurité, cette pauvre mademoiselle 
de Launay, la future M mc de Staal ? Elle 
avait été chargée par sa maîtresse, la du- 
chesse du Maine, d'écrire à Fontenelle, 
pour le prévenir du bruit que faisait sa 
visite à Mademoiselle « Tetar » (sic) et sa 
rapide conversion à la magie. « On pré- 
tendit qu'il n'y avait pas porté des yeux 
assez philosophes. » 

La lettre fut joliment écrite. « On 
s'étonne, disait Mlle de Launay, et peut- 
être avec quelque raison, que le destruc- 
teur des oracles, que celui qui a renversé 
le trépied des Sy billes, se soit mis à ge- 
noux devant le lit de Mademoiselle Tetar. 
On a beau dire que les charmes, et non 
le. charme de la demoiselle, l'y ont en- 
gagé, ni l'un ni l'autre ne valent rien 
pour un philosophe. Aussi chacun en 
cause... » Cette lettre que Mademoiselle 
de Launay n'écrivit au grand homme, que 
pour s' « attirer une réponse qui put servir 
à son apologie » fit sa propre fortune. 

Fontenelle montra partout la lettre qu'il 
avait reçue si bien que dans les salons, 
après avoir beaucoup parlé de mademoi- 
selle Testar, puis de monsieur de Fonte- 
nelle, on parla surtout de mademoiselle 
de Launay. (Voir collection des Mémoires 
relatifs à l'Histoire de France, de Petitot, 
tome 77, p. 310-313) 

Georges Ascoli. 

Claude do Treîlon (LI, 56). — Une 
seigneurie de Trelon, en Hainaut, appar- 
tenait aux de Blois, issus par bâtardise de 
l'illustre maison de Châtillon,et fut portée, 
à la suite d'une alliance, dans la famille 
de Mérode à la fin du xvi e siècle. Est-ce 
que Claude de Trellon était issu de la fa- 
mille de Blois ? Inutile de chercher ce 
personnage dans la notice de la maison 
de Châtillon que donne le P. Anselme 
(Histoire des grands officiers, t. IV, p. 91 
et suiv.) G. P. Le Lieur d'Avost. 

Le général Trépoff (Ll, 168). — Le 
journal V Aurore se trompe en disant que le 
général Trépoff, gouverneur général de 
Saint-Pétersbourg depuis les derniers évé- 
nements, est un fils naturel d'un « trèshaut 
personnage ». Le nouveau gouverneur 
est fils légitime du général Trépoff, an- 
cien chef de la gendarmerie politique du 
royaume de Pologne, ancien grand-maître 



de la police de Saint-Pétersbourg (groao- 
natchalnick). 

C'est ce dernier qui, - d'après la chro- 
nique secrète de la cour de Russie, — 
était un fils naturel de l'empereur Nico- 
las I° r et d'une dame d'honneur de l'im- 
pératrice. 11 était, en conséquence, frère 
naturel de l'empereur Alexandre II sur la 
vie duquel, en sa qualité de chef de la 
police, il avait mission de veiller. Son fils, 
le gouverneur actuel de Saint-Pétersbourg, 
est donc petit-fils naturel de Nicolas I er . 
11 était neveu de la main gauche d'Alexan- 
dre II et cousin germain d'Alexandre III. 
Le général Trépofï, le père, n'était pas 
un méchant homme. Tous ceux qui 
l'avaient approché dans l'intimité van- 
taient la droiture de son caractère et la 
douceur de ses mœurs familiales. Cepen- 
dant, il n'eut point de chance dans l'ac- 
complissement des hautes fonctions dont 
il était investi. En 1862, à Varsovie, il 
fut, en sa qualité de chef des gendarmes, 
souffleté publiquement sur la place Sigis- 
mond, par un révolutionnaire polonais. 
En 1878, alors qu'il était grand-maître de 
la police de Saint-Pétersbourg, il fut vic- 
time d'un attentat de la part de MlleVéra 
Zassoulitch, attentat dont tous les jour- 
naux ont parlé ces jours derniers — assez 
sommairement, du reste, — et qui mérite 
quelques renseignements supplémentaires. 
Véra Zassoulitch, sœur du général Zas- 
soulitch tué en Mandchourie, actuelle- 
ment directrice du journal révolutionnaire 
russe Iskra (l'Etincelle) paraissant à Ge- 
nève, est née en Russie, dans le gouver- 
nement (département) de Moscou, en 
1850. Elle fit ses études à Moscou, puis à 
Saint-Pétersbourg où elle se lia avec le 
nihiliste Niétchaïeff. Arrêtée, elle fut in- 
ternée en Sibérie où elle resta jusqu'en 
1875. Rendue à la liberté, elle se fixa de 
nouve :u à Pétersbourg et vécut dans les 
milieux révolutionnaires En 1878, le gé- 
néral Trépoff fit passer par les verges un 
jeune nihiliste nommé Bogohouboff qui 
l'avait insulté dans la cour de la prison 
politique où il était détenu. Véra Zassou- 
litch, indignée, décida de punir le haut 
fonctionnaire. Elle se présenta, quelques 
jours après, à la préfecture de police, por- 
tant ostensiblement une pétition à l'adresse 
du général Trépoff, pendant qu'elle ca- 
chait dans son manchon un revolver 
chargé, On l'introduisit dans le salon ré- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905. 



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262 



serve aux audiences. Le général, qui était 
très accueillant et qui recevait volontiers 
tous ceux qui avaient quelque chose à lui 
demander, s'avança avec bienveillance 
vers la jeune femme dont il ignorait le 
nom. (Elle avait pris la précaution de se 
présenter sous un nom d'emprunt). Véra 
Zassoulitch lui remit sa pétition, et, au 
moment où le grand-maître de la police 
s'était retourné pour la déposer sur son 
bureau, elle tira sur lui à bout portant. 
La balle alla se loger dans une cuisse et 
put être extraite facilement. Le général 
Trépoff en fut quitte pour huit jours de 
repos. 

Véra Zassoulitch, arrêtée, passa en 
cour d'assises et fut acquittée... Cet acquit- 
tement produisit à Saint-Pétersbourg une 
profonde sensation. Le gouvernement en 
fut positivement atterré, à un tel 'point 
que Véra Zassoulitch eut le temps de 
gagner l'étranger... avant que des ordres 
fussent donnés de l'arrêter à nouveau et 
de l'envoyer « par voie administrative » 
dans « les provincee les plus éloignées de 
l'Empire >> autrement dit, dans la Sibérie 
Orientale... 

Le général Trépoff, le père, est mort 
tranquillement dans son lit, quelques 
années après l'attentat de Véra Zassou- 
litch. Saint-George. 

Trestaillon, Servan, Truphémy 

(L, 949 ; LI, 18, 83, 196). — Sur ces per- 
sonnages et le rôle qu'ils ont joué pendant 
la période troublée des derniers mois de 
181 5, M. X. trouvera des renseignements 
curieux et traités avec beaucoup d'impar- 
tialité dans la Revue des Deux-Mondes 
(i tr juillet 1878). M. Ernest Daudet, qui 
est originaire de Nimes, a très conscien- 
cieusement étudié cet épisode d'histoire 
locale. Auguste Paradan. 



Famille Yon (LI, 114). — Robert- 
Jean-Antoine Yon, seigneur de Launay, 
qui fut maintenu dans sa noblesse par le 
conseil d'Etat, le 9 septembre 1672, avec 
Jean et Etienne, ses frères, appartenait à 
une famille de Normandie, dont la filiation 
à été rapportée dans Y Armoriai général 
de d'Hozier et dans le Dictionnaire de la 
Noblesse de la Chesnaye des Bois. Dans la 
même province, il y avait une autre fa- 
mille du nom de Yon, maintenue dans sa I tient YHistoire générale des Cannes des. 



noblesse en 1666, par Ghamillart, inten- 
dant de Caen. 

Geoffroy Yon, échevin de Paris en 
1646, portait pour armes : d'azur, au 
chevron d'or, accompagne en chef de 2 
lions affrontés du même, et en pointe, d'un 
mont d'argent. L'Annuaire de la Noblesse 
1859, qui donne l'Armoriai ^ es échevins 
de Paris, ne rapporte, de ce nom, que le 
seul Geoffroy. Il y a bien un Jean Yon, 
échevin, mais de Lyon en 1629, et non 
de Paris en 1608, et dont les armes 
étaient : d'azur, à la montagne d'argent, 
chargée de 3 fleurs dépensées au naturel, 
tigées effeuillées de sinople, à la bordure 
endentéed'or. François Yon, écuyer, sei- 
gneur de |onage, secrétaire du roi en 
1709, portait mêmes armes, moins la 
bordure. La famille Yon, comtes de Jo- 
nage, s'est éteinte à la fin du xix* siècle 
dans celle des comtes Calvet-Rogniat qui 
en a relevé le nom. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Armoiries à déterminer : à un 
aigle au vol abaissé (L, 338, 524, 
■588), — Comme l'ont déjà expliqué les 
intermédiairistes P. le J. et Henri M., il 
s'r^it ici, non point d'une aigle, mais d'un 
épervier que portait en ses armes l'évêque 
d'Orléans, Louis-Gaston Fleuriau d'Arme- 
nonville, frère du garde des sceaux du 
même nom. Nul doute que les plaques de 
cheminées armoriées, avec couronne de 
comte pour timbre, avec mitre et crosse 
pour accessoires, n'aient été exécutées sur 
l'ordre de ce haut dignitaire ecclésias- 
tique ou tout au moins en son honneur. 
Le collaborateur T. sera bien aimable de 
nous apprendre où se voient ces pièces de 
fonte qui peuvent intéresser les archéo- 
logues Orléanais. 

Il plaisait sans doute au prélat de faire 
reproduire assez fréquemment son blason, 
témoin les volumes de sa bibliothèque 
que l'on peut rencontrer revêtus de pareil 
décor. Je possède moi-même un spécimen 
de ce genre et, ces jours-ci encore, un re- 
lieur d'Orléans, chargé par un particulier 
de lui vendre quelques vieux livres, me 
montrait deux in-fol rappelant l'évêque 
Fleuriau d'Armenonville. 

Le premier présente sur sa couverture 
en veau brun l'épervier, les glands, la 
couronne, la mitre et les houppes. Il con- 



N* \o6. 



L'INTERMEDIAIRE 



263 



264 



chatusc^ et des Carmélites deschaussées par 
le P. François de Sainte-Marie, carme des- 
chaussée. Traduction du R. P. Gabriel de- 
là Croix, aussi carme deschaussée ! Paris, 
chc; la veuve Sébastien H tiré, rue S (-Jac- 
ques, 1655. e 
L'autre volume renferme : Les œuvres d 
sainte Thérèse divisées en deux parties. De la 
traduction de M. Arnauld d ' Andilly. Paris, 
chez Pierre le Petit, rue Saint-Jacques, 
1670. En tête une gravure représentant 
sainte Thérèse N. Pitan sculp. G. Mignard 
inv. Pas d'armoiries sur le plat extérieur 
de la couverture, mais la feuille de titre 
présente un cachet en impression rouge 
sur lequel se détache un blason écartelé 
aux premier et quatrième de... à la tour 
de... au chef de... chargé de trois étoiles 
de... et soutenu par une devise de ., ; aux 
deuxième et troisième, d'azur à Vèpervier 
d'argent, etc., qui estFleuriau d'Armenon- 
ville. Le tout est timbré d'une couronne 
de marquis. Sur la bordure ovale de l'en- 
cadrement on lit : N. /. épisc. Europ. 
coadj. Aurcl. 1724, ce qui doit s'interpré- 
ter par Nicolaus Joseph, episcopus Europen- 
sis, coadjutor Aurelianensis, 1J24. Nicolas 
Joseph de Paris remplit, de 1723 à 1733, 
les fonctions de coadjuteur auprès de son 
oncle, Monseigneur Fleuriau d'Armenon- 
ville Ce fut pour cette raison qu'avant 
d'occuper lui-même le siège épiscopal 
d'Orléans, il écartela de ses propres armoi- 
ries et de celles des Fleuriau. Son titre 
d'évêque d'Europe a déjà attiré l'attention 
de Y Intermédiaire (t. XL1V. 4, 128) sur 
la demande du collaborateur César Bi- 
rotteau. O. de Star. 

Molettes d'éperon (Ll, 17c). — L e 
mot de molette a bien une quinzaine d e 
significations n'ayant pas grand rapport 
entre elles et pas même de commune éty- 
mologie, (V. LittréJ. Eperon est donc une 
indication de l'espèce, comme dans agrafe 
de manteau, carton à chapeau, etc., et ne 

doit pas prendre le pluriel. E. B. 

* 

* * 
Chaque éperon n'ayant qu'une molette, 

le singulier s'explique. Oroel. 

Rapporteur du Point d honneur 
(LI, 161). — La question a été déjà lon- 
guement traitée dans V Intermédiaire. III, 
710; IV, 56,340; V, 44; XVII, 259, 



315; XIX, 302... Voir surtout les deux 
dernières réponses. *** 



* * 



Voir Intermédiaire tomes III, IV et V. 

A. S..E 

Comte de Lyon (LI, 166). — J'ignore 
de quel comte de Lyon il s'agit dans le 
billet d'enterrement de 1818, mais ce 
n'était certainement point là un comte 
de l'Empire, car, outre que le fait et le nom 
seraient connus, je me souviens d'un débat 
dont parle Gourgaud dans ses mémoires. 
Napoléon, au moment où le gouverneur 
anglais lui faisait une ignoble guerre à 
coup d'épingle pour lui interdire de por- 
ter le nom de Napoléon, à l'époque où en 
réponse à une lettre d'invitation portant 
la suscription « Au général Bonaparte » il 
faisait répondre n'avoir point eu connais- 
sance de l'existence d'un général de ce 
nom depuis les Pyramides, à cette époque, 
dis-je, la question fut discutée de prendre 
l'incognito sous le nom de colonel Muiron 
ou de comte de Lyon.. Ce dernier titre 
fut écarté sur la remarque de Gourgaud 
que ce titre n'avait jamais été porté que 
par des titulaires ecclésiastiques. 

M. R. 

# 
* * 

Le titre de Comte de Lvon fut porté jus- 
qu'à la Révolution par les chanoines de 
l'église primatiale de Lyon, le nombre de 
ces comtes était de 32, le premier cha- 
noine était le roi. Pour être admis dans ce 
chapitre, il fallait faire preuve de 16 
quartiers de noblesse, huit du côté pater- 
nel, huit du côté maternel. Les chanoines 
portaient pour insignes une croix d'or 
émaillée à huit pointes, herminée par 
quatre couronnes de comte. 

Peut-être le président Le Sens avait-il 
été chanoine de Lyon, peut être était-il 
de ces personnages distingués auxquels 
les chapitres donnaient ce titre, mais alors 
purement honorifique ? C'est dans cette 
voie que notre collaborateur V. A. T. 
pourrait rechercher l'origine de ce titre, 
en effet singulier en 1818, de comte de 
Lyon. 

J'ai la liste des chanoines comtes de 
Lyon en 1783, il n'y a aucun chanoine 
titulaire ou honoraire du nom de Le Sens 
de Falleville. 

Ardouin-Dumazet. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



265 



266 



20 Février 1905. 



Les avocats ds Saint - Pierre 

(XLV11 ;XLVI1I). — A Rome, je voulus me 
renseigner sur cet «ordre»* afin de répon- 
dre à la question posée par M. D. Toutes les 
personnes en situation d'être bien infor- 
mées auxquelles je m'adressai, notam- 
ment notre aimable collaborateur, Arch. 
Cap., me répondirent: Nous n'avons ja- 
mais entendu parler de cela.Bienà regret, 
je renonçai au plaisir de faire parade de 
savoir dans les colonnes de l'Intermé- 
diaire, et je ne pensais plus du tout ni 
aux avocats ni à saint Pierre, lorsque au- 
jourd'hui même, 13 février, les papiers 
publics m'apportent le renseignement sou- 
haité : 

L'ordre des avocats de Saint-Pierre 
(avec deux majuscules et trait d'union) a 
été créé à Paris par M. Lautier de Bau- 
doin, commandeur-fondateur ; ma'is sa 
grande chancellerie fonctionne à Marseille 
sousladirectiondeM. l'abbé RaynaudWol- 
da, aumônier des prisons, en ce moment 
inquiété par la justice. 

A. S..E. 



Bath, marque de papier (XLIX) 

Au bas Meudon.... M.Fellaire. ... deman- 
da de l'encre et du papier, et n'obtint à 
grand'peine qu'une fiole vaseuse, une plu- 
me rouillée avec une feuille bleue de 
Bath 

Anatole France : Jocaste et Le chat mai- 
gre, Paris, Calmann-Levy 1879, page 
126. Sglpn. 

«Souvenirs d'un vieux libraire», 

(LI, 117). — M. César Birotteau me pa- 
raît n'avoir pas remarqué que Leriche et 
Reichel sont deux formes d'un même mot 
dont les lettres sont disposées de différente 
manière. Quel est le pseudonyme : Le 
Riche ou Reichel ? C'est un peu répondre 
à la question par la question, mais il 
semble bien suivant l'envoi autographe 
signalé par le correspondant de Y Intermé- 
diaire que le nom véritable de l'auteur 
soit Reichel. G. M. 

Les huguenots (LI, 117). — J'ai 
publié, en 1893, un volume petit in-4 , 
Y Histoire généalogique des Tardieu, ori- 
ginaires des Hautes-Alpes, au xi e siècle, 
et, depuis, passés en Dauphmé, Provence, 
Normandie etc. Au xvi e siècle, à l'époque 
de la Réforme, diverses branches des 



Tardieu, du Dauphiné se firent protet- 
tantes et la plupart des autres restèrens 
catholiques. J'ai donné la filiation de ces 
branches protestantes ; il en existe encore 
dans la Drôme. Celle dont je descends 
remonte à plusieurs siècles, dans les 
Basses-Alpes. Elle est restée catholique. 
Sont aussi restés catholiques les Tardieu 
de Maleissye, sur lesquels j'ai publié un 
fascicule spécial, mais qui remontent, 
également, à l'antique souche des Alpes. 
A Palliât, petit village, près d'Ambert 
(Puy-de-Dôme , ) il y eut là une colonie de 
protestants à l'époque de la Réforme. En 
1896, j'ai été visiter ce petit village ; et 
j'y ai vu la maison, du xvi e siècle, bien 
conservée, du pasteur de cette époque. 
Les paysans de ce village me contèrent 
quelques anecdotes relatives aux hugue- 
nots de Palliât. Je sais qu'un marchand 
d'estampes, à Paris, a indiqué, dans son 
dernier catalogue de portraits, celui du 
pasteur de Palliât, un nommé Maffin, 
massacré par les catholiques en 1577. 
C'était un dessin à la mine de plomb ; 
mais le tableau original doit être con- 
servé, peut-être à Genève. 

Ambroise Tardieu. 

* 

J'ai publié, en 1899, la Généalogie des 
Vannier, alias Le Vènier, in 8° de 72 pages, 
dont les pages 21-25 contiennent la généa- 
logie de la famille protestante Le Vénier, 
seigneurs de la Grossetière en Poitou, et ba- 
rons de Sainte-Escobille en Beauce. Cette 
brochure, dont le prix est de 3 francs, est 
en vente à la librairie Champion, 9, quai 

Voltaire, Paris. Th. Courtaux. 

* 

* * 
La France Protestante des frères Haag, 

d'une façon générale, et beaucoup de pu- 
blications provinciales telles que les Chro- 
niques Protestantes de V Angoumois publiées 
à Niort, chez Clouzot,il y a peu d'années, 
renferment de nombreuses notices généa- 
logiques sur les familles huguenotes, sans 
oublier les Nobiliaires du midi de la 
France. La Coussière, 

Les œuvres théâtrales sur la 

Brie (LI, 39, 210). — M. Henry Lyon- 
net se trompe en cataloguant briardes par 
le lieu où se passe la scène, un grand 
nombre de pièces ayant des titres rappe- 
lant les environs de Fontainebleau. Cette 
région n'est pas la Brie, mais bien le Ga- 



N" 1067. 



L'INTERMÉDIAIRE 



267 



268 



tinais. Il n'y a de briard dans la liste que 
la Forêt de Sériai t et Y Anguille Je Me} an. 
Quant à Etampes, c'était une \ ville du 
Hurepoix. Ardouin-Dumazet. 

Approbation des livres au XVIII e 

siècle (L, 730, 872, 927). — Bien 
qu'elle soit antérieure au xvin e siècle, 
l'approbation du Traittè de la perfection 
du ebrestien, par le cardinal de Richelieu 
(Paris, Vitré 1646, in-8) vaut bien la 
peine d'être relatée comme un témoignage 
d'adulation quadruple. 

Nous sous-signez Docteurs en Théolo- 
gie de la Société de Sorbonne, certifions 
avoir leu le livre intitulé Traité de la per- 
fection du chrestien, par PEminentissime 
cardinal Duc de Richelieu. Après l'illustre 
nom de son Eminence, il n'est pas besoin 
d'autre approbation. On ne peut qu'on 
n'etime les productions de cet Esprit in- 
comparable ; et il ne faut pas craindre que 
celuy qui a si glorieusement travaillé pour 
la défense de la Foy catholique, apostoli- 
que et romaine, ait rien escrit qui luy soit 
contraire. Toute sa doctrine se trouve saine 
et orthodoxe. 

C'est le tesmoignage que nous sommes 
obligez d'en rendre à la vérité. 

Fait en Sorbonne, ce 26 May 1646. 
C. MorelLe Moyne. A. Levesque. M. Grandin 

Sus. 

Cuisse de nymphe émue (LI, 1 18). 
Il y a de cela une vingtaine d'années, un 
libraire-éditeur de livres légers, A. Bar- 
raud, rue de Seine, bien connu des ama- 
teurs pornographes, a annoncé des exem- 
plaires de choix de ses livres tirés sur 
papier couleur de cuisse de nymphe émue. 
La Nenvaine de Cytbèie deMarmontel qu'il 
réimprimait, était du nombre. Quelle était 
cette couleur ? Un curieux. 

Couleur Isabelle (T. G., 451). — 
Sur quoi repose la légende historique que 
l'on cite toujours à-propos de cette cou- 
leur ? 

L'expression apparaît pour la première 
foisdansle « Dictionnaire de l'Académie» 
de 1 694 Elle manque à Nicot, à Cotgrave ; 
cependant le siège d'Ostende qui aurait 
été l'occasion du vœu célèbre, est de 
1601, et l'on ajoute que la mode « isa- 
belle » aurait immédiatement suivi la red- 
dition de la place (1604). 

L'historien du siège fut un capitaine 



franc-comtois qui combattait dans l'armée 
espagnole : Christophe de Bonours. Son 
livre, paru en 1628, ne fait aucune men- 
tion de cetteanecdote. S. 

Ah ! le bon billet qu'a la Châtre ! 
(LI, 170). — Voici comment cette his- 
toire est racontée par Saint-Simon, p. 207 
du tome III de l'édition Chéruel (Hachette, 
1865). 

Jamais Ninon n'avait qu'un amant à la 
fois, mais des adorateurs en foule: et quand 
elle se lassolt du tenant, elle le lui disoit 
franchement et en prenoit un autre... Elle 
a quelquefois gardé à son tenant, quand il 
lui plaisoit fort, fidélité entière pendant 
toute une campagne. La Châtre, sur le 
point de partir, prétendit être de ces heu- 
reux distingués. Apparemment que Ninon 
ne lui promit pas bien nettement. Il fut 
assez sot et il l'était beaucoup et présomp- 
tueux à l'avenant, pour lui en demander 
un billet. Elle le lui fit. Il l'emporta et s'en 
vanta fort. Le billet fut mal tenu, et à cha- 
que fois qu'elle y manquoit : « Ah ! ie bon 
billet, s'écrioit-elle, qu'a là la Châtre ! » 
Son fortuné à la fin lui demanda ce que 
cela vouloit dire, elle le lui expliqua ; il le 
conta, et accabla la Châtre d'un ridicule qui 
gagna jusqu'à l'armée où il étoit. 

Ninon de Lenclos mourut le 17 octobre 
1706. 

Saint-Simon, dans un autre passage de 
ses mémoires (tome IV, p. 282), reparle 
de la Châtre, fils du frère de la maréchale 
d'Humières, fort honnête homme, fort 
brave, extrêmement glorieux, fort dans le 
monde et toute sa vieamoureux et galant. 
On l'appelait le beau berger, et volontiers 
on se moquait de lui. Il était lieutenant 
général, mais homme sans nul esprit et 
de nul talent à la guerre, ni pour aucune 
autre chose, etc., etc. V. A. T. 

Avoir les gants (LI, 170J. — Autre- 
fois, dit Quitard (Etudes sut le langage 
proverbial), un des plus grands témoigna- 
ges d'amour qu'une belle pût accorder à 
un homme qu'elle croyait devoir épouser 
ou qu'elle aimait, c'était de lui donner 
ses gants, surtout celui de la main gau- 
che, dite la main du cœur. 

Dans un vieux roman de chevalerie, 
une demoiselle voulant prouver sa recon- 
naissance à Gérard de Nevers qui l'avait 
défendue contre ses ennemis, « prit son 
« gant sénestre, si le bailla à Gérard qui 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Février 1905. 



269 



270 



« moult volontiers le prist, icelle luy 
« disant : Sire, mon corps, ma vie, mes 
« terres et mon honneur, je mets en la 
« garde de Dieu et de vous >>. Elisabeth, 
reine d'Angleterre, éprise de Robert 
d'Evreux, comte d'Essex, lui fait présent 
d'un de ses gants pour qu'il le portât à 
son chapeau. 

Mainte fille a perdu ses gants 
Et femme, au partir s'est trouvée, 
Qui nt sait, la plupart du temps 
Comme la chose est arrivée. 

(La Fontaine). 

Et le pauvre sot n'eut pas l'esprit d'en avoir 
les gants. 

(Les Dames dans leur naturel) . 

Son épouse, dont on assure qu'il n'avait 
pas eu les gants, se mit facilement dans la 
galanterie. , 

{Journal des Inspecteurs 
de M. de Sartines 1762). 

Elle fit toutes les grimaces que ses parents 
lui avaient dit de faire pour lui faire croire 
qu'il en avait eu les gants. 

(France Galante). 

Si j'épouse cette demoiselle, je n'en aurai 
pas les gants. 

(Voisenon). 

Henri ÎV, à ce qu'il paraît, n'en avait pas 
eu les gants. 

(Tallemant des Reaux. Historiettes). 

Gustave Fustier. 

* 
* * 

Je ne saurais citer des exemples anciens 
de cette expression : Le collègue*** re- 
connaît que, dans la langue du XVllI* siè- 
cle, avoir les gants d'une jeune fille, c'est 
obtenir ses premières faveurs. Il demande 
l'origine de cette expression. Cela me 
semble très clair : La jeune fille donne 
ses gants avant de donner sa main. Il 
n'est pas impossible que celui qui a les 
gants laisse la main à un autre, — encore 
moins que celui qui prend possession de 
la main ait forcément les gants par sur- 
croit. Trop de jeunes filles s'accommodent 
de ce que ces deux dons soient octroyés 
à des titulaires différents. 

Lotus-Sahib. 

* * 
Quel rapport entre cette expression et 
celle de se donner les gants d'une chose, c'est- 
à-dire se laisser attribuer un fait, une pa- 
role honorables avec plus ou moins de 
droit ? La Coussière. 



Voir Intermédiaire tomes III, IV, V et 
VIII. A. S..E 

Les bouchers de Limoges (LI, 50). 
— On trouvera tous les renseignements 
désirables sur la question, dans les ou- 
vrages suivants : La corporation des Bou- 
chers à Limoges, par Adrien Delor. — Li- 
moges, Dumont, 1877, in-8°. — Une cor- 
poration d'autrefois, encore vivante aujour- 
d'hui : La corporation des houcheis de Li- 
moges, par le marquis de Moussac. Paris, 
s. d. in-8°, 116 p. Osmin. 

Le cas de M. Guérin (L, 734. 879, 
938. 996; LI, 46, 91). — M. Marcel 
Baudouin connait-il le cas suivant ? 

« L'an 1672, il y eut à Thuringe près 
de Naumburg une femme de meunier qui 
accoucha d'une fille grosse. Cette fille se 
portait fort bien en naissant et avait 
toutes ses parties bien conformées, à une 
enflure de ventre près, qui parut extraor- 
dinaire. Au bout de huit jours elle fut 
saisie de tranchées violentes, ses pleurs 
continuels et l'agitation de tout son corps 
le témoignèrent, enfin après quelques 
éjections d'eaux ensanglantées, elle se 
délivra d'une fille, l'arrière-faix suivit et 
tout ce en général qui a coutume d'arri- 
ver aux accouchées. Cette nouvelle fille 
était de la longueur du doigt et parut 
tellement vivante qu'on ne fit point scru- 
pule de la baptiser. Elle mourut un jour 
après avec sa mère, laissant la femme du 
meunier en bonne santé. » 

C'est beaucoup plus extraordinaire que 
le cas de M. Guérin et le fait est peut- 
être unique. 

L'opinion de Bartholin, médecin de 
l'époque, est que cette femme avait conçu 
deux fœtus de telle manière que : Tun 
s'engagea dans l'autre, après quoi se 
forma la peau qui les empêcha de se dé- 
gager. 

Je le veux bien, mais (sans être aussi 
sceptique que ce polytechnicien qui, dou- 
tant des cieux et de la terre, voulait nous 
faire croire que c'était peut-être le soleil 
qui, accompagné des étoiles, tournait au- 
tour de la terre) je crois que, comme ex- 
plication, on pourrait trouver mieux. 

Qu'en pense M. Marcel Baudouin ? 

Jean Pila. 



No 1067. 



L'INTERMEDIAIRE 



271 



272 



UoUg, ®rou»aHUs çt Curiosités 

Obus chargés d'éclats de verre. 

— En mai 1807, au siège de Dantzig, le 
général Lefebvre écrivit au maréchal 
prussien Kalkreuth. qui défendait la place 
qu'on avait trouvé des obus ennemis 
chargés de morceaux de verre, dans les 
tranchées des assiégeants. Voici la curieuse 
lettre de dénégations empressées, que ré- 
pondirent les Prussiens à notre brave 
Lefebvre. On verra que, non contents de 
rejeter la faute sur nous, comme ils le font 
constamment en pareil cas, ils eurent le 
front d'y ajouter que nous leurs lancions 
des obus remplis de — cadenats ! 

Son Excellence (le maréchal allemand) 
m'a ordonné de répondre aux reproches que 
le général Lefebvre a plu de faire à notre 
artillerie d'avoir jeté des morceaux de 
verre. Je puis assurer Votre Excellence, sur 
mon honneur, que cela n'a jamais eu lieu ; 
et nous sommes aussi trop riches en fer 
et trop persuadés que son effet est plus sûr 
que celui du verre, pour être tentés de faire 
usage d'un tel moyen. 

Mou s sommes ici trop généreux, pour 
rendre les reproches. Car, quoique les soldats 
et les bourgeois de Dantzig nous ont rap- 
porté déjà itérativement qu'on a trouvé des 
morceaux de verre et même des cadenats 
jetés par l'artillerie française, je n'ai pas cru 
le cas assez grave pour en faire un rapport 
à Votre Excellence. 

Signé : le major Oppen, commandant de 
l'artillerie de la place de Dantzig. 

P. c c. D r Bougon. 

« Vive le lard ! » cri séditieux. 

— Le 29 mars 18 16, la section de police 
corectionnelle du tribunal d'Alençon 
rendait le curieux jugement suivant qui 
ajoute un nouveau cri séditieux à ceux 
connus : 

Le tribunal, considérant qu'il demeure 
constant par le débat et l'instruction, et 
même par l'aveu du prévenu, que le di- 
manche 5 de ce mois, le nommé Chevalier 
l'aîné, étant daus un lieu public, à l'auber- 
ge du sieur Grandin, commune de Daumi- 
gny, s'est permis de crier vive le lard, 
lorsque des grenadiers et chasseurs de la 
garde nationale d'Alençon, qui mangeaient 
dans la même chambre chantaient des chan- 
sons royalistes, et criaient à la fin, vive le 
roi ; 

Considérant qu'en rapprochant les cir- 
constances qui ont précédé et accompagné 
le cri de vive le lard, soit que Chevalier ait 



ajouté ces mots : puisque j'en mange, soit 
qu'il n'ait rien ajouté, ce qui résulte des 
déclarations des témoins à charge : dans 
l'un comme dans l'autre cas, il ne peut y 
avoir de doute qu'il n'a eu d'autre motif, 
d'autre intention que de chercher à affaiblir, 
par une allusion aussi injurieuse, le respect 
dû à la personne du roi, délit prévu par les 
lois du 9 novembre dernier, etc. 

Vu les articles 5, 10 et 12 de la loi du 9 
novembre dernier et 14 du code pénal, etc. 

Par ces motifs, le tribunal condamne 
Pierre Chevallier en trois mois d'emprison- 
nement et cinquante francs d'amende ; 
ordonne qu'à l'expiration de sa peine, il 
demeure sous la surveillance de la haute 
police de l'Etat, pendant six mois. 

Signé Gérard, vice-président ; Boissay, 
Broquet, Revel Dannerye. 

V. A. T. 

Paladilhe. — On vendait, cette se- 
maine, une lettre de Paladilhe. Le maître 
écrivait à une dame en lui demandant la 
permission de lui faire entendre sa Man- 
dolinata. 

C'est très court, très court, madame, et vous 
pourrez me renvoyez au bout de cinq mi- 
nutes. 

On ne renvoie pas au bout de cinq mi- 
nutes le délicieux compositeur quand on 
a la bonne fortune de le tenir à son 
piano : on prolonge l'ivresse de l'en- 
tendre. 

Cette Mandolinaia a-t-elle une légende? 
Le maître, pour si bien avoir enfermé 
l'âme d'un peuple dans quelques mesures, 
a-t-il été hanté d'un souvenirPSous quelle 
influence était-il quand il écrivait ce déli- 
cieux chef-d'œuvre? 

A ce propos, se souvient-on des débuts 
de l'auteur de Patrie, petit enfant-pro- 
di ge, frais émoulu de sa ville natale, et qui 
voulait, comme tant d'autres, conquérir 
Paris ? Voici l'avis qu'on lisait dans les 
journaux le 27 février 1860 : 

Le jeune Paladilhe, pianiste-composi- 
teur, appelle le public, salle Hertz, à venir 
juger les œuvres d'un compositeur de quinze 
ans. C'est le 28 février qu'aura lieu cet inté- 
ressant concert. Des productions vocales et 
instrumentales du jeune bénéficiaire seront 
exécutées par l'auteur avec le concours de 
Mme Baretti, de MM. Peschard, Petit et du 
violoniste Chaine. 
B_ 

Le Directeur -gérant : 
GE ORGES MONTQRGUEIL 

Imp. Daniel-Chambon St-Amand-Mont-Rond. 



LP Volume 



Paraissant les 10, 20 et 30 de chaque mois 28 Février 1905. 



41e Année 

jjui» >r .Victor Massé 

PAtîBS <!X 6 ) 

Bureaux : de 2 à 4 heures 



QUjEQUE 



Cherches et 
vous trouverez 





Il se faut 
entr'aider 



N° 1068 

31*", r. Victor ftS&sfcé 
PARUS («x»; 

Bureaux: de 2 à 4 heures 



Uxmébxax 



DES CHEHGHE1ÎBS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 



QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES» HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 



273 



274 



m&ûmm - 



Henri ÏV, picard. — Une tradition 
locale d'Abbeville porte que Henri IV au- 
rait été conçu dans cette ville. Dans une 
harangue au mayeur, lors de sa réception 
à Abbeville, le 17 décembre 1594, I e 
souverain aurait déclaré qu'il était très fa- 
vorablement disposé à l'égard des Abbevil- 
lois, attendu qu'il avait été engendré dans 
cette ville. Jeanne d'Albret et Antoine de 
Bourbon auraient habité dans la capitale 
du Ponthieu, à l'Hôtel d'Ailly, en mars 
1553. La légende populaire a-t-elle quel- 
que fondement dans la réalité ? Firmin. 

Bibliothèque de M. de Montai- 
glon. — Le Temps du 19 juillet 1901 
racontait l'extraordinaire histoire de la 
bibliothèque de M. de Montaiglon remise 
à l'ordre des Bénédictins sous le couvert 
du Père de la Tremblaye, et vendue en 
Amérique par ce dernier, après qu'il eut 
jeté le froc aux orties. Cette cession était 
subordonnée à la clause suivante : Dans 
les cinq ans qui suivraient le décès du 
vendeur (septembre 1895) le catalogue de 
la Bibliothèque devait être imprimé aux 
frais de l'acquéreur. En septembre 1900, 
expirait le délai de cinq années et le cata- 
logue n'avait pas paru ; en juillet 1901, 
la situation était la même ; mais quelques 
semaines plus tard, l'ancien Prieur — qui 
s'était marié — annonçait à un rédacteur 
du Temps que « si le catalogue n'avait 
pas pu être publié dans les délais pres- 



crits, il ne tarderait pas à l'être. » Cette 
promesse a-t-elle été tenue ? et, si elle ne 
l'a pas été, est-ce que l'exécuteur testa- 
mentaire de M. de Montaiglon n'a rien 
fait pour obtenir la réalisation du vœu 
de l'illustre savant? Lach. 

Le médaillon de Haudaudine, 
par David d'Angers. — Haudaudine 
est un soldat de l'armée républicaine qui, 
tombé aux mains des chouans, obtient sa 
liberté à condition qu'il retournera vers 
les siens et que sur sa demande ils déli- 
vreront, à sa place, un prisonnier chouan. 
Les républicains refusent de traiter avec 



les brisrands. Haudaudine. 



malgré 



les 



supplications de ses amis, esclave de sa 
parole, retourne vers les Vendéens II sera 
leur prisonnier et peut-être le fusilleront- 
ils. Ils ne le fusillent pas. Resté pri- 
sonnier, il revient après la mort de Bon- 
champ, et ses concitoyens, en souvenir de 
son héroïsme, le surnomment le Regulus 
nantais . 

David d'Angers a dessiné le visage 
d' Haudaudine. Le médaillon est perdu. 
M. Henry Jouin, secrétaire de l'Ecole des 
Beaux-Arts, le cherche. Reproduisons 
son appel qui figure dans Y Angevin de 
Paris : 

Mais ce médaillon, précieux à tant de 
titres, n'existe pas au musée David à Angers. 
Il n'est pas davantage au Louvre. Les mou- 
leurs de la collection n'en possèdent pas le 
plâtre. Où frapper pour retrouver ce profil 
historique? Richard l'a fondu. Eck et Du- 
rand, et, après eux, les Thiébaut en ont tiré 

LI. 6 



N° 1068 



L'INTERMEDIAIRE 



275 



des fontes qui se sont vendues jusqu'en 
1875. L'œuvre figure sur les catalogues de 
vente de ces maisons. En 1875, le modèle a 
fortuitement disparu 1 II n'est plus possible 
de se procurer le médaillon mystérieux. Le 
peintre Charles Marionneau, d'origine bre- 
tonne, mort il y a près de dix ans, à Bor- 
deaux, a eu dans ses mains, vers 1860, un 
bronze d'Haudaudine. Il nous l'a dit. C'est à 
Nantes que ce médaillon lui fut montré ! 
Notre appel sera-t-il entendu ? Découvrirons- 
nous l'heureux possesseur du médaillon 
cherché ? Ce possesseur n'est pas unique. Il 
s'est vendu plus de deux cents bronzes de 
l'œuvre de David. Notre désir serait d'obtenir 
un plâtre du profil d'Haudaudine, pris sur le 
bronze retrouvé, afin de compléter le musée 
David à Angers d'une œuvre du maitre qui 
ne doit pas faire lacune en raison de la valeur 
historique du personnage représenté. Haudau- 
dine est l'un de ces hommes dont la mé- 
moire impose et ne peut nous laisser indiffé- 
rents. 

En quelles mains se trouve un bronze du 
médaillon d'Haudaudine ? 

Henry Jouin. 

Une grossesse de la marquise de 
Pompadour. — M. de Marville, lieu- 
tenant général de police, dans une lettre 
adressée au ministre Maurepas, le 3 avril 
1746, lui fait savoir que « Mme de Pom- 
padour est entrée dans son sixième mois 
de grossesse. »Or,comme à cette date elle 
était maîtresse en titre de Louis XV et 
qu'elle était séparée de corps d'avec son 
mari depuis longtemps, celui-ci n'a pu y 
avoir pris part. Sait-on quel a été le résul- 
tat de cette grossesse ? Paul Pinson. 



276 



L'Instruction publique à Paris 
sous Louis XV. — En 1762, il y avait 
à Paris environ 400.000 habitants (chiffre 
à vérifier). 

Le service de l'instruction publique 
(sans compter les séminaires) était assuré 
par 

316 maîtres et maîtresses d'écoles dits 
des petites écoles dépendants de la no- 
mination et juridiction de M. le grand 
chantre deN.-D. 

144 maîtres écrivains. 

17 maîtres de langues vivantes. 

7 maîtres d'histoire et de géographie. 

58 pensions particulières payantes 
pour garçons. 

43 idem pour filles. 

10 collèges de l'université de plein 
exercice. 



29 collèges de moyen exercice. 
2 collèges qui ne faisaient pas partie de 
l'université. 

Soit 62 s écoles, pensions ou collèges. 

11 y avait en plus, des écoles gratuites 
et de nombreux boursiers dans les col- 
lèges : 

69 écoles gratuites pour garçons et 
filles. 

12 pour les filles seulement. 

54 pour les garçons seulement. 

Soit 135 écoles gratuites. 

302 boursiers dans les collèges de plein 
exercice. 

269 dans les collèges de moyen exer- 
cice. 

Soit 571 boursiers. 

Il serait intéressant de comparer cette 
statistique vieille de 150 ans à la statis- 
tique actuelle. Où peut on trouver les 
éléments de cette dernière, ou mieux un 
aimable collaborateur ne pourrait-il pas 
la publier dans l'Intermédiaire? 

}. G. Bord. 

Maison de Bragance. — Quelque 
aimable intermédiairiste pourrait-il me 
dire pourquoi la rédaction du Gotha 
donne le titre de duc de Bragance au 
fils du ci-devant prince Dom Miguel 
mort en 1866, destitué de tous privi- 
lèges royaux en 1834? L'Almanach nous 
informe simplement que ces personnages 
portent les titres de ducs et de princes 
royaux, avec qualification d'Altesses 
Royales, mais on ne nous explique pas 
quel Etat leur a reconnu ces titres. 

Tyrone. 



Lieutenants de robe courte. — 

Quelles étaient, au xvn e siècle, les fonctions 
des lieutenants de robe courte et leurs 
attributions ? 

L'édit du mois d'octobre 1703, registre 
le 22 novembre suivant, créa des lieute- 
nants généraux d'épée près des bailliages 
royaux. Ces personnages étaient-ils les 
mêmes que les lieutenants de robe courte 
sous une autre désignation, ou bien leurs 
fonctions et leurs attributions étaient-elles 
distinctes ? Jean du Val. 

Les étudiants en médecine à 
Paris. — Quel était leur costume au 
xvi e siècle ? Quels étaient leurs privilè- 
ges ? 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 



1905 



277 



278 



Les docteurs en médecine de la Faculté 
de Paris, au xvi e siècle, jouissaient-ils de 
la noblesse personnelle ou avaient-ils 
droit au port de l'épée ? de Lorval. 

Les costumes du régiment de Pi- 
cardie. — Nous serions reconnaissant à 
MM. Cottreau et Churchill, qui sont si 
documentés sur les uniformes de nos an- 
ciens Régiments, de vouloir bien nous 
renseigner sur ceux de Picardie, la Reine 
infanterie et le Roi infanterie à la fin du 
règne de Louis XV. 

Ces renseignements sur les uniformes 
des officiers des régiments précités nous 
rendraient grand service pour nous aider 
à identifier des portraits. XX. 

Uniforme du régiment du Roi- 
cavalerie. — Quel était l'uniforme du 
régiment du Roi-cavalerie : 

i° d'après le règlement de 1762; 

2 d'après celui de 1776 ; 

3 d'après celui de 1779: 

4 d'après celui de 1786? 

Brondineuf. 



Etats militaires. — Certains Etai s 
militaires de France, comme celui de l'an- 
née 1768, par exemple, indiquent les uni- 
formes de chaque régiment; d'autres, 
comme celui de 1786, ne fournissent pas 
ce renseignement. Un obligeant confrère 
pourrait-il m'indiquer les années où les 
uniformes des régiments sont décrits 
dans cette publication, car je ne pense 
pas que l'Etat de 1768 soit seul à conte- 
nir cet important détail ? 

Brondineuf. 



Camp de Bretagne. — Dans quelle 
localité de la Bretagne existait-il, en 1843, 
un camp, ou campement de troupes ? 

K-y. 



Le Médiateur. — «Dans une poésie» 
satirique, qui paraît être demeurée inédite, 
et qui doit dater de 1826 ou d'une année 
voisine, se trouve cité un journal français, 
le Médiateur. 

Connaît-on ce journal ? Y a-t-il une 
bibliothèque qui en possède la collection ? 

Debasle. 



Lucile Desmoulins et l'abbé Ter- 

ray. — Un chanoine de Laon, P. N. Del- 
vincourt, dans ses mémoires sur l'époque 
révolutionnaire dans l'Aisne, parle de 
Camille Desmoulins, à qui il avait fait 
passer, en sa qualité d'archidiacre de Thié- 
rache, des examens pour l'obtention d'une 
bourse au collège Louis-le- Grand. 

Relatant son mariage, il prétend qu'il 
épousa à Paris une personne qu'on disait 
être une bâtarde de l'abbé Terray. 

Quelle créance faut-il accorder à ce 
bruit répandu sur les| origines de Lucile 
Duplessis ? 

H. Bourin. 



Prince de Gavre. — Au commence- 
ment de 1800, l'empereur François d'Au- 
triche nomme le prince de Gavre grand- 
maître de Madame la duchesse d'Angou- 
lême ; qui était ce prince de Gavre ? de 
quel pays et de quelle famille ? 

Comtesse de S. H. 



La famille Grinfeld. — Un inter- 
médiairiste pourrait-il donner l'origine et 
le: armoiries de la famille Grinfeld ? 
Vient-elle de Givet ou de Suisse? 

Un de ses membres a fait partie comme 
chef, d'une insurrection dans la guerre de 
l'Indépendance du Texas, sous le règne 
de Louis-Philippe, et cela sous les ordres 
du général Rosas. A. Patay. 

Lallemand (Le général baron 
Charles-Antoine). — Je désirerais avoir 
des détails sur la vie de ce général et prin- 
cipalement sur son séjour en Amérique, je 
connais le livre de Hartmann. Quels au- 
tres ouvrages pourrait-on consulter ? 

V. T. 



Guillaume de la Mare. — On dési- 
rerait connaître à quelle famille apparte- 
nait ce Guillaume de la Mare, qui fut se- 
crétaire du roi et seigneur de Gillevoisin, 
dans l'arrondissement d'Etampes. 

Il avait acquis la seigneurie de Gille- 
voisin, au mois de septembre 15 15. 

De son mariage avec Denise de Suf- 
fleau, îl laissa, entre autres enfants, une 
fille, Marie de la Mare, qui épousa, en 
1536, Guy de Longueil, seigneur de 



N<T 1068. 



L'INTERMEDIAIRE 



279 



280 



Chevreville et de la Brosse, 
parlement de Paris. 



conseiller au 
Scohif.r. 



Philippe du Rocher. — Ce per- 
sonnage figure, dans un acte de l'an 
1584, comme procureur au parlement de 
Paris. 

Pourrait-on me donner quelques rensei- 
gnements sur lui et sa famille? 

de Lorval. 

Mademoiselle de Saint-Simon. — 

Quand les Français s'emparèrent de Ma- 
drid, ils firent prisonnier le marquis de 
Saint-Simon qui fut condamné à mort par 
un conseil de guerre et dont la peine fut 
commuée en un emprisonnement perpé- 
tuel, à la sollicitation de sa fille qui par- 
tagea sa captivité. Un tableau de Lamy a 
représenté Mlle de Saint-Simon se jetant 
aux pieds de Napoléon, représenté à cheval 
avec son état major. Cette peinture a été 
gravée par Tavernier. Qu'est-elle de- 
venue? FlRMIN. 

Turgot franc-maçon (?) — Est-il 
vrai que le ministre Turgot fit partie de la 
Franc-Maçonnerie ? Les sources à consul- 
ter sur ce point. A. d'E. 

Armoiries italiennes à détermi- 
ner. — Parmi les érudits collaborateurs 
de Y Intermédiaire, y en aurait-il qui pour- 
raient me dire à quelle famille appartien- 
nent les armoiries suivantes : au chef d'or, 
à un aigle déployé, fascé de gueules à une 
tête de Maure aux yeux bandés, ècartelés à 
deux quartiers, d'azur et vergetté de gueules 
et d'or. 

Je ne sais si la forme descriptive de ces 
armoiries est bien conforme aux règles 
de la science héraldique. Aussi je prie 
mes distingués confrères d'être indul- 
gents à mon égard. 

A. C. C. 



Blason à déterminer : croix à 
huit pointes et dix croissants. — 

Ecu sculpté sur le manteau d'une an- 
cienne cheminée en pierre, sans orne- 
ments extérieurs : Ecartelé : aux I et 4 
de... à la croix de..., cantonnée de quatre 
Heurs de lis de... ; aux 2 et 3 contre-écar~ 



télé : A. et D. de... à une croix à huit 
pointes de... ; B. et C. de... à dix croissants 
de..., posés 3,2, 3 et 2. La croix cantonnée 
de quatre fleurs de lis est commune à 
l'évêché et à la ville de Châlons-sur- 
Marne, et aussi au chapitre de Notre-Dame 
de Reims; cela peut être une indication, 
mais à qui appartiennent les autres quar- 
tiers ? Laon. 



Jetons de présence, emblèmes, 
devises, etc. — Existe-t-il un album de 
jetons de présence, emblèmes et devises 
des compagnies, sociétés, corporations et 
administrations publiques et privées de 
France ? 

Existe-t-il un album des armes, emblè- 
mes et légendes des villes et départements 
de France ? A. E. B. 

Livres anonymes sur « le Bai- 
ser ». — Barbier publie les deux notes 
suivantes : 

Baiser (le), poëme (par Adolphe Mathieu). 
Mons. 1826. in-12. Tous les exemplaires, 
moins deux, ont été détruits par l'auteur. 

Baiser (le), poëme (par Adolphe Piénard, 
imprimeur, né à Mons, le 19 novembre 1793, 
mort le 27 nov. 1850) s. 1. n. d. in-8, 30 p. 

S'agit-il réellement de deux ouvrages 
distincts ou bien la seconde note était- 
elle destinée à corriger la première et 
faut-il voir là un cas de tautologie 
comme il s'en produit si souvent dans les 
dictionnaires composés par plusieurs 
collaborateurs ? 

Sous le même titre, il existe une troi- 
sième publication, dont j'ignore l'auteur. 

Le Baiser. — Etude littéraire et historique. 
— Nancy. Berger-Levrault — 1888 — 8° 
316p. 

Historiquement, l'ouvrage est bon et 
documenté avec profusion. De qui est-il ? 



Le Cénacle. — Les Poésies de Joseph 
Delormeont été publiéesdans les premiers 
jours du printemps de 1829 On sait 
qu'une de ces poésies est intitulée le Céna- 
cle, et que Sainte-Beuve y célèbre, avec 
un juvénile enthousiasme, les réunions 
qui avaient lieu chez Victor Hugo, et où 
se rencontraient, dit-il, « quelques poètes 
(Vigny, Deschamps, Sainte-Beuve lui- 
même) et un jeune et grand peintre (Bou- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 190 



281 



282 



langer) réellement unis entre eux par des 
rapports intimes d'amitié et de voisi- 
nage. » 

Est-ce que c'est dans cette poésie de 
Sainte-Beuve que le nom de Cénacle, au- 
jourd'hui consacré par l'usage, a été em- 
ployé pour la première fois pour désigner 
le groupe des poètes romantiques ? Ou y 
a-t-il quelque texte antérieur où ce mot se 
trouve déjà employé dans ce sens ? 

Debasle. 

Existe-t-il des exemplaires du 
Koran imprimés en caractères mo- 
biles? — J'ai dans ma bibliothèque un 
exemplaire du Koran en deux volumes de 
formats différents et renfermés ensemble 
dans un étui. 

Ces ouvrages qui ont été imprimés li- 
thographiquement, viennent de Constan- 
tinople; or, sur l'étui j'ai trouvé cette 
note qui demande une explication : 

La Bibliothèque nationale vient de recevoir 
de Constantinople deux exemplaires du Koran 
qui lui ont été envoyés par M. le comte de 
Vogué. 

Ces livres ont cela de particulier qu'ils ne 
sont pas imprimés typographiquement, puis- 
que la loi musulmane défend de reproduire le 
Koran en caractères mobiles. 

Ils sont imprimés par le procédé autogra- 
phique d'après la copie d'un calligraphie, c'est 
le seul ouvrage que possède la Biblio- 
thèque ! 

Mais comment sont donc imprimés tous 
les « Korans » qui se trouvent entre les 
mains des millions de vrais croyants... et 
s'ils le sont autographiquement, quelle 
rareté présentent donc les deux exem- 
plaires entrés à la Bibliothèque natio- 
nale ? Georges Colas. 

Dictionnaire wallon-français. — 

En quelle année parut cet ouvrage (2 vol. 
gr. in 8, Liège et Leipsig, Charles Gnusé, 
éditeur) dont je reproduis fidèlement le 
titre : 

« Dictionnaire wallon-français, dans le- 
« quel on trouve la correction de nos idio- 
« tismes vicieux et de nos wallonismes, par 
« la traduction en français, des phrases 
\< wallonnes, parL. Remacle. Pour rendre 
«. cet ouvrage essentiellement utile, l'au- 
« teur a traité longuement de la syno- 
« nymiede la langue française. » 

Gustave Fustier. 



Poupée et Poppée. — Quelle est 

l'étymologie du mot poupée ? Vient-il de 
Poppée ? Quels arguments ou quels do- 
cuments pourrait-on produire ? Où la 
question a-t-elle été traitée ? 

Léo Claretie. 

Biondina in gondoletta. — Un 

aimable correspondant de V Intermédiaire 
voudrait-il me donner le texte entier de 
la barcarolle italienne, sans doute véni- 
tienne : Biondina in gondoletta ? 
Le nom de l'auteur est-il connu ? 

A. E. B. 

Archipréveré. — Dans le magnifi- 
que ouvrage de M. Buhot de Kersers, j'ai 
lu, naguère (III, 272) : « Chcâteauneuf fut 
le siège d'un archipréveré >\ Je crus, 
d'abord, à une faute d'impression pour 
« archiprieuré » qui fut usité, en certains 
diocèses au lieu d'archiprètré. Mais le 
même mot revenant à plusieurs reprises 
au cours du volume, je m'avouai mon 
ignorance et me mis à chercher dans les 
ouvrages spéciaux. Je consultai La Curne, 
Trévoux, Godefroy, l'excellent Glossaire 
du comte Jaubert, sans oublier Larousse. 
Je ne trouvai rien. Fort heureusement, 
Y Intermédiaire est là, qui, par la plume 
autorisée de ses savants et aimables col- 
laborateurs, va nous apprendre ce qu'on 
entend par Archipréveré. 

Atale. 

Vers gravés à Ferrières : retrou- 
ver l'auteur. — M. Edouard Drumont 
a relevé sur l'une des cheminées du châ- 
teau de Ferrières, cette inscription en 
lettres d'or, et disposée ainsi : 

Doulce. est. la. vie. à. la. bien, suyvre. 
Emmy. soyet. printems. soyet. hyvers. 
Sous, blanche, neige, ou. rameaux, verts. 
Quand, vrays. aitiys. nous. la. font, vivre. 
Ains. leur, place, à. tous. est. icy. 
Comme, aux. vieulx. aux. jeunes, aussy. 

M. Edouard Drumont, qui n'a pu re- 
trouver l'auteur de ces vers et qui ignore 
d'où ils sont tirés, interroge très gracieu- 
sement dans la Libre Parole, ses con- 
frères de l'Intermédiaire. 

Ceux-ci et particulièrement M, Frédé- 
ric Lachèvre, l'auteur de la Bibliographie 
raisonnée des recueils de poésie, ne vou- 
dront p3S qu'il soit déçu. 



a* 1068 



L'INTERMEDIAIRE 



283 



284 



Uéponm 



Famille Paravicini (Ll, 113, 189). 
— Effectivement, la grand-mère de Na- 
poléon I er était Xavière Paravicini. On 
parle dans la famille d'une alliance plus 
ancienne entre les deux familles Bona- 
parte et Paravicini, mais il y a une alliance 
beaucoup plus récente : Gertrude, la 
sœur de Charles Bonaparte, père de Napo- 
léon I er ; Gertrude, la tante bien-aimée, la 
marraine de Napoléon I er , avait épousé un 
Nicolas Paravicini, qui devint ainsi l'oncle 
de Napoléon I er . 

Napoléon aimait beaucoup son oncle. 
Personne mieux que moi ne peut vous 
donner des détails plus vrais, plus précis 
sur cette ancienne famille de la vieille 
Italie, car je suis la fille du comte Ro- 
dolphe Paravicini qui, très jeune (il était 
de l'âge de la princesse Pauline), devinant 
dans les projets de son parent et ami 
Napoléon l'asservissement de l'Italie, se 
brouilla à jamais avec lui, fut par son 
ordre enfermé dans la forteresse de Man- 
toue, réussit à s'en échapper, s'engagea 
dans l'armée du prince Souvaroff en ce 
moment en Italie, ce qui décida de sa 
carrière. 11 assista à toutes les batailles 
livrées par l'armée Russe jusqu'à celle de 
Paris où sa vaillance a été brillamment 
récompensée par Louis XVIII. 

Au congrès de Vienne, l'Empereur 
Alexandre 1 er l'attacha à sa personne et 
lui fit l'insigne honneur d'assister à son 
mariage avec ma mère, une patricienne 
de Venise. 

Pendant l'invasion de la France par les 
alliés, il fut nommé gouverneur de 
l'Alsace et eut l'occasion de rendre des 
services à bien des Français qui lui en 
témoignèrent leur reconnaissance dans 
une circonstance de famille. Ma sœur 
étant née à cette époque au milieu des 
orthodoxes, ce fut le préfet de Paris qui 
s'offrit à être son parrain. 

Après une brillante carrière, mon père 
est mort à Odessa. Mon frère fit égale- 
ment en Russie une noble carrière. 

Comtesse Emma Paravicini. 

Gertrude Bonaparte, tante paternelle de 
Napoléon I er , épousa Nicolas Paravicini, 
son cousin. Elle mourut en 1788, sans 
laisser de postérité. 



Nicolas Paravicini se remaria avec Marie- 
Rose Pô. Lorsqu'il mourut, le 3 mai 18 13, 
il laissait une fille, Maria-Antonia. Dans 
son testament, Napoléon se souvint de 
cette petite cousine. Il aurait souhaité 
qu'elle devint la femme de Drouot, mais 
elle avait épousé, le 9 octobre 1817, Ti- 
burce Sebastiani (1), promu plus tard au 
grade de général de division. 

Le capitaine Paravicini, en retraite à 
Laon, ne possède aucun renseignement 
généalogique ou héraldique. Il y aurait 
peut-être lieu de s'adresser à M. Louis 
Campi,à Ajaccio. 

Il existe dans cette dernière ville une 
chapelle, appartenant aux Paravicini, dans 
laquelle sont inhumés quelques membres 
de cette famille, notamment la vicomtesse 
Tiburce Sebastiani. C. H. G. 

L'abbé de Cajamano, prisonnier 
au donjon de Vincennes (L, 946). 
— Je n'ai pas, en effet, trouvé le nom de 
l'abbé Cajamano dans le livre des écrous 
de Vincennes, aux archives de la préfec- 
ture de police, non plus que dans les Etats 
des prisonniers du donjon en janvier 1814 
(Arch. nat. F 7 3305). Mais dans le dossier 
de l'affaire Malet, aux archives nationales, 
j'ai rencontré une pièce dont voici 
l'abrégé : 

« Rapport à S. M. l'Empereur et roi. Le 
S r Fernandez de Caamano (sic) a été ac- 
quitté par la commission militaire... Les 
graves préventions qui s'élèvent contre 
lui et les soupçons qu'il avait encourus 
par sa conduite antérieure ne permettent 
pas de le mettre en liberté sans inconvé- 
nient. On prie S. M. de faire connaître 
ses ordres sur ce détenu ». 

Puis vient le double paraphe autori- 
taire du maître : ensuite cette annotation 
de la main d'un secrétaire : « le retenir 
sous bonne et sûre garde. Paris ce ç février 
181 y, » nfin l'N impérial contourné et 
rageur. 

Dans le même dossier, une note datée 
du I er mars 181 3 : «faire l'ordre pour Vin- 
cennes ». D'où j'avais cru pouvoir conclure 
que Cajamano a été enferme au donjon de 
Vincennes. 

Depuis lors, j'ai trouvé une autre note, 
sans date, ainsi conçue : 

(1) Frère du maréchal de France, Horace Se- 
bastiani. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



285 



28 Février 1905 



286 



M. de Caamano, arrêté le 25 octobre 1812 
à l'occasion de l'affaire Malet. Détenu à l'Ab- 
baye et à Sainte-Pélagie, quoi qu'il eût été 
acquitté de la prévention de complicité. Il 
était encore détenu au mois de décembre 1S 13. 
On suppose qu'il n'est sorti de prison qu'à la 
restauration. 

Je n'en sais pas davantage et j'incline 
à penser que Cajamano a dû être trans- 
féré à Vincennes, mais que, grâce à ses 
protecteurs 1 l'abbé I.ombardier et autres), 
il sera resté dans quelque prison de Paris. 

G. Lenotre. 



Barb? -Bleue et Gilles de Rais (L, 
833,901 ; LI, 21, 120, 23 1) — Au commen- 
cement du xv e siècle, en 1404, Champtocé 
(Maine-et-Loire) était en fête. Haut et puis- 
sant seigneur Jean de Craon, seigneur du 
dit lieu, de la Suze au Maine, et d'une foule 
d'autres terres, faisait célébrer, dans la cha- 
pe! le de son château, par son frère Jean du 
Bellay, abbé de Saint-Florent, le mariage de 
sa fille unique, Marie de Craon, avec Guy II 
de Laval, dit de Rais, chevalier, seigneur 
de Blaison et de Chemillé, fils de Guy I er 
dit Brumor, et de Thiphaine de Husson. 
Vers le mois de novembre ou de décembre 
de la même année, Marie de Craon mettait 
au monde son premier enfant, non à Ma- 
checoul (Loire-Inférieure), comme l'a dit 
M. le docteur Bossard, le dernier histo- 
rien de Gilles de Rais, mais au château de 
Champtocé, « en une chambre appelée la 
Tour noire. » Le nouveau-né reçut le bap- 
tême et le nom de Gilles, dans l'église 
paroissiale de Champtocé, et fut tenu sur 
les fonts sacrés par Jean de Craon lui- 
même. 

Ces renseignements sur le lieu de nais- 
sance de Gilles de Rais sont extraits d'une 
enquête faite en 1462 et qui est conservée 
dans les archives du château de Serrant 
(Maine-et-Loire). 

Lire là-dessus une étude complète parue 
dans F Anjou Historique (novembre 1900). 

Uzureau. 



Les frères de Jeanne d'Arc (LI, 
50, 119, 173). — Un petit neveu de Jeanne 
d' Arc. — Il a été question à plusieurs re- 
prises dans Y Intermédiaire nov. 1904, p. 
792, 1905, p. 50, etc., delà famille Mel- 
cion d'Arc. J'ai beaucoup connu le colonel 



Melcion d'Arc, commandant de place de 
Metz en 1870 et dont mon frère était le 
médecin. 

C'est lui qui s'aperçut de l'investisse- 
ment de la place par les Prussiens pendant 
que le maréchal de Mac Mahon était à 
table. Peu à peu nos troupes avaient aban- 
donné les hauteurs voisines pour venir 
en ville où leurs officiers s'amusaient. 

Le colonel Melcion d'Arc vit que les 
Prussiens s'y glissaient et commençaient 
à dominer la ville 11 était encore temps 
de les repousser. Il alla, nous dit-il, trou- 
ver le maréchal mais on lui dit qu'il était 
à table et ne pouvait être dérangé. Il re- 
tourna plusieurs fois sans le voir. Enfin, il 
le rencontra :« Craignez-vous donc pour 
votre bicoque avec une telle armée ? — 
Maréchal, je crains pour la France ». 

Ce petit neveu de Jeanne d'Arc voyait 
juste. Le Maréchal racheta cette impré- 
voyance par son courage. Révillout 



* 
* * 



Jacquemin d'Arc du Lys a pu avoir 
plusieurs enfants, mais en tout cas, il n'est 
pas douteux qu'il a eu une fille nommée 
Jeanne, qui a épousé Jean d'Arc du Lys, 
son oncle, selon les uns, Jean du Lys 
soi. cousin germain, selon monsieur Bou- 
cher de Molandon et plusieurs autres gé- 
néalogistes 

Claude du Lys, procureur fiscal de 
Greux et Domremy, était par sa mère, 
petit-fils de Jacquemin d'Arc et par con- 
séquent petit-neveu de la Pucelle. 

Charles du Lys, descendant de Pierre 
du Lys, que cite notre distingué corres- 
pondant monsieur Clovis Hugues, a 
ignoré l'information faite à Domremy le 
16 août 1502, à la requête des cousins 
maternels de Jean du Lys et retrouvé à la 
Bibliothèque nationale en 1877, par le 
savant Orléanais M. Boucher de Molandon. 
(V. La Famille de Jeanne d'Arc, son séjour 
dans l'Orléanais, par M. Boucher de Mo- 
landon, Orléans, 1878). Nous lisons 
p. 63 : 

Noble homme Claude du Lys, demeurant 
au dit Domremy-sur-Meuse, aagé d'environ 
cinquante ans, a dit, affermé et attesté, sous 
sa loyaulté et conscience, que en son jeusne 
aaige, peut avoir environ vingt-quatre ans, 
il demoura avec le dit feu Pierre du Lis, oncle 
à sa mère, fille de Jacquemin du Lys, grand 
père dudit attestant, au lieu de Luminart, 



N° 1068. 



287 



L'INÏBRMEDIAIRE 



- 288 



près Orléans, environ le temps et l'espace de 
cinq ans. 

L'affirmation est nette et précise en ce 
qui concerne le lien direct qui unissait le 
déposant à Jacquemin d'Arc. 

Quelle a été la femme de celui-ci ? 
H. Labourasse, inspecteur général de 
l'enseignement du département de la 
Meuse, affirme, d'après un manuscrit an- 
cien, que Catherine Corviset, de Vaude- 
ville, veuve de Jacquemin du Lys, épousa 
Jacques le Melcion, de Ruppes. 

Quoi qu'il en soit, le lieutenant-colonel 
Melcion d'Arc, dont parle notre corres- 
pondant V. A. T. du 30 janvier, p. 119, 
descend assurément de ce Jacques le Mel- 
cion. Nous devons ce renseignement et 
les suivants à l'aimable communication 
qui nous a été faite des premières 
épreuves d'une brochure que va publier 
incessamment A. {osse, Ch. Hazé succes- 
seur, sous le titre : Les Melcion d'Arc, do- 
cuments généalogiques inédits pour servir 
à l'histoire de la famille d'Arc, par Léon- 
Paul Piel, avec une préface du chanoine 
Henri Debout. Ce n'est pas en raison de 
l'alliance de Jacques le Melcion avec Ca- 
therine Corviset, veuve de Jacquemin 
d'Arc, que les Melcion ont porté le nom 
d'Arc et l'ont transmis de génération en 
génération, mais parce qu'en réalité ils se 
rattachent directement aussi à la posté- 
rité du frère aîné de la Pucelle. 

Les Melcion d'Arc appartiennent en 
effet à la famille de l'incomparable libé- 
ratrice, par le mariage que fit, au 
xvn e siècle, Demenge Melcion, sieur du 
Chesnois, avec une descendante en ligne 
directe de [ean de Brixey et de Sibille du 
Lys, fille de Claude du Lys, petit-fils de 
Jacquemin d'Arc. (V. Nouvelles recherches 
sur la famille de Jeanne d'Arc, enquêtes 
inédites, généalogies — enquêtes de 1 5 5 1 
et 1555, p. 30 et 55). 

Charles du Lys a donc eu tort de dé- 
clarer que Jacquemin d'Arc n'avait pas 
eu de postérité et que Claude du Lys, 
qu'il considérait comme le fils de Jean 
d'Arc, deuxième frère de la Pucelle, était 
mort également sans enfants. Il est dé- 
montré, par les témoignages des enquêtes 
citées plus haut, que Claude du Lys était, 
par sa mère Jeanne du Lys, petit-fils de 
Jacquemin d'Arc, et qu'il a laissé huit 
filles, dont l'une Sibille du Lys a épousé 
Jean de Brixey, en 1498, à Domremy. 

P. LfcSTRET. 



Récit;; d'événements historiques, 
consignés à la dernière page des 
anciens registres d'état chrii (I-.779, 
910, 961 ; Ll, 22, 67, 128, 171, 241). — 
Les registres paroissiaux des communes 
du département de la Gironde contiennent 
de nombreux renseignements, non seu- 
lement sur les faits politiques et histo- 
riques, mais surtout sur les récoltes, la 
température et l'astronomie. 

La plupart des curés de ces paroisses 
s'en tiennent seulement aux ordres qui 
leur sont prescrits pour l'état civil ; mais 
quelques-uns sont plus bavards et ne 
peuvent s'empêcher, presque à chaque 
page, déconsigner des faits intéressants. 
Voici le curé de Ludon (canton de 
Blanquefort) qui, le 20 août 1659, ra- 
conte fièrement la chasse aux cailles que 
fit le roi Louis XIV dans les marais 
d'une paroisse voisine « j'eus l'honneur 
de saluer... et parler à Sa Majesté ». 
Ce renseignement nous met un peu au 
courant de ce que faisait le jeune mo- 
narque pendant les deux mois qu'il passa 
à Bordeaux, se dirigeant vers la frontière 
espagnole pour se marier. 

Le 13 juillet 1666, il relate les feux de 
joie qui sont allumés à Larmont par les 
Flamands, habitant Bordeaux, à l'occa- 
sion de la victoire remportée par les 
Hollandais sur les Anglais. Le i er avril 
1668, ce sont les détails d'un Te Deum 
chanté à l'occasion de la soumission de 
la Franche-Comté. 

Les curés de Saint-Martin de Cadillac 
(dont les actes de l'état civil remontent à 
1552) qui vivent à côté de la maison de 
Foix et ensuite à côté des ducs d'Eper- 
non, ne manquent pas de signaler les 
hauts faits de ces grands seigneurs et les 
intrigues de la petite cour du château de 
Cadillac. Le 26 juin 1571, le comte va 
combattre au château de Benauge contre 
M. de Duras ; le 28 janvier 1557, tenta- 
tive d'escalade par les huguenots qui 
étaient en grand nombre « tant à cheval 
qu'à pied»; le 2 septembre 1578, pas- 
sage de la reine mère à Cadillac ; le 
22 avril 1 579, prise de la ville de Langon ; 
le ii janvier 1581 entrée à Bordeaux du 
frère du roi ; 23 et 24 ianvier 1 581 arrivée 
à Cadillac du roi de Navarre et du frère 
du roi accompagnés de la reine mère et 
de la princesse de Navarre ; le 2 juillet 
1585, massacre de plusieurs catholiques 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

.„ 289 — — ™ ' 290 • 

honneurs » 
175, 



28 Février 1905, 



à Tonneins, par le roi de Navarre avec la 
complicité des habitants huguenots, etc.. 
Il n'est question ici que du premier re 
gistre (1552-1590), petit in-f° de 233 
feuillets. Les suivants sont moins éten- 
dus sur les événements du jour, mais 
donnent de curieux détails sur les funé- 
railles des membres de la famille d'Eper- 
non. Pierre Meller. 



* * 



M. Lucien Barbe a publié des « Notes 
historiques », qu'il a trouvées écrites sur 
quelques feuillets des registres paroissiaux 
de l'église Notre-Dame de Louviers, par 
Jacques Pelet (mort en 1628) qui avait 
succédé à son oncle Pierre Pelet dans 
la cure de l'église Notre-Dame de Lou- 
viers. 

Jacques Pelet intitule ces documents 
historiques qui se trouvent dans le second 
volume des actes de l'état civil de la mai- 
rie : Mémoire des choses les plus mémora- 
bles trouvées dans les matreloges (i)et regis- 
tres de l'église parrlle nostre dame de Lo- 
viers. 

Les successeurs de Jacques Pelet ajou- 
tèrent quelques notes à son Mémorial et 
le poursuivirent jusqu'en 1745. 

Ces notes, toutes restreintes qu'elles 
sont, constituent le plus ancien monu- 
ment de notre histoire locale et Jacques 
Pelet a montré la route à un autre prêtre, 
François Legendre, auteur de l'histoire 
manuscrite de Louviers dans laquelle 
beaucoup ont puisé, certains même, peu 
délicats, sans indiquer l'origine de leurs 
renseignements. Jehan de Louviers. 



Les huguenots (LI, 117, 265). — 
Plusieurs branches de la maison de Hen- 
nezel avaient embrassé le protestantisme, 
en Lorraine, Nivernais et Hainaut. Mais 
elles se convertirent au catholicisme lors 
de la révocation de l'Edit de Nantes, sauf 
une seule réfugiée en Suisse à cette époque 
et qui réside maintenant en France. La 
généalogie très complète de cette famille 
a été publiée en 1902, elle est en vente 
à Paris, chez Champion, 9, quai Voltaire. 

Jehan. 



(1) Matreloges pour Matrologues, regis- 
tres sur lesquels on a soin d'écrire ce qui 
concerne une ville, une communauté. Ces 
matrologues sont perdus. 



es nonneurs » à la cour de 
Louis XV (L, 3, 175, 232). — M. La 
Coussière écrit qu'il fallait faire ses preu- 
ves de noblesse, non depuis 1400, mais 
depuis 1399, pour pouvoir dire qu'on re- 
montait au quatorzième siècle. Je croyais 
que l'année 1900 appartenait au xix e siè- 
cle comme l'année 1899. Est-ce que je 
me serais trompé ? Beaujour. 

Le cardmal de Rohan et la franc- 
maçonnerie (XLIX ; L, 455, 681, 746; 
LI, 60, 176, 233). — Voici en son entier 
la note de Ragon,dont M.J.Verax a extrait 
le passage ayant trait au cardinal de 
Rohan. A la lecture on pourra se con- 
vaincre que s'il y a, en effet, des parties 
fabuleuses et mensongères dans le rap- 
port du frère Frédéric Dalcho, ces quali- 
ficatifs ne sauraient s'appliquer à la partie 
contemporaine de l'histoire du rite de 
perfection : 

A la séance où la circulaire fut arrêtée, le 
frère Frédéric Dalcho, chargé de sa rédaction, 
fit un rapport fabuleux sur l'existence du rite 
de perfection, remontant à la première croi- 
sade, puis sommeillant de 1638 a 1744, qu'un 
noble écossais visita la France et releva la 
loge de perfection de Bordeaux. En 1768, le 
roi de Prusse fut reconnu grand commandeur 
par toute la fraternité, Charles, prince héré- 
ditaire de Suède, fut continué grand com- 
mandeur et protecteur en Suède, Louis de 
Bourbon, prince du sang, duc de Chartres, et 
le cardinal de Rohan dirigeaient ses degrés 
en France. En 1762, les grandes constitutions 
maçonniques furent définitivement ratifiées 
(à Bordeaux? non) à Berlin et proclamées par 
le gouvernement de toutes les loges de la 
sublime et parfaite maçonnerie. 11 y a en 
outre de secrètes constitutions qui ont existé 
de temps immémorial et dont il est parlé dans 
ce tissu incroyable de mensonges absurdes, 
imprimé à Dublin, en 1808, sous le titre de 
discours de l'illustre frère Frédéric Dalcho. Il 
y a des illustrations de tout genre. 

Ce que Ragon trouve fabuleux dans ce 
récit, c'est l'origine assignée à ce rite et 
l'histoire qui en est faite jusqu'en 1744. 
Ce qui pour lui est mensonge, ce sont les 
constitutions secrètes dont il est parlé, et 
ce qu'il ne s'explique pas, c'est la voie 
par laquelle ce rite de perfection dont le 
grand commandeur fut le roi de Prusse 
Frédéric II aurait été transmis au suprême 
conseil de Charlestown qui, en 1802, fit 
faire cette circulaire. (Voir le texte même 
de Ragon, page 304 de son Orthodoxie 



N'io6S 



L'INTERMÉDIAIRE 



291 ■ 

maçonnique. Quant à l'existence au 
xviu e siècle d"un rite dit de « perfection », 
personne ne la met en doute, pas même 
la Grande Loge d'Edimbourg qui cepen- 
dant s'était élevée avec vigueur contre la 
circulaire du suprême conseil de Charles- 
town. 

« L'annuaire maçonnique universel 
« pour 1889-90 par les frères comte F. G. 
« de Nichichievich 33 e et Richard de 
« Bœhme, 18 e » a été édité en 1889 à 
Alexandrie, imprimerie-lithographie du 
frère J. C. Lagoudarie, 3 e . Le comte de 
Nichichievich était, à cette époque, véné- 
rable de la Loge <s lsis » rue de la Co- 
lonne de Pompée à Alexandrie. Cette 
loge appartenait au rite de « Misraïm ». 

G. La Brèche. 



L'Acacia, (janvier 1905) recueil d'his- 
toire maçonnique, après avoir reproduit 
la note signée La Brèche (10 novembre 
1904, et celle du 20 novembre, sur le 
Rite Misraïm, écrit : 

Le Rite misraïm fut introduit en France 
en 1816 probablement, par d'anciens soldats 
ou fonctionnaires de Napoléon qui lui avaient 
appartenu à Milan. Il fut cependant toujours 
considéré comme branche de la maçonnerie, 
nonobstant ses fréquentes querelles avec le 
Grand Orient, qui, dès 1821, le frappa d'ana- 
thème. Par contre, le Suprême Conseil Ecos- 
sais le reconnut. 11 n'eut jamais un grand dé- 
veloppement en France, car sa constitution 
autocratique répugnait à l'esprit libéral et dé- 
mocratique de la nation. 11 n'existe pas, 
croyons-nous, de loge de ce rite, en France, 
mais il survit quelques anciens membres. 11 
subsiste cependant, croyons-nous, en Angleterre 
et aux Etats-Unis. 

En ce qui concerne sa parenté avec le 
« Rite Egyptien » de Cagliostro, on peut 
supposer que le F. F.'. Bedarrides père et fils, 
qui en furent les créateurs avaient appartenu 
à celui-ci, ou en avaient eu quelque lumière. 
Mais ce n'es! la qu'une supposition sans fon- 
dement, basée simplement sur l'étymologie 
des noms {Misraïm, en hébreu est entendu 
par « les Egyptiens »). Pour pouvoir émettre 
un avis sérieux, il faudrait posséder les ri- 
tuels de l'un et l'autre rite ; or, nous ne les 
connaissons pas. 

Cette réponse est suivie d'une longue 
étude très documentée et relative au rôle 
que Cagliostro et Cazotte jouèrent dans 
la maçonnerie et à la formation de la 
maçonnerie en France au xviu e siècle. 
Pour l'auteur, M. O. Pontet, il est certain 



292 



que ce charlatan a trouvé place dans ces 
milieux, à l'origine, mystique et curieux 
de percer les ombres de l'antiquité. 11 ne 
tarda pas, avec son sentiment de la mise en 
scène, à s'attribuer, à l'extérieur au moins, 
le mérite d'être le seul dépositaire de tant 
de secrets cherches vainement par ses 
frères. Rien ne prouve qu'il ne fut réelle- 
ment franc-maçon, mais seulement asso- 
cié à des loges qui existaient en marge de 
la maçonnerie. 

L'affaire de Cagliostro, dit AL Pontet, n'est 
qu'un épisode de l'histoire de la France à la 
fin du xvnn' siècle, histoire à laquelle la 
Franc-maçonnerie fut nécessairement mêlée. 
Mais cet épisode n'a rien de pivotai, et 
Cagliostro ne fut lui-même qu'un personnage 
épisode. 11 n'incarna pas la Franc-maçonnerie 
de son époque, il vécut en marge de celle-ci, 
en exploitant l'état d'esprit superstitieux de 
ses contemporains. 

Qt'ant à Cazotte, l'auteur soutient qu'il 
ne faut pas confondre, avec les francs- 
maçons, les Illuminés dont Cazotte aurait 
possédé les mystères, et ensuite qu'il 
n'est pas même prouvé que Cazotte 
appartînt à la secte de Misraïm. 



Les Bérédictins francs-maçons, 
(LI, 5 8, 181,243). — Le 2 4 ^vrier 1 721, la 
première loge belge, la Parfaite Union, 
était établie à Mous. J'ai dit, dans une 
étude sur les origines de la franc-maçon- 
nerie en Belgique, publiée en 1898 dans 
mon édition bruxelloise de X Ahnanach Ha- 
chette, combien les « ateliers » se multi- 
plièrent en ces provinces, pénétrant enfin, 
en dépit des anathèmes de l'Eglise, dans 
le pays même des princes-évêques : le 16 
décembre 1774, la loge V Union des Cœurs 
était fondée à Liège. Et il est intéressant 
de constater que malgré ces anathèmes, 
la maçonnerie y recruta des adeptes jus- 
que parmi les ecclésiastiques : c'est H.-J. de 
Paix, chanoine tréfoncier de Saint-Lam- 
bert, qui composa l'enthousiaste Eloge de 
la franche-maçonnerie , un « poème hé- 
roïque » réédité par Ulysse Capitaine 
dans le Bulletin de VInstitut archéologique 
liéoeois de 18 s 2. 

On affirme même — mais j'en ai vai- 
nement recherché la preuve — que l'évê- 
que Charles de Velbruck accepta le titre 
de vénérable d'honneur d'une loge lié- 
geoise, la Parfaite Intelligence, constituée 
en 1775. Ce qui est certain, c'est que Vel- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 1905. 



293 



294 



bruck protégea les maçons. Et le 16 fé- 
vrier 1777, à la fin d'un banquet donné 
par la Parfaite Intelligence, un « frère » 
lui en exprimait la commune reconnais- 
sance, en une chanson dont voici les deux 
couplets les plus caractéristiques : 

C'est vainement que 1 aveugle Ausonie 
Lance sur nous des arrêts foudroyans. 
Laissons l'Envie exciter ses serpens 
Et moquons-nous de leur rage ennemie. 

Dans nos climats, loin de ses vains caprices, 
Sûrs de l'appui d'un prince révéré, 
Sensible, bon, juste autant qu'éclairé, 
Nous élevons en paix nos édifices. 

Le texte complet de cette chanson fut 
publié le 8 mars 1777, dans la Feuille sans 



titre de Liège. 



A. Boghaert-Vaché. 



Livre ignoré sur Louis XVïï (L ; 
LI, 18,63, 124, 176,232). — Dans l'In- 
termédiaire du 10 février, à l'article signé 
A. C, on parle deux fois du Dauphin 
comme si on savait ce qu'il était devenu. 
Exemple : Alors qu'en Prusse le vrai Dau- 
phin traqué par la police secrète, etc, etc. ; 
et puis : Mais la tactique se modifie en 
1833, des que Louis XVII s'est fait recon- 
naître par d'anciens serviteurs, etc., etc... 

Est-ce que M. A. C. ne voudrait pas 
nous dire plus ? 

Comtesse de S. H. 

Conspiration de l'EpiDgle noire 

(1817) (LI. 49, 171) — En ce qui con- 
cerne la poudrière du château de Vincen- 
nes qui aurait fait explosion le 17 août 
18 19, il faut s'entendre. 

Voici ce qu'on lit dans le Journal de 
Paris du 18 août : 

Dans la cour royale... existait un petit ma- 
gasin à poudre contenant deux barils de pou- 
dre et adossé au mur d'escarpe... On ne peut 
trop remercier la Providence de ce que le 
grand magasin contenant une forte quantité 
de poudre et situé à une petite distance ait 
été préservé de l'explosion... La partie du 
mur d'escarpe où était adossé le magasin à 
droite a saute. Pour le reste,il n'y a que bris 
de vitres et d'ardoises. 

En ce qui touche la conspiration de 
l'Epingle noire, il n'a jamais, en effet, été 
question de faire sauter le château de 
Vincennes, mais (et ce qui va suivre ser- 
vira de liaison aux deux articles parus 



dans Y Intermédiaire du 10 février der- 
nier), ce qu'il y a de singulier dans cette 
affaire, c'est que Monier, par l'arrêt du 
20 septembre 18 16, a été déclaré non cou- 
pable d'être l'un des auteurs du complot 
et acquitté de ce chef, mais déclaré cou- 
pable d'être complice desdits auteurs et 
condamné à mort de ce chef, alors que 
l'arrêt du 4 octobre 1817 a acquitté Con- 
tremoulin et autres prétendus auteurs du 
complot dont Monier n'aurait été que le 
complice. Ce malheureux a donc été con- 
damné comme complice d'un complot 
qui, juridiquement, n'a pas existé. 

Au surplus, il ne parait pas avoir été 
exécuté, car ayant, une demi-heure avant 
« son supplice » selon son expression, 
dénoncé Contremoulin, on le voit com- 
paraître le 30 septembre 1817 (il devait 
être exécuté le 21 octobre 1816) comme 
premier témoin entendu dans l'affaire de 
l'Epingle noire. L'association qui portait 
ce nom s'appelait association des Amis 
de la Patrie, des francs Amis de la Patrie 
ou association de l'Epingle noire.. 

D'après l'acte d'accusation, en dehors 
de l'épingle noire, les conjurés avaient, 
pour se reconnaître, l'habitude de porter 
la main droite ouverte, le pouce levé, sur 
le cœur. A ce signe, on répondait en pla- 
çant la même main dans la même posi- 
tion sur la bouche. 

On avait trouvé chez Monier une for- 
mule de serment dont l'intitulé était :« Le 
« serment prononcé par les amis de la 
« patrie qui fut institué pour délivrer le 
« Roi du joug des étrangers en juillet 
« 1815 ». 

L. M. D.S. L. C. 

Monnier (avec deux nn en 1817) indi- 
que que ces lettres signifiaient « la main 
droite sur le cœur ». Suivait la formule du 
serment et de l'initiation. 

On trouva de plus au domicile de l'un 
des accusés, Crouzet, un papier avec 131 
initiales dont il expliqua ainsi les 19 pre- 
mières : « J.-J. Pascal las de contre-temps, 
« méconnu, fugitif et malheureux, vivra 
» persécuté dénoncé, mais point décou- 
rt ragé. Justus, quietus, lœtus ». L'acte 
d'accusation ajoute « D'après son refus 
« de s'expliquer mieux à cet égard, il a 
« été vérifié que ces lettres étaient les 
« initiales de la formule du serment et de 
« la formule d'initiation des membres de 
« l'épingle noire », 



N. 1068. 



L'INTERMÉDIAIRE 



— 295 



296 — 



Les initiales des mots indiqués ci-dessus 
s'appliquent, bien en effet à la première 
phrase du serment : « Je jure par l'honneur 
« de consacrer ma fortune et ma vie pour 
« délivrer mon pays du joug qui l'op- 
« prime ». Paul Argelès. 

Chronique scandaleuse de Roan- 
ne sous Napoléon I er (L, 609). — Le 
manuscrit dont parle notre confrère Can- 
dide contient-il les vers suivants que j'ai 
retenus par hasard : 

Certain Monsieur Courtin 
Trouvant son nom trop court 
Se pare un beau matin 
Du beau nom de 

Si oui, il aurait entre les mains une sa- 
tire très rare que je recherche depuis long- 
temps sans succès, mais sur laquelle il me 
serait possible de lui trouver des rensei- 
gnements. V. le n° du 30 octobre dernier. 

J.J.L. 

« Vive le lard!» cri séditieux(LI, 
27 1). — Pour comprendre le sens du juge- 
ment rendu à Alençon le 29 mars 1816, 
il faut se rendre compte de l'état d'esprit 
de l'administration et de la magistrature 
française à cette époque. Le gouvernement 
des Bourbons était impopulaire dans les 
masses. D'un autre côté, le Nain jaune de 
Bruxelles, organe des réfugiés, publiait 
des entre filets de ce genre, au lendemain 
de l'amnistie : 

Le journal des Théâtres annonce une 
comédie intitulée : Le Tartufe de Clémence 
— Destitution de deux cent cinquante 
employés au ministère de la guerre; le soir, 
spectacle à la cour — Le Roi s'est beaucoup 
amusé à Je fais mes farces et Madame à 
Tout pour V Enseigne — Dimanche, entrée 
du bœuf gras dans les Tuileries. Sa Majesté 
sortaitde la messe ; on s'estempressé d'exé- 
cuter l'air : Où peut-on être mieux qu'au 
sein de sa famille"? 

Dans le gros public, on n'y allait pas 
par quatre chemins ; on appelait carré- 
ment le roi : « Le groscoch... ». 

Dans une cérémonie, les cris de :«Vive 
le Roi » s'étant fait entendre, quelqu'un 
cria de son côté : « Vive le cochon ! ». 
L'individu qui avait proféré ces mots, 
ayant été poursuivi pour injure envers le 
souverain, Louis XVIII se plaignit vive- 
ment à son garde des sceaux de ce qu'il 
laissât en place un procureur du Roi assez 
maladroit pour avoir pu reconnaître dans 



cette expression un terme pouvant s'ap- 
pliquer à Sa Majesté royale. 

On voit par ce qui précède quel était 
l'état d'esprit des juges d'Alençon le 29 
mars 1816, et l'on comprend que le bon 
sens du roi ait cru, à un moment donné, 
devoir couper court à une série de mala- 
dresses qui compromettaient sa dignité 
beaucoup plus qu'elles ne la sauvegar- 
daient. Paul Argelès. 

Les lettres de Napoléon IÏI à 
Mme Cornu seront-elles publiées? 

(T. G., 240; L, 960; Ll, 64, 179). — 
Les lettres les plus importantes de Na- 
poléon III à Mme Cornu ont été publiées 
par Blanchard Gerrold. M. Montorgueil 
en a donné quelques autres dans l'Eclair 
(17 janvier 1904). M. Germain Bapst, 
dans Y Amateur d'autographes (15 janvier 
1904), et M. Pierre Wulff, dans le Gau- 
lois du dimanche, I er mars 1904, ont pu- 
blié des extraits de lettres, la plupart iné- 
dites et antérieures à celles imprimées 
dans Blanchard Gerrold. L'ensemble, 
avec, de plus, des lettres ignorées jus- 
qu'ici, va être publié par nous dans un 
des prochains numéros du Carnet. Le 
numéro de janvier contient des lettres 
inédites de Napoléon III adressées à sa 
nourrice, Mme Bure, et au général de 
Brack, alors officier subalterne. 

Fleury. 

La capitulation de P.- ris et le 

comte d'Hérisson(LI, 163,239). — L'en- 
quête que veut bien ouvrir l'estimé con- 
frère G. P. sur le comte d'Hérisson mérite 
bien, ici, de ma part, l'apologie, de ce sa- 
vant, si bon, si généreux, si intelligent. Il 
était né à Paris et il est mort en passant à 
Constantine, en Algérie, il y a peu d'an- 
nées. La mémoire de cet homme excel- 
lent vivra dans mon cœur tant que Dieu 
me donnera vie ! Je l'ai donc beaucoup 
connu, beaucoup apprécié. Honneur à sa 
mémoire ! En 1880, à la fin de l'année, il 
fut chargé d'une mission, très délicate et 
de haute importance, par le gouverne- 
ment français, quelque temps avant l'en- 
trée des troupes françaises en Tunisie. Pris 
par lui, comme secrétaire officiel d'une 
mission en Tunisie, je devins, par le fait, 
son confident et son compagnon de voya- 
ge, à Tunis. Nous étions accompagnés par 
feu M. le baron de Billing, I er secrétaire 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Fév ier 1905. 



297 



298 



d'ambassade. En passant à Rome, nous 
dînâmes chez M. le marquis de Noailles, 
ambassadeur de France près du roi d'Ita- 
lie ; nous traversâmes Naples, la Sicile, 
Malte et fûmes reçus officiellement, en 
grande cérémonie, .par le bey de Tunis. Je 
restai trois mois avec M. le comte d'Héris- 
son ; et c'est dans ce voyage et lorsque 
j'étais à Tunis, qu'il me raconta la capi- 
tulation de Paris et son rôle près de M. de 
Bismarck. C'est alors qu'il me dit formel- 
lement qu'il avait obtenu quelescanons de 
nos remparts parisiens ne seraient pas je- 
tés dans les fossés des fortifications et que 
l'armée de Paris conserverait ses drapeaux ; 
et lorsqu'il me racontait cela, j'ai vu des 
larmes qui coulaient de ses yeux en parlant 
de ces temps pleins de tristesse, car c'était 
un gentilhomme d'un grand cœur et d'un 
bel esprit. J'étais moi-même émotionné 
quand il me raconta les détails de son 
voyage à Versailles près de M. de Bis- 
marck, tant il avait su m'inspirer profon- 
dément ses impressions d'un bon fiançais. 
M. le comte d'Hérisson qui avait eu 50,000 
livres de rente ne savait rien garder. 11 
donnait toujours et à pleines mains, en 
sorte qu'il est mort pauvre. Je connais, de 
sa générosité, des faits merveilleux et qui 
prouvent la bonté de son grand cœur. 

Ambroise Tardieu. 

Légion d'honneur : ceux qui ont 
refusé la croix (XLV1I1; XLIXJ. — J'ai 
deux noms à ajouter à la liste des per- 
sonnes qui ont refusé la croix de la Lé- 
gion d'honneur, et, quoique arrivant un 
peu en retard, je crois qu'il est utile de 
joindre ces exemples à ceux qui ont déjà 
été cités dans l'Intermédiaire. 

M. Auguste Cadet, qui a laissé un sou- 
venir inoubliable à la population pari- 
sienne, particulièrement à celle du XI e ar- 
rondissement, a refusé, à trois reprises dif- 
férentes, cet honneur. 

En 1846, il avait été reçu pharmacien 
par la Faculté de Paris ; il était retourné 
dans son pays natal à Henrichemont (dans 
le Cher) lorsqu'éclata, en 1849, ' e terrible 
fléau qui ravagea la France et qui lui en- 
leva, dans certaines régions, plus de la 

moitié de la population le choléra ! — 

Affolés, les docteurs voyaient leurs clients 
mourir les uns après les autres, et bientôt 
le dernier médecin de Henrichemont par- 
tit, laissant les malades agoniser et mou- 
rir sans soins. — M. Cadet se multiplia 



alors, et tant par les connaissances médi- 
cales qu'il possédait que par son mcoura- 
gement verbal, il sauva une grande partie 
de la population contaminée ; aux uns, il 
donna les médicaments gratuitement et 
forçait les malades à les prendre, ce qui 
n'était pas chose facile ; aux autres, il prou- 
vait, par sa présence et ses paroles encou- 
rageantes, que le mal n'était pas si terrible, 
il les rassurait et ainsi arrachait des vic- 
times toutes désignées à l'épidémie. 

Lorque le mauvais air eut disparu, les 
médecins reparurent, mais la population 
adressa une requête aux pouvoirs publics 
pour rappeler le dévouement de celui qui 
était resté sur place malgré le danger. On 
fit une enquête et le gouvernement apprit 
que la personne désignée était en outre un 
excellent républicain, ami des Ribeyrolies, 
des Flocon et des Ledru-Rollin et qu'il 
propageait ses convictions par la plume et 
par la parole; on lui proposa la croix, mais 
M. Cadet estimant qu'il n'avait fait que 
son devoir refusa cet honneur et continua 
une lutte ardente pour le triomphe de la 
République ; au moment du coup d'Etat 
ses ennemis le retrouvèrent et l'ayant dé- 
noncé il fut condamné à la déportation 
aorès le 2 décembre 1852; un juge de 
paix dont il avait sauvé la vie au moment 
du choléra lui rendit le même service en 
le prévenant en temps utile et en permet- 
tant au proscrit de se réfugier en Angle- 
terre 

Nous retrouvons M. Cadet à Paris en 
1870 au moment du siège. Il fut choisi 
comme Directeur des Ambulances et, avec 
sa voiture et sa trousse de chirurgie, on le 
vit successivement sur les champs de ba- 
taille de Champigny, du Bourget et de 
Montretout; c'est là qu'ayant passé la 
nuit couché sur la terre humide après 
avoir donné son manteau à un officier 
blessé qui grelottait de lièvre, il gagna 
une bronchite dont il souffrit le reste de 
ses jours et dont il mourut en 1891. Le 
siège terminé, le maire du XL arrondisse- 
ment le proposa pour la croix, il refusa en- 
core une fois cet honneur. 

Il rentra dans la politique et après avoir 
représenté les électeurs du XI e arrondis- 
sement pendant 12 ans au Conseil Muni- 
cipal de Paris, où il fut cinq fois vice-pré- 
sident, et à la Chambre des Députés où il 
remplaça son ami Floquet, il fut de nou- 
veau proposé pour la Légion d'honneur; 
une troisième fois il refusa.... . Il mourut 



N° 1068 



L'INTERMEDIAIRE 



299 



— 300 



peu de temps après, sans avoir jamais 
brigué la moindre faveur. 

Le deuxième exemple que je voudrais 
citer est celui d'un avocat de Strasbourg, 
M. Eugène Stirling. 

Au moment de la déclaration de la 
guerre, il se trouvait à Ems où il avait 
fait la connaissance de son confrère Léon 
Gambetta. — Soignant sa santé chance- 
lante, il avait bien des raisons de rester 
dans cette ville d'eau, terrain neutre, pour 
achever sa cure, mais apprenant que sa 
ville natale allait être investie, il n'hésita 
pas et au prix de mille dangers il arriva à 
Strasbourg la veille de la fermeture des 
portes. 

il supporta le terrible siège avec peine, 
car il était trop souffrant pour combattre 
l'ennemi dans les sorties ou passer les 
nuits sur les remparts. 

La ville prise, Stirling était désolé de 
n'avoir pu se rendre utile à son pays 
comme il aurait voulu, lorsqu'il apprit 
que le gouvernement français était fort in 
quiet du sort de nos troupes prisonnières 
en Allemagne ; on n'avait aucun rensei- 
gnement sur l'état moral de nos officiers 
et sur les conditions sanitaires des soldats. 
Notre avocat alors s'offrit de chercher sur 
place ces renseignements; ses offres furent 
agréées et il se rendit en Allemagne en pas- 
sant parla Suisse. Successivement, grâce t. 
sa parfaite connaissance de la langue alle- 
mande, il visita les camps retranchés, et, 
en se faisant passer tantôt pour un mar- 
chand forain, tantôt pour un maquignon.il 
put approcher nos officiers, se faire recon- 
naître par eux et il reçut leurs confidences. 
De retour en France, il fit un rapport cir- 
constancié — le seul du reste qui existe au 
Ministère de la Guerre sur ce sujet — de 
l'état des prisonniers de guerre, puis il 
l'envoya à son ami Gambetta. Celui-ci, 
tout puissant alors, lui proposa la croix 
de la Légion d'honneur, mais M. Stirling 
refusa, heureux d'avoir, à son tour, pu 
servir efficacement son cher pays. Il mou- 
rut à Paris peu de temps après, des suites 
des fatigues et des privations qu'il avait 
endurées pendant le siège de Strasbourg. 

Georges Colas. 

Comédiens franc ds en Egypte 
(Ll, 105). — Le hasard m'a rendu posses- 
seur d'un dossier sur ce projet. 

Mon dossier renferme une lettre datée 



du 30 brumaire an VIII, adressée par le mi- 
nistre de l'Intérieur à Maheraul, commis- 
saire du Gouvernement pour le Théâtre 
Français, diverses propositions faites au 
ministre par des entrepreneurs, des devis 
de dépenses, des tableaux de troupes 
d'opéra et de comédie, dont un est nomi- 
natif. 

Je suis tout disposé à publier ces docu- 
ments dans une Revue spéciale. 

Gerspach. 

La quête de l'hirondelle à Rhodes 

(L, 732, 886; LI, 132, 247). -L'omis- 
sion d'un mot a rendu incompréhensible 
la dernière phrase de ma note, parla faute 
de l'imprimeur. 



Lire 



Leurs chants étaient des 



hymnes en l'honneur de la déesse et non 
comme à Rhodes des chants de quête. » 

P. L. 

Bonnu-en-Poitou (LI, 51). — Deux 
érudits, qui sont en même temps deux 
laborieux, se sont, en ces derniers temps, 
occupés de cette partie du Berri qui con- 
fine à la Basse-Marche. Ce sont : 
i° M. Roger Drouault : (Monographie du 
canton de Saint-Sulpice 1 es-feuilles, Li- 
moges, imp. Ducourtieux et Goût, 1904, 
in-8, 133 p.) 

2 M. Eugène Hubert, archiviste dé- 
partemental de l'Indre, qui va faire pa- 
raître la seconde livraison de son magni- 
fique ouvrage : Le Bas-3erry. C'est Ar- 
genton que nous allons avoir très pro- 
chainement ; et à la suite, tous les cantons 
du département de l'Indre, en commen- 
çant par ceux de l'arrondissement de 
Châteauroux. 

Les enclaves du Poitou dans le Berry, 
seront certainement traitées par M. Hu- 
bert, avec une grande compétence. 

Boiscamus. 

Gaudiavuœ, monastère. Sa situa- 
tion (XLIX). — Gaudianum est une 
mauvaise lecture ou une faute d'impres 
sion. Il convient de lire Gaudiacum qui est 
Jouy, commune de l'arrondissement de 
Saint-Amand-Mont-Rond, aujourd'hui réu- 
nie à celle de Sancoins. C'est là que saint 
Chalan etThéodulledit Bobolène «homme 
riche et généreux », fondèrent vers l'an 
620, un monastère de l'ordre de saint Co- 
lomban, plus tard réduit en prieuré bé- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 1905, 



301 



302 



nédictin et placé sous la dépendance de 
l'abbaye de Charenton [Bellavalle, însula 
super Milmandi an). 

Les protestants ruinèrent Jouy en 1591. 

Les trois monastères dus à la munifi- 
cence de Bobolène, lurent Charenton, 
Jouy et Lisse, j'ignore la situation de ce 
dernier, et serais heureux de la connaître. 

A. S..E 

Œuvres do Michel- Ange en bois 
(LI, 169). — A Florence on ne connaît 
qu'un seul ouvrage en bois attribué a 
Michel-Ange, car il n'est pas absolument 
prouvé qu'il soit de lui, c'est un modèle 
réduit pour la façade de l'église San Lo- \ 
renzo. Gerspach. 

Boufflers, prononciation du' nom 

(LI, 165). — Je ne conseille pas à E. P. 
de prendre comme arbitres de la bonne 
prononciation messieurs les comédiens 
du Théâtre-Français,il se préparerait trop 
de mécomptes. 

On prononçait Bouffie, au xvi e siècle ; 
du moins, je n'en veux pour preuve que 
la façon dont écrivaient ce nom ceux qui 
n'en connaissaient pas l'orthographe. 

15 avril 1=553. «Dame Marie Maillard, 
femme de maistre René de Boufïay» (regis- 
tres de la paroisse Saint Honoréde Blois). 

22 mars 1583. « Dame Marie Maillard, 
femme de Monsieur l'esleu Bouffley. » 
(ibidh 

Vendredi, 31 juillet 1587. «La vefve M e 
René de Bouflè » fait saisir son fermier de 
Villebrême (Arch. L.-et-Ch., B, baill. de 
Blois). 

16 nov. 1 593. « La veuve de Bouflè » est 
sur la liste des exempts de l'impôt. (Reg. 
des assembl. communales de Blois). 

Tous les membres de cette famille si- 
gnaient de Bouffler. 

Si E. P. possède une généalogie des 
Boufflers, je lui serais reconnaissant de 
me dire à qui rattacher ce René qui paraît 
à Blois vers 1545-50, acheta la seigneurie 
dé Villebrême, par. de Villebarou pies 
Blois, fut successivement pâtissier de Mgr 
le Dauphin, pâtissier du Roy, et finale- 
ment élu en l'élection de Blois. 

A. T. BLES. 

M. de Caux au XVIII e siècle 
(LI, 165). — Pierre-Jean de Caux, offi- 
cier général du génie, né en 1720, à Hes- 



din, en Artois, assista à de nombreux 
sièges et à plusieurs affaires des guerres 
du rèome de Louis XV. Devenu Directeur 
des Fortifications à Cherbourg, vers 1777, 
il y fit exécuter plusieurs travaux et fut 
chargé, vers 1781, delà direction du gé- 
nie pour la Haute et Basse Normandie, 
poste qu'il occupa jusqu'à la nouvelle or- 
ganisation du Génie en 1 79 1 . Il paraît 
avoir quitté le service à cette époque et 
mourut en 1792. Il était maréchal de 
camp du I er mars 1780 et commandeur 
de l'Ordre de Saint-Louis de 1788. 

Son frère cadet, Jean- Baptiste de Caux 
de Blaquetot, devint lieutenant-général 
dans l'arme du génie, servit jusqu'après 
le siège de Valenciennes en 1793, émigra 



alors et mourut 
Westphalie. 



même année, en 
S. Churchill. 



+ 
* * 



Voir sur cette famille , qui a donné plu- 
sieurs ingénieurs militaires : Révérend : 
Armoriai du / er Empire, 1,191, et Titres de 
la Restauration, II, 292. Nouvelle biogra- 
phie générale. Biographie des hommes vivants 
(18 16-1818) Bourrousse de Laffore : No- 
biliaire de Guyenne, Art. Barbier de la 
Serre. G. P. Le Lieur d'Avost. 

Dupleix (L, 952 ; LI, 25, 78, 141, 
185,252). — A Reims vivait, àlafinduxvm e 
siècle, un officier du nom de Joseph Delphin 
Dupleix de Cadignan, originaire de la 
sénéchaussée de Condom où il serait né en 
1755. — Son père Gérard Dupleix, baron 
de Cadignan, aurait été, — dit un con- 
temporain, Hédoin de Pons Ludon, dans 
ses papiers inédits, -- « Lieutenant Géné- 
ral de police à Cahors ». — Sa mère était 
une Secondât de Montesquieu, parente, 
peut être très proche, de l'auteur de 
l'Esprit des Lois. — Un de ses oncles, 
Jean-Chrysostome Dupleix de Cadignan, 
aumônier de la comtesse d'Artois, abbé 
commandataire de l'abbaye royale d'Essey, 
était vicaire général de l'archevêque de 
Reims et chanoine de la cathédrale. 

foseph-Dtlphin Dupleix de Cadignan 
était capitaine au régiment de royal Polo- 
gne cavalerie, commandé par le duc de 
Mailly, quand il épousa à Reims (paroisse 
Saint-Jacques) le 9 avril 1782, Simonne 
Benoist Meurille, fille d'un ancien ingé- 
nieur qui — toujours d'après Hédoin de 
Pons-Ludon, — serait mort millionnaire. 

Sous la Révolution dont il aurait été 



N° 106S. 



L'INTERMÉDIAIRE 



303 



>04 



un sincère partisan, Dupleix vécut tran- 
quille, tantôt à Reims rue Large, 1 =;, tantôt 
à Bezannes ou à Tinqueux, deux villages 
situés aux portes de la cité et où il possé- 
dait d'importantes propriétés. — Aux 
Archives révolutionnaires de la commune 
de Reims, on trouve certains documents 
sur ce personnage, notamment sa décla- 
ration pour l'emprunt force donnant le 
détail de ses biens et de ses revenus, ainsi 
que des indications sur quelques-uns de 
ses parents, portant le nom de Dupleix, 
habitant Condom (Gers) et auxquels il 
payait régulièrement des rentes ou des 
pensions. Gustave Laurent. 

Comte de Fuentès-Pignatelli (LI, 
166). — Hiérôme Pignatelli , comte de 
Fuentès, grand d'Espagne de i re classe, 
chevalier de la Toison d'or, de Sant'Iago, 
etc., ambassadeur d'Espagne en France 
(fils d'Antoine Pignatelli, puîné des ducs 
de Monteleone et de Françoise, comtesse 
de Fuentès) fut le père de Louis Pigna- 
telli, comte de Fuentès, qui épousa par 
contrat du 21 juillet 1768 Alphonsine Pi- 
gnatelli d'Egmont, fille du duc de Gueldre, 
dont, au moins, trois enfants, nés à Pa- 
ris de 1770 à 1778 (Intermédiaire, XLII, 
179, Chastellux : Notes prises aux ar- 
chives de l'état civil de Paris, p. 483). Sa 
postérité, qui porte encore le titre de 
comte de Fuentès, réside à Madrid. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Le Noir, lieutenant de police 
(XLVII ; XLVIII : L ; LI, 1 ç, 80, 254). — 
Le lieutenant de police était : 

Fils de Jean-Charles-Joseph le Noir, 
chevalier, conseiller du roi en ses con- 
seils, lieutenant particulier au Châtelet et 
de Marie-Anne le Noir de Cindré; 

petit-fils de Jean Charlesle Noir, écuyer, 
conseiller, secrétaire du roi, né en 1647, 
et de Jeanne-Thérèse Danse; 

arrière petit-fils de « Honorable Homme 
Charles le Noir, marchand et bourgeois 
de Paris et de Honnête Dame Magdeleine 
Cavellier » tous deux mariés en 1641 . 

J'ajoute que Marie-Angélique le Noir, 
mariée en 1738 à Jean-Etienne Gueau, 
n'était pas fille de Guillaume le Noir de 
Cindré, mais de son frère Isaac le Noir de 
Monceau, dit : « le Noir le Normand » et 
de Marguerite-Gabrielle Lorne. 

— Quant à Amélie-Henriette le Noir, 



mariée à Pierre-Françcis Gauthier de Li- 
/.olles, elle était fille de Anne-Antoine le 
Noir, écuyer, seigneur du Gamereau, et 
de Alexandrine-MarieCharlotte Dernier 
de Prexigny ; et petite-fille de Michel le 
Noir, écuyer, seigneur des Ardonnes, fer- 
mier général du duc d'Orléans et de Marie- 
Anne le Coc.]. 

Elle était donc de la famille du lieute- 
nant de police et non de celle des le Noir 
de Cindré. 

Depuis ma question posée le 20 jan- 
vier dans Y Intermédiaire, j'ai appris que 
Gabrielle-Anne-Suzanne le Noir, sœur du 
lieutenant de police, avait épousé, en 
1751, Augustin-Guillaume Jogues de Gué- 
dreville, écuyer, seigneur de Poinville. Ce 
Guédreville est sans doute celui dont 
parle M. Le Lieur d'Avost. Jehan. 

Le Roy de Saint- Arnanlt (XI, 
1 1 3). — Voici quelques notes pour une ré- 
ponse à côté à la question du confrère 
Jehan N. le R. de Saint-A , préfet de 
l'Aude, chevalier de la Légion d'honneur, 
épousa Louise-Catherine Papillon de la 
Tapy, remariée à Jean de Forcade de la 
Roquette, dont 

1) Achille -)clcquzs le R. de Saint-A., 
maréchal de France, sénateur, né en 1801 
•j- le 29 septembre 1854, à bord du Ber- 
thollet, épousa i° Laure Pasquier, 2 
Eugénie de Trazégnies d'Ittre, fille du 
marquis et de Marie-Anne d'Argenteaux. 
Il eut, au moins : Louise-Hortense- 
Gabrielle, morte le 11 mai 1857, à Paris, 
mariée le 7 décembre 1852, à Jacques- 
Maurice de Chastenet, marquis de Puysé- 
gur, mort en 1879. 

2) Louis- Adolphe le R. de Saint-A., 
préfet, sénateur (26 décembre 1857) 
conseiller d'Etat, commandeur de la Lég. 
d'honn., né le 14 octobre 1807 fie 17 mai 
1874, au château de Malromé (Gironde). 
Il épousa, le 3 avril 1848 Eugénie ou 
Louise-Philippine de Trazégnies d'Ittre, 
sœur de sa belle-sœur, morte le 14 dé- 
cembre 1897, à Paris, dont au moins 

(1) Charles-René le R. de Saint-A., ins- 
pecteur des chemins de fer. marié le 3 
juillet 1871, avec Perrine-Marie Louichon, 
fille de Thomas et de Françoise Chauvin. 

(2) Ferdinand le R. de Saint A., allié, le 
13 septembre 1884, à Marie-Clémence 
Brion 

A remarquer que Catherine de Forcade, 



DES CHERCHEUR* ET CURIEUX 



28 Février 1905. 



3°5 



306 



convoquée à l'assemblée électorale de la 
Noblesse de Bordeaux, en 1789. et tante 
de Jean de Forcade de la Roquette, cité 
plus haut, avait épousé Jean-Baptiste de 
Geneste, baron de Malromè. 

G. P. Le Lieuk d'Avost. 

Prononciation du nom de Mon- 
taigne (L, 166, 24g, 297, 341, 470,521, 
639). — Monsieur Ulric Richard-Desaix 
demande comment on prononce les mots 
Montaigne et Regnard, dans notre maison 
de Molière qui jadis faisait loi en matière 
de bonne prononciation 

Les comédiens français n'ont que peu 
d'occasions de prononcer en scène les 
noms de Montaigne et de Regnard qui, 
de leur temps, se prononçaient Montagne 
et Renard. Aujourd'hui la prononciation 
usuelle est conforme à l'orthographe, tout 
le monde dit l'avenue Montaigne, le lycée 
Montaigne, la rue Regnard, qu'il ne faut 
pas confondre avec la rue du Renard 

Tel est, je crois bien, l'avis de ceux des 
sociétaires, professeurs au Conservatoire, 
qui enseignent à leurs élèves la nécessité 
de se conformer à l'usage pour se faire 
entendre du plus grand nombre. 

Georges Monval. 

Alice Ozy (LI, 167, 256). — La 
mort de Julie-Justine Pilloy,dite Alice Ozy, 
fut annoncée au rapport annuel de la So- 
ciété des artistes, le 15 mai 1893. Déjà de- 
puis longtemps, Alice Ozy s'était signalée 
par des actes de charité. Dès 1853, le tri- 
bunal lui avait confié le sort d'un enfant 
de quatre ans resté orphelin par suite d'un 
crime qui l'avait privé de sa mère. 

Le 7 mars 1893, le notaire de la suc- 
cession avisait M. Halanzier, alors prési- 
dent de la Société des artistes dramatiques, 
que Mlle Alice Ozy avait institué cette 
société sa légataire universelle, à la char- 
ge de remplir certaines clauses (un grand 
nombre de legs particuliers). 

Je voulais, lisons-nous dans ce testament, 
fonder à Enghien une maison pour recueil- 
lir les orphelins (garçons) des artistes dra- 
matiques et des artistes musiciens, mais, 
outre qu'il est défendu, au bord du lac, de 
bâtir des maisons hospitalières, je préfère 
qu'on place les enfants selon leurs aptitudes, 
dans les collèges, beaux-arts, en leur don- 
nant un état, éducation, secours, jusqu'à ce 
qu'ils soient à même de se suffire. 

C'est pour les malheureux enfants des 
artistes, que je lègue ma fortune à la socié- 



té des artistes dramatiques, et non pour une 
autre destination. De préférence, et selon 
ses ressources, elle se chargera des orphe- 
lins nés à ! aris ou dans le département de 
Seine-et-Oise. Je protège les garçons qui 
font des soldats. Les bourses seront prises 
à mon nom d'artiste (Alice Ozy). 

Je désire que mes bijoux, dentelles, ar- 
genterie, soient mis en tombola pour les 
artistes femmes recevant une pension de la 
société des artistes. Tout numéro devra ga- 
gner un lot. 

Je désire que les billets de cette loterie 
intime soient répartis entre les personnes 
habitant Paris ou le département de Seine- 
et-Oise, de préférence. 

Si ce projet de tombola n'est pas réalisa- 
ble, les objets désignés seront vendus à 
l'amiable et le prix en sera distribué aux 
dites personnes habitant Paris ou le dépar- 
tement de Seine-et-Oise de préférence. 
« Paris 9 mars 1885. 

Signé : JULIE-JUSTINE PlLLOY 

Les legs s'adressaient aux pauvres de 
Paris, à diverses sociétés de secours mu- 
tuels, à l'Hospitalité de jour et de nuit, à 
d'autres œuvres de bienfaisance, à ses pa- 
rents, amis serviteurs, à la commune 
d'Enghien — soit 600 à 700.000 (sept 
cent mille) fr. de legs — sans compter le 
don fait à la Société-des artistes. 

Au premier juillet 1904, la fondation 
Alice Ozy élevait et secourait quarante- 
cinq orphelins. Henry Lyonnet. 



Paganini (L, 168, 228). — La ré- 
ponse à la question posée par le D r L., se 
trouve dans un ouvrage (devenu assez 
rare) de Marie et Léon Escudier, Vie et 
Aventures des Cantatrices célèbres précé- 
dées des Musiciens de l'Empire et suivies de 
la Vie anecdotique de Paganini (Paris, 
Dentu, 1856 : in- 12). Cette vie de Paganini 
est assez étendue et renferme de très cu- 
rieux détails. Voici le passage qui con- 
cerne les funérailles — très simplifiées — 
du virtuose : 

Les autorités (de Nice) lui refusèrent un 
peu de terre parce qu'il était mort sans avoir 
reçu les secours de la religion. Le bateau à va- 
peur qui partait pour Gênes, sa patrie, ne 
voulut pas se charger de son cadavre. On put 
le garder pendant quelques jours au fond 
d'une cave, et il fallut avoir recours à Rome 
pour le faire transporter près de Parme, à la 
villa Gapona, où, cinq ans après seulement, 
il fut inhumé sans pompe, comme le plus 
obscur des mortels. 

Henri d'Almeras. 



N" iooS 



L'INTERMEDIAIRE 



307 



308 



Famille de Refuge (LI, 168, 258). 
— Dannemarie est une toute petite com- 
mune de l'arrondissement de Mantes, 
canton de Houdan, et à 4 kiï. de cette 
dernière ville. Je ne connais pas les Le 
Maye, seigneurs de Dannemarie, seule- 
ment en 1501, Guiot ou Guy de Refuge 
est seigneur. 11 était écuyer tranchant de 
Louis XII. Le P. Anselme lui donne pour 
femme Jeanne de Moy ; serait-ce une Le 
Maye? Lafillede Guiot se nommait Made- 
leine. 

Guiot fit hommage au roi pour Galar- 
don, en 1525. D'Anne de Mooc, il eut 
Jean, baron de Galardon, vers 1538. Il 
faut remarquer le changement de nom : 
Anne de Moge, au lieu de Jeanne de Moy. 
Leur fils s'appelait également Jean et vi- 
vait en 1572. Un autre Jean, sieur de la 
Raignier, le fut aussi de Cernay en partie, 
à cause de sa femme Marie, fille de J. de 
Gallot sieur des Pinthières (Eure-et-Loir) 
et de Louise de Furet, dame de Cernay. 
{Nobiliaire de Montfort). 

Christophe de R correcteur des comptes, 
maître d'hôtel de Charles duc d'Alençon, 
achète aux Chartreux de Paris, le fief de 
Chantereine aux Mesnuls, près Montfort. 
En 15=56, il comparaissait à la rédaction 
de la Coutume, pour les Mesnuls, Chan- 
tereine, Groussay et Basoche en partie et 
la Ferme- des- Bois près Gambois. Sa 
femme était Julienne Jouvelin. Il se ruina 
dans la construction de son château des 
Mesnuls que son fils Charles, marié à Ge- 
neviève de Chantelou, vendit en 1575. 
Celui-ci vivait encore en 1620, mais sa 
femme était morte, en 1600 (Id.) 

Vers 1630, Marguerite de Refuge était 
mariée à Denis Vialart, sieur de la Ville- 
l'Evêque (Eure) et Favière (ham. d'Or- 
villiers S. et O.) Je ne sais si Marguerite 
était la fille de Charles Henri de Refuge, 
conseiller au Parlement en 1650 (Note 
sans référence) 

Les armes sont : d'argent à deux Jasces 
de gueules : deux serpents d'azur posés en 
pal brochant sur le tout. Devise : A tous, 
refuge . 

E. Grave. 



* 
* * 



Jeprépare une notice de la seigneurie de 
Fossé. Les Refuge y tiennent une grande 
place. — Pourquoi H. de G. en fait-il une 
famille bretonne? 

A. T. BLES. 



Les descendants de Tallien(LI,i 13, 
191 ,258"). — Thérésia Cabarrus n'avaitpas 
15 ans lorsqu'elle épousa, en 1788, Jean- 
Jacques Devin deFontenay ; elle divorça le 
5 avril 1793, mais, elle obtint l'annulation 
de son mariage en cour de Home, préten- 
dant qu'elleavait été contrainte parsa famille 
à contracter cette union ; elle épousa ensuite 
civilement, le 26 décembre 1794 (où se 
trouve cet actede mariage ?) Jean-Lambert 
Tallien. 

Son premier mariage annulé en cour 
de Rome, le second ayant été purement 
civil (et il est même douteux), elle put 
épouser, religieusement et civilement, le 
prince de Chimay,le 15 thermidoran XIII. 

Des nombreux enfants qu'elle eut pen- 
dant qu'elle était madame Tallien, un seul 
fut reconnu par le farouche révolutionnaire: 
ce fut Thérésia Tallien, née en 1795. 

Malgré cette origine qui n'avait rien de 
flatteur pour un gentilhomme, elle épousa le 
comte de Narbonne-Pelet fcelui-ci n'avait 
aucune parenté avec l'antique famille de 
Narbonne-Pelet). La jeune fille avait tant de 
grâce, de distinction et de tenue irréprocha- 
ble que non seulement elle séduisit son mari 
mais bientôt aussi ses beaux-parents. 

J'ai donné, dans le tome XLIX de l'In- 
termédiaire, col. 528, article Pelet Nar- 
bonnc et Narbonne-Pelet, leur descendance. 

J'ajoute que leur cinquième enfant, 
Marie-Delphine-Thérésia-Hippolyte-Félicie 
de Narbonne-Pelet, née en 1819, morte 
en 1868, se maria, le 20 novembre 1850, 
à Jean-François de Sartiges dont elle eut 
trois enfants : i° Jean-Gustave de Sartiges 
né en 1852 : 2° Jean-Raoul de Sartiges, 
né en 1839 ; 3 Thérésia-Delphine de Sar- 
tiges, mariée en 1877. à M. Meillard- 
Chambon. Je ne sais s'ils ont postérité. 

Quant aux autres enfants de Thérésia 
Cabarrus, nés après madame de Narbonne- 
Pelet et avant le mariage Chimay, ils fu- 
rent inscrits, à l'état civil, sous le seul 
nom de Cabarrus. (Voir Révolutionnaires 
de Ch. Nauroy. Paris-Savine, 1891). 

L'un d'eux, le seul fils, Jules-Edouard 
Cabarrus, né le 2 floréal an IX, mort en 
1869, eut deux fils : Julien-Edouard et 
Charles-Adolphe, tous deux consuls, qui 
obtinrent, par décret du 23 janvier 1877, 
de faire précéder leur nom de celui de 
Tallien ; ils ont relevé le titre de comte, 
porté en Espagne, par une branche de la 
famille Cabarrus, Pierre Melî.er. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 1905 



309 



3 10 



Les papiers de Vasari (Ll, 14). — 
Feu le savant Milaneri, directeur des Ar- 
chives d'Etat à Florence, a publié Lelettere 

de Michel- A ngelo Buonarotti. (Florence, 
1875, Lemonnier). 

Milaneri, dans son édition de Vasari, a 
donné aussi des indications sur les lettres 
de Michel-Ange à Vasari. Gerspach. 

Molette d'éperon. (LI, 170, 263). — 
Il semble qu'il faille appliquer ici la règle 
grammaticale qui régit l'orthographe du 
mot chef-d'œuvre et de ses congénères. 

Que considère l'héraldiste qui blasonne 
cette pièce, assez fréquente dans les ar- 
moiries de familles françaises et étran- 
gères ? Il considère un objet simple qui se 
nomme molette, et fait partie constitutive 
d'un objet composé qui se nomme ^c'wj;. 
Le mot molette a une autre signification; 
c'est le pilon de verre ou de bois dur, à 
base plane, qui sert à broyer les couleurs 
des peintres étendues sur une plaque de 
verre. 

C'est pourquoi la pièce héraldique ne peut 
être désignée sous le nom seul de molette. 
C'est une molette d'éperon, et non une 
molette de peintre. Il y en a deux, trois 
ou plus, sur l'écu à blasonner : ce sont 
des molettes; mais des molettes à' éperon 
et non de peintre. Quand l'Académie aura 
passé à l'ordre du jour sur les « fantézies 
ortografiques » qu'on persiste à lui sou- 
mettre, il sera très véniel d'écrire molettes 
d'éperons au pluriel. Ce sera une chétive 
conquête, mais on voudra bien convenir, 
je l'espère du moins, qu'elle n'est pas en- 
core faite. Cz. 

Singulières armoiries papales(L ; 
LI, 34, 73, 201). — Erratum — (Vol. LI, 
col. 73, lig. 44) : J'avais écrit trois uri- 
naux, c'est-à-dire, trois de ces « urnes 
lacrymatoires » dont l'Antiquaire de La- 
biche avait emprunté le nom a.V Antiquaire 
de Walter Scott. Qn m'a fait dire trois 
animaux. Je demande à rendre à ces pré- 
cieux ustensiles la noblesse qui leur re- 
vient. 

Lire aussi dans la référence à dom Pel- 
letier : T. I er , et non L. I de . 

CORENTIN. 

Le comte de Lyon (LI, 166, 264). 
— La famille Le Sens de Lion de Folle- 
ville est d'origine normande ; M. V.A.T. 



pense qu'un personnage devait avoir ren- 
du des services éminents pour être fait 
titulaire d'un comté de Lyon. Or le Lyon 
dont il s'agit est le nom d'une commune 
du Calvados, de l'arrondissement de Caen, 
du canton de Douvres, dont la famille Le 
Sens (de gueules, au chevron d'or, accompa- 
gné de twis encensoirs d'argent) a pris le 
nom et dont elle possédait le château. Le 
dernier propriétaire de ce domaine était 
madame de Than, née le Sens de Lyon. 
(Le nom Lion, qui s'écrivait autrefois 
avec un Y, s'écrit maintenant avec un I) 
Cette propriété, qui appartient aujourd'hui 
à M. de Blagny, avait été achetée en 1847, 
des héritiers de madame de Than, par le 
grand-père du propriétaire actuel. 

M. de Blagny doit posséder des titres 
de propriété, et comme il est très obli- 
geant, il ne refuserait certainement pas de 
les communiquer à M. V.A.T. qui y trou- 
verait des renseignements généalogiques 
sur la famille Le Sens de Lion. Aujour- 
d'hui, Lion-sur-Mer s'écrit avec un I et on 
ne peut plus le confondre avec Lyon 
(Rhône) qui s'écrit avec un Y. 

Beaujour. 

* 
* * 

Il faut lire : Lion; aujourd'hui Lion-sur- 
Mer, station balnéaire assez fréquentée, 
entre Courseulles et Saint-Aubin. 

Le château de Lion sur- Mer est un très 
élégant édifice de la Renaissance, très bien 
conservé et habité, qui appartient au 
comte de Blagny, auquel il vient de son 
grand-père maternel, l'amiral Massieu de 
Clerval. Ce dernier l'avait-il acquis direc- 
tement du dernier marquis de Folleville, 
du nom de Le Sens ? je l'ignore, mais ce 
serait facile à savoir. 

Les Le Sens de Folleville sont une fa- 
mille bourgeoise de Caen ou des environs, 
anoblie par des charges de magistrature 
sous Louis XIV, je crois. 

Quand au titre de comte de Lion, il me 
paraît assez hypothétique : i'ai eu entre les 
mains, des documents sur cette famille 
Le Sens, tous les Armoriaux de Normandie 
donnent sa généalogie, je ne me souviens 
pas d'avoir jamais lu que Lion fut le lieu 
d'un comté, mais V. A. T. sera abondam- 
ment renseigné en consultant les recueils 
spéciaux concernant la France et spéciale- 
ment la Normandie. La bibliographie en 
est considérable et s'augmente chaque 
année. 



N° 1068. 



L'INTERMEDIAIRE 



1 1 



Le titre de comte de Lyon (Lyon sur le 
Rhosne) a existé pendant de longues an- 
nées, mais possédé collectivement par les 
chanoines du chapitre de la cathédrale de 
Saint-Jean de Lyon. Il ne comportait, je 
crois, que des privilèges ecclésiastiques, et 
fut conféré aux chanoines de ce chapitre 
par bref pontifical, au début du xvn* siècle. 
Toutefois je ne suis pas sûr de la date de 
la collation. Mais cela s'écarte absolument 
de la question posée. Cz. 

Le rôle de la virgule (LI, 170). 
— «J'ai lu l'Intermédiaire, dit notre con- 
frère Y, et ne répète pas une question 
déjà posée ». En est-il bien sûr ? 11 y a 
tant de façons délire !... Si l'on applique 
à la lecture l'antique adage : Prendre et 
retenir ne vaut, on peut lire des bibliothè- 
ques, y prendre même beaucoup de plai- 
sir, et, trop respectueux du bien d'autrui, 
le laisser sommeiller en paix. 

Or, VlntenÀédiaire est à lui seul, depuis 
près d'un demi-siècle qu'il rayonne dans 
nos bibliothèques particulières, une biblio- 
thèque et nul de nous ne peut se flatter 
d'avoir retenu tout ce qui vaut la peine 
d'être gardé de cette collection unique de 
questions et de réponses. La grosse diffi- 
culté est le bon choix de la rubrique sous 
laquelle la question est lancée. La Table 
a été consciencieusement et habilement 
faite, mais elle ne suffit pas à retrouver 
toutes les réponses. 11 me semble cepen- 
dant que sur ce rôle fatal de la virgule, 
j'ai moi-même cité un exemple célèbre, 
où le déplacement — facultatif — d'une 
virgule, a causé la mort d'un roi. 

Il s'agit dans l'espèce, de la mort du roi 
Edouard d'Angleterre, V e ou VI e du nom, 
dépossédé tout jeune de son trône, et empri- 
sonné. Ses geôliers, sachant que son com- 
pétiteur voulait se défaire de lui, lui de- 
mandèrent des ordres. Voici ce qui leur 
fut répondu : 

Eduardum occidere nolite timere bonum est. 
sans virgule !... 

Les bourreaux ne s'y trompèrent pas : 
ils la mirent après le mot timere, c'était 
la mort. S'ils l'avaient mise avant ce mot 
fatal, la vie du prince était sauve ; ainsi 
placée, la virgule signifiait : « Ne tuez 
pas Edouard, il est bon de craindre ». 

Il y a sans doute d'autres exemples de 
cet abus cruel du rôle de la virgule. 

Cz. 



3 12 

* * 
L'absence de la virgule m'a aussi joué un 

tour. En 1891, parlant de la pénétration 
électrique et électrolytique de médica- 
ments dans le corps humain au point de 
vue thérapeutique, j'écrivais que les lois 
de l'éîectrolyse s'appliquaient à « tous les 
corps, opiacés, aconitine, strychnine » 
— entre corps et opiacés, le prote suppri- 
ma la virgule, ce qui fit : « tous les 
corps opiacés, aconitine, strychnine, » je 
faisais ainsi de l'aconitine et de la strych- 
nine des corps dérivés de l'opium ; un 
confrère, médecin est-il bien besoin de le 
dire, m'en railla. 

D r FOVEAU DE COURMELLES. 

La clef des « Contemplations » 

(LI, 217). — Le marquis C. d'E à qui est 
adressée la pièce des Contemplations inti- 
tulée : Ecrit en 1846, était le marquis de 
Coriolis d'Espinouse, qui avait été, sous 
la Restauration, l'un des collaborateurs de 
Victor Hugo dans le Conservateur littéraire. 
Jules Claretie le nomme, dans une de ses 
érudites et curieuses études, la Canne de 
M. Micbelet. D'après M. Biré [Vict. Hugo 
après 1852) le gentilhomme et le poète 
n'étaient pas parents, en dépit du vers. 

Et nous étions cousins quand on était marquis ! 

11 ajoute que M. de Coriolis d'Espinouse 
avait près de 80 ans en 1870 : cela ne 
l'empêcha pas de marcher à l'ennemi. 11 
fut tué à Buzenval, le 19 janvier 187 1 . 

G. Lenotre. 

* * 

La jeune fille morte en 1854 et nom- 
mée Claire P., est Claire Pradier, fille du 
sculpteur Pradier et de madame Drouet. 
Voici ce que nous apprend M. Léon Séché 
dans son intéressant ouvrage Sainte- 
Beuve(2 e volume, Appendice, pp. 263-264). 

Quand Mme Drouet perdit sa fille, enle- 
vée à l'âge de vingt ans, Victor Hugo fit 
sur elle de très beaux vers qu'on peut lire 
au tome II des Contemplations, mais il 
poussa la pudeur ou le respect jusqu'à ne 
pas la nommer et ne la désigna dans le 
livre que par son prénom de Claire et l'i- 
nitiale de son nom P... (Pradier). 

Elle était grande et blonde et gaie ; et maintenant 
Allez hSaint-Mandé.chiM'chezdansle champ sombre, 

Claire Pradier repose dans le cimetière 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 1905. 



3 H — 



3'4 



Saint-Mandé, et plus tard on inhuma Ju- 
liette Drouet à côté de sa fille. 

Martin Ereauné. 



Mêmes réponses 
Boghaert-Vachè. 



E. des Essarts et 



Biographies èp ; scopsles moder- 
nes (XLIX ; L ; LI, 43, 86 ^ 201 )- — 
Dupont (Jacques-Marie-Antoine-Celestm), 

cardinal, archevêque de Bourges (1842- 
!8 S c)). — Vie de Mgr Dupont archevêque 
de Bourges, avec portrait, par M solitaire, 
(Biographie du clergé contemporain, Pa- 
ris, imp. Appert, in- 16. — Notice sur S. 
E. Mgr Dupont, cardinal, archevêque de 
Bourges. Bourges, E. Pigelet, 1859 in -8. 
de 15 pages. — Eloge funèbre de S. E. le 
cardinal Dupont archevêque Je Bourges. 
Bourges, sans date (1859) in-8° de 15 
pages — Lecuyer (Le R. P.) Eloge funè- 
bre de S. E. le cardinal Dupont, patriar- 
che, archevêque de Bourges, Bourges, 1859, 

in-8°. 

Menjaud (Mgr Alexis-Basile), arche- 
vêque de Bourges, né près d'Avignon en 



1791 



mort en 1861. — Lerède (G.). 
Funérailles de Mgr Menjaud, archevêque 
de Bourges, 17 décembre 1861, Bourges, 
Pigelet, 1861, in-12 de 3 pages. — Du- 
panloup, évêque d'Orléans. Eloge funèbre 
de Mgr Alexis-Basile Menjaud, archevê- 
que de Bourges Orléans, Gatineau, 186 1, 
in-8° de 24 pages. 

La Tour d'Auvergne (Charles-Amable 
de Lauraguais, prince de) archevêque de 
Bourges 0861-1879), né à Moulins le 16 
décembre 1826, mort à Bourges le 17 
septembre 1879. — Taupin d'Ange. Es- 
quisse biographique sur le Prince Charles- 
Amable delà Tour d' Auvergne- Laura gais, 
archevêque de Bourges. Abbeville, Priés 
1868, in 8° de 73 p. (Extrait de la 8 e sé- 
rie de X Armoriai de l'Episcopat français). 
— Notice Biographique sur S. G. Mgr de 
la Tour d'A uvergne-Laur a guais, patriarche, 
archevêque de Bourges, primat des Aquitai- 
nes, assistant au trône pontifical, officier de 
la Légion d'honneur. Bourges, Pigelet et 
Tardy, 1879, in-12 de 12 pages. — Du- 
quesnay, évêque de Limoges. Oraison 
funèbre de Mgr de la Tour d' Auvet gne, ar- 
chevêque de Bourges. Pigelet et Tardy, 
1879.. in-12. Pierre. 



Capilupi (L, 620, 975 ; LI, 84, 148, 
207). — M. Monod a raison. 11 faut lire 
« imprimée » au lieu de « mis en vente ». 

Candide. 

Un ouvrage traitant de l'hon- 
neur (XLVI1I). — L'ouvrage suivant 
pourrait répondre au chercheur : 

Denesle. Les préjugés du public sur 
l'honneur. Paris, de Hansy, 1756, 3 vol. 
in-12. 

Il est dédié à M. de Sartine, lieutenant 
général de police, et comprend les cha- 
pitres suivants : 

Du vrai Honneur. — Du faux honneur. 

— De la nature et de l'origine de la Jus- 
tice. — Des places éminentes. — De la 
condition des Princes. — Des Hommes 
d'Etat. — De la Fortune. — De la Fa- 
veur. — Des Nobles. — De la gloire. 

— Du militaire. — De la judicature. 

— Du Financier. — Du commerçant. 

— De la Roture et du peuple. — 
Du Domestique. Des Compagnies. — 
De l'usage et de la mode. — De l'Hon- 
nêteté et des causes de sa diminution. — 
Du mariage. — Des causes de l'Infidélité 
et du Divorce. — Des Veuves. — Du ca- 
ractère des Femmes. — De l'Amour. — 
De l'Amitié. — De l'Education. — Des 
Vices. — De la Vengeance et du Duel. — 
Du Suicide. 

Mon exemplaire porte la mention ma- 
nuscrite : « Bon ouvrage, mais qui ne 
doit pas être lu par déjeunes personnes. » 
— Sus. 

La Pudeur et la Mort (L, 386,538, 
629). — La résistance à la mort peut 
provoquer une action physiologique d'un 
caractère sui gêner is, dont les cadavres d'un 
champ de bataille semblent fournir la 
preuve. De Fourcroy prétend en effet que 
si les hommes tués a la guerre ont tous 
les organes surexcités, il en est de même 
des femmes qui y succombent. 

Mais en dehors de cette action réflexe, 
peut-être postérieure à la vie et étran- 
gère à la pudeur, ne pourrait-on admettre 
que chez les femmes, celle-ci s'effaçât 
devant l'instinct de la conservation, par 
l'espoir de profiter d'une grossesse pour 
obtenir un ajournement d'exécution ? 

Un certain nombre d'entre elles n'ont 
peut-être échappé au bourreau que par 
cette circonstance qu'on ne saurait taxer 
d'immoralité ou d'impudicité. Sus. 



N° 1068. 



L'INTERMEDIAIRE 



3>5 



316 



Vers équivoques (T. G., 920 ; 

XXXVIII ; XLVII ; L, 640). - Le vers 
» La vache pait en paix dans ces gras pâ- 
turages » avait été attribue à Tissot, dans 
sa traduction des Bucoliques, mais il ne s'y 
trouve pas. II est remplacé par « Le cerf 
léger paîtra...» 

(F. de la Tour. Mémoires d'un biblio- 
phile). Sus. 

Inscriptions des cadrans solai- 
res (T. G. 158 ; XLVI ; XLVII ; XLVIII). 
— A Léré (Cher), un cadran solaire est 
accompagné de ce vers pentamètre : 

Ut redit aima dies, sic mutât hora vices. 

A. S., e. 

Je m'en suis allô. — Je me suis 
en allé (XLIX ; L). — A ce propos, M. le 
vicomte de Bonald demande à M. P. L. 
s'il est correct de dire, d'après l'autorité 
d'un écrivain connu : « Il manqua à ren- 
verser du pan de son habit la statuette ». 

Sans y être invité, me serait-il permis 
de donner mon modeste avis ? Selon moi, 
l'auteur n'a pas exprimé sa pensée, et s'il 
était consulté il avouerait qu'il a commis 
un lapsus calami involontaire. 

Il voulait assurément dire : Il a failli 
renverser, etc. et en réalité il a dit que : 
Il avait manqué à son devoir en ne ren- 
versant pas la statuette. 

Il devait écrire : Il a manqué de ren- 
verser la statuette. 

Jhhan de Louviers. 

Korsain^L, 897, 988; LI, 150). — 
Horsain — prononcez horzain — est un 
nom appellatif souvent employé en Nor- 
mandie. 

Pour nous, lorsque nous entendons 
prononcer ce mot, nous comprenons que 
l'on veut désigner un individu n'habitant 
pas la localité, une personne qui est du 
dehors, et nous pensons que telle est bien 
la signification de ce mot : 

Un horsain, un étranger, un individu 
de hors pays. Jehan de Louviers. 

Que veut dire Cucupha ou Cu- 
eufa (XLI1; XLIX; LI, 88, 212). — 
M. Leverkiihn en publiant sa réponse sur 
cette question (LI, 212), a oublié de dire 
qu'elle était précisément celle que j'avais 
déjà donnée dans Y Intermédiaire, en 1900, 
(XLII, 826, 827 et 828), en la documen- 



tant bien davantage au point de vue égyp- 
tien. Aussi, en revenant sur la question : 
"Que veut dire Cucupha?» en 1904 (XLIX, 
566), notre collaborateur G. H. disait-il: 
« On a répondu abondamment à la question 
primitive, l'en voudrais poser une autre. 
Pourquoi a-t-on baptisé de ce nom les 
étangs bien connus de Cucupha?» On au- 
rait pu répondre que c'était à cause du 
martyr africain Cucuphat, d'origine cer- 
tainement égyptienne, dont nous avions 
parlé, le D r Bougon et moi. Alais enfin il 
ne pouvait plus être question de l'étymo- 
logie, précisée par moi .comme d'une chose 
nouvelle. 

En 1905 (LI, 88), notre confrère Sglpn 
ne s'était pas lui-même placé à ce point de 
vue, mais à celui de Flaubert parlant dans 
Salammbô « des prêtres d'Eschmoûn en 
manteau de lin, avec des colliers à tête de 
coucoupha » — ce qui, pour Flaubert, 
grand lecteur, je le sais, des ouvrages 
égyptologiques, (même des miens), n'était 
qu'une réminiscence de la vallée du Nil ou 
plutôt des savants qui s'en sont occu- 
pés (1). 

M. Paul Leverkiihn reprend par la base 
la question. Il en a le droit. Mais il au- 
rait dû citer ceux qui l'ont précédé dans 
cette voie et dans ses conclusions mêmes. 
Il ajoute d'ailleurs deux éléments dont 
on n'avait pas parle dans ce journal, mais 
dont le principal (négligé par moi comme 
ne rentrant pas directement dans la 
question) a été beaucoup plus développé 
dans Rossi (Etymologiœ. Aegypiiacce^ p. 

93)- 

L'un est tirée de Sciiaok (La huppe 
dans les légendes arabes. Le Naturaliste 
1891, n° 106), l'autre, le plus important, 
du Lévitique XI, 19 et du Deutéronome 
XIV, 18) ou le mot doukipbat se trouve 
tra luit itpupa par saint Jérôme. D'autres 
y voyaient le coq sauvage. Mais c'est 
peut-être la ressemblance du mot hé- 
breu avec le mot égyptien qui a guidé 
saint Jérôme, (comme elle a éclairé les 
Syriens, admettant dans leur langue le 



(1) Ainsi que je l'ai dit en 1900, il me parait 
douteux, d'ailleurs, que le sceptre nommé « à 
tête de Koukoupha » par Champollion, ce que 
Creuzer a déjà traduit à tète de huppe dans 
la symbolique citée par M. Leverkulin, ait, en 
réalité, représenté ce volatile. C'est plutôt la 
tête de l'animal carnassier, symbole de Seth. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 1905. 



317 



318 



mot koukoupha pour traduire cet oiseau). 
Reste à savoir si cette assimilation re- 
pose sur la réalité; car on n'a pas d'autre 
exemple en hébreu du mot doakiphat que 
ces deux passages où il figure parmi une 
multitude d'autres volatiles qu'il était inter- 
dit aux hébreux de manger. Ce qui me 
semble certain, c'est que le prétendu (1) 
rôle sacré qu'on attribue en Egypte à la 
huppe (sans aucun fondement autre qu'un 
passage d'Horapollon, (liv. 1, ch. 55), tra- 
duisant xwxowfx par w X *pt<Trix), (2) n'a rien à 
voir dans l'interdiction hébraïque, pas plus 
que dans la vénération actuelle des Arabes. 

Revillout. 

Charabia (LI, 150, 213). — Je suis 
absolument de l'avis du collaborateur 
Candide, « il ne faut pas qu'une étymo- 
« logie se présente comme vraisemblable 
« au simple aspect de deux mots que 
<< l'on rapproche ». 

Mais pourquoi alors accepte-t-il l'éty- 
mologie arabe : el harabiya? Passant par 
Madrid ou non, je ne vois pas la langue 
arabe rendant compte d'un fait auver- 
gnat... 

Et puis il y a ce fameux eba qui sent 
bien le langage auquel il s'applique. 

On cite comme analogue baragouin 
provenant des mots celtiques bara et 
gvvin prononcés à un moment donné par 
des bretons et incompris de ceux à qui ils 
s'adressaient. 

Mais pour être logique, ne doiî-on pas 
admettre quî le mot charabia est né dans 
les mêmes conditions? N'a-t-il pas son 
parfum de terroir ? 

Quant à moi, je n'hésite pas à me ran- 
ger à cette dernière hypothèse, quand je 



(1) Voir une des notes données plus haut. 

(2) Horapollon donne pour raison la piété 
de la huppe envers ses parents. L'hiérogly- 
phe de la huppe est l'oiseau, qui se 
lit teb et n'a aucun rapport avec le sceptre à 
tête dite de kukufa. Mais aucun texte n'est 
venu confirmer Horapollon pour le sens 
ivxy.pt77ix attribué, dit-il, par les Egyptiens à 
ce signe. Notons seulement que le mot teb a 
été conservé en copte, à côté de koukouphat 
pour désigner la huppe. En effet en memphiti- 
que, (Rossi l'a indiqué lui-même p. 9 \ et p. 
316) la huppe {doukiphat) est traduite teb- 
hi boni dans\e Deuteronome, XW-\j-i S. H iboui 
est le nom de Vibis ; teb-hiboui signifie donc 
la huppe — ibis ce qui est singulier. 



me rappelle avec quel plaisir autrefois 
mes amis et moi, nous engagions des 
discussions avec un porteur d'eau ou un 
commissionnaire, et que lorsque nous 
tombions d'accord sur un prix nous re- 
cevions cette réponse invariable : chacba- 
rabia. Traduction française : ça sera bien. 

Paul Argelès. 

Chanson rosso, caractère rosse, 
rosserie (L, 898). — Si nous nous re- 
mémorons les aventures de l'Illustre che- 
valier de la Manche, nous n'omettons 
pas sa monture Rossinante qui fut le 
prototype du triste quadrupède qualifié 
rosse. 

L'expression n'est pas nouvelle. Il y a 
plus de cinquante ans déjà, au collège, on 
nommait une rosse le condisciple fai- 
néant, dénué de tout savoir-faire, qui 
excitait l'hilarité de sa classe, par ses 
inepties. 

La rosserie du pauvre garçon était 
réelle, mais involontaire. 

Par contre, il y a aussi la rosserie si- 
mulée, intentionnelle, qui vise à vous 
égayer par des couplets ineptes, il y a la 
pièce rosse, c'est-à-dire banale, sans ori- 
ginalité, lardée de lieux communs. Et 
puis encore ? Les boniments des pitres, 
les facéties des clowns. 

Quand vous en avez plein le dos de ces 
trivialités, non sans vous en être parfois 
amusés, vous vous soulagez en vous 
écriant : Que cela est rosse ! 

Léon Sylvestre. 

* * 

J'eus l'idée, il y a quelque dix ans, de 
qualifier ma première chanson (ou plu 
tôt, la première chanson que je chantai, 
en public) de chanson rosse. Cette chan- 
son, qui s'intitulait Les Joyeux Fêtards, 
fustigeait rudement les petits jeunes 
gens, dont l'unique fonction dans la vie 
est de « faire la fête », mais elle le fai- 
sait de façon fort gaie, le sourire sur 
« mes » lèvres, et, ainsi, elle était mé- 
chante « sans en avoir l'air » elle « était 
rosse ». 

Le mot « rosse » qu'on n'avait 
jusqu'alors prononcé qu'avec timidité et 
qui passait pour presque grossier, devint, 
à partir de ce moment, extrêmement 
usuel : je m'attribue donc le déshonneur 
de l'avoir vulgarisé en France... et à 
l'étranger. 



N- 1068. 



L'INTERMÉDIAIRE 



319 



320 



La rosserie — c'est ainsi que je la 
définis —, c'est la satire à froid, la bla- 
gue féroce, mais souriante. Elle n'invec- 
tive pas, elle n'insulte pas, elle chatouille 
elle égratigne à peine , mais elle est cepen- 
dant redoutable, car elle ridiculise ! 

Ajoutez à cela qu'elle met sa victime 
dans l'impossibilité de se fâcher, qu'elle 
la met presque, pour la galerie, dans 
l'obligation de rire (la blague ne doit 
jamais froisser un homme d'esprit!) et 
vous fixerez tout à fait l'étymologie du 
mot « rosserie ». Fursy. 

Canaille (XL1X, 666). — Le petit 
père André, prédicateur augustinde Paris, 
ne voulait pas appeler ses pauvres audi- 
teurs « mes frères ». Dans ses sermons, 
il leur disait « Canaille chrétienne». 

(Le Passe temps agréable, I, page 17). 

Sus. 

Avoir les gants (LI, 170, 268). — 
Sous la féodalité, les gants étaient une 
redevance qui consacrait le droit du sei- 
gneur sur son vassal, sans cependant 
constituer une lourde charge. 

Plus tard, on fit présent de gants aux 
personnes qui apportaient une heureuse 
nouvelle, d'où vient le proverbe : Vous en 
aure^ les gants 

Viens-je, dit-elle, à temps aux gants, 
Si je vous donne de bonnes nouvelles 
Toutes fresches, toutes nouvelles. 

{Roman de la Rosé) . 

La paraguante espagnole, dont l'usage 
et le mot devinrent populaires au xvii* 
siècle, était aussi une gratification que 
l'on payait avec des gants au porteur de 
bonnes nouvelles ; puis le mot s'appli- 
qua à tous les profits et eut l'acception 
de pourboire. 

Dessus l'avide espoir de quelque paraguante 
Il n'est rien que leur ait avidement ne tente 
(Molière — L'Etourdi). 

« Et le luy rendoit moyennant tant de 
paragante». (T. des Réaux). 

C'est de là que vient l'expression 
« donner pour les gants», expression qui 
n'est plus connue et usitée que dans les 
maisons de débauche. 

Les « gants » y constituent, en effet, le 
pourboire de la pensionnaire ; c'est le 
« petit cadeau » traditionnel que doit 



faire l'amateur en sus du tarif perçu par 
la tenancière, s'il veut obtenir satisfac- 
tion complète. 

Dans certaines maisons, les filles reçoi- 
vent, en moyenne, de 50 à 100 fr. par 
jour, pour « leurs gants », indépendam- 
ment de la moitié du prix « d'entrée » 
auquel elles ont droit. 

Quand l'une d'elles a l'heureuse fortune 
de rencontrer un humanitaire imbu des 
fausses idées répandues sur ce monde 
spécial et convaincu que les prostituées 
sont des victimes et des exploitées, elle 
ne manque jamais de lui raconter avec 
émotion la légende de la séduction, puis 
celle de la traite des blanches, et finit par 
lui faire comprendre qu'elle a hâte de 
sortir d'un milieu infect qui n'est pas le 
sien, pour pouvoir se refaire une nouvelle 
virginité. 

Le naïf psychologue se laisse générale- 
ment prendre à ce piège vulgaire ; il 
n'hésite pas à vider son portefeuille pour 
« les gants » de sa partenaire, et, croyant 
accomplir une bonne action, il ne se 
doute guère que sa générosité ne profitera 
qu'au souteneur de la dame. 

Les prostituées cloîtrées ont, en effet, 
l'orgueil de l'amant de cœur et c'est celle 
qui l'entretient le plus richement qui est 
la mieux considérée, 

C'est ainsi que beaucoup d'individus, 
dont les ressources sont une énigme, 
peuvent mener joyeuse vie, rivaliser 
d'élégance et posséder même des villas 
aux environs de Pari?. Tout cela est payé 
par les « gants » de leurs maîtresses, et, 
pendant cetemps,de bonnes âmes s'atten- 
drissent sur l'esclavage des pauvres créa- 
tures qui peuplent les lupanars. 

Eugène Grécourt. 



Rat de cave (XLII, 229, 537). — 
Cette expression populaire, considérée 
comme injurieuse par Littré et par l'Aca- 
démie, s'est maintenue jusqu'à nos jours 
et l'on peut être surpris de la retrouver 
dans le Manuel d'Instruction civique à 
l'école de Paul Bert (3 e édition 1882) où 
elle figure au lexique à l'usage des élèves 
avec la définition de commis des contri- 
butions qui visite le « vin dans les caves ». 

On y trouve aussi « Gabelou, employé 
d'octroi ». Il y aurait bien d'autres re- 
marques à faire sur ce lexique patroné 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 1905. 



321 



322 



en 5 pages, qui commence par Ahaniers 
pour finir par Zoroastre et qui traduisait 
déjà la Milice par l'armée, à l'usage des 
futurs parlementaires ou dauphins : mais 
déjà l'Université lui a retiré son « Impri- 
matur » pour tendances patriotiques, si 
l'on en croit un éditeur parisien. Sus. 



Cuisse de nymphe émue (LI, 118, 
267). — Il existe une plante que Ton dé- 
signe communément sous le nom de Cuisse 
de nymphe, elle est d'un bleu tendre, légè- 
rement rosée. A. Patay. 



Papiers peints de 1848 (L, 562). 
— En remontant à une date antérieure, 
il y aurait un recueil intéressant a faire 
avec les toiles et papiers peints qui ont 
reproduit des scènes empruntées aux 
ouvrages en vogue et aux événements 
historiques. 

M. Bouchot a déjà indiqué au xviu e 
siècle dans Le Livre et V Image, des rubans 
tissés avec dessins de circonstances, 
comme le ruban a la coque, à l'occasion 
du livre de Languet sur Marie Alacoque, 
le ruban à l'Ecumoire inspiré par le 
roman de Crébillon fils. 

J'ai moi-même des fragments de toile 
sur Bélisaire, le livre de Marmontel, de 
nombreux sujets des fables de La Fon- 
taine, des scènes d'Atala, roman de Cha- 
teaubriand etc. 

Ce serait un Chapitre curieux de l'Illus- 
tration des livres ainsi populaires ; ce 
genre de réclame qui a précédé l'affiche 
peinte peut bien avoir eu son succès pour 
la librairie d'autrefois qu'on disait plus 
prospère. Sus. 



Hommes naturalisés (LI, 14, 156). 
— J'ai vu, en 1896, à Viverols (Puy-de- 
Dôme) le cercueil en plomb, rempli d'al- 
cool, dans lequel M Granet (qui doit tou- 
jours habiter Viverols), conservait les 
restes de son père. Ce cercue 1 était placé 
au milieu d'une petite chapelle spéciale. 
Je me rappelle que M. Granet, fils, me 
fit remarquer que le défunt était parfaite- 
ment conservé et qu'après sa mort, dans 
le récipient, rempli d'alcool, sa barbe 
avait poussé. M. Granet avait fait édifier 
la petitechapelle en question à côté d'un 



musée privé où il conservait divers objets, 
tels qu'anciennes tapisseries , tableaux , 
curiosités diverses . Quelques savants 
avaient été voir le cercueil de M. Granet, 
père. Toutefois, Viverols est loin de tout 
chemin de fer, dans un pays de mon- 
tagne, et le nombre de visiteurs était for- 
cément très restreint. Je m'étais rendu à 
Viverols pour dessiner les ruines féodales 
de la région et mon voyage n'avait pas 
été facile. 

Ambroise Tardieu. 



Voici un article découpé dans un jour- 
nal de province et qui donne des détails 
sur la sépulture de Viverols .. 

Il est peu de collections aussi curieuses que 
celles de M. Hector Granet, ancien notaire, 
archéologue, habitant Viverols, dans le Puy- 
de-Dôme. Cet homme aimable fait volontiers 
aux touristes les honneurs de ses collections, 
et la visite se termine au tombeau de son 
père, qu'il conserve depuis quinze ans dans 
l'alcool ! 

Le récipient est une baignoire en zinc re- 
vêtue de ciment et hermétiquement close ; 
une ouverture vitrée pratiquée dans le cou- 
vercle permet de voir le visage du défunt dont 
les cheveux et la barbe ont poussé dans l'al- 
cool d'une manière tout à fait extraordinaire. 
Les traits sont calmes et pleins et la peau a 
ce teint « recuit » qu'on voit à certains An- 
glais, grands buveurs d'alcool. 

Cette momie d'un nouveau genre est ins- 
tallée dans une chapelle attenant au cimetière 
de la commune, que M. Granet a fait édifier 
en se mettant, païaît-il, en règle avec les 
prescriptions administratives et religieuses 
concernant les sépultures. 

M. Hector Granet explique tout cela avec 
bonne grâce et humeur aux visiteurs de ses 
collections. Ses concitoyens sont habitués à 
cette originale manifestation de sa piété filiale 
qui n'altère point la considération qui s'at- 
tache à sa qualité de notable et d'ancien no- 
taire. 

Je connais en Bourgogne une sépulture 
analogue, c'est celle de M me Pailloux dont 
le mari, médecin estimé, maire et bien- 
faiteur de la commune de Saint-Ambreuil, 
près Sennecey-le-Grand (Saône-et-Loire) 
conservait le corps momifié II le montrait 
volontiers à ses visiteurs et leur faisait 
même soupeser sa légèreté. M. et M me 
Pailloux sont aujourd'hui réunis dans un 
superbe mausolée, au cimetière de Saint- 
Ambreuil. 

Saint-Cyr. 



N» 1068 



L'INTERMEDIAIRE 



3 2 3 



324 



Fer de cheval dans les églises 

(L, 340, 490, 542, 600). — Les deux 
églises dont parle M. Grave (n° 1051) 
étaient consacrées à saint-Martin, spécia- j 



Réception de Louis Bonaparte à 
la logo des Amis de la patrie (LI, 
160). — Lorsqu'à paru dans l'avant-der- 
nier numéro de Y Intermédiaire, une lettre 
signée Peautelet et invitant un de 



étaient consacrées a sanu-i-uu un, s^cci*- ( sl g n è e Peautelet et invitant un de ses 
lement invoqué au moyen âge comme pa- J frères à venir « assister à la réception de 



Napoléon Bonaparte Je président »,j'ai cru 

que X Intermédiaire avait été la victime 

1, d'une mystification et que la pièce qu'on 

usage, on en faisait rougir la clef au feu j j u j avait rem j se était, sinon l'un des chefs 



tron des voyageurs. A Saint-Séverin, il 
avait une chapelle, et, d'après un vieil 



&&U^ 



àufèvre établi dans la rue Saint-Jacques 
pour marquer les chevaux ; après un heu- 
reux voyage, les gens de guerre, les étu- 
diants, venus de leur province pour sui- 
vre les cours de l'Université se rendaient 
à Saint-Séverin et en guise d'ex-voto 
clouaient un des fers de leur cheval sur 
la petite porte qui s'appelle encore au- 
jourd'hui porte Saint-Martin ; les mêmes 
pratiques étaient 
suivies, selon 
Grégoire de 
Tours, lorsque 
les chevaux 
étaient malades, 
ou lorsqu'on 
voulait les pré- 
server d'acci- 
dent, si bien que 
la porte Saint- 
Martin était, 
avant la Révo- 
lution, presque 
entièrement cou- 
verte de fers. 
L'emploi de ce 
motif dans la 
décoration des 
églisesdeVillers 
en-Athis et de 
Frencuse près 
Bonniêres, a le 
même sens sym- 
bolique. 

Charles Merki. 



d'œuvre de Vrain-Lucas, mais au moins 
le travail de quelque bénédictin jovial, 
comme Dom Jérôme Vignico qui avait 
fait la farce à Dom Luc d'Achéry de lui 
fabriquer deux lettres de Clovis et le tes- 
tament de l'évêque de Tours intégralement 
publiés dans le « Spicilège ». 

Notre aimable directeur, à qui j'en ai 
parlé, me pria d'attendre avant de répon- 
dre jusqu'à ce qu'il me fit voir l'original 
qui, pour lui, était d'une authenticité in- 



'«*-*» 




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^... - 'un*- -Jjtè* 




ff jfe/fe^*^*.» ■ €' ». 






DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



28 Février 1905 



3 2 5 



326 



discutable. J'ai trouvé son avis fort sage, 
j'ai attendu et aujourd'hui qu'il me fait 
fort aimablement remettre le fac-similé de 
la lettrej'e prends la plume. 

D'abord le mot le plus important << Le 
Président » n'est pas dans l'original ; je 
lis seulement : ....« la réception de Na- 
poléon Bonaparte, si vous voulez y assis- 
ter, etc.,» Il n'y a plus de doute, il ne 
s'agit plus de Napoléon III. 

Si ce fut lui qu'eût visé cette lettre, on 
l'eût appelé par son nom Louis-Napoléon 
Bonaparte et surtout on l'eût qualifié ou 
de son titre de Président de la Républi- 
que ou de celui d'Empereur, car il faut 
remarquer que la réception a lieu le 2 fé- 
vrier. Or, Napoléon III, depuis 181 5, n'a 
jamais été à Paris au mois de février 
qu'à partir de 1849, c'est-à-dire que lors- 
qu'il était au pouvoir. 

Or de qui s'agit-il ? mais de Napoléon 
Bonaparte tout simplement, comme il est 
dit dans la lettre ; c'est-à-dire du Prince 
Napoléon. 

Or, du fait qu'il était maçon, je l'ai 
toujours entendu dire par ceux qui le 
connaissaient le plus. Je me souviens 
même qu'on parla un jour de son affilia- 
tion à la maçonnerie devant la princesse 
Math ilde qui n'opposa aucun démenti, elle 
écoutait même la conversation comme 
quelqu'un qui en approuve le sens. La 
lettre, à mon avis, ne prouve donc pas 
que Napoléon III fut maçon et la ques- 
tion reste entière. Germain Bapst. 

* 
* * 

Que notre distingué collaborateur, dont 
on sait, en ces matières l'autorité, le scru- 
pule et la compétence, nous permette de 
lui faire remarquer que nous n'avons pu lui 
communiquer qu'un cliché. Mais si le pos- 
sesseur de la lettre le permet nous lui 
ferons tenir l'original. II verra sur l'auto- 
graphe un mot qu'il n'a pas lu sur le cli- 
ché, car il est, en effet, mal venu, c'est bien 
le mot président, après Napoléon Bona- 
parte, (5 e ligne). 

Ce mot est peu lisible, par suite de l'état 
du papier, mais il est, semble-t-il, de la 
même encre et de la même main que les 
autres mots. En ce cas, la très judicieuse 
critique de notre confrère, tomberait de- 
vant la matérialité — relative — du fait. Ce 
serait bien de Napoléon III qu'il serait 
question. Un de nos collaborateurs a de- 
mandé au Grand Orient des détails sur 
cette loge : il n'a rien reçu encore. 

La R. 



lïati$, iroutiatlUs qt tymimU* 



Une prétendue lettre de madame 
de Sèvigné. — Le catalogue de la 
Collection Cossilla (Turin, Biblioteca Ci- 
vica) attribue à « Madame la marquise de 
Sèvigné » et à l'année 1653, la lettre ci- 
dessous publiée. L'original est simple- 
ment daté De Paris, ce XXIII janvier 
et ne porte aucune signature. Les mentions 
de l'auteur et du millésime au bas de 
l'original y ont été inscrites par une main 
postérieure. 

La date de 1653 est exacte, comme le 
prouvent les allusions aux faits histori- 
ques contemporains contenues dans la 
lettre : l'arrestation du cardinal de Retz, 
ici appelé le nôtre, est du 19 décembre 
1652 ; l'occupation de Vervins par le 
prince de Condé est du 19 janvier 1653, et 
on la signale ici comme un fait récemment 
accompli. Cette occupation fut de courte 
durée, Condé ayant été délogé de cette 
place par les troupes françaises, le 28 jan- 
vier 1653. La lettre, qui signale le premier 
fait et ignore le second, ne peut donc avoir 
été écrite qu'entre le 19 et le 28 janvier 
1653. — L'attribution de la date 1653 à 
cette lettre est donc très justifiée. 

Mais une difficulté se présente alors : 
Une lettre écrite le 24 janvier 1653 et 
contenant une allusion au mari de la 
dame qui écrit, peut-elle être de Madame 
de Sévigné ? Le marquis Henri de Sévigné 
est mort le 6 février 1652, des suites d'un 
duel. — Nous trouvons à la fin de la 
lettre l'expression en l'absence de mon 
mari. Le mot absence peut-il s'interpréter 
ici par mott? Un tel emploi de ce mot 
serait pour le moins singulier sous la 
plume d'une veuve de moins de douze 
mois. D'après \e Lexique(Ed. Grands écri- 
vains), il ne semble pas que madame de 
Sévigné l'ait jamais pris en ce sens. Si 
donc absence a ici sa signification ordi- 
naire, et si le mari de notre auteur est 
encore vivant en janvier 1653, la lettre 
ne peut pas être de madame de Sévigné. 
L'écriture de l'autographe ne permet 
pas, ce semble, de chercher avec quelque 
probabilité à donner à cette lettre une 
origine précise. Le nom du destinataire 
est également incertain. Il y aurait enfin 
lieu de se demander si nous n'avons pas 



N- 1068, 



L'INTERMEDIARE 






s8 



affaire ici à un document faux et forgé de 
outes pièces. 

J'appelle sur cette lettre supposée l'at- 
tention critique de mes confrères, et je 
souhaite qu'ils apportent des éclaircisse- 
ments à ce petit problème. L. G. P. 

(Sans suscn'ption. Sans signature J (1) 

Paris 24 janvier 1653 

De Pans ce XXill ienvier 
J'avois n .\ Vostre Altesse RoyaIle(2) le 

dernier ordinaire qui li avoit grande aparance 
que M. le duc d'Orléans (3) pourait revenir 
bientôt à la cour ; mais il ni a plus de lieu 
présantement de l'espérer, Madame faisant 
estât de partir demain pour Palier trouver à 
Blois ; elle a esté cette après dinée prendre 
congé de Leur Maiestés, de qui elle a ressu 
milles caresses et milles compliments. 

J'avois aussi escript a V. A. R. que M. le 
cardinal Masarin devoitaitre ysi cette semaine 
(4). L'on dit que son voiage est retardé à cause 
qu'ayant apris que M. le Prince venoit metire 
ses troupes en cartier divert dans Vervin, il 
estoit allé avec celles du Roy pour l'anpecher; 
l'on dit que les deux armes (sic) sont pas pro- 
ches l'un de l'autre : la reine est dans une 
grande impaciance (5) d'en savoir des nou- 
velles et dans un grand dépit de la lettre de 
catre pages que le cardinal Barbarin (6) apris 
la liberté de lui escrire contre le sien (7) où 



(1) Au bas de la lettre sont les mentions : 
« 24 janvier 1653. Mad. la marquise de Sévi- 
gné. » — Cette lettre prétendue de Mme de 
Sévigné n'a pas été recueillie, même comme 
douteuse ou spuria dans l'édition Monmer- 
qué. 

(2) Probablement Mlle de Montpensier, la 
grande Mademoiselle, comme semble l'indi- 
quer la préséance donnée ici aux nouvelles du 
duc d'Orléans. Mais cette hypothèse n'est 
rien moins que sûre. 

(3) Gaston d'Orléans avait, par le traité de 
Limours et ses humiliants aveux obtenu une 
demi-réconciliation avec la cour, et il s'était 
retiré dans son apanage à Blois. 

(4) Le retour de Mazarin était réclamé, 
désiré et attendu depuis l'automne de 1652 ; 
il fut retardé par ces opérations militaires en 
Lorraine et en Champagne. Mazarin rentra so- 
lennellement à Paris le3février 1653. L'auteur 
de la lettre est bien renseigné. 

(5) Cette impatience se manifeste dans ses 
lettres au cardinal (Cf. Chéruel, Ministère de 
Masarin, I, appendice, pp 422-438). 

(6) M. Chéruel ne dit rien de ce pamphlet. 

(7) Le sien, son cardinal, Mazarin ; plus 
loin le nôtre, Retz. 



il noublie pas une seulle chose de tous ce que 
l'on peut dire contre lui. 

Le bruit cour toujours que l'on poura 
mettre bientôt le nostre en liberté. 11 a deman- 
dé avec instance un homme deglice pour aitre 
auprès de lui ; (8) il li en a eu trois de només 
pour cet effect et l'on n'a donné l'exclusion 
à deux ; nous espérons que Ion lui envoira le 
troisyème,qui est son vieux domestique et très 
fidelle (9). 

11 passa hier toute la soirée avec moy. et je 
ne manqué pas de lui dire toutes les bontés 
que V. A. R.a pour nostre ami, et tout ce que 
je juge nécessaire pour lui donner qeulque 
consolation dans son malheur. J'ay pensé 
qu'il seroit à propos que, devant que cet 
homme s'enfermât, qu'il eut une conversa- 
tion avec Monsieur le baron de Grili. Je leur 
en ay parlé a tous deux et ont aprouvé ma 
pensée. 

Un homme qui est assès bien informé des 
nouvelles de M. le Prince m'a dit qu'il étoit 
en quelque treté avec le cardinal Masarin (10), 
et que Gaucour, qui est un des grands négo- 
tiateurs du premier, étoit venu issi avec passe- 
port et qu'il avoit veu la Reine. 

Je supplie très humblement V. A. R. de 
me vouloir pardonner, s'il marive souvant de 
lui mander des choses qui ne ce trouve pas 
véritable Elle doit considérer que nous som- 
mes présantement dans un temps où il est 
presque impossible de savoir la vérité. Nostre 
cour n'est à cette heure remplie que de trom- 
perie, fourberie et menterie, et je proteste à 
V. A. R. que j'en serai (sic) déjà bien loin, 
sans la satisfaction que je reçois, en l'absance 
de mon mari, de rendre des preuves de mes 
respects et de mes obéissances à Vostre Al- 
tesse Royalle. 



(8) Retz ne fait pas allusion à une demande 
de ce genre dans ses Mémoires (Cf.éd. Feillet- 
Gourdault, IV, pp. 454 99.), et surtout 
480 : « Les instances du chapitre de Notre- 
Dame obligèrent la cour, etc. » 

(9) Etienne de Bragelonne, qui « était de 
longue main au Coadjuteur qui l'avait fait 
chanoine (Tallemant des Reaux, V. p 223 ; 
Retz, ibid. IV., p. 480.') On sait qu'il devint 
« mélancolique » en prison, et que dans un 
accès de fièvre il se coupa la gorge. 

(10) Nouvelle prématurée. 



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10 Mars 1905. 



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DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 



QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 

: — 330 ■ 



329 



(EEuedtiond 



Les tapisseries de la première 
manufacture des Gobelins (1601- 

1662). — La fondation de la manufacture 
des Gobelins remonte à 1601. Entre cette 
date et la réorganisation des ateliers sous 
Louis XIV, un grand nombre de tentures 
fort remarquables sont sorties de la mai- 
son du faubourg Saint-Marcel. Mais 
comme cet établissement se trouvait sous 
un régime tout différent de celui auquel 
il fut soumis sous Louis XIV, on a con- 
servé très peu de documents authentiques 
sur cette première fabrication. L'atelier 
était alors dirigé par les Couraus et les 
De la Planche. Il a produit des centaines 
et des centaines de pièces. On travaillait 
très vite et à tout prix. On commence à 
classer et à reconnaître les œuvres de 
cette époque et de cet atelier II y en a 
un certain nombre au Garde-Meuble Na- 
tional (Art émise, Diane, Psyché, Corio- 
lan, Constantin, l'Histoire ancienne, etc.), 
mais il en existe beaucoup chez des par- 
ticuliers, et même dans des cafés ou bras- 
series, par exemple dans une brasserie de 
l'avenue de l'Opéra. 

On serait reconnaissant aux amateurs 
qui signaleraient des tapisseries sorties de 
cet atelier primitif des Gobelins existant 
dans des collections particulières. Ces 
pièces portaient souvent, comme marque 
de fabrique, un P suivi d'une fleur de 
lis. Jaus. 



Date de la naissance de Cinq- 
Mars. — Cette date est fixée arbitraire- 
ment à 1620, et elle ne paraît appuyée 
par aucun document authentique. Connaît- 
on exactement le jour et le mois ? 

Cinq-Mars aurait été nommé capitaine 
des gardes en 1635 ; si cette date est 
exacte, elle concorde difficilement avec 
celle de 1620, puisqu'il n'aurait eu que 15 
ans ! 

Si ces lignes tombent sous les yeux de 
M. Hanotaux, l'éminent historien de Ri- 
chelieu, peut être obtiendrai-je une ré- 
ponse décisive. 

Lach. 

La Prêtresse des Turlupins. — 

Sur Jeanne d'Aubenton ou Daubentonne, 
prêtresse des Turlupins, brûlée à Paris le 
5 juillet 1372, le nouveau Répertoire 
Ulysse Chevalier n'indique pas d'autre 
source qu'un article de dictionnaire pa- 
ru en 1855. 

On connaît, d'autre part, les documents 
historiques anciennement imprimés ; mais 
n'a-t-on rien publié d'inédit depuis un 
demi-siècle sur cette intéressante figure 
du moyen âge hérétique ? P. L. 

Les pensions des Stuarts. — Sur 

quelles preuves authentiques reposent les 
affirmations suivantes souvent répétées : 

i° La femme de Charles I er aurait solli- 
cité une pension de Cromwell ; 

2 Georges III aurait donné en 1801 
une pension de 4.000 1. st. au cardinal 
d'York, plus tard Henri IX ; 

LI. 7 



N 1069 



L'INTERMEDIAIRE 



;>> 



33 2 



3° Georges IV aurait payé à Canova le 
monument élevé à Rome par ce sculpteur 
à Charles Edouard et à son frère Henri IX. 

Je connais l'ouvrage de Amédée Pichot 
sur Churles-Edouard. 

J. G. Bord. 

Louis XVII était-il le fils de 
Louis XVI ? — Le bruit court que des 
documents nouveaux auraient été trouvés 
établissant que Louis XVII était né des 
amours de Fersen et de Marie-Antoinette 
et que le Roi le savait, ainsi que son en- 
tourage immédiat. 

Quels sont ces documents ? 

S'ils apportent réellement une preuve, 
il est à peine besoin d'ajouter qu'ils expli- 
queraient pourquoi Louis XVII évadé n'a 
pas été soutenu par les royalistes ; pour- 
quoi la duchesse d'Angoulême a refusé de 
le voir et de le reconnaître ainsi pour 
héritier légitime de Louis XVI, etc. En 
un met, les principales impossibilités qui 
contredisaient les récits de Naundorff 
tomberaient d'elles mêmes, — avec sa 
cause, il est vrai. 

Ce coup de théâtre est-il confirmé ? 

S. 

Un trompette du pont d'Arcole. 

— Puisque l'on cherche les humbles héros 
des guerres de la Révolution et de l'Em- 
pire, je signalerai celui-ci en demandant 
des renseignements sur le personnage : 

Mathurin-Rodolphe Bonnet, capitaine 
retraité des chasseurs à cheval de la garde 
impériale de Napoléon I er mort à Ram- 
bouillet en 1862. Avait reçu une trom- 
pette d'honneur pour sa brillante conduite 
au passage du pont d'Arcole (17 no- 
vembre 1796). Ardouin-Dumazet. 

Brunswick et les diamants du 
Garde-meuble. — Pour expliquer la 
défaite et la retraite de Brunswick, cer- 
tains Allemands prétendent que le géné- 
ral de la coalition aurait trahi, acheté par 
les révolutionnaires français. Suivant 
eux, il faudrait établir un rapport étroit 
entre la retraite des alliés et le vol des 
diamants du Garde-meuble, survenu 
quatre ou cinq jours auparavant. Danton 
aurait fait simuler ce vol pour acheter 
Brunswick, dont la collection de pierres 
précieuses n'aurait pas d'autre origine. 



Trouve-t-on la trace de cette opinion 
autre part que dans une allusion obscure 
deSybel? . O.S. 

Le maire de Calais. — En feuille- 
tant un Annuaire du second Empire, je 
trouve sur la liste des autorités jouissant 
de la franchise télégraphique, le maire de 
Calais, seul maire entre tous ceux de 
France auquel on accordât un tel droit. 

Calais alors était une fort petite ville, 
son rôle comme point de passage pour 
l'Angleterre expliquerait la franchise, mais 
Boulogne aussi était point de départ de 
paquebot et, d'ailleurs, le service mari- 
time n'était pas dans les attributions delà 
municipalité. 

Quelle était donc la cause de ce privi- 
lège ? Ardouin-Dumazet. 

Armoiries à déterminer: de 

à 3 fasces de... surmontées d'une 
étoile de... — On demande à quelle 
famille appartenaient ces armes qui se 
voient sur un écu parti de la 2 e moitié de 
celles de la famille d'Armes? T. 

Le château de Domérat. — Quel- 
qu'un pourrait-il m'indiquera quelle épo- 
que le château en ruines de Domérat, 
arrondissement de Brioude (Haute-Loire), 
a été brûlé ou démoli ? A quelle famille 
appartenait-il ? Où pourrait-on trouver 
des renseignements sur la famille et sur le 
château ? J. de Bouchetout. 

La comtesse d'Albany. — La 

femme de Charles Edouard, née Stolberg 
aurait épousé, après la mort de son pre- 
mier mari (1788), le poète Alfieri avec 
lequel elle vivait depuis plusieurs années. 
A la mort d'Alfieri (1803), elle aurait 
épousé le peintre français Xavier Fabre, 
et serait morte à Florence en 1824. 
Est il possible de vérifier ces assertions? 
A-t-on relevé son acte de décès ? 

J. G. Bord. 

Prélat à retrouver. — A quel 
évêque ou archevêque (?) de la province 
de Lyon ou autre ou à quel prélat appar- 
tiennent les armes que je puis décrire 
ainsi : d'argent, au chevron de gueules, ac- 
compagne de trois étoiles a cinq rais d azur, 
au chef cousu d'or, à la bordure en grêlée 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 1905. 



333 



334 



de sable. Croix d'archevêque (??) vers 1440. 
Armes peintes sur un missel de l'époque. 

D. 

Anthoine du Prat. — Le P. Ansel- 
me nous dit que Louis de Sainte-Maure 
(fils de Jean et de Anne d'Humières) mar- 
quis de Nesle, comte de Joigny, etc. 
était encore sous la tutelle de Jules Beau- 
fils, son parent, quand, en 1538, il transi- 
gea avec Anthoine du Prat, touchant les 
biens de Charlotte de Chalon son aïeule. 
Qui pouvait être cet Anthoine du Prat ? 
11 ne peut être question du chancelier, 
puis cardinal, du même nom, mort en 
1535. T. 

Milord Arsouille.. — Lord Henry 
Seymour, qui fut si populaire sous le 
nom de « Milord Arsouille », est fort 
mal connu. Quelque intermédiairiste 
pourrait-il me dire s'il existe des lettres, 
des témoignages sur lui, publiés ou iné- 
dits, en dehors des Mémoires de Villemes- 
sant et d'Alton-Shée ? Pistor. 

Bigot de la Touanne. —Bigot de 
Villandry. — Qui pourrait me rensei- 
gner sur la descendance de Félix Bigot 
de la Touanne, marié à Caroline Bigot de 
Villandry dont deux enfants : i° Féli- 
cie-Blanche-Louise-Marie Bigot de la 
Touanne, née le ? à ? mariée à ? le ? à 
Henri-Gustave Le Royer de la Motte, né 
le ? à ? fils de ? — et 2 Félix-Charles- 
Auguste (marquis) Bigot de la Touanne, 
né le? à ? marié le ? qui habitait Orléans 
en 1873. M. G. Wildeman. 

Bryon. — Vers 1830, vivait à Paris un 
Anglais nommé Bryon. Ce curieux person- 
nage était d'une taille démesurée et d'une 
imagination fertile. 11 avait eu l'idée d'or- 
ganiser des relais de chiens de Terre- 
Neuve sur les bords des rivières pour se- 
courir les noyés. Son idée fixe était l'éle- 
vage. Il avait créé, au milieu du parc de 
Tivoli, un tir aux pigeons, où se réunis- 
saient quelques « fashionables » : c'est là 
que fut fondé le Jockey-Club Bryon est 
certainement pour beaucoup dans la pro- 
pagation des courses de chevaux en France. 
— Ces renseignements sont tirés de l'ou- 
vrage d'Yriarte sur les Cercles de Paris. 
Où pourrait-on en trouver d'autres? 

J.B. 



Le peintre John Constable. — Ce 

grand peintre de FEcole anglaise a laissé 
des paysages remarquables. J'ai constaté 
que souvent il peignait des chariots attelés 
de deux chevaux à l'abreuvoir sur les 
bords ou dans le lit d'une rivière. Coloris 
léger et étincelant, bon dessin, telles sont 
ses qualités. Je désirerais savoir si dans 
les masses d'arbres, il employait généra- 
lement ce ton bleuté que je constate sur 
un panneau qui est signé de ses initiales : 
J. C. je n'ai d'ailleurs trouvé aucun 
exemple de sa signature. Le dictionnaire de 
Siret dit que Constable aurait peu produit, 
il vécut de 1776 à 1837, long espace de 
temps. Je crois que cette opinion est dis- 
cutable. H. H. 

Alexandre Guérin, de Troyes, 
chansonnier. — Un personnage de ce 
nom, caissier de commerce chez MM. Hart- 
mann et fils, à Paris, fut enfermé à Sainte- 
Pélagie, après la saisie d'une chanson 
écrite par lui : les Femmes du peuple (sans 
doute en 1850). Le 9 janvier 185 1, il lan- 
çait une lettre-programme annonçant la 
prochaine publication de ses œuvres poé- 
tiques, dont un volume a paru sous ce 
titre : Album populaire. Chansons et po eues 
d'Alexandre Guérin (de Troyes). Extrait. . . 
Paris, in-12, février 185 1 . L'auteur avait 
alors 28 ans et habitait place Dauphine, 
n° 1 3 , au 5* étage ; il éditait lui-même son 
œuvre. 

Ce volume devait être suivi de quatre 
autres, annoncés comme étant « sous 
presse » sur la couverture du premier. 

Les recueils promis ont-ils paru ? 

Qu'est devenu Alexandre Guérin ? 

L. M. 

Piarron de Ghamousset, mé- 
decin. — Pourrait -on m'indiquer un 
ouvrage récent sur le philanthrope Piarron 
de Chamousset ? 

Serait-il possible de savoir s'il avait ob- 
tenu ses grades de médecin devant une 
Faculté quelconque ? Tinmar. 

* * 
Voir le livre de M. Martin-Ginouvrier, 

Un philanthrope méconnu au XVIIP siècle. 
Piarron de Chamousset., Dujarric, Paris, 
1905. 

La France médicale, 10 février 1905, 
p. 49, sous la signature de son directeur, 
écrit : 



N* 1069. 



L'INTERMEDIAIRE 



335 



336 



Nous aurons l'occasion de reparler de ce 
livre, car un jour prochain, nous résumerons 
ici toute la partie de cette œuvre qui touche à 
la médecine. 

Piarron de Ghamousset n'appartenait 
pas à la Faculté. 

Les cendres du marquis de 
Pombal. — On lit dans les Mémoires de 
Marbot, tome II, page 405 : 

Le corps du marquis de Pombal reposait, 
avant notre arrivée, dans un magnifique tom- 
beau construit sous un immense mausolées, 
dont' l'architecture est fort remarquable. Le 
monument avait été saccagé par les traînard 
de l'armée anglaise. Ils avaient ouvert le 
cercueil, jeté les ossements sous les pieds de 
leurs chevaux logés dans l'intérieur du vaste 
mausolée dont ils avaient fait une écurie. 

D'autre part, on lit dans la Biographie 
générale Hoëfer : 

La petite chapelle du bourg de Pombal a 
longtemps renfermé son cercueil ; mais cer- 
taines haines politiques survivent aux juge- 
ments des nations, et les cendres d'un des 
plus grands hommes du Portugal ont été dis- 
persées et abandonnées, dit-on, aux animaux 
immondes. 

Comment concilier ces deux versions? 

J. DE BOUCHETOUT. 

Octave Roland, peintre (1830). 

— Quel était l'état civil de ce peintre qui 
exposa de 1830 à 1847, les biographes 
sont muets à cet égard. J'ai retrouvé une 
de ses toiles qui figura à l'Exposition de 
1833 : Une scène de moissonneurs. Des 
paysans sont groupés autour d'un cal- 
vaire. Interprétation originale, bon colo- 
ris ; ce peintre avait du talent, et je de- 
mande quelques renseignements sur son 
compte. H. H. 

Les comtes du Saulchoy. — Quel 
que historien bien informé pourrait-il me 
dire l'origine de la noblesse des comtes 
du SaulcboyïEst-ce sous l'Empire premier, 
est-ce avant, que cette noblesse prend son 
origine et son titre, ou bien est-ce simple- 
ment un titre fantaisiste ? 

Marius Vert. 

Les Serpens. — A quelle famille se 
rattachaient les « Serpens v>, seigneurs de 
la baronnie de Loudes (Haute-Loire) qui 
relevait des ducs de Polignac ? Existe-t-il 



quelque part, manuscrit ou imprimé, un 
ou des ouvrages qui en parlent ? 

J. de Bouchetout. 

Io et Jupiter, gravure de Le 
Grand. — Le graveur Hyacinthe LeGrand 
a reproduit une planche in-folio portant 
ce titre et signalée par le Manuel de Le- 
blanc, sans indiquer le peintre auteur du 
modèle. 

Quel est le nom de cet artiste ? 

Sus. 

« En façon d'argent » au XVI 8 
siècle. — Dans un inventaire de mobi- 
lier de la fin du xvi e siècle, on trouve des 
pots, des vases et une salière d'étain, en 
façon d'argent. On désirerait savoir si 
c'était une espèce de métal blanc, ou si 
c'était de l'étain argenté au mercure. 

D r Bougon. 

Le livre de Marie d'Espagne. — 
Cette veuve de Charles II, comte d'Alen- 
çon, avait fait rédiger, vers le milieu du 
xiv e siècle, un registre dit le Livre de Marie 
d'Espagne comprenant tous les titres et 
aveux de ce fief considérable. On prétend 
qu'il est perdu. Odolant Desnos l'avait 
vainement recherché pour ses Mémoires 
au xvm e siècle. Mais il existe de nom- 
breux extraits disséminés dans les aveux 
postérieurs des xv e ,xvi e etxvii* siècles ; j'en 
possède moi-même quelques-uns. 

Ne pourrait-on les réunir et par cette 
compilation reproduire au moins partiel- 
lement ce précieux manuscrit ? Sus. 

Sur deux rimes de « Cyrano ». — 

M. Rostand fait improviser une ballade à 
Cyrano de Bergerac sur des rimes en entre. 
C'est une singulière idée, attendu qu'à 
l'époque de Cyrano on ne connaissait que 
trois rimes ainsi consonnantes : feutre, 
neutre et calfeutre (voir le Grand diction- 
naire des Rimes Françoises deLANOUE, 1624, 
p. 141). Et chacun sait que pour une bal- 
lade une rime triple ne suffit pas. 

L'auteur en ajoute une quatrième par 
un procédé assez naïf, mais qui est bien 
du temps : 

11 me manque une rime en eutre. 

Le mot maheutre lui donne la cinquième. 
Malheureusement il se prononce mabutre 
et ne rime pas du tout avec feutre, quoi 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



337 



338 



10 Mars 1905. 



qu'en dise un dictionnaire de rimes pos- 
térieur. Le mot est d'ailleurs en désuétude 
sous Louis XIII. Cotgrave l'inscrit sous la 
forme mabutte. 

Quant à la sixième rime, « pleutre », 
elle est tout à fait impossible. Pleutre est 
un mot de patois picard importé à Paris 
à la fin du xvm° siècle, et que le gascon 
Cyrano ne pouvait pas connaître cent cin- 
quante ans plus tôt. Le dictionnaire de 
Leroux lui-même l'ignore encore en 1780 ; 
on ne le trouve enregistré qu'en 1798. 

Un Passant. 

Histoire de la maison d'Harcourt 
par De la Roque. — En mai 1903, M. 
Bridoux, libraire à Tours, a vendu la bi- 
bliothèque de M. P. de Farcy. Sous le n° 
239 du catalogue figurait l'ouvrage ci- 
dessus, accompagné, paraît-il, d'une table 
manuscrite comprenant « près de 15.000 
noms et environ 84.000 citations ». 

Tous ceux qui ont dû consulter les 
quatre in folio de De la Roque savent 
combien les recherches y sont pénibles. 
Aussi, on désirerait savoir quel a été l'ac- 
quéreur de la table dressée par M. de 
Farcy pour son usage personnel et si 
l'on pourrait espérer de la voir publier. 
L'importance de l'ouvrage et la richesse 
des documents qui y figurent donnent à 
penser qu'il se trouverait des souscrip- 
teurs pour couvrir les frais de l'édition. 
M. Bridoux, interrogé à la suite de la 
vente, n'a pas pu ou voulu donner l'a- 
dresse de l'acquéreur. Margeville. 

rne phrase de Condorcet. — Je 

vous serais très reconnaissant si vous 
vouliez bien demander à vos lecteurs, 
savants et obligeants, si l'un d'eux pour- 
rait me dire où se trouve le passage sui- 
vant (si plein de vérité) : 

Au lieu d'étudier les choses que nous vou- 
lions connaître, nous avons voulu les ima- 
giner et, de suppositions en suppositions, nous 
nous sommes égarés parmi une multitude 
d'erreurs. Puis, il est arrivé que ces erreurs 
étant devenues des préjugés, nous les avons 
prises pour des principes. 

C'est de Condorcet ; mais dans quel 



ouvrage 



? 



Un lecteur. 



Châle. — A quelle époque précise les 
châles ont-ils commencé à être en usage 



en France, et quel est le plus ancien 
exemple de ce mot ? 

Le Dictionnaire de MM. Hartzfeld, Dar- 
mesteter et Thomas s'est donné pour tâche 
d'indiquer le plus ancien exemple de cha- 
que mot français, en poursuivant cette 
enquête jusqu'à la fin du xvm e siècle. Les 
mots créés au xix e siècle sont accompa- 
gnés de la mention : néologisme, ce qui 
est le cas pour châle ; mais à tort, puis- 
qu'on trouve ce mot dans les Souvenirs de 
mon dernier voyage à Paris, qui ont été 
publiés en 1797, par Henri Meister. 

Debaels. 

Jet d'huile à la mer pour apaiser 
la houle. — L'huile possède la propriété 
inexpliquée de calmer les flots en fureur. 
Ce moyen permet aux capitaines de parer 
à certains dangers et facilite l'accostage des 
navires en détresse. 

La Chambre de commerce de Dunker- 
que, dans un but humanitaire, encourage 
l'utilisation de ce procédé. Elle décerne 
des prix aux capitaines se livrant à la 
pêche d'Islande, dont les rapports déno- 
tent un mode d'emploi judicieux de 
l'huile jetée à la mer. 

Nos ancêtres connaissaient cette pré- 
cieuse ressource réservée aux marins en 
danger. Nous en trouvons la preuve dans 
un recueil publié en 1661, ayant pour 
titre : Les vs et covstvmcs de la mer : 

Les premières choses à jetter en cas de dan- 
ger sont les vstenciles lourds de la nef. Si 
pour cela le nauire n'est allégé de tormente, 
seront après jettées les marchandises d'entre 
deux tillacs ; et s'il faut venir à celles d'en 
bas et qu'il y ait huiles entre les marchandises, 
sera la première prise, parce qu'ordinairement 
elle apaise et adoucit la tormente de la 
mer. 

Les plongeurs pescheurs de perles au golfe 
de Perse en portent toujours la bouche pleine 
qu'ils lâchent et débitent aux occasions pour 
plus facilement voir et trouver au fonds de la 
mer les coquillages de nacre. R. P. Philippe 
delà Ste Trinité religieux, carme deschaux ; 
troisième Hure de ses voyages chap. 7. Le 
castillan dit : A^cyta la mar ; c'est-à-dire : 
la mer est calme et tranquille comme huyle. 

Pourrait-on me dire si le filage de 
l'huile à la mer pour la calmer était pra- 
tiqué à une époque bien antérieure à celle 
que je viens de citer et quelles sont^ les 
premières nations qui ont eu recours à ce 
moyen de sauvetage ? Henri L. 



N° 1069. 



INTERMEDIAIRE 



339 



340 



Eépanees 



Elvire. Où est sa sépulture (T. G. 
31 1 ; LI, 227). — M. R B. nous dit que 
Julie des Hérettes habitait la Grange près 
Tours et que c'est de ce côté qu'il faudrait 
chercher la tombe d'Elvire. Qu'est-ce que 
la Grange ? Un château ou un village ? 
M. R. B. pourrait-il donner sur la Grange 
quelque indication qui aiderait à des re- 
cherches de ce côté? 

Un Tourangeau. 

La délation est une vertu (LI, 164, 
238. — Ce pouvait être l'opinion de Mira- 
beau, mais c'était sûrement la conviction 
des patriotes de 1793. Lire à ce sujet 
le Compte rendu aux patriotes de Maine- 
et-Loire par le i tT comité de surveillance 
et révolutionnai) e de la commune d' Angers 
du 25 nivôse, an troisième de la Répu- 
blique, d'où j'extrais ce passage : 

Les dénonciations, odieuses dans l'ancien 
régime parce qu'elles servaient la tyrannie, 
étant devenues légitimes parce qu'elles tendent 
aujourd'hui au. bien de tous, le Comité invite 
tous les bons citoyens à venir leur déclarer 
tout ce qu'ils sauront contre les intérêts de la 
République. 

L'imprimé en question, tiré à 500 
exemplaires, devait être distribué à tous 
les bons citoyens (22 août 1793, an i er de 
la mort du tyran et le 2 e de la République ; 
page 35, art. V.) René Villes. 

Réception de Napoléon-Bona- 
parteà la loge des Amis delapatrie 
(LI, 160, 324) — A mon sens, il est 
presque certain que Napoléon III a été 
franc-maçon et son carbonarisme m'ap- 
paraît également peu discutable ; on 
s'expliquerait mal, sans cela, son rôle 
dans l'insurrection des Romagnes. Je vais 
plus loin : il dut l'être à la fois par poli- 
tique et par sentiment. A cette époque — 
heureuse ! — la franc-maçonnerie servait 
la cause de la liberté, et l'enfant favori de 
la reine Hortense. élevé par Le Bas, fils 
de l'ancien conventionnel, combattant en- 
suite à Bologne à côté du colonel Ar- 
mandi, carbonaro notoire, défendant enfin 
les idées populaires et républicaines contre 
les théories bourgeoises et souvent fort 
peu démocrates de Louis-Philippe, devait 
être franc-maçon. — Quant au prince 



Napoléon, je puis apporter la preuve 
absolue qu'il était fils du Pélican blanc. 
J'ai, en effet, entre les mains un brevet 
de franc-maçon donné « l'an de la O .*. 
L.-.cinq mil (.>/c) huit cent quarante- 
sept, le septième jour du mois de Nissan » 
qui porte la signature du prince : «Napo- 
léon Bonaparte ». Ce brevet a été délivré 
par la loge de « l'Etoile Polaire, vallée 
des Batignolles » au père d'un relieur qui 
a eu la complaisance de me le prêter. 
Cette pièce est d'une authenticité indis- 
cutable. FlALIN DE PeRSIGNY. 

* 

L auteur de la communication, M. Arm. 
D., nous adresse la lettre suivante, qui 
explique comment une erreur s'est glissée 
dans la lecture delà lettre relative à l'ini- 
tiation maçonnique de Louis-Napoléon 
Bonaparte : 



Cher Monsieur, 
Monsieur Germain Bapst 



Nous 
de la 



a raison ! 
avons mal lu les deux derniers mots 
5 ligne de la lettre Peautelet. 

Dès réception du n° de Y Intermédiaire du 
28 février, j'ai procédé sur l'original, à l'aide 
d'une forte loupe, à une vérification minu- 
tieuse ; et s'il m'a été impossible de recons- 
tituer les lettres composant le dernier mot de 
la 5* ligne, j'ai pu me convaincre que les 
deux lettres qui le précèdent forment le mot 
si et non le mot le. Dès lois plus de doute, 
car éclairé parle contexte, il faut bien lire si 
vous, au lieu de Le Pent, 

Les circonstances les plus atténuantes ne 
feraient pas défaut à l'erreur commise, puis- 
que trois des quatre personnes à qui j'avais 
communiqué l'original, avant de vous le sou- 
mettre, ont lu comme nous ; mais est-il né- 
cessaire de les invoquer, lorsque de tiès bonne 
foi on s'incline devant la rectification de 
M. Germain Bapst ? 

Je pense aujourd'hui comme lui que la 
lettre s'applique à la réception du Prince 
Jérôme. 

Veuillez agréer..., etc. 

Arm. D. 

Donc, — lue sous l'empire de la sug- 
gestion — - la lettre Peautelet n'établit 
rien quant au problème de l'initiation ma- 
çonnique de Napoléon III Fut-il ou ne 
fut-il pas franc-maçon ? Nous continuons 
à ne posséder aucun document qui donne 
une précision dans un sens ou dans l'au- 
tre. 

La lettre Peautelet — que nous avons 
publiée — prouve ce qui était moins dou- 
teux, mais ce qui n'est qu'aujourd'hui et 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 1905 



34i 



342 



pour la première fois établi par cette 
lettre (et la communication de M. Fialin de 
Persigny)que le prince Napoléon Bonaparte 
— le prince Napoléon — a été reçu franc- 
maçon. Nous connaissons maintenant 
la loo;e où il fut initié et la date de cette 
initiation. 



Barbe-Bleue et Gilles de Rais (L, 
833, 901 ; LI, 21, 120, 231, 285). — Je 
viens de lire l'article de M. S. Reinach 
sur Gilles de Rais dans la Rev. de l'Univ. 
de Bruxelles (1904, déc). Comme je l'ai 
déjà dit, ici même, il y a longtemps que 
je soupçonnais qu'il n'y avait en cette 
affaire que superposition de légendes, 
comme cela arrive si souvent en folklore 
mégalithique ou plus récent. A la suite 
des débauches artistiques et de la condam- 
nation de Gilles, on lui accola le surnom 
de Barbe -Bleue, bien connu dans la région 
vendéenne, grâce à des faits antérieurs que 
j'ai rappelés. Mais, avant d'en dire plus 
long, je tiens d'abord à consulter l'ou- 
vrage de Vizetelly : ce que je n'ai pu 
encore faire. 

Qu'on me permette de remarquer tou- 
tefois que M. Reinach parle toujours de 
l'Anjou, sous prétexte que le château 
principal de la famille de Gilles était 
Ghamptocé ; mais Tiffauges est en Ven- 
dée, et Machecoul en Loire-Inférieure ; 
de plus il ne parle ni de Pouzauges, ni de 
la Garnache, aussi en Vendée. Je sais 
bien que ces châteaux furent apportés en 
dot à Gilles de Rais, par sa femme ; mais, 
en Vendée, on fait jouer un grand rôle, 
entre autres au château de Pouzauges. Je 
répète que j'ai proposé défaire des fouilles 
à Pouzauges et à Tiffauges, que j'ai visité 
encore en juillet 1904 [Rev. Tour ing Club, 
1905, février], et qu'on laisseces propo- 
sitions sans réponse. 

J'ajoute que j'ai posé ici une question 
sur la date du mariage de Gilles de Rais. 
Mais d'abord, est-ce bien fin 1404, (Uzu- 
reau), comme le répète M. S. Reinach, qu'il 
est né. En Vendée, nous n'admettons que 
1405 ? Puis est-ce bien le 20 novembre 
1420 qu'il s'est marié ? Si oui, il n'aurait 
eu alors que 1 5 ans ; il était bien jeune ! Il 
est vrai que, pour une âme bien née... 
M. Salomon Reinach admet pourtant la 
date de 1420. 

Pour moi, je crois que ce mariage est 
en réalité postérieur et, si j'avais pu con- 



sulter tous les textes dont je connais 
l'existence, je donnerais une date pré- 
cise ; mais je ne dois pas, pour l'ins- 
tant, en dire davantage. Et je de- 
mande à nouveau quelles sont les piè- 
ces qui prouvent que Gilles de Rais était 
marié, déjà quand il était à l'armée, aux 
côtés de Jeanne d'Arc (1428), et surtout 
se distingua auprès du duc de Bretagne 
en 1421, alors qu'il avait 16 ans ! 

Toutes ces dates sont un peu douteu- 
ses ; et il faudrait les d^cuter pied à pied. 

J'aurais beaucoup à dire sur l'affaire des 
squelettes. Je ne vois pas bien comment on 
put les transporter par eau, comme le 
répète M. Reinach, à Machecoul (Loire- 
Inférieure), et comment une barque put 
abordera ce château, de 1435 à 1440, quoi- 
que je sache très bien que le Marais de 
Mont était sous l'eau au moyen âge, et que 
le golfe de Machecoul ait évidemment 
existé à l'époque romaine ! Nous avons, 
en Vendée, des preuves d'une telle impos- 
sibilité, en 1440. 

A mon avis, pour être débrouillée, 
l'histoire de Gilles de Rais doit être étu- 
diée désormais sur place, sur le terrain, et 
par des fouilles, comme la légende de 
Barbe bleue ; ce n'est plus là un travail 
de paléographe ou de bibliothécaire. 

D r Marcel Baudouin. 

Le cardinal de Ronan et la franc- 
maçonnerie (XLIX ; L, 455, 681,746 ; 
LI, 60, 176, 233, 290). — Nous recevons 
la lettre suivante : 

Monsieur, 

Le Courrier de la Presse nous a fait con- 
naître la note que vous avez fait paraître 
dans votre numéro du 28 février, à propos de 
mon article paru dans Y Acacia de janvier. 

J'ai trois rectifications à y apporter. 

La première porte sur ce tait que j'aurais 
dit « que Cazotte n'appartint pas à la secte 
de Misraïm ». Je n'ai pu écrire cela puisque, 
dans le même article, j'ai dit que le rite de 
Misraïm fut fondé en 1804, et que Cazotte 
fut guillotiné en 1793. 

C'est des Illuminés, des Illuminés bavarois 
de Weisshaupt que j'ai parlé, en donnant 
pour argument que cette société n'exista pas 
en France. 

La seconde rectification a trait au mot Mis- 
raïm, pour lequel vous avez substitué le mot 
les Egyptiens a. celui les Egyptes (la haute et 
la basse) que j'ai employé. 

Enfin, j'ai dit, à propos de Cagliostro, que 
rien ne prouve qu'il fut réellement franc- 



hj' ;< 



L'INTERMEDIAIRE 



343 



344 



rriacpn, et vous nie faites dire que « rien ne 
prouve qu'il ne fut réellement franc-maçan. » 
Ce n'est pas la même chose. 

Recevez, Monsieur, mes salutations em- 
pressées. O. Pontet. 



* 



Avant la Révolution, il y avait à Tulle : 
Les Coeurs unis (sans date de constitu- 
tion) et l'Intime Fraternité constituée en 
1786 et reconstituée en chapitre, en 1806. 

J. G. Bord. 

Il y avait à Tulle, avant la Révo- 
lution, la loge de l'Intime Fraternité, 
dont le Vénérable était le F.". Dubois, 
baron d'Escordal, chef de brigade d'artil- 
letie, et le Député le F. - . deGalhrd, che- 
valier de Saint-Louis, rue de la Tixanderie, 
près celle des Coqu lies. 

Cette loge faisais partie de la province 
du Limousin, corre pondance du G. O. 

Extrait du TabL^a aphabciiquc des loges 
du Grand Orient oc France en ij8S. 

— Sus. 

Les Bénédictins francs-maçons 
(Ll, 58,181 ,243 , 292). — Le travail réclamé 
par M. A. Tardieu est à peu près terminé, 
et je compte, avant la fin de l'année, pu- 
blier un Etat des Loges maçonniques en 
France et aux Colonies de 1721 à 18 15. 

|e trouve de nombreux membres du 
clergé parmi les francs-maçons sous l'an- 
cien régime. En particulier pour l'année 
1776, je relève, au hasard : 

Beauvais. — La Vraie Union (2 octobre 
17(53) Vénérable : Doisnel prêtre, grand 
vicaire de la cathédrale. 

Belley. — Les Trois Souhaits (16 
juillet 1774)- Secrétaire : Rubat, cha- 
noine de la cathédrale. 

Chalon-sur-Saône. — Union Parfaite 
(31 janvier 1774). A. -M. abbé Mailley, 
chanoine de la cathédrale, prieur de 
Montcharvey. 

Glanfeuîl (près Angers) — Le Tendre Ac- 
cueil (i cr décembre 1774). Vénérable : 
Le Grand, bénédictin prieur de l'abbaye 
de Saint-Maur. Secrétaire : Paillait, au- 
gustin, prieur de la communauté d'An- 
gers. 

Guise. — La Franchise (21 février 1774). 
Vénérable : Cavenne, supérieur des mini- 
mes. 

Langres. — La Bienfaisance (29 avril 
1775). Secrétaire: Charbonnel, chanoine 
de Langres. 



Le Monasticr. — Etroite Union (13 
mai 1775). Secrétaire : Lavie, bénédic- 
tin. 

Narbonnc. — La Parfaite Union. (20 
septembre 1768). Vénérable : Broquise, 
religieux minime. Député : abbé de Mont- 
morency-Bouville (L'abbé de Montmo- 
rency était également député de la Loge 
de la Peine à l'O. .".de Tarbes). 

Niort. — Intimité (6 février 1774). 
Vénérable : Berton, prêtre. 

Orléans. — Jeanne d'Arc de la Parfaite 
Union (17 décembre 1760). Secrétaire : 
Saint-Charles, carme déchaussé. 

Ouimpcr. — Parfaite Union (10 mars 
1770). Vénérable: abbé Reymond, cha- 
noine. 

Rochefori . — Aimable Concorde (17 
mai 1755). Député : abbé du Rousseau. 

Valence. — La Sagesse (27 décembre 
1765). Secrétaire : Bancel, chanoine de la 
cathédrale. Député, abbé Reymond. 

Lors de la tenue du G /. O .*. du 22 
octobre 1773, je vois figurer parmi les 
membres présents : 

Abbéjossot. 4 e expert; 

Alexandre- Guy Pingre, chanoine, bi- 
bliothécaire de Sainte-Geneviève, astro- 
nome, membre de l'Académie des scien- 
ces ; 

Abbé Pierre-Marie Jardin, orateur; 

Thomas du Rousseau, prieur de la con- 
grégation de Sainte-Geneviève, orateur : 
Abbé Reymond de Saint-Thomas, chape- 
lain des Quinze-Vingts ; 

Loth, religieux minime ; 

Abbé Jean- Baptiste -François Rozier, 
président de la chambre des Provinces. 

C'est l'abbé Rozier qui présenta le 
maillet au duc de Chartres. 

Lors de l'initiation de Voltaire, en 1778, 
à la Loge des Neuf Sœurs, je vois figurer 
les abbes Cordier de Saint-Firmin, Bignon 
et Remy. 

Enfin, je signale, à titre de pure curio- 
sité, une anecdote publiée par Cladel dans 
le journal l'O; ient (p 82). 

Le pape Benoît XIV, après avoir con- 
firmé la bulle de Clément XII contre les 
francs-maçons, entraîné par un de ses 
courtisans affilié à l'ordre, se serait fait 
initier à la suite d'une sérénade qui lui 
aurait été donnée par un orchestre de 
francs-maçons ! 

Je serai très reconnaissant à M. A. 
Tardieu de vouloir bien me donner quel- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 



1 905 , 



— 345 — 

ques renseignements sur les Loges d'Au- 
vergne encore dans les ténèbres. 

Je n'ai relevé jusqu'ici que : 

Clermont-Ferrand. — Franche Amitié 
(1753) : Parfaite Union ; Saint-Michel de 
la Paix ; 

Ambert. — Saint-Jean d'Ambert{i8o4) ; 

Riom. — Saint-Amable (1774) ; 

Thiers. — Vrais Amis (1754) ; Parfaite 
Union (1803) ; Saint-Genest des Amis de 
la Vertu (1775) ; 

Ain illac. — Zorobabel ; 
vernement (1803) ; 

Saint-Floiir, — Parfaite 



346 



amis du Gou- 



Union (1781). 
J. G. Bord. 



On lit dans les lettres du lieutenant 
général de police de Marville publiées par 
la Société de 1 histoire de Paris et de 
l'Ile de France, à la date du 20 juin 1745, 
ce qui suit : 

Les trois bénédictins qui étoient dans la 
loge des francs-maçons qui a été surprise le 
mardi de la Pentecôte, dans l'hôtel de Sois- 
sons, sont de Saint-Martin-des-Champs, et le 
traiteur qui devoit fournir le repas a été con- 
damné vendredi à 3.000 francs d'amende. Il 
étoit venu plus de deux cents francs-maçons 
à l'audience. 

Le 20 décembre de la même année, ils 
ont fait l'objet de ce rapport : 

On étoit instruit, depuis du temps, qu'il 
se tenoit à l'hôtel de Soissons des assemblées 
de francs maçons, qui devenoient de jour en 
jour plus nombreuses, et dont tous les voi- 
sins étoient scandalisés. En conséquence, on 
a pris des mesures pour tâcher de les sur- 
prendre. Mardi 8 de ce mois, s'y étant trans- 
porté, on a trouvé quarante-deux francs- 
maçons assemblées ensemble et tou; prêts à 
faire une réception On a saisi leurs livres et 
la plus grande partie de leurs ustensiles. Une 
partie de ces francs-maçons a été amenée 
chez \& lieutenant de police, qui leur a fait 
une réprimande. Dans la compagnie il y 
avoit trois. bénédictins, du reste des marchands 
et autres gens d'assez bas étage. Les francs- 
maçons sont fort intrigués de cette aventure, 
et ont même fait des menaces à ceux qui les 
avoient surpris. 

Déjà en 1744, ils avaient menacé de 
représailles M. de Marville. 

Paul Pinson. 



Modèles en relief de la Bastille 

(T. G., 91 ; LI, 235. — Je possède un 
modèle en relief de la Bastille : il forme 
tabatière et est en étain. 



Sur le couvercle on lit encore : « pris e 
par les.... » et dans l'intérieur on a grav^ 
les mauvais vers qui suivent : 

Ce fort fut la force des despotes 
De la vengeance et la tyrannie 
La liberté par ses droits plus forte 
L'a détruit par sa vive énergie. 

La Guesle. 

Convention nationale. Premier 
président (LL219). — M. J.-J. Guiffrey, 
dans sa liste des Conventionnels, donne, 
pp. 32 et 33, une liste des présidents de 
la Convention. Voici le passage relatif à la 
première séance : 
1792,20 septembre : Riihl, doyen d'âge, 



Pétion. 



élu. 



président 
B. 



Une déesse de la Raison, plus 
tard ministresse de Louis XVIII 
(LI, 219). — Le comte de Corbière, mi- 
nistre d'Etat, épousa, le 12 janvier 1800, 
Anne-Marie-Esther de la Marre, veuve, 
depuis 1794, d'Isaac-Guy-René le Chape- 
lier, et décédée à Rennes le 6 octobre 
1856. 

Avait-elle été déesse de la Raison ? 
G. P. Le Lieur d'Avost. 

* * 
« Est-ce bien exact ? » On peut, avec 

assurance, répondre : Non. 

L'inauguration du culte de la Raison 
remonte, si je ne me trompe, au mois de 
novembre 1793, et, en Bretagne, au plus 
tôt au mois de décembre ; or, à cette 
époque, depuis longtemps déjà, M. du 
Plessis de Grenédan n'était plus qu'un 
proscrit. 

Ce qui est vrai, c'est qu'en 1789, il 
avait adopté, avec un enthousiasme ju- 
vénile, les idées humanitaires alors en 
vogue, ce qui lui avait valu à Rennes, 
une immense popularité. Lévôt (Biblio- 
graphie bretonne), très éloigné des opi- 
nions que professa plus tard le député 
d'extrême droite de la Restauration, très 
peu suspect par conséquent, dit de lui : 

«... Croyant pouvoir faire quelque bien, 
il se rendit au vœu de ses compatriotes qui 
l'élurent maire de Rennes le 10 décembre 
1792. Dans ces périlleuses fonctions, il ne 
cessa de lutter contre la violence, résistant 
aux représentants du peuple Sevestre et Billaud- 
Varennes, protégeant les prisonniers, leur dé- 
livrant des passe-ports, contenant les so- 
ciétés populaires, etc. Le premier et le plus 



N° 1069 



L'INTERMEDIAIRE 



347 



348 



ardent promoteur à Rennes de la levée dé- 
partementale, il rédigea avec Gilbert les 
adresses menaçantes envoyées à la Convention 
après le 31 mai. 11 accueillit et protégea plu- 
sieurs proscrits, entre autre Lanjuinais, son 
maître et son ami... 

« De tels actes ne pouvaient trouve r grâce 
devant le Comité de Salut public. » 

Il y mit le comble par une lettre de san- 
glants reproches qu'il écrivit aux mem- 
bres du farouche comité. 

« Ceux à qui s'adressait cette foudroyante 
protestation, continue Levot, y répondirent 
par un ordre d'arrestation qu'un courrier ex- 
traordinaire apporta à Rennes le 9 août 179}. 
Carrier, de son côté, avait mis au prix de 
deux cents louis la tête de du Plessis de Gre- 
nédan, qui, cédant alors aux instances de sa 
famille et de ses amis, consentit à se sous- 
traire par la fuite à une mort inévitable ». 

La posture qu'on lui prête à la fin de 
cette même année ou au commencement 
de la suivante, n'a pas besoin, je pense, 
d'une autre réfutation. P. du Gue. 

La capitulation de Paris et le 
comte d'Hérisson ^1,163,239,296). — 
J'ai été très intimement lié avec le comte 
d'Hérisson et il m'a plus d'une fois ra- 
conté l'épisode en question. Le comte 
d'Hérisson était un des hommes les plus 
loyaux, les plus braves et les plus 
chevaleresques que j'aie rencontrés en 
ma vie : un vrai caractère possédé du 
noble besoin de vérité et de jus- 
tice. Je suis absolument de l'avis du 
D r Bougon que ceux qui ont eu l'hon- 
neur de bien le connaître, ne douteront 
pas de sa parole. Je dis cela aussi bien pour 
ce qui concerne le fait de la capitulation 
de Paris que celui se rattachant à José- 
phine de Beauharnais et à l'évasion de 
Louis XVII, au sujet duquel fait, récem- 
ment, un de nos collègues intermédiai- 
ristes fit, bien à tort, une remarque peu 
bienveillante et peu justifiée à l'égard du 
comte d'Hérisson. Otto Friedrichs. 

Forme primitive de la confes- 
sion (LI, 4, 131, 244). — Voici les ren- 
seignements que me d, mande M. La Brè- 
che : 

i° Paul de Tbébes. — Il y a confusion, 
en effet, dans les termes de ma commu- 
nication que j'ai faite aussi courte que 
possible, à titre de renseignement sur la 
question posée et sans vouloir me lancer 



dans des considérations historiques et 
théologiques à perte de vue. 

Il s'agit de la Vie Je Paul de Thébes 
par saint Jérôme, qui raconte les derniers 
moments de l'ascète égyptien, alors âgé 
de plus de cent ans. Saint Antoine le vi- 
site. Paul sent venir la mort et ne se con- 
fesse pas. Si la confession auriculaire 
avait été en usage, Jérôme l'eût mention- 
née. Dès que le concile de Latran eut 
donné force de loi à la confession auricu- 
laire (canon 21) elle fut mentionnée cha- 
que fois dans les vies des saints les plus 
marquants. 

2 Thomas d'Aquin. — Il s'agit du com- 
mentaire que ce docteur a publié sur le 
Livre des Sentences de Pierre Lombard. A 
propos de la 4* sentence, saint Thomas 
reconnaît que la confession à Dieu était 
légitime, mais qu'elle ne l'a plus été dès 
la promulgation des canons de Latran. 

Si j'ai parlé des Novatiens, c'est pour 
répondre à l'objection que j'ai entendu 
faire souvent : « si la confession auricu- 
« laire n'avait pas existé, les Novatiens ne 
« l'auraient pas attaquée ». 

L'antipape Novatien ne soutenait-il pas 
que l'Eglise ne pouvait remettre les pé- 
chés mortels ?... 

Les explications de notre collaborateur 
sur le pénitencier supprimé par Nectaire 
pour indiscrétion, sur le prêtre réduit au 
rôle d'indicateur, à l'effet d'obtenir le 
pardon, etc., ne m'ont pas convaincu. 
Quant à saint Benoît, s'il avait considéré 
que la confession auriculaire était une loi 
de l'Eglise, il ne l'aurait pas commandée, 
il en aurait recommandé un usage plus fré- 
quent. 

Mais, je le répète, je ne crois pas que 
la question, telle qu'elle a été posée, com- 
porte une discussion qui doive nous en- 
traîner dans toutes les subtilités de la 
dialectique. 

Nous pouvons différer, M. La Brèche 
et moi, sur l'interprétation des textes et 
des faits. Ces divergences auront l'avan- 
tage de faire apparaître le sujet qui nous 
occupe sous plusieurs de ses différents 
aspects. Paul Argelès. 

Confréries de charité (LI, 108, 
182, 241). — La liste des «articles, livres 
ou brochures parus à ce sujet » serait trop 
longue à établir et, du reste, tiendrait trop 
de place ici. Parmi les nombreuses mo- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



îo Mars 1905, 



349 



350 



nographies de villes et de communes 
normandes, il n'en est guère qui ne con- 
tiennent un chapitre consacré à la charité 
locale, et c'est justice. 

Du reste, avec les savants confrères qui 
lui ont. déjà répondu, M. Marc me parait 
devoir être parfaitement documenté. 

Après eux, je me permettrai seulement 
d'indiquer : 

Comme le travail le plus récent, selon 
moi, paru sur ce sujet : Les confréries de 
charité par M. S. Caiiet, dans le dernier 
volume du Recueil des travaux de la So- 
ciété libre de l'Eure, 6 e série, t. I er , 1904 
(que M. Marc trouvera chez M. Chéron- 
net, libraire, rue des Grands-Augustins, 
de Paris) ; 

Comme le plus sérieux et de beaucoup 
le plus important : Documents concernant 
les confréries de charités normandes re- 
cueillis par E. Veuclin. Evreux, 1892, 8°; 

Comme le plus attrayant à cause des 
photographies qui l'agrémentent : Les 
charités de Normandie, article anonyme 
paru dans Le Journal de Rouen dans la 
famille, 2 e année, n° 37, 25 mai 1903. 

Enfin, n'oublions pas qu'une rubrique 
semblable figure à notre T. G. qui ren- 
voie au t. XXIII (année 1890). 

Margeville. 

* 

J'ai vu ces jours derniers, chez un bro- 
canteur de Vaugirard, tout un lot d'insi- 
gnes de « Charitons ». Ce sont de longues 
bandes de drap rouge vif, entourées de 
franges et garnies de broderies d'argent : 
calice, pélican et autres emblèmes reli- 
gieux, j'y ai lu ces mots : « Charité de la 
Chaussée, 1848-1857 — porte-bannière 
ou I er lève-corps, 2 e lève-corps, etc.. » 

Jehan. 

* 

Puisque M. E. Marc s'intéresse aux 
frères de Charité, je puis lui fournir en- 
core quelques notes. Dans nos communes, 
le sonneur qui précède le mort en agitant 
ses deux sonnettes, se nomme Cliqueteur, 
mais on prononce toujours Cliqueteux. 
Le son ou timbre de ces sonnettes avait 
une réputation d'une commune à l'autre. 

Matheloge est le martyrologe ou plutôt 
le nécrologe de la confrérie. Je pense con 
séquemment que le livre de Majesté est la 
liste des confrères vivants, avec le nom 
des Prévôts, syndics et autres dignitaires 
en tête. Mais pourquoi Majesté? 



Plusieurs communes n'ont souvent 
qu'une seule confrérie, mais celle-ci porte 
le nom d'une seule commune : c'est le siège. 
A Longnes, on banquette chaque année 
cordialement mais longuement : cela s'ap- 
pelle la Fête du Siège. On m'a demandé 
sérieusement en quelle année le village 
avait soutenu un siège. Je n'ai su que ré- 
pondre et pour cause. Pontoise a eu aussi 
son Siège de Confrérie, car il en a sou- 
tenu d'autres vrais. 

Quand les frères de Chaussy,je suis 
toujours dans l'arrondissement de Mantes, 
prêtent leur concours dans une commune 
voisine, ils perçoivent d'après un tarif de 
banlieue. Un de leurs prévôts du xvm e siè- 
cle tenait ses comptes exactement, mais 
comme il avait une orthographe qui 
aurait supporté la réforme, il écrivait 
constamment Beanlieu. Cela a intrigué 
un savant correspondant du ministère ; il 
avait lu Beaulieu et en arriva à des déduc- 
tions ingénieuses qu'il a étalées en pleine 
Sorbonne. C'était d'une fantaisie bur- 
lesque. Si M. E. Marc y regarde d'un peu 
près, il se peut que les pèlerinages d'outre- 
mer ne soient pas autre chose que des en- 
terrements outre la paroisse. Les confréries 
de Bréval, de Vétheuil, ont des statuts 
connus, où il n'est point question de ces 
voyages. E. Grave. 

La fleur de lis des Peretti délia 
Rocea (L, 168, 366, 689, 805, 968; 
LI, 32, 92, 199). — Je comprends que la 
famille Peretti délia Rocca et ses amis 
puissent désirer faire juger publiquement 
dans l'Intermédiaire une question d'armoi- 
ries et d'origine, qui demande plutôt une 
brochure avec « copie des documents et des 
sources historiques » ; mais il ne faudrait 
pas faire dire aux publications citées (L. 
969) ce qu'elles ne disent pas. L'Annuaire 
delà Noblesse, année 189s. p. 591, mis en 
cause, dit bien que Giudice, comte sou- 
verain délia Rocca, eut un quatrième fils, 
Piretto, (ou Petit-Pierre) « dont on ne 
sait rien », mais il ne dit nullement qu'il 
fut la souche des Peretti délia Rocca, 
ainsi que l'a reconnu un membre de cette 
famille dans une visite qu'il me fit à ce 
sujet, je ne m'attendais donc pas à voir 
reproduire à nouveau cette assertion qu'il 
faudrait au moins appuyer sur un docu- 
ment historique sérieux et authentique. 
Du reste, il naquit probablement à cette 



N* 1060. 



L'INTERMÉDIAIRE 



ni 

même époque, en Corse, beaucoup d'au- 
tres « Petit- Pierre * et peut-être aussi 
d'autres « Délia Rocca. » 

RÉVÉREND. 

Comte de Lyon (Ll, 166,264,309). — 
Le Sens de Folleville, famille ancienne de 
Senonois, possédait auxxm e et xiv e siècles, 
des biens dans cette contrée. 

Elle s'établit en Normandie au xiv° siè- 
cle et y posséda les terres de Lion (Calva- 
dos) de Folleville et de Morsan (Eure). 

M re Robert-Armand Lesens de Lion, 
marquis de Folleville, premier président 
de la cour royale d'Amiens, a réuni par 
le mariage de son père avec l'héritière de 
la branche de Folleville. les deux bran- 
ches de Lion et de Folleville. 

Entré aux carabiniers commandés par 
Monsieur (Louis XVIII), en 1770, il passa 
en 1776 au parlement de Rouen où il fut 
président à mortier en 1777. 
11 eut deux enfants : 
Hippolyte Lesens de Folleville, officier 
aux chasseurs de Vaucluse ; 

Armandine Henriette Lesens, mariée au 
marquis de Morel de Than, capitaine des 
vaisseaux du roi. 

(Voir Saint-Allais, tome IX, 153). 
j'ignore la descendance de M. Hippolyte 
Lesens de Folleville et je serais heureux 
si un complaisant collaborateur pouvait 
me la faire connaître, surtout en ce qui 
concerne le comte Musnier de Folleville. 
D'après une purge d'hypothèque légale 
ouverte en 1899, je trouve mention : 

i° de la communauté entre Charles 
Gabriel marquis de Folleville et Catherine- 
Charlotte-Sophie de Bussy ; 

2° D'une alliance entre Adèle-Françoise- 
Gabrielle de Folleville et Louis François- 
Félix, comte Musnier de Folleville ; 

30 D'une autre alliance entre Louis-Char- 
les-Josselin de Rohan-Chabot, prince de 
Léon, avec Octavie-Etiennette-Catherine 
Rouillé de Boissy (Les de Boissy, parents 
du comte Musnier de Folleville). 

E. Tausserat. 



Cf. Armoriai du / er Empire, t.III, p. 
1 15-16. Ce que je puis ajouter, c'est que 
ce comte de Lyon, ou mieux Lions, créé 
baron de l'empireen 181 1, épousa, à Rouen, 
le 5 février 1781 Adélaïde-Louise Bigot 
dont il eut les deux enfants cités. 

R. D. 



3^ 2 



Orieulx de la Porte (LI, 167). — 
V Armoriai Français de 1894 donne ainsi 
les armes de cette famille : Ecarte] é : aux 
1 et 4 d'azur, à lafasced'or ; aux 2 et } 
d'argent, au faucon de sable, allumé d'or, 
perché sur un rameau de laurier de sinople. 
Sur le tout d'azur, à trois yeux d'or, rangés 
en chef et trois marteaux du même, poses 2 et 
1 en pointe. Devise : Potius mori quam 

MENTIRl. P- LE I- 

Armoiries du peintre Simon 
Vouët(LI, 224). — D'après les: Lettres de 
noblesse accordées aux artistes en France au 
XVII e et XVIII e siècle, par J.-J. Guiffrey, 
il ne résulte pas que Simon Vouët ait été 
anobli : il est à remarquer cependant que. 
la liste que donne M. Guiffrey ne com- 
mence que par les lettres de noblesse ac- 
cordées à Lebrun, en 1662, c'est-à-dire 
treize ans après la mort de Vouët. D'ail- 
leurs son acte de décès, que rapporte le 
Dictionnaire critique de Jal, ne lui donne 
pas de qualifications nobiliaires. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 

Armoiries à déterminer : à une 
aigle au vol abaissé (L, 338, 524, 
588 ; LI, 262). — C'est très volontiers 
que je réponds au désir du collaborateur 
O. de Star. Les plaques de cheminée aux 
armes de Mgr Fleuriau d'Armenonville 
que je me rappelle avoir vues, il y a quel- 
ques années, sont au nombre de deux et 
se trouvent à Suilly-la-Tour(Nièvre)l'une 
au presbytère de cette localité et l'autre 
dans une maison voisine. T. 



Armes à indiquer : Gironné de... 
et de... de douze pièces (L, 561, 672, 
809,810,913 ;LI, 32,145). — Voici quel- 
ques renseignements puisés dans les Gé- 
néalogies de l'abbé Boullemier, et les 
Fatras généalogiques de M. de Juigné : ^ 

Aime (ou EdmeiCharles le Bascle d'Ar- 
o-enteuil, seigneur de Beauregard, lieute- 
nant-colonel de cavalerie, épousa Edmée- 
Françoise Duret (contrat de mariage, 
17 19), fille d'Aimé-François Duret, sei- 
gneur' de Villers-Vineux et de Louise-Ca- 
therine Berthaut, dont il eut : 

i° Edme, qui suit ; 

2 Louis-Marie le Bascle, chevalier d'Ar- 
genteuil, capitaine de cavalerie, né en 1727; 

3 Marie le Bascle d'Argenteuil, née en 
1729, chanoinesse de Neuville. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars \ oo$< 



3>3 

Edrrië, chevalier, marquis d'Argenteuil, 
seigneur d'Obtrée et de Montliot, briga- 
dier des armées du roi, mestre de camp 
de cavalerie, enseigne aide-major des 
gardes du corps, fut baptisé à Montliot 
le 21 avril 1721. Reçu en la chambre de 
la noblesse de Bourgogne, en 1709. Marié 
à Pans le 26 octobre 1763, avec Adélaïde 
Duban de la Feuillée. 

D'autre part, les Archives de la Côte- 
d'Or contiennent d'assez nombreux titres 
sur la famille le Bascie et les diverses sei- 
gneuries qu'elle a possédées (série E, co- 
tes 1.083 à 1.103 bis), lis permettront 
de compléter les renseignements ci des- 
sus. 

Edme-Charies le Bascie naquit en 1681; 
il était (ils de Louis le Bascie d'Argenteuil 
et Marie-Anne Pitoiset (contrat de ma- 
riage, 1677), fille de ]ean-Baptiste Pitoi- 
set, seigneur d'Obtrée et de Blaisinne du 
Ban ; il testa en 1728. En 1748, Marie- 
Anne Pitoiset étant veuve, cède le revenu 
de la seigneurie d'Obtrée à son fils Edme- 
Charles. Elle mourut en 1751 et fut inhu- 
mée dans la chapelle d'Obtrée. 

En 1760, Edme-Charles le Bascie, comte 
d'Argenteuil, vend la seigneurie de Mont- 
liot à son fils Edme le Bascie, marquis 
d'Argenteuil. Montliot relevait de Cour- 
celles-les-Rangs qui était venu à Edme- 
Charles par sa femme EdméeFrançoise 
Duret. 

Le marquis d'Argenteuil avait donc 
réuni les trois seigneuries voisines d'Ob- 
trée, Courcelles-les-Rangs et Montliot. En 
1762 il rend foi et hommage à l'abbé de 
Pothières et il passe des baux jusqu'en 
1788. 

En remontant d'un degré, Louis le Bas- 
cie était le second fils de Charles le Bas- 
cie d'Argenteuil et de Gabrielle-Anne de 
Castres de la Baume, et par conséquent 
petit-fils de Patris le Bascie d'Argenteuil 
et de Colombe Boucher. 

1 Liant à l'abbé de Vézelay, j'ignore son 
ascendance, mais pour aider M. T. à la 
détermination de ses armes, je lui indique 
celles des Thomassin : D'azur, à la cwix 
écôtée et alésée d'or. Cette famille, origi- 
naire de Franche-Comté et qui projeta un 
rameau en Provence, était possessionnée 
aux xvn 6 et xvm e siècles dans le bailliage 
de la Montagne et résidait dans le mar- 
quisat d'Arc-eri Barrois. Il s'agirait de sa- 



354 



voir si elle a été alliée directement ou in- 
directement à celle des le Bascie. 

Palliot le Jeune. 

Pièce de cinq francs de Louis 
XVI (Ll, 225).— M.Gabriel Marcel pos- 
sède une monnaie bien curieuse, en effet, 
mais il est difficile qu'une pièce de mon- 
naiefrançaise puisse porter 1793 avec l'ef- 
figie de Louis XVI. La royaiité était abolie 
depuis le 21 septembre 1792 et il est plus 
que douteux que la Convention ait tenu 
à faire frapper, jusqu'à la veille de la 
mort du tyran, des pièces à son effigie, 
alors que tous les insignes rappelant la 
royauté étaient rigoureusement proscrits 
par de multiples décrets. B. 

* 
* * 

Il en est de l'écu de six livres — et 
non de cinq francs — de Louis XVI au 
millésime de 1793, qui fait partie des 
monnaies dites constitutionnelles (décret 
du 9 avril 1791), comme de la pièce de 
cinq francs de Louis XVIII de 1814, 
dite au petit collet, au sujet de laquelle 
on a posé une question tout dernière 
ment dans Y Intermédiaire ; cette pièce de 
1793 à l'effigie du roi n'est pas rare, 
elle a été frappée dans les différents ate- 
liers monétaires existant alors, comme 
ceux de Paris, Rouen, Strasbourg, Lille, 
Lyon, Bordeaux, etc. Nous avons dans 
notre médaillier deux de ces écus de six 
livres de Louis XVI de 1793, au différent 
K (Bordeaux) et des pièces de billon ou 
en métal de cloche. 

D'ailleurs, certains ateliers de province 
n'ont été fermés que provisoirement, à la 
suite de la loi du 20 janvier 1793 et après 
le décret du 15 août 1795 (application du 
système décimal), huit ateliers reprirent 
la frappe de la monnaie ; ce furent ceux 
de Paris (A), Perpignan (Cl), Bayonne (L), 
Bordeaux (K).Nantes (T), Lille (W), Stras- 
bourg (BB) et Lyon (D). 

L'hôtel des monnaies de Bordeaux est 
le dernier qui ait fonctionné en province, 
il n'a été supprimé définitivement qu'en 
1878, à la suite d'incidents que nous n'a- 
vons pas à rappeler ici. 

Nous renvoyons aux ouvrages de nu- 
mismatique spéciaux comme ceux d'Hoff- 
mann, de Hennin, de Dewamin, etc., 
M. Gabriel Marcel qui nous paraît s'être 
un peu emballé sur son écu de six livres. 



N° 1069. 



L'INTERMEDIAIRE 



355 



356 



Cette pièce n'étant pas rare et n'ayant 
plus cours, ne vaut que le poids de l'ar- 
gent si elle n'est pas en très bon état de 
conservation. Toutes les pièces de mon- 
naie françaises, depuis la Révolution et 
même au-delà, qui ne sont pas presque 
Heur de coin, sauf quelques raretés con- 
nues, n'ont aucune valeur de médaillier. 
Nous disons cela pour rendre service aux 
numismates débutants qui encombrent 
leurs cartons de monnaies modernes frus- 
tes, indignes d'une collection sérieuse. 

Ern-Labadie. 

Pays de Chevrie et de Sereine 
(LI, 220). — Le pays de Chevrie n'est 
plus connu que dans cette expression : 
La Villeneuve-en-Chevrie, commune de 
l'arrondissement de Mantes. Il reste encore 
la ferme de Chevrie, mais, je crois, com- 
mune de Blaru. 

Aux xii e etxm e siècles, il est souvent ques- 
tion dans les dénombrements de Rosny, 
de la forêt de Chevrie qui s'étendait d'une 
lieue en tous sens environ, sur la haute 
colline qui borde la Seine depuis jeufosse 
jusqu'au vallon qui sépare Blaru du village 
de Normandie, où commence la Norman- 
die. Le pays peu connu est sauvage par 
endroits, mais d'une grande beauté. 11 
mériterait d'être décrit par la plume dis- 
serte de M. Ardouin-Dumazet. 

E. Grave. 



Evêques de Bayeux (L, 951). — 
Au moyen du Trésor de chronologie, par 
M. le comte de Mas-Latrie, col. 1385 et 
de l'Ancienne église de France. . . , sommaire 
et complément de la Gallia cbristiana par 
Sandret, Paris, 1866, pp. 207-210, la liste 
demandée peut s'établir ainsi : 

1499, 25 mars. intr. René de Prie, — 
et non de Brie, comme le dit le Trésor 
de chronologie, card. 1506, résign. 1515, 
mort 9 sept. 15 19. 

1516, septembre, Louis de Canossa, 
transf. deTricarico,resign. 1531. m. 1532. 

1531, 17 avril, Pierre de Martigny, 
transf, de Castres, non adv., m. 13 sept. 
1531. 

1531, 13 oct, card. Augustin Trivulzi, 
aussi évêque de Toulon par cumul, m. 
Rome, 18 mars 1548. 

1548, 16 mai, Charles d'Humières, m. 
5 déc. 1 57 1 . 



1 S73, 1 s oct., Bernardin de Saint-Fran- 
çois, m. 14 juîll. 1582. 

1583, 9 mars, Mathurin de Savon- 
nières, m. mai 1 586. 

1586, Charles de Bourbon, card. 1583, 
non ordin., non consacr., resign. 1590, 
m. 30 juillet 1 594. 

1590, nom. René de Daillon du Lude, 
confirm. 1598, m. 8 mars 1600. 

1600, 26 juin, Arnaud d'Ossat, transf. 
de Rennes, m. Rome, 13 mars 1604. 

1606, 27 juill. Jacques d'Angennes, m. 
16 mai 1647. Margeville. 

Prieuré de ïailand (XLIX). — A 
Talende, en l'archiprêtré de Merdonneou 
Merdogne, au diocèse de Clermont (Puy- 
de-Dôme), existait une cure dont était 
patron le chapitre cathédral de la ville 
épiscopale. Peut-être était-ce un prieuré- 
cure ? 

Saint-Amand de Tallende, même dio- 
cèse, possédait une abbaye ou monastère 
d'Urbanistes, issu de sainte Claire de 
Clermont, mais cela n'a rien à voir avec 
la question. Je ne connais pas d'autre Ta- 
lende ou Tallende. A. S..E. 

Un bas-relief de Jean Goujon 
(LI, ib9, 245). — Jean Goujon a quitté 
Parisen 1 562, pour aller se fixer à Bologne, 
donc il n'a pas pu faire un bas-relief re- 
présentant Henri III, roi de France en 
1574. Germain Bapst. 

Sépultures d'artistes (LI. 12, 88, 
135, 197). — Ne pas oublier, pour le 
Père La Chaise, Vienne!, promenade phi- 
losophique au cimetière du Père La Chaise, 
2 e édition, Firmin Didot, 1855. 

Ha.He. 

* 

* * 
Le cimetière d'Auteuil renferme les 

tombes de Gavarni, Yvon, Gounod, Zi- 

mermann (violoniste). 

Dans le cimetière de Louveciennes 
(S.-et-O.), au pied de l'aqueduc, se 
trouve le tombeau de Mme Vigée-Le- 
brun. 

Le monument funéraire de Mignard et 
celui de Le Nôtre existent dans une des 
chapelles latérales de l'église Saint-Roch, 
à Paris. 

Une plaque rappelle dans l'église Saint- 
Eustache, que Rameau y est inhumé. A 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 1905- 



357 



358 



Saint-Germain l'Auxerrois furent enter- 
rés les peintres Stella, Santerre, Noël- 
Nicolas Coypel ; les sculpteurs Sarrazin 
et Coysevox ; Levau, architecte ; Israël 
Silvestre ; Warin. J. L. L. 

Brierre de Boismont (LI, 220). — 
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu une autre 
orthographe du nom de ce médecin. 

Il y a Brière de 1 Isle, mais c'est un gé- 
néral. On la trouve dans le titre de son 
ouvrage : La Menstruation, Paris, Ger- 
mer Baillière, 1842 ; ouvrage couronné 
par l'Académie Royale de Médecine». En 
tête de cet ouvrage, est la liste des «ou- 
vrages du même auteur » publiés par Ger- 
mer Baillière. 

A ce peu se borne ma réponse à.U.L.A. 
Je regrette de n'en pas savoir davantage. 

D r Cordes. 



* 

* * 



D'après l'Etat présent de la noblesse, 
Brière de Boismont, de L'Isle, de Lesmont, 
de Mondêtour et de Valigny, porte pour 
armes : d'or, au lion de oueules, enclos 
d'un trescheur de sable : au chef échiqueté 
d'azur et d'argent de 3 traits. Je ne sais 
pas si la branche de Boismont a été ano- 
blie ; celle de Mondêtour et de Valigny, 
dont le vicomte Révérend donne la filia- 
tion (Armoriai de V Empiie et Titres de la 
Restauration) reçut le titre de chevalier 
de l'Empire en 1808 et 1810 et des lettres 
de noblesse en 1829. Les armoiries de 
l'empire sont tout à fait différentes de 
celles décrites plus haut : avec les lettres 
de 1829, il ne paraît pas qu'il y ait eu de 
concession d'armoiries. 

Alexandre-Jacques-François Brière fut 
autorisé, par décret impérial du 30 octo- 
bre 1861, à ajouter à son nom celui de : 
de Boismont, que portait jadis son père. 

Mademoiselle Brierre de Boismont 'épousa, 
au mois de septembre 1854, M. Prévost 
d'Arlincourt, maire de Sarifontaine (Seine- 
et-Oise) que je n'ai pas trouvé cité dans 
les notices de cette famille que j'ai eues 
sous la main. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 



Famille Doynei ou Doisnel (L, 
619,811,919; LI, 140, 252). — Dans 
le n° 1061 de Y Intermédiaire des chercheurs 
et curieux (L, 919), j'ai cité l'opinion de 
M. de la Sicotière sur l'origine de cette 



famille qui remonte, d'après lui, à d'an- 
ciens rois d'Irlande. 

Cette opinion n'est pas partagée par le 
généalogiste de Magny, que je copie tex- 
tuellement: 

Un auteur moderne qui a parlé de cette 
famille (la famille Doynei ou Doisnel), a 
commis une grave erreur en prétendant 
qu'elle descendait des O'Donnel d'Irlande, 
tandis qu'au contraire la famille anglaise 
descend sans contredit de N... Doinel, 
compagnon de Guillaume le Conquérant en 
1066. 

Pour appuyer son assertion, de Magny 
avait sans doute des éléments d'apprécia- 
tion dont il est regrettable qu'il n'ait pas 
indiqué la nature. Mais M. de la Sicotière, 
qui fut un historien éminent et un cher- 
cheur infatigable, ne s'était pas non plus 
prononcé à la légère dans une question 
qu'il devait posséder à fond, ainsi que 
toutes celles, du reste, qui ont trait à l'his- 
toire normande. 

Quel est celui des deux qui est dans le 
vrai ? 

Sans me prononcer entre l'un et l'au- 
tre, je relaterai simplement, en faveur de 
la thèse de M. de la Sicotière, que d'après 
d'anciens souvenirs conservés à la Cha- 
pelle-Biche, où vint s'établir, au xu e siè- 
cle, une branche de la famille Doisnel, 
cette famille serait originaire d'Irlande. 

Ch. D. 

Comte de Fuentès-Pignatelli (LI, 
166,303). — Ce personnage fut, en effet, am- 
bassadeur d'Espagne en France, et même 
en Angleterre, mais je crois qu'iloccupa le 
premier poste bien avant 1790. Car le 
baron de Tricornot, dans ses intéressants 
Mémoires, nous apprend que ce comte 
Fuentès, de la branche des Pignatelli 
d'Espagne, profita de son séjour en France 
pour marier son second fils avec la fille 
unique et héritière de Casimir de Pigna- 
telli, comte d'Egmont. ^1727-1801), lieu- 
tenant général au service français, et chef 
d'une branche des Pignatelli, établie en 
France. 

Le comte d'Egmont avait épousé, en 
1750, Mlle de Saint-Séverin d'Aragon. 
Elle mourut en 1754. ne lui laissant que 
la fille dont il est question plus haut. Le 
comte d'Egmont épousa en secondes noces, 
en février 1756, la charmante Septimanie 
de Richelieu, la « jeune et jolie », morte 



N. jo6o. 



L'INTERMEDIAIRE 



— 359 

à l'âge de 33 ans, en 1773, sans enfants. 
Le comte d'Egmont épousa en troisièmes 
noces, en 1788, l'ancienne dame de com- 
pagnie de sa femme, une miss Farrell, 
appartenant « à une très ancienne famille 
d'Irlande ». Elle soigna ses dernières 
années et ne lui donna pas non plus d'hé- 
ritier. 

Revenons maintenant au gendre du 
comte d'Egmont, le prince de Pigna- 
telli-Fuentès, fds de l'ambassadeur. Cet 
espagnol, d'origine napolitaine, entra au 
service français par suite de son mariage, 
et il était, en 1772, colonel des dragons 
de Schomberg, régiment allemand issu 
des Volontaires du maréchal de Saxe. 

A cette époque (1772) il avait déjà de 
sa femme deux fds « qui seront un jour 
« de grands seigneurs », écrit Tricornot, 
« puisqu'ils doivent hériter de toute la 
« branche Pignatelli-Fuentès en Espagne, 
« et de celle de Pignatelli d'Egmont en 
« France ». 

La fille du comte d'Egmont mourut 
avant son père. Ses deux fds moururent 
également jeunes et sans postérité. 

Mme la comtesse d'Armaillé, dans son 
charmant ouvrage sur La comtesse d'Bjà- 
mont, nous apprend que l'immense for- 
tune du comte d'Egmont et ses titres re- 
tournèrent à la maison de Luynes et aux 
Pignatelli d'Espagne. 

En ce qui concerne la présence du comte 
de Pignatelli-Fuentès en 1787, 1788 et 
1789, à l'abbaye de Valsery,dans le Sois- 
sonnais, si nous prenons en considération 
que la principale résidence du comte d'Eg- 
mont était le château de Braine, dans la 
même région et à environ sept lieues de 
Valsery ce séjour de l'ancien ambassa- 
deur espagnol dans une abbaye de l'Ile- 
de-France devient moins inexplicable. 

S. Churchill. 

Da Gourbillon, quelquefois écrit 
Gourbillon (LI, 220). — Fixés à Passy 
(Seine) au commencement de ce siècle. 

L'un d'eux eut un emploi à la Lotene. 

Peut-être ces papiers ont-ils figuré dans 
mes catalogues. 

On pourrait, je crois, facilement les re- 
trouver. A. S.. y. 

* 
* * 

M. David trouvera quelques détails sur 

Mme de Gourbillon dans les ouvrages sui- 
vants : 



360 



Er. 



i° Les Bourbons et la Russie, de M. 
rlëst Daudet : 

A la p. 1 34, l'auteur décrit la vie de Ma- 
dame, comtesse de Provence, à Budweiss, 
en Bohème, vers 1798. Elle y demeurait 
dans la gène et l'obscurité « sous la do- 
« mination de sa femme de chambre, une 
« Mme de Gourbillon, personne astu- 
« cieuse, intrigante qui lui imposait ses 
« volontés », etc. 

Le roi Louis XVIII voulait faire venir 
son épouse à Mittau, mais Madame pré- 
tendait y être accompagnée de sa « fidèle 
amie ». 

A la p. 169, le 2 juin 1799, Madame 
arrive à Mittau. Mme de Gourbillon, qui 
l'accompagnait, est conduite chez le gou- 
verneur russe, de là emmenée à Wilna 
et internée dans un couvent. Elle trouve 
moyen d'en sortir va à Saint-Pétersbourg 
et intrigue contre Louis XVIII. 

2° Dans les Papiers d'un émigré du ba- 
ron de Guilhermy, nous la retrouvons à 
Londres, en 1804 (p. 144). 

M. de Guilhermy, agent du Roi, est 
chargé de lui remettre vingt cinq louis. 
Elle fut «parfaite dans cet entretien... » 
M, de Guilhermy demanda « qu'on fit 
« porter à cette femme quelques bonnes 
« paroles de justice, en raison d'anciens 
« manquements ». S. Churchill. 

Les papiers d'Henri Heine (T. G., 

416 ; LI, 186, 227). — L'Amateur d'au- 
tographes du 15 décembre 1900, contient 
la note suivante : 

La Tœglichc Rundschau rapporte que le 
professeur Mans Meyer, chef de l'Institut bi- 
bliographique de Leipzig, vient d'acquérir un 
grand nombre de manuscrits et de lettres de 
Henri Heine, qui avaient j.isqù'ici, appartenu 
par héritage à la veuve de l'écrivain, puis à 
M. Julia. 

La pièce la plus importante de cette acqui- 
sition est le premier manuscrit à'Atta Troll, 
comprenant 200 pages couvertes de ratures ; 
puis 100 pages de poésies et de gros frag- 
ments du Rabbin de Bacharach. 

En outre, plus de mille lettres, éclairant la 
vie de Henri Heine d'un jour nouveau. 

Ces manuscrits nous avaient été proposés 
pour une somme fantastique, plus de 
60.000 francs. Ils appartenaient à Madame 
veuve Julia et ne doivent être qu'une partie 
des papiers laissés par la veuve de Heine, car 
un partage paraît avoir été fait dans les 
papiers laissés par M. Julia. Les mille lettres 
dont on fait si grand cas sont adressées à 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 1905, 



Heine par des Allemands, dont la plupart sont 
des inconnus. La véritable correspondance 
de Heine, qui devait être du plus gr.md inté- 
rêt, n'est pas là. Quelques épaves ont passé 
dans une de nos dernières ventes, le reste 
doit être oublié ou perdu dans le midi de la 
France, 

Famille Xien, Kuian (LI, 223). — 
Le traité dont il est question est certaine- 
ment le traité de campagne conclu le 8 
mars 1642 entre la France et la Républi- 
que des Provinces-Unies (Corps diplomati- 
que de Dumont et Rousset, Amsterdam 
1726, VI, r e partie, pages 242 à 244). 
M. Kien a donc quelque chance de trou- 
ver les éclaircissements qu'il désire aux 
archivés du ministère des Affaires étran- 
gères, à Paris. 

De Bruxelles, il'me serait difficile d'o- 
rienter davantage ses recherches. Je lui 
signalerai toutefois, en ces archives, la 
Correspondance de Hollande (XXII), et il 
est probable qu'on pourra lui donner au 
ministère la clé du chiffre. 

A. Boghaert-Vaché. 

Une famille Le Noir en Picardie 
(LI, 221). — Dans Y Annuaire de la No- 
blesse de France, 1900, p. 232, il y a la 
filiation de la famille Le Noir de Becquin- 
court, depuis la fin du xvn 8 siècle jusqu'à 
présent. 

G. P. Le Lieur d'Avost. 



* 

* * 



Voir Annuaire de la Noblesse, année 
190 1, p. 232 et suivantes. 

RÉVÉREND. 



Louis-Marcel de Cousser (LI, 
167) — Si ce n'est pas la famille Decous- 
set de Cassel qui fait demander les ren- 
seignements sur Louis-Marcel de Cousser, 
on doit s'adresser à madame veuve De- 
cousser à Cassel (Nord), ou mieux à mon- 
sieur le docteur Dieudonné Decousser, à 
Cassel. Le secrétaire de la mairie de Cas- 
sel ferait également les recherches né- 
cessaires sur les noms des parents. La 
famille n'est probablement pas noble : 
de en flamand signifiant tout simple- 
ment le. Vandevelde. 

Victor Michal (LL 221). — j'ai connu 
Victor Michal dans ma toute jeunesse, 
mais je l'ai perdu de vue depuis longtemps 



362 ■ 
mort. 



et j'ignorais sa mort. Sa conversatio" 
était fort intéressante. Il avait été lié ave c 
les fils de Victor Hugo, qui devaient étr e 
de son âge. Je l'ai entendu parler d'Ozy 
qu'il paraissait avoir beaucoup connue. 

Je ne savais pas qu'il eût composé des 
sonnets et de remarquables pièces. 

Je n'ai connu de lui que les paroles d'une 
romance célèbre de Masini Y HUondelle 
perdue et quelques vers dans lesquels il se 
moquait de l'auto- adoration de Baude- 
laire. 

Je n'ai retenu que le dernier de ces vers 
avec la moitié du précédent. Je demande 
pardon à mes collaborateurs de les leur 
citer, ce que je fais à titre purement docu- 
mentaire : 

Et sa douleur dernière 

Fut de n'avoir pas pu se b... le... d... 

Paul Argelès. 

* 

* « 
Notre collaborateur Pont-Calé pourrait 

avoir quelques renseignements sur Victor 
Michal auprès de ceux qui fréquentaient le 
dîner du Bon Bock, aux Vendanges de 
Bourgogne, vers 1880. Michal, homme 
assez replet, à la moustache brune, à Fac- 
cent méridional, frisant alors la cinquan- 
taine, y avait coutume de réciter son 
poème les Vignes. Bohême endurci, l'on 
m'a raconté de Michal le trait suivant : 

Un jour qu'il battait le pavé de Paris ; il 
rencontre un ami. — Que fais-tu? lui dit 
celui-ci. — Je meurs de faim, répond le 
poète — Eh ! bien, viens avec moi, je 
vais te faire avoir un modeste emploi qui 
te permettra de vivre. Cent sous par jour, 
ce n'est pas la fortune, mais c'est le pain 
assuré — Et que s'agit-il de faire ? inter- 
roge Michal. — Presque rien. Tu gar- 
deras un magasin où il y a un nouveau 
système de poêles, et quand il viendra un 
visiteur tu donneras un prospectus. 

Michal vint quelques jours, puis dis- 
parut ; à quelque temps de là son ami le 
rencontre : — Tu es gentil, lui dit-il; je 
te trouve un emploi, et tu te sauves sans 
crier gare. 

— Oh ! mon ami, ce magasin ! lui ré- 
pliqua Michal avec son accent. Il n'y vient 
jamais le soleil ! 

L'auteur des Vignes avait préféré sa li- 
berté. H. Lyonnet. 

Alice Qzy (LI, 167,256, 30c). — Voilà 
donc qu'à la suite des révélations émises 



N° 1069. 



L'INTERMÉDIAIRE 



363 



364 



par Y Intermédiaire, cette joyeuse Ozy, de 
légendaire mémoire chez les viveurs du 
règne de Louis-Philippe redevient une ac- 
tualité. 

Ah ! dame, elle était de belle humeur 
celle-là. Or, un soir de fête à tout casser, 
elle se promenait dans le foyer de l'Opéra, 
étant au bras d'un prince du Nord, inco- 
gnito, mais qui devait être, un jour, pro 
chainement, le chef d'un grand empire. 
Le hasard fit que le groupe se rencontra 
avec un de nos confrères et naturellement 
le journaliste ouvrait de grands yeux.« Eh, 
«c'est vrai, mon cher, lui dit-elle tout 
« bas, nous avons un beau-père peu com- 
« mun ! » Plus tard, quelques années t 
après, elle fil la connaissance de Charles 
Hugo. C'était encore avoir un beau-père 
de marque, mais celui-là ne se faisait pas 
faute de l'admettre près de sa personne et, 
plus d'une fois, en compagnie de ses deux 
fils et de sa cour, il a soupe avec elle à la 
Maison d'or. Etaient de la partie MM. Au- 
guste Vacquerie, Paul Meurice et Philoxè- 
ne Boyer. Ce dernier, alors fort enthou- 
siaste, fit des vers à l'actrice et les récita. 
— Comment cette poésie, moitié galante, 
moitié gastronomique, transpira-t-elle au 
dehors ? C'est ce que j'ignore, mais elle 
fut happée par l'un des frères Lionnet, le- 
quel nous la reproduisit ensuite au café 
des Variétés, rendez-vous des auteurs du 
temps, et, en la débitant, il nous faisait 
mourir de rire. 

Voyons, messieurs, il faut des triolets 
En l'honneur de la demoiselle. 

Rien qu'en scandant ces mots la de- 
moi-sel-le, en imitant le ton, la voix, les 
gestes de Philoxène Boyer, il excitait ré- 
clusion d'une jovialité sans pareille. On 
racontait aussi, qu'à cette même soirée de 
la Maison d'or, le fervent disciple avait 
proclamé Victor Hugo, pape intellectuel 
du monde moderne, et c'était un autre 
sujet de jovialité. 

M. Philibert Audebrand, en son livre : 
Romanciers et Viveurs du XIX e siècle, a 
consacré une étude intéressante à Roger 
de Beauvoir. Il y raconte que, de même 
que Victor Hugo, l'auteur du Chevalier de 
Saint-Georges excellait à faire des dessins 
à la plume. L'une de ses compositions re- 
présentait la sémillante actrice des Variétés 
dans un petit portrait en pied et tenant à 
la main un objet qui excitait sa gaieté. 
Quel était cet objet ? Ce serait bien diffi- 



cile à exprimer en français. Cherchez, 
méditez, peut-être trouverez-vous. 

J'ajoute que ce dessin avait pour légen- 
de ces cinq mots : 

Oçy,noçant, les mains pleines. 

Tout cela est aujourd'hui bien loin de 
nous, mais le testament très-louable de la 
joyeuse commère nous rappelle ces passe- 
temps d'autrefois. Les Catons d'aujour- 
d'hui, s'il y en a, nous en voudront-ils de 
ressusciter ce trait pour un instant ? 

Jules Regnaudin. 



* * 



Le tableau de Chassériau donné au Lou- 
vre par Alice Ozy, représente non une 
Danaé, mais une Suzanne surprise par 
les vieillards. Il a figuré au Salon de 
1839 et à l'Exposition universelle de 
1855. Il est encore au Louvre. 

Celui que Chassériau a fait d'après 
Alice Ozy et qui passe pour être le por- 
trait fidèle de cette jeune et jolie femme, 
porte le titre de Baigneuse endormie près 
d'une source. Il a été exposé au Salon de 
1850, acquis par l'Etat et donné au mu- 
sée d'Avignon, où chacun peut le voir. 

Sur les relations de Chassériau avec 
Alice Ozy, voir le livre de Valbert Che- 
villard, Un peintre romantique. Théodore 
Chassériau (Paris, A. Lemerre, 1893, 
in-8'), p. 163 et suiv. 



* 
* * 



Aglaùs Bouvenne a gravé pour Mlle 
Alice Ozy un ex-libris à monogramme. 
Elle ne s'en est peut-être jamais servi, 
imitant en cela Victor Hugo etGambetta, 
qui n'ont jamais fait usage des leurs. 

A. S... y. 

Paganini(LI, 168,228, 306).— Journal 
historique et littéraire, (Liège, Kersten), 
92 e livraison (du i er décembre 1841) : 

Paganini est mort à Nice l'an dernier. 11 
était noté pour le désordre de ses mœurs et 
pour son irréligion.. Non seulement il n'avait 
point accompli le devoir pascal, mais avait re- 
poussé les secours de l'Eglise au lit de mort. 
Ces faits ont motivé, de la part de l'évêque de 
Nice, un refus de sépulture ecclésiastique. Sur 
les sollicitations des exécuteurs testamentaires, 
le prélat a dû instruire un procès en suite du- 
quel la privation de la sépulture ecclésiastique 
a été prononcée par sentence. Les exécuteurs 
testamentaires ont insisté et porté la cause en 
appel devant S. E. le cardinal-archevêque de 
Gènes, métropolitain, qui a confirmé pleine- 
ment, au mois d'août dernier, la sentence de 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 1905. 



365 



— 366 



févêque de Nice. Le corps de Paganini, après 
être resté longtemps embaumé et exposé dans 
ses appartements, a été, par ordre du gouver- 
nement, déposé dans la cave, puis au lazaret 
de Villefranche, à raison de l'odeur fétide 
qu'il exhalait. Il sera maintenant enterré hors 
du cimetière, et le nom de Paganini demeu- 
rera rayé du registre paroissial, où une note 
marginale indique la cause de cette mesure. 

A. Germain. 

Paladilhe (LI, 272). — Emile Pala- 
dilhe, né à Montpellier, composa la Man- 
dolinata^n chemin de fer, au cours d'un 
de ses voyages à Rome, et sur des paroles 
françaises de son père, docteur à Mont- 
pellier. 

Il vendit le manuscrit 100 fr. à Hart- 
mann. Celui-ci en tira 400.000 fr.; dans 
la seule Angleterre il céda le droit de 
vente pour 100 000 fr. 

La Mandolinata me rappelle une taqui- 
nerie, de mauvais goût du reste, dont 
mes compagnons de croisière et moi affli- 
geâmes notre aimable compositeur. Lors- 
que nous arrivions dans un port espa- 
gnol ou italien, des joueurs de guitare et 
de mandoline venaient en canot nous 
donner une sérénade. Le mot d'ordre 
était donné et à Barcelone, au Grao, à 
Cartagène, Alicante, Malaga.les Baléares, 
Gibraltar, Tanger, aussi bien qu'à Nice, 
Gènes, Porto d'Anzio, Naples, Messine et 
Palerme, nous entendîmes invariable- 
ment la Mandolinata, à la grande fureur 
de Paladilhe qui, finalement, nous dé- 
sarma par la résignation et le rire. 

Mais comme Paladilhe a horreur de la 
publicité et que je ne l'ignore pas, je vous 
laisse toute la responsabilité de la publi- 
cation de cette note. J. G. Bord. 

Pasquier de Coulans (LI, 1 1 1 , 189, 
255). — Il est absolument certain que le 
baron de Coulans était, en 1 77 1 , non pas 
le père, mais le grand-père du chancelier 
Pasquier. Le premier, en effet, n'hérita de 
ce titre et de cette terre qu'à la mort du 
second, en 1783. Il est toutefois possible, 
probable même, que tous les deux aient 
subi l'exil qui frappa le Parlement de 1771 
à 1774, mais on n'en peut douter au 
moins pour l'aïeul auquel s'applique ce 
passage des Mémoires du chancelier : 

« Sa fin fut douce ; le ciel la lui avait réser- 
vée en dédommagement des labeurs, des 
agitations de sa longue carrière. Les luttes 



parlementaires, dans les dernières années 
du règne de Louis XV, avaient été très pé- 
nibles ; elles s'étaient terminées par la sup- 
pression du Parlement sous le ministère de 
M. de Maupeou et par l'exil de tous ses 
membres. » (t. 1, p. 12). 

P. du Gué. 

Le Pays de Bour'olly (LI, 108, 
256), — Voir sur cette famille le i Cr vol. 
de Canrobert, Souvenir d'un siècle. 

M. de Bourjolly, qui est mort dernière- 
ment, avait été chef du cabinet de M. de 
Royer, ministre de la justice. Il avait 
épousé Mlle de Rouville et était neveu du 
général de Bourjolly. Trouili.efon. 

Famille Pinsard ou Pinsart (L, 

840). — M. Amédée Boinet, archiviste 
paléographe, bibliothécaire à Sainte-Gene- 
viève, a indiqué à fauteur de la question 
des sources directes. 

Madame de Polignac, née Fleury 

(L, 617). — Je puis dire à notre collègue 
que cette dame de Polignac laissa deux 
enfants : une fille, née à Montpellier pa- 
roisse Saint-Denis, le 25 août 1785, et 
un fils, né même paroisse le 2 août 1788, 
et que ces deux enfants furent baptisés le 
même jour, le 28 septembre 1788, trois 
semaines après la mort de leur mère. Ce 
qui est assez particulier. Il n'existe dans 
les registres de cette paroisse aucun acte 
applicable au mariage des parents, et 
j'ignore aussi à quelle famille Fleury 
pouvait appartenir la mère. C'est un pro- 
blème qu'aurait pu facilement résoudre 
un des nombreux membres de la fa- 
mille de Polignac. 

Un Chercheur. 

Marguerite de Roberval (LL222). 
— La source unique de cette étrange 
histoire, c'est la Cosmographie universelle 
d'André Thévet (tome II, Paris 1575, 
pages 1019 recto et verso et 1020 recto), 
le moins estimé des ouvrages du crédule 
cordelier. Ferdinand Denis et Victor 
Chauvin ont, quoiqu'ils s'en défendent, 
quelque peu enjolivé la narration de Thé- 
vet, dans les Vrais Robin sons (pages 72 a 
83 et 369-370) et dans l'article du Maga- 
sin pittoresque cité par notre confrère L. 
D. 

Le nom patronymique de Marguerite, 



N° 1069, 



L'INTERMÉDIAIRE 



367 



..„ 368 



dont ils font la $ nièce » de Roberval, est 
tout d'abord, très hypothétique. Thévet, 
après avoir parlé de celui-ci, désigne 
ainsi la jeune fille : « Une damoiselle qui 
luy estoit assez proche parente, nommée 
Marguerite ». 

La servante, elle, se nommait Damienne, 
d'après Thévet, et non Bastienne. 

Le nom de l'amant — notre auteur ne 
parle point de la prétendue union secrète 
— « est resté ignoré », avouent Denis et 
Chauvin eux-mêmes. C'était «un gentil- 
homme de bonne part », dit simplement 
Thévet. 

Il mourutdans l'île, ainsi que Damienne, 
ainsi que l'enfant qu'il avait eu de Mar- 
guerite. Celle-ci, seule, fut sauvée par 
des marins bretons, et, revenue en France, 
elle se retira « en la ville de Nautron, pays 
de Perigort ». Thévet arrête là ses rensei- 
gnements biographiques, sans nous dire 
si elle mourut dans cette ville, ni en 
quelle année elle cessa d'exister. 

Denis et Chauvin n'ont point mentionné 
Nautron, dont le nom les avait sans doute 
déroutés. Je crois qu'il s'agit de Nontron, 
aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement de 
laDordogne. 



A. Boghaert-Vache. 



Les descendants de Tallien (LI, 

113, 192, 258, 308). -—Notre très docte 
collaborateur Nauroy a donné des rensei- 
gnements détaillés très précis, avec copie 
de pièces de l'état civil à l'appui, sur la des- 
cendance de Thérésia Cabarrus dans son 
livre intitulé Révolutionnai) es, in-i2,chez 
Savine, 1891, pages 105 à 144. 

M. Tallien de Cabarrus, le consul actuel, 
est un des descendants directs du 5 1118 
enfant de la belle N.-D. de Thermidor, le 
célèbre D r Cabarrus, lequel eut 3 enfants 
dont 2 fils. 

Ce sont eux qui furent autorisés à pren- 
dre le nom de Tallien de Cabarrus, l'aîné 
par décret en date du 7 décembre 1866 et 
le cadet par décret du 23 janvier 1877. 

P. de M. 

* * 
Voici l'acte de mariage auquel fait allu- 
sion Nostradamus (19 juin 1890) : 

Edouard-Léonce-François-Marie Tallien de 
Cabarrus, fils de Charles-Adolphe et de Clé- 
mentine-Antonine Sibour 

et 

S.-.phie-Céline-Marthe Retouret, fille de X. 



Retouret et de Mme née Honorine Cour- 
mont, à Genève. 

G. B. 

* * 
La tombe de Tallien était au Père La- 
chaise : par quelles vicissitudes a-t-elle 
passé ? 

Livres sur Conrsrt et portraits. 

(LI. 225). — Victor Cousin : La Société 
française au XVIII a siècle, d'après le grand 
Cyrus, in-8, 1858, t. II, chapitres XI, XIII, 
XV, XVI et l'appendice, passim. Kerviler 
et Barthélémy : Valcntin Conrart, sa vie 
et sa correspondance. Paris, 1881. in-8. — 
Bourgoin : Valcntin Conrart, premier 
secrétaire perpétuel de ï Académie française, 
Paris, 1883, in-8 v Thèse de doctorat qui a 
largement utilisé le livre précédent). — 
L'abbé Fabre : Chapelain et les deux pre- 
mières académies. Paris, 1890, in-8° (con- 
tient une généalogie rectifiée de Conrart). 
— Jal, Dictionnaire critique de biographie 
et d'histoire. Paris, 1867, in 8. — L'A- 
mateur d'autographes, 1878,1p. 1 13, et 1904, 
p. 228-229. 

Je trouve dans mes notes : Conrart, 
portrait gravé par Cossin, d'après Cl. Le- 
febvre, in-folio. R. B. 

Le fac-similé de l'écriture de Conrart 
donné par Y Isographie des hommes célèbres, 
n'est pas de l'académicien, mais d'un ho- 
monyme. 

La clef des « Contemplations » 
(LI,2 1 7 , 3 1 2 ) . — Tout d'abord, nous dirons 
que les deux pièces de vers intitulées 
Claire et Claire P ont été composées en 
souvenir de la même personne. 

Le mystère que semble cacher la per- 
sonnalité de la jeune fille connue sous le 
nom de Claire, est en partie dévoilé dans 
le second poème même, par l'auteur: 

Allez à Saint-Mandé, cherchez dans le champ 

[sombre 
Vous trouverez le lit de sa noce avec l'ombre ; 
Vous trouverez la tombe où git ce lys vermeil. 

Allons donc au cimetière de Saint- 
Mandé et cherchons parmi les tombes 
celle qui renferme les restes de la Vierge 
au front pur que Victor Hugo avait con- 
nue toute jeune : 
Elle me disait vous et je lui disais tu, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 1905. 



3 6 9 



370. 



Ne consultez pas les registres du cime- 
tière, vous ne trouverez rien, mais allez 
vous-même à la découverte. Au bout de 
l'allée centrale de ce vieil asile de re- 
pos (aujourd'hui désaffecté pour les nou- 
velles inhumations et dont la porte ne 
s'ouvre que rarement), un peu au-delà 
du monument élevé à la mémoire d'Ar- 
mand Carrel, à gauche en retrait, vous 
trouverez une tombe entourée d'un 
grillage occupant environ neuf mètres 
carrés et qui renferme deux pierres tumu- 
laires. Sur l'une se trouve cette inscrip- 
tion : 

Claire 
1826-1846 
suivie de ces quelques vers : 

Voilà donc que tu dors sous cette pierre grise, 
Voilà que tu n'es plus ayani à peine été, 
L'asire attire le lys et te voilà reprise % 
Vierge par l'azur cette yjrgjnjté. 

Victor Hugo 

C'est un fragment de l'admirable poème 
intitulé Claire, publié dans les Contem- 
plations. 

C'est donc ici que repose cette jeune 
fille de vingt ans pleurée par le Maître. 

Dans le même ouvrage de Victor Hugo, 
sous le titre : Claire P, la pièce de vers 
commence ainsi : 

Quel âge hier? Vingt ans. Et quel âge aujourd'hui 
L'éternité 

On voit donc que Claire et Claire P 
sont la même personne. 
On lit un peu plus loin : 

Son père, le sculpteur, s'écriait : Qu'elle est belle . 

— Cherchons quel était ce sculpteur. 

Victor Hugo, depuis 1833, avait une 
amie, une amie bien dévouée qui lui té- 
moigna plus tard une grande affection. 
Elle s'appelait Juliette, Juliette Gauvain ou 
Juliette Drouet, du nom de son oncle... 
elle aurait pu s'appeler Juliette Pradier, 
car depuis 1823 elle était la maîtresse du 
grand sculpteur dont elle avait eu une 
fille en 1S26, qui s'appelait Claire. 

Nous voici, je crois, sur la bonne piste. 
Claire P. ou Claire Pradier est morte en 
1846. La pièce de vers où le poète la cé- 
lèbre et qui porte la date de juin 18^4, a 
été postdatée ou écrite en souvenir d'un 
anniversaire. 

Nous disions que la tombe en question 
du cimetière de Saint-Mandé comprend 
deux pierres tumulaires, Tune porte l'ins- 



cription citée plus haut, l'autre n'a au- 
cune inscription ; elle doit, si je ne me 
trompe, couvrir le cercueil de madame 
Drouet. Georges Colas. 

Les œuvres théâtrales sur la 
Brie (LI, 49. 210, 266). — Dans les pièces 
de théâtre citées par le collaborateur 
Henry Lyonnet, j'y vois figurer avec sur- 
prise les villes de Longjumeau, Montlhéry 
et Etampes. Je ne sache pas que ces trois 
villes aient fait partie de la province de 

Brie. P. Ipsonn. 

* 

* * 
Si M. Ardouin Dumazet veut bien 

prendre la peine de lire la question, telle 
qu'elle avait été posée (LI, 49), il verra 
que l'on demandait de citer non seulement 
les œuvres théâtrales dont l'action se dé- 
roule en Brie, mais aussi dans le Départe- 
ment de Seine-et-Marne. Le nom de la vil- 
le de Fontainebleau devait donc figurer 
sur la liste, bien que Fontainebleau ne soit 
pas dans la Brie. H. Lyonnet. 

Livre des poinçons (L, 673, 821, 
930). — Aux ouvrages cités, il faut ajou- 
ter le suivant : Traité de la garantie des 
matières et ouvrages d'or et d'argent, par 
Faibaud. Paris, 1825, in-8, avec 8 plan- 
ches représentant 300 poinçons. 

Paul Pinson. 

Documents sur Strasbourg (LI, 
164). — Notre aimable intermédiairiste 
ne paraît pas se douter du travail qu'il de- 
mande en posant sa question : Des livres 
parus à Strasbourg de 1820 à 1840 ? 

Mais depuis la mise en oeuvre de la 
première presse à bras utilisée par Gu- 
tenberg dans cette ville en 1438 (dix ans 
avant Mayence!) jusqu'à nos jours, les 
ateliers typographiques de Strasbourg ont 
produit une quantité presque incalculable 
de livres, plaquettes et plans, et si on vou- 
lait citer, comme le demande notre cor- 
respondant, les ouvrages parus de 1820 à 
1840, le bulletin ne suffirait pas. Néan- 
moins, pour satisfaire un peu sa curiosité, 
nous allons donner ci-dessous l'énuméra- 
tion des titres de quelques-uns de ces ou- 



vrages. 



Lichtenberger. — « Histoire de l'in- 
vention de l'imprimerie pour servir de 
défense à la ville de Strasbourg contre 
les prétentions de Harlem ; avec une pré- 



N» 1060. 



L'INTERMEDIAIRE 



371 



372 



face de Schweighauser». Strasbourg 1825, 
in-8° avec portrait et 8 planches gravées. 

Chapuy. — « Vues pittoresques de la 
Cathédrale de Strasbourg et détails re- 
marquables de ce monument ; avec un 
texte historique et descriptif, par Schwei- 
ghauser ». Strasbourg, 1827, in-4 , 54 p. 
et 1 5 pi. lithographiques. 

Lutteroth. — « Notice sur Jean-Fré- 
déric Oberlin, pasteur à Waldbach au Ban- 
de-la-Roche, mort le i e r juin 1826 ». 
Strasbourg, 1826, in-8°. 

Stceber. — « Vie de Oberlin, pasteur à 
Waldbach». Strasbourg, 183 1, in-8° orné 
de 9 lithographies. 

Farges-Méricourt. — « Relation du 
voyage de S. M . Charles X en Alsace ». 
Strasbourg, 1829, in-4 , 1 ^4 P-> avec 
12 planches et 1 carte. 

Matter. — « Discours prononcé à Stras- 
bourg, à l'église du Temple-Neuf, le 
8 octobre 1829, au service solennel célé- 
bré en actions de grâces de la naissance de 
S. A. R. le duc de Bordeaux ». Strasbourg, 
1829, in-8°. 

— « Fête donnée par la ville de Stras- 
bourg le 27 janvier 1824, aux régiments 
revenus d'Espagne ». Strasbourg, 1824, 
in-8° . 

Pellet. — « Le barde des Vosges » Re- 
cueil de poésies 1829, in-18, 372 p. 2 vues 
lithog, 

Pfeffel. — » Fables et poésies choisies 
traduites en vers français et précédées 
d'une notice par Paul Lehr ». Strasbourg, 
1840, gr. in-8°. 

— « Installation de M. de Kentzinger, 
maire de Strasbourg ». Strasbourg, 1826, 
in-8° avec 2 portraits. 

Caspari. — « Dissertation sur les Pé- 
ricopes présentés à la Faculté de théolo- 
gie de Strasbourg ». Strasbourg, 1833, 
in-4 . 

« Affaires de Saint-Thomas. — Polémi- 
que protestante et catholique concernant 
les biens et droits de ces fondations »;. 
Strasbourg, 1833, ' n_ 8°. 

Bettling de Lancastel. — « Considéra- 
tions sur l'état des juifs dans la société 
chrétienne et particulièrement en Alsace 
et à Strasbourg ». Strasbourg, 1824, 
in-8°. 

— « Galerie alsacienne ou portraits 
des alsaciens qui se sont le plus distingués 
dans les lettres, les sciences, les arts, l'in- 
dustrie et l'art militaire (sic) 30 portraits 



lith. avec notices biograph. ». Strasbourg 
1826, in-8°. 

— « La Charte constitutionnelle des 
Français, traduite en grec ancien et pu- 
bliée avec le texte français ». Strasbourg, 
i83i,in-8°. 

Schweighauser. — << Notice sur les re- 
cherches relatives aux antiquités du dé- 
partement du Bas-Rhin ». Strasbourg, 

1822, in-16. 

Golbery. — » Mémoire sur quelques 
anciennes fortifications des Vosges où l'on 
examine quel peuple du temps de Jules 
César était établi en Alsace ». Strasbourg, 

1823, in-8°. 

Friedrich. — « Cathédrale de Strasbourg 
et ses détails, 1839 *• Strasbourg, in-folio, 
texte français et allemand. 

Schreiber. — « Das Munster zu Stras- 
burg mit 12 lithog. Blatten in gros folio 
Denkmale der deutschen Baukunst ». 
Strasbourg, 1829, in-8°. 

Walter. — « Bericht uber d.Fest, 1830, 
zur Erinnerung an die Uebergabe von 
Augsburg conf. ». Strasbourg, in-32. 

Mais les documents en langue allemande 
sont innombrables et nous ne voulons pas 
en donner d'énumération ; de même pour 
les publications qui ont paru à Strassburg 
au moment des fêtes de Gutenberg en 1836 
et en 1840. De nombreuses plaquettes et 
brochuresont été publiées à cette occasion; 
nous citerons seulement les deux ouvrages 
suivants : 

<< Fête séculaire de l'invention de l'im- 
primerie, par Gutenberg, qui seracélébrée 
à Strasbourg en 1836». Strasbourg, 1835, 
in-4 . 

« Relation complète des Fêtes de Gu- 
tenberg célébrées à Strasbourg les 24, 25 
et 26 juin 1840 ». 1 vol. in-8° et album 
renfermant les dessins de Gluck sur le 
cortège industriel de Strasbourg, ^grandes 
planches coloriées et pliées, in-4 . Stras- 
bourg, 1840. - Georges Colas. 

Les précurseurs de M. Tarde 

(XLVII, 152). —Non pour la comparai- 
son vicieuse (de l'imitation humaine avec 
l'attraction mutuelle des corps), mais pour 
le fond, voir Balzac, La Muse du départe- 
ment, œuvres complètes, vol. XIII de 
l'édition de Calmann Lévy de 1890, p. 
102. « Avez-vous remarqué le singulier 
phénomène de la réaction que produit sur 
l'homme la vie en commun ? Les êtres 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



10 Mars 1905 , 



- 373 



374 



tendent, pat le sens indélébile de l'imita- 
tion simiesque, à se modeler les uns sur les 
autres. On prend, sans s'en apercevoir, 
les gestes, les façons de parler, les atti- 
tudes, les airs, le visage les uns des 
autres. » Ha. He. 

La Granda Encyclopédie (LI, 
226). — Tous les volumes de la Grande 
Encyclopédie ont été involontairement da- 
tés par l'éditeur. 

Ces dates, il est vrai, ne figurent pas 
sur les titres, mais on les trouve au bas 
et à gauche des cartes géographiques hors 
texte insérées dans chaque volume. 

Le i er volume a vu le jour en 1886 
(carte d'Afrique, tome I) et le dernier en 
1902 (carte de l'Yonne, tome XXXI). 

Par ce procédé on obtient une appro- 
ximation de six mois à un an, qui est 
suffisante dans la plupart des cas. S. 

* * 

Ce superbe et excellent ouvrage, pré- 
paré dès 1882 par M. Camille Dreyfus et 
l'éditeur Baer, puis dirigé par un comité 
à la tête duquel se trouvait M. Marcelin 
Berthelot, a commencé à paraître, par 
fascicules, à la fin de 1885. Les tomes 1 
et 2 ont été publiés en 1880, chez Lami- 
rault et O", éditeurs à Paris ; 3 et 4, en 
1887 ; 5 et 6, en 1888 ; 7 et 8, en 1889... 
Le 31 e et dernier volume s'est achevé 
avec l'année 1902. 

La Grande Encyclopédie comprend 778 
livraisons de 48 pages (chaque volume a 
1200 pages, sauf le dernier qui en a 
1344). Elles paraissaient régulièrement 
tous les jeudis ; la publication a été inter- 
rompue durant un court laps de temps 
après le tome 22, pendant que se consti- 
tuait la Société anonyme qui allait re- 
prendre l'entreprise de Lamirault, mais 
les souscripteurs ont reçu, en revanche, 
dans les derniers mois, deux livraisons 
par semaine. A. Boghaert-Vaché. 

Cadot Rousselle (LI, 116, 121, 247). 
— Dans Les Hommes et les Choses du Nord 
de la France et du Midi de la Belgique pu- 
bliés par MM. Aimé Leroy et Arthur Di- 
naux, (Valenciennes, 1829), on trouve, 
p. 42, un article sur Cadet-Roussel, signé 
S. H. B. On y voit que Cadet-Roussel 
arriva un beau jour à Cambrai, (c'était 
avant la Révolution), qu'il y vécut en 
colportant de porte en porte des dessins 



artistement découpés au canif, que des 
troupes d'enfants s'acharnaient après lui 
et qu'il ne pouvait mettre le pied hors 
de sa maison sans être assailli par leurs 
chansons. L'auteur dit en note : 

Une chanson populaire qui dépeignait bur- 
lesquement l'état et le costume du malheu- 
reux et qui avait pour refrain : Ah /Ah! vrai- 
ment, Cadet-Roussel est bon enfant! est au- 
jourd'hui 'tout ce qui reste de lui dans le sou- 
venir de ceux-mêmes qui le poursuivirent de 
leurs tracassantes criaiileries. 

Cadet-Roussel quitta Cambrai pour 
Douai à la Révolution, reparut ensuite un 
moment à Cambrai, et mourut à Douai ) 
aveugle et délaissé, en 1820 ou 1821. 

Un article qui a paru dans la Libre Pa- 
role du 12 décembre 1903, fait naître 
Cadet-Roussel à Cambrai, vers 1750. En 
1792, un soldat de passage aurait impro- 
visé sur lui un couplet de chanson, ses 
frères d'armes en auraient fait les autres 
couplets. Tous les régiments qui traver- 
sèrent Cambrai en cette année de guerre, 
apprirent la chanson. Six mois après, le 
nom de Cadet-Roussel était célèbre dans 
toute la Fiance. 

M. A. Rambaud, dans son Histoire de 
la civilisation contemporaine en France (5 e 
édit., p. 191) donne une origine différente 
à la chanson qui nous occupe, et il est 
autrement précis. 11 dit en effet : 

Aude, l'auteur de la chanson de Cadet- 
Roussel composée contre l'avocat Roussel, fit 
jouer en 1798, Cadet-Roussel, professeur de 
déclamation , et l'année suivante Cadet Rous- 
sel barbier à la Fontaine des Innocents . 

De Mortagne. 

Bath, marque de papier (XLIX ; 
LI, 265). — J'ai réuni plusieurs variétés 
de cette marque, elles donnent la certi- 
tude que c'est bien une marque anglaise. 
Sur l'une on lit : Bath fine, dépôt rue 
Coquilliére, n° 97, Paris. Une couronne la 
surmonte. 

On trouve des marques d'autres fabri- 
ques du même genre. A. S... y. 

Le narddes Romains L, 620, 742, 
872, 995 ; LI, 46, 157). — Ammien Mar- 
cellin est un auteur plus intéressant qu'on 
ne le croit généralement. Ainsi, par 
exemple, il nous en dit assez, pour nous 
montrer une grosse faute dans l'histoire 
des Romains (1) de Duruy , où ce savant a 

(1) En Mésopotamie romaine. 



N° 1060 



L'INTERMEDIAIRE 



375 



376 



fait deux villes différentes d'Amide et de 
Constantine qu'il place sur la carte à 
25 lieues l'une de l'autre, alors que c'est 
une seule et même ville ! Il est donc bon 
de l'étudier de près ; puisqu'il est sus- 
ceptible de nous enseigner des choses 
curieuses, de différente nature. 

Il est facile de démontrer le sens pré- 
cis qu'il attache au mot agger ; et nous 
espérons bien que l'honorable M. H. 
C. M. sera aussi de notre avis : 

i° D'abord notre aimable ophélète 
convient lui-même du sens de muraille 
qu'a le mot agger d^ns certains cas ; 

2 C'est ainsi que l'a compris M. Ni- 
sard, de l'Académie française, l'éminent 
traducteur d'Ammien Marcellin ; 

3 Mais nous avons mieux encore: cet 
auteur latin nous indique son sens très 
précis de rempart construit avec toute 
sorte de matériaux, pour assiéger les 
places fortes selon la méthode romaine. 
Dans la construction de l'agger, il entre 
surtout de la terre, des pierres et du 
bois. 

Ammien Marcellin, qui n'avait pas vu 
la grande muraille construite en briques, 
et qui n'en savait que ce qu'il en avait 
entendu dire en Asie et en Perse, la com- 
pare aux agger si connus des Romains, 
auxquels il s'adressait et pour lesquels il 
écrivait. De sorte que, dans la bouche de ce 
militaire, ce mot avait un sens parti- 
culier, qui excluait absolument toute idée 
de chaînes de montagnes. 

Cette interprétation n'est pas seulement 
une probabilité, mais c'est une certitude, 
et voici pourquoi. S'il avait voulu nous 
parler de montagnes formant une enceinte, 
il aurait employé le mot montinm ; car 
c'est de ce mot qu'il s'est servi en Thrace, 
dans un cas analogue : cxcelsœ montinm 
summitates; au lieu de celsorum aggerum 
summitates. 

Il est clair que ces deux mots ne peuvent 
pas avoir le même sens; et que, si l'un 
veut dire montagne, l'autre veut dire rem- 
part; c'est bien là notre grande muraille 
de Chine, que nous connaissons tous si 
bien, par la gravure et la photographie. 

Aujourd'hui encore, si on donnait à tra- 
duire en latin le mot grande muraille de 
Chine, à nos bacheliers modernes, la 
palme serait donnée à celui qui se servi- 
rait du terme agger, qui vaut mieux en- 



core que celui de mœnia (1), et par suite que 
le mot munis, à fortiori. Voilà donc bien 
une raison convaincante s'il en fut jamais, 
pour traduire agger parle mot « la grande 
muraille de Chine ». 

Ammien Marcellin avait été en Perse, 
non seulement dans le midi avec Julien, 
mais encore dans le nord avec Ursicin, 
sous le règne de Constance, du côté de la 
Médie et de la mer Caspienne, sur la fron- 
tière de l'Arménie; c'est-à-dire beaucoup 
plus loin que les Romains de son temps. 
Il y avait même fait de l'espionnage : de 
là ses connaissances en géographie. 

D r Bougon. 

Inhumations hors des cimetières 

(XLVIII ; XLIX ; L ; LI, 89, 203). 
— A3 kilomètres de Douai, au faubourg 
d'Esquerchin, commune de Cuincy, existe 
une chapelle sous le vocable de Notre- 
Dame des Affligés, lieu de pèlerinage très 
fréquenté à Pâques et à la Pentecôte, la- 
quelle sert de sépulture à la famille Dran- 
sart, de Douai. 

A Frais-Marcus, hameau dépendant de 
Douai, M. Chappuy, maître de verrerie, a 
fait construire une chapelle dans laquelle 
sont inhumés les membres de sa famille. 

Paul Pinson. 

* * 
Cela n'est pas aussi rare que parais- 
sent le croire plusieurs de nos collabora- 
teurs. Dans les régions où les protestants 
forment desgroupes nombreux, on rencon- 
tre fréquemment des sépultures solitaires. 
Le Voyage en France de M. Ardouin-Du- 
mazet, où l'on trouve tant de découvertes 
singulières sur notre pays, signale cestom- 
bes comme étant une particularité dans la 
communauté protestante du Poitou : 

Grâce à la nature de ce pays jadis d'accès 
difficile, couvert de bois, — dit-il dans sa 
xv° série à propos de la singulière croyance 
des huguenots voyant dans les monuments 
celtiques des témoins du temps des persécu- 
tions — coupé de fondrières, sans routes, 
les réformés ont résisté jusqu'à l'heure où 
ils ont pu reprendre ouvertement l'exercice 
de leur religion ; mais, à en juger par ces 
théories singulières sur l'origine de vestiges 
presque antéhistoriques, la terreur dut être 
grande parmi les populations. Celles-ci, 

(1) Voir a ce sujet le précieux ouvrage des 
pères Hue et Gabet, Voyage en Mongolie et 
au Thibet. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



377 



378 



10 Mars 1905, 



chassés des cimetières, devaient enterrer 
leurs morts en pleine campagne ; l'usage 
s'est perpétué. Autour de Saint-Maixent,les 
tombes isolées sont nombreuses. 

Le même auteur, dans sa 11 e série, si- 
gnale à Sablet, village situé entre Vaison 
et Carpentras, une tombe en pleinschamps, 
entourée de pins et d'oliviers, préparée par 
un capitaine en retraite habitant Paris pour 
lui servir de sépulture. Quand le voyageur 
passa à Sablet, il y avait dix ans que le 
mausolée attendait son hôte ; celui-ci à 
chacune de ses visites, avait la satisfac- 
tion de voir grandir les pins qu'il avait 
plantés pour abriter son repos. A. 

* 
* * 

A Guise (Aisne) existe une usine dont le 
nom de Familistère est universellement 
connu. Fondée par J. B. A. Godin, qui dé- 
buta dans la vie industrielle avec 4.000 
francs, mais en plus avec une âme de phi- 
lanthrope, en 1840, elle était loin — on le 
comprendra — d'être ce qu'elle est aujour- 
d'hui. Ce ne fut qu'au mois d'avril 1859 
que fut bâtie l'aile gauche du Familistère 
et, grandissant sans cesse il ne fut terminé 
qu'en 1880, s'augmentant toujours depuis. 

Je ne puis, dans cet espace réduit, ni 
faire une monographie de cette œuvre im- 
mense, ni écrire une biographie de cet 
homme de bien. Je veux seulement ré- 
pondre à la question posée : 

C'est dans le jardin d'agrément du Fa- 
milistère que Godin avait désire être in- 
humé, et c'est au détour d'une allée soli- 
taire, sur la terrasse d'où l'on domine 
toute l'œuvre familistérienne, que nous 
apparaît son mausolée, dressé dans la 
pleine lumière du ciel. 

Sur l'une des faces, un buste de bronze 
reproduit ses traits. Un mouleur en cos- 
tume de travail occupe la droite du mo- 
nument. A gauche, une jeune femme 
montre l'image de Godin au petit enfant 
qu'elle porte dans les bras Au-dessus du 
buste, s'élance une figure symbolisant 
l'Immortalité. 

Sur la pierre sont gravées les paroles 
suivantes, adressées à ses collaborateurs 
et retrouvées après sa mort dans ses pa- 
piers : 

VENEZ PRÈS DE CETTE TOMBE 

LORSQUE VOUS AUREZ BESOIN DE VOUS RAPPELER 

QUE j'Ai FONDÉ LE FAMILISTERE 

POUR L'ASSOCIATION FRATERNELLE. 

RESTEZ UNIS PAR AMOUR DE L'HUMANITÉ 



PARDONNEZ LES TORTS QUE LES AUTRES 

ONT ENVERS VOUS. 

LA HAINE EST LE FRUIT DES MAUVAIS CŒURS, 

NE LA LAISSEZ PAS PÉNÉTRER PARMI VOUS. 

QUE MON SOUVENIR SOIT POUR VOUS UN SUJET 

DE FRATERNELLE UNION 

RIEN N'EST BON ET MÉRITOIRE SANS L'AMOUR 

DE L'HUMANITÉ. 

LA PROSPÉRITÉ VOUS SUIVRA TANT QUE l'aCCORD 

regnera parmi vous 
soyez justes envers tous, vous servirez 

d'exemple. 

Quel encouragement que de telles pa- 
roles ! 11 tut conseiller général en 1870, 
et en 1871 ses concitoyens l'envoyèrent 
siéger a l'Assemblée Nationale. 

Jehan de Louviers. 

Couleur Isabelle (T. G. 451 ; Ll, 
267). 

Une tradition veut qu'Isabelle (la Catholi- 
que) ait fait le serment de porter jusqu'à la fin 
du siège (de Grenade) la chemise dont elle 
était revêtue ; de là le nom de couleur Isa- 
belle donné à la teinte qu'avait prise son 
linge lorsqu'elle le quitta au bout de vingt 
mois. 

V. Jacquemont. Récits espagnols. La- 
croix, 1870. 

Je crois me souvenir que cette tradition 
est signalée par Martana, mais je suis 
loin d'en être sûr, et puis la chemise 
était un objet si rare à cette époque.. 

V. J. duD. 

Hommes naturalisés (LI, 14, 156, 
321). — M. J. C. parle d'un homme con- 
servé dans l'alcool, voici le cas, et je crois 
qu'il peut trouver sa place ici : 

M. Granet, ancien notaire, archéologue, 
habitant Viverols, dans ie Puy-de-Dôme, 
possède chez lui, au milieu d'une collec- 
tion d'antiquités et de raretés, le tombeau 
de son père qu'il conserve dans l'alcool ! 

C'est dans un cercueil en plomb (ou en 
zinc) revêtu de ciment, et hermétique- 
ment clos, que l'on peut voir ce tombeau, 
probablement unique de son espèce. Une 
ouverture vitrée, pratiquée dans le couver- 
cle permet de voir le visage du défunt, dont 
les cheveux et la barbe ont poussé dans 
l'alcool d'une manière tout à fait extraor- 
dinaire, les traits sont calmes et pleins, et 
le teint est« recuit ». 

Cette momie d'un nouveau genre est 
installée dans une chapelle attenant au 
cimetière communal et que M. Granet a 
fait édifier en se mettant, paraît-il, en 



N* 1069 



L'INTERMÉDIAIRE 



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380 



règle avec les prescriptions administra- 
tives et religieuses concernant les sépul- 
tures. Jehan de Louviers. 
Voir Intermédiaire, Ll, 321. 

Le cas de M. Guérin(L, 734, 879, 
938,996; LI, 46, 91,270), — j'ai tou- 
jours plaisir à parler « Monstres doubles » 
ou plutôt « Diplologie », science qui est 
presque ma spécialité, car elle tente peu 
les savants modernes. Aussi je m'em- 
presse de répondre à l'invitation qui 
m'est faite. 

Le cas de Thuringe (1672) est bien un 
monstre double Endocymien, du type 
classique ; et l'opinion de Bartholin, mé- 
decin de l'époque, est parfaitement exacte, 
en ce sens qu'il y a bien eu inclusion 
d'un sujet dans l'autre : ce qui est une cons- 
tatation fort intéressante, mais connue. 

Mais il est probable que Bartholin ne 
connaissait pas les monstres doubles et 
qu'il crut à l'inclusion d'un sujet, bien 
isolé, dans le sujet qui vécut : ce qui est 
une erreur. 

M. Jean Pila est d'avis que la théorie 
actuellement admise par les tératologistes 
n'est pas la meilleure ? Chacun est libre 
de son opinion. Mais qu'il formule son 
hypothèse, et nous discuterons ensuite. 

Le cas de Thuringe semble bien au- 
thentique, car le sujet inclus était de 
même sexe que le sujet porteur (ce qui 
est indispensable dans l'état actuel de la 
science). 

Quant à affirmer qu'il y avait vrai- 
ment un « arrière-faix » dans ce dernier 
sujet et que le sujet inclus vécut réelle- 
ment (le baptême ne prouve évidem- 
ment rien), cela est plus difficile ; et, sur 
ces deux points, je reste sur une réserve, 
qui me paraît indispensable, malgré les 
dires de mon confrère Bartholin... 

Le cas de Thuringe est connu depuis 
longtemps de tous les spécialistes. On 
en trouve la description dans : Hist. 
anat. et mod . rar . Cent. VI, hist. 100. — 
De insolilis partus viis, p 97 . — Il a été 
discuté d'ailleurs, et même nié — à tort, 
à mon sens — , par un maître en la ma- 
tière, le fondateur de la tératologie 1 

Marcel Baudouin. 

Sauvages européens d'aujour- 
d'hui (Ll,2,92,i 57,213). — J'ail'honneur 
d'affirmer de la façon la plus absolue à 



M. « Un Passant » ce que j'ai dit. Avant 
de mettre ma parole en doute, notre col- 
laborateur aurait dû tâcher de voir les 
publications que je lui citajs 

Si je n'ai pas donné de dates'précises, 
c'est que je suis loin de ma bibliothèque. 

Il aurait lu les deux voyages que le doc- 
teur a faits à la recherche de ces prétendus 
sauvages. Un de mes amis les plus inti- 
mes l'y a accompagné au premier : j'en ai 
des photographies. Nous avons assez- fait 
de gorges chaudes en Espagne sur la 
communication à la société d'anthropolo- 
gie, reproduisant une légende d'auteurs 
du xvii e siècle. 

M. Un Passant parle « d'une excursion 
récente poursuivie avec méthode dans les 
parties les moins connues dece territoire ». 
Comme j'ai des raisons très personnelles 
pour nf intéresser à cette question, je se- 
rais curieux de connaître cette excursion. 
Une revue espagnole périodique, las Hojas 
Selectas,a. publié, en 1904,1m voyage dans 
la Sierra de Gâta, que je vois pas traver- 
sable de tant de façons. 

Conde de Torla. 



* 
* * 



En allant de Vichy à Saint Priest, on 
aperçoit à quelques centaines de mètres, à 
droite de la route, aux pieds du Puy de Mon- 
toncel, le bourg de Lavoine ; le chemin qui 
y conduit, après avoir traversé ce village, 
aboutit à un second village, lequel, chose 
incroyable, n'a pas de nom. Il est indiqué 
sur la carte d'état major et sur celle du 
ministère de l'Intérieur avec la mention 
« Chez Pion » ; c'est la capitale du 
royaume des Pions. 

Ces Pions, qui n'ont rien de commun 
avec ceux que nous ayons connus au 
lycée, ne sont pas des sauvages, ils for- 
ment un petit peuple dont l'origine est 
inconnue et qui est resté à travers les siè- 
cles complètement indépendant. 

Les Pions ont un roi dont la dynastie 
est, je crois, héréditaire ; c'était, il y a dix 
ans, un homme remarquable, autant que 
j'ai pu en juger ; son autorité est absolue, 
mais comme il n'en abuse pas, les révo- 
lutions sont inconnues chez les Pions. 

)'ai visité ce pays, accompagné d'inter- 
prètes, car la langue est absolument 
incompréhensible, elle pourrait peut-être, 
pour certains de nos confrères, dont nous 
avons admiré les discussions aussi savan- 
tes qu'intéressantes, donner des indica- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



381 



10 Mars 1905. 



382 



tions sur leur origine ; ce qu'il y a de 
certain, c'est qu'ils n'ont rien de commun 
avec les Romains, mais je ne suis pas 
assez fort en grec pour savoir s'ils descen- 
dent des Pélasges. 

11 est plus probable cependant que, 
comme les Basques, les Pions descendent 
des premiers habitants de la Gaule. 

Je ne dis rien des choses extraordi- 
naires qu'on m'a racontées ou que j'ai 
vues, pour ne pas être taxé d'exagération, 
mais nos confrères de Vichy nous intéres- 
seraient vivement en nous parlant de ce 
petit peuple qu'ils connaissent certaine- 
ment. Jean Pila. 

L'ombre chevalier (XLVN;XLVIII). 
— Les ichthyologues ont raison âe pré- 
tendre que l'ombre chevalier n'existe pas, 
mais les juristes et les pêcheurs anciens 
ou modernes auraient tort d'admettre 
cette négation. 

Dans le langage vulgaire, on employait 
indifféremment au xviu s siècle les mots 
ombre et omble (Valmont, 1768) ; on a 
continué à les confondre au xix e siècle 
(Baudrillart, Dictionnaire des pêches, 1827^) 
et la loi elle-même qui cherche à être 
comprise du plus grand nombre, a adopté 
l'ombre chevalier. Dans le décret organi- 
que du 10 août 1875, il est désigné nom- 
mément avec la truite pour la période 
commune d'interdiction qui établit cor- 
rectement que c'est bien un salmonide ; 
quant à l'ombre commun, comme il n'est 
pas spécifié, il rentre dans la 4 e classe 
commune à tous les poissons, de telle 
sorte qu'il ne peut y avoir de confusion 
entre l'un et l'autre, quant aux époques 
où la pêche en est licite. 

Cette distinction établie, la prétendue 
candeur des arrêtés préfectoraux qui ré- 
glementent dans certains départements la 
pêche de poissons qui n'existent pas, est 
non moins facile à disculper. Outre la 
possibilité d'acclimater de jour en jour 
dans les rivières des espèces autrefois in- 
connues, (l'Etat français verse, tous les 
ans, un million d'alevins d'omble cheva- 
lier dans ses cours d'eau) ; il existe une 
corrélation juridique entre la pèche et le 
transport et le colportage du poisson. 
Pour interdire la vente, l'achat, le trans- 
port et l'importation,il faut que la pêche 
soit interdite dans chaque département, 
d'où la nécessité d'interdire la pêche en 



même temps que la circulation (art. 5 de 
la loi du 31 mai 1865). 

Or, parmi les poissons sujets à expor- 
tation, il n'en est pas qui aient autant de 
valeur que l'omble chevalier. Au début 
du siècle, Bosc en avait vu vendre plu- 
sieurs fois à Paris, cent écus la pièce ; on 
prétend qu'aujourd'hui cette valeur est 
bien discréditée par défaut de nos cordon- 
bleus qui ne savent plus distinguer les 
deux espèces. Sus. 

Médaille d'honneur dite de sau- 
vetage (Ll, 226). — C'est, je crois, à la 
Ville de Paris qu'il faut attribuer la créa- 
tion de la première médaille de sauve- 
tage. 

Jusqu'à la fin du xvm* siècle, les actes 
de dévouement étaient récompensés pécu- 
niairement, lorsqu'en 1779, le Prévôt des 
marchands et les Echevins de la Ville de 
Paris, pensant que « dans la classe, même 
« infime, du peuple, il se trouve des gens 
« qui se conduisent plus par la gloire que 
« par l'intérêt y, eurent l'idée de faire 
frapper des médailles « pour être distri- 
« buées seulement à ceux qui, par des 
« actions hardies, courageuses ou extraor- 
« dinaires, se sont distingués dans le se- 
« cours des noyés ». 

La délibération du 14 octobre 1779, m " 
sérée au Registre du Bureau de la Ville de 
Paris (archives nationales H. 1878) et 
publiée dans le recueil des procès-ver- 
baux de la commission du Vieux-Paris 
(séance du 12 Mars 1903), donne, com- 
me suit, la description de la nouvelle mé- 
daille : 

Sur un côté de la médaille sera l'écusson 
des armes de la ville avec cette légende ; 
Civi/atis Parisiensis prœmium Jund, 1779. 

Sur l'autre côté, au revers, sera une cou- 
ronne composée d'herbages et fleurs aqua- 
tiques, et autour de cette couronne, ces 
mots complettant la légende Ob submer- 
sum civem redivivum, et que l'espace ren- 
fermé par la couronne restera vuide pour 
y graver ce mot Mentit avec les noms de 
celui à qui on donnera la médaille et la 
datte de l'événement. Ces médailles seront 
d'argent 

La médaille de récompense fondée par 
la ville de Paris (module 41 mill.) fut 
exposée au Salon de 1781, par B. Duvi- 
vier, graveur général des monnaies. Il en 
existe une reproduction offerte au Musée 
Carnavalet par M.Lucien Gillet, architecte 



N* 1009 



L'INTERMEDIAIRE 



383 



384 



de la Préfecture de Police, auquel on doit 
l'intéressante communication faite à la 
commission du Vieux-Paris. 

Y eut-il beaucoup de récompenses dé- 
livrées par application de la délibération 
du 14 octobre 1779 ? Je l'ignore. Dans 
tous les cas, la Révolution fit oublier cette 
création et on revint, comme par le passé, 
aux récompenses pécuniaires. 

C'est en 1816 seulement que l'Etat finit 
par s'intéresser à cette question en auto- 
risant les préfets à « accorder des gratili- 
« cations aux habitantsqui s'honorent par 
« des actes de dévouement », et c'est le 2 
mai 1820 que le ministre de la marine et 
des colonies fut autorisé à décerner des 
médailles aux marins qui secouraient les 
naufragés. 

Les ministres de la guerre et des tra- 
vaux publics furent ensuite autorisés à 
décerner également des médailles d'hon- 
neur, le premier aux militaires, le second 
aux ouvriers ayant exposé leur vie dans 
des accidents de mines ou de carrières. 

Enfin, en 1828, le ministre de l'In- 
térieur prescrivit aux préfets d'inviter 
les auteurs d'actes de dévouement à opter 
entre une médaille d'honneur et une ré- 
compense pécuniaire. 

Le 2 décembre 1833, sur la proposition 
de M. Thiers, alors ministre du commerce 
et des travaux publics, toutes les médail- 
les décernéesdepuis l'origine furent échan- 
gées pour un nouveau modèle unique 
pouvant se porter à la boutonnière avec 
un ruban tricolore également divisé. Mais 
les modules adoptés ne pouvaient guère 
se prêter à cet usage en raison du poids 
et des dimensions fixées (50 et 36 mill.), 
et des médailles d'une plus petite dimen- 
sion furent spécialement frappées pour 
être données aux militaires, sapeurs-pom- 
piers, gardes champêtres et douaniers. 

Le 6 mars 1848, Jules Favre décida que 
la médaille portative <Je 27 mill. serait, 
désormais, seule accordée, non-seulement 
aux agents de l'aurorité revêtus d'un cos- 
tume distinctif, mais encore à tous les 
citoyens auxquels des médailles d'hon- 
neur seraient décernées. 

A partir du 15 juillet 1843, et jusqu'en 
1899, il y eut quatre sortes de médailles: 
deux en or et deux en argent. 

Les médailles d'or et d'argent de i re 
classe du module de 50 mill. eurent la 
bélière en or, celles de 2 e classe, du mo- 



dule de 36 mill., eurent la bélière en ar- 
gent. Suspendues par un ruban tricolore 
de 3 centimètres, dans la largeur duquel 
chacune des couleurs occupe un espace 
égal d'un centimètre, ce ruban ne devait 
jamais être porté isolément comme un 
ruban d'ordre. Le nom du titulaire était 
gravé en relief sur un des côtés de la mé- 
daille suivi du millésime qui rappelait la 
date du fait récompensé. 

Depuis, deux nouvelles médailles ont 
été créées, l'une en vermeil, l'autre en 
bronze (Décrets du 3 juin 1899 et du 16 
novembre 1901), et ce n'est qu'en 1901 
que les titulaires de médailles d'honneur 
ont été autorisés régulièrement à porter 
le ruban sans la médaille. 

En dehors de ces récompenses officiel- 
les, certaines sociétés délivrent également 
des médailles d'honneur, mais ces mé- 
dailles ne peuvent être portées en public. 

Quant aux compagnies d'assurances, je 
ne crois pas qu'elles décernent aujour- 
d'hui des récompenses honorifiques sous 
forme de médailles, mais elles l'ont cer- 
tainement fait autrefois, car une circu- 
laire ministérielle du 12 mars 1858 si- 
gnale certains abus qui en sont résultés 
et rappelle que le port de médailles dé- 
cernées par des compagnies d'assurances 
est interdit et peut provoquer des pour- 
suites judiciaires. Eugène Grécourt. 

Dtotys, IvouuatUea \ï dfurbstt^ 

Victor Hugo, dans le « Chanson- 
nier du Gastronome ». — En 1831 
fut publié, chez l'éditeur Ch. Lemesle, en 
un format in-18, un Chansonnier du Gas- 
tronome auquel collaborèrent Béranger, 
Delavigne, Victor Hugo et d'autres mi- 
nores. 

Voici les vers de V. Hugo sur la pêche : 
D'attraits ravissants pourvue, 
Seule, elle réunit tout : 
Ses appas charment la vue, 
Et chacun vante son goût. 
Sa peau veloutée et fraîche 
Joint toujours la rose au lis : 
Ce pourrait être Philis.. . . 
Si ce n'était une pèche. 

P. c. c. Gustave Fustier. 



Le Directeur -gérant : 
GEORGES MONTORGUEIL 



Imp. Daniel-Chambon St-Amand-Ment-Rond 



LI" Volume 



Paraissant les 10, 20 et 30 de chaque mois 



20 Mars 1905. 



41 9 Annéb 

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PARIS (IX») 

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N° 1070 

3!»", r. Victor Massé 
PARIS (IX*) 

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€3nUxtnébxaxte 



(SHueôtioitô 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 

QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 

385 386 

les biographes Dezobry, Larousse, De- 
surbes, etc., qui, eux, se contentent de 
dire : née en 1784 ? 

Laquelle des deux dates signalées est- 
elle la vraie ? 

2° Quel était réellement le petit nom de 
cette sémillante et prétentieuse comtesse : 
Olympe ? ou Zoé ? 

— Page 17 du même tome, elle dit 
avoir, « à peine âgée de quatre ans », per- 
du sa mère, qui lui disait : « Ma pauvre 
Olympe, que vas-tu devenir ? » 

— Cependant, les mêmes biographes 
lui donnent le nom unique de « Zoé, com- 
tesse du Cayla, fille de l'avocat-général 
Talon, etc. ». 

De quel côté a-ton voulu mystifier le 
lecteur ? Du côté Mémoires ou du côté 
Biographie ? 

3 Enfin, quant au mariage, même di- 
vergence. Ainsi, page 75, Mme O... com- 
tesse du C... (car c'est ainsi qu'elle signe 
la Lettre-Préface de ses Mémoires, tome I, 
page 4) a écrit elle-même ces lignes : 

« Presque immédiatement après le dé- 
part de Madame de Staël, j'avais épousé un 
homme de qualité. » — Or, Mme de Staël 
avait reçu l'ordre de quitter Paris, à l'oc- 
casion du poëme-roman Corinne, ordre 
que la dame-écrivain qualifie sévèrement 
en ces termes : « acte de petitesse du des- 
potisme qui ajouta singulièrement à la 
haine que nous portions déjà à l'Empe- 
reur. » — D'où, d'après cette version de 
l'intéressée, l'année 1806 serait celle de 



Bonne de Berry, et Victor Hugo. 

— Victor Hugo dit en parlant de la maî- 
tresse de Ratbert : 

Elle a ce vêtement ouvert sur le côté 
Qui plus tard fut au Louvre effrontément 

[porté 
Par Bonne de Berry, fille de Jean de 

[France. 

Bonne de Berry (1 364- 143s) était en 
effet la fille de Jean de France ; mais, si 
je ne me trompe, elle s'est mariée à douze 
ans, en décembre 1376, et son mariage 
l'a exilée en Savoie. 

C'est donc à l'âge de dix ou onze ans 
qu'elle aurait scandalisé la cour de Char- 
les V en portant des robes d'aimée... Où 
Victor Hugo a-t-il lu cela ? Si fantaisiste 
que soit le poème de Ratbert, il n'est pas 
inventé de toutes pièces. On peut donc 
poser la question. S. 



Trois questions sur Mme du 
Cayla. — i° Quelle est d'abord la vraie 
date de sa naissance ? 

Car il y en a deux : la sienne et la date 
des biographes . 

— Est-ce celle du 1 1 janvier, qu'elle 
relate, page 4 du tome I er des Mémoires 
d'une femme de qualité (2 e édition, Paris, 
Marne, etc., 1830) ? 

— Ou bien est-ce la date, antérieure et 
complètement imprécise, que lui assignent 



son mariage. 

— Mais, voici 


que, 


de 


son côté, 
LI. 8 



N° 



1070 



L'INTERMEDIAIRE 



387 



388 



M. Nauroy, dans V Intermédiaire n° 812 
du 10 octobre 1898, col. 507, affirme que 
Mme du Cayla s'était mariée en juillet 
1802, et non en 1806. 

Qui croire des deux et à qui se fier sur 
ce nouveau point ? 

Une chose certaine déjà, c'est que Mme 
du Cayla se trompe — ou se coupe — 
quand elle écrit que « à l'époque de 
l'épouvantable assassinat du duc d'En- 
ghien », elle avait « un peu plus de seize 
ans ». 

Parmi les nombreux lecteurs et amis de 
l'Intermédiaire, ne s'en trouver?.-t-il pas 
qui soient en mesure de trancher pour 
toujours ces controverses, en nous pro- 
curant leur solution exacte et définitive ? 
— Espérons-le. 

La « belle et séduisante comtesse », la 
« favorite préférée de Louis XVIil », aussi 
vaniteuse que pince sans-rire en maintes 
circonstances, a-t-elle cherché par hasard 
à se rajeunir comme une jolie coquette 
qu'elle se targuait d'être, en reculant sa 
naissance jusqu'en 1789, « quatre mois 
avant l'ouverture des Etats », ainsi qu'elle 
le prétend page 6 ? 

— Ou bien quelque biographe, dont 
tous les pareils auront ensuite servile- 
ment emboîté les faux pas, aura-t-il donné 
à cet égard des détails complaisamment 
erronés, provenant alors sans doute de 
quelque personnage officieux, ayant voulu 
masquer - — ou broder — les faits réels, 
pour dépister ainsi les chercheurs et cu- 
rieux de cette époque là, sinon pour dé- 
router également ceux de l'avenir, plus 
exigeants et à bon droit ? 

En tout cas, ces tricheries notoires sont 
assez louches et sujettes à caution, sur- 
tout quand on examine et qu'on veut pe- 
ser la déclaration suivante du chapitre I er 
de ces fameux Mémoires, page 3 : 

« Personne mieux que moi ne pourrait 
dire le mot de maintes énigmes politiques, 
montrer les petites causes des actes les 
plus importants, et enfin dire le pourquoi 
et le comment de tout ce que l'on a fait 
depuis la Restauration. » 

Mais alors, nous le répétons, dans quel 
but la fraude, de part ou d'autre? Dans 
quel but ? 

Il y a dans ses Mémoires tant de choses 
— nous ne disons pas tant de gens — 
qui aspirent à être tirées au clair et à par- 



ler plus net, en dépit de toutes les réti- 
cences et cachotteries passées ! 

Alexis Dubosq.. 

Mobilier des églises. — C'est aux 
jurisconsultes de Y Intermédiaire que j'a- 
dresse cette question. Nos députés pa- 
raissent décidés à voter la séparation des 
Eglises et de l'Etat et la dénonciaion du 
Concordat Dans les divers projets, il est 
bien question de la nouvelle affectation 
des édifices du culte, qui seraient loués 
par l'Etat ou la commune aux associations 
cultuelles, et les auteurs de ces projets de 
loi paraissent considérer le mobilier 
comme étant la propriété des communes 
ou de l'Etat. N'y a-t-il pas là une hérésie 
de droit ? 

Lors du rétablissement du culte, pres- 
que toutes les églises étaient démeublées. 
L'Etat rendait bien des bâtiments, mais 
pas de mobilier, ou si peu qu'il est inu- 
tile d'en parler. Ce sont d'abord les fa- 
briques qui pourvurent au plus pressé. 
On ne peut contester que les sièges, le 
luminaire sont bien la propriété des fa- 
briques. Puis les fidèles enrichirent encore 
les églises par des dons plus ou moins 
généreux. Certains ornements sont des 
objets d'art. 

Les prêtres eux-mêmes s'ingénièrent à 
embellir leurs églises. Mais aucun des 
donateurs n'avait entendu faire un cadeau 
aux communes ou à l'Etat. 

Dans le cas où les monuments du 
culte feraient retour à l'Etat, en est-il de 
même du mobilier ? 

Les donateurs ne pourraient-ils préten- 
dre que les donations ont été faites sous 
condition tacite résolutoire et ne pour- 
raient-ils pas exercer une action en reven- 
dication ? Un ancien magistrat. 

Les loges en plein air. — D'après 
le règlement des loges anglaises de 1 7 1 7- 
1722 dont je possède un exemplaire ma- 
nuscrit ayant appartenu au prince Murât, 
les premières tenues maçonniques se fai- 
saient dans les bois ou sur les monta- 
gnes. 

je trouve trace de ce retour aux coutu- 
mes primitives en 1807. 

Alexandre-Louis Roettiers de Monta- 
leau, qui sauva les archives du G. - . O. \ 
pendant la Terreur et réunit les FF.-, dis- 
persés dans la L.\ du Centre des Amis, 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



389 - 



20 Mars 1905. 



390 



dans un voyage qu'il fit, quelque temps 
avant sa mort, dans les Pyrénées, avec le 
F,'. Thiery de Caen, et le F. - . Lartigue de 
Bordeaux, composa une loge parfaite 
sous le titre distinctif de Marmoré, unie 
à celle de Y Amitié de l'0.\ de Paris. Il 
transforma trois roches en autels et 
accorda différentes initiations et affilia- 
tions ; il en traça la planche et en donna 
lecture à son retour à la L.\ l'amitié qui 
l'approuva. 

« Je ne doute pas, dit-il, que dans des 
siècles reculés, les roches qui nous ont 
servi d'autels ne se retrouvent comme 
symbole de notre amour pour la maçon- 
nerie ». 

Roëttiers mourut le 30 janvier 1808. 
(Honneurs funèbres rendus à la mémoire 
duV.-.F.'. R. de M.... Paris Imp i<: du 
G/. Gv. in-8° de 51 pp.) 

Où eut lieu la tenue de la Marmoré ? 
Quelle fut la destinée de cette loge ? 

Connait-on d'autres exemples de loges 
en plein air ? J. G. Bord. 

Collection de médailles de 
M. ïabard. — Un de nos confrères 
pourrait-il nous dire ce qu'est devenue la 
collection de médailles de M. Tabard, qui 
vivait sous Louis Philippe ? 

Albert Renard. 

Monua'-es modernes. — J'ai sou- 
vent l'occasion de voir passer dans mes 
mains des quantités importantes de piè- 
ces de monnaies. 

Quelque intermédiairiste pourrait -il 
m'indiquer quelles sont, parmi les pièces 
modernes, c'est-à-dire ne remontant pas 
au-delà de la première République, soit 
françaises, soit étrangères, celles qui se- 
raient suffisamment rares pour mériter 
d'être conservées? Je parle seulement des 
pièces d'or ou des pièces d'argent de 
5 francs. M. P. 



Pour simplifier la discussion, nous avons 
communiqué la question à M. Et. Bourgey 
expert en médailles. 11 nous répond : 

Les monnaies de 5 fr. n'ont une valeur 
supérieure au cours qu'autantqu'ellessont 
à fleur- de- coin, c'est-à-dire dans une con- 
dition irréprochable, à l'état de neuf; une 
pièce, usée même très légèrement, ne 
vaut que le cours. 



Les monnaies à fleur-de-coin de la I er 
République et de Napoléon 1" valent de 
deux à trois fois leur valeur nominale, les 
pièces de Louis XVIII et suivantes valent 
fort peu de chose. 

Les seules monnaies de 5 fr. qui aient 
quelque valeur sont les pièces de Napo- 
léon I er frappées à Genève (50 à 100 fr.), 
à Utrecht et à Rome (15 à 20 francs). 
La pièce de 5 fr. de Napoléon III, 1852, 
dite à la mèche, et signée J.-J. Barre vaut 
une quinzaine de francs ; la pièce frappée 
en 1871. lorsque Camelinat était maître 
de la Monnaie, une dizaine de francs. 

Les essais sont toujours plus rares et 
plus recherchés, mais on ne peut guère 
espérer les trouver dans la circulation. 
Certains peuvent atteindre un prix élevé, 
notamment l'essai de 5 fr. de Bonaparte, 
par Auguste, valant environ 300 fr. ; l'es- 
sai à la charte de Loufs Philippe, 200 fr.; 
l'essai de la pièce de 5 fr.de Roty,fort re- 
cherché des amateurs, etc. 

Quant aux monnaies d'or, (sauf les 
pièces de Bonaparte et de Napoléon I er 
qui méritent une petite prime lorsqu'elles 
sont parfaitement conservées), elles n'ont 
pas de valeur numismatique. 

Et. Bourgey. 

Les Angenots. — Je serais désireux 
de savoir si la famille Angenot, établie à 
Verviers au xviu e siècle, est bien origi- 
naire de France : d'où elle provient; s'il y 
a parenté d'origine avec les Angeneaux et 
les Angenault? H. Angenot. 

L'ermite janséniste Bertrand.— 

Pourrait-on fournir quelques renseigne- 
ments sur un personnage singulier du 
xviu c siècle, Henri Bertrand, né dans les 
environs de Soissons, dont la vie a été 
écrite et répandue en plusieurs exem- 
plaires manuscrits ? 

Bertrand, qui s'était établi dans un 
petit ermitage à Bucy-le Long, près Sois- 
sons, en fut expulsé par son évêque, fut 
emprisonné à Bicêtre, probablement pour 
cause de jansénisme, voyagea en Italie et 
en Terre-Sainte, revint se fixer en Bour- 
gogne dans un ermitage près d'Arnay-le- 
Duc, fut incarcéré quelque temps à Dijon 
pendant la Terreur, et mourut assez misé- 
rablement en 1809. Connaitrait-on quel- 
que publication le concernant, ou quel- 
que manuscrit de sa vie en dehors de 



N- 1070. 



L'INTERMEDIAIRE 



39 1 



ceux que possèdent la Bibliothèque natio- 
nale, celle de l'Arsenal, celle de Sois- 
sons ? F. B. 

Famille Crouy- Chanel. — Pour- 
rait-on avoir quelques renseignements sur 
la famille de Crouy-Chanel, originaire 
de Hongrie, fixée en Dauphiné ? Y aurait- 
il eu une branche de cette famille fixée à 
Lyon? D'Arlempde. 

Famille Delmas. — Il y a eu, à 
Ussel (Corrèze), des Delmas, d'origine 
bourgeoise, qui existent encore. Ils pos- 
sédaient, près de cette ville, le petit fief 
de Grammont et se faisaient appeler Del- 
mas de Grammont. Quelques savants con- 
frères donneraient-ils des notes généalo- 



giques sur eux 



AmbroiseTardieu. 



Flocon. — On voudiait avoir des 
documents sur Flocon, politicien, jansé- 
niste, membre du gouvernement provi- 
soire de 1848, en dehors de ceux qui 
sont dans les dictionnaires. Il fut sténo- 
graphe. Que sait- on de cette particula- 
rité ? Droncourt. 

Lamarteîière. — Quelqu'un pour- 
rait-il me donner sur Lamartclière, l'au- 
teur de Robert, chef des brigands, — qui a été 
représenté avec succès en 1792 et les 
années suivantes au théâtre de la Répu- 
blique, à Paris et ailleurs — des détails 
autres que ceux que donnent les diction- 
naires biographiques, ainsi que des ren- 
seignements sur son œuvre dramatique, 
son séjour en Allemagne, où il a été l'ami 
de Schiller, son rôle politique, sa carrière 
de fonctionnaire, le lieu de sa mort, ses 
descendants, etc. ? L. H. 

professeur de lycée . 

Larive (Jean Mauduit de) 1749- 



1827. 



Tragédien, né à la Rochelle, 



débuta au Théâtre-Français, en 1770, joua 
les premiers rôles après la mort deLekain. 
Puis il quitta la scène que reprit Talma, 
ouvrit avec sa femme un cours de déclama- 
tion et devint, en 1808, lecteur du roi 
Joseph Bonaparte à Naples. 

Sait-on quel était le nom de la femme 
de Larive? Maurer. 



39 2 

Le Prestre de Châteaugiron. — 

]e désirerais avoir le plus de rensei- 
gnements possible sur la biographie de ce 
personnage qui me semble être le frère 
de la fiancée de Marceau. Quelles ont été 
ses relations avec Kléber ? Est-il le même 
personnage que M. Hippolyte de Châ- 
teaugiron mort en 1848, ancien consul 
de France à Nice, officier de la Légion 
d'honneur? Comment ce personnage 
a-t-il pu avoir communication des pa- 
piers de Kleber? particulièrement de son 
travail assez improprement dénommé 
Mémoires sur la Vendée ; et de ses notes 
sur sa campagne en Allemagne en 1794? 
H. Baguenier-Desormeaux. 

Cf. Intermédiaire : XLVI. 

Marquis de Rânes. — A quelle ba- 
taille et en quelle année fut tué le mar- 
quis de Rânes, lieutenant général des 
armées de Louis XIV et colonel général 
des Dragons du roi ? 

Existe-t-il, à la Bibliothèque nationale 
ou ailleurs, un état des officiers de ce ré- 
giment ? — Jean du Val. 

Le poète Regnard. — Le célèbre 
poète Regnard, né à Paris en 1 65 5 , mort 
au château de Grilbon (Seine-et-Oise), a 
été pris par les corsaires et vendu comme 
esclave pour Constantinople, où il resta 
deux ans. Rentré à Paris, il y composa 
ses nombreuses comédies. Sa famille 
existe-t-elle encore ? 

Ambroise Tardieu. 

Famille de Tourville. — La fa- 
mille de Fillustre amiral de Tourville, sous 
Louis XIV, existe-t-elle encore ? Qui la re- 
présente? AmbroiseTardieu. 

Le dernier marquis de Vérac. — 

Pourrait-on me donner quelques rensei- 
gnements sur la descendance d'Armand- 
Maximilien - François -Joseph - Olivier de 
Saint-George, dernier marquis de Vé- 
rac, pair de France, mort en son château 
du Tremblay, commune du Tremblay- 
sur-Mauldre (Seine-et-Oise) le 13 août 
1858? De son mariage avec Adrienne- 
Marie - Euphémie - Cécile de Noailles 
(12 mai 1810) le marquis de Vérac eut 
trois filles : la première épousa le comte 
de Castries ; la seconde, le marquis de 
Costa de Beauregard ; la troisième, le 
comte de Rougé. 



Pourrais-je savoir leurs 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905 . 



393 



394 



prénoms ainsi que les noms et prénoms 
de leurs époux et avoir quelques dates de 
naissances, mariages, décès ? L'ouvrage 
du comte de Rougé sur le dernier mar- 
quis de Verac est muet sur ces questions. 

Marquis de L. C. 

Rabelais : exemplaires histo- 
riques. 

... C'est Gambetta qui rentre, et qui parlant 
d'un homme politique du jour, va s'asseoir au 
bout de la table. De son contemporain, i! 
passe à Rabelais son auteur favori, se vantant 
d'eu posséder nombre d'éditions et notamment 
celle que le Régent lisait à la messe. (Jour- 
nal des Goncourt, 1882, 4 juillet). 

La transcription pour Paris- Mur cie 
( 1 88 1 ), qu'a donnée X Intermédiaire (L, 458) 
est d'origine moins fashionnable, et les 
formes : op Port un, redui-t, Estude, 
29, ensemble les signes, semblent ap 
partenir à une édition beaucoup plus 
récente, peut-être à celle de Moland, Gar- 
nier, s. d. (1852 ). Quoi qu'il en puisse 
être, sait-on ce que sont devenus ces vo 
lûmes rarissimes, ouvrages précieux à 
tant de titres ? Jacques Saintix. 



Robinson Crusoé. — j'ai trouvé 
un petit livre intitulé. « The solitary of 
« Juan Fernandez, or the real Robinson 
« Crusoe, par l'auteur de Picciola. » Cet 
ouvrage traduit par Anne Wilbur a été 
imprimé à Boston en 1851. Or, je ne puis 
découvrir l'original en français. Le cata- 
togue général de la B. N. ne le renferme 

citée 



et cette 



pas, et cette œuvre n est point 
dans les biographies de Saintine. 

Cet ouvrage est-il bien de cet auteur, 
ou ne lui a-t-il été attribué que dans un 
but purement commercial ? V. T. 



Rue des Graviliers. — Quelle est 
l'origine de ce nom. La Nomenclature 
des rues de Paiis la trouve dans ce fait 
qu'un boucher, appelé Gravelier, l'habi- 
tait au xiv e siècle. Y. 

Livres posthumes. — L'imprimeur 
Auguste Javel publiant à Arbois, en 1845, 
Y Histoire des Druides, suivie de Recherches 
sur Us antiquités et d'un Mémoire sur les 
tourbières du Jura, par David de Saint- 
Georges, ajoute au dos de la couverture 
la mention suivante : 



«L'impression de cestrois opuscules re- 
monte à l'année 1808, comme le lecteur 

peut en juger par la forme des caractères 
et la qualité du papier. La mort de l'au- 
teur (1809) et d'autres circonstances en- 
core, ont empêché qu'ils fussent terminés 
et publiés à cette époque ; livrés en feuilles 
aux héritiersde M. Davidde Saint-Georges, 
les exemplaires, quoique impatiemment 
attendus par les savants et annoncés par 
les journaux du temps, sont restés ren- 
fermés jusqu'à ce jour. 

«Nous venons d'en terminer l'impression 
et nous les livrons au public, assurés 
qu'ils recevront aujourd'hui l'accueil qui 
leur était réservé pendant la vie de l'au- 
teur. Ces ouvrages, en effet, n'ont rien 
perdude leur intérêt ». 

Ce livre posthume, mais imprimé du 
vivant de l'auteur, 37 ans avant sa publi- 
cation, n'est-il pas un cas peu commun 
dans la presse ? Sus. 

Etal. — Je croyais, jusqu'ici, d'après 
les dictionnaires, que le pluriel de ce 
mot était ctaux. Mais voici ce que je lis 
dans Le prisme, publié par P. et V. Mar- 
guerite dans la Revue des Deux-Mondes 
(N° du 15 décembre IQ04, page 794) : 
« Dans le fouillis des étals en plein 
vent... » Qu'en pense-t-on à 
diairei 



V Interme- 
J.Lt. 



Les fiches de Mme de "«laiate- 
non. — A entendre Madame, mère du 
Régent, Mme de Maintenon avait organisé 
un système de fiches qui lui permettait de 
tenir en bride toute la cour. 

Voici ce qu'en écrit Madame : 

13 août 1716. 
La vieille guenippe n'a pas eu beaucoup 
de temps pour lire ; car elle avait fort à 
faire à lire toutes les dépèches qu'on lui 
adressait pour lui rendre compte de tout 
ce qui se passait à Paris et à la Cour. Il y 
avait parfois des paquets de 20 à 30 feuil- 
lets ; elle les montrait au roi, selon sa con- 
venance et suivant qu'elle aimait ou haïs- 
sait les gens. 

Est-ce bien vrai ? Madame exécrait si 
cordialement « la gue.nipe », comme elle 
se plaisait à nommer Mme de Maintenon, 
qu'on peut suspecter la sincérité de ses 
assertions. Alpha. 



N" 1070 



L'INTERMEDIAIRE 



395 



396 



Réponse*; 



Dupleix (L, 952 ; LI, 25, 78, 141, 

185, 252, 302). — M. lo marquis de 
Nazelles,arrière-petit-fils de Dupleix, nous 
fait l'honneur de nous adresser la lettre 
suivante, qui permet de localiser les re- 
cherches et, à ce titre, est fort précieuse : 
Monsieur, 

On me signale divers numéros de V Inter- 
médiaire où il est question de Dupleix et de 
sa descendance. J'ai l'honneur d'en faire 
partie, étant l'arrière-petit-fils de Dupleix 
de Pernant, neveu de Dupleix de l'Inde, et j'ai 
pensé que je rendrais service aux chercheurs 
qui s'occupent de cette question généalogique 
en vous signalant une publication où se trou- 
vent réunis les renseignements fournis par les 
archives des familles qui tiennent à ce grand 
homme. C'est un numéro de la France ex- 
térieure, première forme qu'avait prise la 
France Je Demain,or%ane du Comité Dupleix, 
26, rue de Grammont, du i" r juillet 1897. 
J'ai moi-même dans mes archives plusieurs 
pièces et notes relatives à cette question. 
Mais comme les renseignements qu'elles peu- 
vent donner sont reproduits dans la publi- 
cation précitée, je crois inutile d'en parler 
davantage. J'ajouterai que je puis garantir 
l'entière exactitude de ce qui concerne ma 
famille dans l'article en question, sauf quel- 
ques fautes d'orthographe sans importance 
dans les noms. 

Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'expres- 
sion de mes sentiments les plus parfaitement 
distingués et dévoués. 

Marquis de Nazelles. 

Mademoiselle Rach?l (T. G. 749). 
— Un billot énigm?. tique. — Dans 
le fond? d'autographes toujours renou- 
velé du célèbre expert de la rue de 
Furstemberg, M. Noël Charavay, vient 
d'entrer un billet singulier. Il est signé de 
Rachel et peint la plus épouvantable des 
détresses de l'âme. C'est la preuve d'une 
trahison atroce qui brise, en la femme, les 
suprêmes énergies et la jette au désespoir 
et à l'anathème. 

Adieu, mon cher Monsieur. Adieu mes 
bons amis. Ma douleur est au comble. Je 
pars. Un misérable m'insulte. J'abandonne 
tout. Je n'ai pas le courage de me donner 
la mort et pourtant le désespoir et [est] 
dans mon âme. 11 n'y a plus de Dieu, Je 
ne crois plus. 

C'est le monde qui me faisait vivre ; 
c'est le monde qui me tue. Bientôt, peut- 
être, Dieu connaîtra mon cœur. J'ai été 



folle, mais jamais je n'ai appartenu à per- 
sonne. Oh ! croyez-moi ce sera mon der- 
nier bonheur sur la terre. 

Adieu, Adieu. Rachel. 

J'ai été folle... Mais jamais je n'ai ap- 
partenu à personne... Un misérable m'in- 
sulte... Je n'ai pas le courage de me don- 
ner la mort... Le monde me tue... 

Que signifie ce billet ? A quoi fait-il allu- 



sion ? A quelle douleur ?. 
adressé ? 



qui 



est-il 



* 

* * 



On aurait peut-être quelque clarté sur 
ce douloureux et violent billet si l'on se 
rappelait cette lettre écrite à Rachel par 
I Mme Crémieux le 5 octobre 1841. 

Le brouillon, raturé par Crémieux a 
été retrouvé dans les papiers de celui-ci. 

Voici cette lettre : 

Rachel, ma chère enfant, si mes prières 
ont quelque pouvoir sur vous, répondez-moi 
et dites-moi que vous ferez ce que nous vous 
demandons. Vous ne voudrez pas être à Paris 
et à Londres la femme que l'on va voir seu- 
lement comme actrice au théâtre pour son 
talent supérieur, vous qui avez été jusqu'à 
ce moment l'enfant si pure et si charmante 
qu'appelaient avec bonheur dans les salons et 
dans les palais les reines et les plus hauts 
personnages ; vous ne voudrez pas que les 
jeunes filles vous évitent, vous à qui les jeunes 
filles de la plus haute distinction donneut et 
demandent le titre de sœur. 

J'ai mieux aimé vous écrire que de laisser 
la plume à mon mari. Il est consterné : il 
était loin de s'attendre à ce cri général. Lundi, 
à une heure, il ira prendre votre réponse. 
Puisse-t-elle nous permettre de publier que 
vous êtes toujours, comme nous le savons, 
la Rachel que nous aimons avec toute la ten- 
dresse de notre cœur. 

Amélie Crémieux. 

Enghien, 5 octobre. 

A ce moment des bruits calomnieux 
« inventés par des envieux » courent 
sur la tragédienne. Interrogée par Mme 
Crémieux, Rachel avait protesté. Mme Cré- 
mieux l'avait crue sur parole. « Quelques 
jours après, dit l'éditeur des lettres 
adressées à Crémieux, des faits précis 
circulèrent et le public en témoigna à 
l'actrice favorite sa froideur ». Ce fut alors 
que Mme Crémieux écrivit à Rachel. 

Ne recevant pas de réponse, Crémieux 
envoya son domestique qui revint en di- 
sant : «Mlle Rachel fait dire qu'il n'y a 
pas de réponse ». 

C'était la rupture. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



397 



398 



20 Mars 1905, 



Les Crémieux interprétèrent le silence de 
la tragédienne comme un aveu. N'était-ce 
point plutôt la révolte d'un esprit outragé 
par l'indignité du soupçon ? Ce que Rachel 
ne disait pas à Crémieux, elle le disait à 
d'autres. Ce cri d'indignation et de dé- 
goût en présence de la calomnie, elle le 
poussait dans le billet désespéré, sanglo- 
tant, douloureux qu'on vient de retrouver. 
Quelle était l'accusation ? En 1848, Ra- 
chel écrivait à Mme Crémieux « que ses 
sentiments et sa conduite la rendaientdigne 
de faire appel à son cœur. » Mme Cré- 
mieux se refusa à pardonner. Pourquoi? 

On ne rentre pas dans une maison où on 
a été si tendrement reçue, lorsqu'on s'en est 
ainsi fermé la porte. M. et Mme Crémieux 
d'ailleurs avaient une fillequi devenait grande : 
cela seul, à défaut d'autre raison, les iùt em- 
pêchés de recevoir Rachel dans leur' intimité. 
(Autographes. Collection Adolphe Crémieux. 
Hetzel. Paris 1885, p. 225). 

Il est convenable de borner à cette 
observation la critique du billet qui 
semblera à d'aucuns énigmatique. La ca- 
lomnie est connue ; refusons-nous à la 
justifier et ne relevons de ce détail intime 
de la vie de la grande tragédienne que le 
cri de bête blessée que l'outrage lui arra- 
cha et qui, celui-là, ne doit rien à son mer- 
veilleux instinct du théâtre. Y. 

Les frères de Jeanne d'Arc (Ll, 

50, 119, 173. 285). — Il doit y avoir eu 
un lapsus calami dans la réponse de 
M. Revillout. Mac-Mahon ne commandait 
pas l'armée qui défendait Metz en 1870; 
c'était Bazaine, et le général Coffinières 
était gouverneur de la place. Je faisais 
partie de son état-major et je ne me sou- 
viens pas d'avoir, à cette époque, entendu 
parler du colonel Melcion d'Arc. Du reste, 
Metz ne pouvait être traité de bicoque 
et il est difficile de comprendre l'inves- 
tissement par surprise, pendant le diner 
de Mac-Mahon, d'une forteresse autour 
de laquelle se sont livrées, avant l'achève- 
ment du blocus, les trois grandes batail- 
les de Borny (14 août), de Grave- 
lotte (16 août), et de Saint-Privat (18 
août), où nous avons eu plus de 30.000 
hommes hors de combat. 

Colonel de Rochas. 
■* 

* * 
Une erreur d'impression ou un lapsus 

calami (cette hypothèse est la plus vraisem- 



blable quoiqu'incroyable)aremplacé Sedan 
par Metz. Tout le monde a dû s'en aperce- 
voir. Mac-Mahon commandait à Sedan 
(avec l'Empereur) et non à Metz. 

D'ailleurs, avec le lapsus, rien n'allait 
plus dans le récit du colonel Melcion d'Arc 
dont je garantis la parfaite authenticité. 

E. Revillout. 

Les « honneurs » à la cour de 
« Louis XV (L, 3, 175, 232, 290). — « Il 
fallait faire ses preuves de noblesse, non 
depuis 1400, mais depuis 1399, pour 
pouvoir dire qu'on remontait au xiv e siè- 
cle. » Je croyais que l'année 1900 apparte- 
nait au xix e siècle, comme l'année 1899. 
Est-ce que je me serais trompé ? » dit le 
collègue Beaujour. 

C'est là une question qui revient pério- 
diquement, à mon grand étonnement, car 
rien n'est plus simple : il suffit d'un ins- 
tant de réflexion. — Qu'on me pardonne 
une image : Un meunier doit livrer un 
grand nombre de sacs de blé, qu'on lui 
demande de numéroter II est certain que 
son premier sac sera étiqueté 1 (et non 
pas zéro). — De même son centième por- 
tera l'étiquette 100. L'acquéreur n'aura 
pris livraison de la première centaine de 
sacs que quand il aura recueilli le dernier 
grain de blé du sac étiqueté 100. C'est 
ainsi que le premier siècle d'une ère 
s'écoule avec le dernier jour de la cen- 
tième année. 

En effet, si on numérote les jours d'un 
enfant, le jour de sa naissance portera le 
n° 1 puisque c'est son i er jour, et sa pre- 
mière année commencera à courir du jour 
1 pour s'achever avec le jour 365 (ou 366 
si l'année est bissextile) — Le jour sui- 
vant, anniversaire de sa naissance, com- 
mencera sa deuxième année. 

Il en est ainsi de J.-C. Le premier siè- 
cle de notre ère, ayant pour origine le 
jour supposé de la naissance du Christ 
commencedonc,non avecl'an zéro(inconnu 
dans l'histoire), mais avec l'an 1, qui a vu 
s'écouler tout entière sa première année. 
Par suite, le premier siècle (ou la pre- 
mière période de cent ans) s'est terminé 
avec le dernier jour de l'an étiqueté 100. 

Le 2 e siècle a donc commencé avec 101 
et s'est terminé avec 200, car toute 
deuxième centaine commence avec 101 
et se termine avec 200. — Ainsi le xiv e siè- 
cle a commencé avec l'an 1301 et s'est 



N 1 1070. 



L'INTERMEDIAIRE 



399 

dernier 



400 



terminé avec le dernier jour de Tan 
1400. 

Si de graves astronomes ont cru devoir 
disputer entre eux à ce sujet, ce qui 
prouve que certains divaguaient, com- 
ment s'étonner qu'on ait pu s'y tromper 
à la Cour? 

Ces erreurs ont leur source dans une 
observation superficielle : On remarque 
que 1401, 1402... 1499 sont du xv e siècle, 
d'où cette vague conclusion mnémonique 
que les années du xv e siècle commencent 
par le nombre 14 de centaines. Il est très 
possible que Louis XV et bien d'autres, 
trompés par cette règle apparente, aient 
pu croire que 1400 était du xv* siècle, au 
lieu qu'elle est. la dernière année du xiv e . 
Si le Roy avait fait ;.cheter 1400 chevaux, 
se serait-il contente de i 399, sous pré- 
texte que le cheval matricule 1400 était 
le premier de la quinzième centaine, non 
achetée par lui? En prenant l'an 1399 
pour le dernier du xiv' siècle, il a donc 
manqué de logique. Mais a-t-on forcément 
de la logique dans la tête, pour avoir un 



trône sous le siège ? 



Lotus Sahib. 



Les costumes du régiment de 
Picardie (LI, 277). — Voici ce que dit, 
pour la tenue de Picardie infanterie, l'Etat 
militaire de 1774. 

« Habit, veste, parements, revers et 
collet de drap blanc, culotte de tricot de 
même couleur, doubles poches en long, 
garnies de 6 boutons chacune en patte 
d'oie, le dessous de la manche et du pare- 
ment fermé par six petits boutons, sept à 
chaque revers, 3 au-dessous ». 

— Les officiers ont les boutons dorés 
et l'épaulette en or, mélangée ou non de 
soie couleur de feu, suivant leur grade. 

Même Etat : du Roi-!nfanterie, habit 
blanc, parements, revers et collet bleus, 
bordés en galon d'or pour les officiers, 
avec 9 agréments en brandebourgs de 
chaque côté, 3 sur le parement, 3 sur la 
poche, 3 derrière, tous ces ornements en 
or pour les officiers, doublure bLue à 
l'habit, poches en travers, veste et culotte 
blanches, boutons dorés avec une fleur 
de lis, le casque pour coiffure et le bonnet 
aux grenadiers. L'uniforme des officiers 
est brodé en or et à paillettes. Les officiers 
ont les épaulettes. 



— Régiment de la Reine Infanterie. — 
Habit, veste cl culotte blancs, parements, 
revers et collet rouges, pattes de poche 
en écusson garnies de 8 boutons dont 4 
en hauteur sur chaque côté, le dessous de 
la manche et du parement fermé par () 
petits boutons, 6 aux revers, 3 au-des- 
sous, boutons et épaulettes argent pour 
les officiers. Cottreau. 



Uniforme du régiment du Roi- 
Cavalerie (LI, 277). — D'après le rè- 
glement de 1762 : 

« En 1763, le régiment du Roi reçoit 
l'habit à la polonaise, sans pli à la han- 
che, sans poches, coupé à trois pouces de 
terre, l'homme étant à genoux, et muni 
d'un collet rabattu, large d'un pouce. La 
couleur du manteau et de l'habit reste 
bleue. Parements, revers, collet de drap 
écarlate. bordé d'un petit galon de laine 
ou fil blanc, doublure de cadis ou serge 
rouge garance. Patte ordinaire garnie de 
trois boutons, autant à la manche, sept 
au revers et trois au-dessous. Buffle et cu- 
lotte chamois ; boutons blancs portant le 
n° 5, chapeau bordé d'un galon de laine 
ou fil blanc. L'équipage du cheval bordé 
d'un galon à la livrée du roi, en laine ve- 
outée. 

« D'après l'ordonnance du 31 mai 1776, 
la cavalerie a l'habit-veste de drap bleu 
de Roi, les revers garnis de portes et 
agraffes au lieu de boutons ; la housse de 
drap bleu, le manteau de drap gris-blanc 
piqué de bleu ; gilet et culottes de drap 
blanc, boutons blancs ou jaunes selon les 
régiments, la coiffure semblable à celle de 
l'infanterie (chapeau à 4 cornes, celle de 
devant retroussée brusquement, ainsi que 
celle de derrière ; la corne du côté gauche 
horizontale et celie du côté droit inclinée 
pour l'écoulement de la pluie ; le pour- 
tour garni sur la tranche d'un bon fil de 
laiton et bordé d'un fort galon de laine 
noire tressé, large d'un pouce : le cha- 
peau garni d'un panache branc de plumes 
tressées sur du canevas contenu par une 
carcasse de laiton). Les régiments de ca- 
valerie sont partagés en séries de trois. 
Chaque série a les revers et les parements 
d'une couleur particulière etles régiments 
d'une même série se distinguent entre 
eux par le collet et les boutons. 

« Le Roi-Cavalerie a revers et pare- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905. 



401 



402 



ments écarlates, collet blanc, boutons 
blancs. 

« Le règlement du 21 février 1779 rend 
à la cavalerie l'habit à la française, bleu 
de roi, avec poches en travers, veste de 
drap chamois, culotte de peau couleur 
naturelle. Toute la cavalerie a le collet 
bleu. Le Roi-Cavalerie a les parements 
bleus, revers écarlates, boutons blancs. 

« Le règlement du 30 octobre 1786 ne 
change rien à cette disposition. Le cha- 
peau n'a plus que trois cornes ». 

(Etats militaires de France. Historique 
du 6 e Cuirassiers, par P. de Brye). 

S. Churchill. 



* * 



D'après l'ordonnance de 1786, voici les 
couleurs de l'Uniforme du Régiment«Roi- 
Cavalerie », 4 escadrons. 

Habit : bleu de roi ; galons : bleu de 
roi ; collet :bleu de roi ; revers : écarlate; 
parements : bleu de roi ; doublure : écar- 
late ; boutons : métal blanc ; « couleur 
du régiment » : écarlate. 

Pierre de Castelnau. 

* 

En 1762, le régiment du Roi-Cavalerie 
a l'habit et la doublure bleus, parements 
et revers rouges, boutons blancs à graines, 
galon de l'équipage du cheval à la livrée 
du roi, en laine veloutée. 

En 1763, l'Etat militaire, plus explicite, 
nous le montre en habit bleu, parements, 
revers, collet et doublure rouges, patte de 
poche ordinaire garnie de 3 boutons, au- 
tant à la manche, 7 aux revers et 3 au- 
dessous ; buffle et culotte chamois, bou- 
tons blancs portant le n° s, chapeau bordé 
d'un galon de laine ou de fil blanc, l'équi- 
page du cheval, comme il est décrit ci- 
dessus. 

— Règlement de 1776 — 25 mars. 
Régiment de Cavalerie du Roi. — Habit- 
veste de drap bleu de roi, collet droit de 
drap blanc, parements et revers de drap 
écarlate, la patte de poche coupée en tra- 
vers liserée de même drap, marquée de 
3 boutonnières sans boutons, chaque côté 
du revers garni de 7 portes et agrafes 
placées à distances égales, quatre petits 
boutons au-dessous du revers, deux aux 
épaulettes ; l'ouverture de l'avant-bras 
et du parement fermée par deux petits 
boutons chacune. 

Gilet et culotte de drap blanc, boutons 
blancs n 5, housse en drap bleu, bordée 



d'un galon de la livrée du roi, en laine 
veloutée . 

2i février 1779. — Tous les régiments 
de Cavalerie porteront l'habit bleu de roi 
à poches en travers, veste en drap cha- 
mois, culottes de peau. 

Le régiment du roi a l'habit tout bleu 
avec seulement les revers écarlates, bou- 
tons blancs n° 5. 

Rien de changé à la housse. 

Régiment du Roi Cavalerie, règlement 
du I er octobre 1786 : 

Le régiment a l'habit bleu, à revers 
écarlates, boutons blancs n° 5, veste de 
drap blanc, culotte de peau blanchie, col 
de basin blanc, gants de peau jaune, cha- 
peau comme celui de l'infanterie ; l'aile 
aura cinq pouces de haut et la forme trois 
pouces neuf lignes de profondeur, la 
housse, le porte manteau carré et les cha- 
perons en drap bleu de roi, bordés de ga- 
lon à la livrée royale (galon cramoisi et 
blanc) ceinturon en buffle blanc à une seule 
bélière, plaque de cuivre, sabre à poignée 
de cuivre, cordon de sabre en cuir noirci, 
mousqueton et deux pistolets, bottes 
demi-fortes, manchettes de bottes en 
toile blanche. Cottreau. 

Etats militaires (LI, 277). — De 
1758 a 1774 inclus, l'Etat militaire de 
France donne chaque année la tenue de 
chaque corps de troupes en tête de la 
liste des officiers. 

Après 1774 jusqu'en 1793 inclus, der- 
nière année de l'Etat publié par de Rous- 
sel, ces indications n'existent plus, mais 
les règlements généraux sur la tenue, 
lorsqu'il en parait, sont cités et repro- 
duits à la fin du volume le plus rappro- 
ché de l'époque de leur promulgation. 

On voit, à la fin des volumes, ces rè- 
glements et l'abrégé des ordonnances 
militaires parues dans Tannée. 

Cottreau. 

Louis XVII. Sa mort au Tem- 
ple (T. G. 534; XLIX; L, 627, 741-795). 
— Dans X Intermédiaire du 30 octobre 
1904, notre collègue Caponi posait cette 
question : « Que sait -on de la vie du pré- 
tendu Louis XVII sur les années qui s'é- 
coulèrent de 1795 à 1814? »... Absorbé 
par un surcroît d'occupations et tout ré- 
cemment par un deuil de famille, je n'ai 
pu et ne puis encore m'étendre ici sur ce 



N" 1070 



L'INTERMÉDIAIRE 



405 



point. Je suis loin, d'ailleurs, d'en con- 
tester l'importance pour la démonstration 
de l'identité deNaundorffavec Louis XVII ; 
mais je considère plus que jamais celte 
identité comme certaine, malgré le peu 
de détails que nous possédons sur les 
années 170=; à ibio (et non pas à 1814) ; 
et je suis heureux de constater qu'un 
nombre toujout s croissant d'hommes éru- 
dits et impartiaux partage pleinement cette 
manière de voir. 

Quoi qu'il en soit, je ne fais pas diffi- 
culté de reconnaître que beaucoup d'au- 
tres méconnaîtront la force de nos preu- 
ves physiques, psychologiques et morales, 
sans compter bien des faits et documents 
d'ordre diplomatique, jusqu'au jour où 
notre thèse s'imposera à tous avec la 
clarté même de l'évidence. Aussi tra- 
vaillons-nous à pénétrer le mystère de 
ces quinze années, dont nous ne connais- 
sons la trame générale que par le récit et 
les affirmations du principal intéressé, 
c'est-à-dire du soi-disant Naundorff, dans 
Y Abrégé des infortunes du Dauphin, paru 
en 1836. 

Qu'il me soit permis de signaler, parmi 
les recherches faites dans le. but de con- 
trôler ou d'éclaircir ce récit et ces affirma- 
tions, une série de communications pu- 
bliées par la Légitimité de décembre 1904, 
de février et de mars 1905, sous le titre: 
Louis XVII a-t-il été enfermé a Vwcennes 
de 1804 & J$°9 ? Je dois mentionner aussi 
deux très intéressants articles de M. E. 
A. Naville, Louis XVII en Suisse, dans la 
Bibliothèque Universelle, de Lausanne, de 
janvier 1905 . 

Puisse de tous ces débats, ainsi que 
j'en exprime le vœu dans le dernier nu- 
méro de la Légitimité, la lumière jaillir 
enfin définitive ! 

Albert Renard. 

Louis XVII était-il le fils de louis 
XVÏ ? (LI, 331).— 11 est certain que la 
question Louis XVII ne pouvait s'éterni- 
ser dans les sentiers quelque peu battus 
de la survivance et de la mort au Temple. 
Ces deux filons devaient bien un jour 
commencer à s'épuiser en raison de leur 
rendement intensif. Une variante était dé- 
sirable afin d'infuser un peu de sang nou- 
veau au corps débile du pauvre enfant. 
La voici : « Le duc de Normandie naquit 
des amours de Fersen et de Mai ie-Antoi- 



le 



404 

monde 



le savait à la 



nette. Tout 
cour ». 

Lt ce serait la raison, ajoute l'inteimé- 
diairiste S., pour laquelle les royalistes 
n'auraient pas soutenu Louis XVII éva ! 
et pour laquelle, encore, la duchesse 
d'Angoulème aurait refusé de le recon- 
naître. 

Est-il permis d'esquisser une timide ré- 
ponse ? 

Si le monde royaliste connaissait cette 
naissance adultérine, comment aurait-on, 
dans ce parti, risqué sa tête à essayer les 
nombreuses tentatives d'évasion du Dau- 
phin, dont il a été si souvent question, 
au dire de la survivance ? 

Où notre confrère S. a-t-il vu que la 
duchesse d'Angoulème refusa de recon- 
naître Louis XVII comme l'héritier légi- 
time? Ce qu'elle a refusé de reconnaître et 
d'examiner, c'est la nomenclature des 
titres de certains prétendants, ce qui n'est 
pas la même chose. 

Si son frère avait été le fils du beau 
Suédois, la froide et monarchique fille de 
France l'aurait su puisque : « le roi le 
savait ainsi que son entourage immédiat.» 
En aurait- elle, alors, parlé avec autant 
d'émotion qu'elle le fit dans ses Mémoi- 
res ? 

Que de contradictions on pourrait encore 
établir entre cette nouvelle donnée et la 
réalité historique des faits. 

Quoi qu'il en soit, si ce fait nouveau 
prend corps, il aura évidemment ses par- 
tisans qui arriveront, eux aussi, as'ec 
des preuves abondantes, laissant, il est 
vrai, entre chacune d'elles, de quoi in- 
troduire l'argument qui démolira le sys- 
tème. 

Et la question Louis XVII ne sera pas 
close ! Lucien Lambeau. 

* * 

Si notre confrère S. a étudié la ques- 
tion Louis XVII, il doit connaître la res- 
semblance frappante, indéniable, qui 
existait entre les enfants de Naundorff, le 
roi Louis XVI et, en général, tous les prin- 
ces de la maison de Bourbon. Cette res- 
semblance s'est perpétuée dans les petits- 
enfants, en dépit d'alliances qui n'ont rien 
à voir avec aucune des anciennesMaisons 
alliées à la Couronne de France. Dans ces 
conditions, pourquoi le bruit ne cour- 
rait-il pas que « des documents nouveaux 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905 . 



40^ 



406 



auraient été trouvés rétablissant que Fer- 
sen était un bâtard de Louis XV ? 

Henri Provins. 

Chronique scandaleuse deRoa ne 
sous Napoléon 1 er (L, 609; LI, 295). 
— Les vers que M. ] J.L. cite de mé- 
moire se trouvent, en effet, dans mon 
manuscrit ; mais sous une forme un peu 
différente : 

Oui, messieurs, un Courtin trouve son nom trop 

[court. 
Il s'allonjre, et bientôt se nomme de N... ! 



Le faquin M... oubliant son vrai nom 
S'appelle insolemment Monsieur de R... 
Les M... Je V. .. reniant la marine 
Prétendent îles croisés tirer leur origine.» 
C'est trop fort ! D .. d'un mar.on descendu, 
Qui sans un protecteur aurait été pendu, 
Veut ôtre noble aussi ! Ne sait en pas que L... 
Père du lourd L... avait boutique en rue> ? 
Que M... D.. aussi sale que laid. 
Tout comme un autre était rinceur de gobelet? 

Les noms sont en toutes lettres. Il va 
de soi que je n'ai nullement l'intention de 
publier jamais cette longue satire. Elle 
contient sur certaines femmes plus de dé- 
tails qu'il n'est permis d'en imprimer sur 
les grand'mères de nos contemporains. 

Néanmoins, puisque M. J.J.L. veut 
bien m'offrir les renseignements qu'il 
possède, je les attends avec une curiosité 
réelle et je l'en remercie d'avance. 

Candide. 



Comédiens français en Egypte 
(LI, 105, 299). — Il est certain que Bona- 
parte songeait à emmener avec lui des. 
comédiens en Egypte, car il n'ignorait 
pas que le théâtre serait un moyen de 
combattre la nostalgie dans son armée ; 
aussi voit-on, parmi ses instructions, en 
vue de l'expédition, une note entre au- 
tres « qu'il faudra envoyer par Perrée 
(chef de division de la marine) : 

i ù une troupe de comédiens ; 

2" une troupe de ballerines ; 

3 des marchands de marionnettes poul- 
ie peuple, au moins trois ou quatre ». 

Mais si ce projet ne fut pas exécuté 
lors du départ de l'expédition, il fut réa- 
lisé, en partie, vers la fin de l'année 1798 
A cette époque, un sieur Dargeavel, em- 
ployé dans l'administration du pays con- 
quis, avait présenté au général en chef 
Bonaparte, le plan d'un Tivoli, au Caire, 



dans lequel on trouverait réunis tous les 
agréments et les plaisirs que les habitants 
de Paris et les étrangers vont chercher 
dans les établissements de ce genre que 
renferme la capitale de la France. Un pa- 
lais du Bey et son jardin furent mis à la 
disposition de cet entrepreneur, qui réa- 
lisa son projet avec autant de succès que 
les ressources locales purent le lui per- 
mettre. Des salles de jeu, de billards, un 
cabinet de lecture, des orchestres pour 
les danses, une promenade variée, des 
divertissements de tous genres, un café, 
un restaurant, des feux d'artifice, présen- 
tèrent aux Français, dans le Tivoli du 
Caire, les délices de celui de Paris. 

Au moment où il allait quitter l'Egypte 
pour rentrer en France, Bonaparte, dans 
sa longue instruction à Kléber, à qui il 
laissait le commandement en chef (22 
août 1799), n'oublia pas la question du 
théâtre : 

J'avais déjà demandé à plusieurs fois, dit-il, 
une troupe de comédiens ; je prendrai un soin 
tout particulier de vous en envoyer. Cet arti- 
cle est très important pour l'armée et pour 
commencer à changer les mœurs du pays... 

De retour à Paris et six jours seule- 
ment après le 18 brumaire, Bonaparte, 
alors consul, écrit au citoyen Lapiace, 
ministre de l'Intérieur : 

Les Consuls de la République me chargent, 
Citoyen Ministre, de vous inviter à vous 
occuper de suite des moyens de rassembler 
une troupe de comédiens pour l'Egypte. 11 
serait bon qu'il y eût quelques danseuses. Le 
Ministre de la marine vous fournira des 
moyens de transport. 

Les croisières anglaises, et puis bientôt 
la perte de l'Egypte, furent autant d'obs- 
tacles au projet de Bonaparte. 

Désiré Lacroix. 

Réception de Napoléon Bona- 
parte à la loge de:; Amis de la 
; atrie (LI, 160, 324, 339). — « Une 
lecture plus attentive, et à l'aide de gros- 
sissants, a permis de déchiffrer le mot li- 
tigieux : c'est pour donner, pleinement rai- 
son à M. Germain Bapst.Ce mot qui avait 
été lu Le P ent se doit lire en réalité : Si 
vous — ce qui d'ailleurs est en harmonie 
avec le reste de la phrase « Si vous vou- 
lez y assister. .. » 

Le possesseur de l'autographe se range 
aujourd'hui à l'avis de M.Germain Bapst et 



N 



L'INTERMEDIAIRE 



407 



408 - 



s'il lui est impossible de dire si Na- 
poléon III fut ou ne fut pas franc-maçon, 
il pense que ce document du moins s'ap- 
plique avec plus de vraisemblance au 
prince Jérôme. La R. 

J'ai sous les yeux le Bulletin Ju G *+ 
O ¥ % de France, cinquième année, n° 22, 
juillet 1849, et j'y lis ce qui suit, p. 101, 
sous la rubrique : « Nouvelles de la 
Maçonnerie française et étrangère » : 

Paris '. L'initiation à nos mystères 

d'un F .•., porteur d'un grand nom histori- 
que, a eu lieu il y a quelque mois au sein de 
la L .-. les Amis de la Patrie. Cet Atel .". 
avait voulu donner à cette réception une 
solennité inaccoutumée, et des membres du 
G.".0.\ avaient été conviés à occuper les premiè- 
res dignités. Le V .•. F .\Desanlis,Présid \du 
G .'. O .*. de France tenait le premier maillet; 
les FF .v Morand et Kaffaneau avaient la di- 
rection des colonnes. Après les Trav .". pré- 
paratoires d'usage, le candidat a été introduit 
et a déclaré se nommer Napoléon Bonaparte, 
représentant du peuple. A ce nom qui rappe- 
lait tant de souvenirs, entre autres celui, tou- 
jouis cher aux Mac .'. du dernier G .-. M .•. 
de l'Ordre, une émotion sympathique a par- 
couru l'assemblée, et chacun a pris le plus vif 
intérêt aux Trav .'. qui allaient avoir lieu. Les 
sentiments exprimés par le candidat dans le 
cours des épreuves ont mis à jour le dévoue- 
ment que renferme son cœur pour son pays et 
pour ses semblables ; et après avoir accom- 
pli les prescriptions voulues par les rituels, 
il a été consacré par le F .". Moutonnet 
Vénér .\ lit .-.de PAtel .'., proclamé et 
Teconnu Mac .*. aux applaud .*. de la nom- 
breuse assemblée qui assistait à cette séance 
intéressante. 

Il ressort bien du texte ci-dessus que c'est 
le Prince Napoléon, à ceite date représen- 
tant de la Corse, qui fut reçu le 2 février 
1 849 à la loge des Amis de la Patrie, et non 
Louis- Napoléon Bonaparte, président de la 
République depuis le 10 décembre précé- 
dent. De Mortagne. 



* * 



Colonne 339, lire Forli au lieu de Bolo- 
gne — correction de l'auteur oubliée. 



Les lettres de Napoléon îîî à ma- 
dame Cornu seront-eiles publiées ? 
(T. G. ,240 ; L, 960 ; LI, 64, 179, 296) — 
On en trouvera également dans : Georges 
Duval, Napoléon III, ^Flammarion). 

F. de P. 



Les Bénédictins françs-maçons 
(LI, 58, 181, 243, 292, 343). , Notre 
collaborateur Sus a adressé directement 
à M. G. Bord des renseignements sur les 
loges d'Auvergne. 

Forme primitive de la confes- 
sion (LI, 4, 131, 244, 347). — Qu'est- 
ce que M. Paul Argelès, qui cite saint 
T homas, entend par la quatrième sen- 
tence ? 

Comment M. Paul Argelès soutient-il 
que la confession à Dieu a cessé d'être 
légitime depuis le concile de Latran ? 
Mais on s'en sert encore tous les jours. Le 
concile de Latran s'est borné à exiger que 
la confession auriculaire fût obligatoire 
une fois chaque année pour tous les fidè- 
les. S. S. 

Le courrier de Lyon(XLIX ; L). — 
J'ai lu un peu partout que le malheureux 
courrier de Lyon partit de l'hôtel de Sens 
(angle de la rue du Figuier et de la rue 
de l'Hôtel-de-Ville). D'autre part, j'ai un 
vague souvenir d'avoir entendu dire que 
c'est là une erreur. Je serais bien recon- 
naissant à nos collègues de Y Intermédiaire 
s'ils voulaient bien fixer ce petit détail 
historique. Nobody. 

Armoiries avec une fcydre (LI, 

224). — Belsunce de Castelmoron : d'ar- 
gent, à l'hydre desinople. Guyenne. 

A. S., e. 

Question de dérogeance (L, 895 ; 

LI, 33, 145). — Je serai reconnaisssant à 
M Arm. D. de bien vouloir m'éclairer 
sur les lois et usages qui ont régi la no- 
blesse lombarde en ce qui concerne la dé- 
rogeance. 

Je lui adresse, par avance, mes sincères 
remerciements. A. C. C. 



Le comte de Lyon (LI, 166, 264, 
309, 351). — M.Cz.fait erreur en indiquant 
que l'amiral Massieu de Clerval avait 
acheté le château de Lion-sur-Mer. Le 
contre-amiral Massieu avait-il unefortune 
suffisante pour acquérir la terre de Lion 
dont le prix s'est élevé à plus d'un mil- 
lion? 

L'acheteur a été M. Michel-Auguste Mas- 
[ sieu de Clerval, négociant, demeurant à 



409 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



410 



20 Mars 19051 



Caen, rue de Bernière, ainsi que !e prouve 
l'adjudication qui a eu lieu à la barre du 
Tribunal civil de Caen, après le décès de 
Madame de Thau, née Le Sens de Lion, 
arrivé en 1847. Beaujour. 



Alliances des Valois Saint-F.émy 
(LI, 4, 75, 249). — Les mésalliances et la 
décadence de cette famille, bâtarde des 
Valois, est bien antérieure à Y Affaire du 
collier, comme on peut en juger par le 
mémoire suivant qui se trouve dans les 
Dossiers Bleus 561, cote 148 10, de la Bi- 
bliothèque nationale : 

Monsieur lé baron de Fontettes, mestre 
de camp d'un régiment de son nom, vi- 
vant en 1669, avoit de l'esprit, parloit beau- 
coup, assez bien : on l'appelloit l«e procu- 
reur gênerai, en l'armée, à cause qu'il par- 
loit hardiment pour les interests communs. 
M. de Louvoys ne l'aymoit pas ; etoit bon 
homme, capable d'entreprises considéra- 
bles. Il etoit l'aîné de 4 garçons qu'avoit eu 
René de Saint-Rémy qui, en 1080, avoit 
acquis, par décret, pour 40000 livres, les 
terres de Fontettes, Noez et Bazoilles, cette 
dernière près Neufchâteau en Lorraine et 
les autres près Bar sur Seine. Ces terres 
valoient le double. Le second s'appelloit 
Charles-François de Saint-Rémy, seigneur 
de Velle, capitaine au régiment duGas,qui 
s'est marié à une bourgeoise de Neuchâ- 
teau, qui avoit quelque bien. Le 3" s'apel- 
loitN... de Saint-Rémy, s r de Lut (Luz), 
s'amouracha d'une paysanne de Fontettes, 
qu'il épousa. Il est misérable. Le sieur de 
Fontettes l'aîné, épousa une bastarde de la 
maison de la Mark, âgée de 45 ans [et] 
plus, dont il n'a point eu d'enfans ; etoit 
parente de d'Anglure ; elle avoit mené à 
Paris une vie coquette. Monsieur le cardi- 
nal d'Arquien (1), lorsqu'il etoit à Mon- 
sieur, etoit amy de cette dame qu'il quitta 
pour la fameuse Louison. 

On dit que ledit baron de Fontettes etoit 
fds (2) du roi Henri IL Tous ces messieurs 

(1) Henri de la Grange, marquis d'Ar- 
quien, chevalier des ordres du Roi, capi- 
taine des gardes suisses de Philippe, fils'de 
France, duc d'Orléans; il épousa Françoise 
de la Chastre, après la mort de laquelle, 
arrivée en 1072,1! passa en Pologne auprès 
de sa fille, Marie-Casimire de la Grange 
d'Arquien, épouse de Jean Sobieski, roi de 
Pologne, et qui lui procura le chapeau de 
cardinal, qu'il reçut le 12 novembre 1695 
du pape Innocent XII ; il mourut à Rome, 
le 24 mai 1707, âgé de 96 ans onze mois. 
Il serait intéressant d'avoir quelques ren- 
seignements sur cette Louison. 

(2) Lisez descendant. 



sont dispersez et ruinez. Le père, n'ayan 
pas payé entièrement le prix de son adju- 
dication, les intérêts se sont accumulez. Le 
sieur de Vienne, lieutenant gênerai de Bai- 
sur Seine, qui etoit créancier considérable, 
a fait revendre les mêmes terres, et enfin, 
après avoir essuyé, pendant deux ans, plu- 
sieurs procez civils et criminels, qui les 
ont consommez, enfin (sic) ils ont été 
obligé de s'acomoder et ont cédé audit de 
Vienne, pour ses créances, Fontettes, et se 
sont conservé Bazoille qu'ils ont vendu de- 
puis et partagé le prix. 

M. de Caumartin dit que monsieur son 
père a veu des titres où Henri de Saint- 
Rémy etoit apellé Henri Monsieur. 

Th. Courtaux. 



Famille Bauffyda Jarrier(LI,i 12)- 
— M. La Combe, descendant de cette 
famille, nous a chargés de faire tenir des 
renseignements directs à l'auteur de la 
question. La Réd. 

Famille Doynel ou Doisnel (L^ 

616,815,919 ;LI, 140,252,357).— Les 
renseignements donnés par mon confrère 
Jehan de Louviers dans le numéro 1065 
(col. 140 et i4ï)de Y Intermédiaire, m'ont, 
quoique sa modestie en ait pu dire, vive- 
ment intéressé. 

Ils étaient jusqu'à présent inconnus, je 
crois, de beaucoup de généalogistes et 
d'héraldistes, car nulle part, dans les ou- 
vrages imprimés ou manuscrits — et ils 
sont nombreux — que j'ai consultés, je 
n'ai jamais rien trouvé qui fasse mention 
du fief noble Doynel. 

Là est peut-être la source à laquelle on 
doit remonter pour retrouver les origines 
de la famille de ce nom sur laquelle une 
obscurité complète règne depuis 1066, 
jusqu'au xv e siècle, où on la voit reparaî- 
tre, tant dans l'élection de Vire que dans 
celles de Bayeux et de Valognes, lors de 
la recherche de Montfaut.etdans le comté 
de Mortain. 

Or, d'après mon érudit confrère, le fief 
Doynel n'appartenait déjà plus, en 1386, 
à la famille qui certainement lui avait 
donné son nom. 

Je serais reconnaissant a Jehan de Lou- 
viers de mettre le comble àsonobligeanc e 
en m'indiquant quels sont les ouvrage s 
ou les archives que je pourrais fouille 1 " 
pour m'instruire plus profondément en- 
core sur les origines de cette famille, dont- 



N' 



1070. 



L'INTERMEDIAIRE 



411 



412 



un généalogiste a pu dire qu'elle se perd 
dans la nuit des temps. 

Jean du Val. 

Prince de Gavre (LI, 278). — Fran- 
çois Rasse de Gavre, marquis d'Ayseau, 
comte de Beaurieu et du Saint Empire, 
épousa Marie -Catherine-Thérèse, com- 
tesse de Bryas-Nédonchel. Leur iils, Char- 
les-Emmanuel -Joseph de Gavre, fut créé 
prince par lettres-patentes de l'empereur 
d'Allemagne, Charles VI, souverain des 
Pays-Bas catholiques, données le 13 juin 
1736. Il épousa Louise-Thérèse, baronne 
de Waha de Fronville. Leur fils aine, 
François-Joseph Rasse, prince de Gavre, 
marquis d'Ayseau, comte de Beaurieu et 
de Peer, général major, chambellan ac- 
tuel de l'impératrice d'Allemagne, reine 
de Hongrie, fut chevalier de la Toison 
d'Or. 

Il épousa en i753,Marie-Amour-Désirée, 
baronne de Rouveroy, chanoinesse d'An- 
denne, gr. maitr. de la Cour de l'archi- 
duchesse Marie - Christine gouvernante 
des Pays Bas, et fille de Henri-Joachim de 
Rouveroy, baron de Pameleber (pair) de 
Flandres, et de Charlotte-Gabrielle de Wat- 
teville-Conflans C'est leur fils, Chatles- 
Alexandre- François-Ras se, prince de Gavre 
qui fut grand maître de la cour de la duchesse 
d'Angoulême, puis plus tard grand maré- 
chal de la Cour du Roi des Pays-Bas, pré- 
sident de l'Académie des sciences et bel- 
les-lettres de Bruxelles par élection du 3 1 
décembre 1820. Né à Bruxelles, le 15 oc- 
tobre 1759, tenu sur les fonts par le duc 
Charles de Lorraine, il mourut à la Haye, 
le 2 août 1832, veuf de Marie-Thècle, 
comtesse d'Egger (F. V. Goethals, Dic- 
tionnaire généalogique, t. II, p. 397). — Il 
est bon aussi d'informer Mme la comtesse 
de S. H. qu'il n'y avait pas d'empereur 
d'Autriche en 1800, mais un empereur de 
Germanie ou d'Allemagne, nommé Fran- 
çois II de Lorraine Habsbourg 

De Cavrines. 

Famille Lockhart (Orléanais) (LI, 
221). — Nous transmettons directement à 
l'auteur de la question une réponse envoyée 
par M. H. de Larnage. La Réd. 

Victor Michal(LI, 221,361). —Voici 
quelques maigres renseignements sur le 
personnage qui intéresse M. Pont-Calé. 



J'ai connu Miehal dans l'été de 1870. Il 
fut amené chez moi par un ami commun, 
Albert de Lasalle, critique musical du 
Monde Illustré. En ce temps-là, nous nous 
réunissions en petit nombre chez moi, le 
samedi soir. Miehal habitait alors la rue 
Hauteville et représentait à Paris le cons- 
tructeur d'un appareil réglant automati- 
quement le débit d'un bec de gaz, quel 
que soit le nombre de ceux allumés ou 
éteints dans son voisinage. Vint la guerre, 
et Miehal se trouva sans situation. Com- 
ment vécut-il à ce moment-là ? Je ne m'en 
souviens plus. En 1873, il devint secré- 
taire d'un journal de musique, La Chro- 
nique musicale (87, r. Taitbout), fondé par 
M. Arthur Heulhard. Ce journal parut 
de juillet 1873 à décembre 1875. — Mi- 
ehal n'y écrivait pas, je crois; il signait 
seulement les articles : des nouvelles, sous 
le pseudonyme de O.Le Trioux. —je ne 
sais plus ce qu'il fit entre les années 1875 
et 1877, où nos réunions prirent fin. 
Pendant les sept années qu'elles avaient 
duré, Alichal avait bien rarement manqué 
d'y venir. Malgré sa situation précaire, 
il était d'humeur plutôt gaie, quoiqu'un 
peu aigrie parfois; très paradoxal; intel- 
ligent; propre à tout, bon à rien, comme 
il disait lui-même, et absolument inca- 
pable, dans la position difficile où il était, 
d'une action même douteuse. A partir de 
1877, je l'ai peu vu; il venait de temps en 
temps me trouver, quand, dois-je le dire ? 
il avait besoin de moi. A l'époque de sa 
mort, il y avait plusieurs mois, peut être 
plusieurs années, que je ne l'avais vu et 
j'ai appris sa fin par un article du Temps, 
article peu bienveillant, autant qu'il m'en 
souvient, et où on lui prêtait des senti- 
ments que je le crois incapable d'avoir 
jamais eus. 

Quant à son culte pour Baudelaire, il a 
pu exister ; mais à l'époque où j'ai connu 
Miehal, ce culte était bien délaissé, 
j'en ai pour preuve deux pièces de vers, 
l'une en forme de chanson, dont je n'ai 
retenu que le premier couplet, l'autre, un 
sonnet écrit de la main de Miehal. Ces 
deux pièces sont, pardon pour le mot, des 
blagues à l'adresse du poète. Comme Mi- 
ehal ne les a publiées ni l'une ni l'autre, 
je n'ai pas le droit de les divulguer. 

Outre les pièces signalées par M. Pont- 
Calé : [Le Chanvre, la Belle de jour, 
VŒillet rouge, l'Hortensia, la Vigne, — 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905. 



4n 

d'après Ch. Foarier, dit la plaquette — ), 
j'en connais une qui n'a pas été publiée 
non plus, et qui contient des vers très re- 
marquables. C'est le récit du rêve d'un 
mangeur di haschich. Michal avait 
usé de ce stupéfiant et ajoutait encore par- 
fois un peu de chanvre au tabac de son 
éternelle cigarette. A. M. Giles. 

Prononciation du nom de Mon- 
taigne (L, 166, 249, 297, 341, 470, 521 ; 
LI, 305, 639). — Une personne apparte- 
nant à une famille de Bordeaux qui prétend 
descendre des Montaigne, m'a affirmé que 
dans sa famille et dans la région, elle n'a 
jamais entendu dire que « Montagne ». 

Martellière. 

Paganini (L, 168, 228, 306, 364). — 
Voir l'article publié dans le Rappel, sous la 
signature Dacy, le 14 novembre 1897. 
L'histoire des incidents de sa sépulture y 
est racontée. 

Paladilhe (LI, 272, 365). — Vers 
1856, au catéchisme de persévérance, 
dans l'église Saint-Pierre de Montmartre, 
Tun de nos camarades accompagnait le 
chant des cantiques sur un petit orgue. 
Ses parents habitaient sur le chemin de 
l'Empereur, aujourd'hui rue Lepic. 

Il s'appelait Paladilhe et je fus tout 
étonné, quelques années plus tard, de le 
revoir au salon des Champs-Elysées, 
crayonné, par un de ses condisciples de 
la villa Médicis, à cheval sur une chaise 
et fumant une pipe. César Birotteau. 

Paravicini (LI, 1 1 3, 189, 283). — Si 
monsieur W. H. Croockewit veut prendre 
la peine de consulter les Notices généalo- 
giques de]. A. Galiffe (Genève, Barberat 
et C ie 1829), il trouvera quelques rensei- 
gnements sur la famille Paravicini, bran- 
che suisse et française. D r Borgeaud. 



Il a été dit par erreur, que le comte 
Paravicini a été gouverneur d'A Isace, il 
faut lire : gouverneur du département delà 
Moselle. 

M me la comtesse Paravicini a eu l'obli- 
geance de faire tenir une réponse directe à 
l'auteur de la question. 

Famille de Refuge (LI, 168, 258, 
307). — La famille de ou du Refuge, en 



4M 



breton de Minihi : (d'argent à deux fasces 
de gueules, à deux serpents d'azur affrontés 
et posés en pal, brochant sur le tout) tire 
son origine delà paroisse deLoc-Brévalaire, 
en l'évêché de Léon, où elle posséda pri- 
mitivement la seigneurie de Kernazret : 
c'est pourquoi je la dis bretonne. La 
branche de cette famille qui m'intéresse 
est celle qui posséda Villaines, Fossez 
près Blois, Dannemarie, Gallardon et 
Couesmes en Bretagne. Son auteur fut 
Regnault de R. né en 1458. Fils de Raoul 
de R. et de Marie Cadier, dite de Gannat, 
il vécut d'abord en Saintonge et en An- 
goumois où il s'attacha à la maison des 
comtes d'Angoulême et épousa à Saintes 
en... Marie Chauvet : (d'argent, à trois 
fasces d'azur, accompagnées de 9 merlettes 
de sable, 3, 3, 2 et 1). En 1521, étant 
alors premier écuyer de l'écurie du roi et 
seigneur de Villaines et de Fossez, près 
Blois, il devint, par acquisition, seigneur 
de Gallardon en Beauce et mourut en... 

Son fils aîné, Guyot. né en... qui lui 
succéda dans ses seigneuries, fut écuyer 
tranchant des rois Louis XII et Fran- 
çois I er . 11 épousa en... avant 1501, Anne 
Le Maye, (d'azur, à 3 feuilles de chêne 
d'or, 2 et /) dame de Dannemarie, la- 
quelle fut gouvernante des trois fils de 
François I er , resta veuve vers 1528, avec 
plusieurs enfants (dont une fille, nommée 
Madeleine, mariée, en 1522, à François 
de Rouvroy, seigneur de Saint-Simon) ; 
fut gouvernante des deux filles aînées 
d'Henri II et dame d'atours de Marie 
Stuard et mourut après 15^3. 

Jean de R. fils aîné de Guyot et d'Anne 
Le fvlaye, né en... majeur vers 1538, fut 
gentilhomme de la Chambre de Henri II 
et son échanson, épousa en... Claude de 
la Roë (d'argent, à ôannelets de sable, 3, 2 
et 1) héritière de la seigneurie de Coues- 
mes en Bretagne, et mourut, du moins 
je le crois, en 1557, au siège de Saint- 
Quentin, laissant deux enfants mineurs, 
un fils et une fille à sa veuve qui épousa 
en deuxièmes noces Philippe de la Haye- 
Montbault, et mourut en 1584. 

La fille, Anne, épousa, en 157b, Jean 
de Rochefoît : (d'argent, au lion de gueules, 
armé et lampassé d'or, au lambel de 
gueules), seigneur d'Armilly, de Précourt, 
de la Barbée, de son chef, et de Danne- 
marie et de Gallardon en partie, de celui 
de sa femme. Le fils, nommé Jean, né 



N° 1070 



L'INTERMEDIAIRE 



415 



41 6 



en... gentilhomme de )a Chambre du duc 
d'Orléans, se fit huguenot, épousa, en 
1566, Claude de Montgomery {écartelé, 
au 1 et ./, de gueules, à 5 coquilles d'argent; 
au 2 et 3 de gueules, à 3 fleurs de lis d'ar- 
gent), tille cadette de Gabriel de M. 
« celuy qui tua à jouster le roy Henry 
second », et d'Isabelle de la Touche, 
suivit dans ses campagnes son beau-père 
avec lequel, en 1:574. il fut fait prison- 
nier à Domfront par Matignon 

Rentré en grâce à la cour, il fui, en 
1579, assassiné à Paris, par François de 
la Primaudaye, seigneur de la Barrée, 
laissant quatre enfants en bas âge, à sa 
veuve qui se remaria vers 1588, avec 
François Prudhomme, sieur de Fres- 
chines, et mourut en 1596. 

Je remercie vivement M. Grave de 
l'obligeance avec laquelle il a bien voulu 
me renseigner sur la situation topogra- 
phique de Dannemarie et sur la famille 
de Refuge. Puis-je espérer, d'autre part, 
que M. A. T. blés, à la disposition du- 
quel je puis mettre tous les documents 
que j'ai recueillis sur le sujet commun 
qui nous intéresse et sur la seigneurie de 
Fossé, soit mieux renseigné que moi ? 
Pourra-t-il combler les lacunes que pré- 
sente cette note, relativement aux dates 
de naissance, de mariage et de décès 
que j'ai laissées en blanc, rectifier les 
dates que j'ai indiquées dubitativement 
et me renseigner sur les ascendances di- 
rectes de Marie Chauvet, d'Anne Le 
Maye, de Claude de la Roë et de Jean de 
Rochefort que j'ignore ? H. de G. 



* 
* * 



Cette famille, éteinte, est origi- 
naire de Bretagne où elle a possédé les 
seigneuries de Kernazret (en breton, ville 
des couleuvres, paroisse de Lo Bréva- 
laire) et du Refuge (en breton Minihy), 
paroisse de Plouvien, évêché de Léon, 
Elle portait d' argent, à deux fasces de gueu- 
les, chargées de deux givres ou couleuvres 
d'azur affrontées. L'écu entouré d'un lis- 
tel sur lequel est écrit : Prudens animi sit 
candor et ardor. Supports: deux dragons. 
Cimier : un enfant vu de face, tenant en 
chacune de ses mains une couleuvre, et 
surmonté d'un listel sur lequel on lit ces 
mots : Victrix innocentia. (Bibl. nat., 
manuscrit français 2225 1, fol. 25). 

Ce cimier est une allusion aux deux 



\ 



serpents qu'Hercule étouffa de ses mains 
dans son berceau. 

La seigneurie du Refuge jouissait du 
droit d'asile. 

Ne pas confondre cette famille de Re- 
fuge avec celle des Gourio de Refuge, bre- 
tonne également et existante, dont j'ai 
publié la généalogie en 1901. 

Th. Courtaux. 

Les descendants de Tallien (LI, 113, 

192, 258,308, 367). — Pendant le déplace- 
ment que Tallien dut faire en Egypte à la 
suite de l'armée à la fin du siècle (XVIII 1 -), 
sa femme noua des relations avec le mu- 
nitionnaire Ouvrard (possesseur du clos 
Vougeot) et en eut un fils qui exerça sous 
le 2 e Empire la profession de docteur en 
médecine; il était bien connu sous le nom 
de docteur Cabarrus. 

A la fin de 1866, il y avait à Dôle, 
comme sous-préfet, un M. Cabarrus ma- 
rié à N***. Quel était son degré de parenté 
avec Mme Tallien, je n'ai pu l'élucider. 
C'était un très aimable fonctionnaire de 
ce temps-là déjà bien lointain, et où celui 
qui écrit ces lignes fut peu de temps en 
garnison à Dôle. G. de la Furetière. 

Claude de Treîlon (LI, 56, 259). — 
Un Guillaume de Trellon, conseiller au 
Parlement de Toulouse, a publié à Paris, 
en 1604, le curieux livre intitulé Le Ju- 
piter de Candie. D r A. T. Vercoutre. 

Le général Trépofï(LI, 168, 259). 
Ayant connu personnellement le vieux 
général Trépoff, je n'ai rien à ajouter au 
récit parfaitement véridique de Saint- 
George. Il ne me reste qu'à expliquer 
l'origine du nom, comme je l'ai entendu 
raconter dans le temps. Le nom de Tré- 
poff, serait une russification du mot alle- 
mand Trep-auf, c'est à-dire de l'allemand 
traduit en français comme s'il était trouvé 
sur l'escalier. Romanof. 

Jean de Vailly (LI, 219). — Le 
Bulletin de la Société archéologique de 
Soissons, tome V de la 3 e série, séance de 
février 1895, reproduit un extrait d'un 
discours de M. Baguenault de Puchesse 
qu'il emprunte au Bulletin de la Société 
ai chéologique de T Orléanais. C'est surtout 
cette dernière publication qu'il faudrait 
voir. A en juger d'après l'extrait cité, on 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905 



417 



. 41 8 — 



doit y trouver quelques renseignements 
sur Jean de Vailly dont la mémoire « se 
lie intimement avec les souvenirs de 
Jeanne d'Arc, soit à Poitiers, soit à 
Orléans », et sur les sources à consulter 
au sujet de ce personnage. Le Répertoire 
des sources historiques du moyen-âge, 
d'Ulysse Chevalier, donnerait probable- 
ment aussi quelque chose, du moins la 
première édition, la seconde n'allant pas 
encore jusqu'à la lettre V. 

On peut se demander à quel propos ce 
travail d'une académie orléanaise se trou- 
vait intéresser particulièrement une so- 
ciété soissonnaise. C'est en raison du nom 
de ]ean de Vailly qui rappelle celui de la 
petite ville de Vailly, chef-lieu de canton 
dans l'arrondissement de Soissons. Mais 
y a-t-il quelque autre rapport entre la 
ville de Vailly et le personnage mêlé plus 
ou moins directement à l'histoire de la 
Pucelle et seigneur du fief Orléanais de 
La Mothe-Vaiïly ? Cela est douteux, mais 
serait à examiner. Quoi qu'il en soit, la 
ville de Vailly s'honore d'avoir eu son 
rôle, elle aussi, dans l'existence de Jeanne 
d'Arc : la Pucelle y passa une partie de 
la journée du 22 juillet 1429 et sans 
doute la nuit du 22 au 25, revenant de 
Reims avec Charles VII et se dirigeant sur 
Soissons (Voir Quicherat, Procès iV,p.78, 
187, 259, V, p. 68, la Chronique de la 
Pucelle (éd. Vallet de Viriville), p. 323- 
324, Y Argus soissonnais des 10 et 13 avril 
1898, etc.) F. B. 

Famille Xien, Kuien(LI, 223,361). 

— Errata. — Lire Famille Kien, Kyïen. 

Un bas-relief de Jsan Goujon (LI, 
169, 245,3=56).— Que Jean Goujon ait été 
tué sur un échafaudage à la Saint-Barthé- 
lémy, comme on l'a longtemps cru, ou 
qu'il soit mort à Bologne entre 1564 et 
1568, il n'a pu travailler pour le monas- 
tère des Feuillants qui ne fut commencé 
qu'après 1583 et encore moins à l'église 
bâtie par Mansart en 1676. 

CÉSAR BlROTTEAU. 

Dictionnaire wallon-français (Ll, 

281). — Voici la notice consacrée à cet 
ouvrage par De Theux de Montjardin, 
dans sa Bibliographie liégeoise (Bruges, 
Desclée, 1885) 
Année 1823. Dictionnaire wallon et fran- 



çais, etc., par L. Remacle, C. A. Bassom- 
pierre (Liège) 1 vol. in-8. 

Une deuxième édition, corrigée et augmen- 
tée de plus de dix mille mots, parut chez P. J. 
Collardin, 1839-1843, 2 vol. in-8 de 35-687 
et 056 pages. Cette édition a été rachetée par 
J. Renard, qui y a remis un nouveau titre 
avec la date de 1852. 

Il est probable que la firme Charles 
Gnusé, Liège et Leipsig, est une nouvelle 
étiquette sur l'édition de 1839-43, pour 
achever de l'écouler, cette façon de pro- 
céder n'étant pas rare en librairie. Ajou- 
tons que l'édition en deux volumes est 
moins estimée que celle de 1823. 

H. Angenot. 
* 

L'auteur de ce dictionnaire, Jean-Lau- 
rent-Lambert Remacle, né à Verviers^ et 
instituteur à Liège, mourut en 1849. C'est 
en 1823 qu'il publia la première édition 
de son livre : 

Dictionnaire wallon et français, dans le- 
quel on trouve la correction de nos idiotismes, 
par la traduction en français des phrases 
wallonnes, par L. Remacle. Pour rendre cet 
ouvrao-e essentiellement utile, l'auteur a traité 
de la Synonymie de la langue française. Liège, 

1 C.-A. Bassompierre. 1823. In-8, xii-48 et 

[ 428 pages. 

Seize ans plus tard, il refondit complè- 
tement son œuvre, qui parut sous ce titre 
à peine modifié : 

Dictionnaire wallon-français, dans lequel 
on trouve la correction de nos idiotismes vi- 
cieux et de nos wallonnismes, par la traduc- 
tion en français des phrases wallonnes, par 
L. Remacle. Pour rendre cet ouvrage essen- 
tiellement utile, l'auteur a traité longuement 
de la synonymie de la langue française. 



Deuxième édition, corrigée et augmentée 
de plus de 10.000 mots. Liège, P.-J. Collar- 
din, 1839-1843. 2 vol. in- 8° à deux colonnes, 
de xxxv-687 et 11-656 pages. 

Dès 1852, c'est-à-dire trois ans après la 
mort de Remacle, les « invendus » de 
cette édition étaient mis dans le commerce 
sous le nom d'autres éditeurs... 

A. Boghaert-Vaché. 
* 

* if. 

Le dictionnaire en question ne porte 
pas de date, mais sa préface parle de 
<v Boiste que les Parques et l'Envie ont 
« moissonné au milieu de ses nombreux 
« et utiles travaux ». 

Or, Boiste est mort en 1824. 

D'un autre côté, la même préface, 
après avoir dit qu'en 18 14 la langue 



N° 1070. 



L'INTERMEDIAIRE 



419 - 



420 



française fut proscrite par les souverains, 
ajoute que : « le nouveau gouvernement 
« imposé à la Belgique ne se montra pas 
« aussi persécuteur qu'il pouvait l'être 
« impunément ». 11 s'agit évidemment 
du gouvernement hollandais, car si on 
s'était trouvé après 1830, on ne pouvait 
tenir un pareil langage sur celui que le 
pays avait librement choisi. 

C'est donc entre 1824 et 1830 que se 
trouve la date du livre en question. 

Une note de la préface parle d'une cri- 
tique faite sur l'éloquence judiciaire en 
Belgique par Mat. Laurent dans la Ga- 
lette des Tribunaux, au moment où cette 
préface venait d'être écrite. 

C'est là qu'on trouverait une indica- 
tion précise. Paul Argelès. 

Madame Bovary (L, 775, 930; 
LI, 38). — Le Mercure de France publie 
l'intéressante lettre suivante qui complète 
les renseignements dont une partie pro- 
venait de Y Intermédiaire, 

Rouen, 18 février 1905. 
Monsieur le Rédacteur en chef, 

Vous avez publié dans un récent numéro 
de la Revue une série d'articles et d'opi- 
nions sur Bovary vécu . 

L'article de M. Dubosc résume assez bien 
la question. Délibérément ou non, il est 
cependant incomplet. Voici quelques docu- 
ments nouveaux, que je vous livre à titre de 
curiosité. 

Si l'on a parlé de Bovary, qui se nommait 

D , de Homais, qui se nommait J , 

de Rodolphe, qui était un fils C, d'Emma, 
qui était une « fille C », et^ d'au- 
tres encore, on n'a point parlé de Félicité,, 
la servante du médecin, laquelle vit encore 
dans un hameau voisin de Yonville (Ry). 
Un médecin de Rouen, M. le docteur Bru- 
non, l'a même photographiée l'an passé. Il 
connaît cette brave fille depuis longtemps, 
et pourra vous documenter très pittoresque- 
ment sur son rôle dans l'histoire Bovary. 

11 y a un autre personnage du roman 
dont on paraît méconnaître l'existence. C'est 
le conducteur de la diligence, Hivert. La 
vieille diligence, tout le monde l'a connue 
dans le pays. On l'appelait la « Guim- 
barde ». Flaubert en a précisé la rudesse 
cahotique avec un détail intégral : elle était 
si vieille ! Mais son flegmatique conduc- 
teur, le sieur Hivert, n'est pas non plus un 
leurre. 11 fut, et s'appelait 'îhérin. 11 vivait 
même encore il y a seulement une quin- 
zaine de mois. Drapé dans une chaude 
houppelande, un bonnet à poil jusqu'aux 
yeux, haut, large, avec une voix de stentor, 



mais l'air bon enfant, l'oreille dure et la vue 
basse, il vivait tranquillement, gaillarde- 
ment, dans une chaumière sise à mi-côte 
au nord de Yonville. 11 coulait ses jours 
avec sa femme, et tous deux étaient fiers de 
leur verte vieillesse . 

Je les ai vus. J'ai causé avec eux, serré leur 
main, et nous avons <v trinqué » ensemble, 
l.a femme nous avait devinés, un ami et 
moi, dès le premier abord : 

Ah! fit-elle, joignant ses vieilles 

mains usées, vous venez, l'en suis sûre, 
pour ce Flaubert... Je vous en prie, ne lui 
en parlez pas. Ça le met en fureur ! 

Aussi bien nous le tînmes-nous pour dit. 
Elle nous renseigna d'ailleurs avec com- 
plaisance : 

— Oui. il lui rapportait de Rouen des 
romans. Ça lui a tourné la tète, à la pauvre 
femme ! 

Emma a laissé des souvenirs très précis 
dans le pays, où tous les habitants de l'épo- 
que ont dévoré le roman. Les gens souli- 
gnaient dans le livre, mettaient des noms 
propres sous les portraits, ajoutaient en 
exergue. 

Une ancienne voisine de la Bovary me 
raconta le fait suivant, qui se passait lors 
de sa toute jeunesse : Emma, un jour de 
semaine, sans cause ni raison, eut la fan- 
taisie de vêtir sa fillette en grand falbalas. 
Comme c'était la mode du temps, elle 
l'avait mise en costume marin. Elle-même 
s'était attifée en grande toilette, et elles 
sortaient de la maison : 

— Vous allez à quelque fête, sans doute, 
demandait, saisie, la voisine, que vous ne 
vous êtes pas habillée en tous les jours ? 

Emma se rebiffa. 

— Oht ohl Madame, sachez que, moi, 
je ne suis pas une femme de tous les jours. 

La même voisine me dit que M m# Bo- 
vary était d'une beauté extraordinaire : 

— C'était une vraie poupée de cire, dit- 
elle. . • 

Quant à Homais, ce type si parfait du 
bpurgeoisprétentieuxje ne vous apprendrai 
rien sur sa réalité. Le pharmacie n du ro- 
man rappelle peu M. J , qui était clé- 
rical, d'ailleurs, et fort brave homme. On a 
dit que c'était un ami de Flaubert. Je ne le 

crois pas. 

Tout ceci à titre purement documentaire. 
Du reste, j'estime, pour ma part, qu'il est 
assez peu intéressant de vouloir recueillir 
le canevas réel qui servit à la composition 
d'une œuvre. L'œuvre seule est belle. 11 
serait vraiment plaisant de transformer 
Flaubert en photographe t Lui-même en 

rirait de bon cœur à moins qu'il n'en 

fulminât ! Robert Duojjesne. 

Le Mercure de France ajoule : 
« La petite fille du roman, Berthe Bo- 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905 



421 



422 



vary, qui a épousé un pharmacien de 
Rouen, vient de mourir ». 

Les Huguenots (LI,i 17,265,289). — 
Deux cotes de valeur différente comme 
amorce à une documentation précieuse, si 
l'appel de Rev' 1 Edwin-J Marriner est en- 
tendu. 

Histoire générale des fami lies de Mont- 
brun et de Murinais: Grenoble i682,in-8 , 
par Guy Allard, conseiller du Roy. prési- 
dent a l'élection de Grenoble. B. N. 

Lm 2 47 t 

Etymologie des mots Huguenot et Gavot, 
par A. Constantin, Annecy, 1887, in-8°. 
Cette dernière cause appelée récemment à 
l' Intermédiaire (L, 87 6) et close depuis avec 
ou sans Littré. Jacques Saintix. 

Bibliothèque de M. de Montai- 
glon (Ll, 273J. — L'auteur, si je ne me 
trompe, de l'article du Temps du 19 juillet 
1901, qui pourrait fournir à notre colla- 
borateur Lach, les renseignements les 
plus exacts sur la publication annoncée 
du catalogue de la bibliothèque de M. de. 
Montaiglon, est M. Mario Schifï, archi- 
viste-paléographe, à Florence, via Bolo- 
gnese, 28 bis. Nérac. 

«Le » ou «la » Gsliia Christiana 
(XLII; XLIII; XLV). Il n'y a pas, 

paraît-il, unanimité pour écrire le Gallia 
Christiana. je trouve dans les Inventaires 
mobiliers des ducs de Bourgogne, publiés 
par Bernard Prost, (Paris, Ernest Leroux, 
1904, in-8) tome i er , page 482, note 3 : 
La Gallia Christiana. J. Lt. 



170, 



Le rôle de la virgule (Ll, 
311). — Le rôle de la virgule dans la 
mort d'Edouard II d'Angleterre se trouve, 
en effet dans notre Intermédiaire (III, 179) 
et porté à la T. G au nom d' « Edouard II 
( Mort d'). » P. Cordier. 

Inscriptions des cadrans solaires 
(T. G. 1 58 ; XLVI à XLVIII ; L, 3 14,479, 
538).— Au-dessusdelachapelle construite 
en 1683, dans la Grand'salle du Palais de 
justice, figurait au milieu de la grille en fer 
doré, un écusson aux armes de M. de No- 
vion, premier président, surmonté d'un ca- 
dran, avec, en exergue, ce vers élégant com- 
posé par M. de Montmort, un des mem- 
bres fondateurs de l'Académie française : 



Sacra Themis, mores, ut penduladirigit horas. 

Après l'Hymen et les Fins dernières, la 
Chicane : c'était justice. 

Jacques Saintix. 

«Le Médiateur» (Ll, 277). — Le 
Médiateur, journal religieux et littéraire, 
par une société d'ecclésiastiques et de 
gens de lettres », a paru à Paris du 5 sep- 
tembre 1826 au 10 mars 1827. C'était, 
d'après Hatin, la continuation de la Sen- 
tinelle delà Religion, qui avait eu 28 nu- 
méros (i er juillet — 2 septembre 1826). 
A. Boghaert-Vaché. 

'<Biondina in gondoletta »(LI,282) 

— Question posée et répondue. Voir T . 
G. 1 17. P. Cordier. 

Poupée et Poppée (Ll, 282). — 
Non, poupée ne vient pas de Poppée, 
ni casoar de Jules César. 

Pour se renseigner sur l'étymologie du 

mot, M. Léo Claretie n'a qu'à ouvrir un 

dictionnaire quelconque, depuis celui de 

Diez jusqu'à celui de Korting, en passant 

par Littré, Stappers, Hatzfeld et Darmes- 

teter, etc. Tous sont d'accord I *** 

* 
* * 

D'après Littré et Brachet, le mot Pou- 
pée vient d'un latin fictif, Pupata, dérivé 
du vrai latin Pupa poupée, petite-fille. 
Brachet dit que Pupa est employé par 
Varron dans le sens de poupée. Voici 
maintenant ce que dit Larousse à propos 
de Poppée. « Le soin qu'elle donnait à sa 
parure fit, par plaisanterie, donner le 
nom de Poppea au jouet d'enfant que 
nous appelons Poupée » . Cette seconde 
etymologie parait assez fantaisiste. 

Martelliere. 



* 
* * 



Poupée vient du latin pupa. C'est le fé- 
minin de pupus qui signifiait « petit gar- 
çon ». Ce mot signifiait également « pe- 
tite fdle », mais M. Michel Bréal (Dic- 
tionnaire étymolgoique latin) pense que 
pris dans le sens de « poupée », il est le 
plus ancien. En effet, alors qu'il est em- 
ployé avec cette signification par Varron 
le polygraphe, mort l'an 26 avant J.-C. 
On ne lui trouve le sens de « petite fille » 
que plus tard dans Martial, par exemple, 
qui vivait sous Néron et dans Ausone qui 
S vivait au iv e siècle de notre ère. Diminutif: 



M- 



1070. 



L'INTERMÉDIAIRE 



423 



424 



pupilla ; la petite figure que représente la 
prunelle de l'œil. Paul Argelès. 

Charabia (LI, 150,213, 317) — Ainsi, 
voilà que toute une controverse roule 
sur le Charabia. Eh ! dame, rien de plus 
concevable. Ces quatre syllabes, en elïet, 
appellent l'attention des philologues au 
triple point de vue de l'origine, du sens 
et de l'euphonie. Que d'opinions diverses 
là-dessus ! Mais est-il ici-bas un seul objet 
sur lequel deux hommes soient d'accord ? 
On a dit peut-être avec raison que cela 
vient de l'arabe. — Oui, mais l'arabe 
d'où vient-il ? — J'ai entendu un discou- 
reur, patenté en Sorbonne, stipuler pour 
le basque. — t Eh ! parbleu, a écrit Gra- 
nier de Cassagnac le père, le basque est 
la racine de tous les idiomes ». — Au 
fait, pourquoi pas ? — Quand on se met à 
faire des conjectures en ces sortes de 
choses, il n'y a pas de raison pour qu'on 
s'arrête. J'ai entendu un excellent homme, 
X. B. Saintine, l'auteur de Picciola, sou- 
tenir que la race blanche descend d'un 
nègre. Il en est pour affirmer qu'elle pro- 
cède d'un singe. 

Revenons au Charabia. — Quant à moi, 
personnellement, sans vouloir en rien 
contester l'autorité de l'étymologie, je 
m'en tiens au sentiment exposé par M. Ar- 
gelès et j'ajoute que le mot sent es- 
sentiellement son terroir. Il est donc au- 
vergnat et je ne pense pas qu'il puisse 
être autre chose. Ma preuve, il est vrai, 
n'a rien de scientifique. Elle n'est basée 
que sur un système d'inductions, mais on 
jugera, j'espère, que cela doit suffire. 

Trois contrées du centre de la France 
confinent à l'Auvergne : ce sont le Berri, 
la Nièvre et le Bourbonnais. Or, de temps 
immémorial, en ces trois pays, on ne dé- 
signe que sous le nom de charabia la 
langue qu'on parle chez les Arvernes. 
C'est ce qu'il m'a été donné de consta- 
ter pendant ma première jeunesse. Pour 
ces trois contrées, charabia et auvergnat 
ne font qu'un. Dans ces derniers temps, 
vers le milieu du xix e siècle, adoptant, 
du reste, le mot charabia comme un subs- 
tantif générateur, de beaux esprits se 
sont mis à diviser l'Auvergne en deux 
parts, deux Charabies : la Charabie Pé- 
trée, c'est-à-dire le Cantal, et la Charabie 
Heureuse, c'est-à-dire le Puy-de-Dôme, 
la Limagne comprise. Est-ce que ce nou- 



veau fait ne donne pas raison à nos con- 
jectures ? 

Chez les gens de Paris, incorrigibles 
blagueurs, le Charabia a toujours été pris 
pour un langage ridicule et dont il est de 
bon ton de se moquer ; c'est le truche- 
ment journalier des porteurs d'eau, des 
charbonniers et des bals-musettes. Oui, 
sans doute, mais après un léger examen, 
on arrive à voir que c'est sur cette terre 
abrupte de la Charabie qu'on a vu appa- 
raître ceux de nos illustres écrivains qui 
ont le plus contribué à former, à enri- 
chira clarifier et à anoblir à la langue na- 
tionale. 11 faut d'abord citer Biaise Pas- 
cal, le merveilleux auteur des Provinciales. 
Après lui viendrait cet admirable Mas- 
sillon, qui, pendant qu'il était évêque de 
Clermont, composa le Petit Carême, un 
vrai Traité de la République, si mes amis 
les Républicains se donnaient la peine de 
le lire et de le méditer. (Gambetta vou- 
lait qu'on le répandit à foison dans les 
écoles populaires.) Nous ne devons pas 
oublier un collaborateur de Mirabeau, 
Chamfort, membre de l'Académie fran- 
çaise, qui, soixante ans avant Taine, a fait 
un si bel « Eloge de La Fontaine ». Nous 
nous arrêterons aussi au nom de Mar- 
montel, l'ancien directeur du Mercure de 
France, le même auquel nous devons des 
Mémoires d'un si vif intérêt. Vous pen- 
sez bien que je ne vais point passer sous 
silence le bon et pauvre Jacques Delille, 
notre Milton, celui dont le vers était 
toujours tiré à quatre épingles et qui a 
traduit en si beau français les Géorgiques, 
un chef-d'œuvre sur un chef-d'œuvre. 
Il me serait facile d'en rappeler deux ou 
trois autres, mais je me tais pour ne pas 
trop allonger cette nomenclature. — 
Tant de beaux vers, tant de belle prose, 
tant de correction, sortant du sol où fleu- 
rit le Charabia, n'est-ce pas la plus pi- 
quante des ironies ? Philibert Audebrand. 

* 

La question est justement de savoir si 
charabia signifiait primitivement « langue 
auvergnate ». 

Je crois bien qu'à l'origine ( comme 
d'ailleurs aujourd'hui encore) on enten- 
dait par là toute sorte de langage incom- 
préhensible. De toutes les langues que 
nos soldats de jadis avaient entendu par- 
ler en pays vaincu, l'arabe était la plus 
inintelligible puisqu'elle était la seule qui 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905. 



42 5 



426 



n'appartînt pas au groupe indo-européen. 
C'était donc pour eux le charabia par 
excellence. Le mot a pu être importé, 
soit après les guerres d'Algérie, soit 
même un peu plus tôt : après la campa- 
gne d'Egypte. M. Gustave Fustier pour- 
rait sans doute nous éclairer sur ce point 
s'il voulait bien ouvrir pour nous, à pro- 
pos de ce petit problème, les trésors de 
son dictionnaire inédit. 

Par la suite, « charabia » aurait dési- 
gné plus particulièrement le patois de 
l'Auvergne : c'est évidemment parce qu'on 
a trouvé à ces trois syllabes une apparence 
auvergnate, mais cela ne contredit pas la 
vraisemblable origine// harabiya. La sono- 
rité des mots exerce une influence notable 
sur leur signification ; je n'ai pas la préten- 
tion de rien apprendre à mon honorable 
interlocuteur, sur une loi aussi connue. 

Enfin il est remarquable que chez les 
Espagnols, un seul mot désigne la langue 
arabe et le charabia ; ce mot est presque 
semblable au nôtre, et son origine arabe 
n'est pas contestable. Un tel parallélisme 
est un argument. Candide. 

Cuisse de nymphe émue (LI, 118, 
267, 321). — Cette couleur était fort à la 
mode au commencement du xix e siècle. 
C'est une couleur carnée, légèrement 
teintée de rose. Il existe un rosier cuisse de 
nymphe, fort abandonné aujourd'hui, 
parce qu'il n'est pas remontant, il ne sert 
que de porte-greffe. Les fleurs ont la cou- 
leur susdite ; c'est bien la nuance des 
étoffes du Directoire ou du Premier Em- 
pire. Mes parents qui avaient peut-être 
porté des vêtements cuisse de nymphe, 
me disaient que c'était à peu de chose 
près la couleur des roses de ce nom. 

Martellière. 

Je m'en Sche comme de l'an 40 

(T. G. 41). — J'ai lu dans un de ces excel- 
lents recueils que publient chaque année 
les sociétés savantes de nos départe- 
ments, — sans toutefois pouvoir spécifier le- 
quel — qu'il faudrait dire « comme de l'Al- 
coran »; cette expression ayant chez nous 
pris naissance, au retour des croisés des 
guerres saintes. A. S., e. 

Aquarelles d'Eugène Lami (XLIX, 
1 10, 204). — Il y a 2s ou 30 ans, j'ai eu 
entre les mains une lithographie tirée sur 



chine appliqué ou fond teinté, portant la 
signature d'Eugène Lami, représentant, 
avec de légères teintes en couleurs don- 
nant l'impression de l'aquarelle, au cen- 
tre d'un encadrement d'architecture et 
d'arabesques de style renaissance imprimé 
en noir. M. de Vogué (je n'ose toutefois 
me fier à mes souvenirs pour affirmer ce 
nom) dans le costume du vidame de 
Chartres. 

Cette lithographie que j'ai à cette épo- 
que donnée à un de mes parents, qui a 
réuni une collection importante de gra- 
vures anciennes et modernes (plans, 
cartes, vues, portraits, etc). relatives au 
département d'Eure-et-Loir, portait un 
numéro d'ordre qui me donne aujourd'hui 
à penser qu'elle faisait partie d'un recueil 
de reproductions des aquarelles dont M. le 
vicomte de Rei-et a recherché la trace. 

Avec l'indication du nom d'imprimeur 
que doit porter cette lithographie, peut- 
être pourrait-on être mis sur la piste de 
cette œuvre intéressante d'Eugène Lami, 
que la famille de ce grand artiste ne paraît 
avoir jamais vue . 

M. de Reiset trouvera cette lithogra- 
phie chez l'amateur (dont je tiens le nom 
à sa disposition) qui, à la mort de mon 
parent, a acheté en bloc toute sa collec- 
tion de gravures chartraines. 

H. DE G. 

Le Puits Certain à Paris (T. G., 
737). M.Henri Dabot, dans ses Calen- 
driers d'un bourgeois du Quartier latin (2 e 
série, (page 149), Péronne, 1905, in-16), 
écrit ce qui suit : 

5 mai 1894. Récemment on afait un égoût 
rue Jean-de-Beauvais et rue de Lanneau. 
Dans les fouilles, on a découvert beaucoup 
de vestiges anciens, notamment la maçon- 
nerie du fameux puits Certain, dont le sou- 
venir a été perpétué jusqu'à nous par l'en 
seigne d'une vieille pâtisserie, fondée en 
1069, rue du Mout-Saint-Hilaire, aujour- 
| d'hui rue de Lanneau. C'était un puits qu'on 
appelait Certain, parce que tous les doc- 
teurs et savants en us venaient discuter au- 
près de sa margelle les questions contro- 
versées dans toutes les sciences. Quand une 
question y avait été discutée et résolue, on 
disait : maintenant c'est une chose certaine. 
Le puits prit le nom de Certain. C'est du 
moins une légende du quartier que m'ap- 
prit, vers 1846, un mien parent, Parisien de 
Paris, en me faisant déguster une tète de 
veau à la tortue, sortie de la cuisine du 
Puits Certain. 



N. 1070. 



L'INTERMÉDIAIRE 



— 427 



428 



Je vois cette note dans un compte-rendu 
de la Commission du Vieux Paris, séance 
du 20 décembre 1003 : c'était jadis un 
puits public. 11 devait son nom à Robert 
Certain, curé de Saint-Hilaire-du-Mont, et 
premier principal du collège Sainte-Barbe, 
en 1566, qui le fit construire à ses frais 
pour les besoins du quartier. (Voir Félibien 
et Lobineau, Histoire de la Ville de Paris, 
t. II, p. 1048) Dans cette même séance, je 
vois que l'on a, dans des fouilles en 1903 



encore en creusant un égoût, 
d'un autre côté la maçonnerie 
puits Certain. 



découvert 
du même 



j Lt. 



Sépultures 
arts) (LI, 12, 88, 



d'artistes (Beaux- 

13s. 197^ 35 6 )- — Le 
« Guide aux sépultures des personnages 
célèbres inhumés dans les trois grands 
cimetières de Paris, par Edmond Falip 
(Lagrange et Cie, édit. 1878 ) il y a eu, 
certainement, des éditions publiées de- 
puis), donne cette indication : 

Girodet-Trioson (Anne-Louis) peintre 
d'histoire — 1824 — scène du déluge. 
Médaillon (28). Ce n° 28 est celui de la 
division du cimetière du Père-Lachaise, 
dans lequel se trouve la tombe de Giro- 
det. Le plan montre que cette tombe est 
en bordure du chemin de Saint-Louis, non 
loin de la sépulture du général Foy. 

A. Vaillant. 

Inhumations hors des cimetières 

(XLVIlIàL ; LI,8 9 , 203, 376). — On a 
tort de croire que c'est une grande et 
grave affaire, l'inhumation hors des cime- 
tières. Mais se faire enterrer chez soi n'est 
pas une exception : c'est la loi. Il suffit 
de faire constater que sa propriété est 
assez grande et que le lieu de la sépulture 
est à telle distance de la maison d'habita- 
tion, de l'agglomération de la population, 
et des routes et chemins publics. En fait, 
il n'y a guère de commune rurale en 
France qui n'ait des sépultures en dehors 
des cimetières. 

Dans ces conditions, les exceptions si- 
gnalées, déjà si nombreuses, risquent de 
continuer à s'allonger en listes intermina- 
bles, sans grand profit. Au. A. 

L'If, arbre sacré des Druides (L, 
164, 319, 398). — Dans l'idiome breton, 
le nom du cyprès est bivi on iviet c'est de 
cette origine que parait provenir l'if, en 



espagnol iva, en vieil allemand iwa, en 
allemand moderne eibe; en anglais voie. 

F. Lajard a consacré dans ses Recherches 
sur le culte du cyprès pyramidal cheç tes 
/•: uples civilisés de ï 'antiquité (Paris, 1854, 
in-4 ) son second mémoire comme sym- 
bole funéraire et comme emblème ou attri- 
but des divinités infernales en Orient et 
en Occident. 

En homme sérieux, il n'admet pas l'ex- 
plication de Fiiller qui prétendait que cet 
arbre avait reçu une acception funéraire 
parce qu'il avait servi à fabriquer l'arche 
de Noë qui fut temporairement le tombeau 
momentané ou la sépulture des vivants. 

Ce choix, dit-il, était justifié par les 
conditions d'existence propres à cet arbre : 
sa longévité, la nature incorruptible de 
son bois, son feuillage toujours vert et 
cette circonstance qu'une fois coupé il ne 
repousse pas ; tout contribuait ainsi à en 
faire un emblème expressif de vie, de 
mort et d'immortalité. Le témoignage le 
plus authentique de son emploi dans les 
anciens rites funéraires résulte des œuvres 
de Virgile remémorant les faits des 
Troyens lorsqu'Enée rendit les honneurs 
funèbres à Misène. Ce même rôle était 
suivi en Assyrie, en Egypte, en Perse où 
il a survécu aux tendances des Khalifes à 
le proscrire comme image des anciennes 
divinités. Il était encore pratiqué en 
Chine. 

En Occident, chez les Grecs, le cyprès 
était un arbre funèbre. Au rapport de 
Thucydide, les guerriers morts pour la 
patrie avaient le droit d'être ensevelis dans 
des cercueils de cyprès, tandis que Pytha- 
gore et ses disciples recommandaient de 
ne pas lui confier leur dépouille mortelle. 
Cette contradiction a paru bien singulière; 
on prétend qu'elle résulterait de leur hu- 
milité à ne pas violer l'usage hiératique 
de consacrer cet arbre aux dieux, mais 
en tous cas cet exemple trouva peu d'imi- 
tateurs. Ovide, Varron. Pline rappellent 
l'usage des Romains à entourer de cyprès 
leurs autels funéraires. Varron explique 
même cette adaptation par le besoin phy- 
sique, de soustraire les assistants à l'o- 
deur des corps incinérés. 

Saint Isidore reproduit cette explication 
et les chrétiens trouvant cet usage établi 
en Asie, en Europe et en Afrique, adoptè- 
rent aussi cet emblème funéraire consacré 
par tant de peuples et tant de siècles. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905, 



429 



430 



r 



C'est ainsi, qu'en Suisse, en Allemagne, 
en Angleterre et surtout en Ecosse et en 
France, l'if considéré comme le cyprès fut 
consacré aux morts. Dans les Vieux ar- 
bres de la Normandie, M. Gadean de Ker- 
ville en a fourni de nombreux exemples 
plus que millénaires, sans qu'on puisse 
toutefois les rattacher au culte des Drui- 
des, si ce n'est par légende ou tradition 
devenue chrétienne dans les cimetières. 

Sus. 

«Il y a eu das anges »« Il est 
passé des anges »(L, 898, 989).— L'ex- 
pression « un ange passe » s'employait 
couramment jadis et s'emploie encore 
lorsqu'au cours d'un repas, un silence 
général se produit parmi les convives. 

Renault d'Escles. 

Alexandre Guérin, de Troyes, 

chansonnier (LI, 334). — J'ai beau- 
coup connu Alexandre Guérin, qui, en 
effet, ajouta à son nom sur son premier 
recueil — de Troyes 

Des volumes annoncés, un seul a vu le 
jour : Guérin donnait ses poésies au Tin 
t amarre et à différentes revues. 

En 1854, il a réuni quelques pièces de 
vers, des chansons et des petites études 
en prose, sous le titre Epis, Muets et coque- 
licots. Ce petit recueil est un choix heu- 
reux. 

Notre intermédiairiste L. M. se trompe 
quand il croit que Guérin a été empri- 
sonné pour sa chanson : Boichol aux 
femmes du peuple, et non les femmes du 
peuple. C'est l'éditeur Durand qui, seul, a 
été condamné, pour cette chanson et 
d'autres, par jugement de la Cour d'assises 
en date du 29 décembre 1849, ^ s ' x mois 
de prison et cinq cents francs d'amende. 

Si Alexandre Guérin a passé quelques 
mois à Mazas, cela n'avait aucun rapport 
avec la politique, il s'agissait d'une 
affaire de femme. 

11 fut employé pendant très longtemps, 
en qualité de caissier, chez un marchand 
de toile, rue Saint-Martin. 

Plusieurs chansons d'Alexandre Guérin 
ont eu les honneurs de la popularité : 
La Mésange, dont voici le premier cou- 
plet : 

Votre sourire est un sourire d'ange 
Mais votre cœur est un cœur de lutin, 
Quoi sans pitié vous gardez la mésange 



Qui sur vos pas vint s'abattre un matin 
Dans une cage aux mignonnes tourelles, 
Vous l'enfermez, c'est une trahison : 
Pour voltiger si Dieu lui fit des ailes, 
C'est mal à vous de la mettre en prison. 

j'attends ! fut aussi beaucoup chanté 
ainsi que Petite vierge des amours. 

Guérin est mort le 7 septembre 1888, 
rue des Archives n° 4 ; il avait environ 
65 ans. 

Je possède une partie de ses manuscrits 
et des papiers qu'il a laissés. 

Si M. L. M. désire d'autres détails, je 
serai heureux de lui être agréable. 

Eugène Baillet. 

Alexandre Guérin (de Troyes) a publié 
un volume, si l'on veut, plutôt une pla- 
quette ; les autres n'ont que 12 pages. 
J'en ai trois, je ne crois pas qu'il en fut 
publié davaniage. 

Quant à la prison pour une chanson, 
j'en doute ; il a été en prison pour avoir 
enlevé la femme d'un de ses patrons, qui, 
elle-même, avait enlevé la caisse de son 
mari. 

L'une des brochures offre une particu- 
larité bonne à connaître, c'est l'assurance 
de la très prochaine inauguration du 
buste de Moreau sur sa tombe, il y a plus 
de 50 ans de cela. 

J'ai donc le soi disant volume, plus 
trois brochures. 

Il y a longtemps que Guérin est mort. 
Tous les renseignements donnés par le 
signataire L. M. sont exacts. 

A. Patay. 

Le peintre Gaîimard (LI, 890). — 
Je ne saurais répondre à la question po- 
sée : j'ignore pourquoi Gaîimard fut 
traité de pou mystique, cependant j'ai sou- 
venir d'avoir entendu raconter cette his- 
toire et d'en avoir lu le récit. Mais où ? 

N'est-il pas impossible de voir dans 
cette scie une allusion à ses travaux? Gaîi- 
mard peignait surtout des tableaux reli- 
gieux. J'ai sous les yeux une notice rédi- 
gée par lui sur ses travaux, intéressante à 
ce sujet. 

Auguste Gaîimard, né en 1813, était 
élève de Auguste Heine, membre de l'Ins- 
titut, son oncle et Ingres. 

Il donne au salon de 183=; : les Saintes 
femmes au '. nheau de]. C. (acheté parla 
reine). En 1836, La Liberté s appuyant sur 



N* 1070 



L'INTERMEDIAIRE 



43 



432 



le Christ et la Reine des anges. En 1839, 
La vierge en prière. En 184s. L'ange aux 
parfums. En 1848 et 1849, les verrières du 
chœur de l'église Saint- Laurent. En 1857 
les cartons des vitraux de l'église Sainte- 
Clotilde et de l'église de Vincennes, de la 
chapelle des Tuileries, de Saint-Philippe- 
du-Roule. Dans de nombreuses églises se 
trouvent des œuvres de Galimard, ce qui 
justifierait la scie des rapins jaloux : Gali- 
mard pou mystique. 

Cependant.il fit aussi quelques tableaux 
profanes : Le moineau de Lesbie, Junon 
jalouse, Gilbert à l'hôpital, L'Ode, qui est 
au Luxembourg ; Ma ébatte « dessin de 
ma belle et bonne chatte », dit-il dans sa 
notice. 

Enfin, à l'époque où on lui montait 
une scie, il était très bien en cour; il avait 
fait un tableau qui n'avait rien de reli- 
gieux : La séduction de Léda « acheté 
dans son atelier par l'Empereur, avant 
l'exposition ». 

Si les blagues des rapins le poursui- 
vant d'une épithète l'avaient amené à se 
croire persécuté et à réclamer l'interven- 
tion de la police, la protection impériale 
l'en dédommageait amplement. M. 

La capitulation da Paris et le 
comte d'Hérisson (LI, 163, 239, 296, 
247). — 11 n'y avait pas de drapeaux à 
l'armée de Paris au moment de la capi- 
tulation. Cest là un fait sur lequel je me 
suis expliqué il y a quelques années, dans 
X Intermédiaire. Le comte d'Hérison qui 
affirme les avoir sauvés, a commis une 
erreur d'autant plus inexplicable qu'il fai- 
sait partie de l'Etat-major général de 
l'armée de Paris et qu'il était plus à même 
de connaître ce que j'affirme qu'un sim- 
ple officier de troupe. 

La vérité historique doit être placée au- 
dessus de toutes les questions de person- 
nes et il ne faut pas laisser s'implanter 
cette légende que les drapeaux de l'armée 
de Paris ont été sauvés en 1871, puisque 
cette armée n'en possédait pas. 

Cottreau. 

Familles de la Marinière et le 

Marinier ou Mariner (L, 56, 196, 
248). — L' Armoriai général ms de 1689, 
volume Normandie, pages 192 et 279, 
donne les indications suivantes : 

Bureau de Dieppe, n° 5, Henri Le Ma- 



rinier, Ecuier seig. de la paroisse d'Au- 
pegat ; 6, François Le Marinier, Ecuier S 
d'Alençon ; 7, Pierre Le Marinier, Ecuier; 

Bureau de Caudebec, n° 144, Nicolas 
Baltazar'Le Marinier, Ecuier, seigneur, et 
haut justicier de Cany, Canyel et de Com- 
ville ; 

Armes: de gueules, à un pal d'argent, 
chargé de trois coquilles d'azur. 

A S..E. 

Œuvres théâtrales sur la Brie (Ll, 
49, 210, 266). — Les œuvres citées col. 
210-211 de l'Intermédiaire concernent le 
Gàtinais et non la Brie. Voici quelques 
pièces sur la Brie : 

Claris à M eaux en Brie, pantomime bur- 
lesque par Brazier, Dumersan et Dartois. 
Paris, Barba, 1820, in-8. 

Le curé de Pomponne, comédie-vaude- 
ville en 2 actes, par J. F. A. Bayard. Paris. 
Michel Lévy. 1849. in-18. 

La table d'hôte à Provins ou la croisée des 
diligences, dialogue politico tragi-comique 
par l'auteur du diné (né) du grenadier à 
Brest. Paris. 1792, in-8. 

Les saltimbanques par Dumersan et Va- 
rin. 1838. gr. in-8 (La scène se passe à 
Meaux et à Lagny), 

La Cagnotte, comédie-vaudeville en 
cinq actes, par Labiche et Delacour. Paris ; 
1864 ; in-18. (le i er acte se passe à la 
Ferlé -sous-Jouarre). 

Siège de Provins par Henri IV, pièce de 
théâtre en un acte, par M. O... Provins - 
Lebeau. 1824. in 8. 

Les eaux minérales de Provins, comédie- 
vaudeville en un acte, par M. O... Pro- 
vins-Lebeau. 1824 in-8. 

Ces deux dernières pièces sont de 
M. Apoix, le conventionnel. 

G. O. B. 

Barbe Bleue et Gilles de Rais ou 
de Retz (L, 833, 901 ; Ll, 21, 120,231, 
2 g 5i 54 i). — Marie de Craon, fille de 
Jean de Craon la Suze et de Béatrix de 
Rochefort, habitait avec ses parents 
Chàmptocé (Maine-et-Loire), quand, au 
commencement de l'année 1404, elle 
épousa, dans la chapelle du château, Guy 
de Laval-Rais. Le contrat de mariage 
avait été signé le 5 février 1403 (v.s.) — 
Cf. Bertrand de Rroussi\\on,Sigillograp}-ie 
des seigneurs de Craon. 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905 



433 



434 



A la fin de l'année 1404, Marie de 
Craon mit au monde son premier enfant, 
au château de Champtocé ; il reçut le 
baptême et le nom de Gilles, dans l'église 
paroissiale de Champtocé, et son parrain 
fut son grand-pere Jean de Craon. -- Cf. 
Union littéraire et artistique du Maine, an- 
née 1893, page 270 ; Anjou Historique, 
novembre 1900. 

En 1415, Guy de Laval -Rais mourut 
après sa femme, et l'orphelin fut confié à 
son grand-père. Dès 141 7, Jean de Craon 
fiança son petit-fils à Jeanne Paynel, fille 
de Foulques Paynel et de Marguerite de 
Dinan. Comme le mariage n'eut pas lieu, 
une autre union fut projetée,en 141 8, avec 
Béatrix de Rohan, fille d'Alain de Rohan 
et de Béatrix de Clisson. Cette promesse 
de mariage n'ayant point été réalisée, 
Gilles épousa, le 30 novembre i420,Cathe 
rine de Thouars, fille de Miles de Thouars 
et de Béatrix de Montjean. Ils étaient tous 
deux âgés de 16 ans, et parents au qua- 
trième degré. Ils se passèrent des dispen- 
ses nécessaires en pareil cas, et ce n'est 
qu'au bout de 18 mois qu'ils songèrent à 
régulariser leur union. 

Par lettres du 24 avril 1422, Jourdain, 
évêque d'Albano,envoya à l'évêque d'An- 
gers les dispenses accordées par le pape 
Martin V.Le 26 juin suivant, Hardouin de 
Bueil, évêque d'Angers, procédait à leur 
mariage dans l'église de Saint-Maurille de 
Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire), en 
présence d'une assistance nombreuse et 
choisie. Dès le lendemain, Hardouin de 
Bueil rendait compte au Souverain Pontife, 
dans un procès-verbal minutieux desdétails 
de la cérémonie. — Cf. Sigillogradbie des 
seigneurs de Craon. 

Deux ans après l'exécution de Gilles de 
Rais (26 octobre 1440), Catherine de 
Thouars, sa veuve, épousa Jean de Ven- 
dôme, vidame de Chartres. Il adonné son 
nom à une superbe tour du château de 
Tiffauges (Vendée), appelée << Tour du 
Vidame », dont les effets d'acoustique 
font l'admiration et l'effroi des visiteurs. 

La fille de Gilles de Rais et de Catherine 
de Thouars, appelée Marie, épousa Pré- 
gent de Coetivy, amiral de France, qui 
fut tué en 1448, au siège de Cherbourg ; 
deux ans après, elle se remaria à l'amiral 
André Laval de Lohéac. F. Uzureau, 

Directeur de Y Anjou Historique. 



L'. 1 fonctionnement de la police 
sous la Commune. Un document 
inédit. — La date du 18 mars donne un 
intérêt d'actualité à la pièce inédite que 
nous publions aujourd'hui. — C'est un 
rapport adressé par M. Gaston Dacosta, 
substitut de la Commune au délégué à 
la police, alors Ferré. 

M. Gaston Dacosta, professeur libre, 
qui n'était âgé que de vingt ans, dut à 
l'amité de Raoul Rigault d'être installé à 
la Préfecture de police. A ce titre, il fut 
mêlé aux événements les plus tragiques 
de la Commune ; ceux qui l'ont approché 
dans ces moments difficiles ont rendu 
hommage à sa modération d'autant plusrare 
qu'il était plus jeune. Condamné à mort, 
gracié à quelques heures du peloton d'exé- 
cution, il fut déporté. Depuis, éloigné de 
la politique active, il s'est surtout occupé 
de question d'enseignement. Resté atta- 
ché à ses anciennes convictions, violent 
à l'endroit des adversaires de jadis, l'âge 
lui a cependant enseigné une philosophie 
qui donne à l'histoire de la Commune 
vécue qu il vient d'écrire un caractère d'im- 
partialité ardente, très personnel. 

Nous avons trouvé un document écrit 
par lui à cette époque, et duquel son 
livre ne parle point. C'est le brouillon 
d'un rapport sur l'organisation de la 
police après le 18 mars, sur l'anarchie 
qui régna dans ce service voué à l'incohé- 
rence et à l'arbitraire ; sur l'arrestation 
des principaux suspects et des otages. Ce 
document abonde en traits de caractère, 
et nous donne, dans une peinture sincère 
et même parfois un peu naïve, l'état mo- 
ral des esprits à ce moment. A ce point de 
vue, ce sont des pages curieuses et qu'il 
était bon de recueillir. 

Nous les avons soumises à M. Gaston 
Dacosta. Que pensait-il après trente-cinq 
ans de ces lignes échappées à sa plume 
fiévreuse de fonctionnaire improvisé ? Il 
nous a répondu : 

« C'est le rapport verbeux et préten- 
tieux d'un gosse de vingt ans ». 

On pourra y voir plus et mieux, et c'est 
pourquoi volontiers, et en dépit de sa 
longueur, à titre documentaire, X Inter- 
médiaire les publie. M. 



* 
* * 



N° 1070. 



L'INTERMÉDIAIRE 



43? 



436 



Rapport adresse au délégué de la police, 
(Ferré)par Gaston Dacosta, 

Un décret en date du i or mai 1871, 
m avant appelé au poste de substitut du 
Procureur de !a Commune, j'avais d'abord 
cru devoir cesser entièrement uses fonc- 
tions de chef du Cabinet du Comité de sû- 
reté Générale. Sur la demande du Ci- 
toyen Cournet, alors délé ué à l'ex-préfèc- 
ture, je conservai mes fonctions primitives 
et il fut convenu que je n'exercerais les 
fonctions de substitut que pour requérir 
contre les personnes accusées d'avoir fait 
partie de l'ancienne police politique de 
Bonaparte. 

Cependant, les nombreuses recherches 
que je suis contraint de faire dans les dos- 
siers politiques, m'obligent à ne plus don- 
ner à mes fonctions pies le Comité de Sû- 
reté Générale tout le temps nécessaire ; 
j'ai donc dû, tout en conservant autant 
que possible, la direction du Cabinet 
m'adjoindre un sous-chef qui me suppléera 
dans les questions de détail. 

Quoi qu'il en soit, la démission du ci- 
toyen Cournet et votre nomination au 
poste de délégué, à la Préfecture, me fait 
un devoir de vous soumettre un exposé 
rapide de tout ce qui concerne le service 
de la police et du Cabinet du Comité de 
Sûreté Générale en particulier. 

Etabli au poste qne j'occupe, depuis le 
26 mars, je fus d'abord spécialement chargé 
de réorganiser l'administration centrale de 
la police, sur ses anciennes bases, selon 
les vues du citoyen Raoul Rigault. Le pro- 
jet de cette réorganisation me semblait 
tellement impraticable à cette époque que 
je dus faire un rapport au délégué, pour 
tenter de le détourner de ce projet, en 
indiquant le plan d'une nouvelle police 
municipale, faite par les municipalités. Mes 
observations furent rejetées après un court 
examen et je dus, tant bien que mal, effec- 
tuer cette réorganisation des services. 

Je commençai par établir l'ancien ser- 
vice du secrétariat particulier du Préfet, et 
celui du Cabinet ; ces deux services étaient 
ceux qui m'inquiétaient le moins pour 
l'avenir, en ce sens que je savais le délégué 
à la tête de l'un et la commission de sûreté 
à la tète de l'autre. Par mon intermédiaire, 
le citoyen Levraud fut nommé chef de la 
première division, assisté du citoyen Ri- 
gault et chargé de l'organisation de tout 
son service ; le citoyen Dupont fut chargé 
du service de la police municipale avec la 
même responsabilité ; enfin, le citoyen 
Ollivier fut nommé chef de la 2 e division 
et chargé de la réorganisation de ce ser- 
vice. 

Quoique l'organisation du service de la 
X re division se soit effectué sous ma sur- 



veillance, la rapidité avec laquelle elle s'est 
faite ne m'a pas permis, ni au citoyen Le- 
vraud, de faire tout ce que nous aurions 
voulu, le temps nous manquant pour choi- 
sir les hommes. Dès lors, il est arrivé ce 
qu'il arrive à toute organisation vicieuse à 
sa naissance : la 1 '" division ne fonctionne 
et ne fonctionnera peut-être jamais que 
d'une manière boiteuse. 

J'ignore au juste jusqu'à quel point la 
police municipale a été plus favorablement 
établie ; mais je pense que le citoyen Du- 
pont s'est trouvé comme nous en présence 
de difficultés insurmontables. Enfin, je 
créai aussi, à cette époque, un commissa- 
riat de permanence, sous la direction du 
citoyen Huguenot, aujourd'hui substitut du 
Procureur de la Commune et remplacé à 
son poste par son secrétaire. Tel est, citoyen 
délégué, le semblant de réorganisation qui 
fut fait dès mon entrée à la Préfecture. Les 
services établis sans homogénéité dans leur 
constitution, ne conservèrent pas longtemps 
leur dépendance du Cabinet ; chaque ser- 
vice devint bientôt une police particulière 
et le but de centralisation poursuivi par le 
citoyen Rigault échappait aux moyens indi- 
qués par lui pour l'obtenir. 

Je ne pus conserver mon autorité et celle 
du Comité que sur ce commissariat de la 
permanence, dirigé par un jeune homme, 
instruit, intelligent et actif, tous les autres 
services échappant graduellement à la Di- 
rection du Comité et au chef du Cabinet. Le 
temps n'a fait qu'accentuer cet état d'anar- 
chie dans l'administration centrale de la 
police et, si l'on joint à cela la profonde 
ignorance judiciaire, l'entière incapacité, 
l'acharnement coupable à se soustraire à la 
voie hiérarchique, qui caractérisent le per- 
sonnel de la presque totalité de nos com- 
missariats de quartier,on trouve facilement 
la cause des désordres publics, des arresta- 
tions inutiles, des actes arbitraires, dont 
toute la responsabilité retombe sur le Co- 
mité de Sûreté Générale et sur la Com- 
mune. 

Voilà, citoyen délégué, l'administration 
vicieuse dont vous acceptez la direction et 
je ne vois pour vous qu'un seul moyen de 
remédier à tous les maux qui se sont suc- 
cédé chez vos prédécesseurs et à prévenir 
ceux qui ne manqueront pas de survenir 
encore, si on persévère dans la même voie 
désordonnée. Selon moi, le seul moyen de 
sortir de cette situation terrible, de dégager 
votre responsabilité dans les actes de vos 
prédécesseurs (responsabilité que vous ne 
pouvez ni ne devez accepter) serait de sup- 
primer absolument l'organisation actuelle 
de la police et de la réorganiser sur les 
bases démocratiques, morales et praticables 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



20 Mars 1905, 



437 



438 



que j'indiquais dans mon rapport du 27 
mars, rapport que je joins au présent. 

J'espère, citoyen délégué, que vous com- 
prendrez toute l'importance de la commu- 
nication présente dictée uniquement par 
un ardent désir d'échapper à l'anarchie et 
aux reproches à venir, j'ai fait là mon 
devoir de fonctionnaire ; je vais faire main- 
tenant mon devoir de citoyen, en mettant 
sous les yeux d'un chef et d'un ami, quel- 
ques-unes des réflexions que me dicte 
l'état actuel des affaires. 

Depuis la journée du 18 mars, un grand 
nombre de personnes ont été arrêtées ; 
plusieurs d'entre elles ont adressé au Co- 
mité de Sûreté Générale, des pétitions par 
lesquelles elles demandent une liberté au 
moins provisoire. Elles se fondent sur ce 
que n'étant pas coupables des crimes et 
délits dont on les accuse, leur arrestation 
ne peut être qu'un acte de tyrannie ; elles 
ajoutent que si elles réclament leurs mises 
en liberté provisoirement, ce n'est pas 
pour se soustraire à la justice, mais au fer 
des assassins et qu'elles tremblent d'éprou- 
ver dans les prisons, le sort des prison- 
niers de septembre 1792. Dans les temps 
de révolution, il faut juger révolutionnaire- 
ment et les hommes et les moyens. On est 
souvent induit par prudence à céder au 
désordre pour prévenir un désordre plus 
grand encore : et, dans ces temps de lutte 
sociale, au milieu des dangers et des me- 
naces, à la suite d'un état de choses qui 
bouleverse entièrement les anciens rap- 
ports, on est contraint d'employer des me- 
sures extraordinaires qui ne sont pas dans 
la loi, que la nécessité commande; et sur 
lesquelles, il faut ensuite, par prudence, 
jeter un voile épais. Je ne fais pas aux 
hommes envoyés par le peuple à la Com- 
mune, l'injure de les soupçonner de pen- 
sées criminelles, et j'ai la conviction qu'ils 
sauraient prendre les mesures nécessaires 
au maintien de la sûreté des détenus. Si 
j'avais le moindre doute à cet égard, je 
cesserais, dès maintenant, toute fonction 
publique, pour ne point pactiser avec des 
chefs coupables. 

Dans la plupart des arrestations opérées, 
je vois des actes inutiles qui sont autant de 
fruits de l'anarchie que je vous signale plus 
haut ; mais dans quelques arrestations, je 
vois au contraire des actes de prudence et 
de sûreté ; en conséquence, je ne crois pas 
qu'il y ait lieu à délibérer sur les demandes 
en liberté provisoire ; c'est à la commis- 
sion de justice qu'il appartient d'informer 
sur toutes les affaires, dans le plus bref 
délai, de relâcher les innocents et de ren- 
voyer des coupables devant un jury d'accu- 
sation qui devrait fonctionner déjà depuis 
longtemps. Parmi les individus arrêtés J 



depuis le 18 mars, les uns sont prévenus 
de délits ordinaires, tels que vols et escro- 
queries ; les autres, en petit nombre, sont 
accusés de délits relatifs à la Révolution. 

II est clair qu'on ne doif pas relâcher les 
personnes prévenues de délits ordinaires, 
mais bien les renvoyer devant les tribu- 
naux institués, lesquels jugeront avec notre 
code pénal actuel, puisqu'il n'est pas 
encore réformé . 

Quant aux personnes arrêtées comme 
suspectes ou prévenues de crimes et délits 
politiques, il est nécessaire de scruter leur 
conduite. Les scellés ont été apposés sur 
leurs papiers, la police a dressé les premiers 
procès-verbaux et transmis le tout à la jus- 
tice, dont je ne conçois pas l'incroyable 
inertie ! Les prévenus de cette catégorie 
sont généralement des écrivains bonapar- 
tistes, des anciens agents de la liste civile, 
des femmes attachées aux agents ennemis 
et chargées de leur correspondance ; enfin 
des otages. Pour les otages, quoique leur 
catégorie n'ait jamais été judiciairement 
définie, la Commune a lancé un décret qui 
leur est conforme ; indépendamment de la 
question humanitaire qui rejette cette me- 
sure, j'ai trouvé le décret impolitique au 
plus haut point. J'ai lieu de penser, d'ail- 
leurs, que la Commune est revenue de 
cette grave et coupable erreur, puisque le 
décret n"a pas reçu d'exécution à la suite 
.^es exécutions sommaires et malgré le 
nombre de prisonniers faits par les troupes 
versaillaises. 

La masse, qui avait pour ainsi dire, im- 
posé ce décret à la Commune, en com- 
prend aujourd'hui l'horreur et l'impcliti- 
que : les nombreux rapports qui me par- 
viennent sur les chefs constatent que les 
propositions sanguinaires fa tes par quel- 
ques fourbes énergumènes cessent un peu 
d'être applaudies ; et alors même que ces 
propositions feraient accueillies par les 
clubs, je rappellerai qu'en ce moment, les 
bons citoyens sont ailleurs que dans ces 
lieux de réunion. 

Pour en revenir à la situation et ce 
qu'elle impose à la police, je ne dissimule- 
rai pas que la surveillance la plus active 
est encore nécessaire. Le Comité de Sû- 
reté Générale est instruit par une série de 
rapports sérieux, que les agitateurs, les 
monarchistes et tous les ennemis du peu- 
ple, dispersés primitivement par la terreur 
et la lâcheté, se concentrent de nouveau 
dans la capitale et rêvent de tendre une 
main amie à nos assiégeants. 11 importe de 
suivre les ramifications de cette coniura- 
tion et de ne négliger aucun moven d'en 
connaître et les plans et les complices. 

C'est à ce sujet que votre rôle, citoyen 
délégué, devient épineux ; car il vous faut 



N° 1070. 



L'INTERMÉDIAIRE 



439 



440 



concilier ce que commandent et la sûreté 
générale et la sûreté individuelle. 

Un citoyen libre ne peut être tenu de 
faire le sacrifice de sa liberté, même mo- 
mentanément, que lorsque le salut du peu- 
ple l'exige impérieusement ; or, comme 
dans le nombre des personnes détenues 
depuis le is mars, pour crimes politiques, 
il peut s'en trouver.il s'en trouve certaine- 
ment, dont une plus longue arrestation ne 
serait pas suffisamment motivée sous ce 
rapport, je pense que le délégué à la po- 
lice et le Comité de Sûreté Générale, doi- 
vent être autorisés à prendre en main les 
interrogatoires, les pièces et les papiers 
des détenus, pour, après l'examen qu'ils 
en feront, être statué en connaissance de 
cause, sur la liberté de certains détenus de 
cette catégorie. 

Ceux qu'ils présumeraient coupables se- 
raient renvoyés à l'action de la justice, et 
vous pourriez, citoyen délégué, interpeller 
vivement le délégué à cette branche du 
Pouvoir, au sujet du désarroi qui semble 
régner dans son administration. Sans 
doute, un moment d'anarchie fut inévita- 
ble, au milieu d'une insurrection si géné- 
rale et si complète ; mais ce qui peut aider 
au triomphe de la plus belle cause qui fut 
jamais, peut la perdre sans retour, s'il se 
prolonge au-delà des limites assignées par 
la stricte nécessité des conjectures ; et il 
est de toute évidence pour quiconque a 
étudié la politique nouvelle et le caractère 
des hommes, que les déterminations à 
prendre doivent porter surtout sur le réta- 
blissement de l'ordre, sur le renouvelle- 
ment de l'esprit hiérarchique dans les admi- 
nistrations, sur les moyens d'abandonner 
le système de la terreur, le régime de la 
crainte indigne de nous et sur ceux de ren- 
dre la vraie vigueur aux autorités, cette 
vigueur qui prend son essence dans la rai- 
son, la justice et l'équité. 

Quant aux craintes que les souvenirs des 
journées de septembre inspirent à quelques 
prisonniers, je le répète, il est de la dignité 
du peuple et de la Commune, de les dissi- 
per et de prouver au monde civilisé que la 
personne des individus innocents ou cou- 
pables, enfermés dans les prisons de la 
Commune, est aussi sacrée que ceux des 
membres de la Commune eux-mêmes. Il 
faut que l'ordre renaisse, que l'anarchie 
expire, que la hache révolutionnaire ne 
soit plus un instrument de terreurs, de 
crimes et de vengeances. Si l'insurrection 
si belle, si sainte du peuple, devait s'abî- 
mer dans le crime, dans la honte et l'infa- 
mie, c'en serait fait de son but. 

En terminant, j'appelle surtout votre 
attention de policier, sur ces faux patriotes 
qui nous accusent de mollesse parce que 



nous ne voulons pas être criminels, qui 
voudraient engager le peuple dans la voie 
du mal et qui enfin salissent le grand mot 
de Révolution sociale, eu s'en disant les 
apôtres. 

[Dacosta.] 

Etats de la franc-maçonnerie en 
1787,enl812etenl902. —D'après 
une gazette allemande publiée en 1787 et 
traduite par le Globe 1,242, il y avait alors 
dans le monde : 



Angleterre 


525) 


loges 


Ecosse 


284/ 




Irlande 


22 7\ 


1 103 


Iles Anglaises 


67] 




France 




703 


Allemagne 




3*9 


Prusse 




304 


Danemark 




192 


Russie 




i45 


Amérique septentrionale 


«5 


Batavie 




79 


Pologne 




75 


Suisse 




7 2 


Suède 




69 


Genève 




36 


Iles du Vent 




1 1 


Grandes Indes 




10 


Turquie 




9 


Iles sous le Vent 




5 



Soit en tout : 32 17 loges 

correspondant à 225 ou 230.000 f.\ m.". 

En 1812, je relève dans le calendrier 
maçonnique 818 L.\ en pleine activité 
constituées par le G.'. 0.\ de France. 

Les régiments possédaient en plus à eux 
seuls 70 L.\ 

Sur les 818 L.\, les départements re- 
tranchés en 18 14 en possédaient 104 ; 
l'étranger 34 ; les colonies françaises 16 ; 
les colonies étrangères 4 ; ce qui faisait 
encore 590 pour la France continentale, 
sans compter les loges militaires. 

Actuellement il y aurait dans le monde 
16.000 loges correspondant à 1 million 
800.000 f. •. m.*., dont la moitié aux 
Etats-Unis. 

Il serait intéressant d'avoir la réparti- 
tion de ces 16.000 loges par pays. 

J. G. Bord. 

Le Directeur- gérant : 
GEORGES M0NT0RGUE1L 

Imp. Daniel-Chambos St-Amand-Mont-Ron d 



LI e Volume 



Paraissant les 10, 20 et 30 de chaque mois 



30 Mars 1905. 



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N° 1071 

3I k \ r. Victor Massé 
PARIS (IX*) 

Bureaux: de2à4heures 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 

Fondé en 1864 



QUESTIONS ET RÉPONSES LITTÉRAIRES, HISTORIQUES, SCIENTIFIQUES ET ARTISTIQUES 

TROUVAILLES ET CURIOSITÉS 



441 



442 



(attestions 



Lettres d'Aimée Desclée à Fan- 
fan. — Y a-t-il indiscrétion, à 35 ans de 
distance, à demander quel était ce bel 
officier de cavalerie belge, mort prématu- 
rément, qui nous vaut les lettres à « Fan- 
fan » publiées, il y a dix ans, par M. 
Paul Duplan — d'autant plus que ces 
lettres sont plutôt tout à l'éloge de celui 
qui les a provoquées? H. L. 

Recueil Clérambault-Maurepas. 

— M. Emile Raunié a publié chez Quan- 
tin, de 1879 a 1884, un Chansonnier histo- 
rique du XVIII* siècle en dix volumes. 
Cet ouvrage est une reproduction par- 
tielle des fameux recueils de Clairambault 
et de Maurepas. 

Malheureusement, M. Raunié a sup- 
primé de parti-pris les pièces les plus 
intéressantes, toutes les pièces libres. 
« Nous les avons sacrifiées avec d'autant 
moins de regret, dit-il à la page 89 de sa 
savante préface, qu'elles ont déjà trouvé 
place dans un ouvrage dont l'éditeur s'est 
borné à exploiter la mine encore vierge 
des pièces libres du recueil Maurepas ». 
Quel est le titre de cet ouvrage que le 
pudique M. Raunié n'indique pas plus 
clairement ? Nous comprenons également 
peu qu'on ait servi ces pièces à part et, 
que, par une sélection opposée, on les ait 
supprimées. M. Raunié a eu la préten- 
tion, après avoir châtré Maurepas, de le 



compléter en y joignant des pièces pro- 
venant d'autres collections. Il ne nous 
semble pas qu'il ait mis à contribution le 
manuscrit en dix ou douze volumes in- 
folio que possède la bibliothèque du Palais- 
Bourbon. Il est vrai que pour M. Raunié, 
qui a introduit la pudibonderie dans les 
ruelles historiques du xvin* siècle, ces 
pesants in-folio seraient bien légers. — 

A. d'Or. 

Montaigne et la modération. — Je 

lis au douzième chapitre du Livre III des 

Essais : 

J'encourus les inconvénients, que la modé- 
ration apporte en telles maladies. Je fus 
pelaudé à toutes mains. Au Gibelin j'estais 
Guelphe, au Guelphe, Gibelin, Quelqu'un de 
mes poètes, dict bien cela, mais je ne scay où 
c'est. 

Un des collaborateurs de l'Intermé- 
diaire pourrait-il retrouver le passage de 
ce poète, dont Montaigne ne se souvenait 
plus ? Patchouna. 

Le drapeau d'Arcole. — Je lis 

dans un ouvrage intitulé Le maréchal 
Lannes,par le général Thoumas,le passage 
suivant : 

Le drapeau que Bonaparte avait porté sur 
la digue d'Arcole fut envoyé au Directoire. 
Plus tard, au mois de février 1798, le corps 
législatif fit hommage de ce drapeau à l'an- 
cien général en chef de l'armée d'Italie en 
souvenir de la glorieuse et sanglante bataille 
d'Arcole. Bonaparte le donna à Lannes en 
l'accompagnant de cette lettre : « Le Corps 
Législatif, citoyen général, me donne un dra- 

IX 9 



N° 1071. 



L'INTERMEDIAIRE 



443 



444 



peau en mémoire de la bataille J'Arcole,etc...» 
Longtemps conservé dans la famille du duc de 
Montebello, ce drapeau a disparu sans qu'on 
puisse savoir au juste à quelle époque, soit 
qu'il ait été dérobé par un serviteur infidèle, 
soit qu'il ait été égaré et oublié, détail qui 
paraît singulier au premier abord. Le drapeau 
porté à Arcole par Bonaparte était blanc ou 
du moins presque tout blanc. C'était le dra- 
peau d'un des bataillons de la 5"" demi-bri- 
gade... il était blanc avec de petits losanges 
bleus et rouges figurés dans les 4 angles. 

D'autre part, dans un livre intitulé : 
Le maréchal Laitues, par le duc de Monte- 
bello, se trouve citée la même lettre de 
Bonaparte au général Lannes. 

Je voudrais savoir : i° si le drapeau 
donné par le Corps législatif à Bonaparte 
est bien celui d' Arcole ou simplement un 
drapeau d'honneur. Il est étrange que 
Bonaparte dise un drapeau, si c'est celui 
qu'il portait à Arcole. 

2° Un intermédiairiste saurait-il ce 
qu'est devenu ce drapeau que le général 
Thoumas prétend perdu ? 

3° Dans le tableau d'Horace Vernet, le 
drapeau est-il tel que le décrit le général 
Thoumas ? Hernani . 

L'impératrice Marie-Louise et 
la société de Charité maternelle. — 

Je serais désireux d'apprendre, par mes 
confrères de l'Intermédiaire, s'il existe 
encore beaucoup de brevets semblables à 
celui que j'ai présentement entre les 
mains, dont voici la teneur et la descrip- 
tion : 

Marie-Louise, Impératrice et Reine, Pro- 
tectrice de la Société de la Charité mater- 
nelle, etc., etc., etc. Voulant pourvoir à la 
composition du conseil d'administration de 
la Société de la Charité maternelle pour la 
ville de Poitiers, 

Nous avons nommé et nommons membre 
du dit Conseil, sur la présentation à nous 
faite par le Comité central de la Société, Ma- 
dame X, née X, bien informée que nous som- 
mes, qu'elle réunit les vertus, le zèle et les 
talens (sic) qu'exigent les fonctions de cette 
place ; et pour témoignage que telle est notie 
volonté, nous avons fait expédier le présent 
Brevet, que nous avons signé de notre main, 
et fait contre-signer par le Grand Aumônier 
de l'Empire, Secrétaire général de la Société 
de la Charité maternelle. 

Fait au Palais des Tuileries... le quinzième 
jour du mois de décembre de l'an de grâce 
mil huit cent douze. 

Signé Louise. 



Et plus bas : 

Par l'Impératrice, pour le Cardinal Grand 
Aumônier de l'Empire, Secrétaire général de 
la Société de la Charité maternelle, 

(A la main) Louis, évèque de Versailles, 
secrétaire général substitué. 

Scrupuleusement copié, en observant 
les majuscules partout où elles se trou- 
vent ; les trois et cœtera qui suivent, à 
la seconde ligne, les mots Charité mater- 
nelle ; le mot talens écrit sans t. 

Un dessin gravé de style empire, en- 
cadre le texte. 

Les signatures et les mots « Louis évè- 
que de Versailles secrétaire général substi- 
tué » sont écrits à la main. 

Le tout est sur beau et solide parche- 
min mesurant dans son ensemble, 0,41 
centimètres sur 0,26 ; le cadre y est ins- 
crit pour 0,32 centimètres sur 0,22. _ 

Ce seul prénom de Louise, fut-il inva- 
riablement la manière de signer de l'im- 
pératrice, dont le nom dans l'histoire, 
tant comme impératrice que comme ar- 
chiduchesse, fut toujours, il me semble, 
Marie-Louise? Boiscamus. 

Violette bonapartiste. — Existe- 
t-il des brochures sur cet emblème de 
l'Empire ; un historique de sa disgrâce 
sous Louis XVIII? — Pourquoi a-t-elle 
été choisie ? L. C. 

La fustigation à Bicêtre sous 
l'ancien régime. — A l'article Bicêtre, 
dans le Dictionnaire de la lecture et de la 
Conversation, H. Audiffret écrit en 1830 : 

Sous Louis seizième, Bicêtre fut destiné à 
recevoir les hommes et les filles publiques 
atteints du mal syphilitique. Avant de les 
panser, dans les deux salles qui leur étaient 
spécialement consacrées, les chirurgiens les 
faisaient fustiger.. . 

Cette pénalité n' était-elle pas plutôt la 
conséquence de la mesure administrative, 
prise, en 1679, à l'égard des... avariés, 
par le bureau de l'Hôpital Général ? Et les 
chirurgiens qu'ici Audiffret met en cause 
n'étaient-ils pas.au contraire, les premiers 
à protester contre une telle barbarie ? 

Sir Graph. 

Barrin de la Galissonnière. — 

Armes, Généalogie ? — Merci d'avance ! 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Mars 1905, 



445 



446 



George de Chasteluz dict de 
Beauvais, admirai de France. — 

On lit dans le « Catalogue des très illus- 
« très admiraux de France depuis le Roy 
</ Clotaire II 1 -' du nom jusques au très 
« chrétien, très puissant, très magnanime 
« et très-victorieux Roy de France et de 
« Navarre, Henry MI à Paris » par Fed. 
Morel MDIIC. ce qui suit : 

Messire George de Chasteluz dict de Beau- 
vais admirai de France du temps du Roy 
Charles VI l'an 1420 grandement favorisant 
au Duc de Bourgogne. 

Il portait : de gueules, au lyon d'argent 
lampassé et couronné d'or. 

Le père Anselme et Le Laboureur l'ont 
à tort rattaché aux Beauvoir de Chastel- 
lux, maison de Bourgogne encore exis- 
tante, le disant fils de Guillaume de Beau- 
voir. 

Le comte Henri de Chastellux, auteur 
de travaux généalogiques et historiques 
remarquables, a réfuté cette erreur dans 
l'histoire généalogique de sa maison. 

Il est probable que ce George de Chas- 
teluz appartenait aux Chastellux -Chà- 
teaumorand ; mais de qui était-iifils ? Qui 
épousa-t-il ? T. 

Madame Besbordes-Valmore . — 
Je lis quelque part : « Curieux vers sur sa 
tombe ». Je demande où cette tombe est 
placée, et quels sont ces vers. Je rappelle 
qu'elle mourut en 1859, et son mari, 
Valmore, le 26 octobre 1881. H. L. 

Famille Desbrière. — i° Qui était 
le père de Charles Gauthier Lesieure Des- 
brière (ou le Sieure des Brières), décédé à 
66 ans, en avril 1813, qui habitait rue 
Michel-le-Comte en septembre 1782, à 
Rouen en janvier 1785 jusque vers 1790, 
où il était premier secrétaire de l'Inten- 
dance? 

2 Qui était le père de Pierre le Sieure 
des Brières, décédé en mars 1778, à Pa- 
ris, à 74 ans ?I1 était Docteur en théolo- 
gie de la faculté de Paris, maison royale 
de Navarre, aumônier de la maison du 
Roy, puis abbé commandatairede l'abbaye 
du Loroux, diocèse d'Angers, ordre de 
Citeaux. D. 

Marchés à la viande et aux pois- 
sons à la fin do XVII e siècle. — 

Où trouver des détails précis sur l'empla- 



cement etlanature de ces marchés àParis, 
à la fin du xvu e siècle ? Y. 

Les carrosses du comte de 
Chambord. — On sait que la restau- 
ration de la royauté fut sur le point de 
s'accomplir : le comte de Chambord put 
croire venue l'heure d'Henri V. Les car- 
rosses étaient prêts qui devaient l'amener 
à Versailles. 

Quelle est la vérité sur ces carrosses ? 
Qui les commanda ? Qui les exécuta ? Que 
sont-ils devenus? D r L. 

Famille de Mac-Mahon. —Je dé- 
sirerais savoir si Thomas de Mac-Mahon, 
écuyer, marié à Marguerite de Verteuil, 
dont la fille épouse, à Bordeaux, le 4 août 
1737, messire Jean de Rosteguy, écuyer, 
seigneur de Taste, appartenait à la fa- 
mille du maréchal. A quelle époque cette 
branche vint-elle habiter en Bordelais ? 
Thomas a-t-il laissé une postérité mâle ? 

Pierre Meller. 

Abbaye de Vaux. — Où trouver 
des renseignements sur l'histoire de la 
commune de Vaux, canton de Leigné-sur- 
Usseau (Vienne) et en particulier sur 
l'abbaye qui existait dans cette commune 
avant la Révolution, et qui, paraît-il, était 
dans la dépendance de l'abbé de Saint- 
Denis, ainsi que sur une dépendance de 
cette abbaye de Vaux, appelée Foumore 
ou Tonmor située dans les environs de 
Vaux ? Th. Touchard. 

Armoiries à déterminer : trois 
chapiteaux. — Trois chapiteaux corin- 
thiens 2 et 1 , trois étoiles posées en fasce 
et un croissant en pointe. (Emaux illisi- 
bles). Ces armoiries doivent être celles 
d'une famille saintongeaise peut-être 
d'un Saint-Simon ou d'un Dernier d'Ar- 
chiac. Champvolant. 

Armoiries àretrouver : d'argent, 
à la fasce de gueules. — Un aimable 
lecteur pourrait-il me dire à quelle famille 
appartiennent les armes suivantes qui 
sont gravées sur une ancienne bague enfer: 

D'argent, à la fasce de gueules ^accompa- 
gné en chef d'une étoile d'azur, et en pointe 
d'un croissant du même . 

L'empreinte assez nette permet de lire 
les émaux et le métal. U. L. A. 



N. 107 1, 



L'INTERMÉDIAIRE 



447 



448 



L'Académie française et Cyrano 
de Bergerac. — V Amateur d'autogra- 
phes pose cette question à ses collabora- 
teurs : 

« Un de nos collaborateurs, M. Jean 
Hanotau, dont nos lecteurs ont pu ap- 
précier la perspicacité, nous adresse une 
question à propos de deux noms d'acadé- 
miciens, cités par M. Rostand, dans son 
Cyrano, p. 20. 

Voici le passage : 

Le jeune homme 
L'Académie est là ? 

Le bourgeois 
Mais... j'en vois plus d'un membre, 
Voici Boudu, Boissat et Cureau de la 

[Chambre, 
Porchères, Colomby, Bourzeis, Bourdon, 

[Arbaud 

• •••••..•»»•••« 

Boudu et Bourdon ne figurent sur au- 
cune liste. Où M. Rostand les a-t-il pris ? 
A la rigueur, Bourdon pourrait être N. 
Bourbon, mais Boudu, qui connaît Boudu? 

Cest vainement que nous avons fouillé 
dans Y Histoire de Pellisson,dans les notes 
de M. Livet, dans le livre de M. Mesnard, 
dans Chapelain et les deux premières acadé- 
mies, le livre si renseigné de M. l'abbé 
Fabre; dans Moréri, dans la Bibliographie 
de M. Kerviler, dans la liste d'Etienne 
Charavay et Bance, et ailleurs encore. 
Partout Boudu est inconnu. 

Nous n'avons plus d'espoir que dans 
l'obligeance de M. Ed. Rostand pour nous 
dire où il a trouvé le nom de cet immor- 
tel, omis par tous les biographes. » 

Bibliographie. — Quelque collègue 
bibliographe aurait-il l'amabilité de me 
dire la date d'impression et l'éditeur du 
Dictionnaire biographique des morts et des 
vivants, de Fliniaux, et des Souvenus du 
quartier latin, de la Bretonnière ? 

Où peut-on consulter le Dictionnaire 
historique du général Beauvais ? Il est 
incomplet à la Bibliothèque nationale et 
n'existe pas à l'Arsenal. La Résie. 

« La Critique de "Vairvert ». 

... Ne cherchez pas qui l'a faite, il n'est pas 
aisé de le découvrir : il n'est ni Religieux, ni 
Abbé, ni Chanoine, ni Laïque, ni Homme 
d'Epée, ni Homme de Robe ; il fait sa rési- 
dence dans une Ville pioche de Roiien : célè- 
bre par son Académie et par quelques beaux 
Edifices. Son nom y est des mieux établis et 



quoique jeune encor, il y a déjà donné de 
marques de sa capacité et de ses lumières, par 
plusieurs petits Ouvrages volans qu'il a don- 
nez au Public, et qui ont été vus et bien 
reçus. — Extrait de l'Avis du libraire (?) de 
La Critique de Vairvert, comédie en un 
acte, à Londres (sans date). 

Mes plus vifs remerciements à l'inter- 
médiairiste qui voudra me faire connaître 
le nom de l'auteur et la date de cet ou- 
vrage (probablement 1733, année du 
poème de Gresset). 

P. de Thomières. 



Causes célèbres. — A.Fouquier 

— Ayant besoin de renseignements sur 
les divers recueils de Causes célèbres qui 
existent à l'heure actuelle, ainsi que sur 
les auteurs qui les ont rédigées, je prie 
nos collaborateurs qui sont au courant de 
cette question, de venir à mon aide, afin 
de combler les lacunes de mon savoir, ainsi 
que celles des dictionnaires que, dans ce 
cas, je prends en flagrant délit de négli- 
gence. 

Ainsi le Nouveau Larousse, si digne de 
la faveur qu'il obtient, qui s'attache par- 
ticulièrement à signaler les synonymes et 
les antonymes , a oublié au mot Cause ce 
qui s'entend par Cause célèbre C'est une 
lacune regrettable. Partant de là, il ne dit 
rien des recueils dont je veux parler. 

Le dictionnaire de Bachelct, Paris 1872, 
après le mot Cause, comme terme de 
droit, dit : 

« On a publié divers recueils de Causes 
célèbres. Les plus complets sont ceux de 
Méjan, 1804-14, 20 vol. in-8° ; de Saint- 
Edme, 1836-37, 15 vol. in-8°». Un point, 
c'est tout. 11 n'indique pas la remarquable 
et importante collection qui fut publiée, 
sous le second empire, par l'éditeur 
Lebrun, sous la direction de A. Fouquier, 
écrivain qui dénote une certaine valeur 
littéraire. Or, je n'ai trouvé ce Fouquier 
ni dans Vapereau, ni dans les dictionnai- 
res que je viens de citer. Il ne mérite 
certes pas ce dédain. 

Je résume ma question en deux points. 

i° Quels sont les autres recueils de 
Causes célèbres en dehors de ceux indi- 
qués par Bachelet ? 

2 . — Que sait-on de A. Fouquier? 
Est-il possible de dégager sa personnalité 
avant qu'elle ne disparaisse tout à fait 
dans l'ombre de l'oubli ? J.-B. Miron 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Mars 1905, 



449 



450 



Caieu, Cayeux, cailleu, caillou. 

— M. A. Thomas (Académie des Inscrip- 
tions et Belles- Lettres, 3 mars 1905) est, 
parait-il, d'avis que le mot patois caieu, 
qui désigne la moule dans une partie de 
la Normandie, n'a rien à voir avec le mot 
cailleu usité en Picardie au sens de cail- 
lou ; caieu ne serait autre chose que le 
nom du petit port de Cayeux. Mais les 
moules ne ressemblent-elles pas un peu à 
des cailleux (cailloux) noirs ? Et le nom 
de Cayeux, n'est-ce pas aussi cailleux, 
c'est-à-dire cailloux, les cailloux, les ga- 
lets de la plage ? L'opinion de M. A. Tho- 
mas n'est-elle pas contestable? 

Autre remarque, les moules, souvent 
accolées les unes aux autres ou à un sup- 
port quelconque, rappellent un peu, sous 
cet aspect, la tenue des caicux des plantes 
bulbeuses ; et ces caieux ont quelque res- 
semblance avec des cailloux. M-. A. Tho- 
mas n'aurait-il pas un peu tort vis-à-vis 
de cet enchevêtrement d'analogies phoné- 
tiques? Sglpn. 

Le mot jockey. — Ce mot, qui est 
d'ailleurs une adaptation anglaise du fran- 
çais Jacquet, diminutif de Jacques, a dû 
passer dans notre vocabulaire, sous sa 
forme actuelle, vers le milieu du dix- 
huitième siècle, sauf erreur... 

Peut-on me dire l'époque précise de 
l'introduction en France du mot jockey, 
laquelle doit, ce me semble, coïncider 
avec l'introduction des courses à la mode 
anglaise ? Quel ouvrage pourrais je con- 
sulter utilement à ce sujet ? B. É. X. 

Peinture éludorique. — L'Almanach 

des architectes, peintres, etc. pour 1776, 
mentionne plusieurs %< peintres à la ma- 
nière éludorique » : MM. Le Bel, Mon- 
petit, de Mailliée. Cela consistait, paraît- 
il, à étendre sur une glace, du taffetas 
imprimé à l'huile, et à peindre comme à 
l'ordinaire ; mais avant de terminer on 
trempait dans l'encre pour juger des par- 
ties faibles et les retoucher ; en fin de 
compte, on retrempait dans Peau pour 
parfaitement dégraisser (?) et on fixait 
sous verre avec une composition de 
gomme et de sucre candi. Rctrouve-t-on, 
de nos jours, dans les ventes ou dans les 
musées, des œuvres produites par ce pro- 
cédé qui a dû être abandonné après une 
courte existence? J-C. Wigg. 



Tableau à retrouver: l'ingénieur 
Hupeau, — Qu'est devenu le tableau 
représentant l'ingénieur Hupeau, cons- 
tructeur du pont d'Orléans, qui apparte- 
nait encore à sa famille en 1863, et que 
MM. de Montaiglon et Burty décrivaient 
et appréciaient ainsi : 1" 1 95 / i m 65. 

Au premier plan, la femme et la fille 
de Hupeau, l'une joue de la vielle, l'autre 
pelotonne de la laine ; l'ingénieur est 
dans l'intervalle, son compas à la main, 
et travaille aux études du pont. A droite, 
en perspective, le pont en construction 
et une partie de la ville d'Orléans. 

Jolie peinture dans le goût d'un des 
élèves de Nattier ; conservation irrépro- 
chable. P. G. 

Distributions de vin . — Le Corres- 
pondant médical a donné dernièrement la 
reproduction d'une estampe anonyme da- 
tant du I er Empire et ayant trait, suivant 
notre confrère, aux distributions de vin 
faites aux parisiens pour les fêtes du cou- 
ronnement. Une bande d'assoiffés munis 
des ustensiles les plus hétéroclites donne 
l'assaut à un tonneau dont chacun veut 
avoir sa part. 

Il existe de Boilly, une autre estampe 
datée de 1826 : Départ pour les distribu- 
tions, relative au même sujet. Quatre 
hommes s'en vont chantant, munis, pour 
la récolte, d'un seau, d'un broc, d'un pot, 
d'une casserole et d'une éponge. 

Dans quels ouvrages trouverait-on des 
renseignements sur l'habitude de ces distri- 
butions devina l'occasion des réjouissances 
publiques, particulièrement au commence- 
ment du xix e siècle, et, d'une façon plus 
générale, de quand date cetusage etquand 
a-t-il pris fin ? Pierre de Carnac. 

Dés à jouer fossiles. — - Dans le cou- 
rant du xvm e siècle, on trouvait dans la 
terre, aux environs de Bade, et aussi dans le 
canton de Soleure, une grande quantité de 
dés à jouer absolument semblables à ceux 
en usage, et que les habitants donnaient, 
ou plutôt vendaient comme des produc- 
tions naturelles du sol. Les savants s'en 
émurent et disputèrent à ce sujet, beau- 
coup n'y voyant qu'une exploitation de la 
crédulité humaine. De nos jours, il n'en 
est plus question, je crois, mais s'il y en 
avait tant qu'on le dit, en trouve-t-on 
( encore quelquefois ? J. C. Wigg. 



N° 1071. 



L'INTERMEDIAIRE 



451 



45 2 



Iqjonees 



Etal (LI, 394). — Les éminents ro- 
manciers, auteurs du Prisme, nous font 
l'honneur de nous dire par la lettre sui- 
vante pourquoi ils ont, dans la Revue des 
Deux-Mondes, écrit étals au pluriel avec 

uns: 

Mon cher confrère, 

Pourquoi ne répondrions-nous pas, en effet, 
nous-mêmes à la question posée par V Inter- 
médiaire ? 

Etal. s. m. donne, selon tous les diction- 
naires, pi. ètaux. Et nous avons écrit étals ! 
Pourquoi ? 

Eh bien voilà : nous plaidons coupables, 
froidement coupables, mais nous alléguerons 
pour notre défense ceci: Qui modifie l'étroi- 
tesse ou qui consacre le périmé des règles, en 
orthographe, comme en grammaire ? L'usage, 
devançant de beaucoup d'ordinaire, le lent 
enregistrement des dictionnaires. 

Or, dans l'espèce, n'est-il pas infiniment 
plus conforme au bon sens, comme à l'eupho- 
nie, d'orthographier étals au lieu à'étanx ? 
i" On évite l'amphibologie (ctaitx, pluriel 
d' étau). 2 On se conforme à l'exception 
admise pour d'analogues désinences : chacals, 
régals, bals, carnavals, pals, etc. 

Nous trouverions fort raisonnable que 
l'usage, ici encore, ajoutât cette légitime 
exception à la règle : ce serait une judicieuse 
façon de la confnmer. 
Vos 

Paul et Victor Margueritte. 

N. B. Ajoutons qu'en notre vieille langue, 
al faisait jadis, faisait régulièrement au plu- 
riel als. Notre innovation ne serait donc qu'un 

retour motivé à de très anciens précédents. 

* 
* * 

Félix culpa ! Je trouve élégante, ration- 
nelle et heureuse la faute que MM. P. et 
V. Margueritte ont commise contre nos 
dictionnaires — et non contre notre 
langue, car celle-ci ne peut que s'enrichir 
de telles libertés et il appartient à qui- 
conque manie une plume de créer ainsi 
les précisions nécessaires. La voilà bien, 
la véritable, la légitime réforme de l'or- 
thographe ! 

— Etait, selon Littré, a peut-être (peut- 
être seulement) la même origine que étal. 
Mais si les deux mots possédèrent jadis 
un sens analogue il n'en est plus de même 
à présent. 11 y a intérêt à ce que ces mots 
soient nettement différenciés, au pluriel 
et au singulier. 



et êtaux comme pluriel d'étau, on obéit 
donc au génie de notre langue, langue de 
clarté, et il ne faudrait pas chercher long- 
temps pour trouver maint exemple de cas 
où l'appétence d'un singulier pour son 
pluriel régulier s'est trouvée corrigée in- 
consciemment, lors de la formation du 
fiançais, par la crainte des confusions 
possibles. 

Nos trois seuls substantifs monosylla- 
biques en iel {ciel, fiel, miel) ne viennent- 
ils pas confirmer cette observation ? On 
dit : des miels de différentes qualités; 
Joinville a écrit : « les fielz en étoient 
pourriz; » les wocàbXtsfieux et mieux exis- 
tant avec un autre sens. Au contraire, le 
mot deux était vacant. On en fit le pluriel 
de ciel, et encore, pour distinguer les di- 
verses acceptions, parle-t-on des ciels d'un 
tableau. 

Je trouve donc, en ce qui me concerne, 
très-heureuse, l'initiative de MM. Paul et 
Victor Margueritte. G. de Fontenay. 

Bibliothèque de M. Montaiglon 
(LI, 273,421). — L'article paru dans le 
Temps du 19 juillet 1904 est signé en 
toutes lettres, par M. Pierre-Paul Plan, 
l'auteur de la récente Bibliographie rabe- 
laisienne, (Impr. Nationale, 1905, in-4 .) 
Cet article qui a eu pour complément un 
entrefilet anonyme rectificatif dans le n° du 
24 du même mois, ne saurait être con- 
fondu, comme l'a fait Nérac.avec celui de 
Mario Schiff, publié dans la Revue bleue 
du 17 juin 1899. 

A ces deux sources il convient d'ajouter 
la notice biographique placée, par M.Jules 
Guiffrey, en tête du tome VI (1896) de la 
Correspondance des directeur sde l Académie 
de France à Rome et tirée à part ; on y trou- 
vera le texte même de la convention in- 
tervenue entre Montaiglon et ]e P. Mau- 
rice Coutelle de la Tremblaye qui, depuis, 
est « rentré dans le siècle », bien avant 
les lois récentes sur les congrégations. 

L'historique des négociations qui pré- 
cédèrent cet accord intervenu à l'insu des 
plus anciens amis de Montaiglon, les 
diverses pérégrinations de ses livres, leur 
transport furtif en Amérique, leur dis- 
persion en vente publique exigeraient des 
développements que ne comporte pas le 
cadre de X Intermédiaire; mais je crois être 
un des rares possesseurs en Europe du 



En prenant étais comme pluriel d'étal | catalogue très sommaire, très confus et 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Mars 1905. 



453 



454 



très insuffisant rédigea Boston, parLibbie 
and C° en vue del\< Auction» qui dura du 
22 mai au 15 juin 1899 et je le mettrais 
volontiers à la disposition du « deman- 
deur ». C'est, si je ne me trompe, l'auteur 
d'un des plus utiles et des plus considé- 
rables répertoires dont puisse s'honorer la 
Bibliographie française moderne. 

Maurice Tourneux. 

La capitulation de Paris et le 
comte d'Hérisson (LI, 163, 239, 296, 
347,431). — Je ne sais si M. d'Hérisson 
sauva beaucoup de drapeaux. Mais M. Cot- 
treau me permettra de donner un rensei- 
gnement sur ce point. Il y eut au moins 
un drapeau distribué à un bataillon de la 
garde nationale. Plusieurs drapeaux des- 
tinés aux autres bataillons restèrent long- 
temps, comme modèles à l'Hôtel-de-Ville. 

Un jour, je fus chargé, en qualité dof- 
ficier d'état-major, d'escorter M. Jules 
Mathias, ecrétaire de la mairie de Paris, 
qui portait un drapeau à la garde natio- 
nale de Boulogne. Je pourrais retrouver la 
date de cette cérémonie. Hélas, au loin 
s'élevait une rougeur sinistre. C'était le 
château de Saint-Cloud qui brûlait. 

Qu'est devenu le drapeau ? 

Jules Claretie. 

* * 
La vérité historique est qu'à l'armée 
de Paris on comptait deux régiments 
d'infanterie (les valeureux 33 e et 42 e 
de ligne, de la brigade Guilhem, du 
corps" Tricoy) en possession de leurs 
drapeaux, rapportés de Rome dojnt l'occu- 
pation venait de cesser. Tout le monde 
sait que ces deux régiments, avec trois 
bataillons de fusiliers marins et divers ré- 
giments de mobiles, firent le fond de la 
défense de Paris. Les pertes éprouvées 
par le 35 e et le 42 e furent telles que les 
cadres de ces deux régiments durent être 
renouvelés trois fois. 

Par contre, les régiments d'infanterie 
dits de marche, n" s 110, mi, 128, 134, 
135 et autres, formés au moyen des com- 
pagnies de dépôt empruntées à tous les 
corps, ne possédaient point de drapeaux. 

Certains bataillons de la mobile pari- 
sienne étaient pourvus de drapeaux dont 
le Musée Carnavalet conserve au moins 
un spécimen, et il est notoire que le 7 e ba- 
taillon commandé par M. de Vernon de 



Bonneuil tenait son drapeau de la géné- 
rosité des dames du septième arrondisse- 
ment de Paris, région où ce bataillon 
avait été recrute. 

Enfin, on n'ignore pas que la garde na- 
tionale, la sédentaire, bien entendu, avait 
reçu du gouvernement impérial des dra- 
peaux réglementaires. Que sont-ils deve- 
nus ? Où furent-ils déposés ? Quant aux 
bataillons dits de marche, recrutés parmi 
les régiments de formation ancienne, 
quelque confrère obligeant pourrait peut- 
être nous dire si ces groupements reçu- 
rent le moindre fanion. 

Un moblot parisien. 

Les pensions des Stuarts (LL330). 
— Nous avons sur ce point le témoignage 
de la comtesse d'Albany elle-même : 

On veut aller aussi vaincre les Anglois aux 
Indes. A propos de ce pays-là, le Roi m'a 
donné la moitié de la pension qu'il faisoit à 
mon beau frère le cardinal duc [d'York-Henri 
Benoît Stuart], c'est-à-dire seize cents livres 
sterling, ce qui fait plus de six mille écus de 
ce pays. — ... — Le roi de France me trai- 
tait encore mieux, car il me donnait dix mille 
ecus de ce pays. 

(Lettre inédite du 2 janvier 1808 au 
car. Alessandro Cerretani. Vienne. Bibl . 
Civica) . 

Voir aussi sur la question, Dutens,Mé- 
moires d'un voyageur qui se repose, Il.chap. 
XII, p. 247. L. G. PÉLISSIER. 

Date de la naissance de Cinq-Mars 
(LI, 330). — Cinq-Mars, capitaine des 
gardes en mars 163J (et non en 16315) 
fut grand Ecuyer de France et prêta ser- 
ment en cette qualité à Saint-Germain en 
Laye le 13 novembre 1639. 

Le 4 septembre 1642, il arriva à Lyon 
pour son procès et le 12 septembre 1642 
Cinq-Mars fut exécuté ; il était dans sa 
22' 3 année. C'est donc bien en 1620 qu'il 

était né. E. J. B. 

+ 

* * 
M. J.-P. Basserie, dans son ouvrage 

La conjuration de Cinq-Mars, Paris, Perrin 

1896, dit que « Henry Coiffier Ruzé d'Ef- 

fiat... naquit en 1620, fort probablement 

à Paris, où ses parents habitaient rue 

Vieille du Temple... » (p. 8) et n'apporte 

pas de détails plus précis. Plus loin, il 

fait donner à Cinq-Mars une capitainerie 

des gardes en 1636 seulement. 

Louis Calendini. 



N' 






L'INTERMEDIAIRE 



455 



.,.. 



Un édit de Henri II (XLIX ; L ; 
LI, 122). — Henri Estienne, Apologie pour 
'/c-.ciiap XV (XX) traite des joyeu- 
setés des pendus et autres condamfiés à 
mort. Si on l'en croit, rémission de 
peine leur aurait été donnée, (même 
en Danemark), à la condition de consen- 
tir à prendre femme, en allant à la po- 
tence, tout comme on l'a vu dans le Noël 
de La Monnoye, et cesfemmes de la der- 
nière heure se montrent ici telles qu'on 
a pu les prévoir : 

Mais entre autres contes qui sont sur ce 
propos, cestuy ci est fort commun, du Picard, 
auquel jà estant à Peschelle, on amena une 
povre fille qui s* estoit mal gouvernée, en luy 
promettant qu'on luy sauverait la vie s'il vou- 
Ioit promettre sur sa foy et sur la damnation 
de son âme qu'il la prendrait à femme : mais 
entre autres choses 1 ayant voulu voir aller, 
quand il apperçeut qu'elle estoit boiteuse, se 
tourna vers le bourreau et luy dict : Attaque, 
attaque, elle cloque . 

Or me souvient-il qu'un jour en ta ville 
d'Ausbourg, soupant en la table du feu éves- 
que de Vienne, Charles Marillac, aTors ambas- 
sadeur pour le Roy, ce conte ayant été faict, 
un gentilhomme allemand q.ui estoit en la 
compagnie, nous en conta un fort semblable 
d'une chose advenue au pays de Dannemart : 
àsçavoir d'un qui avoit été condamné d'avoir 
la teste trenchée, et jà estoit sur l'e^chafaut : 
auquel ayant esté amenée pareillement une 
fille qui avoit esté de mauvais gouvernement 
et luy ayant été proposée la même condition, 
après l'avoir bien regardée, appercevant qu'elle 
avoit le nez pointu et les joues plates, dict 
qu'il n'en vouloit point, et prononça un cer- 
tain proverbe en rythme de son langage, la 
substance duquel est que sous un nez pointu 
et joues plates, il n'y a rien de bon. 

LÉDA. 



Une grossesse de la marquise de 
Pompadour (LI, 27=;). — On ne con- 
naît de madame de Pompadour qu'une 
fille, Alexandrine d'Etiolles, née en août 
1744 et morte à l'âge de dix ans. Ni ma- 
dame du Hausset dans ses Mémoires, ni 
Concourt dans ses nombreuses Etudes sur 
la marquise, ni personne n'a fait allusion 
à cette grossesse signalée par M. de Mar- 
ville à Maurepas, qui d'ailleurs devait 
être bien mieux informé que son subor- 
donné. Si le fait fut exact, nul doute qu'il 
n'eut une fuisse couche pour conclu- 
sion. V. J. du D. 



Etats militaires ^1,277,402). — Jus- 
qu'à l'année 1775, les Etats militait e: 
de Montendre et Roussel donnent, avec 
chaque corps, une description de son 
uniforme. 

A partir de Y Etat militaire de 1776, 
M. de Roussel donne des extraits des 
ordonnances ou règlements concernant 
les uniformes, au fur et à mesure qu'ils 
paraissent. Notre collègue trouvera ces 
descriptions des uniformes dans les Etats 
mil i laites de 1776, 1777, 1780, 1786 
pour Royal-Liégeois, p. 299, et les offi- 
ciers généraux et commissaires des 
guerres, p. 463. S. Churchill. 



Les costumes du régiment de 
Picardie (LI, 277,399). — Voici d'après 

la CARTE MILITAIRE DES TROUPES DE FRANCE, 

qui démontre V m; ; forme de choque régiment, 
leurs numéros a ancienneté fie la maison du 
roy, de V Infanterie française et étrangère, 
du Corps d'Artillerie, de la Cavalerie, des 
Dragons, Hussards, et de la Marine, 
d'après les dernières ordonnances. 

Ce document, très rare aujourd'hui, 
que je possède dans mes collections et 
qui ne figure pas au Musée de l'Armée, 
est un tableau daté de 178b, sur lequel 
toutes les indications ci-dessous sont tra- 
cées en couleur (à la main et non pas 
imprimées) en regard de chaque désigna- 
tion. 

Ce travail a été établi par Sirjean, de 
la Compagnie de Payraud, pour Monsieur 
le marquis du Sauzay, lieutenant-général 
des Armées de Sa Majesté, major général 
des gardas françoises du Roy. 

Régiment de Picardie, 2 bataillons. 

Habit : blanc ; galons : blancs ; colet : 
blanc ; revers : bleu ciel ; parements : 
bleu ciel ; doublure : blanche ; boutons : 
métal jaune; Couleur du Régiment : Bleu 
céleste. 

RÉGIMENT DE LA « REINE INFANTERIE » 

2 bataillons. 
Habit : blanc ; galons : blancs ; colet 
blanc ; revers : rouges ; parements 
rouges ; doublure : rouge ; boutons 
métal jaune; Couleur du Régiment: Rouge 
écarlate. 

RÉGIMENT DU « Roi INFANTERIE » 

4 bataillons. 

Habit : blanc ; galons : blancs ; colet : 

blanc ; revers : bleu de roi ; parements : 

bleus de roi : doublure : bleu de roi ; 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Mars 1905 . 



457 



458 



boutons : métal jaune ; Couleur du Régi- 
ment : Bleu de roi. 

Pierre de Castelnau. 
* 

* * 

D'après ÏEtat militaire pour Vannée 
1774, Picardie avait l'habit, veste, pare- 
ments, revers, collet et culotte blancs, 
boutons jaunes. Je passe leur disposition 
qui est minutieusement décrite. 11 portait 
le n° 1 de l'infanterie. 

Le Régiment du Roi- Infant crie (n° 12) 
avait l'habit, veste et culotte blancs, pa- 
rements, revers et collet bleu de roi, 
« bordés en laine aurore, avec neufàgré- 
« ments en brandebourgs de chaque côté, 
« 3 sur le parement, 3 sur la poche et 3 
« derrière ». Boutons jaunes avec une 
fleur de lis (au lieu du n°),le casque pour 
coiffure. « L'uniforme des officiers est 
« brodé en or et en paillettes » (ce qui 
veut dire, croyons-nous, que pour les 
officiers la bordure et les brandebourgs 
étaient en broderies d'or, au lieu de laine 
aurore. 

La Reine-Infanterie (n' J 24) avait l'habit, 
veste et culotte blancs, parements, revers 
et collets rouges, boutons blancs. 

Donc pour identifier des portraits de 
l'époque, les officiers tout en blanc appar- 
tiennent à Picardie. Ceux en blanc, avec 
parements, revers, collet bleus de roi et 
brandebourgs en or appartiennent au 
Régiment d'infanterie du Roi. Ceux qui 
sont en blanc avec parements, revers et 
collets rouges, appartiennent au Régiment 
d'infanterie de la Reine. 

Un nouveau règlement, du 2 septembre 
1775, n'apporta pas de modifications aux 
couleurs distinctives de ces trois régi- 
ments, tout en faisant quelques change- 
ments dans leur disposition : par exem- 
ple, tous les régiments prenaient le collet 
blanc. Le Régiment du Roi recevait la 
veste bleue « garnie de 20 agréments, )). 
D'ailleurs, ce nouveau règlement, bien 
que « dicté par l'amour du bien et de 
l'humanité », fut remplacé, dès l'année 
suivante, par celui du 31 mai 1776. 

Picardie et Le Roi gardaient leur uni- 
forme, La Reine conservait ses parements 
et revers rouges, mais prenait le collet 
bleu. Ce régiment, treize ans avant la 
révolution, portait donc les trois cou- 
leurs, livrée de la Nation, et qui devin- 
rent en 1789-91 l'uniforme des gardes 
nationales et volontaires, mais avec le 



fond bleu, le collet et parements rouges 
et les revers blancs. S. Churchill. 



* 
* * 



Le curieux volume de Charles Desmaze : 
Le régiment de Picardie, Paris, Dentu, 
1888, renferme plusieurs gravures qui 
peut-être, intéresseraient notre collègue 
XX. Louis Calendini. 

Convention nationale. Premier 
président (LI, 219, 346). — Mon ami, 
l'éminent critique Edmond Biré, m'écrit : 
« )e viens de rouvrir, après 20 ans, le 
i cr vol. de mon Journal d'un bourgeois de 
Paris et j'y trouve, page 2, à propos de la 
séance de la Convention du 20 septembre 
1792, dans la salle des Cent-Suisses et au 
sujet de la présidence de Ruhl, comme 
doyen d'âge, que mes renseignements 
sont empruntés au Procès-verbal de la 
Convention nationale imprimé par son ordre, 
tome 1 er . » H. Thirria. 

Un trompette dw pont d'Ârcole 
(Ll, 331). — C'est avec bien du plaisir 
que je réponds à notre si sympathique 
confrère Ardouin-Dumazet. Les états de 
service de son trompette sont longs ; je 
pourrai me contenter de mettre le fameux 
sauve tout : Services exceptionnels, mais 
cela ne dit pas assez pour le brave trom- 
pette d'Arcole, Mathurin-Rodolphe Bon- 
net. 

Ce héros de la grande époque naquit le 
31 août 1776, à Etampes (Seine-et-Oise) , 
il entra, le 18 avril 1794, à l'école des 
trompettes en qualité d'élève. Brigadier- 
trompette au 5 e régiment d'artillerie à 
cheval le 4 décembre 1794, il passa en la 
même qualité au 3 e de hussards, au mois 
d'avril 1795 ; il fit les campagnes d'Italie 
de 1795 à 1797, et fut blessé d'un coup 
de feu qui lui traversa la cuisse le 21 juin 
1795 à la bataille de Savone. 

Entré, le 8 juin 1796, dans la compa- 
gnie des fameux Guides du général en 
chef Bonaparte, comme trompette, Bon- 
net se distingua à la bataille de Casti- 
glione, où il déploya la plus rare intrépi- 
dité, à la bataille de Bassano, où il fut 
compté parmi les 12 guides qui firent 
mettre bas les armes à deux bataillons de 
idiers croates qui formaient l'arrière- 
garde de l'armée autrichienne, et enfin a 
i Arcole, où il fut un des 25 guides qui se 



N° 1071 



L'INTERMEDIAIRE 



459 



460 



présentèrent volontairement le 17 novem- 
bre 1796, pour charger sur la tête du 
pont, et qui par leurs efforts héroïques 
contribuèrent puissamment à retenir la 
victoire sous nos étendards. 

Sa conduite lui valut le grade de briga- 
dier-trompette, le 28 mai 1797. 11 servit 
ensuite à l'armée d'Helvétie, et passa, le 
3 janvier 1800, dans les chasseurs a che- 
val de la Garde consulaire. Le 14 juin de 
cette même année, à la bataille de Ma- 
rengo, le brave Bonnet se couvrit de 
gloire et mérita une trompette d'honneur 
qui lui tut décernée par le Premier Con- 
sul Bonaparte, le 22 juillet 1801. Il de- 
meura au camp de Boulogne pendant les 
années 1803 et 1804 et fit ensuite les 
campagnes de la Grande Armée, en Au- 
triche ; et après la bataille d'Austerlitz, 
où il se distingua de nouveau, il obtint le 
grade de maréchal des logis le 18 décem- 
bre 1805. Lors des campagnes de 1806 
et 1807, en Prusse et en Pologne, il se 
conduisit avec sa valeur habituelle et fut 
blessé d'un coup de baïonnette au-des- 
sous de l'œil, le 17 octobre 1806, dans 
une reconnaissance près d'Iéna. 

Envoyé à l'armée d'Espagne, il fit la 
campagne de 1808, et prit part à celle de 
1809 en Allemagne, où il fut nommé ma- 
réchal des logis chef le 1" juin. Promu 
lieutenant en second aux chasseurs à che- 
val de la Garde impériale, le 6 décembre 
181 1, il suivit son corps en Russie et en 
Saxe ; fut nommé lieutenant en premier 
le i er avril 181 3, et combattit avec la 
plus grande intrépidité pendant la cam- 
pagne de France en 18 14. Après l'abdica- 
tion de l'Empereur, ce brave officier, d'a- 
bord maintenu dans le corps des chas- 
seurs à cheval de France, fut admis à la 
retraite le I er février 1815. Bonnet se 
retira à Rambouillet où il est mort en 
1862. A la création de la Légion d'hon- 
neur, Bonnet fut compris parmi les lé- 
gionnaires de droit (i er novembre 1803) 
comme ayant reçu une arme d'honneur. 

Désiré Lacroix. 

Brunswick et les diamants du 
Garde-meuble (LI, 331). — Il a été 
parlé de Brunswick et des diamants de 
la couronne, dans Y Intermédiaire il y 
a peu d'années ; je ne me rappelle plus 
sous quelle rubrique. Mais 0. S. peut 
consulter un petit ouvrage intitulé : 



Valmy. Les diamants de la couronne 
de France et les dépouilles des victimes 
des 2 et 5 septembre rançon de la républi- 
que par Léon Pages (deuxième édition). 
Paris, 1S7S, in-12 de iv-65 pages. 

Lequel ouvrage se réfère à la Biogra- 
phie universelle, à Y Histoire de la Terreur 
par Mortimer-Ternaux, et au livre de M. 
Frédéric Masson sur Le Département des 
Affaires étrangères pendant la Révolution. 

A. S..E. 

# 

* * 

J'ai eu entre les mains, il y a vingt ans, 
un opuscule intitulé Valmy,Ç]\i\ avait pour 
auteur M. Léon Pages, décédé à Paris en 
1886. M. Pages était du nombre de ceux 
qui tiennent l'affaire de Valmy pour une 
mascarade arrangée. L'opuscule dojt être 
introuvable aujourd'hui ; mais si mes 
souvenirs sont exacts, il avait paru chez 
le très honoré M. Dumoulin, 5, rue des 
Grands Augustins, et c'est là ou nulle 
part que O. S. pourrait retrouver sa 
trace. 

O. S. appréciera les arguments énoncés 
dans l'ouvrage ; quant à la crédibilité de 
l'auteur, elle lui sera garantie par les 
nombreux amis que cet homme incompa- 
rable a laissés. M. Pages avait une haute 
instruction, de la lecture autant qu'homme 
de France, des voyages dans l'univers 
entier. Mais l'objet principal des études de 
ses dernières années fut l'histoire des 
motifs et éléments clandestins des événe- 
ments durant l'ère moderne. Nul homme 
à Paris n'a disposé d'une documentation 
pareille à la sienne : son dédain absolu 
de la vanité personnelle le portait à passer 
à d'autres ses renseignements et ses aper- 
çus, et il laissait à ceux-là les enfantillages 
de la notoriété. Il aimait mieux faire un 
homme célèbre que de chercher la célé- 
brité dont son caractère pratique et grand 
ignorait le souci. Ces observations n'ont 
pour but ni d'inquiéter les vivants, ni 
d'honorer un mort qui avait sondé le 
néant des hommages, mais seulement de 
convaincre O. S. que si la thèse soutenue 
dans Valmy semble étrange au premier 
regard, le proposent était un esprit d'une 
rare supériorité. 

Si O. S. me permet un mot de cour- 
toise critique, j'ajouterai que je crois 
apercevoir dans certains termes de sa 
question une prédisposition ou prévention 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



461 



462 



30 Mars 1905. 



peu favorable à la recherche fructueuse I 
de la vérité. Il semble attribuer les pre- ' 
miers doutes sur la loyauté des opérations 
de Valmy à des Allemands désireux de 
contester leur défaite ; de sorte que la 
concroverse tirerait son origine de cette 
vanité qui fait qu'on ne veut pas être 
vaincu, mais trahi. Je ne crois pas que 
l'amour-propre national soit le générateur 
de la querelle, ni que les premiers scepti- 
ques aient été des Allemands. Les doutes 
devraient naître naturellement de la sin- 
gularité même des opérations, car je vois 
aujourd'hui les éminents auteurs des 
Guerres de V Autriche avec la Révolution 
française (publié par l'Etat-major autri- 
chien, chez Seidl, 19O7) se tourmen- 
ter dans une longue étude critique pour 
arriver à expliquer la retraite de Brilnswick 
qu'ils ne me semblent cependant pas 
expliquer, car ils ne s'arrêtent pas à 
l'hypothèse d'une convention secrète, 
quels qu'en fussent les motifs, qui serait 
la seule explication. 

O. S. voudra bien remarquer que le 
fait de Valmy, surprenant parce qu'il 
passe pour unique en son espèce,perdrait 
beaucoup de son invraisemblance si on le 
classait dans la catégorie des cas analo- 
gues, j'entends de ceux où les pactes 
d'associations secrètes internationales ont 
eu leurs effets dans les arrangements 
diplomatiques et même sur les champs de 
bataille. Achille Plista. 



* 
* * 



En réponse à la question posée par O.S., 
notre honorable collègue à Y Intermédiaire. 
je crois devoir signaler ce qui est raconté 
de la trahison de Brunswick à Valmy dans 
l'ouvrage du P. Deschamps sur les Socié- 
tés secrètes, tome Iî, pages 164 à 167. 

Les 30 millions que Brunswick, grand 
maître de l'ordre maçonnique, reçut des 
Jacobins, provenaient des vols faits aux 
massacres de Septembre et des diamants 
de la Couronne. Le duc était écrasé de 
dettes ; il en acquitta pour 8 millions en 
1792. Les diamants du dernier duc de 
Brunswick étaient d'ailleurs légendaires. 
Kellermann croyait avoir été vainqueur 
lorsque les Prussiens lui cédèrent la place, 
par ordre, après la canonnade plus 
bruyante que meurtrière de Valmy. 

M. S. L. 



Les Assignats appelés «corsets» 
pendant la Révolution (T. G. 6ç ; 

XXXV). \— Les Archives du bibliophile, 
janvier-février 1905, n° 222 56 indiquent 
entre autres pièces curieuses ajoutées à un 
exemplaire des écrits de l'abbé L. Rum- 
pler, celle-ci du même auteur : Corsets 
sont cens sonnants (avec gravure satiri- 
que). Sglpn. 

Louis XVII. Documents inédits 

(T. G., 532; XLIX; L; LI, 124). —En 
citant le Journal politique publié en russe 
à Moscou, N° d'avril 1795, je n'ai pas 
confondu les années. C'est bien de 179s 
qu'il s'agit et non de 1794. En écrivant 
ceci, j'ai mon exemplaire sous les yeux et 
je le tiens à la disposition de M. Alexis 
Dubosq, à qui je puis l'envoyer en com- 
munication s'il le désire. La contradiction 
dans le courant du même mois, entre les 
bonnes nouvelles de la santé du Dauphin 
et les bons traitements dont il est l'objet 
et le bruit de sa mort, causée par les 
agissements de Robespierre, provient de 
ce que le journal moscovite enregistrait 
les rumeurs qui lui arrivaient, dans l'ordre 
de leur réception, sans les contrôler et 
sans les rapprocher. Le bruit relatif aux 
agissements de Robespierre, cause de la 
mort de Louis XVII, est une version se 
rapportant à une époque antérieure, le 
bruit relatif à sa santé en est une autre. 
La vérité est qu'alors, pas plus que main- 
tenant, on ne savait rien de précis sur le 
sort du prisonnier du Temple. La ques- 
tion était ouverte, elle l'est encore. Des 
contradictions de ce genre ne se rencon- 
trent-elles pas tous les jours dans la presse 
actuelle? F. Tastevin. 



Un livre ignoré sur Louis XVII 
(L;LI, 18,63,124,176,232,293). 
i° Note sur m. jules suvigny. 

M. Suvigny (Jules), croyant à l'évasion 
du fils de Louis XVI, fut un publiciste 
grand partisan à\\ faux dauphin soi-disant 
baron de Richement^ dont il avait pris la 
défense, de bonne foi assurément, mais 
aussi de parti pris et à l'aveugle, comme 
tant d'autres, qui se sont laissé rouler 
par cet habile aventurier, nanti officieuse- 
ment de pièces lui permettant de jouer 
son rôle pour le compte des usurpateurs 
Louis XVIII et autres. 



N • 107 1 . 



L'INTERMÉDIAIRE 



463 -■ 






Cet ancien avocat est mort à Avranche.s, 
en 1888. 

Trois ans auparavant, je lavais vu 
assez longuement chez lui, pour lui mon- 
trer les photographies des membres de 
la famille Naundorf. que je venais de re- 
cevoir tout récemment. 

Malgré sa croyance invétérée aux pré- 
tentions qu'il jugeait légitimes, bien à 
tort, du trop fameux Rocambole Dauphi- 
nomane, dont il m'exhibait alors le meilleur 
portrait, il fut néanmoins visiblement im- 
pressionné de la ressemblance si frap- 
pante de plusieurs des fils et filles de 
Louis XVÙ -Naundorf avec les Bourbons 
Louis XV, Louis XVI et Louis XVIII. 

Tandis que son Richemond n'évoquait 
d'autre type — et encore en y mettant de 
la bonne volonté — que celui de Char- 
les X, comme s'il en eût été en quelque 
sorte un bâtard. 

2 Note sur le D r james wylié. 

Sir James Wylie — et non Etylie, 
comme on l'a imprimé par erreur dans 
X Intermédiaire du 20 janvier — était 
écossais, premier chirurgien de l'empe- 
reur Alexandre de Russie, et jouissait de 
toute la confiance de ce souverain. 

Chargé par le czar de constater dans 
quel état se trouvait à la Malmaison 
Fex-impératrice Joséphine, « il en revint 
pleinement convaincu de sort empoisonnement 
et de sa fin prochaine, qui eut lieu, en effet, 
quelques heures après ». (Autour d'une 
Révolution, par le comte d'Hérisson — 
Paris, Ollendorf, 1888 — Page 303). 

C'est le célèbre docteur de Caro, méde- 
cin de la duchesse d'Angoulême aux eaux 
de Carlsbad, qui a lui-même raconté ce 
fait dans son Almanach de 1856, comme 
les tenant de la propre bouche de Sir 
Wylie, pendant le congrès de Vienne, en 
1814. 

3° TÉMOIGNAGE DECISIF DU BARON DE BlLLING 

Voici, du reste, la lettre publiée par 
M. d'Hérisson, page 298 du même ou- 
vrage ; il l'avait reçue de M. le baron de 
Billing, attaché pendant vingt-cinq ans 
au Ministère des affaires étrangères, 
chargé d'affaires de France à Tunis, puis 
à Stockholm : 

Mon cher ami. 

Je lis dans le Cabinet noir an propos que 
vous mettez dans la bouche de l'Impératrice 
relativement à Louis XVII. 



Votre mémoire, comme toujouis, vous a 
merveilleusement servi. L'Impératrice se trou- 
vant à Chislehurst pendant la période 187c- 
- t 1 , a, en effet, tenu ce propos devant mes deux 
>s, Mme Serre et Mme de Saulcy, dame 
du palais de Sa Majesté, et devant ma nièce 
et mon neveu qui n'ont pas quitté l'Impéra- 
trice depuis le 7 septembre 1870 jusqu'au 
mois de juin 1871 . 

Mille amitiés de votre dévoué, 

BlLLING. 

Je suppose, ajoute M. d'Hérisson, que 
le lecteur trouvera cette affirmation pé- 
remptoire ? 

Il faut donc que les récalcitrants bais- 
sent pavillon devant tous ces témoigna- 
ges si précis. 

4 Une observation topique du comte 
d'Hérisson 

Elle est extraite du Cabinet noir — 
Louis XVU, Napoléon, Marie-Louise — 
13 e édition — pages 87 et 88, et peut 
fort bien servir de conclusion à la série 
d'articles publiée sous le titre : Livre 
ignoré sur Louis XVII. On pourrait désor- 
mais remplacer ce singulier par le plu- 
riel : Livres ignorés — ce qui serait beau- 
coup plus exact et conforme à la vérité. 

Après l'aveu fait par 1 impératrice Eu- 
génie à une de ses anciennes dames 
d'honneur « qu'il était de tradition dans 
la famille des Bonapartes que Joséphine 
avait contribué à l'évasion du Temple, et 
que sa mort si soudaine, si étrange, pou- 
vait bien avoir pour cause ce qu'elle avait 
eu l'imprudence de révéler à ce sujet //, 
Fauteur continue ainsi : 

Nauendorff était-il véritablement le fils 
de Louis XVI? Ceci est une question qu'il 
ne m'appartient pas de résoudre. Je suis sim- 
plement convaincu que le Dauphin n'est 
pas mort au Temple, mais ceux qui déniaient 
à Nauendorff son identité, auraient dû — 
c'était élémentaire — établir son véritable 
état civil. Pourquoi ne l'a-t-on pas l'ait? Car 
lorsqu'on parcourt les nombreux documents 
réunis par Jules Favre, il faut être de mau- 
vaise foi ou bien borné d'esprit pour ne pas 
reconnaître en Nauendorff un personnage po- 
litique. Il était doublement intéressant, et — 
pour la police ce devait être un jeu d'enfant, 
— de trouver son père. Pourquoi encore ne 
l'a-t-on pas fait ? 

Ces réflexions sont d'un sage. Mais la 
police, servile instrument de régimes 
usurpateurs, s'en est toujours bien gardée, 
tant sous Louis-Philippe que sous la pseu- 



465 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



y 



M: 



do-Restauration. C'était le moyen de ne 
pas déplaire aux patrons ombrageux de 
ces époques-là ! 

Pour le Rocambole ami qu'était Riche- 
mont, c'était bien différent... Et alors, 
on se contentait de dépouiller ce dernier 
de ses papiers et de l'expulser sans forme 
de procès, en faveur de l'autre, que l'on 
jugeait à grand fracas, sans doute, et 
même que l'on condamnait et incarcérait, 
mais toujours pour rire, et pour amuser 
le bon peuple naïf à l'excès. 

Radiguet 
ancien professeur. 

Louis XVÏÏ était-il le fils de 

Louis XVI (LI, 331, 403). — Le plus 
joli encore, en cette histoire, est de venir 
nous dire « que le roi le savait ». Comme 
cela cadre bien, n'est-ce pas, avec les ter- 
mes du testament de Louis XVI, l'un des 
hommes les plus scrupuleusement reli- 
gieux — pour ne pas dire plus — de son 
temps ! Comme cela explique bien aussi 
la tendresse profonde que Louis XVI a 
toujours témoignée à ce fils adoré, prê- 
te nduement adultérin ! Ah ! le roi « le 
savait ». Il aurait ainsi, lui l'homme 
« craignant » Dieu, poussé l'hypocrisie 
jusque devant le trône même de Dieu 
— car, enfin, de l'absolue sincérité reli- 
gieuse de Louis XVI, qui pourrait en dou- 
ter ? 

Quoi qu'il en soit, si l'on a des « docu- 
ments », qu'on les sorte et qu'on les dis- 
cute. Qu'on ne laisse pas ainsi courir des 
insinuations calomnieuses sans fonde- 
ment et que contredisent dans la famille 
du prétendu Naundorff, comme l'explique 
notre excellent ami Henri Provins, des 
ressemblances trop frappantes et trop 
nombreuses avec Louis XVI et les Bom- 
bons en général, pour qu'elles puissent 
être dues au simple hasard. 

Otto Friedrichs. 

* « 
Comment peut-on penser résoudre un 
tel problème ? En admettant que la reine 
ait eu plus qu'un penchant pour Fersen, 
lorsque le dauphin naquit, n' était-elle pas 
la légitime possession de l'époux ?Une in- 
fidélité — que rien, absolument rien, n'éta- 
blit — prouverait-elle plutôt la paternité 
de Fersen que de Louis XVI ? Voudrait- 
on insinuer que le roi n'était pas le mari 
de la reine, et qu'il aurait été complaisant 



à qui lui aurait assuré l'hérédité royale ? 
Sur quoi asseoir une telle opinion, outra- 
geante à la mémoire de deux êtres que 
leur douloureux martyre devait garder de 
ces imputations blessantes et sans preu- 
ves ? V. 

* 

La question posée fait allusion à un 
bruit que font courir des partisans de la 
survivance — peut-être non Naundorffistes. 
Cependant, je n'ai pas entendu dire que 
l'on aurait trouvé une preuve quelconque 
de la paternité de Fersen. C'est assez 
qu'on se vante d'avoir la preuve des 
rapports intimes. Elle émanerait d'une 
correspondance, et si je ne m'abuse, de 
lettres de Fersen. 

Alais ne devrait-on pas, en si délicate 
matière, parler avec les documents à 
l'appui ou se taire ? On ne fait pas de l'his- 
toire avec des on-dit. D r L. 

* 

* * 

Les intermédiairistes qui se sont occu- 
pés de cette question savent-ils que 
Louis XVI fut père de quatre enfants : 

i° Marie-Charlotte-Thérèse, née le 19 
décembre 1778, plus tard duchesse d'An- 
goulême, dauphine de France ; 

2 Louis-Joseph-Xavier-François, dau- 
phin de France, né en 1781, mort en 
1789 ; 

3 Charles-Louis, dit Louis XVII, second 
dauphin dès 1789, né le 27 mars 1785, 
mort le 8 juin 179^, avant que sa sœur 
aînée ait quitté Paris ; 

4 Marie-Sophie-Hélène-Béatrix, née en 
1786, morte en 1787. de Cavrines. 

* 

* * 

Il faudrait d'abord commencer par prou- 
ver que Fersen était en France à l'époque 
de la conception, ce dont, pour ma part, 
je doute fort. A. S..E. 

Le second mariage de la duches- 
se de Bsrry (L, 722,789, 844,903 ; Ll, 
59). — Comme le dit M. le vicomte de 
Reiset, le second mariage de Mme la du- 
chesse de Berry à la date du 14 décembre 
183 1 est aujourd'hui établi de façon indis- 
cutable, et le voyage du comte Luchesi à 
Nantes ne fait pas beaucoup plus de doute 
après la publication de M. Thirria. 

Je reste au contraire fort incrédule à 
celui de Hollande que l'on prétendrait faire 
exécuter à la princesse et qui me semble 
absolument fantastique. L'article même 



N" 1071, 



L'INTERMEDIAIRE 



467 



468 



de M. le baron de Ménard dans la Revue 
d'Anjou et le récit dont il parle ne sau- 
raient infirmer les raisons péremptoirés 
qui s'élèvent contre son 'hypothèse. 

Il est d'abord un témoignage qui suffi- 
rait à faire foi contre toute autre alléga- 
tion, c'est celui du baron de Charette : 
« Elle (la duchesse) fut alors reçue, dit-il, 
chez Mlles Duguigny où elle est restée 

jusqu'au moment de son arrestation 

Son Altesse Royale n'est pas sortir une 
sente fois de chez Mlles Duguigny. » 
(Journal militaire d'un chef de l'Ouest, 
1842). Et plus loin : « Nous avons pris 
soin de dire que Madame ne quitta pas un 
seul moment la maison de Mlles Dugui- 
gny. Cette privation d'air nuisait à sa 
santé ; mais, comme elle craignait de 
compromettre ses amis, elle n'exprima 
même pas le désir de sortir un seul ins- 
tant. » 

Qu'Athanase de Charette ait passé sous 
silence une absence comme celle dont on 
parle, on pourrait l'admettre à la rigueur, 
quoiqu'on n'en puisse voir aucune raison, 
mais, certes, il n'aurait jamais affirmé de 
pareille façon le contraire de la vérité. — 
Je crois savoir du reste que Madame ne 
l'a peut-être pas laissé un seul jour sans 
lui écrire un de ces billets qu'elle multi- 
pliait à l'infini, et que cette correspon- 
dance existe encore tout entière aujour- 
d'hui. 

Les autres initiés ou compagnons de la 
retraite de Madame, M. Guibourg, le comte 
de Mesnard, Mlles du Guiny, Mlles de 
Kersabiec, confirment implicitement Cha- 
rette, et le vicomte de Kersabiec écho des 
souvenirs de ses tantes, écrit non moins 
formellement : « La princesse ne sortit de 
chez Mlles du Guiny que pour aller prison- 
nière au château situé en face. » (S. A. R. 
madame duchesse de Berry it ses amis, 
1895). 

Il y aurait bien à insister sur les diffi- 
cultés, les impossibilités, pour mieux dire, 
d'un voyage de plus de 400 lieues aller 
et retour dans lequel il s'agissait pour 
Madame, de traverser sans passe-ports un 
pays en état de siège, réduite aux moyens 
de transport que comportait un déguise- 
ment de servante. Mais enfin, admettons 
le succès de l'aventureuse campagne. — 
Voilà Madame à Rotterdam, et y retrou- 
vant Luchesi. A quelle époque ? — Sans 
doute au milieu du mois d'août, puisque 



c'est à ce moment que se place la concep- 
tion de l'enfant de Blave — Mais cette 
date est précisément celle à laquelle on 
peut le moins douter que la duchesse fût 
bien à Nantes de sa personne : « Deux 
mois après sa rentrée à Nantes,d\t. Charette, 
Madame écrivit à ses amis de l'Ouest, non 
pour réclamer d'eux de nouveaux sacrifices, 
mais pour connaître quelle était leur opi- 
nion sur sa présence dans le pays, les évé- 
nements ayant fait des pas de géant depuis 
sa circulaire du 20 juin. » 

Cette consultation exclut évidemment 
toute possibilité d'absence au cours du 
mois d'août ; et alors, le voyage, en sup- 
posant qu'on puisse le placer avant ou 
après, devient sans utilité pour les besoins 
de la cause. 

Il faut en revenir, avec M. Thirria, à ce- 
lui du comte Luchesi à Nantes, le seul 
plausible et d'une vraisemblance touchant 
de près à la certitude. P. du Gué. 

La prêtresse des Tmiupins (U, 

330). — Non, aucun document nouveau 
n'a été publié au sujet de Jeanne d'Au- 
benton. Les historiens modernes se sont 
bornés à utiliser les récits des vieux chro- 
niqueurs : Voir, par exemple, Lea, A 
History of the Inquisition of the Middle 
Ages, traduction française de Salomon 
Reinach, t. II (Paris 1901), pages 148- 
149. 

Et pourtant, il conviendrait d'étudier 
de plus près ces « turlupins » dont le 
nom n'évoque aucune idée précise — ainsi 
que je l'ai constaté maintes fois : dans le 
Compte rendu des séances de ta Commis- 
sion royale d'histoire de Belgique (4 série, 
tome VI, page 140), dans mon Inquisition 
en Belgique (2 e édition, pages 27, 36, etc.) 
dans ma Vauderie dans les Etats de Phi- 
lippe le Bon (page 112). 

A. Boghaert-Vaché. 

Confréries de charité (LI, 10S, 
182, 241, 348). — Le chanoine Pihan de 
Beauvais (Oise) a fait paraître une pla- 
quette : Les charités de trois paroisses du 
canton de Chaumont-en-Vexin, dans la- 
quelle il traite des associations « vouées à 
l'inhumation des confrères défunts ou de 
quiconque les requiert ». Chez M. Charles 
Hérissey, imprimeur à Evreux, M. E. Veu- 
clin a fait paraître, en 1892, une assez 



DES CHERCHEURS ET CURIEUX 



30 Mars 1905 



- 469 



470 



grande quantité de documents sur le s qui comprend tous les volumes d'Alfieri, 

ainsi qu'un portrait de la comtesse d'Al- 
bany représentée avec des ailes dans le 
dos. En s"adressant à ce musée, M. Bord 
aurait sans doute le renseignement qu'il 
demande. Fialin de Persigny. 



fonctionnement des charités. 

Le chanoine Marseaux,de Beauvais,dans 
une brochure : Un coin inconnu de Seine- 
et-Oise donne des détails intéressants sur 
les charités de plusieurs paroisses. 

L. Ledru. 

Le courrier de Lyon(XLIX; L; LI, 

408). — C'est en effet une erreur de 
croire que le courrier de Lyon soit parti 
de l'hôtel de Sens. La poste aux chevaux 
d'où partit le malheureux EscofFon était 
installée dans les dépendances de l'hôtel 
du Plat d'Etain, 326, rue Martin. L'hôtel 
existe encore au même numéro et sous la 
même enseigne. L'entrée de la cour des 
Messageries est aujourd'hui l'impasse de 
la Planchette, et le préau couvert, très 
vraisemblablement de l'époque, est 
actuellement aux Messageries des che- 
mins de fer du Nord, d'Orléans et de 
l'Etat. 

Notre collègue Nobody pourra d'ailleurs 
trouver des renseignements dans le livre 
de M.Gaston Delayen : L' Affaire du Cour- 
rier de Lyon, 1905, auquel j'emprunte ces 
détails. Hernani. 



Le château de Bornerai (LI, 332). 

— Monsieur Paul Le Blant, qui habite 
Brioude, est plus qualifié que personne 
pour fournir des renseignements sur ces 
belles ruines de son voisinage. 

11 y a une vingtaine d'années, on y 
voyait des restes de fresques, et j'ai failli 
acheter le tout, mais j'ai dû y renoncer 
en présence du manque d'entente et des 
prétentions de ses 10 ou 12 possesseurs, 
gens du pays, cultivateurs et petits dé- 
taillants. V. J. du D. 

Trois familles de Saumur (L, 895 ; 
LI, 24). — M. et Mme Saillant et leurs 
deux filles, de Saumur, furent guillotinés 
à Angers en 1794. — Cf. Comte de Cha- 
bot. Vendéennes 1793- 1832. (Pans, 1903, 
in- 12 de x-236 p.) p. 206. 

Louis Calendini. 

I.a comtesse d'Albany (LI, 332). 

— Le peintre Xavier Fabre a un musée 
qui porte son nom à Montpellier. En mou- 
rant il a légué à la ville sa bibliothèque 



Sur les divers mariages de Louise de 
Stolberg, on trouvera tous les renseigne- 
ments désirables dans La Comtesse d'Albany 
par Saint-René Taillandier (Paris, 1862, 
in-i2. Michel Lévy, frères), livre com- 
posé d'après l'ouvrage de A. de Reumont: 
Die Grafin von Albany, (2 vol. Berlin, 
1860), et d'après les papiers de François- 
Xaxier Fabre, actuellement conservés à 
la bibliothèque de Montpellier. 

De Mortagne. 



* 



Louise de Stolberg, comtesse d'Albany, 
est morte à Florence le 29 janvier 1824. 
Je ne crois pas que son acte de décès ait 
été publié ; mais son testament, d'un in- 
térêt considérable, a été imprimé inté- 
gralement par Alfred von Reumont (Die 
Grœfin von Albany, Berlin, 1860, tome 11 , 
pages 388 à 395. 

Quant à l'histoire des mariages de la 
veuve de Charles-Edouard avec le poète 
italien Alfieri d'abord, avec le peintre 
français François-Xavier Fabre ensuite, 
c'est une de ces légendes que le Nouveau 
Larousse illustré et autres ouvrages « de 
vulgarisation » continuent seuls à repro- 
duire. La comtesse d'Albany n'a épousé 
ni Alfieri (voir Reumont, I, pages 377 à 
379), ni Fabre (voir Saint-René Taillan- 
dier, la Comtesse d'Albany, Paris, 1862, 
pages 184 à 186). 

A. Boghaert-Vaché. 



Bigot de la Touanne. — Bierot de 

Villandry (LI, 333). — MM. G.Wilde- 
man pourrait utilement s'adresser à M . 
Gaston de la Touanne, ingénieur des télé- 
graphes à Paris, 8, rue de Tournon. 

G. F. 
* * 
M. G. Wildeman pourrait s'adresser à 
M . le vicomte de la Touanne, ancien colonel 
du 33 e régiment des mobiles de la Sarthe, 
directeur général d'assurance mutuelle 
immobilière, qui demeure au Mans, rue 
Gougeard. L. C. 



N° 1071 



L'INTERMEDIAIRE 



47 , 

* 

* * 

Voici une réponse partielle à la ques- 
tion de M. de Wildernan : 

Félix-Pierre-Marie Bigot, marquis de la 
Touanne, né vers iycr,. mort le 15 mars 
1861 à Orléans, laissa deux enfants : 

i° Félicie-Blanche-Louise-Marie Bigot 
de la Touanne, née vers 1822, décédée, le 

19 février 1900. au château de la IYiothe, 
(Sarthe), mariée avec Henri-Gustave le 
Royer de la Mothe, dont au moins, Blan- 
che le Royer de la Mothe, qui épousa, le 

20 octobre 1869, Georges de Linières, 
lieutenant-colonel d'infanterie. 

L'on trouve aussi, mais je ne sais s'ils 
étaient issus de Félicie Bigot de la 
Touanne 

Charles le Royer de la Mothe, allié 
avec Henriette de Garrigue de Flaujac dont 
Pauline-Blanche-Clémence-Mari. -Margue- 
rite le Royer de la Mothe, qui épousa, le 28 
avril 1897, Aurélien de Sèze. 

Elisabeth Le Royer de la Mothe (au 
château de la Mothe, Sarthe), alliée, le 12 
mai 1902, avec Paul d'Hug de Larauze. 

2° Félix-Charles -Auguste Bigot, marquis 
de la Touanne, mari de Berthe Martin, 
dont 

(ï) Charles-Félix-Marie-ylMo-Ms/*! Bigot, 
marquis de la Touanne, né en 1856, allié 
au mois de juillet 1856, avec Madeleine 
de Saint-Julien ; 

(2) Charles-Félix-Marie- Olivier Bigot, 
comte de la Touanne, né le 21 juin 1861, 
G. P. Le Lieur d'Avost. 

Chateaubriand, suppression de 
l's du nom (LI, 165). — P. P. Dubuis- 
son,dans son Armoriai des principales mai- 
sons et fannllcs du Royaume, particulière' 
ment de celles de Paris et de l'Ile de France 
publié en 1757, cite déjà les familles du 
Chastelet, de Chasteauneuf, d'Espinay, de 
l'Espine etc., avec l's supprimé de leur 
nom . 

C'était l'époque où Voltaire avait, le 
premier, entrepris de mettre définitive- 
ment d'accord la prononciation avec V ortho- 
graphe. 

C'est probablement alors que les Chas- 
teaubriand firent disparaître l's de leur 
nom. A. M. 

Dupleix (L, 952; LI, 25, 78, 141, 
185, 252, 302,395). — La réponse insérée 
dans le n° du 10 janvier de la descendance 



472 



de Dupleix, contient une erreur qu'il y a 
lieu de rectifier. 

Le marquis Dupleix, pendant son gou- 
vernement des Indes, avait épousé la fille 
d"une créole portugaise demeurée célèbre 
en Hindoustan sous le nom de princesse 
Jeanne. Elle mourut sans lui avoir donné 
d'enfant. A son retour en France, après 
sa disgrâce et sa ruine, il obtint la main 
de mademoiselle de Chastenay, fille du 
marquis de Chastenay. De ce mariage est 
née une fille unique, mariée au marquis 
de Valori qui en eut deux filles. 

L'aînée a épousé le marquis du Puy- 
iMontbrun-Rochefort. La seconde, le mar- 
quis d'Infreville. Le marquis du Puy- 
Montbrun-Rochefort étant le dernier de 
la maison fit relever son nom et son titre 
par son gendre le comte de Rochier de la 
Baume. 

La des